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Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Quête de Kennedy Brooks Ven 27 Juil - 18:42 | |
| « Merci Hank ! Très sympa d’avoir fait ce détour rien que pour moi ! » lança la belle brune en sortant du camion trois tonnes qui venait de s’arrêter en bord de route.
Kennedy avait eu la chance de tomber sur ce gentil conducteur à la sortie de Kildrummy alors qu’elle se désespérait de son manque de prise de renseignements. N’importe qui se serait renseigné pour savoir la façon la plus rapide pour aller à sa destination, mais K. n’avait jamais voyagé seule, elle l’avait toujours fait avec ses parents qui avaient des employés qui organisaient le voyage à leur place. Alors quand l’américaine avait découvert qu’il lui faudrait deux jours de marche pour arriver enfin au village dont elle rêvait depuis plusieurs mois, elle avait été proche de piquer une crise de nerfs. Elle était sportive mais marcher deux jours c’était trop ennuyeux pour elle. Elle avait alors décidé de faire du stop et Hank lui avait proposé de faire un petit détour pour l’emmener au plus proche. Ils avaient parlé de tout et n’importe quoi pendant le trajet, mais pas de Sywhaîd. Kennedy en avait déduit que c’était le genre d’endroits dont les moldus ne parlaient pas, elle n’avait donc pas insisté.
Elle avait essayé d’être le plus sociable possible malgré le mal de tête qui l’abrutissait depuis plusieurs jours. Les migraines post-visions étaient de plus en plus fortes, les médicaments moldus n’y faisaient plus rien, aussi forts qu’ils soient. Un docteur lui en avait donné des vraiment, vraiment forts, mais ils la faisaient dormir, tout en laissant quand même un mal de crâne quoi qu’il arrive. La migraine de ce jour là était causée par une vision qu’elle avait eue trois jours auparavant, une vision à propos de Sywhaîd. Elle avait été forcée de venir là, autrement il lui semblait que ces visions finiraient par lui faire exploser la tête. A croire qu’on voulait absolument qu’elle y aille. Elle n’avait pourtant rien à faire dans un coin aussi paumé, elle la future actrice qui vivait à L.A. depuis assez longtemps pour avoir commencé, à peine, à se faire une petite place.
Comme toujours, le look de Kennedy était impeccable, parfaitement collé à l’activité qu’elle allait faire. Comment s’habiller pour une Quête spirituelle et magique ? Si la question avait été posée à un spécialiste de la mode, la réponse aurait sûrement été la tenue de Kennedy, qui était après tout une grande spécialiste de la mode devant l’éternel depuis qu’elle avait neuf ans. Elle portait un pantalon qui semblait prendre ses inspirations dans les pantalons de l’armée, mais parfaitement adapté à ses formes, dans un tissu en faux daim marron foncé. Ce pantalon avait évidemment tout un tas de poches, zippées ou clipsées. Le pantalon retombait sur des boots noires qui remontaient jusqu’à la moitié de ses mollets, très confortables pour marcher. Par-dessus le pantalon elle portait un débardeur gris souris avec une fleur brodée sur le côté droit en gris plus foncé. Une veste en jean à manches mi-longues, cintrée parfaitement sur ses formes étourdissantes. Elle avait remonté sa lourde chevelure brune en une queue de cheval dont ne dépassait pas une seule mèche. Elle avait un simple sac à dos, dans lequel se trouvaient ses affaires, qu’elle avait rétrécies pour l’occasion, même si elles n’étaient pas loin de toutes tenir dans son sac en taille réelle.
Elle avança d’un pas rapide vers la Brume, sans même prendre le temps d’y réfléchir. Elle savait qu’il y aurait une Quête, des épreuves et que ça lui demanderait beaucoup d’efforts, mais Kennedy n’était pas vraiment du genre à prendre son temps pour se concentrer, elle faisait face aux évènements comme ils venaient, on aurait pu l’appeler la Reine de l’Adaptabilité. Elle s’engouffra donc dans la Brume, tout en se disant d’un air motivé :
« Allez K. quand faut y aller… » _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Dim 29 Juil - 16:28 | |
| La Brume se referma rapidement autours de Kennedy, tellement épaisse que la jeune femme n’y voyait pas à un mètre. Durant quelques instants elle continua à avancer sans que rien ne se produise. Tout autour d’elle n’était qu’un grand flou blanc et cotonneux, parfois tellement épais que la Brume en semblait solide. L’épaisseur duveteuse étouffait le moindre son, au point que Kennedy pouvait à peine entendre le bruit de ses propres pas dans l’herbe humide. Mais progressivement, un autre son lui provint, à la limite de l’audible. C’était comme un chuchotement, qui devenait peu à peu de plus en plus clair. Finalement, Kennedy put entendre ceci :
"J’y crois pas, c’est Brooks !" "C’est pas vrai ! Mais qu’est-ce qu’elle fout fringuée comme ça ? Elle part en mission commando ou quoi ?"
La conversation fut interrompue par quelques gloussements avant que la première voix ne reprenne :
"Tu paries combien que c’est pour essayer de plaire à Zach Archer ? Il parait qu’elle s’est tapé toute l’équipe de football sauf lui." "Mais il est gay !" "Justement !"
S’ensuivirent plus de gloussements, qui se fondirent à nouveau dans la Brume. Les voix désincarnées avaient semblé provenir à la fois de tout autour de Kennedy, et de nulle part en particulier, et, phénomène étrange, il avait semblé qu’à chaque remarque blessant, à chaque gloussement moqueur, la jeune femme avait un peu plus de mal à avancer.
D’autres voix s’élevèrent soudainement, un peu plus proches, mais toujours intangibles.
"Regarde c’est Brooks ! Elle était pas partie à LA ?" "Siiii, carrément ! Elle voulait devenir actrice. Faut croire que ça a pas marché." "Tu parles, elle a au moins autant de talent que Paris Hilton dans ce navet de film d’horreur, là." "Ben justement, c’est exactement ça…"
La voix baissa de volume, passant sur le ton de la confidence.
"Il parait que pour se faire du fric, elle a même accepté de tourner dans… enfin, tu sais, dans ce genre de film." "C’est pas vrai !"
Une fois de plus, les voix disparurent comme elles étaient arrivées. Kennedy ne pouvait presque plus avancer ; les remous de la Brume sur ses jambes semblaient presque solides et entravaient sa marche. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Jeu 2 Aoû - 19:08 | |
| Kennedy n’avait jamais eu peur de l’obscurité. En réalité, un ami de ses parents, qui avait pour hobby d’essayer de deviner quelle forme aurait le daemon des gens qu’il rencontrait, avait souvent dit que celui de l’ancienne cheerleader aurait été un félin. L’idée n’était pas si incongrue. Après tout, elle était très souple, très agile. Elle avait un caractère… Disons qu’elle sortait ses griffes plus souvent qu’à son tour. Et puis, pour finir, elle se sentait plutôt bien dans le noir. Elle n’en avait pas peur, plus encore, il lui arrivait de s’y sentir plus tranquille qu’en plein jour. Paradoxal pour quelqu’un qui cherchait à attirer l’attention et à être constamment sous le feu des projecteurs. Elle n’avait donc pas pensé à sortir sa baguette pour une simple petite brume… Evidemment, la Brume n’était pas un simple petit brouillard et K. aurait dû sortir sa baguette pour illuminer un peu son chemin. Le temps qu’elle se rende compte de cette évidence et déjà elle n’y voyait plus assez pour pouvoir trouver sa baguette. Elle la cherchait d’ailleurs, à tâtons dans son sac, quand elle entendit une voix, ou plutôt un chuchotement. Plus par réflexe qu’autre chose, elle s’arrêta de marcher, tout en fouillant son sac avec un peu plus d’acharnement. Si une créature affreuse arrivait, il fallait qu’elle puisse se défendre !
