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 Summer wind

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Sean Williams



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MessageSujet: Summer wind   Mar 22 Juil - 11:54

Vêtu avec décontraction mais élégance d’un jean noir et d’une chemise bleue, Sean avançait d’un bon pas vers la serre, les mains négligemment enfoncés dans ses poches, attitude que réprouvait très visiblement son daemon racé qui le précédait de quelques pas. Un vent léger accompagnait leur marche, faisant danser doucement les plantes de part et d’autre du chemin qu’ils suivaient. Enfin, Sean et sa moitié entrèrent dans le bâtiment de verre, aussitôt assaillis par la chaleur qui y régnait.

Son pas se ralentit, ses yeux se mirent à fureter de ci, de là, embrassant toutes les plantes qui vivaient là, certaines aisées à reconnaître d’un simple coup d’œil, d’autres lui étant tout à fait inconnues. L’une d’elle avala sous ses yeux une mouche imprudente tandis qu’une autre changeait de couleur à chaque secondes qui passait. Sean n’était pas féru de botanique, ni de potion et, quoiqu’il ait toujours brillé dans ces deux matières à l’école, ne s’y était jamais intéressé plus que de mesure. Ceci étant dit, il comprenait parfaitement la fascination que ces sujets pouvaient exercer.

Il avança encore jusqu’à trouver une autre présence humaine, accompagnée d’une autre présence animale : une jeune femme, de dos, penchée sur un ouvrage qu’il ne pouvait voir et un énorme chat, très clairement son daemon. D’elle, Sean ne distinguait que l’allure générale et la chevelure brune, striée de mèches bleues, un choix esthétique que Janika découvrit en fronçant ses babines. Le professeur s’arrêta à quelques pas de la travailleuse et signala sa présence d’un bref raclement de gorge, tout à fait distingué – un tour de force. Quand elle se fût retournée, il lui adressa un sourire charmant.

- Marybeth Norton ? On m’a dit que je vous trouverais ici. Je suis Sean Williams, le nouveau professeur de Magie Partagée. Auriez-vous quelques minutes à m’accorder ?
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Marybeth Norton
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MessageSujet: Re: Summer wind   Ven 25 Juil - 11:42

Marybeth et Nios étaient plongés dans un travail mais, cette fois, ça n’était pas en rapport avec leur Majeure mais bien avec leur poste de botaniste de Sywhaîd. Les tournesols oranges que Mary faisait pousser dans un coin de la serre avaient des problèmes, ils perdaient de leurs qualités magiques, et le duo avait décidé de s’en occuper aujourd’hui. Du coup, ils s’étaient plongés dans le grimoire que les anciens botanistes de Sywhaîd avaient remplis. Dedans il y avait des tas de choses inutiles, comme des potions qui étaient à présent obsolètes ou des conseils pour faire pousser telle ou telle plante qui n’existait plus à Sywhaîd. Mais il y avait aussi des conseils très intéressants et Mary ne se lassait pas de lire ce bouquins. Toujours est-il qu’elle commençait à se demander s’il y avait la réponse qu’elle cherchait. Elle sentait qu’elle allait devoir aller fouiller dans la bibliothèque, ce qui n’était pas un problème, elle adorait cet endroit. Elle s’apprêtait justement à baisser les bras et à chercher de l’aide dans un autre ouvrage quand elle entendit une voix inconnue s’adresser à elle. Elle sursauta et se retourna vivement pour se retrouver nez à nez avec un inconnu…

Le nouveau professeur de Magie Partagée. Elle savait bien sûr qu’Isaac était parti, elle lui avait d’ailleurs offert une plante pour son départ. Mais elle ne savait pas que son remplaçant était déjà arrivé. Il était très différent d’Isaac mais Mary n’était pas du genre à se laisser impressionner par une bonne tenue ou par la classe de son interlocuteur. Ils formaient d’ailleurs un duo étonnant. D’autant plus que Mary était plus négligée que jamais. Elle portait une jupe noire, qui lui arrivait au-dessus du genou et une sorte de t-shirt déformé (elle l’avait porté pendant sa grossesse) qui avait sûrement dû être blanc mais qui était jauni par le temps et tâché de terre et de sève, elle avait préparé des racines pour une expérience ce matin. Ses cheveux, bruns méchés de bleu, étaient remontés avec une pince mais à la va-vite, ce qui ne faisait pas une très jolie coiffure. Mary avait l’air d’une sauvage. S’il n’y avait pas eu autant de douceur et d’intelligence dans son regard, on aurait presque pu avoir peur d’elle.

