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 Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Sam 24 Mai - 17:39

(je sais pas s'il y aura un chapitre 2, mais bon^^)

Tandis qu'ils passaient l'entrée du parc du manoir, Zofia laissa échapper un soupir de soulagement. Ils avaient voyagé toute la journée, et le trajet de la gare au manoir, effectué à pied, n'avait pas été le moins fatigant. Après la brèche d'été, ils étaient restés quelques jours en écosse pour effectuer des examens médicaux, puis étaient partis pour la France. Bateau jusqu'à Calais, puis train jusqu'à Reims, puis Portoloin. Et marche. D'autorité, la rouquine remit sa valise entre les mains de son compagnon. On ne laisse pas une femme enceinte porter ses bagages, surtout en arrivant dans sa famille. Puis, lorsqu'ils se trouvèrent à l'abri du regard des nons sorciers, elle agita sa baguette magique, et des étincelles colorées se précipitèrent en vu des fenêtres du manoir pour annoncer leur arrivée. La bâtisse datait du XVIIeme siècle mais avait été rénovée avec soin par le père de la jeune femme. La porte s'ouvrit, et une petite frimousse apparut derrière le battant. Malgré la fatigue, elle se força à sourire, et ouvrit les bras dans lequels sa petite soeur se précipita. Sa petite soeur... Florie, un an et des poussières, petite rousse aux yeux noisettes, dont les traits fins et déjà racés ressemblaient légèrement à ceux de Zofia, même si sa peau était moins pâle et son visage un peu plus large. Elle regarda Tibère avec des yeux ronds durant quelques instants, avant de se redresser et de babiller en français:

« Bonjour monsieur... monsieur Tibère! »

En d'autres circonstances, Zofia aurait rit. Mais pas ici. Et pas en voyant son père et sa belle-mère jaillir à leur tour de la maison. Alexandre n'était pas ravi de la grossesse de sa fille. Ce fut Sylvie, une femme d'une trentaine d'année, charmante blonde un peu ronde, qui embrassa la première la jeune femme, avant de faire de même avec Tibère, conservant un sourire joyeux. La rouquine observa sa belle-mère, d'à peine 10 ans son ainé, en cherchant les traces d'une seconde grossesse. Encore un petit frère ou une petite soeur...

Elle sentit le regard interrogateur de son père, qui la détaillait, s'arrêtant sur son ventre. Elle se redressa légèrement. Autant Sylvie l'étonnait par sa décontraction et sa gentillesse, autant Alexandre... elle se méfiait.

« C'est un garçon » répondit-elle à sa question muette, en l'étreignant brièvement.

« Bonjour, père. Je te présente Tibère Acciario... »


Elle lança un regard presque menaçant à son compagnon. Au moindre faux pas elle savait qu'il serait jugé et soupesé. Au passage, elle ne put s'empêcher de comparer les deux hommes. Alexandre Delindel était un homme qui portait bien sa quarantaine. Il avait eu sa première fille très jeune, et semblait heureux de se constituer une seconce famille. Roux, avec les yeux clairs dont avait hérité Zofia, les traits et la gestuelle d'un aristocrate sûr de lui et fier de ce qu'il est. Plus grand et plus carré que Tibère. Presque impressionnant pour ceux qui ne le connaissaient pas. Le père et la fille arborait le même léger sourire. Seuls leurs yeux permettaient de voir qu'ils jaugeaient les autres participants de cette réunion de famille.

Après les présentations, que Zofia effectua en anglais, pour que Tibère comprenne, et en français, durant lesquelles les « parents » se montrèrent aussi polis et avenants que possible, tout le monde se dirigea vers le manoir. Zofia portait Florie tout en discutant layette et échographies avec sa belle-mère, avec qui elle s'entendait de mieux en mieux, tout en continuant à être plutôt mal à l'aise face à cette femme qui aurait pu être une grande soeur pour elle. Alexandre, qui avait déchargé Tibère des bagages et s'était arrangé pour ralentir le pas et laisser les deux femmes prendre de l'avance sur l'allée conduisant au manoir, le regarda un moment en silence, avec une expression neutre très proche de celle de sa fille, avant d'interroger, dans un anglais irréprochable, et sur le ton de la conversation la plus banale:

« Hé bien, Tibère, racontez-moi, comment avez-vous rencontré ma fille? »

Devant eux, Zofia s'était retournée brièvement pour juger de la situation. Son père venait de faire exactement ce qu'elle craignait. Parler à Tibère seul à seul. C'était inévitable, mais elle n'aimait pas avoir l'impression que l'italien soit livré à lui même face à un homme très protecteur envers ses enfants, et qui manifestement, avait légué à son ainé un prodigieux don de manipulation...

