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 Souper sans chandelles

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Léola Velvethone
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MessageSujet: Souper sans chandelles   Mar 23 Déc - 13:03

[Voilà quoi, comme promis, un titre à la rien à voir ! Very Happy ]

Léola entra en trombe dans sa chambre et entreprit de se changer en quatrième vitesse. Se changer, c'est-à-dire, enfiler des chaussures qui n'étaient pas détrempées par la neige du Loch (ou n'importe quelle autre neige, là n'était pas le plus important). Elle balança par-dessus son épaule ce qui pouvait encore ressembler à des chaussettes dégoulinantes, lesquelles atterrirent avec un délicieux "flotch" sur... eh bien oui, sur le sympathique renard qui lui servait de daemon.

- Navrée, marmonna-t-elle avec un sourire en coin, tandis qu'elle récupérait l'objet du délit et l'envoyait valser sur le rebord de la fenêtre.

Elle avisa un placard et en extirpa une paire de chaussures bleues qui devaient appartenir à Aina. Oh après tout, elle ne serait pas mise au courant de cet emprunt, qui irait...

- Moi, se proposa Strictwise avec un sourire méchant.

La jeune fille soupira et laissa un mot sur la table qui faisait office de bureau et qui croulait déjà sous le poids de la bibliothèque personnelle de Strict' et des cahiers des deux étudiantes qui partageaient la pièce.

Citation:
Nana, je disparais pour la soirée, profite !


Elle hésita puis acheva sa note :

Citation:
Tes chaussures bleues se baladent quelque part dans l'école, je te les rapporte, promis. T'expliquerai !

L.


Elle attrapa sa veste et ressortit de la chambre, sa moitié sur ses talons. Claude et Tibère l'attendaient au réfectoire, ou plutôt les attendaient.

- Strictwise, il me semble que tu n'apprécies pas tellement leur compagnie ?

Le daemon ricana.

- C'est exact.
- On... pencherait même vers l'euphémisme,
l'encouragea la jeune fille.
- Tout à fait. Et je suis heureux de constater à quel point c'est réciproque.
- Très bien, nous allons pouvoir expérimenter les bienfaits de ce travail d'élargissement,
conclut-elle avec une expression ravie.

Le renard grogna.

- N'y compte pas, Léola. Je t'ai à l'œil.

En effet. L'étudiante soupira et poussa la porte du réfectoire, adressant un sourire chaleureux aux deux Italiens qui s'y trouvaient déjà, interrompant leurs palabres.

- J'suis là ! Alors, chef, s'exclama-t-elle en direction de Tibère, d'un air sincèrement surpris, on s'occupe aux cuisines ? Est-ce que ce n'est pas d'un étage trop bas pour une personne de votre qualité ?

Elle s'assit sur le rebord d'une table et se débarrassa de sa veste d'un mouvement rapide. Quelque part, elle aimait le risque. Sinon, ignorant les caractéristiques culinaires du Romain, est-ce qu'elle serait venue en sachant qu'il se postait aux fourneaux ?

*Oui, maugréa Strictwise. Et c'est bien ce qui m'inquiète.*

[Edit : je viens de constater ma petite crise de belgitude, d'où le "souper" xD
J'édite ou j'en profite pour étaler mon nationalisme douteux ? ^^]


Emma qui passe par là: Vive le nationalisme et la belgitude!!

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Mar 23 Déc - 13:35

Claude s’était précipité dans les cuisines dès que Léola s’était éclipsée pour se changer et se jeta littéralement sur un Tibère vêtu d’un tablier et très concentré sur sa tartiflette.

« Ha bordel Tibère ! J’adore cette fille ! »


Le romain posa lentement sa cuillère et jeta un regard mauvais à son meilleur ami qui ne s’en soucia pas le moins du monde.

« Elle est vraiment super, ça fait plaisir ! »
« Bon, espèce de tombeur de mes deux, tu peux cesser de gesticuler ? J’suis en train de faire ta bouffe, là ! »


Claude se figea soudain et regarda Tibère d’un air étonné… avant de lui bondir dessus en lui envoyant son poing dans le ventre.

« Hé, il va se calmer le cuistot là ! T’es jaloux ? »


Tibère ne se priva pas pour riposter et les deux roulèrent au sol en riant comme des gamins.
Enfin, ils se calmèrent et se relevèrent… pour tomber nez à nez avec une femme d’une trentaine d’années qui les toisait d’un air méprisant et demanda d’un ton sec où était le riz. Comme deux gamins pris en faute, ils la regardèrent se servir en arborant un air sévère, ne pouvant se retenir de pouffer de temps à autre, et explosèrent de rire en partant en courant dès que la femme eut passé la porte. Sans aucune raison, ils coururent jusqu’au réfectoire, se bousculant dans les escaliers, et arrivèrent essoufflés dans la pièce.
A peine le temps de se calmer et Léola débarquait dans la salle. Claude, sous le regard narquois de Tibère et Mahalalel, passa une main dans ses cheveux pour les recoiffer et ajusta sa chemise.

