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| | Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett | |
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Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Ven 24 Oct - 20:18 | |
| Eileen avait décidé. Et comme bien souvent, il avait été impossible de lui faire changer d'avis. Pas qu'il ait grandement essayé, cela dit, ça avait l'air de particulièrement lui tenir à coeur. Et puis... pour une fois, elle avait pris le temps de lui en parler. Ce qui n'avait fait que confirmer à quel point elle tenait à 'rentrer', comme elle avait dit. Si elle n'en avait pas parlé, il n'aurait jamais entendu le nom de la Noble Lande, sans doute. Il s'était d'ailleurs demandé s'il y avait beaucoup de choses de son enfance qu'elle lui avait tenu secrètes... Mais elle y tenait, et il devait avouer qu'elle n'avait peut-être pas totalement tort concernant l'éducation de leurs enfants. Si elle s'était rangée, il faisait encore partie de l'équipe d'Ecosse, avec tout ce qui va avec : les journalistes, les groupies, les entraînements et les matchs. Du bon et du mauvais. Pour lui. Et pour Evan et Lena ? Ne pas voir leur père autrement que par les médias ou presque, être la cible favorite de certains reporters et photographes sans scrupules, ça n'était pas tout à fait l'ambiance dont il avait rêvée pour sa famille. Même s'il ne regrettait pas sa carrière, qu'il avait pu faire grâce à elle.
Et elle, elle avait déjà tout arrêté, pour se consacrer à leur famille. L'équipe, d'abord, à la naissance d'Evan. Et le professorat, ensuite, lors de l'arrivée de Lena. Des sacrifices importants, il le savait. Et elle ne s'en était jamais plainte. Sans doute était-ce à son tour de le faire. Oh ! Evidemment, il n'avait pas accepté tout de suite... Elle ne lui avait jamais vraiment parlé de tout ça et voilà que du jour au lendemain, elle décidait qu'il fallait partir... Et tout quitter pour ce qui le concernait. Il avait fallu pas mal d'explications, des heures de discussion, et d'organisation aussi. Il ne pouvait pas partir comme ça, sans rien dire. Ne serait-ce que pour les autres joueurs. Elle était fin prête quand il avait pu lui dire que tout était arrangé, et il supposait qu'elle avait préparé leurs bagages à tous les quatre depuis un bon moment déjà. Mais il n'en avait rien dit. Il n'avait jamais été très bavard à vrai dire, et le petit sourire qu'il lui avait lancé valait bien tous les mots du monde.
Les deux petits, eux, ne tenaient plus en place, et à vrai dire, à voir l'impatience de son épouse, il doutait fortement qu'il eût pu en être autrement jusqu'au départ.
Evan lui avait confié, juste après s'être jeté dans ses bras un soir où il n'était pas rentré (trop) tard qu'ils avaient eu peur que Maman les emmène sans Papa, au départ, et quand il lui avait répondu simplement que Maman ne serait jamais partie sans Papa bien longtemps, Lena avait simplement répondu "je sais", en venant réclamer un câlin, elle aussi, sans un mot de plus, simplement par le regard, comme elle savait si bien le faire.
Et ils étaient partis, Eileen ne tarissant plus d'éloges sur sa terre natale, et de ces personnes dont il n'avait jusque-là jamais entendu parler et dont il découvrait tout juste l'existence... Un regard avait suffi pour qu'il comprenne ce que revenir en ces lieux rappelait de souvenirs et quand elle avait fini par garder le silence, il ne l'avait pas brisé. Pour dire quoi ? De toute façon, ils arrivaient, Lena toujours silencieuse, ce qui était assez habituel, Evan l'étant devenu, ce qui l'était beaucoup moins. Il avait écouté sa mère avec attention, mais maintenant qu'elle s'était tue, il était assez étrange qu'il n'ait pas repris le flambeau... Ricardo supposa que ce changement drastique dans leurs habitudes devait perturber quelque peu son fils comme il coupait le moteur.
Eileen le regardait avec insistance, et il l'écouta, la clef toujours sur le contact, moteur éteint. Qui tentait-elle de rassurer ? Sa main vint effleurer sa joue comme il lui répondait : "Tout se passera bien, Caril, je te le promets". Qui tentait-il de rassurer ? Il l'avait embrassée tendrement, et elle lui avait dit des mots qu'il ne voulait pas entendre : "Je tiens à toi plus qu'à ma vie". Il était resté sur son siège, immobile, quelques instants, le temps qu'elle prenne Evan dans ses bras, puis ses bagages.
*Si tu tiens à moi, reste en vie...* aurait-il voulu lui dire, mais ça n'aurait servi à rien à cet instant. Il n'aimait pas cette phrase, même s'il comprenait où sa femme voulait en venir. Il n'aimait pas l'idée sous-jacente qu'elle aurait pu les abandonner pour les sauvegarder. Il ne voulait pas que leurs enfants grandissent sans l'un de leurs parents. Comme il avait grandi sans son père. Une main passa dans ses cheveux, repoussant quelques mèches brunes, et il sortit à son tour de la voiture, pour venir prendre Lena dans ses bras.
Eileen vint les embrasser, et il murmura "Je t'aime" à son tour lorsque leurs lèvres se séparèrent. Et il s'éloigna. Mieux valait en finir au plus vite... La petite main de Lena vint entortiller ses cheveux, jetant un dernier regard en arrière avant d'imiter son père : ses yeux sombres tout droit fixés sur la Brume qu'ils traversaient. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Sam 25 Oct - 23:42 | |
| C'est alors que Lena disparut ; progressivement, mais en l'espace de seulement quelques secondes, son image s'affadit, comme emportée peu à peu par les nuages qui l'encerclaient. Ricardo se retrouva seul, ou presque : une voix féminine, sensuelle et grave, se fit entendre.
