[Un quatre main qui j'espère vous plaira. Moi en tout cas, j'ai bien aimé co-écrire avec la joueuse de Jane

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Les petits nouveaux venaient d’arriver aux camps militaires de Winchester, ils n’avaient pas connaissance de ce qu’ils les attendaient. Les plus âgés avaient préparé une surprise de bienvenue à leur façon pour les plus jeunes. Ils étaient tous fringuant joyeux et même heureux d’être là, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient endurer pendant ces deux semaines. Deux jeunes filles sortaient du lot par leur air de petits anges, avec leurs regards espiègles sympathiques.
Le chef des recrues, Jason McAllistair, préparait les derniers préparatifs pour cette nuit. Il avait hâte de voir les regards implorants de ses nouvelles petites recrues, il adorait cela. Il aimait sentir ce pouvoir, cette impression qu’il était le maître de ces jeunes inconscients. Il se rappelait bien de son propre bizutage il y a tout juste dix ans qu’est-ce qu’il avait détesté ses bourreaux d’un soir, mais grâce à eux ils étaient devenu ce qu’il était en ce moment. Il savait bien que c’était son dernier camp militaire, il allait bientôt partir pour la marine. Il devait bien profiter de cette soirée mémorable, quitte à sacrifier ses sales petits morveux.
La nuit commençait à tomber, tout était prêt pour ce bizutage si attendu des habitués. Ils ne savaient pas encore. Heureusement ou malheureusement. Les nouvelles recrues rejoignaient avec enthousiasme une clairière dans une forêt tout près du camp. Des personnes cagoulées tenant des torches enflammées les attendaient pour leur bienvenue. Les petits commençaient à comprendre que tout cela était un piège. Il était trop tard, chacun d’eux se fit soulever comme un vulgaire sac à patate. Quelques secondes passèrent avant qu’ils se firent plonger dans une eau glaciale.
La rencontre du corps tiède et du liquide frigorifiant coupa la respiration d’un bon nombre d’enfant. La surprise était pour le moins amère. Ce ne fut qu’après avoir estimé le refroidissement efficace que le chef, Jason, autorisa ses camarades à sortir les enfants pantelant de froid.
« Avez-vous froid ? Les amis, je crois qu’il faut les réchauffer. » Furent les mots du leader de l’équipe. Des rires presque macabres sortirent des cagoules et, attrapant des pelles, ils leur jetèrent de la terre avant de s’enfuirent en ricanant. Seul Jason faisait encore face aux nouveaux. D’une courbette, il leur annonça :
« Bienvenue aux camps. Les douches sont à côtés des dortoirs. Bien sur la nuit … il n’y a pas d’eau chaude. C’était seulement pour vous habituez. »Il avait pris l’air des plus sincères pour sa dernière sentence, comme-ci réellement, cette mascarade était organisée pour leur bien. Puis il suivit son groupe. Jane et Susan se regardèrent et leurs regards passèrent du blanc naïf de l’étonnement au noir colérique de la vengeance. C’était leur premier camp ensemble et la première fois pour Susan qu’elle découvrait la famille de son père. Et à en croire la ressemblance de caractère des deux jeunes demoiselles, elles avaient fortement hérités de ce côté familial.
Le soir, après avoir eux le plus de peine à rentrer tellement il était désagréable de se déplacer les vêtements collants et boueux, tous passèrent à la douche obligatoirement. Jane et Susan complotèrent et enragèrent. D’accord sur un point primordial, les représailles devaient se faire sans attendre, ou plutôt dès le lendemain soir. Elles réveillèrent les endormis et organisèrent un conseil de guerre. Peu d’enfants souhaitaient les suivre dans leur entreprise et le conseil se termina sur la décision d’une midinette snobinarde se dévouant pour aller les dénoncer au directeur. Ce qui n’empêcha pas les deux jeunes Chandler de se faire réveiller dans la nuit par quelques braves qui leur annoncèrent qu’ils étaient des leur.
Le lendemain matin les deux jeunes Chandler s’étaient rendu au petit déjeuner à 6h de matin tapante, une lueur malicieuse brillait dans le regard des deux jeunes Chandler. Mangeant leur tambouille qui n’était si mauvaise que cela aux dires de Jane, elle réfléchissait ardemment à leur vengeance. Elle savait bien qu’elle ne devait pas trop tarder et qu’elles devaient agir cette nuit. Susan semblait avoir une petite idée pour que ce Jason McAllistair se rende compte à qui il avait à faire. On ne faisait pas des crasses à Susan et Jane Chandler sans en subir les conséquences même si les deux jeunes femmes n’étaient âgées que de 12 et 8 ans.