Le cuisinier rit à la question de Léola et désigna son tablier sale.

« Mais je suis un excellent cuisinier ! Et crois bien que si je bosse aux cuisines, c’est seulement parce que ça m’amuse ! Jamais je n’aurais accepté un tel travail si on me l’avait demandé. »

Il prit un air important et apostropha un étudiant qui mangeait seul à quelques mètres de là :

« Hé ! Comment est votre tartiflette ? »
« Elle est bonne. »
répondit le jeune homme avec prudence, et Tibère lui fit un grand sourire avant de repartir en courant vers les cuisines.

Claude s’installa sur la table, à côté de Léola.

« Il est de super bonne humeur, ma foi. Et toi, ça va bien ? »

Un clin d’œil, puis :

« Pas trop troublée ? »

Discrètement, il se rapprocha d’elle, la frôlant de son épaule et lui sourit gentiment.

(qui qui repère la référence à OSS 117 ? XD)
Jo dit: Moi moi^^
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Mar 23 Déc - 20:00

Léola éclata de rire tandis que Tibère s'éloignait. Décidément, avec ces deux-là, elle n'arrêtait pas : il faudrait qu'elle se contrôle si elle ne voulait pas passer pour l'imbécile de service qui se marre à chaque bout de phrase. Mais bon, elle était happy et ça faisait deux minutes que Strict' la bouclait.

- C'est vrai. Il pète la forme.

Malgré la situation critique - Claude ne se trouvait plus qu'à quelques centimètres de l'étudiante - le daemon ne put s'empêcher de hocher la tête d'un air désolé : pourquoi sa moitié ne pouvait-elle pas répondre, comme tout un chacun l'aurait sans doute fait : "Certes, je suis de votre avis : je le trouve d'humeur tout à fait joyeuse" ?!

*Parce que moi, je ne tiens pas à ce qu'il se casse en courant, cher ami* répliqua-t-elle en pensées.

Ah, pas faux.
La jeune fille se tourna vers l'Italien et répondit à son clin d'œil par un sourire amusé.

- Oh, je ne suis troublée qu'en de rares occasions. Quand mon daemon se fait oublier. C'est une situation tellement suspecte que... Hé !, s'exclama-t-elle soudain avec un air de reproche.

Elle fronça les sourcils et expliqua, bienveillante :

- Il ne faut pas me laisser partir dans des délires de ce genre, ou vous en aurez pour toute la soirée. Je peux m'emballer et disserter pendant des heures sur le régime alimentaire des poissons rouges.

De plus, elle trouvait complètement stupide de sa part de parler de son daemon, pour une fois qu'elle discutait avec quelqu'un qui lui foutait la paix avec ça. Surtout que le renard en question s'était momentanément résigné, restant étrangement et délicieusement silencieux.
Léola jeta un rapide coup d'œil à la tartiflette de l'étudiant interpellé par le cuistot : aspect normal, odeur normale, parfait. Elle ne tenait pas à regretter ses boîtes de conserve.
Elle se tourna à nouveau vers Claude avec un sourire joyeux.

- Est-ce que je peux vous poser des questions indiscrètes ? J'adore faire ça.

La jeune fille fronça les sourcils, avant de reprendre :

- Si vous voulez, vous pourrez m'en poser en retour, mais ne vous attendez pas à des réponses passionnantes : je ne suis pas très intéressante.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Mar 23 Déc - 20:46

Claude non plus ne pouvait pas s’empêcher de rire quasiment à chaque phrase. Il faut dire qu’il avait le rire facile, aussi.
Il arbora un air de parfaite innocence quand Léola fit mine de lui reprocher de la laisser partir dans son délire mais lui servit sans prévenir un sourire radieux absolument charmant pour répondre :

« Et alors ? Que mangent les poissons rouges ? Je veux dire, ces granulés, à ton avis, ils sont faits en quoi ? »

Puis il éclata de rire avec un mouvement vague de la main, comme pour dire que ce n’était pas la peine de répondre. En vérité, il pensait Léola parfaitement capable de répondre à ça mais la perspective d’un cours sur le poisson rouge ne l’attirait pas le moins du monde.

D’un geste nonchalant, il fit apparaître deux verres sur la table sur laquelle ils étaient assis. Deux verres et une bouteille de vin blanc. Il adorait le vin blanc depuis la première fois qu’il en avait bu et il n’était pas rare de le voir se promener un verre à la main, même dans la rue. Précis, il servit les deux verres et en tendit un à Léola en silence avant de prendre une grande gorgée de l’autre.
Tibère avait été prévoyant et plutôt attentionné, pour le coup, puisqu’il s’était arrangé pour faire venir de France une caisse du vin préféré de son ami pour son arrivée dans la Noble Lande.