« Euh… Oui, bien sûr. »

Elle sourit et son visage parût encore plus jeune que d’habitude. Demander à Marybeth Norton si elle avait quelques minutes de libre c’était comme demander à Jena Solomiya si elle pouvait s’habiller plus décemment. Mary passait son temps à courir d’un endroit à l’autre… Mais elle pouvait trouver quelques minutes. Surtout pour un nouvel arrivant. Elle sourit de nouveau et désigna un tabouret pour si Sean voulait s’asseoir avant de demander :

« Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Ca pouvait paraître étrange de la voir parler comme ça à un professeur mais Mary ne considérait pas les professeurs comme plus élevés qu’elle dans la hiérarchie sywhaîdienne, pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait pas de telle hiérarchie. Et puis, ils étaient dans la serre, la serre qui était le lieu de travail de Marybeth. C’était sa serre. D’une certaine façon, si quelqu’un avait l’autorité ici, c’était bien la fille aux mèches bleues.

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Sean Williams



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MessageSujet: Re: Summer wind   Lun 28 Juil - 10:42

Janika ne put s’empêcher de tiquer de nouveau –légèrement, ô, si légèrement ! – devant la tenue de Marybeth. A ses yeux, l’on pouvait être botaniste et prendre soin de son apparence. Après tout, l’exemple de Lady Sara Whitman était des plus parlants. Bien sûr, le daemon, aristocrate jusqu’au bout des griffes et plaçant la politesse au-dessus de toute vertu, ne manifesta nullement sa désapprobation et se contenta de saluer le daemon chat avec grâce. Sean quant à lui ne se formalisa nullement de l’apparence négligée de son interlocutrice. Si elle était le génie que son prédécesseur et d’autres sources avaient bien voulu décrire, elle pouvait tout à fait se permettre moult excentricités vestimentaires.

Sean accepta avec un sourire le tabouret qui lui était proposé et s’y laissa tomber avec une élégante désinvolture. Ou une désinvolte élégance. Qu’importe. Il remonta machinalement son pantalon aux genoux et croisa les jambes de sorte que son talon droit reposât sur son genou gauche. Tout dans son apparence laissait penser qu’il s’apprêtait à avoir un entretien des plus agréables. Certes, il n’avait pas l’habitude de s’entendre adresser de la sorte, généralement, c’était lui qui pouvait faire quelque chose pour les autres. Cependant, il raisonna qu’il était effectivement nouveau venu et qu’il se trouvait en plein territoire de la demoiselle et qu’à ce titre au moins, il lui devait le respect.

- Le professeur Kleinman m’a dit que vous travailliez sur la Corde d’Argent, commença-t-il, ne voyant pas l’utilité de tourner autour du pot. Sa santé déclinante ne lui a malheureusement pas permis de se pencher plus avant sur vos expériences mais il semblait estimer qu’il serait peut-être profitable que je m’associe à vos recherches... Si cela vous convient.
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Marybeth Norton
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MessageSujet: Re: Summer wind   Lun 25 Aoû - 19:32

Tout en écoutant Sean, Marybeth s’installa à son tour sur un de ses tabourets. Quand elle était dans cette serre, elle ne pouvait pas s’empêcher de considérer les lieux comme siens. C’étaient ses tabourets, ses plantes, ses bouquins… Bon, en fait, tout ça appartenait à la communauté et elle le savait, mais ça n’était pas si facile que ça à admettre puisqu’elle passait les trois-quarts de son temps dans cet endroit, à se consacrer à ces plantes et à ses expériences. Elle sourit de nouveau quand Sean parla d’Isaac. Elle avait eu des nouvelles et appris qu’il était de retour chez lui et que sa santé ne s’était pas trop aggravée, ce qui l’avait rassurée, elle avait beaucoup aimé le vieil homme, et avait apprécié son enseignement.