- Tu as une idée pour cet imbécile ! Jane parlait doucement entre deux bouchées.
-Oui j’en ai une, mais ne parle pas si fort. Murmura-t-elle en fronçant les sourcilles.
- Moi aussi j’ai quelques idées qui pourraient surprendre quelques uns. Murmura-t-elle plus doucement.
- Je n’en attends pas moins de ta part. Tu es tout de même ma cousine. Je pense que nous pourrions même réserver un traitement spécial pour lui, il est quand même membre d’honneur du club des gens que nous n’aimons pas. J’ai pensé que ma petite poudre gratte-cul serait parfaite pour lui, j’en ai toujours une petite boîte sur moi. On ne sait jamais! Une esquisse de sourire narquois s’affichait sur son visage.-Ouah ! Tu as une bonne idée. Moi ce matin, j’ai entendu le camion ravitailleur, et j’ai même vu du fromage bien coulant. Je pense que cela fera l’affaire avec quelques vers de terre dans le lit de ses sales gr…Jane se tut de suite, elles avaient déjà concocté entre un code. Susan s’était gratté de la main droite le haut de l’oreille droite, il signifiait tout simplement silence.
Les nouvelles recrues savaient bien qu’ils avaient trouvés deux cheffes dans les deux cousines Chandler. Elles avaient l’air de savoir ce qu’elles faisaient et avaient cette lueur de leader dans le regard. La journée devrait être longue pour les jeunes recrues, ils avaient hâte que la nuit tombe pour se venger.
La mise au point de l’opération du soir s’était déroulée sur l’heure du midi, permettant ainsi le début des hostilités rapides et parfaitement organisés après l’extinction des feux. Le surveillant de nuit n’y vit que du feu : les enfants faisaient semblant de dormir dans leur lit de camp mais dès que la lumière du couloir s’éteint et celle de nuit, rouge, s’alluma, les jeunes recrues avides de vengeance sortir de leur drap. Ils leur suffirent ensuite d’enlever leur chemise de nuit enfilé astucieusement part dessus leur vêtement.
Jane avait joué la petite sourie dans les bureaux pendant la journée, apprenant ainsi que les plus grands avaient une veillée commando cette nuit là. Ils avaient donc une heure minimum pour préparer la vengeance et retourner paisiblement dans leur lit. Susan était allée en cuisine récupérer les mets nécessaires à leur vengeance. Puis les deux demoiselles s’étaient habilement sauvées de l’activité de l’après midi, un entrainement de remise en forme assez musclé pour préparer les jeunots à la suite du camp.
Elles savaient que le premier jour, les animateurs n’enregistraient pas toutes les têtes. De toute façon, elles seraient de retour avant la fin de l’activité pour ne pas manquer au recomptage final. Les deux espiègles demoiselles inspectèrent les dortoirs des grands et repérèrent les lieux et surtout un certain lit qui allait subir plus de représailles que les autres, celui de Jason. Le soir était venu, les deux demoiselles se tenaient près de la porte du dortoir accompagnées d’une blondinette dénommée Clara. Pas un bruit à l’extérieur, c’était parti. Elles allèrent frapper à la porte des garçons par un nombre de coup et un rythme exact. Trois garçons sortirent à la suite du signal.
« Vous savez ce que vous avez à faire ?! C’est partie ! » Annonça religieusement Jane.
Le regard des nouvelles recrues brillaient d’espièglerie, ils avançaient comme de vrais petits soldats dans le dédale des couloirs qui les séparer de la chambre de ses sales grands comme le disait si bien la petite Jane. Suzan se trouvait en tête de la moitié du groupe, sa cousine s’occupait de l’autre équipe. Elles s’entendaient bien ces deux-là, malgré qu’elles se connaissaient que depuis très peu. Leurs pères pourraient être fiers de leurs petites recrues, elles étaient dignes de leur sang.
Après quelques minutes, les vengeurs d’un soir arrivaient devant la fameuse porte qui leur offrait enfin leur vengeance. Suzan ouvrit doucement la porte, se glissa comme une panthère dans l’ouverture laissant quelques secondes son équipe et celle de Jane dans une interminable attente. Soudain, un petit sifflement les invita à entrer aussi à leur tour. Un sourire malicieux s’afficha sur les visages presque angéliques de ces garnements.