Claude fut interrompu dans sa dégustation par une Léola souriante qui voulait… lui poser des questions indiscrètes ?
Bien, très bien… Après tout, si ça pouvait lui apprendre des choses, n’est-ce pas ? Claude n’était pas du genre à avoir honte de ses actes, même les pires, et cela ne lui faisait pas grand-chose que les gens puissent avoir une certaine image de lui selon ces actions.
Il s’étira longuement, s’installa à l’aise et finit par répondre à la brune :

« D’accord, vas-y. Mais t’inquiètes pas, je vais pas me gêner pour te poser aussi des questions, réponse intéressante ou pas. D’ailleurs, je suis sûr que tu es passionnante ! »

De nouveau, l’italien fit un clin d’œil à Léola et lui sourit. Furtivement, sa main se rapprochait de celle de sa compagne et il finit par poser doucement ses doigts sur ceux de la jeune femme, souriant largement.
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Mer 24 Déc - 14:42

Léola s'amusa de constater que Claude la pensait réellement... intéressante. Parce qu'avec une expérience amoureuse se limitant à une relation (qui était restée en ordre avec la Sainte Règle de Chasteté, et ce jusqu'au bout), des études plus ou moins ratées et un daemon légèrement étouffant, on remplit rarement les auditoires.
La jeune fille eut à son tour un geste vague de la main.

- Ne le prenez pas comme une provocation, j'aime juste voir jusqu'où les gens parlent sans gêne. Et puis je suis maladivement curieuse, plaisanta-t-elle en reposant son verre. Première question.

Elle croisa les jambes et chercha dans la conversation au bord du Loch un élément qui avait retenu son attention. Mis à part le fait très étrange que Tibère puisse porter un tablier de cuisine. Elle se redressa d'un coup, ayant choisi sa question.

- Ces filles, à Rome, vous n'avez jamais eu de problème ? Quand un lit ne désemplit pas, ça peut devenir délicat, non ? ajouta-t-elle en riant.

Pour l'étudiante qui avait vécu jusqu'ici une vie de nonnette, il était difficile d'imaginer une existence pareille. Son plus grand délit : piquer l'antique mobylette de son oncle d'adoption (laquelle avait d'ailleurs rendu l'âme au milieu de la Brume, lors de sa Quête). Vive l'adrénaline.
Elle ramena une de ses longues mèches en arrière et précisa :

- Je ne veux pas le demander à Tibère, même si je suis sûre que son expérience personnelle regorge d'anecdotes, supposa-t-elle avec malice.

Because of Zofia. Évidemment. La brune savait s'abstenir de gaffer, quelques fois.

- Deuxième question. Vous allez voir, je suis très prévisible. Alors... pourquoi votre daemon n'a pas été révélé ? Je trouve ça totalement injuste !

Elle secoua légèrement la tête en souriant. Léola avait résolu de cesser de la ramener avec ça, mais elle ne pouvait s'empêcher de se poser la question. À sa première rencontre avec Tibère, lui aussi était seul : avaient-ils grandi dans un milieu non-sorcier, comme elle ?

- Question suivante, enchaîna-t-elle. Où est le troisième ? David. Tibère parle toujours des trois et maintenant vous êtes deux, mais si je compte bien, il en manque toujours un.

Cette histoire de trio présentait pour elle quelque chose d'étrange, sans doute parce qu'il paraissait impossible que Tibère dépende autant d'une quelconque forme d'amitié.
La jeune fille réfléchit encore quelques instants, tentant de dénicher une question qui lui révélerait une aspect intéressant de Claude.

- Ah, je sais. Quatrième question : de quelle couleur sont vos chaussettes ? Les spécialistes disent des choses passionnantes à ce sujet.

Un psychologue avait un jour décrété en voyant les chaussettes dépareillées de Léola (une rose fluo avec des étoiles, une rayée orange et vert) qu'il y avait en elle une part de fantaisie. Merci pour l'info, avait conclut Strictwise.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Jeu 25 Déc - 12:55

Tout en regardant à la dérobée Léola croiser les jambes, Claude eut un ricanement et murmura :

"Je peux parler sans gêne longtemps, ma belle..."


Il lui sourit, lui fit un clin d'oeil et lui prit franchement la main, la ramenant vers ses genoux. Tout en jouant distraitement avec la main en question, il prit une grande inspiration et commença :

"Première réponse. Bien sûr que si, j'ai eu des problèmes. A ma connaissance, je n'ai pas d'enfants, mais des filles se sont déjà battues parce qu'elles croyaient devoir se disputer mon amour. D'ailleurs, la plupart du temps, je les calmais vite : aucune ne l'avait, mon amour."