"Désolée, Eileen la voulait près d'elle... Et comme tu lui obéis toujours sagement, j'ai supposé... enfin. La petite ne te ressemble pas beaucoup, de toute façon." _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Mer 5 Nov - 22:49 | |
| En quelques instants, la présence de sa fille, son parfum, ses doigts dans ses cheveux disparurent. D'abord incrédule, Ricardo regarda autour de lui, inquiet. Et puis les paroles d'Eileen lui revinrent en mémoire.
"Nous allons être séparés, Sioda. Mais nous nous retrouverons de l'autre côté. Ca se passera bien, j'en suis sûre mais s'il te plait. Promets-moi que la Brume ne te fera pas douter de toi, de nous, de notre amour, de nos enfants. Elle peut être trompeuse parfois, pour te pousser dans tes derniers retranchements. Elle peut te faire perdre la notion du temps, de l'espace. Mais fais-moi cette promesse. Je ne te laisserai pas partir sans cette promesse."
Est-ce que les enfants aussi, se retrouvaient pris dans une épreuve de ce genre ? Il regretta de ne pas avoir posé la question à son épouse. Ca se passera bien... Il espérait n'avoir pas prononcé ces mots en vain tout à l'heure mais doutait d'être pleinement rassuré tant qu'il n'aurait pas revu sa fille, son fils et sa femme, en parfaite santé. La Brume pouvait être trompeuse... Au point que même son odorat faillissait ? Il n'en savait rien, il savait juste que la fillette qu'il avait à l'instant dans les bras n'était plus là. Il espérait fortement que rien de fâcheux n'arriverait à Léna. Eileen avait semblé confiante, redoutant davantage un manque de confiance de sa part qu'un malheur... mais si elle se trompait ?
La voix qui retentit bientôt ne l'apaisa pas vraiment. Trompeuse, hein ? Et si ces dires-là aussi, n'étaient que supercherie ? Pour l'heure, il n'y pouvait rien faire, cependant, et il se focalisa sur ce qu'elle avait dit ensuite :
"Et comme tu lui obéis toujours sagement, j'ai supposé... enfin. La petite ne te ressemble pas beaucoup, de toute façon."
- Je ne ressemble pas beaucoup à mon père non plus, vous savez... Et elle me ressemble davantage quant à son caractère...
Il passa une main dans ses cheveux avant d'ajouter.
- Nous aurions évité bien des heurts si je lui obéissais toujours bien sagement...
Vrai et faux.
Vrai, ils s'étaient séparés parce qu'il n'avait pas cédé, parce qu'il avait joué ce match qui aurait pu lui coûter la vie, qui l'avait privé de vol et d'elle pendant deux longues années. Ils s'étaient disputés, un nombre incalculable de fois sur des broutilles comme sa couleur de cheveux ou le port d'une cravate pour une réception de noël. Il avait refusé d'abandonner la maison qu'il avait partagée avec sa mère, à Plymouth, dans le Devon, et ça avait été une guerre rangée avant qu'elle accepte d'y emménager.
Mais faux aussi. Il le savait, qu'il avait mis de l'eau dans son vin sur beaucoup de choses, qu'il acceptait de se ranger à son opinion par moments, pour le bien des enfants notamment. C'est elle qui l'avait incité à reprendre le vol, qu'il pensait ne plus jamais pouvoir pratiquer. C'est elle qui avait suggéré, après la naissance de Lena, qu'il serait bon qu'il lève un peu le pied. Elle qui avait fait en sorte qu'il revoie sa mère, bien après sa mort, grâce à une de ces transes dont elle avait le secret. Mais tout ce qu'elle avait proposé et qu'il avait accepté, c'était pour leur bien à tous les quatre. N'est-ce pas ? Il ferma les yeux et crispa les poings. Il avait promis de ne pas douter. Pas d'elle, ni des enfants. Ni de lui-même. Et aussi surprenant cela fût-il, il n'était pas sûr de savoir laquelle de ces trois promesses en quelque sorte, il avait le plus de mal à tenir.
- J'accepte ce que je veux bien accepter. Et j'accepte parce que c'est ce qu'il y a de mieux pour notre famille. Parce que je refuse que nous soyons séparés. L'orgueil peut faire perdre ce qu'on a de plus cher...
*J'ai déjà donné*, songea-t-il, quelque peu amèrement. *Et je ne suis pas prêt à recommencer*.
Des images du train quittant leur école, peu après leur rupture, de son regard avant que ses camarades ne l'emmènent pour changer de wagon, et, comme s'il avait été spectateur de son propre passé, de lui-même, le regard vers la vitre, lui revinrent en mémoire. Une porte qui claque. Un rideau voilant le paysage. Et des larmes. Il avait eu une seconde chance, lui. Sa mère ne l'avait pas eue cette chance, et son père était mort sans connaître son existence, à lui, son fils, parce qu'eux aussi étaient trop fiers. Il savait ce qu'il pouvait perdre. Il savait ce que sa mère avait perdu, même s'il n'avait pas toujours été prêt à l'entendre. Hors de question de courir ce risque. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Dim 9 Nov - 10:59 | |
| La voix ne laissa pas Ricardo se plonger longtemps dans ses souvenirs. De nouveau, elle parla, avec cette sensualité et cette moquerie mêlées.