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Dernière édition par Zofia Delindel le Mar 8 Juil - 13:03, édité 1 fois
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Dim 25 Mai - 13:50

Tibère était surexcité. Du genre à courir partout, porter la valise de Zofia sans même y faire attention, marcher sur les pattes de Mahalalel et rigoler comme un bossu. Il n'était absolument pas anxieux à l'idée de rencontrer les parents nobles et étrangers de Zofia. Même le fait de ne pas parler leur langue ne l'effrayait pas. Bon, en réalité, il ne se rendait pas vraiment compte de la situation, ni du fait que cela pourrait avoir des conséquences s'il se comportait mal.
Le jeune italien adressa un grand sourire charmeur à la petite fille qui les acceuillit et ne se priva pas, de son côté, d'éclater de rire lorsqu'elle l'appela "monsieur Tibère".
Il embrassa Sylvie, serra la main d'Aexandre, et bafouilla un salut en italien, en anglais, avant de lancer en souriant un tonitruant "Bonegour!". Mot qui, selon l'empereur, faisait partie de la langue française distinguée, et qu'il était très fier de dire, comme le montrait son sourire et son regard.

Tibère était tellement concentré sur les lieux, les nouveaux visages, la langue étrangère et tout, qu'il ne remarqua pas au début la manoeuvre du père de Zofia pour les éloigner des femmes. Et bien sûr, lorsqu'il s'en rendit compte, il serra les poings et les mâchoires rageusement, furieux de s'être laissé manipuler. Si Mahalalel n'avait pas été là, le rapellant à l'ordre d'un jappement, Tibère se serait peut-être bien laissé aller à une manifestation de rage empirique digne de sa folie, et cela n'aurait sûrement pas plu aux parents de la rouquine. Mais heureusement, le chacal était là, veillant au calme de sa moitié.
Par contre, le daemon ne put empêcher l'italien d'éclater de son grand rire hystérique à l'entrée en matièr d'Alexandre.
Un instant, il joua avec l'idée de lui raconter la stricte vérité, et cela lui arracha un petit ricanement. Non, mieux valait rester tranquille et mentir. Zofia lui avait appris que mentir pouvait servir, parfois.

-"Hé bien, Sywhaîd est une petite communauté, nous nous sommes rencontrés par hasard..."

Surtout, ne pas dire que Zofia avait commencé par le frapper, qu'il était connu à Sywhaid pour sa méchanceté et sa violence, et que dès le second jour il avait fait pleurer la rousse. N'empêche...
L'italien éclata de rire sans raison apparente pour Alexandre, se calma et sans s'excuser se remit à marcher.

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Lun 7 Juil - 22:11

Alexandre leva lentement un sourcil. Pas besoin de se demander où Zofia est allée chercher toutes ses mimiques. Manifestement, la réponse de Tibère ne lui convenait pas, mais il est bien trop policé pour lui en faire part de manière plus franche. Sa fille, sortant avec ce type? Il avait l'air complètement instable... Et ce rire... Le patriarche qu'il était n'avait donc pas fini de s'inquiéter pour son aînée, qui avait toujours eu le don de se mettre dans des situations incroyables. Qu'était elle allé faire avec ce jeune homme? Et surtout, comment avait-elle pu se retrouver enceinte de lui? Il faudrait qu'il ait une conversation avec elle, plus tard, songea-t-il en franchissant sans mot dire le seuil de sa maison.



- Tu sais que je ne suis pas forcément d'accord avec... certains de tes choix.
- Bien entendu. Et c'est pour ça que tu m'as convoquée, de manière bien formelle, autour d'une tasse de thé, comme à chaque fois que nos avis divergent.


La réponse avait claqué comme un fouet. Et l'air de la pièce sembla refroidir de plusieurs degrés en l'espace d'une seconde. Ce qui n'était pas forcément qu'une métaphore. Les deux sorciers, père et fille, s'observèrent un instant. Rien n'aurait pu laisser penser, à leurs sourires aimables, qu'ils avaient un différent. Mais lorsque leurs yeux s'accrochèrent, ils ne se lâchèrent plus pendant quelques secondes. Finalement l'homme céda. Et Zofia reprit la parole. Kayisa, lovée sur ses genoux, ne bougea pas.