Il éclata de rire et continua :

"Tibère ? Il est pire que moi ! En plus, lui n'a aimé qu'une fille, et c'était Zofia, mais tous les autres se sont cassés les dents sur lui, hommes comme femmes. Moi, j'ai aimé des filles... d'ailleurs, c'est assez périlleux comme affaire."


Cette fois, il évita le regard de la jeune fille, comme gêné.
Pour la seconde question, l'italien se donna un temps de réflexion. Question très pertinente, d'ailleurs. Il ne s'était jamais vraiment demandé pourquoi il n'avait pas de daemon mais il se rappelait que voir Tibère révéler le sien l'avait choqué.

"Je sais pas trop... Je crois que... On aurait pu le faire, sans problème, mais tous les trois ont a toujours eu des relations très fortes, alors imagine, à six ! On aurait du gérer les relations de nos daemons et les notres !"

Et puis, il y avait aussi le fait qu'ils avaient toujours vu les daemons comme des moralisateurs empêcheurs de s'amuser. En voyant Mahalalel, Claude avait compris que c'était faux, mais il s'abstint d'en parler avec Léola qui était manifestement accompagnée d'un parfait Jimminy Criquet.

Par contre, pour la troisème question, Claude prit réellement son temps. Que devait-il dire ? Lui-même était perdu dans cette histoire, il ne savait pas si David allait revenir, il ne savait pas s'il avait vraiment envie de le voir, et puis... Mais il avait dit qu'il lui répondrait et il comptait bien le faire, même si c'était compliqué.

"Hé bien... On ne sait pas où est David. Avec lui, Tibère et moi, on avait une petite affaire de trafic d'oeuvres d'art, tu vois le genre ? On avait de l'argent, on se croyaient invincibles... Mais mon père a fini par être à deux doigts de découvrir la vérité et David, dans un... mouvement de panique, l'a tué. Il a pris la fuite et depuis, on n'a plus de nouvelles. J'ai fait de la prison, Tibère est venu ici et David... Je crois qu'il a peur de me revoir, il a peur que je lui en veuille, tout ça."

Une pause, le temps de reprendre son souffle et de se rendre compte qu'il était crispé et serrait trop fort la main de Léola. Deserrant doucement les doigts, il sourit et continua :

"Je ne lui en veux pas. J'aimerais bien lui dire de revenir vite, si je savais où le trouver."

L'italien eut un rire triste et secoua la tête comme pour chasser ces idées. Enfin, il tourna un visage rayonnant vers la jeune femme et lança joyeusement :

"Et pour la quatrième réponse, mes chaussettes sont grises. Des conclusions particulières ?"



Bientôt, il prit un air très sérieux, presque sévère, et fixa Léola dans les yeux durant quelques instants, en proie à une intense réflexion. Lui aussi voulait poser des questions, après tout il l'avait prévenue que pour chaque réponse de sa part il lui poserait une question.
Enfin, il commença d'une voix grave :

"A mon tour. Première question. D'où viens-tu ?"


Une question qui pouvait sembler banale, mais pour quelqu'un comme Claude qui accordait tant d'importance à la ville d'où il venait, elle était facilement justifiable.
Il continua ensuite :

"Ton daemon. Comment pouvez-vous être aussi différents ?"

Ce n'était pas exactement sa question, mais en réalité, elle était trop vaste pour être formulée d'une phrase. Il aurait voulu savoir comment pouvait-elle vivre avec un pareil moralisateur, comment était-ce possible qu'il soit comme ça, pourquoi n'avaient-ils pas m'air de s'aimer comme Tibère et Mahalalel ?

"Troisième question. Tu n'as jamais eu de problèmes, à être aussi naturelle ?"

Il eut un rire léger. Il aimait beaucoup ce côté naturel, vraiment beaucoup, mais bon... ça ne pouvait pas plaire à tout le monde.

"Et enfin..."

Il secoua une nouvelle fois la tête, mais cette fois pour montrer qu'il ne savait plus quoi dire. Hé bien, Léola avait bien plus d'inspiration que lui, il n'avait plus de questions à poser.
Ou peut-être une, par pure provocation. Et puis, un peu parce que la réponse l'intéressait tout de même.

"Quatrième question."


Il se pencha vers la jeune fille et posa ses lèvres sur les siennes pour la quatrième fois de la journée. Puis il se redressa, sourit et demanda :

"Quand je fais ça, tu penses quoi ?"
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Dim 28 Déc - 11:12

- Chaussettes grises ? Catastrophe, fit Léola avec une grimace comique.