« Moui… L’orgueil peut faire perdre beaucoup, mais il y a quand même une différence entre faire des compromis et se laisser mener à la baguette… Parce que ta chère et tendre, elle, elle n’est pas prête à faire les mêmes efforts. Non ! Ne m’interromps pas, tu n’arriveras pas à me convaincre du contraire… Surtout qu’elle vient tout juste de dire à un de mes collègues qu’elle t’aurais laissé sans broncher si tu n’avais pas accepté d’aller à Sywhaîd…. Tu sais qu’elle a même avoué qu’elle t’aurais séparé de tes enfants sans un regret ? »
La voix était légère mais, étrangement, elle n’avait pas l’air de mentir. Si Ricardo commençait déjà à se demander s’il arriverait à ne pas douter de sa femme, ou même de lui, il risquait de ne pas faire long feu avec cette interlocutrice invisible. Cette dernière ne lui laissa même pas le temps d’intervenir, elle enchaîna tout de suite.
« Mais bon, c’est comme tu veux. Votre couple c’est vous qui voyez… Dominant… Dominé… La Brume s’en fiche alors je n’ai pas à m’en préoccuper ! »
Soudain, un balai apparut à côté de Ricardo. Un vieux balai qui, en fait, avait presque l’air d’un balai normal et pas d’un balai magique. Il était usé et n’avait pas l’air facile à manier.
« Je pense que tu n’es pas vraiment bon pour argumenter… Alors on va passer à des épreuves plutôt. Si tu nous faisais une petite démonstration de vol ? »
Evidemment, il y avait un piège. Une fois sur le balai, tous les doutes que Ricardo pouvait avoir, même ceux qui n’étaient là que très légèrement et très furtivement, l’assailleraient. Et pour maîtriser le balai, qui serait bien plus vif qu’il en avait l’air, et éviter de s’écraser au sol, il faudrait qu’il combatte ces doutes… qu’il arrive à les chasser… _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Jeu 18 Déc - 17:48 | |
| Evidemment, les propos de la voix qui résonnait dans le vide qui l'entourait l'agaçaient de plus en plus. Non, il ne se faisait pas mener à la baguette ! Il était prêt à ouvrir la bouche quand elle lui intima l'ordre de ne pas l'interrompre, et une fois encore, il crispa les poings. Soit. Qu'elle pense ce qu'elle voulait après tout, qu'est-ce qu'il pouvait en avoir à faire ? En théorie, rien... Mais elle poursuivait, et il n'aimait pas du tout de qu'il entendait. Elle essayait de le pousser à bout, à l'évidence, et ses poings déjà crispés se nouèrent davantage encore. Là encore, il était prêt à rétorquer qu'elle se trompait, qu'Eileen ne serait pas partie, pas comme ça, qu'elle ne l'aurait séparé d'Evan et de Lena sans scrupule. Ca, il ne pouvait pas le croire. Mais aurait-elle pu, elle, se séparer d'eux ? Un instant, il hésita. Elle ne semblait pas mentir, et il ne voulait pas y croire, pourtant, le doute commençait à refermer sa main glacée sur son coeur. Et la voix qui se moquait de lui depuis quelques minutes avait l'air sincère.
*Non* songea-t-il, et il se raccrocha aux dernières paroles de sa femme. Il ne devait pas douter.
Il n'eut pas vraiment le temps de se poser la question de la véracité de ses propos : un balai était apparu à ses côtés, le laissant perplexe cette fois. L'engin avait essuyé un certain nombre d'heures de vol, apparemment, si tant est qu'il fut volant... Et à cet instant, à le regarder, le joueur de Quidditch qu'il était se posait sérieusement la question.
Nouvelle pique de la voix, et il réprima un soupir : il commençait (déjà) sérieusement à perdre patience face à son comportement, juste le genre d'attitude qui l'insupportait. Elle ne le connaissait pas, pas plus qu'elle ne connaissait Eileen, d'où se permettait-elle de tels jugements de valeur ? Evidemment, le fait qu'il s'agisse d'une brume séculaire, entité magique par excellence répondait parfaitement à la question, mais loin de l'apaiser, ça l'énervait davantage encore. Plusieurs années auparavant et face à un être tangible, il aurait sans doute fini par mettre son poing dans la figure de l'importun en question. Mais il n'était pas face à un être tangible, et il venait de le dire : il avait appris à mettre de l'eau dans son vin, ou tout au moins faisait tout pour... La voix, la Brume pouvait bien penser ce qu'elle voulait, il restait persuadé que ça ne l'aurait pas avancé à grand chose de toujours partir au clash, comme il l'avait déjà fait, qu'il aurait seulement fini par perdre tout ce qui comptait pour lui. Même si ça n'était pas toujours facile pour lui, loin de là. Même si, parfois, il avait un peu l'impression d'être en effet le seul à faire des concessions.
Par réflexe, il passa une main dans ses cheveux avant de s'emparer du balai. Magique, donc, à ce qu'elle en disait. A l'évidence : il venait à peine de s'y installer, de s'élever au-dessus du sol qu'il ne voyait pas, qu'il songeait de nouveau à cette conversation. Et aux derniers mots de son épouse. Si elle l'avait mis en garde, était-ce parce qu'elle doutait de lui ? De son amour pour elle et pour les enfants ? Non, non ça n'était pas possible. Entre ses mains, le balai ne semblait pas vouloir répondre, et après une ascension imposante, voilà qu'il redescendait en flèche. Pas besoin de voir le sol pour le comprendre. Et le sang de Ricky se glaça. Il y avait bien longtemps, pourtant que cette peur l'avait quitté, pourquoi revenait-elle à la charge aujourd'hui ? La réponse était sans doute évidente, mais à cet instant, il ne pouvait pas vraiment réfléchir correctement. Il avait été inconscient à l'époque, assommé par un cognard, et pourtant c'était comme s'il revoyait de nouveau la chute qui avait failli lui coûter la vie lors du dernier match. Il se souvenait parfaitement de cette sensation : de la terreur qui l'avait enveloppé, pendant les deux années qui avaient suivi, à l'idée de s'approcher d'un balai, ou d'un terrain. Et de la frustration aussi, de ne plus pouvoir jouer.
