Lettre de Ceit à Kincaid
Cher Kincaid,
Est-ce que tu m’en voudras, si je t’avoue que je suis aussi surprise que soulagée de te savoir enfin à Sywhaîd, en lieux sûrs ? Comme j’étais sans nouvelle de ta part depuis plusieurs semaines, je me demandais si tu n’avais pas changé d’avis, si tu n’étais pas parti… Mais n’en parlons plus. Tu as atteint la Noble Lande et c’est l’essentiel.
Je ne dirais rien à personne, tu le sais bien. D’ailleurs, même si tu l’avais voulu, je n’aurais rien dit. Je ne veux pas que Maman et Papa (Pourquoi t’obstines-tu à l’appeler Doug ?) ou qui que ce soit d’autre ait trop d’informations sur toi. Moins ils en savent, plus ils sont à l’abri, non ? Et plus tu l’es aussi…
Qui aurait cru que tu suivrais un jour mes conseils, frérot ? Mais rester un moment à Sywhaîd est la meilleure chose à faire, je crois. Et puis, si tu as un déjà une occupation et un Pub pour y étancher ta soif, tout va pour le mieux, non ? Tu peux boire tranquille, grand frère, Tobermory est aussi désespérément calme que d’ordinaire. Que du vieux et rien de neuf, comme dirait Maman.
Tu ne me l’as pas demandé mais je vais te le dire tout de même, parce que je sais que ça t’intéresse malgré tout. Papa et Maman vont bien. Ils parlent parfois de toi mais… Je crois qu’ils ont accepté ton départ cette fois. Quant à Bonnie et Isobel, elles sont retournées à Poudlard depuis quelques semaines. Bonnie a déjà une dizaine de soupirants et elle m’a écrit qu’elle avait préparé un concert pour les fêtes d’Halloween. J’ai l’impression que sa voix est plus belle d’années en années et tout Poudlard pense comme moi. De son côté, Isobel compte bien devenir rédactrice en chef du journal du Collège. Elle est un peu jeune mais les professeurs sont à court d’arguments et ne lui refuseront pas le poste longtemps, à mon avis. Elle a demandé de tes nouvelles, dans sa dernière lettre, qu’est-ce que je dois lui répondre ? Oh et, tant que j’y pense, elle aura quatorze ans le 10 novembre. Je te le rappelle, juste au cas où… Je crois qu’il est aussi de mon devoir de sœur de te dire que Logan et Alasdair se portent à merveille. Mais je n’en dirais pas plus, je ne veux pas te décourager de m’écrire à nouveau.
Pourquoi tu me demandes pardon, Kinc’ ? Tu veux que je t’excuse de m’avoir sauvé de la démence, de m’avoir sauvé la vie ? Ne dis pas de bêtises, grand frère. Ca te rend idiot, d’être sentimental…
J’espère que dans ta prochaine lettre, tu me parleras un peu plus de ta Quête, de la Brume et de Sywhaîd… Je suis si curieuse d’en apprendre plus sur la Noble Lande ! Et puis, j’étouffe parfois, ici. Ecris-moi un peu d’oxygène, frérot.
A bientôt, Kinc’.
Ceit.
P.S : N’oublies pas la promesse que tu m’as faite et prends soin de ta grande carcasse…