Mais les voix n’étaient pas tout à fait celles d’une horrible créature venue la dévorer. C’était bien pire. L’oreille fine de la future actrice -un autre point pour la théorie du daemon félin- reconnut pratiquement tout de suite les deux chipies à qui elle avait affaire. Elle n’écoutait que d’une oreille ce que ses deux anciennes camarades pouvaient dire à son sujet. Déjà, ça n’était pas vraiment ses deux camarades, puisqu’elles étaient à des milliers de kilomètres de là et que leurs voix venaient de partout à la fois, ça n’avait rien d’un phénomène humain. Et puis, de toute façon, elle avait bien autre chose à faire que d’entendre leurs cancans. Elle réussit finalement à mettre la main sur sa baguette. Cette simple petite victoire la fit sourire, avant qu’elle ne remette son sac sur son dos et qu’elle n’entende la suite des paroles qui sortaient de la Brume.
Ben quoi ? Elles avaient quoi ses fringues ? C’était très à la mode. C’étaient pas ces deux crétines qui allaient lui apprendre comment s’habiller quand même ! Elle ne pouvait pas la voir, mais elle passa quand même sa main libre sur sa veste en jean. Non, c’était très classe. Bon, okay, elle l’avait eue dans un dépôt-vente et pas dans un magasin ultra-chic mais personne n’aurait pu faire la différence, elle était la reine des bonnes affaires, la déesse de la débrouille et la princesse du rafistolage. Ca, elle en avait appris des trucs toutes ces années passées à crever de faim dans son studio miteux. Parce que, vous y croirez ou non, mais si vous arrivez en jean troué et t-shirt à une audition, personne ne vous remarquera. Il faut avoir du style pour pouvoir avoir les moyens d’en avoir. A présent, le système-D n’avait plus de secrets pour elle… A tel point qu’il aurait pu s’appeler le système-K.
Pour commencer, elle se dit qu’il fallait ignorer ces voix. Après tout, c’était le plus simple, et aussi la chose la plus sage à faire. On lui avait toujours dit, quand elle était petite, que pour éviter les ennuis il valait mieux faire comme si on n’avait pas entendu, que les gens finissaient par se lasser. En fait, elle n’avait jamais vraiment appliqué cette règle, son tempérament avait tendance à exploser facilement, surtout quand quelqu’un venait lui chercher des poux. Mais là, elle passait une Quête, avec un Q majuscule. Il fallait donc qu’elle se montre humble, sage et très intelligente. Donc elle décida de ne pas répondre et continua à avancer.
Ou plutôt, essaya. Elle n’avait pas vraiment remarqué jusqu’à présent que la Brume s’était épaissie, mais maintenant c’était plus qu’évident. Elle buta plusieurs fois d’affilée contre cette barrière avant de finir par soupirer d’un air exaspéré. Elle fit ce petit bruit de gorge qu’elle faisait toujours quand elle tombait sur un obstacle, une sorte de petit bruit étouffé, bruit hybride entre un grognement et un gargouillis. Elle leva les mains au ciel, la gauche tenant toujours sa baguette, d’un air de résignation avant de s’exclamer, en fixant le ciel comme si elle s’adressait à lui :
« Bon ! Okay ! La version Yoda ne fonctionne pas. Alors on va utiliser la méthode Kay. »
Elle planta ses mains sur ses hanches et s’adressa cette fois à la Brume qui se trouvait devant elle, tournant régulièrement sur elle-même pour être sûre de parler aux portions de la Brume qui s’étaient exprimées.
« Alors maintenant vous allez la fermer toutes les quatre ! Vous avez passé tout le lycée à essayer de me ressembler et de m’atteindre. J’étais la Prom Queen alors que vous n’étiez rien du tout, et que vous creviez d’envie d’être les Dauphines. Vous croyez que vous avez des leçons à me donner ? »
Sa voix était décidée et forte, elle était enfin dans son élément. S’il y avait quelque chose que Kennedy Brooks savait faire, c’était bien de remettre les gens à leur place. Toutes ses années lycée elle avait terrorisé les étudiants avec sa façon de manier le langage. Les répliques mordantes, les insultes et les vannes bien senties avaient été sa spécialité toutes ces années, ça et diriger l’équipe de cheerleaders, flirter et mener la mode de son microcosme.
« Bethany Marshall, à ta place je m’amuserai pas à cancaner sur l’équipe de football quand on sait qu’ils ont tous donné une note a tes… hum… Aptitudes. Elles ne sont pas très hautes d’ailleurs les notes en question, à croire que t’apprends pas avec l’expérience. »
Elle pivota d’un quart de tour avant de continuer.
« Harmony Pryce, tout le monde sait que tu as inventé l’homosexualité de Zach tout simplement parce qu’il ne veut pas te toucher. »
Nouveau pivotage.
« Janet Crawford, quand on sait la catastrophe qu’a été ta prestation dans Roméo et Juliette en dernière année, je crois que tu es mal placée pour juger d’un talent. »
Elle changea de nouveau d’orientation avant de finir :
« Et Camilla Bensherd, ta vidéo de toi faisant une gâterie à Mike Hensen étant resté dans le top10 de youtube pendant plus de six semaines, je crois que tu connais mieux le porno que moi. »
Elle pivota une dernière fois pour revenir à l’endroit où elle était à la base et, après avoir pris une inspiration, elle essaya d’avancer. Est-ce que la méthode Kay était plus efficace que celle de Yoda ? _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Mar 7 Aoû - 20:57 | |
| La méthode Kay semblait être plutôt efficace. Si la jeune femme rencontra encore une certaine résistance lors de ses premiers pas, celle-ci disparu vite, et Kennedy fut bientôt libre de ses mouvements. Elle put marcher ainsi pendant quelques secondes en toute tranquillité, puis les voix reprirent soudainement, plus claires et beaucoup plus proches, et surtout qu’elle avait rangées jusqu’alors dans la catégorie amis :
"Il parait qu’elle a des visions ou des trucs comme ça. Franchement c’est flippant. Elle s’évanouit et tout. J’ai pas vraiment osé la contacter depuis que je sais ça."
"Surtout que ça doit sûrement être vrai, c’est pas du genre de K de monter une comédie comme ça. Tu crois que c’est quoi ? Une maladie magique, un sort ou un truc dans le genre ?"
"Je sais pas. Mais à mon avis vaut mieux rester à l’écart tant qu’elle est comme ça."
Là où les voix précédentes n’avaient été pleine que de méchanceté et de moqueries, celles-ci semblaient préoccupées, et même attristées. Alors qu’elles se taisaient, la Brume recommença le même manège, et Kennedy se retrouva à nouveau bloquée. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Lun 27 Aoû - 23:14 | |
| Kennedy Brooks avait la réputation d’être une bêcheuse, une vrai saloperie et même d’autres choses un peu moins polies. Elle avait la réputation d’avoir un très fort caractère, d’avoir du leadership à revendre et un cœur de pierre. Tout le monde savait que Kennedy « Kay » Brooks ne laissait rien au hasard. Elle était capitaine des cheerleaders, elle ne sortait qu’avec les champions de l’école, dans quelque catégorie sportive que ce soit, ou avec les musiciens les plus craquants ou même, avec des étudiants de la FAC, qui l’invitaient toujours aux soirées. Kay Brooks était le genre de filles à qui tout le monde voulait ressembler, le genre qui ne se laissait jamais abattre, qui savait sortir les griffes quand il fallait et qui dominait tout le monde, tout en sachant se faire admirer. Ca c’était ce que tout le monde savait. Certaines personnes auraient pu dire que Kennedy n’était pas plus insensible que n’importe qui, qu’elle était en fait quelqu’un qui avait besoin de beaucoup de protections si elle ne voulait pas être abattue par n’importe quelle parole un peu mauvaise, et qu’elle avait beaucoup de mal avec la trahison. S’attacher à quelqu’un, c’était accepter qu’il puisse vous trahir, et Kennedy préférait faire comme si elle avait un cœur de pierre plutôt que de risquer la trahison. Pourtant, elle ne faisait jamais que semblant. Parce que, malgré toutes ces précautions, tout ce travail sur soi, Kay était incapable de se protéger parfaitement.