Et puis il vit Eileen. Pas réellement, évidemment : elle n'était pas là, elle passait sa propre quête, quelque part au milieu de cette brume. Mais elle avait été là, ce jour-là, malgré tout. Et elle lui avait sauvé la vie. Et c'était elle qui l'avait fait remonter sur un balai, deux ans plus tard. Elle qui l'avait poussé jusqu'à ce qu'il accepte de faire partie de l'équipe. De réaliser son rêve. Il ferma les yeux. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter après tout, pas après toutes ces années, pas après tout ce qu'ils avaient vécu. Enfin... à part peut-être de la chute à venir si ce fichu balai refusait toujours de lui répondre...
[HJ : Je suis toujours pas fière de la fin mais bon...] |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Lun 22 Déc - 15:36 | |
| A quelques centimètres du sol seulement, le balais s’immobilisa, assez doucement pour que Ricardo ne se tue pas en tombant, mais assez brutalement pour qu’il tombe tout de même du balais, malgré sa grande expérience, et s’étale dans la boue de la Brume. Cette dernière laissa quelques secondes au père de famille pour se remettre de ses émotions, mais elle finit par embrayer. Cette fois, un chemin apparut. Seulement, ça n’était pas un chemin normal… En avançant, Ricardo aurait à affronter trois de ses plus grandes peurs, et ce ne serait pas aisé... _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Dim 28 Déc - 0:55 | |
| Il termina sa course face contre terre, ou plus exactement, contre la boue. Le genre de situation désagréable, autant en soi que ça l'était pour l'ego. Un instant, il resta immobile, se demandant à quel point il pouvait être en train d'échouer lamentablement et de perdre ceux qu'il chérissait le plus. Cela signifierait sans doute rester de l'autre côté, ne plus pouvoir voir sa femme et ses enfants, parce qu'il n'imaginait pas qu'Eileen ne pût pas rentrer chez elle, comme ça lui tenait tellement à coeur. Il avait l'air légèrement crispé - légèrement... - en se redressant, le visage, les cheveux et les vêtements maculés de boue dont le parfum lui faisait penser aux sous-bois de l'école où ils s'étaient rencontrés. Un sort lui permit de retrouver une apparence plus présentable en quelques instants, mais ne pouvait rien pour son amour-propre quelque peu amoché...
Récapitulons. On venait de le rabaisser au rang de toutou à sa mémère qui se laisse marcher sur les pieds sans rien dire et qui suit bien gentiment sa maîtresse. On venait aussi de lui prouver qu'il était un bien piètre sportif, incapable de maîtriser un balai inconnu, malgré des années en tant que gardien et par la suite capitaine de l'équipe d'Ecosse. Soit il se retrouvait d'office au point de départ, échec et mat. Soit il était bon pour se prendre encore une derrouillée, et il avait beau se creuser les méninges, il n'imaginait pas trop bien en quoi elle allait encore pouvoir consister.
Un chemin était apparu devant lui, d'apparence inoffensif, mais il doutait que ce fût réellement le cas. Et en effet, ça n'allait pas être facile, si tant est que les précédentes épreuves l'eussent été. Il observa la sente qui se déroulait devant lui quelques instants, les yeux plissés, et passa finalement une nouvelle fois la main dans ses cheveux, geste ô combien récurrent lorsqu'il n'était pas tout à fait en position de force, avant de faire le premier pas vers sa nouvelle épreuve.
Il se doutait bien, certes, que quelque chose allait lui tomber dessus. Il ne se doutait pas que ce serait ça.
Il y a beaucoup de choses qu'on tait, qu'on tente d'oublier, qu'on occulte, pour se protéger. Pour éviter de ressasser ce qui nous blesse, ou pour ne pas se confronter à ce qu'on redoute. Il y a des choses qu'on ne voudrait pas voir, ou revoir, pour rien au monde. Il y a des images qui vous hantent, et ce qu'il allait voir en faisait partie : c'était une scène qu'on aurait pu croire insignifiante tant elle pouvait sembler banale, et pourtant elle le hantait encore aujourd'hui. Il y avait des années qu'il avait fait un choix : il avait choisi entre Eileen et Sean. Et même s'ils n'avaient plus été ensemble à ce moment-là, même s'il lui en voulait et jurait ne plus jamais vouloir la revoir à l'époque, il n'avait pas supporté que son camarade, son seul ami à vrai dire, expose clairement son aversion pour la gryffondor qu'elle était. Il avait perdu son amitié en même temps qu'il avait perdu le contrôle et laissé parlé la violence qu'il avait toujours eu en lui. Et le revoir était tout autant quelque chose qu'il redoutait. Et qu'il devait manifestement affronter à l'instant. Sean, ou en tout cas, l'adolescent dont il se souvenait, se trouvait face à lui, un regard sombre et accusateur, le doigt pointé vers lui.
- Peux-tu seulement comprendre ? lui demanda-t-il, presque par réflexe.
Il ignorait tout de la vie de son ami depuis ce jour. Sean avait-il jamais aimé quelqu'un à tel point que tout le reste pouvait sembler insignifiant ? Sans cela il ne comprendrait pas, il ne le pourrait pas. Mais la suite allait être bien pire encore. Le visage de son ami pâlit, pour devenir cadavérique. Et son doigt, accusateur, le pointait toujours. Le message était clair, mais Ricky ne comprenait pas. Comment pouvait-il être à l'origine de sa mort ?