Elle tiqua néanmoins quand Sean parla de s’associer à ses recherches. A vrai dire, si une notion devait caractériser Marybeth, c’était bien l’indépendance. Et elle n’aimait pas beaucoup l’idée qu’un inconnu puisse venir et s’imposer dans des recherches qu’elle menait depuis maintenant plus d’un an. Elle avait mené ses recherches à Norsken avec Martin Crimson, parce qu’elle avait eu confiance en lui et l’avait apprécié en tant que professeur, elle l’avait choisi. Tout comme elle avait choisi Rozen, après tout elle aurait pu continuer toute seule, le professeur n’était pas vital, bien sûr elle aurait été beaucoup beaucoup moins vite mais elle se serait débrouillée, elle était habituée à faire seulement ce qu’elle voulait faire.

Son regard devint instantanément plus sérieux. Un regard… Comment dire ? Qui jugeait. Qui essayait de voir qui était Sean, quel genre de personne il était. Elle ne le connaissait pas, elle ne s’était jamais intéressée aux duels et ne connaissait pas sa réputation. Tout ce qu’elle voyait c’était que c’était un professeur totalement inconnu, qui venait d’arriver, et qui s’imposait dans ses recherches. Parce que c’était ce qu’il faisait, sous couvert d’une proposition sympathique, il n’y avait aucun doute. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle dise non. Il considérait qu’elle dirait oui, parce qu’il considérait avoir une certaine autorité. Sauf qu’il ne connaissait pas Marybeth. Et que même si la jeune femme avait l’air d’avoir 17 ans, et n’en avait en fait que 20, l’homme était tombé sur un os. Elle était au moins aussi teigneuse à propos de ses recherches que pouvaient l’être certains chercheurs renommés. Un peu plus et elle aurait montré les dents.

D’ailleurs, sa voix était, bien que toujours respectueuse, beaucoup plus froide quand elle répondit :

« Je dois dire que je ne sais pas si ça me convient. »

Si Mary pouvait être une vraie teigne, elle avait aussi le bon côté, sûrement un peu déstabilisant tout de même, d’être toujours très franche. Mais le plus étonnant était sa façon de répondre à un grand spécialiste. Elle était une étudiante après tout, elle avait seulement vingt ans, mais elle parlait comme s’il était un confrère. Ca n’était pas un manque de respect. C’était juste que Mary n’acceptait plus les hiérarchies imposées depuis un bon moment. Depuis qu’elle s’était retrouvée mère célibataire en fait. Si Sean savait qu’elle avait déjà un enfant, il avait sûrement une bonne clé pour comprendre le comportement de la jeune femme.

« Je ne vous connais pas. J’appréciais beaucoup Monsieur Kleinman, et j’aurais accepté qu’il supervise mes recherches. J’apprécie beaucoup Rozen, et c’est pour ça que je lui ai demandé de m’enseigner. Mais je ne vous connais pas. Je ne remets pas en cause vos compétences, j’ai confiance en la Brume et je suis sûre que vous êtes un grand spécialiste. Seulement, je ne suis pas sûre que nous pourrons travailler ensemble. Je suis quelqu’un qui a besoin de beaucoup d’indépendance dans mes recherches, j’ai besoin qu’on me laisse travailler, avancer à mon rythme. »

Tout en parlant, elle s’était levée et avait sorti deux tasses et une bouilloire dans laquelle elle fit chauffer de l’eau. Elle sortit aussi une boite d’infusions et de thés, boite qu’elle partageait avec Zofia depuis que la jeune femme avait quitté son labo. Elle tendit la boite à l’anglais pour qu’il choisisse un thé tout en continuant à parler.