"Je ne compte pas me marier. Ca te déplaît. Ma relation avec Tibère ne paraît pas stable. Mais si elle l'était, ça te déplairait, parce que Tibère, lui, n'est pas stable. Si je le quittais pour élever mon enfant seule, ca te déplairait aussi."

Tranquillement, elle leva la tasse jusqu'à ses lèvres, et sirota une gorgée de thé, comme si la discussion avait tourné autour du temps qu'il faisait dehors ou sur les massifs de rosiers du jardin.

Puis, tout aussi tranquillement, elle reposa sa tasse sur la table basse incrustée de bois précieux, avant de reprendre:

" Comme d'habitude, il y a ce que tu aurais voulu que je fasse, et ce que j'ai fait. Tu te souviens de ce qui s'est passé la dernière fois? Je n'ai pas envie que ca recommence..."

Alexandre hocha lentement la tête.

"Papa, je ne te demande pas..."

"D'apprécier ce jeune homme? Non, et tu as raison de ne pas me le demander. J'en ai discuté avec Sylvie, et..."

"Et Sylvie n'a rien à voir dans cette histoire."


Nouvel affrontement. Les sourires se crispèrent légèrement, quelques secondes.

"Tu es...amoureuse?"

Pour toute réponse, un rire bref, un peu sec. Alexandre observe sa fille quelques instants, avant de murmurer:

"C'est bien ce que je pensais..."

Zofia allait reprendre la parole, et, vu son expression, s'apprétait à l'interroger, lorsque la porte émit un léger grincement.

(heu... j'avais envie d'écrire cette scène, mais je sais absolument pas comment Tibère peut et va réagir... alors heu... tu as carte blanche^^ et si ça t'embête, je peux changer Very Happy)

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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Mar 8 Juil - 10:00

Tandis que le père de Zofia la « convoquait », Tibère était resté à la cuisine, observant les alentours avec attention. Il avait une main sur la tête de la petite Florie, et l’autre jouant avec son étui à cigarettes. Non… il ne pouvait décemment pas fumer en présence de la petite fille, et de toute façon, il avait envie de bouger.
Sans un mot, Tibère s’éloigna donc nonchalamment, de sa démarche ondulante, et parcourut quelques pièces en silence, lorsqu’il entendit des voix provenir de l’une des portes.
L’italien n’hésita pas très longtemps avant de poser la main sur la poignée. Il risquait de s’attirer les foudres du père de Zofia s’il se faisait prendre, mais après tout, peu lui importait. Mahalalel, derrière lui, arborait un sourire canin et joyeux.
Tibère poussa la porte. Il entendit simplement la dernière question d’Alexandre et le rire de Zofia, lorsque les gonds se mirent à grincer.
Bon, hé bien, pris pour pris, autant aller jusqu’au bout. Poussant franchement la porte, le jeune homme entra dans la pièce et posa un regard pénétrant sur Zofia, sans un mot. Son corps entier semblait tendu, son énergie totalement concentrée dans ce regard bleu et neutre, et la température sembla remonter. Et puis soudain, il se détourna et eut un petit rire.
Il ne comprenait pas la réaction de Zofia. Pourquoi avait-elle ri, comme ça, au lieu de dire « oui », ou n’importe quoi ? Pourquoi ne la comprenait-il presque jamais ?
Brutalement, Tibère accrocha le regard d’Alexandre, et autant son regard avait été simplement interrogateur avec Zofia, autant était-il, ici, chargé de ressentiment. L’empereur ne comprenait pas, et cela le chiffonnait. Il ne comprenait ni Zofia, ni Alexandre, ni personne dans cette maison.
Histoire d’évacuer un peu, Tibère, sans quitter Alexandre des yeux, lâcha un ricanement méprisant au possible et toisa le père de la rousse.