- Tu n'es pas mort... souffla-t-il plusieurs fois avant d'avancer vers la silhouette à présent diaphane de son ami.
Mais il n'en savait rien, et une fois de plus, le doute s'insinua en lui. Et si c'était vrai, si la Brume lui montrait simplement ce qu'il n'avait pas pu voir jusque là, faute d'avoir été présent pour celui qui avait été à ses côtés pendant toute leur scolarité, malgré leurs divergences d'opinion ? Les poings de l'ancien infirmier se crispèrent de nouveau, davantage encore.
Et voir le reste de la famille autour de son grand-père, et le regard sombre de celui-ci à son encontre n'était pas pour arranger les choses. Ils étaient tous là, oncles, tantes, cousins, cousines, plus ou moins proches, mais tous là. Et tous avaient ce regard qu'il connaissait bien, et qui, à vrai dire, ne lui faisait plus vraiment d'effet. Pas chez eux, toujours.
- Avô... murmura-t-il, presque comme une supplique.
Il ne comprenait pas ce qui se passait, et en vérité, comme l'aurait-il pu ? Que les autres, le haïssent, il y était habitué. Mais depuis la mort de sa mère, son grand-père avait été le seul à lui témoigner un peu d'affection. Et le regard qu'il posait à l'instant sur lui n'avait rien d'affectueux. Rien du tout. Les lèvres de son grand-père formèrent quelques mots, qu'il n'entendit pas bien qu'il en comprît parfaitement le sens. En portugais, il lui disait à quel point il était déçu. Et qu'il ne le considérait plus comme son petit-fils. Ricardo en resta paralysé. Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Il avait été surpris, à l'enterrement, de la sympathie de l'aïeul de la famille à son égard, mais c'était pire encore aujourd'hui, de voir cet attachement réduit à néant. Quant à la réponse à sa question, elle ne tarda pas à venir. Il avait fait un pas vers son aîné, et l'image de celui-ci s'était atténuée, jusqu'à disparaître complètement pour laisser place à une scène qu'il connaissait bien puisqu'il la redoutait plus que tout le reste. Plus encore que la mort de Sean ou la déception de son aïeul. Plus que tout au monde.
Il y avait Eileen, en blonde - détail futile ! - et un type qu'il ne connaissait pas, bras dessus, bras dessous, qui riaient ensemble. A son détriment ? Le regard que son épouse lui lança en disait long. Et il y avait Evan, et Lena. Evan appelait le type "Papa", ce qui lui lacéra le coeur. Non. Ce type n'était pas son père, il ne pouvait pas le considérer ainsi.
- EVAN ! appela-t-il en vain, comme son fils sautait dans les bras de l'inconnu. Eileen ! Caril...
Mais le regard de son épouse, empli de dédain, réduisit le reste de ses pensées à néant et plus un mot ne passa la barrière de ses lèvres. A son tour, elle se détourna de lui, et il sentit ses yeux s'embuer, lui piquer, signer caractéristique de larmes qu'il refusait de laisser couler. Pas ici, pas pour un caprice de la Brume. Alors pour le regard de sa fille ? Comme sa mère, comme son grand-père à l'instant, il ne pouvait pas ne pas voir la déception dans son regard. La petite fille secoua la tête, et prit la main de sa mère avant de se détourner de lui. Ses lèvres formèrent silencieusement le surnom de sa fille. Il eut beau courir à leur poursuite, leur image disparut comme les précédentes, le laissant seul sur ce sentier désert au milieu de la Brume. Il s'arrêta alors, la mine sombre, les poings crispés, la tête baissée. Un instant, il resta immobile, quelques mèches dissimulant les larmes qu'il ne pouvait plus étouffer le temps qu'il se ressaisisse. Mais ça n'avait pas d'importance : la Brume savait tout, n'est-ce pas ?
Son poing s'abattit sur le sol, une fois, deux fois, trois fois. Le froid l'avait rendu suffisamment dur pour qu'il se blesse, mais à vrai dire, il s'en fichait royalement. A genoux à terre, il resta encore un instant immobile, le souffle court, avant de relever la tête, un masque froid et neutre de nouveau posé sur son visage à l'exception de ses yeux, et c'est un regard sombre, assassin, qu'il darda sur la surface blanche autour de lui.
- C'est ça, donc, votre Quête ? siffla-t-il. Le droit de passage pour entrer dans votre sacro-sainte communauté, c'est donc la souffrance ?
Il resta de nouveau silencieux quelques instants avant de serrer les poings, pas une grimace ne venant perturber son visage impassible malgré la douleur qui lui irradiait la main.
- De quel droit vous permettez-vous de pareilles horreurs ? Est-ce l'apanage de l'âge qui vous octroie le droit de faire souffrir tous ceux qui s'approchent de Sywhaîd, pensez-vous ? Qu'est-ce que vous pensez démontrer ainsi ? Qu'on a tous une part d'ombre ? Vous voulez un scoop ? Vous avez raison.
Ses doigts se dénouèrent et se serrèrent de nouveau avant qu'il ne poursuive.
- Je suppose que ma femme subit elle aussi des choses de ce genre. Je ne sais pas ce que vous lui faites voir, mais je sais à présent qu'elle va souffrir elle aussi. Et le pire dans l'histoire, c'est que je ne peux rien faire pour la venger.
Il se redressa, ses yeux lançant presque littéralement des éclairs, et rouvrit et referma de nouveau la main, comme si la douleur lui déliait la langue, ce qui n'était pas très loin d'être le cas.
- Ce qui est ironique dans tout ça, c'est que ce sont les gens de ma maison qui sont réputés cruels... Mais vous, vous êtes bien pire : vous n'avez aucun remord.