Elle avait une nouvelle fois admiré la maîtrise sans faille de l'Italien, qui compensait avec sa spontanéité envahissante. Les réponses, simples et sincères, l'impressionnaient. Et on pouvait dire qu'elle était rarement impressionnée (difficile pour quelqu'un d'aussi farfelu). Léola en était presque frustrée de n'avoir pas pu choquer davantage son interlocuteur, elle ne devait pas être très douée aux petits jeux de provocation.

*Tu n'as pas la tête de l'emploi. Dieu merci. Tout le monde ne peut pas s'en vanter.*

*Tu veux savoir à quel emploi me fait penser ta sale tronche ou je t'épargne ?* répliqua la jeune fille avec un sourire distrait.

Bon, après avoir assouvi sa curiosité malsaine, elle se devait maintenant de rendre la pareille à Claude (soyons inconvenants, certes, mais soyons équitables). La première question avait l'air parfaitement inoffensive, mais Léola s'octroya un bref instant de réflexion pour formuler une réponse claire (... et encore).

- Mmh, tu me poses une colle, plaisanta-t-elle. Alors, accroche-toi : j'suis née en France. J'ai été adoptée à l'âge de deux ans. Mes parents devaient entrevoir quelle sorcière catastrophique je deviendrais, fit-elle en riant. Direction England ! À dix-huit ans, je me fais un petit retour aux origines : cinq ans en zone bleu-blanc-rouge. Et voilà ! Alors, d'où je viens... t'as pas des questions plus simples ?

Vint le sujet Strictwise, of course. La brune eut un soupir imperceptible : ça n'avait rien de très gai et elle craignait surtout d'assommer Claude à coup d'explications barbantes. Raison de plus pour en finir le plus vite possible.

- Ouais, euh... À la base, mon daemon compense le côté de ma personnalité qui peut nuire, on va dire. Enfin, qui peut surtout me nuire, précisa-t-elle en souriant. Le soucis, c'est qu'au moment où il a débarqué, j'étais pas dans une super forme, donc y a sans doute eu une réaction instinctive, genre anticorps.

On n'était certain de rien à ce sujet, mais après toutes les conversations sans fin que Léola avait eues avec Aina, Jena et Yves, elle pouvait affirmer certaines choses. Comme quoi, oui, miracle, ça servait.

- Ca a créé un déséquilibre, et maintenant, ben... j'ai un problème de flux, acheva-t-elle avec une petite grimace embêtée. Mais bon, rien de grave, évidemment.

Évidemment.

*Quelle crédibilité foudroyante.*

*Oh, please shut up, darling.*

À la troisième question, elle éclata de rire.

- Si, je suis tellement naturelle que la plupart des gens me croient shootée en permanence. Ce que je trouve particulièrement ironique.

Elle jeta un regard dépité au Romain. Qu'est-ce qu'elle devait paraître stupide et inexpérimentée... Mais bon, ça ne devait pas être la première fois même si, d'habitude, elle ne s'en rendait pas compte.

- Les versions diffèrent. D'autres supposent que je me traîne un QI en dessous du niveau de la mer. Je ne démens pas, c'est peut-être vrai, après tout, fit-elle remarquer avec un sourire amusé. Cela dit, je mens aussi très mal, ce qui est horriblement handicapant. Strictwise s'en charge parfois, quand sa haute conception de la morale ne l'empêche pas de me sauver la peau. Vive le naturel, conclut-elle.

De plus, elle avait acquis ce fâcheux réflexe de toujours agir sur un coup de tête. Au grand désespoir de Qui-l'on-sait.
Léola sourit et prit la main de Claude comme lui l'avait fait pour elle et la serra d'une façon un peu enfantine. Son geste la faisait paraître presque fragile sous l'assurance de l'Italien, mais son sourire dévoilait sa malice. Elle le regarda dans les yeux et répondit :

- À partir de là, je pense Tartuffe. Ne cherchez pas, c'est... français. "Que fait là votre main ? - Je tâte votre habit, l'étoffe en est moelleuse" récita Léola avec un amusement évident dans le rôle d'Elmire.

Strictwise s'enchanta quelques instants de du sursaut de culture de sa moitié, avant de se rappeler qu'il écraserait bien la figure tartuffienne. L'étudiante glissa ses doigts légers dans la nuque de Claude, dans un mouvement qui ressemblait à celui avec lequel il avait fourragé dans ses longs cheveux châtains.

- Là, je pense : c'est bizarre. Tu vas finir par te coller une sale réputation à embrasser des mecs que t'as rencontrés dans l'après-midi. Mais j'aime tout ce qui est bizarre.

Elle inclina légèrement la tête avec une expression amusée.

- Et là j'arrête de penser.