Elle s’attachait aux gens. Souvent à des personnes à qui elle n’aurait jamais dû s’attacher, des gens qui n’avaient rien à voir avec ses visées superficielles et futiles. Comme ce vendeur au Speed Burger à L.A., qui était un vrai looser mais tellement craquant, gentil et drôle qu’elle n’avait pas su résister et avec qui elle était restée près de trois mois, jusqu’à ce qu’elle commence à avoir des crises de migraines graves et qu’elle refuse de le voir, de peur qu’il ne parte en courant. Et il y avait aussi, évidemment, ses deux meilleures amies. Betsie Croover et Anya Willis. Ses amies de lycée, ses vraies amies. Ou du moins, celles qu’elle avait toujours considérées ainsi. Elles n’étaient sûrement pas les meilleures personnes au monde. Elles étaient même encore plus superficielles et futiles que Kay, sous bien des abords, mais elles avaient toujours été là. Elles l’avaient soutenues quand Janet Crawford avait essayé de l’évincer de l’équipe des cheerleaders. Elles avaient passé tout le weekend à lui changer les idées quand le quaterback avec qui elle sortait avait couché avec Bethany Marshall et qu’elle les avait trouvés dans une position plus qu’équivoque. Elles avaient continué à être là quand son père avait été ruiné… Mais elles avaient fini par s’effacer petit à petit. Kennedy s’était dit que c’était à cause de la fin du Lycée et de son époque bénie. Parfois, si elle voulait être sincère avec elle-même, elle se disait que c’était de sa faute… Après tout, ça faisait des mois qu’elle ne les appelait plus et qu’elle refusait de les revoir… Elle avait bien trop peur de s’évanouir devant elle et d’avoir une de ses visions. Elle ne maîtrisait rien de tout ça, et elle ne voulait pas laisser cette image à ses amies.
Elle s’arrêta, refusant même de tenter de passer la barrière par la force lorsqu’elle entendit la voix de ses deux amies. Entendre des horreurs de la part de filles qu’elle ne respectait pas et qui n’avaient jamais compté pour elle, c’était une chose. Entendre ces paroles pleines de peur, de tristesse et de condescendance venant des deux filles avec qui elle avait autant partagé, c’était différent. Elle se mordit l’intérieur des joues jusqu’au sang pour se forcer à garder l’esprit clair. Sa migraine la reprenait de plus belle, elle avait vraiment besoin que quelqu’un fasse quelque chose pour ça. Elle avait peur. Elle avait lu des histoires d’hybrides qui finissaient par mourir parce qu’ils ne pouvaient plus contenir toute l’énergie magique qui les composait. Elle avait dû courir aux toilettes de la bibliothèque pour vomir quand elle avait découvert que, même plusieurs générations plus tard, un sang dans lequel se trouvait du sang de créature pouvait s’avérer intoxiqué. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait pas finir complètement démente, comme ces autres exemples qu’elle avait lus quand elle était allées au paragraphe qui concernait les créatures dotées de pouvoirs psychiques. A ce moment là, dans les toilettes de la bibliothèque, elle ne voulait plus être une star, elle ne voulait plus faire de vagues, elle voulait juste vivre. Elle priait silencieusement pour qu’on lui laisse le temps de vieillir un peu, de trouver comment être heureuse, de pouvoir dire, le jour où ça serait fini, que finalement elle s’était bien amusée et qu’elle n’avait pas perdu de temps. C’était stupide, c’était une pensée romantique qui n’avait rien à faire dans son esprit de jeune femme cartésienne et matérialiste, mais elle s’en fichait. Elle voulait vivre et pouvoir dire qu’elle avait vécu.
Jusqu’à ce jour là, Kennedy n’avait jamais pensé à la mort. Elle n’avait jamais perdu quelqu’un qui soit vraiment proche, et elle avait toujours tout fait pour ne pas penser à la fin de sa vie. De toute façon, elle avait le temps, ça serait pas avant soixante ans au moins. Elle aurait le temps de faire les comptes et de se poser des questions plus tard, pour l’instant elle pouvait profiter. Et dans les toilettes des bibliothèques, tout ça l’avait rattrapée. Elle était jeune, elle avait la vie devant elle, et pourtant elle allait mourir, et peut-être plus vite qu’elle ne l’avait pensé, tout ça parce que, plus haut dans son arbre généalogique, il y avait un sorcier qui était tombé amoureux d’une créature, quelle qu’elle soit. Elle haïssait plus que tout cet aïeul qui faisait d’elle une paria, qui l’empêchait d’aller auditionner pour le dernier film d’Orlando Bloom de peur de s’évanouir et de se mettre à baver sur les chaussures de l’acteur durant une de ses crises. Elle haïssait celui qui la contraignait à subir ces migraines. Et là, dans ces toilettes, elle le haïssait encore plus parce qu’elle devrait peut-être le rejoindre plus tôt que prévu. Sauf qu’elle ne croyait pas le rejoindre où que ce soit… Elle n’était pas du genre mystique, elle était très terre à terre, très raisonnable (sauf quand on parlait de ses talents d’actrice, évidemment) et elle savait ne pas tomber dans les pièges du mysticisme.
Elle arrêta soudain de mordre ses joues. Le goût du sang était toujours dans sa bouche, mais pourtant elle avait l’air beaucoup plus à l’aise que tout à l’heure. Elle lança un regard furibond droit devant elle, mais ce regard était plutôt envers elle-même. Comment avait-elle pu se laisser avoir à autant de sentimentalisme pour une chose aussi stupide ? Elle passait une Quête, elle savait que tout ça n’était pas réel, et pourtant ça faisait maintenant bien deux minutes qu’elle s’apitoyait sur son sort parce que des voix désincarnées qui n’appartenaient pas vraiment à ses meilleures amies avaient dit des choses blessantes. Elle se serait vraiment donné des baffes si elle n’avait pas déjà eu si mal à la tête. Elle leva les yeux au ciel, croisa les bras sur son ventre dans une attitude excédée puis lança, s’adressant apparemment à la Brume elle-même :
« Non mais franchement ! C’est quoi cette épreuve ? Je suis sensée pleurer toutes les larmes de mon corps tout ça parce que des voix venues de nulle part disent des méchancetés sur moi ? Sérieusement, quand on me disait que la Quête Sywhaîdienne était très dure à passer, je m’attendais à quelque chose de moins éculé. A part une gamine de douze ans hyperémotive, je vois pas trop qui pourrait tomber dans le panneau ! »
Elle leva de nouveau les yeux au ciel, les accompagnant de ses bras dans un geste qui semblait montrer toute la nullité de la mise en scène de la Brume :
« Oh mon Dieu ! » parodia-t-elle, sur ce ton tranchant qui avait fait d’elle la Reine du Lycée à une époque pas si révolue que ça. « Mon Dieu ! Non, s’il vous plaît ! Arrêtez de dire des choses méchantes sur moi… Je ne peux plus le supporter ! Ces voix désincarnées… J’ai peur ! Je veux rentrer chez moi ! Cette Quête est vraiment trop difficile ! Il faut être fou pour entrer à Sywhaîd ! »
Elle rabaissa ses bras avec un soupir ouvertement moqueur. Elle n’arrivait pas à croire que la Brume avait vraiment pensé arriver à bout d’elle avec quelque chose d’aussi facile et d’aussi… Stupide. Non franchement, qui pouvait penser qu’elle se laisserait avoir par les paroles de qui que ce soit ? Encore plus quand ces paroles n’étaient pas réelles mais seulement des épreuves qu’on lui faisait passer. Elle leva de nouveau les yeux au ciel, d’une façon légèrement exagérée, afin de bien montrer que tout ça était vraiment stupide, avant d’ajouter, sur un ton acerbe :
« Bon, franchement, je sais pas pour les autres, mais moi faudra plus que ça pour me tester correctement. Alors faites quelque chose d’un peu plus impressionnant cette fois, quelque chose qui puisse me permettre une bonne fois pour toute de vous montrer ma valeur, au lieu de m’envoyer des épreuves gnangnans au possible. J’ai rien d’une midinette qui va courir pleurer dans les jupes de sa mère après avoir entendu quelques méchancetés. D’ailleurs ma mère, à l’heure qu’il est, elle doit déjà plus être en état de me consoler alors c’est pas la peine d’espérer quoi que ce soit. »
A peine eut-elle fini sa tirade qu’elle commença à essayer d’avancer. Elle n’avait pas répondu tout ça pour réussir l’épreuve, tout ce qu’elle avait dit était réel. Elle voulait passer aux choses sérieuses, parce que la hantise de savoir ce que ses amies d’école pouvaient penser d’elle n’était pas quelque chose d’insurmontable pour elle, loin de là. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Mar 11 Sep - 15:05 | |
| Un long silence suivit les paroles de Kennedy ; il aurait été impressionnant même dans un environnement familier, normal. Mais au coeur d'une nappe de brouillard qui, elle-même, semblait immobile, ce silence avait de quoi calmer les esprits les plus vifs.