Il resta immobile encore quelques instants, attendant une réaction de l'entité magique qui l'entourait, quelle qu'elle fût. Quitte à ce que ce soit l'ouverture de l'opacité sur le paysage qu'il avait quitté, signe qu'il avait échoué, ce qui ne le surprendrait guère à cet instant. Au fond, évidemment, il espérait que ça ne fût pas le cas, puisqu'il serait séparé d'Eileen, d'Evan et de Léna, et que c'était précisément ce qu'il redoutait plus que tout. Il ne savait pas ce qui l'attendait à présent, mais il songeait avec une pointe d'agacement qu'il pouvait s'imaginer tout et n'importe quoi, le retour de la sente qu'il avait perdu de vue depuis, une nouvelle épreuve sordide, voire même être foudroyé sur place : il ne voyait pas ce que la Brume pouvait avoir de bons pour les membres de la communauté si chère aux yeux de son épouse. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Dim 28 Déc - 12:45 | |
| « Ca n’est pas la souffrance, ami, qui te fera entrer à Sywhaîd, mais la compréhension et l’honnêteté… »
La voix était douce et profonde, mais jeune. D’ailleurs la jeune femme qui apparut, une jolie rouquine qui ne portait d’une simple robe verte, à bretelles, et ne semblait pas souffrir du froid, ne devait avoir qu’une quinzaine d’années. Ses yeux gris étaient rieurs et ses pommettes piquées de nombreuses tâches de rousseurs étaient pleines de vies. Elle avança, pieds nus, jusqu’à Ricardo et fit un tour autour de lui, comme pour l’observer de plus prêt. Elle sourit de nouveau puis ajouta :
« La Brume veut tout savoir, mais elle n’est pas tricheuse, elle veut que la personne sache elle aussi… C’est quelque chose qui lui tient très à cœur… »
Elle salua d’un simple signe de tête, comme pour montrer un respect, comme si Ricardo avait déjà passé une bonne partie de sa Quête et qu’elle lui signifiait, silencieusement, qu’il s’en tirait bien pour le moment.
« La souffrance est une partie logique, du moins quand on n’est pas encore tout à fait prêt à affronter ce que l’on est au fond de soi… Mais tu as fait preuve d’un grand courage… »
Elle sourit de nouveau, puis ajouta :
« Alors, maintenant que tu sais comment la Brume fonctionne, quelle épreuve te ferais-tu passer ensuite ? Et sois honnête, si tu essaies de t’épargner, tu risques de vivre bien pire ! »
Elle lui fit un clin d’œil, mais cela n’atténua pas la menace, elle avait beau être sympathique et avoir l’air tout à fait innocente, elle n’en restait pas moins une incarnation de la Brume, et voulait que l’homme s’en souvienne. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Dim 28 Déc - 19:32 | |
| C'est une voix douce qui lui répondit cette fois-ci. Rien à voir avec l'avatar narquois qui l'avait accueilli. Plus jeune à ce qu'il en put juger, ce que la silhouette qui se détacha de la Brume lui confirma. Une jeune fille en robe à bretelle lui apparut, une petite rousse qui ne semblait pas être encore sortie de l'adolescence. Contraste étonnant avec son discours. Ricardo hocha sobrement la tête à son approche. Un salut peu expressif, autant parce que c'était dans sa nature que parce qu'à cet instant, il n'avait absolument pas envie de se montrer sympathique. Ca n'empêcha pas qu'il l'écouta attentivement, comme elle faisait le tour, l'observant comme on pouvait détailler un objet curieux. Lui semblait-il aussi étrange ? Il resta immobile repassant ces quelques phrases dans sa tête, suivant du regard seulement l'étrange fillette à ses côtés. La compréhension et l'honnêteté... Qu'il sache lui aussi, autant qu'elle. C'était un peu confus, et il resta silencieux à son tour, quelque peu surpris par la bienveillance de la rouquine qui représentait pourtant la Brume. Apparemment, il n'était pas prévu de le faire rebrousser chemin... ou en tout cas pas encore.
Il hocha de nouveau la tête aux propos suivants, sans trop savoir s'il devait réagir à ce qui ressemblait pourtant bien à un compliment et qui ne lui semblait pourtant pas cohérent de la part de l'entité qui l'entourait. Pourtant... pourtant ça n'était pas si illogique. Elle venait de le dire d'ailleurs. Il passa la main dans ses cheveux avant de réaliser que oui, ça allait être douloureux un moment et de rebaisser le bras pour regarder ses phalanges gonflées, la mâchoire crispée. Elle lui demandait quelle épreuve il se ferait subir à lui-même, à présent et il ne quitta pas sa main des yeux. Que pouvait-il bien lui répondre ? Il serra de nouveau le poing avant de plonger ses yeux sombres dans les pupilles pâles de la fillette.
- Si je ne vous réponds rien, que comptez-vous me faire subir de pire ? Pire que de voir celui qui a été mon meilleur ami m'accuser de sa mort ? Pire que de voir la déception dans le regard du seul membre de ma famille qui tienne un peu à moi ? Pire que de voir ma femme dans les bras d'un autre, et mes enfants l'appeler 'Papa' ? Sincèrement, je ne sais pas. J'ai l'impression qu'on a déjà passé en revue tout le pire, de l'humiliation à la douleur, non ? Qu'est-ce que vous pourriez bien vouloir de plus ?