Elle se pencha et embrassa Claude pour la première fois. Ses lèvres semblaient timides quand elles se posèrent sur celles du Romain, n'osant en quelque sorte pas s'imposer.

- Hum. On est pas très doués pour faire les choses dans l'ordre, j'ai l'impression, soupira-t-elle. Bon, pas grave, j'ai la flemme de tout recommencer depuis le début.

Sans réfléchir, elle se mit à le tutoyer.

- Tu me trouves toujours digne d'intérêt ? Je me sens presque ridicule à côté de toi, et pourtant c'est un sentiment que j'ai rarement expérimenté jusqu'à ce jour.

La brune marqua un arrêt et poursuivit distraitement :

- J'aurais bien voulu avoir une vie de débauche, à Rome, comme vous trois, j'aurais peut-être eu des amis moins... classiques.

Ok, là, on versait dans la mauvaise foi. Léola eut un sourire quand elle s'en rendit compte.

- Bon, mes amis me conviennent parfaitement, c'est juste que j'aurais adoré avoir un pote aussi timbré que Tibère.

[Mais qu'est-ce qu'elle parle ! :p]

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Lun 29 Déc - 18:37

De mieux en mieux. Réellement… étonnante, cette fille. Claude l’écouta parler en la regardant d’un air grave, surtout quand elle aborda son problème de flux. Il savait que les flux étaient très importants et qu’une perturbation pouvait être très grave, il avait eu des cours là-dessus à Rome mais n’avait pas approfondi. Il eut une sorte de rictus ironique quand Léola dit que ce n’était pas grave mais ne releva pas, pas la peine de s’appesantir sur le sujet.

Il eut quelques instants l’air un peu perdu quand elle parla de Tartuffe et précisa que c’était français. Claude était né en France mais parlait très mal le français et ne s’intéressait pas du tout à la culture de ce pays. Il avait adopté Rome comme matrice.
Mais pas le temps d’y penser plus longtemps. A l’instant où Léola posa la main sur sa nuque à son tour, il n’eut plus aucune pensée pour Tartuffe ni pour la France ni même quoi que ce soit d’autre que la jeune fille en face de lui.
Il eut un sourire éclatant quand elle commença à le tutoyer et rit un peu. Ça ne lui semblait pas si bizarre, à lui, comme situation. Les relations à l’envers, ça devenait presque une spécialité.

« Je te trouve furieusement digne d’intérêt ! Je veux dire… tu es drôle, tu es mignonne, tu as de la répartie… J’aime bien. »

Une pause et un sourire enjôleur.

« J’t’aime bien. »


Il éclata d’un rire franc quand Léola parla de leur vie à Rome et des amis qu’ils s’étaient faits.

« J’avoue, c’était magnifique. On a rencontré des gens plutôt louches, mais la plupart n’étaient pas… réels. »

Un rire nerveux secoua Claude et il eut un geste rapide de la main, comme pour chasser ce dernier mot. Ce n’était pas ce qu’il voulait dire.

« Enfin je veux dire, avec Tibère et David, on était à trois, exclusivement, les autres… gravitaient juste. On les oubliait dès qu’ils disparaissaient de notre champ de vision. C’est peut-être ça qui nous a rendus si odieux avec tout le monde. »


Il regarda Léola d’un air songeur et continua :

« Mais ici, on est plus proches de tout le monde. C’est bien. »


L’italien sauta soudain sur ses pieds et se tourna vers la jeune femme, un immense sourire aux lèvres et la main posée sur sa hanche.

C’est le moment que choisit Tibère pour surgir, deux assiettes fumantes d’une tartiflette bien dorée à la main. Il avait l’air très fier et posa les plats sur la table d’un geste ampoulé en invitant Léola à s’asseoir.

« Tu me diras ce que t’en penses, hein ? »

C’est à ce moment-là que le cuisinier croisa le regard de son meilleur ami, regard qui disait clairement « Toi, tu pars. » Il éclata de son rire hystérique habituel et se détourna rapidement pour quitter la pièce. Pas de souci, il était plutôt docile sur ce sujet.

Claude s’installa sur une chaise en face de la jeune femme et attaqua franchement la tartiflette, qui était d’ailleurs délicieuse.

(mouaif)
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Lun 29 Déc - 23:28

[Maaais, l'est très bien ton message !! et pis même si tu l'aimes pas, t'as qu'à dire que c'est la gueule de bois ^^ Ceci dit, j'adore le "Toi, tu pars." xD
Bon, fallait absolument que je réponde maintenant, parce que figure-toi que j'ai mangé de la tartiflette pour la première fois il y a juste quelques heures - et tout le monde s'eeen fouut, je sais Very Happy ]


Léola sauta à terre et tira une chaise de sous la table. Parler c'est bien, manger... c'est mieux. Elle rit et pointa sa fourchette en direction de Tibère.