« J’ai un enfant qui me prend beaucoup de temps, même s’il ira à l’école du village cette année donc me laissera un peu plus de temps. J’ai une sorte d’enfant adoptif, qui me prend lui aussi beaucoup de temps, il est handicapé et peu indépendant. Je m’occupe de la serre et j’ai mes recherches pour ma majeure. En plus de ça, je suis en couple depuis peu de temps. Mon fils et Fred, celui que j’ai pratiquement adopté, passent en priorité. La Majeure passe ensuite. Finalement il y a la Serre et, en dernier mais pour le moment il ne s’en plaint pas, mon petit-ami. C’est lui qui a dû s’adapter… Et je suis désolée de dire ça comme ça, je ne voudrais pas vous blesser ou vous sembler ingrate, mais à ce stade de ma vie, de mon emploi du temps, toute personne voulant se greffer sur mes occupations devra s’adapter. »

Elle choisit à son tour un thé et versa de l’eau bouillante dans les deux tasses. Elle apporta ensuite du sucre et du lait, sans s’en servir mais en faisant signe à Sean de ne pas hésiter à en prendre.

« Alors, pour être plus claire… Je sais que les étudiants doivent se plier aux exigences des professeurs et je trouve ça tout à fait juste. Seulement, j’en suis incapable. Votre aide et votre enseignement me serait sûrement très utiles, quoi que je ne sais absolument pas votre niveau dans le domaine de la Corde d’Argent, ou si vous vous y connaissez dans mon domaine, et je vous remercie de vous proposer, mais je serais incapable de me plier à vos horaires et à vos demandes. Je le fais avec Rozen, parce que c’est un pacte qu’on a fait au tout début de ma Majeure, et il m’est déjà arrivé de devoir annuler des cours avec elle à cause de mon fils ou à cause d’une obligation à la serre, et elle a accepté… »

Elle souffla sur son thé, prit une gorgée, puis conclut :

« Je sais que ça n’est pas la réponse à laquelle vous vous attendiez et j’en suis désolée. Mais je pense que je dois être claire à ce sujet. Je ne peux rien vous promettre, je suis obligée d’avancer à mon propre rythme. Jusqu’à présent, je me suis débrouillée et j’avance bien, mais n’importe quoi pourrait perturber tout ça. »

Elle sourit de nouveau. Elle avait dit tout ça d’une façon sympathique mais déterminée. En fait, on aurait presque pu croire en l’entendant que les rôles étaient inversés. Comme si Sean venait lui demander une faveur et pas lui en accorder une. Dans l’absolu, ça n’était pas si loin que ça de l’avis de Marybeth. Ses recherches n’étaient peut-être pas révolutionnaires… mais c’étaient ses recherches. Et si Sean voulait s’y greffer, il fallait qu’il accepte sa façon de faire.

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Sean Williams



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MessageSujet: Re: Summer wind   Mar 2 Sep - 19:10

Il était étonnant de voir un si petit brin de femme se tenir avec autant d’assurance. Tout dans sa posture et son attitude laissait sous-entendre qu’elle se sentait ici chez elle et qu’il était entré sur son territoire à ses risques et périls. Comme si elle le tolérait sur ses terres mais que le moindre faux pas le ferait expulser avec pertes et fracas, sans possibilité de retour. Une attitude qui l’amusait autant qu’elle déplaisait à Janika. Autant qu’elle lui avait déplue quand c’était Sean qui l’appliquait. Car Sean aussi avait longtemps été le petit génie de service. Peut-être pas autant que Marybeth mais, à son niveau, il avait aussi pris l’habitude d’agir comme si tout lui était dû. Et c’est pourquoi il se reconnaissait en la jeune Américaine. Et c’est pourquoi son daemon, qui n’avait jamais aimé cette facette du caractère de sa moitié, n’appréciait pas du tout les façons de la jeune fille.