La réponse aurait pu paraître évidente : puisqu'on avait passé le pire, peut-être fallait-il chercher ailleurs, dans le meilleur... Mais de quoi pouvait-on alors parler, puisque même ce en quoi il pensait être l'un des meilleurs avait été bafoué, à savoir sa capacité en vol. Il resta silencieux un moment, fixant la créature face à lui, songeur. Se résumait-il donc seulement à ce qui venait d'être évoqué ? La Brume voulait tout savoir, avait-elle dit. Tout... C'était assez hypocrite à ses yeux, vu qu'elle savait déjà tout d'avance, mais il y avait peut-être une chose qu'il pouvait évoquer. Une particularité qu'il avait qui lui avait sauvé la mise lors de certaines punitions pour être allé batifoler avec une certaine rouge et or dans la forêt interdite.
- Puisque vous savez déjà tout de moi, vous savez déjà qu'il y a disons une petite particularité que nous n'avons pas évoquée.
Sa main se porta instinctivement au pendentif de verre renfermant de la poudre de curry et une feuille de sycomore miniature dont il était - en tout cas jusque-là, à sa connaissance - le seul à sentir les parfums.
- Je sens les fragrances avec une acuité particulière. J'imagine que si je savais ça d'un élève, je lui ferai passer une épreuve y ayant trait. Quant à la méthode...
Un léger sourire narquois étira ses lèvres, bien que son regard ne fût pas le moins du monde souriant.
- Je crois que même avec la meilleur volonté du monde, je ne trouverai rien d'aussi retors que ce que vous proposeriez.
Sa main lâcha finalement le bijou qui pendait à son cou pour retomber à son côté et il termina.
- Mais pour répondre à votre question, j'imagine que j'aurais demandé la reproduction d'une potion suffisamment connue pour que la recette ne soit pas à lire, à faire les yeux bandés. Reconnaître et doser les ingrédients, et les étapes de fabrication à l'odeur.
Il sembla songeur encore un instant. On pouvait aussi aborder ses parents : tous deux avaient "rejoint les esprits" prématurément. Il n'avait pas connu son père et jusqu'à assez récemment, ignorait même son identité - et à quel point sa mort avait pu être violente. Il n'avait appris son passé que très tardivement donc... et de la bouche de sa mère une fois que celle-ci eût elle aussi "rejoint les esprits" : Eileen avait fini par lui faire accepter l'idée d'une transe chamanique où il avait pu lui reparler, plusieurs années après son trépas, tout aussi violent d'ailleurs que celui de Mr Prewett. Mauvais présage ? Il n'y croyait pas vraiment. Et il avait fait la paix avec eux depuis longtemps. Enfin avec sa mère surtout. Il n'avait jamais vraiment été en guerre contre son père. Rencontrer "l'esprit" de ce dernier avait été un bouleversement, certes, mais plutôt positif. Un peu comme s'il avait retrouvé des racines, qu'il les avait dégagé d'une roche aride pour pouvoir s'épanouir un peu plus grace à elles. Comme si on lui avait rendu un morceau de lui-même.
Alors pourquoi n'en avait-il pas parlé ? Pour la simple (et bonne ?) raison que, nous l'avons dit, il avait fait la paix avec son passé. Avec cette partie-là de son passé, toujours, et qu'en parler, l'utiliser comme une épreuve, ne lui avait pas effleuré l'esprit le moins du monde. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Ven 2 Jan - 18:06 | |
| La rouquine sourit, un sourire amusé mais sympathique, du genre à donner confiance, avant de claquer des doigts. Une table apparut, ainsi que des tas d’instruments qui n’étonneraient pas que Ricardo.
« Et bien…. J’attends ! » dit l’apparition avec un rire léger, tout en lançant un bandeau à Ricardo. Reconnaîtrait-il la potion ?
[Pas de piège, mais à toi de voir quelle potion c’est, on te fait confiance !] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Ricardo Queiros Lopes Sywhaîdien


Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 17/10/2008
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Jeu 14 Mai - 21:57 | |
| La rouquine sourit, ce qui n'étonna pas outre mesure Ricardo. Il ne s'était pas attendu, cela dit, à ce qu'elle le prît à ce point au mot. Un claquement de doigts, et elle venait de faire apparaître une table jonchée d'instrument divers et variés, que lui-même, pourtant assez versé dans les potions, n'était pas sûr d'avoir tous jamais rencontré, vu d'ici. Elle attendait. Et son rire fut quelque peu communicatif, car un éclat s'échappa de sa propre gorge, la surprise aidant. Elle lui lança un bandeau qu'il attrapa au vol, grimaçant de douleur lorsque sa main blessée se referma sur le tissu. Oui, ça resterait douloureux un moment encore. Mais ça n'était ni la première, ni certainement la dernière fois qu'il devait supporter une main qu'il aurait blessé lui-même, afin d'évacuer sa frustration. Elle attendait, et lui, il commençait à en avoir marre de ce petit jeu, de ne pas savoir ce qu'il était advenu de ses enfants, de rester dans l'incertitude quant à la Quête de sa femme. Ca faisait un moment qu'il avait commencé à avoir hâte que tout ça se termine, et s'il n'en montra rien de plus qu'un drôle d'éclat dans ses prunelles sombres, il accueillit la nouvelle épreuve avec non pas enthousiasme, mais une légère pointe d'empressement. Plus vite tout ça serait fini, plus vite il retrouverait sa famille. Tout au moins l'espérait-il. - Tout vient à point... souffla-t-il, autant pour lui-même que pour l'apparition en jetant un dernier regard à la table pour s'imprégner d'au moins une partie des instruments, et de placer le bandeau sur ses yeux. Une nouvelle fois, une grimace déforma ses traits quand la douleur de sa main irradia davantage comme il serrait un peu plus le noeud retenant l'étoffe qui le privait à présent de la vue. Une fois encore, il ouvrit puis referma le poing, comme si les pointes