- Je te dirai ce que j'en pense. Gare à toi !

Léola se pencha sur sa tartiflette et l'inspecta : elle avait certes plutôt bonne mine. Ouf.
Quand elle se retourna, le marmiton était retourné en cuisine.

- Il me fuit ?, demanda l’étudiante avec un sourire malicieux.

Bon, c’était assez improbable.
La jeune fille leva son verre en direction de Strictwise, le narguant d’un signe de tête provocateur. Si elle avait raconté à Claude que le daemon avait la manie de sortir son récipient mesureur à chaque fois qu’on lui servait de l’alcool, il aurait sans doute beaucoup ri.
Elle s'attaqua au plat, mettant à l'oeuvre sans s'en rendre compte les manières impeccables que sa moitié lui avait enseignées à coup de baguette.

*Petit doigt* marmonna Strictwise en sachant parfaitement que la jeune fille n'accorderait aucune attention à sa remarque.

Léola haussa les épaules, vaguement amusée. Elle n'avait jamais encaissé cette règle du plus haut ridicule et répliquait le plus souvent qu'elle le voyait mal lever l'auriculaire quand il mangeait, lui. Ce à quoi Strict' répondait tout naturellement que de toute façon il ne mangeait pas, mais que si c'était le cas, oui, il lèverait le petit doigt.
L'étudiante jeta un coup d'oeil aux chaussures qu'elle portait, histoire de s'assurer qu'aucune tache, trace, particule de poussière ne s'y trouvait. Dans le cas contraire, elle aurait fort à faire avec Aina. Elle eut un sourire un peu crispé en songeant à l'incarnation féroce de Riom.
D'habitude, elle lui plaisait assez en constatant que son propre daemon faisait profil bas devant un léopard des neiges, mais elle se souvint tout à coup avec déplaisir à quel point cet animal illustrait le caractère de sa délicate colocataire. Bon, suffisait de ramener ces chaussures en bon état, ou de les rattraper tout simplement à la baguette.
Léola vida tranquillement son assiette et se rendit compte à cet instant que ça faisait déjà quelques minutes qu'elle était plongée dans ses pensées absurdes et qu'elle avait laissé le silence s'installer.

- Oh désolée, s'exclama-t-elle avec un sourire confus. Désolée, je fais souvent ça.

Elle eut un petit rire et rejeta ses cheveux en arrière, se remettant les idées en place. Perdre complètement le fil d'une conversation était une réaction type chez elle, et Strictwise avait finalement décidé de lui donner les instructions de base pour la reprendre, euh... mine de rien, va-t-on dire : "Vous prendrez bien encore un peu de thé ?" - "Ma foi, cette cravate est tout à fait ravissaante !" - "Je tiens à avoir la recette de cette entrée : c'est divin !", etc. Inutile de préciser que Léola s'était abstenue d'en faire usage, prétextant innocemment que ses hôtes ne portaient hélas pas de cravates et que l'entrée était infecte.

*Ahem.*

*Ok, ok. Je vais trouver un truc à dire.*

En fait, cela vint tout seul. La jeune fille savait que le petit jeu des questions indiscrètes était fini, mais elle fut soudain prise de curiosité pour un détail.

- Vous avez déjà couché ensemble ? À vous trois ? Ou séparément, peut-être, fit-elle, songeuse. L'un après l'autre.

Léola ne remarqua pas l'étrange suffocation de son daemon qui se mit à se rouler par terre en poussant de longs râles.
L'étudiante méditait maintenant l'aspect technique de la chose.

- Ca doit être particulièrement compliqué à trois.

Le renard, muet d'indignement, ne put qu'émettre une pensée atterrée :

*Léola, tais-toooi !*

*Quoi ?*

*Mais, tais-toi !! Tu ne t'entends pas parler ?!*

Il y avait peu de différence pour la jeune fille entre converser et penser à voix haute. Elle mit quelques secondes à comprendre qu'elle débitait des insanités et eut un sourire indulgent à sa propre intention.

- Ok, je divague de nouveau.

Strictwise grogna, se décidant à intervenir, du moins brièvement. Il marmonna d'un ton acide :

- Inutile de préciser que vous n'êtes pas obligé de répondre... monsieur Valhubert.