Elle fronça d’ailleurs son museau délicat en voyant Marybeth tiquer à la proposition de Sean, comme si elle ne la jugeait pas digne d’elle. Mais pour qui se prenait cette petite dinde ? Petit génie ou pas, communauté sans hiérarchie ou pas, on respectait ses aînés, surtout quand ils étaient Sean Williams ! Ledit Sean Williams, lui, se contenta de sourire légèrement et se soumit sans broncher à l’examen de Marybeth, comme s’il lui accordait justement le droit de le jauger et de se faire une opinion sur lui. Et quand elle douta d’être intéressée par sa proposition, il accepta la chose d’un bref hochement de tête, sans cesser de sourire, tandis que Janika se contenta de marquer sa désapprobation en écarquillant les yeux, demeurant l’élégance et la politesse incarnées.

Sean l’écouta parler, sans cesser de sourire. Le moins qu’on puisse dire était qu’elle était franche la bougresse. Quand elle lui proposa du thé, il désigna évidemment un Earl Grey et se remit à l’écouter avec attention. Janika, elle, était à chaque mot plus outrée par le discours de l’Américaine. C’était à Sean de s’adapter à elle ? Mais à qui croyait-elle parler ? Le daemon détestait que l’on agisse comme si tous les honneurs étaient dus mais elle détestait également quand lesdits honneurs, mérités, n’étaient pas rendus. Sean n’était pas n’importe qui, ça, même Marybeth aurait dû le savoir. Certes, le sujet de sa prédilection de sa moitié était les duels, pas la Corde d’Argent mais il avait tout de même publié pas mal d’ouvrages sur le sujet et Mary avait dû en croiser un ou deux. Et ne serait-ce que son titre de professeur devait forcer le respect !

Sean refusa poliment le sucre et le lait et sirota une gorgée de son thé avant de poser une main apaisante sur la tête de son daemon. Même si Marybeth avait lu ses articles ou ses autres publications, elles ne lui avaient pas forcément laissé un souvenir impérissable. Et elle n’avait pas forcément fait le lien avec l’homme qui lui faisait face. Et quand bien même elle l’aurait fait, il n’était pas prétentieux au point de dire que ses ouvrages étaient des incontournables. Mais tout de même. Cette gamine le traitait comme un camarade de classe un peu prétentieux qui avait eu l’idée saugrenue de proposer une aide dont elle n’avait nul besoin. Et il était bien obligé de reconnaître que cela ne lui plaisait guère. Il était professeur après tout. Depuis plus de dix ans. Et il avait l’habitude de recevoir la considération, et même l’admiration de ses pairs. Et voilà qu’une enfant le prenait de haut. Dur. Qu’avait dit le satyre déjà ? Qu’il perdrait autre chose et ne s’en rendrait compte que lorsque cela arriverait ? Et bien voilà, c’était arrivé. Il venait de perdre son statut. Brutalement. Très dur. Mais il allait bien devoir en prendre son parti, non ? Il avait passé un pacte avec la Brume après tout. Et puis, finalement, elle lui plaisait bien cette fille. Cette effronterie, cette confiance. Il se retrouvait beaucoup en elle. Il prit une nouvelle gorgée de thé.

- Je pense que je me suis mal exprimé. Je ne venais pas vous proposer de vous chaperonner ou de vous accorder le privilège de vous abreuver de ma science infinie. Un sourire d’autodérision vint errer sur ses lèvres. Je venais vous proposer une réelle association. Ne dit-on pas que l’union fait la force ? C’est un cliché des plus éculés, certes, mais les clichés le deviennent parce qu’ils contiennent une vérité irréfutable, n’est-ce pas ? Deux cerveaux valent mieux qu’un et s’il vous faut des références, j’en ai. Nouveau sourire. Je vous propose de travailler de concert, pas nécessairement ensemble. Je ne tiens nullement à être votre voisin de paillasse. Ce que j’aimerais c’est partager mes propres avancées et conclusions avec vous et avoir l’opportunité de partager les vôtres et pas venir regarder par-dessus votre épaule, que ce soit pour vous admirer ou pour vous conseiller.

Nouvelle gorgée de thé et sourire appréciateur. Sean n’était pas Anglais pour rien.