-« Vous ne m’aimez pas. Moi, je vous apprécie, au moins un peu, disons que vous avez du style, comme votre fille, vous savez ? »


Sa voix était simplement joyeuse, comme une simple conversation entre de bons amis, ce que Tibère et Alexandre n’étaient pas, à l’évidence.
Le jeune italien se tourna ensuite une nouvelle fois vers Zofia et lui jeta, dans un mélange de colère et de tristesse :

-« Moi, j’t’aime, tu sais ? »

Il se campa sur ses pieds, serra les poings et continua, d’une voix de plus en plus blanche :

-« Ouais, vous avez pas tort, tous, j’suis qu’un putain de cinglé, mais au moins, j’ose dire ce que je pense et ce que je fais au moment où je le pense et où je le fais. Tu pouvais pas trouver plus sincère que moi, tu sais ? »

Tibère marcha vers Zofia, la contourna en laissant courir ses doigts sur sa nuque et alla prendre place dans un fauteuil. Sa voix avait retrouvé sa vigueur lorsqu’il déclara :

-« Et si on s’balançait tout, tiens ? Vas-y, montre moi que tu peux être sincère, Zofia, vas-y. Parce que là, j’ai un doute. »


La conversation prenait un tour inattendu, mais le jeune homme s’était soudain senti comme trahi, et son besoin de savoir et de comprendre devenait intolérable. Ce rire qu’elle avait eu… Un profond désarroi se lisait dans ses yeux lorsqu’il les releva vers la rousse, dans l’attente de sa réponse.

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Mar 8 Juil - 10:56

Zofia et Alexandre s'étaient retournés dans un même mouvement, et avaient tous les deux modelé leur visage en une expression neutre. Peut-être le père paraissait-il un peu plus aimable que la fille, qui, elle, se demandait ce que Tibère (car pas de doute, c'était lui) avait pu entendre de leur conversation. A voir son air blessé et interrogateur quand il entra, elle sut qu'il avait entendu... et manifestement compris, puisque la conversation s'était déroulée en français, ce que justement, elle aurait préféré qu'il n'entende pas.

Les paroles qui suivirent ne la firent pas réagit outre mesure. Elles ne lui étaient pas adressée. Et son père eut le bon goût de ne pas répondre. Juste un hochement de tête. Parce que la phrase contenait un compliment, et qu'il aurait été très impoli de ne pas répondre. En celà, c'est vrai que le père Delindel avait une certaine classe. Néanmoins, il préféra, prudemment, laisser Zofia se dépatouiller avec son homme. Mais au moment où il esquissa un mouvement pour se lever et quitter la pièce, la rouquine le rappela à l'ordre d'un simple regard... suppliant? Bon, d'accord. Il se carra dans son fauteuil et joignit les mains, le plus tranquillement du monde, alors que sa fille se trouvait manifestement en difficulté.

La deuxième phrase de Tibère, en effet, consterna Zofia. D'abord parce que c'était la première fois qu'il lui disait qu'il l'aimait (alors qu'elle était enceinte de 5 mois, quand même! Ils n'avaient vraiment pas fait les choses dans l'ordre). Ensuite parce qu'elle ne s'attendait pas à une telle tristesse de sa part. Manifestement, il n'avait pas vraiment compris...

Et ce qu'il lui dit après acheva de la convaincre que par sa réaction légère, elle venait de lui faire très mal. Mais avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit pour le rassurer, lui expliquer, il contourna son siège et alla s'asseoir, avant de lui assener qu'il doutait qu'elle puisse être sincère avec lui. Instinctivement, elle se recroquevilla légèrement dans son fauteuil. Entre son père, qui lui n'était pas d'accord avec elle et avait du mal à l'accepter, et Tibère, qui lui demandait à présent de se déclarer, elle avait l'impression de passer devant un jury. Cette sensation qu'on allait lui faire un procès la mettait franchement mal à l'aise. Etre sincère? Elle gardait trop de choses profondément enfouie en elle pour pouvoir se le permettre.

Son regard passa de l'un à l'autre, de la supplique au reproche. Kayisa, brusquement, remonta le long de son coup et s'accrocha à son épaule, le regard dardé sur Tibère et sur Maha. Non mais il se prenait pour qui à la mettre en difficulté comme ça? Autant Zofia pouvait comprendre le désarroi du jeune homme, autant Kayisa lui en voulait profondément de ne pas vouloir comprendre que Zofia n'avait pas forcément envie de régler ses histoires de coeur devant son père. Bien sûr qu'elle l'aimait! Elle avait mis du temps à se l'avouer, parce qu'elle ne pouvait pas croire qu'entre tous les types qu'elle avait pu rencontrer, elle avait pu tomber amoureuse de celui, précisément, qui l'aurait plutôt fait fuir au départ. Parce que se l'avouer, c'était s'avouer une faiblesse, quelque chose qu'elle aurait du mal à assumer face à elle-même, et surtout face à sa famille... Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ça?