[Tu vois, je fais pas mieux... Je stagne ^^ Et en plus, je délire xD]

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Ven 2 Jan - 18:49

Claude sourit doucement en regardant Léola goûter la tartiflette puis s’étonner de l’absence du cuisinier. Bien sûr qu’il était parti, il suivait la règle à la lettre, mais l’italien ne précisa pas et se contenta de rester silencieux quand la jeune femme demanda s’il la fuyait.
Absolument pas dérangé par le silence, il s’absorba dans la contemplation de la brune en face de lui, un petit sourire flottant sur ses lèvres tandis qu’elle jetait un coup d’œil à son daemon, puis à ses chaussures, tout ça. Il vida son verre et en s’en reversant un, remarqua qu’il avait quand même bu pas mal de vin. Aucune importance. Il repoussa son assiette sans l’avoir finie et alluma une cigarette, laissant tomber les cendres dans les restes et affichant un sourire insolent au cas où ça dérangerait quelqu’un.
Le romain ne dit même pas un mot quand enfin Léola sembla sortir de ses pensées et s’excusa de son « absence ». Il sourit sans la quitter des yeux et attendit qu’elle parle, peu pressé de rompre le silence.

Quand la jeune fille finit par parler, il ne put que la fixer bouche bée pendant quelques secondes. Elle partait sur des considérations un peu étranges, l’air songeur, et lui ne savait pas quoi dire. Enfin, disons plutôt qu’il savait quoi dire mais était vraiment surpris. Personne ne lui avait jamais demandé ça de cette façon. Ha si, les flics, quand ils s’étaient fait arrêter.
Repenser à cette histoire le tira de son étonnement et Claude éclata de rire. Un rire franc, long et joyeux.

Il leva son verre et répliqua d’une voix malicieuse :

« A trois, je te l’accorde, ça aurait été un peu difficile. »


Un coup d’œil au renard et il reprit en fixant sans aucune gêne la jeune fille dans les yeux :

« Mais oui, Tibère et moi on a déjà couché ensemble. Pas David, mais si tu le connaissais tu comprendrais. Il est trop… stable. »


Sous-entendu, trop stable pour se laisser séduire par l’attirante folie de Tibère ou par la fragilité de Claude.

Le romain se pencha par-dessus la table vers Léola et demanda sur le ton de la plaisanterie :

« Pourquoi ? T’as l’intention de lui demander ce que je vaux ? »

Il eut un rire moqueur et fit un clin d’œil à Strictwise en écrasant sa cigarette.
Claude commençait à être un peu lassé de ce réfectoire, il aurait bien voulu aller faire un tour ou quoi que ce soit. Posant la main sur celle de Léola, il lui demanda gentiment ce qu’elle voulait faire, le regard à peine indécent. Juste un peu.

(bah, on va pas tarder à conclure, non ? et puis on en refait un plus tard)
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Souper sans chandelles   Mar 20 Jan - 12:07

- Tout à fait, opina-t-elle insolemment, je n'investis jamais que dans les produits de qualité.

Aussi diplomate soit-il (ahem), Strict' n'appréciait pas pleinement l'ironie complice des deux petits plaisantins. Pas plus que le sujet vers lequel dérivait la conversation.

*Enough. Les plus courtes sont les meilleures.*

Le daemon préférait de loin le français à l'anglais, et après tout c'était la première langue qu'il avait apprise, mais il lui arrivait de s'énerver à l'aide du vocabulaire maternel de Léola. Il devait trouver ça plus impressionnant, mais c'était sans compter son accent de vieille dame britannique. Sa moitié étouffa un rire, mais grimaça à la question presque innocente de Claude.
Elle ne pouvait pas dire qu'elle n'avait pas envie de répondre n'importe quoi comme elle en avait l'habitude, mais elle ne pouvait pas dire non plus qu'elle ne se doutait pas que Strictwise la déchiqueterait en morceaux si elle se risquait à le faire.
Apparemment, elle avait beau tout faire pour y remédier, son daemon avait toujours une autorité exagérée sur ses faits et gestes. Un coup d'oeil à l'animal lui suffit pour constater qu'il ne rigolait pas.
Léola soupira imperceptiblement et afficha délibérément une expression arrogante - en partie pour se venger de Strict', en partie pour tromper Claude.

- Je vais retourner dans ma chambre... toute seule, précisa-t-elle avec un sourire narquois. Aina doit m'attendre, et pas avec les meilleures intentions du monde, alors j'ai pas intérêt à traîner.

Elle se leva, ramassa ses affaires en soupirant et reprit son assiette pour aller la laver avant d'aller se coucher. Pff, Strictwise avait le don de rendre ses soirées tout à fait passionnantes.
Léola voulut s'attarder quelques instants, mais son daemon grogna, impérieux, et elle renonça aussitôt, sans pour autant retenir un grincement de dents. Comment pouvait-elle être encore aussi docile ? My-stère.

- Je crois qu'on se verra au Nouvel An, lança-t-elle finalement avec un petit geste de la main et une expression qui avait quelque chose d'insolent.

Les yeux de Strictwise s'écarquillèrent de fureur et il se précipita derrière sa moitié, hors de lui.
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Souper sans chandelles

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