- J’espère être plus clair…
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Marybeth Norton
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MessageSujet: Re: Summer wind   Ven 5 Sep - 16:53

Tout en dégustant à petites gorgées, au risque de se brûler la langue, Mary écouta avec attention la réponse de Sean. A vrai dire, elle ne s’était pas posé la question de savoir si elle allait vexer l’homme, elle était bien trop habituée à ce qu’il n’y ait plus de hiérarchie entre élève et professeur pour imaginer qu’elle pouvait froisser Sean avec sa façon de lui parler. Sywhaîd avait parfois une mauvaise influence sur notre brunette-bleuette (si, si) mais pour être tout à fait honnête, elle n’aurait sûrement pas agi autrement dans une grande école typique. Elle n’était pas du genre à faire des salamalecs, au moins aussi peu que son professeur préféré aux cheveux verts.

Les paroles de Sean la rassurèrent. Elle sourit d’ailleurs, un sourire adorable qui menait à se demander comme elle pouvait avoir un enfant en étant aussi jeune, puis hocha la tête. Elle reposa sa tasse sur la table et, après s’être donnée une poignée de secondes de réflexion, hocha vivement la tête.

« Oui. Je pense que ça me conviendrait mieux. »

Elle ne releva pas les quelques paroles qui avaient implicitement montré un mécontentement de la part du professeur, le fait par exemple qu’il ait parlé de « l’admirer », comme si elle avait considéré possible qu’il puisse admirer son travail alors qu’elle n’était qu’une étudiante. Elle avait pourtant bien vu ces traces de mécontentement, même si elles étaient rares, ou plutôt les avait devinées, la botaniste était plutôt fine psychologue et il ne fallait pas être Freud pour comprendre ce que une réponse comme celle qu’elle avait formulée quelques minutes plus tôt était un gros coup dans l’ego du professeur, même si l’ego n’avait pas été très développé. Mais l’américaine décida de ne pas relever ce mécontentement. Elle n’était pas du genre à ménager ses proches, l’homme aurait à s’y faire, surtout s’il voulait travailler avec elle.

Nios quant à lui n’était pas tout à fait du même avis. Il s’approcha des deux humains, et lança, sans pour autant avoir l’air de critiquer sa moitié, ce qu’il était loin de faire :

« J’imagine que ce n’était pas ce à quoi vous vous attendiez… Il ne faut pas que vous croyiez que ce que Mary vous a dit était une marque d’orgueil… » Il sauta gracieusement sur la table, en profitant pour ficher son regard félin dans celui de l’homme qui lui faisait face. « Seulement, Sywhaîd n’est pas une école ordinaire. Vous trouverez des gens ici qui peut-être vous contrediront pendant vos cours de Mineures, avanceront d’autres théories ou même montreront leur désaccord. Les professeurs sont respectés, mais pas plus que tout un chacun. Et… Bien sûr, nous sommes jeunes, mais nous avons notre expérience, nos savoirs, et dans la Noble Lande, ça compte autant que les vôtres… bien qu’évidemment nous ne soyons pas au même niveau. »

Marybeth sourit, et hocha la tête avant d’ajouter :

« Sywhaîd n’est pas un endroit comme les autres… Ca peut-être surprenant, surtout au début. »

Etrange nouveau retournement de situation. Marybeth et Nios, bien que n’ayant absolument pas pris un ton condescendant ou même professoral, étaient bien en train d’expliquer les règles des lieux à Sean. Après tout, ils étaient là depuis plus de deux ans, et depuis les problèmes de Brèches, c’était une ancienneté non négligeable, d’autant plus qu’en s’occupant de la Serre et du potager, ils étaient devenus incontournables.

« Vous avez déjà rencontré tous vos collègues du Rad ? »

La question avait été posée avec un sourire amusé. Il risquait encore une fois d’avoir eu des suprises. Entre la punk-végétale qui enseignait les ME, la gypsy naturiste qui enseignait les MC et le baroudeur qui faisait office de gérant, ça devait être assez loin des salles de profs qu’il avait pu fréquenter.

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