"J'avais oublié que tu ne voulais pas vraiment entrer..." fit soudain une voix plutôt grave, mais pas pour autant angoissante. Un directeur de casting aurait choisi cette voix pour doubler une autorité parentale ferme mais bienveillante.
Ce fut tout ; la brume demeura figée après ces quelques paroles, et le silence retomba. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Mer 12 Sep - 17:39 | |
| Kennedy n’avait jamais été vraiment à l’aise avec le silence. Elle était plutôt bavarde et avait grandi dans un monde où on passe son temps à brasser de l’air et à piailler le plus possible afin d’éviter de se rendre compte que la seule chose qui n’était pas creuse dans sa vie était le compte en banque. Une fois à L.A., elle avait appris ce qu’était le silence. Elle avait surtout appris que le bruit pouvait être aussi horrible que le silence. L.A. était une grande ville, il n’y avait jamais de silence total, il y avait toujours un bruit à entendre, mais ça n’était pas pour ça que c’était rassurant pour autant. Seule dans son studio miteux, elle avait entendu chaque chose que ses voisins faisaient, les bruits de la ruelle sur laquelle sa seule et unique fenêtre donnait et, pire encore, tous les bruits qui étaient dans son appartement. Le bruit de raclements dont elle préférait ignorer l’origine, le bruit de l’ampoule qui grésillait… Elle avait finit par être capable de donner n’importe quoi pour se retrouver dans un vrai silence, du genre de ceux qu’elle détestait avant d’arriver. Mais là, le silence était aussi pesant que le bruit de fond qu’il y avait à son appart. Elle se sentait oppressée et se demandait si la Brume allait la refuser tout net. Okay, elle avait dit ce qu’elle pensait, mais si c’était pour bousiller une des rares chances qu’elle avait de comprendre ce qui la rongeait… Non, tout ça n’était pas rassurant, c’était même tout à fait hostile.
« Non, c’est vrai. Si vouloir vraiment entrer est synonyme d’en avoir rêvé toute sa vie, ce n’est pas mon cas. » répondit-elle sans aucune gêne ou hésitation. « Je déteste devoir venir ici. Vous voyez, moi je suis pas un de ces petits intellos qui n’ont que leurs études à quoi se raccrocher. J’avais un futur à L.A. et si j’avais pas été forcée de partir, je n’aurais jamais eu à supporter vos épreuves à la John Hughes et votre réplique version Vin Diesel Babysittor. »
En réalité, elle aurait voulu faire des études. Elle avait toujours été bonne élève et avait toujours considéré comme allant de soi qu’elle irait dans une grande université des USA. La faillite de son père avait bousculé tous ses plans. Ca n’était qu’à ce moment là qu’elle s’était décidée à partir à L.A. pour devenir actrice. Jusqu’à cette époque, elle avait toujours pensé faire de grandes études et… devenir actrice ou présentatrice de show. Un genre d’Oprah, en plus jeune et plus jolie. Elle aimait apprendre et elle n’avait jamais imaginé s’arrêter une fois son diplôme général en mains. Ca avait été un choc. Auquel elle avait répondu en décidant de tenter sa chance à Hollywood, encore un aperçu de la méthode Kay.
« Et c’est vrai que Sywhaîd n’est pas[b] vraiment mon lieu d’habitation rêvé… Y a même pas de jacuzzi ! Et je suis sûre qu’avant de trouver un acteur connu qui ait vécu à Sywhaîd avant sa carrière de star… » [/b]elle soupira d’un air découragé, comme si l’idée de vivre si loin du gratin people était pour elle la pire des punitions. « Mais c’est pas parce que je préfèrerais être à peu près n’importe où plutôt qu’à Sywhaîd que ça veut dire que j’ai moins de raisons d’y entrer ! »
On aurait pu penser qu’elle ne manquait aussi cruellement de tact dans ces paroles que parce qu’elle s’adressait à la Brume, entité qui savait tout d’elle et à qui il ne servait à rien de mentir. En réalité, elle n’avait pas réfléchi à cet aspect de la chose. Kennedy Brooks n’était pas du genre à avoir du tact. C’était ce qui la rendait parfois si insupportable mais qui pouvait aussi la rendre terriblement attachante. Elle disait les choses comme elle les pensait, sans les nuancer. Quand elle faisait des efforts, c’était toujours plutôt maladroit, à croire qu’elle était incapable de dire des paroles gentilles quand elle ne les pensait pas ou ce genre de choses. Quand elle devait ménager des susceptibilités, pour pouvoir avoir un job par exemple, elle préférait carrément se taire. Ouvrir la bouche était suicidaire, elle était incapable de dire les choses d’une façon diplomate.
« Parce que, j’ai pas vraiment envie de venir, mais j’en ai besoin ! Si je n’entre pas à Sywhaîd, je ne suis pas sûre de trouver un autre endroit où je pourrais apprendre à gérer mes problèmes de descendante d’un couple complètement taré qui n’a jamais pensé aux répercussions de leur différence raciale sur leurs enfants. Et je vais finir par en crever si je dois encore supporter toutes ces visions stupides. » Elle avait de nouveau posé ses mains sur ses hanches, comme pour montrer qu’elle était déterminée. « D’ailleurs, une de ces visions me montre toujours Sywhaîd. Alors, soit vous me faites entrer, soit vous me soignez, parce que je vois pas trop ce que je peux faire d’autre que de venir ici. »
Elle semblait avoir fini sa tirade mais, après avoir croisé les bras devant elle, elle conclut :
« Et si vous comptez me demander par la suite ce que je peux apporter à Sywhaîd ou jusqu’où je pourrais aller pour avoir le droit d’entrer, vu le manque d’originalité dont vous faites preuve depuis le début, je vais y répondre tout de suite histoire d’éviter de perdre un temps précieux. »
Le pire était qu’elle ne semblait même pas penser qu’elle risquait de finir par fâcher une entité toute puissante, ou presque, à force d’insister comme ça sur ses critiques. Il faut dire qu’elle n’avait jamais fait ce genre de choses. Il n’y avait pas d’épreuve d’admission à l’école à laquelle elle avait été et tout ça lui semblait relativement abstrait. Après tout, comment pouvait-on risquer sa vie pour entrer dans une école ? Elle avait l’impression que tout ça était un peu suranné. Sûrement que derrière cette Brume se trouvait une sorte de Magicien d’Oz tout rabougri qui s’amusait à terrifier les postulants pour équilibrer avec une vie sexuelle inexistante.