Et puis sa dernière phrase sonnait comme une accusation. Bien sûr, la rouquine possédait un esprit plutôt tortueux, et elle comprenait que Tibère ait du mal à le comprendre. Mais en même temps, elle était foncièrement honnête quant à ses sentiments. Elle n'était pas du genre à dire "je t'aime" à tout bout de champs, mais rien que le fait qu'elle soit restée avec lui malgré son mauvais caractère et sa folie, vu sa fragilité à elle, c'était une belle preuve d'amour. Pourquoi ne pouvait-il pas s'en rendre compte?

Brusquement, elle se redressa, avant de parler, d'une voix sèche. Elle avait abandonné son ton aristocratique, ses manières tranquilles et aimables:

"Ok. Ok. J'vais être sincère. Tibère, t'es complètement barge. Tu crois vraiment que je serais restée avec toi si j't'aimais pas? J'suis désolée d'te décevoir, mais t'es pas assez bien pour ça. Papa... si t'es pas d'accord avec moi, c'est pas grave. Demande-moi de partir d'ici et je le ferais. Sinon... sinon, faudra bien que tu te fasses au fait que les vieilles traditions commencent à sérieusement m'agacer et que je suis libre de faire ce que je veux."

Elle se leva brusquement. Ses mains tremblaient et son daemon s'était roulée en boule autour de son cou. Elle détestait parler aussi abruptement. Elle avait toujours préféré se cacher derrière des circonvolutions et des allusions qui ne la mettaient pas en danger. Elle regarda alternativement les deux hommes, avant d'ajouter, presque de manière brutale:

"Maintenant... maintenant, faites ce que vous voulez avec ca. Débrouillez-vous. Moi, j'en ai plus rien à foutre."

Puis, elle quitta la pièce. La porte se referma doucement, sans claquer. Parce que Zofia, malgré tout, avait reçu une éducation noble et raffinée. Et que claquer les portes, ca ne se faisait pas.

Elle se dirigea vers le parc, histoire de prendre l'air. Florie l'interpella, elle ne répondit pas, et alla s'asseoir près d'un massif de fleurs colorées et aux fragrances envoutantes, celui qu'elle préférait lorsqu'elle était petite.

Dans le salon, Alexandre observa Tibère quelques instants, avant d'esquisser un sourire et de se lever à son tour:

"Je n'ai pas à me mêler de ça. Mais je pense que si vous vouliez une réponse à votre question, elle a fait ce qu'elle pouvait pour vous la donner. Vous devriez peut-être... aller la voir?"

Puis, il se leva lentement, et laissa l'italien seul avec son daemon, estimant quant à lui qu'il avait autre chose à faire qu'assister à une scène de raccomodage, et qu'il avait lui-même à réfléchir aux paroles de sa fille.

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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Mar 8 Juil - 12:42

Les quelques secondes qui passèrent avant que Zofia ne se mette à parler permirent à Tibère d’observer la jeune femme et de réfléchir. Emporté par son caractère, il avait déballé ce qu’il pensait, mais n’avait pas réellement réfléchi. Il ne comprenait pas Zofia, ne la comprendrait sûrement jamais réellement, comme il ne comprendrait jamais vraiment qui que ce soit, sauf peut-être les empereurs. Pour comprendre les gens, il fallait savoir se mettre à leur place et penser comme eux, et Tibère était foncièrement incapable de penser comme quelqu’un d’autre. Il le regrettait vaguement, parfois.
Malgré la sécheresse de la voix de Zofia lorsque enfin elle prit la parole, un petit sourire jouait sur les lèvres de Tibère en l’écoutant. D’abord pour la sincérité de sa voix, dénuée des manières qu’elle arborait toujours. Ensuite pour ses propos.
Il ne releva pas l’allusion à sa folie, bien sûr, mais se sentit indéniablement soulagé lorsqu’elle lâcha, par une périphrase mais tout de même, qu’elle l’aimait. Il sentait à présent à quel point cela avait du lui être difficile de dire cela, et en éprouvait une immense gratitude. Tibère avait besoin qu’on lui dise ce que l’on pensait, parce que justement il ne savait pas vraiment deviner, pas toujours.
Un petit rire presque discret salua les mots qu’elle adressa à Alexandre. Libre de faire ce qu’elle voulait, hein ? C’était bien ce qu’il attendait d’elle, ce genre de phrases. Un peu comme s’il n’avait pas fini, et ne finirait jamais, de la tester. Après avoir joué directement avec elle, il observait la rouquine et elle lui plaisait toujours plus.