Tout se déroula très vite. Les deux équipes s’étaient partagé les tâches pour agir le plus rapidement possible pour enfin s’attaquer au lit de ce Jason McAllistair. Chaque équipe agissait de la même manière. Tout d’abord, ils éparpillaient des morceaux de fromage bien coulant sous l’oreiller, ensuite au pied il disposait délicatement une dizaine de vers de terre. Cette vengeance était à retardement, les vers de terre étaient naturellement attirés par l’odeur du fromage et celle des recrues toute transpirante, ils allaient gentiment remonter le long de leur corps pour finir sous l’oreiller. Attention le réveil dégoutant ! Pour ajouter un peu de couleur à tout cela, ils avaient parsemé sous le drap de chaque lit des morceaux de chocolats qui allaient délicatement fondre sous la chaleur des jeunes hommes et ensuite traverser le tissu. Après quelques minutes, les nouvelles recrues avaient presque fini leur chef-d’œuvre, il fallait juste rajouter la touche finale : la poudre gratte-cul dans le lit de ce sale Jason. Ils pouvaient enfin retourner tranquillement dans leur chambre avec ce délicieux goût dans leur bouche, celle de la vengeance.
Un concert de cris de dégoûts les réveilla ce lendemain matin là. Les supérieurs arrivèrent en courant à moitié habillé pour localiser le problème. Quel fut leur surprise quand ils découvrirent l’ampleur du problème. Tout l’étage se rassemblait près de la porte du dortoir, curieux de découvrir lui aussi ce qu’il se passait. Celles quelques recrues restaient un peu en retrait avec des yeux un peu fatigués mais un sourire de satisfaction qui en disait long.
Les supérieurs finirent par dissiper l’attroupement par un magistral :
« DANS CINQ MINUTES, TOUT LE MONDE PRÊT ET HABILLÉ, EN RANG, DANS LA COUR CENTRALE ! »Inutile de rajouter « au pas de course » ou encore « et que ça saute », tout le monde avait déjà filé, paniqué. Et en effet, cinq minutes plus tard, les rangs étaient formés et le grand directeur, mise au courant de l’incident, fit son entrée.
« Jeune gens, vous êtes tous au courant de l’incident qui s’est déroulé tout à l’heure. Il est évident que mon équipe et moi-même voulons connaitre le ou les responsables. Je n’irai pas par quatre chemins : que ceux-ci se dénoncent, tout de suite. »Il parlait avec lenteur et application, d’une voix forte et terrifiante, glaçant l’assemblée comme un vent du nord. Personne n’osa bouger, alors encore moins se dénoncer. Il reprit donc de plus belle.
« Nous avons été mis au courant des incidents de la veille, jour de l’arrivée des nouveaux. Nous fonctionnons par le biais de l’autorité supérieur, pas par celui de l’auto-justice. Il est inconcevable qu’une, et pire plusieurs personnes brisent cette règle d’or de notre constitution pour se faire justice soi même. C’est ce genre d’acte qui conduit des hommes à ce faire emprisonner par mes troupes. Si cet état d’esprit n’est pas partagé par tous, alors nous vous l’inculquerons par la force et la discipline. Tant que je ne connais pas les responsables, vous l’êtes tous. La sanction est imminente : entrainement intensif jusqu'au déjeuné. »« Oui, mon général. » lui répondit un officier qui entraina le groupe vers cette lourde sentence qui ne faisait que débuter.
Les deux demoiselles n’eurent qu’une occasion de discuter avec les complices qui affirmèrent ne pas vouloir se dénoncer et subir la punition ou pire, le renvoi. La greluche blonde arriva pour se vanter d’être allé voir le directeur :
« Moi j’avais régler le problème et tout autrement. » Cela finit de motiver Jane et Susan qui partir d’un pas décidé et l’air silencieux vers le bureau du directeur. L’officier les rappela à l’ordre mais elles n’écoutaient pas et filaient vers leurs courroux. Leurs parents furent contacté sur le fait, annonçant déjà le renvoi et la « mise à pied », dans ce cas là une interdiction momentanée d’intégrer un autre camp. Mais leurs pères hautement gradés firent, avec mille paroles des plus élogieuses et diplomatiques, sauter cette punition, promettant de les punir eux même. Mais la pointe de fierté qui pointait dans leurs voix reflétait la réalité : un petit sermon dans le pire des cas. Leur chair, leur sang.