« Premièrement, je suis prête à faire n’importe quoi pour entrer. J’ai besoin d’aller à Sywhaîd et d’y passer du temps pour me soigner. D’ailleurs, j’ai déjà fait la pire chose que vous auriez pu me demander : j’ai abandonné L.A. et tous mes rêves de gloires… Les relations et la réputation que j’avais commencé à me faire ne tiendront pas deux mois si je les entretiens pas. »
Etrangement, c’était vraiment ce qui lui demandait le plus d’effort et de force de caractère, abandonner la dernière chose qui la rattachait à la vie superficielle, futile et si géniale qu’elle avait eue toute son enfance. Ce rêve de devenir une actrice était quelque chose qui lui permettait de rêver à redevenir ce qu’elle avait été. Elle se fichait de crever de faim et de n’avoir que deux robes à mettre tant qu’elle pouvait les porter à des banquets et faire des réserves de sandwichs tout en côtoyant des stars planétaires qui ne faisaient pas plus attention à elle qu’aux serveuses.
« Secondement, je peux apporter pas mal de choses à Sywhaîd. D’abord, je suis la reine des sortilèges pour coquettes. Je suis capable de ravaler la façade à n’importe qui. J’imagine que les paysannes version The Village ne sont pas vraiment habituées à ça mais elles se sentiraient sûrement beaucoup mieux pour traire les vaches si elles se sentent belles ! » le côté hautain et complètement décalé de sa vision des sywhaîdiens lui passait apparemment complètement au-dessus de la tête. « Et puis.. Je suis très forte pour la récup’ aussi. J’ai appris à faire beaucoup avec rien du tout, j’imagine que c’est toujours utile dans un endroit en autarcie plus sévère que Cuba. Et la déco c’est vraiment mon truc, j’ai très bon goût. » C’était vrai, même si ce qu’elle appréciait n’irait sûrement pas vraiment avec les vieilles pierres de Sywhaîd. « Enfin.. Je sais faire d’autres trucs aussi. Je sais faire le ménage, classer des documents, vider des poulets, les plumer, faire la serveuse.. Bon, je suis pas très douée pour cuisiner ou faire le café mais je suis sûre que je finirais bien par réussir quelques trucs… »
Les grimaces, plutôt comiques, qu’elle avait fait en énumérant ses dernières connaissances étaient plus destinées au fait qu’elle avait dû apprendre toutes ces choses plutôt qu’aux activités en elles-mêmes. Kay était capable de beaucoup quand elle était décidée ou quand elle était forcée à quelque chose. La petite princesse Brooks obligée de postuler à un poste de plumage et vidage de poulets pour une chaîne de fast-foods, l’image était plutôt incongrue. Pourtant, elle n’avait pas hésité longtemps quand elle avait compris que c’était soit ça, soit rentrer chez ses parents et oublier la gloire et le glamour qui l’attendait, forcément !, au coin de la rue. Elle n’était pas du genre à se dégoûter facilement et elle avait déjà occupé des postes aux tâches les plus ingrates. Elle avait même été obligée de s’occuper des poubelles de trois résidences en été pour remplacer la concierge. Pas vraiment un job qui lui convenait. Mais elle le faisait. Et elle le faisait bien. Parce qu’elle était bien trop orgueilleuse pour faire quoi que ce soit mal. Elle ne supporterait jamais qu’on lui fasse une mauvaise critique sur quelque chose qu’elle avait fait, ça n’était pas le genre de la maison.
« Alors, je pense que je peux apporter beaucoup à Sywhaîd et je suis capable de tout pour y rentrer. Vous avez encore d’autres choses à me demander ou est-ce que je peux enfin aller boire une potion contre le mal de tête ? »
Sa migraine était plus forte que jamais mais elle n’avait pourtant pas vraiment l’air de souffrir. Elle était obligée de prendre beaucoup sur elle pour qu’on ne voit pas qu’elle avait l’impression que son crâne allait exploser, mais elle avait l’habitude. Ca faisait longtemps qu’elle cachait ses maux de tête, il était impossible d’avancer dans le métier d’actrice si on n’avait pas l’air en parfaite santé… _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Mer 12 Sep - 21:34 | |
| "Tu parles trop", coupa la voix, toujours sur ce ton dénué de méchanceté, ferme mais bienveillant.
"Sywhaîd est trop paisible pour toi, tu préfèreras encore les migraines," poursuivit-elle. "Pour les apaiser, commence donc par te taire."
Et ce fut tout. Pour un temps, à nouveau, la brume se figea ; et un silence trop parfait suivit le flot de paroles proférées par Kennedy. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Mer 12 Sep - 22:19 | |
| « Hey ! J’ai une voix très agréable et très apaisante ! » répondit Kennedy avec cet air courroucé si typique d’elle qui oscillait entre l’attitude de la petite princesse et la fille qui sait exactement ce dont elle parle.
Elle mordilla sa lèvre supérieur d’un air pensif puis lança un regard de défi –regard qui visait plus ou moins un endroit devant elle où la Brume était particulièrement opaque mais qui avait l’air de retomber un peu dans le vide- et ajouta, avec une touche d’insolence qui n’avait pourtant étrangement pas l’air d’être faite pour fâcher qui que ce soit :
« Et puis, un endroit trop paisible c’est pas bon… Faut mettre un peu d’animation ! Et je suis parfaite pour ça ! Je vais vous dépoussiérer Sywhaîd en moins de deux moi, vous allez voir ! »
Bon, elle avait apparemment dit ce qu’elle avait à dire. Ou du moins, elle avait finalement compris qu’on venait de lui intimer le silence. Elle retint donc une nouvelle pique acérée en se mordant la langue et croisa les bras devant elle, décidée à ne plus rien dire tant que la Brume n’aurait pas réengagé la conversation. La Brume ? Etait-ce à la Brume qu’elle parlait ou à une créature qui vivait dedans ? Elle n’en savait rien du tout. Elle s’était un peu renseignée sur Sywhaîd, mais la Quête ne l’avait pas inquiétée tant que ça. Ca n’était pas vraiment de l’orgueil mais plutôt de la méconnaissance. Elle n’avait pas pris cette histoire de Quête au sérieux parce que le mot Quête était quelque chose qui n’avait aucun sens pour elle. Elle avait grandi dans un monde où l’argent venait toujours à bout de n’importe quel problème, et où il ne manquait jamais. Ses années à L.A. avaient été dures, et elle avait alors éprouvé son caractère et son adaptabilité d’une façon assez violente, mais ça ne changeait rien au fait que son monde restait terriblement matérialiste. Elle manquait d’argent et voulait pouvoir en avoir. Tout ce qui la préoccupait était de gagner assez d’argent pour survivre jusqu’à ce qu’on reconnaisse enfin son talent… et qu’elle ait tout l’argent dont elle avait pu rêvé. La spiritualité ou l’ancienne magie étaient à mille lieues de ses préoccupations, et ça depuis toujours. La dernière Quête qu’elle avait vécue c’était quand elle avait été à un concert de Reel Big Fish un soir de semaine en faisant croire à ses parents qu’elle étudiait chez une amie.
Elle eut beaucoup de mal à garder le silence. Jamais on ne lui avait imposé de se taire comme ça. Ses parents avaient toujours écouté ses babillages, du moins tant qu’ils restaient dans la même pièce qu’elle. Et ses amies s’étaient toujours évertuées à lui donner l’impression que chacune de ses paroles était un nouveau Commandement à ajouter à la liste de ceux qu’elle ne savait plus quel Dieu de quelle religion avait refilé à elle ne savait plus quel prophète barbu et en sandales. Bref, elle en était à se machouiller la langue dans une attitude pas vraiment adulte afin de ne pas ouvrir sa jolie bouche pour laisser échapper toutes ces paroles qui affluaient à une rapidité hallucinante dans son cerveau. Ca, elle avait toujours été douée pour parler… C’était sûrement pour ça qu’elle était une cheerleader née. Ca et la souplesse féline, évidemment.