Zofia quitta la pièce et Tibère murmura en italien, pour lui-même et pour son daemon : « Les femmes… ce sont elles qui perdront les empereurs… »
Il éclata de rire aux paroles du père de Zofia et le laissa sortir de la pièce.
Mahalalel tourna son long museau vers lui, impénétrable, et se dirigea vers la porte en trottinant, et Tibère se leva docilement pour la suivre. Guidé par le flair du chacal, il retrouva rapidement Zofia dans le jardin et l’observa quelques secondes, de loin, avant de s’approcher et de se laisser tomber à ses côtés, d’un de ces mouvements fluides qui caractérisaient l’italien.

-« Je n’attendais que ça, tu vois ? Juste que tu me le dises. »

Il posa une nouvelle fois un regard pénétrant sur la rousse, la tête penchée sur le côté.

-« Tu sais, t’as été magnifique. »


Tibère se laissa tomber dans l’herbe, le regard tourné vers le ciel, et ajouta d’une voix mi-amusée mi-attristée :

-« On est mal partis, hein ? Mais bon, on va s’arranger, tu verras, ça ira. »

Allongée aux côtés de Tibère, Mahalalel affichait un air serein et remuait ses grandes oreilles, et le jeune homme tendit le bras dans l’herbe, vers Zofia.

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Les folles aventures de Tibère et Zofia: chapitre 1, la réunion de famille   Mar 8 Juil - 13:13

Comme elle s'y était attendu, Tibère vint la rejoindre peu de temps après. Kayisa avait perçu son arrivé tandis qu'il s'avançait vers elle, et en avait informé la rouquine, qui n'avait pas bougé d'un pouce, scrutant le massif de fleurs avec une expression à la fois douce et un peu triste.

Il s'assit à côté d'elle, mais elle ne tourna même pas la tête. Il l'avait poussée dans ses retranchements, devant son père, en plus, et elle lui en voulait pour ça. Même si ce déballage pouvait s'avérer bénéfique, elle lui en voulait de lui avoir forcé la main. Sa deuxième prise de parole lui arracha quand même un léger sourire, mais elle ne tourna toujours pas la tête. Elle se sentait plus que vulnérable, et elle ne voulait pas que l'italien puisse en profiter. C'était le problème de sa relation avec Tibère. Elle était toujours sur ses gardes, si bien qu'un simple "je t'aime" devenait un marque de faiblesse trop compromettante pour être montrée.

Mais finalement, la voix du romain prit un ton si étrange qu'elle releva la tête pour le regarder brièvement, en évitant son regard à lui. Puis, elle hocha la tête:

"Oui, ca devrait aller...maintenant..."

Elle lui prit la main, leurs doigts s'entrelacèrent. Ce ne serait pas facile tous les jours. En fait, ce ne serait surement pas facile du tout. En même temps, elle n'avait jamais rien fait de vraiment facile, alors quelle différence? Elle ne s'attendait pas à repartir sur de meilleures bases, à faire comme si leurs disputes trop nombreuses et les malentendus comme celui de tout à l'heure n'existaient pas. Mais à présent que la situation était clarifiée, oui, ca ne pouvait qu'aller mieux.


Le reste du séjour? Il dura deux semaines, et ne fut pas toujours dénué de tensions. Entre Tibère et Alexandre d'une part, entre Zofia et Sylvie de l'autre. Mais objectivement, il se passa plutôt bien, si l'on faisait le compte des différentes personnalités des habitants du manoir, et des griefs qu'ils avaient les uns contre les autres. Seule Florie, dans son innocence enfantine, souriait toujours à tout le monde, et c'est peut-être aussi un peu grâce à elle si l'antique demeure n'explosa pas durant ces quinze jours. La rouquine en profita pour se rendre sur la tombe de sa mère, et aussi faire quelques achats, pour elle et pour le bébé. Enfin, ils se rendirent à Paris train, avant de prendre l'avion pour Rome, où Tibère devait rendre visite à quelqu'un...

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