que le lançaient, de ses phalanges endolories jusqu'à son bras, avaient pu aider à sa concentration, avant de s'approcher de la table, humant les parfums en silence. Il y avait celle, piquante, de la mandragore, proche du gingembre. Il y avait celle, plus doucereuse, d'un miel fleuri, qu'il identifia en approchant le pot comme provenant de fleurs d'oranger. Il y avait aussi le parfum iodé de gros sel marin, la fragrance délicate d'huile essentielle de jasmin, celle plus entêtante de la lavande, la saveur amère d'une bière brune. Et puis il y avait quelque chose de plus léger, presque imperceptible à côté des autres parfums moins subtils. Quelque chose d'aigre, mais si peu fort qu'il ne parvint pas tout de suite à l'identifier. Sa main parcourut la table à tâtons, et s'arrêta sur une forme pas tout à fait conique, un peu recourbée, tandis qu'un mince sourire apparaissait sur ses lèvres. Il évalua la courbe formée par cet objet du bout des doigts, jugea sa taille, puis l'approcha de son visage, s'imprégnant davantage de cette toute petite odeur avant de murmurer. - Tigre des neiges...Il hocha légèrement la tête, et s'attela presque aussitôt à la tâche. Ces ingrédients-là ne se retrouvaient pas dans toutes les potions, songeait-il, c'en était presque trop évident, d'autant que le protocole n'était pas si complexe. Il avait un instant été surpris que la Brume ne choisît pas quelque chose de presque irréalisable, à lui faire concocter, cette fois, avant de réaliser qu'il devait faire face à un obstacle de taille : ne pas se fier à sa vue, ni pour les consistances, ni pour les teintes, ni pour les quantités. Il devait se fier à son odorat, uniquement, et aux souvenirs qu'il gardait de cette potion. Et même si elle n'était pas si compliquée que ça à l'origine, ça risquait d'être quelque peu plus complexe sans l'usage de ses yeux, et de demander beaucoup plus de concentration. Il s'efforça pourtant de mener à bien cette nouvelle mission conçue par la Brume, se fiant au parfum des mélanges qu'il préparait, grimaçant un instant de ne pouvoir confirmer le stade de cuisson par la couleur qu'aurait pris le mélange mandragore-miel-lavande. Le parfum lui semblait correct, mais difficile d'être certain quand tout les protocoles précisaient d'attendre une coloration légèrement brun violacé. Difficile aussi de juger de la parfaite dissolution du sel dans la bière (eurk, je ne veux absolument pas savoir quel goût ça a). Réduire la dent en poudre lui sembla moins délicat, bien qu'il dût s'y reprendre, le sort qui devait ramollir l'email ayant atteint d'abord une cuiller ou quelque chose du genre. L'odeur métallique l'incommodait d'ailleurs quelque peu, mais il n'en souffla mot. Il huma une dernière fois le fumet qui se dégageait du mélange global après y avoir ajouté, hors du feu, les quelques gouttes d'huile essentielles qui devaient achever la préparation, et hocha légèrement la tête. De ce qu'il en pouvait juger, si ça n'était pas tout à fait exact, il devait s'approcher du résultat. Avec la vue, il aurait sans doute obtenu quelque chose de plus proche de la perfection, songeait-il, comme il ne s'agissait pas là d'une potion des plus ardues, mais pour ce type de test, il ne pensait pas s'en être trop mal sorti. Si elle n'était pas aussi efficace qu'une potion parfaite eut pu l'être, son action stimulante et chaleureuse devait être suffisante dans la plupart des cas, malgré tout. Restait à attendre le verdict de la Brume. [C'est bien que vous me fassiez confiance, parce que moi je me fais pas confiance en fait, donc bon... Je sais pas trop ce que ça donne c't'histoire... ]_________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Ricardo Queiros Lopes Prewett Jeu 21 Mai - 10:43 | |
| Durant toute la préparation de la potion, la rouquine ne pipa pas un seul mot. En fait, elle fut tellement silencieuse que Ricardo aurait presque pu, s’il n’avait pas été autant occupé par sa potion, se demander si elle n’était pas partie tout simplement. Pourtant, à peine l’homme eut-il considéré que le mélange était terminé que déjà deux mains fines et légères dénouèrent le foulard qui lui cachait la vue. Il put alors voir la jeune fille, à côté de lui, et une potion qui semblait bien réussie devant lui. L’adolescente sourit et trempa sans plus de cérémonie son index dans la potion, un geste qui n’était pas vraiment courant chez les potionistes, avant de lécher le doigt en question, avec la même expression gourmande que si ça avait été du miel. Elle éclata ensuite de rire et lança :
« Très réussie ! Tu es vraiment très doué ! »
Elle regarda un instant la potion, toujours un grand sourire sur son visage de rouquine, avant de dire :
« Mais je me demande… Est-ce que ça n’était pas un peu de la triche ? Choisir une épreuve qu’on ne peut que réussir ? »
Elle sembla réfléchir à cette question mais haussa les épaules avant de dire :
« Bon, écoute. Je t’aime bien. La Brume aussi, même si elle se demande si tu ne te laisse pas un peu trop écraser par ta chère et tendre… Alors bienvenue à Sywhaîd ! » Elle battit des mains joyeusement. « Et amuse toi bien ! »
Elle lui fit un clin d’œil puis disparut dans un *plop* sonore. Quelques fractions de seconde plus tard, la Brume s’ouvrit, laissant apparaître un chemin de pierres jaunes qui amèneraient Ricardo jusque dans la cour centrale. Au milieu du chemin, le père de famille retrouverait sa fille, installée à même le sol, jouant avec deux peluches très belles que la Brume lui aurait offertes…
[Voilà ! Vu le délai, et comme Ricardo était sensé être déjà arrivé, je ne sais pas si tu veux jouer son arrivée ou non… A toi de voir ! ] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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