Elle ne savait pas si ses migraines s’apaisaient vraiment, elle était bien trop concentrée sur le fait de ne pas parler. Retenir les paroles de Kay Brooks c’était un peu comme essayer de faire un barrage dans le Mississippi avec quelques brindilles. Ca ne durait jamais bien longtemps, et quand ça lâchait, ça inondait tout le terrain environnant. L’américaine sentait bien qu’elle ne réussirait pas à se retenir longtemps. Pourtant, il fallait qu’elle se taise. C’était un défi que la Brume lui avait lancée, non ? Bon, en fait, Kennedy n’était pas du genre à prendre toute parole comme un défi… Et même les défis, elle s’en fichait totalement tant qu’ils ne la piquaient pas dans sa fierté, ce qui n’était absolument pas le cas. Non, on l’aurait attaqué sur ses fringues, elle aurait sûrement été très contente de relever le défi… Mais un défi qui consistait à se taire, en quoi c’était intéressant ? Une fois encore elle se dit que cette Quête était vraiment n’importe quoi. Elle s’était attendue à des épreuves de magie, une sorte d’attraction version Indiana Jones ou, plus féminine, Lara Croft, même si elle préférait rester aussi expressive qu’elle l’était, la botoxisée Angelina Jolie lui foutait les jettons avec ses sourcils qui ne bougeaient jamais et ses pommettes qui restaient aussi stoïques que du marbre. Brr, elle en avait encore froid dans le dos.
Elle finit par se mettre à chanter dans sa tête. La chanson était une de ces chansons qu’elle avait utilisée pour son équipe de cheerleader. Rien de très mélodique mais quelque chose de très énergique, très enjoué qui permettait de faire des supers mouvements et d’électriser un stade de spectateurs. Elle avait toujours adoré ça. Si elle avait été à la FAC, elle aurait sûrement encore plus aimé être une cheerleader aux matchs inter-universitaires. Oui, elle aurait adoré devoir donner de l’énergie et soutenir son équipe devant ces milliers de personnes. Elle lança un regard interrogatif vers la Brume. Elle avait l’impression de se taire depuis très, très longtemps. Une éternité. Mais trois secondes lui auraient paru une éternité, surtout avec tout ce qu’elle avait à dire. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Jeu 13 Sep - 11:27 | |
| Le silence dura bien plus que trois secondes ; il avait fallu du temps à Kennedy pour réussir cet exploit : fermer sa jolie petite bouche. Elle eut le temps de fredonner intérieurement presque deux fois sa petite chansonnette, avant que la brume ne consente, à nouveau, à rompre ce silence si bienvenu. Ce fut la même voix qui parla, mais elle semblait cette fois plus proche, moins forte. Plus adaptée, en somme, au calme de l'endroit.
"Je suppose que c'est mieux que rien... non, non, reste en silence encore un peu", dit-elle, provenant clairement d'un point situé à 10 heures de Kennedy, et d'où surgit bientôt une silhouette orangée.
Des volutes embrumées sortit un homme entre deux âges, le crâne rasé, vêtu à la manière d'un moine asiatique, mais au physique européen. Des yeux bleus assez clairs, la peau mate, le visage ovale, les sourcils bruns, il marchait pieds nus, sans paraître souffrir de la caillasse au sol. Il fixait tranquillement Kennedy tout en marchant auprès d'elle. A peu près de la même taille qu'elle, il posa d'autorité sa main sur l'avant-bras de la jeune femme, et, tout en maintenant fermement le contact visuel, entreprit de longs mouvements de respiration, comme pour reprendre son souffle après une épreuve. De sa main restée libre, il accompagnait ses profondes inspirations, ses lentes expirations. Le rythme ainsi imposé semblait vouloir briser progressivement celui de la chansonnette. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Ven 14 Sep - 18:32 | |
| Kennedy avait ouvert puis refermé la bouche avec cet air ennuyé typique de quand on lui coupait la parole. Elle devait encore se taire. Elle n’aimait pas ça. Elle faisait partie de ces personnes qui réfléchissaient souvent à haute voix. En fait, elle avait les pensées plus claires une fois qu’elle les exprimait, parler toute seule était une habitude, alors se taire quand il y avait du monde, c’était loin de quelque chose qui lui arrivait souvent. Elle se mordit l’intérieur des joues pour se retenir d’un commentaire qui afflua à ses lèvres au moment où elle vit l’espèce de moine tibétain européanisé. Non mais c’était quoi ce truc ? On allait lui demander de se convertir au bouddhisme maintenant ? Jamais de la vie ! La religion, c’était vraiment pas son truc, elle préférait s’en remettre à elle-même plutôt qu’à n’importe quel livre saint. Mais elle réussit l’exploit de ne rien dire. Elle laissa l’homme s’approcher d’elle et poser sa main sur son bras. Elle n’aimait pas qu’on la touche sans lui demander. Elle n’acceptait déjà pas en général qu’on lui parle sans invitation, alors la toucher. Pendant quelques secondes, on aurait dit qu’elle luttait intérieurement. Et c’était le cas. Elle aurait bien dit ses quatre vérités à cette espèce de parodie de prêtre oriental mais on lui avait demandé de garder le silence. Elle n’ouvrit donc pas la bouche et se raccrocha plus que jamais à sa petite mélodie qui lui permettait de s’occuper l’esprit.
Elle comprit qu’il fallait qu’elle suive les mouvements respiratoires du maître zen et elle le fit sans trop de problème. Quand elle était encore la riche cheerleader vedette de Riverdale, elle avait suivi des cours de yoga. Bon, en fait, à la base c’était parce qu’un mec vraiment mignon de sa promo y était mais finalement elle avait beaucoup aimé et était restée dans le cours bien après avoir rompu avec le mec mignon en question qui plaisait un peu trop à sa mère. Elle avait fait du yoga pendant près de deux ans et elle avait continué toutes ces années, dès qu’elle avait besoin de se calmer avant ou après une audition. Depuis qu’elle avait ses visions, elle avait essayé d’apaiser ses migraines grâce au yoga mais n’y était jamais tout à fait arrivée. Elle réussissait à atténuer un peu la douleur mais jamais totalement et c’était tellement frustrant qu’elle s’énervait et que tout l’effort du yoga ne servait plus à rien.
Il devenait de plus en plus difficile de suivre les exercices du chauve tout en chantant sa petite mélodie dans sa tête. Il avait l’air de tout faire pour briser cette mélodie en question mais Kennedy n’avait aucune envie de le laisser faire. Il lui imposait déjà le silence, il allait pas en plus l’obligée à ne plus chanter dans sa tête ! Il n’avait aucun droit de faire ça. Elle essaya donc de continuer les mouvements respiratoires tout en chantonnant dans sa tête. Mais même quelqu’un qui était capable de faire plusieurs choses à la fois comme elle ne pouvait pas réussir à suivre deux rythmes si différents à la fois. Il ne lui restait plus qu’à en choisir un.
Si elle décidait d’abandonner la chansonnette, l’espèce de moine aurait gagné. Il lui aurait imposé de se taire et de faire seulement ce qu’il voulait. Elle pensait que c’était une Epreuve mais elle ne voyait pas où il voulait en venir. Si l’épreuve était de se taire, c’était vraiment une épreuve stupide. Okay, elle avait du mal à le faire, mais elle n’était pas assez bête pour parler si l’entité qui lui faisait passer une Quête lui disait de rester silencieuse.
Mais si elle refusait de se plier au rythme de l’apparition, elle risquait d’être refusée. Et elle voulait aller à Sywhaîd. Ou plutôt, comme elle l’avait expliqué un peu plus tôt, elle en avait vraiment besoin. Et ça la rendait beaucoup plus docile, beaucoup plus prête à accepter à peu près n’importe quoi que d’habitude. Seulement, d’habitude, elle n’avait rien de docile et n’acceptait pratiquement rien, ce qui ne levait pas beaucoup le niveau de docilité qu’elle avait aujourd’hui. Elle n’aimait pas l’idée de se plier à des exigences aussi stupides, surtout quand elle n’en connaissait pas le but. Elle avait besoin qu’on lui explique pourquoi elle faisait les choses, sinon elle avait du mal à accepter. L’abstrait n’avait jamais été vraiment son truc.
Mais il fallait qu’elle se décide.
Elle laissa tomber sa chansonnette et se concentra sur le rythme du bonhomme que la Brume lui avait imposé. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Sam 13 Oct - 10:04 | |
| Finalement, le moine lâcha tout doucement le bras de la jeune fille ; il souriait avec sérénité.
"Ca ne peut pas faire de mal à ta tête", en inclinant légèrement le buste, comme pour saluer la performance de son petit padawan. Semblant apprécier particulièrement le silence, il le laissa planer encore quelques secondes, dans un échange de regards parfaitement muet avec Kennedy. Finalement, comme s'il lui semblait qu'elle allait reprendre la parole, il leva le bras, semblant l'arrêter de la paume de sa main. C'était à lui de conserver les rênes, n'en déplaise à la mignonne petite pile sur pattes qu'il avait face à lui.
"Tu m'as convaincu : ton désir de te rendre sur la Noble Lande n'est point feint. Mais sache qu'une fois sur cette terre, tu devras encore souvent accepter le silence ; songes-y. La route qui te sépare de ton but n'est plus longue, mais semée de tentations. Trois fois, le monde extérieur te rappellera à lui ; trois fois, si tu veux toujours entrer, tu devras l'affronter en silence. Bonne chance."
Le pseudo-moine lui désigna un étroit chemin qui venait d'apparaître dans la brume ; le temps que Kennedy détourne le regard pour regarder ce chemin, le moine avait quant à lui disparu, la laissant seule avec pour toute compagnie, dans ce nouveau silence, ses conseils énigmatiques.
[Il s'agit donc normalement du dernier message de Kennedy ; c'est à toi de décrire quelles seront les trois "agressions" extérieures rencontrées par Kennedy sur sa route ; une seule contrainte : elles seront purement auditives. Pour le reste...le moine a parlé !] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Dim 14 Oct - 15:19 | |
| Etait-ce dû aux exercices de méditation, ou plutôt à la Brume qui voulait absolument la convaincre que le silence était ce qui pouvait lui arriver de mieux, toujours est-il que Kennedy eut l’impression en effet d’avoir un peu moins mal à la tête. Oh, la migraine n’était pas encore partie, et elle sentait bien qu’elle aurait aussi mal en fin de journée que d’habitude, mais la pression paraissait légèrement moins forte. Comme si ce silence avait réussi à lui enlever un petit poids de cette migraine. Ca n’était pas impossible. Il faut dire que Kennedy vivait à L.A. depuis plusieurs années, et elle avait oublié à quel point la campagne pouvait être revigorante, principalement grâce à son absence de pollution sonore.
L’étrange petit moine eut bien raison de se remettre à parler, la californienne allait en effet reprendre la parole. Elle avait toujours eu du mal à garder le silence, principalement face à quelqu’un qui la fixait comme l’homme le faisait. Elle allait lui demander ce qui allait se passer à présent mais il la coupa dans son élan. Un froncement de sourcils plus tard, elle écouta avec attention ce qu’il avait à lui dire. Elle était contente qu’il comprenne enfin qu’elle voulait vraiment entrer à Sywhaîd, mais la suite ne lui plut pas vraiment. Il fallait qu’elle garde le silence ? Encore ? Non franchement, après ça, elle allait être un vrai torrent de paroles. Tant pis pour la prochaine personne qu’elle croiserait après tout ça.
Elle tourna le regard pour observer le chemin dont l’homme venait de lui parler. Il lui semblait un peu trop étroit, pas vraiment accueillant. Elle reporta son attention sur le moine, histoire de voir s’il n’avait pas quelque chose à ajouter, mais ne le trouva pas. Elle détesta ça. Les gens qui s’amusaient à disparaître sans dire au revoir ou sans prévenir, en plein milieu d’une conversation, qu’est-ce que ça pouvait l’agacer ! Elle soupira, faisant bien attention à ne pas lâcher les commentaires qui étaient sur le bord de ses lèvres, et resserra son sac sur ses épaules. Il venait de lui dire que le monde essaierait de la rappeler à elle, et qu’il faudrait qu’elle y fasse face en silence, elle ne sortit donc pas sa baguette, elle ne savait pas l’utiliser sans dire les formules, elle n’en avait jamais compris l’utilité jusqu’à présent. Y avait plus qu’à espérer que les tentations ne mettraient pas sa vie en danger avec de la magie.
Ce chemin n’était vraiment pas agréable à parcourir. Encore heureux, elle n’avait pas déjà une journée de marche derrière elle, même si le fait d’avoir essayé d’avancer contre la Brume durant la première Epreuve avait légèrement épuisé ses forces. Elle était encore assez fraîche finalement, plus que la plupart des gens devaient l’être à la fin de leur Quête. La fin. C’était la dernière Epreuve, la toute dernière, et apparemment, Kay avait encore toutes ses chances. Elle avait beau se forcer à toujours avoir confiance en elle-même, et à le montrer, la jeune femme était humaine, elle doutait comme tout le monde. Savoir qu’elle n’était plus qu’à deux doigts d’entrer à Sywhaîd lui faisait vraiment plaisir, même si elle n’était pas encore certaine que la Noble Lande soit vraiment l’endroit qui lui convienne. Elle verrait bien une fois qu’elle y serait. De toute façon, son but là-bas était de soigner ses visions et les migraines qui en découlaient. Après, elle pourrait repartir et essayer de reprendre sa carrière là où elle en était, ça ne serait pas très dur, elle n’en était pas vraiment très loin sur l’échelle de la célébrité.
« Kennedy….. »
L’ancienne cheerleader s’arrêta brusquement et jeta des regards frénétiques tout autour d’elle. La voix n’était qu’un chuchotement mais l’américaine était sûre de l’avoir entendu. Elle tourna sur elle-même pour essayer de voir mais elle ne voyait rien, la Brume lui cachait l’horizon.
« Kennedy… »
Le murmure était toujours le même et Kay ne voyait toujours rien autour d’elle. Elle ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Il ne fallait pas qu’elle parle. Pourtant, elle en avait terriblement envie. Cette voix l’appelait, par son prénom, et il fallait qu’elle sache pourquoi. La brunette avait toujours été une curieuse et impulsive, deux traits de caractère qui n’aidaient pas à garder le silence, surtout quand une voix comme ça prononçait votre nom.
« Kennedy… »
La brunette sursauta, comme piquée à vif. Elle s’était arrêtée. Elle avait failli répondre. L’espèce de parodie de Yoda lui avait bien dit qu’il fallait qu’elle avance et qu’elle garde le silence. Après un soupir qui s’adressait à sa stupidité, ou plutôt à sa facilité de faire tout ce qu’on lui disait de ne surtout pas faire, elle leva les yeux au ciel et reprit son avancée dans le chemin d’un pas décidé. Elle se fichait de la voix. D’ailleurs, celle-ci se fit entendre encore plusieurs fois mais Kennedy ne répondit pas. Elle n’avait aucune envie de louper cette dernière épreuve, surtout pas pour quelque chose d’aussi stupide qu’un murmure qui prononçait son prénom. Elle avait tenu jusque là, imaginez la honte si elle devait être refoulée juste parce qu’elle avait entendu son patronyme.
Elle continua à avancer, cette fois loin d’oublier de rester sur ses gardes. Elle ne savait pas en quoi consisteraient ses deux prochaines tentations mais elle était certaine qu’elles seraient encore plus dures à affronter, ça n’était qu’une question de logique, on n’avait jamais vu une épreuve commencer par le plus dure et finir par le plus facile. Elle allongea encore le pas, plus vite elle aurait fini d’arpenter ce chemin stupide, plus vite elle serait tranquille. Elle n’avait pas envie de laisser l’adrénaline disparaître de son sang. Ses années de cheerleading lui avaient appris qu’il valait mieux continuer à chaud qu’à froid, il ne fallait laisser la pression retomber, ou on risquait le claquage.
Un cri raisonna dans la Brume, hérissant tous les poils de l’américaine, dressant une bonne partie de sa longue chevelure sur sa tête. Rien de bon ne ressortait de ce cri. C’était un cri d’horreur, un cri de douleur.
Cette fois, Kay pouvait tout à fait savoir d’où venait ce cri. Il venait de devant elle, il semblait étouffé par la distance. Sans y réfléchir, elle se mit à courir dans cette direction, suivant toujours le chemin. Elle courait vite et son cœur battait à tout rompre. Elle savait qu’il ne fallait pas qu’elle parle, qu’il ne fallait pas qu’elle essaie de communiquer avec la personne qui avait crié, mais elle était à deux doigts de le faire. Elle courait pour essayer de rejoindre l’inconnu qui avait hurlé ainsi. Cette personne était en danger, c’était sûr, personne n’aurait poussé un tel cri seulement pour rigoler ou pour le plaisir de crier. Kay avait déjà entendu ce genre de cris, dans les ruelles de L.A., quand il faisait nuit, il arrivait d’entendre ces cris. Et plusieurs fois elle avait couru dans la direction du cri en question, et elle était toujours arrivée trop tard, les ruelles avaient toujours été vides… Sauf une fois, où elle avait trouvé un vieillard allongé au sol, blessé. Elle n’avait rien d’un super-héros, et la première chose qu’elle avait fait avait été d’appeler la police… L.A., même s’il n’y faisait jamais tout à fait noir, n’était pas qu’une ville du glamour, la jeune femme l’avait vite appris.
Un second cri raisonna, cette fois bien plus près d’elle. Elle pivota et manqua de quitter le chemin pour aller dans la bonne direction, mais un pincement à la gorge la retint. Elle n’avait pas le droit de parler, et elle ne l’avait pas fait, même si elle était obligée à présent de se mordre les lèvres pour s’en empêcher, mais l’homme avait aussi parlé d’une route. Il ne fallait pas qu’elle dévie de ce chemin. Il avait parlé de tentations qui pourraient la faire quitter ce chemin, peut-être que ces paroles n’étaient pas à prendre seulement d’une façon métaphorique. Peut-être que l’Epreuve était aussi de rester sur ce chemin. Cette fois, elle faillit vraiment laisser échapper un juron. Elle savait que ce cri était sûrement une simple tentation, elle savait qu’il n’y avait sûrement personne derrière ce hurlement, à part la Brume qui devait bien s’amuser, sadique qu’elle était. Mais il y avait toujours un doute. Et s’il y avait vraiment quelqu’un ? Et si elle refusait d’apporter son aide juste pour entrer dans un fichu village ? Le silence qui l’entourait maintenant était plus pesant que jamais. Quelque chose lui disait qu’elle n’entendrait plus le cri… Et le seul bruit qu’elle pouvait percevoir était celui de son pouls contre ses tempes. Elle n’avait même pas pris le temps de reprendre sa respiration.
Au bout de quelques minutes d’attente sans savoir ce qu’il fallait qu’elle fasse, elle se força à reprendre son chemin. Elle culpabilisait et se sentait vraiment mal mais il fallait qu’elle continue. Elle recommença à avancer et reprit rapidement un rythme rapide. Elle en avait assez. Il ne lui restait plus qu’une épreuve et elle avait hâte que celle-ci s’impose à elle. Après ça, elle serait tranquille, et fixée. Elle saurait ce qu’elle aurait à faire par la suite. Elle pourrait aller à Sywhaîd pour guérir, ou alors elle devrait changer de plan. Au moins, elle ne serait plus dans l’expectative.
La dernière tentation ne se fit pas attendre. Alors que Kay arrivait à un point qui semblait être proche de la fin du chemin, elle entendit le bruit le plus agréable et le plus doux à ses oreilles. Des applaudissements et des « bravos ! ». Oh évidemment, il y avait des tas d’autres bruits que l’américaine aimait : le bruit d’une mer agitée sur des rochers, le bruit de la grosse pluie d’hiver, le bruit des pas qui font craquer la neige, le bruit du téléphone quand on l’appelle pour une deuxième audition, le bruit du champagne qui coule… Bref, les applaudissements n’étaient son bruit préféré que parce que c’était ce qu’elle attendait depuis le début de la journée et de cette longue Quête. Elle voulait réussir, et ces applaudissements lui remontaient le moral. Elle sourit et s’inclina, sans trop savoir d’où venaient ses admirateurs. Cette fois, elle n’avait pas oublié que c’était une Epreuve, mais les applaudissements étaient toujours bons à prendre, même quand ils n’étaient là que pour vous faire faire un faux pas.
Elle continua ensuite à avancer, sentant son cœur devenir plus léger à force que les applaudissements s’intensifiaient, comme pour la forcer à réagir. Non, elle n’était pas aussi bête. Même son ego pouvait être silencieux quand il s’agissait de réussir une étape importante de sa vie. Son sourire, large et franc, laissait voir ses belles dents, bien blanches et bien alignées, et pendant quelques minutes elle ne semblait plus aussi fatiguée. Quand Kay souriait, on aurait dit que n’importe quoi pouvait arriver sans que ça ait la plus moindre importance. Son sourire était en général son arme suprême. Peu étaient ceux qui pouvaient y résister. Quand elle souriait, elle était vraiment belle, encore plus que normalement. Elle le savait, depuis longtemps. Mais elle n’en abusait pas. Elle avait toujours eu un côté un peu peste, elle avait toujours fait en sorte d’avoir ce qu’elle voulait, mais elle n’en avait pas oublié de rester humaine pour autant.
Les applaudissements finirent par s’arrêter et Kay fit de même. Devait-elle continuer à avancer ? Devait-elle attendre qu’on lui dise qu’elle avait réussi ? Elle resta quelques secondes à attendre et, n’y tenant plus, ouvrit la bouche, aspira un peu d’air et laissa ses cordes vocales commencer à s’activer. Mais Kay n’était pas une idiote. Elle s’arrêta brusquement, ne laissant échapper qu’un gargouillis dû à sa gorge mal traitée, et pinça les lèvres avec colère. Elle avait failli tout gâcher, le moine n’avait jamais dit qu’elle pourrait parler une fois les trois tentations passées. Elle finit par expirer l’air qu’elle avait avalé quelques secondes plus tôt. Non, franchement, la Brume ne se rendait pas compte de ce qu’elle lui faisait subir. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête de Kennedy Brooks Ven 19 Oct - 18:41 | |
| Tandis que Kennedy expirait un peu d'air de sa bouche, la brume sembla s'écarter enfin devant elle, comme soufflée par cette expiration légère ; elle avait réussi. Devant elle, Sywhaîd apparut.
L'avait-elle imaginé ainsi ? Comme un immense marécage brunâtre, où dominaient les demi-teintes, du bleu-gris au roussâtre, en passant par l'ocre et le verdâtre... De maigrichonnes langues de terre baignées d'une eau trouble. Et ce calme... On entendait de-ci de-là le plongeon d'une bestiole quelconque, le coassement d'un batracien. Sous le ciel bas et lourd pesant comme un couvercle, tel était le marais de Sywhaîd, dans la fraîcheur d'une fin de matinée d'automne ; là-bas, à la ferme, on devait s'activer pour le déjeuner. Découvrirait-on son arrivée ? Et surtout, quand la découvrirait-on ?
[Félicitations pour cette très jolie Quête ! Tu peux dès à présent poster dans le Marais...] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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