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Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Quête d'Aaron Carpenter. Mar 22 Avr - 20:29 | |
| Il mit plusieurs minutes à se rendre compte qu’il était bien dans LA Brume, celle avec un B majuscule. Enfin, non, il avait su avant d’y entrer qu’il s’agissait bien de LA Brume, celle avec un B majuscule, c’était d’ailleurs pour ça qu’il avait lancé un « On se voit de l’autre côté Raspberry ! » à Jordan, l’adorable Jordan, avec qui il avait fait le chemin depuis Kildrummy. Mais même s’il avait su que c’était LA Brume, celle avec un B majuscule, ça ne changeait rien au fait qu’il mit un moment pour réaliser qu’il était bien dedans. Il avait eu comme l’impression qu’elle était impénétrable quand il l’avait approchée et avait eu du mal à comprendre qu’il était déjà dedans, comme si la transition avait été à la fois trop douce et trop brutale pour qu’il puisse le réaliser tout de suite. Quand il s’en rendit compte, un sourire frondeur apparut sur son visage sympathique et il s’arrêta.
Ca aurait pu passer pour de la politesse, c’était en fait de la provocation. Au moment où il réalisait qu’il était enfin entré dans CETTE Brume, celle avec un B majuscule, qu’il avait atteint son but, un but qui aurait dû être sacré, il n’agit pas avec empressement ou idolâtrie comme la plupart des gens, il préféra s’arrêter, montrant ainsi à l’Entité, si elle existait, et il n’en doutait paradoxalement pas, qu’elle ne l’impressionnait pas plus que ça. Et ça n’était pas de la comédie, Aaron Carpenter en avait trop vu dans sa vie pour être impressionné par une Brume, toute Brume avec une majuscule et Entité toute puissante qu’elle soit.
Il avait l’air très détendu, au beau milieu d’un brouillard sans fin, habillé d’un jean bleu foncé et d’une chemise, verte émeraude avec des brins d’herbe et une coccinelle dessinés sur le bas, ses cheveux mi-longs à peine coiffés et son sourire en coin affiché comme s’il n’avait pas du tout à montrer quelque respect à qui que ce soit dans le coin, presque comme si les lieux lui appartenaient. Plus que de paraître détendu, il l’était. Il ne savait pas s’il se sortirait de cette nouvelle aventure, s’il entrerait un jour à Sywhaîd ou même s’il survivrait mais ça ne lui posait pas de problème, il avait pris sa décision en connaissance de cause et, comme toujours, s’était assuré avant qu’il n’aurait pas de regrets. Il aurait sûrement pu s’en faire pour la fille, mais ça n’était pas le cas.
Il avait passé pratiquement deux jours avec elle et il avait déjà appris à la connaître. Elle paraissait douce et innocente, et elle l’était, mais elle était forte aussi. Si quelqu’un était sûr d’entrer à Sywhaîd aujourd’hui, c’était la petite bonne femme bricoleuse du nom de Jordan Ockray. La jeune fille qui venait du Kansas et qui parlait d’une façon particulière. Et qui n’avait pas arrêté de l’appeler cap’taine depuis qu’ils avaient quitté le pub de Kildrummy, sans que ça ait l’air pour autant d’une marque de servitude. Non, il ne s’en faisait pas pour la fille. Il ne s’en faisait pas pour lui non plus, ça ne pouvait qu’être intéressant comme expérience, et c’était ce qu’il aimait dans la vie, les expériences intéressantes, qu’elles soient désagréables ou agréables, même s’il préférait évidemment la seconde partie. Il attendit donc patiemment que la Quête commence, se demandant si la Brume, celle avec un B majuscule, allait commencer par la première ou la seconde solution. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Mer 23 Avr - 21:17 | |
| La Brume commença par rester silencieuse. Au cœur des nuages, elle offrit au visiteur une souche d'arbre en guise de siège. Voudrait-il de ce siège ? Voudrait-il de ce silence ? _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Ven 25 Avr - 15:09 | |
| Voudrait-il de ce siège ?
Avec plaisir. Sans hésitation aucune, son sourire frondeur toujours accroché au visage, il s’assit sur la souche d’arbre. En quelques petits mouvements, il adopta une position des plus décontractées qui n’avait rien d’une comédie, Aaron Carpenter était décontracté. Cool aurait presque pu être le mot, s’il n’avait pas été autant utilisé et vidé de son sens. Il passa une main dans ses cheveux, pour enlever les mèches qui venaient de lui tomber devant les yeux et prit un brin d’herbe avant de se mettre à le mâchonner tranquillement.
Voudrait-il de ce silence ?
Tout autant. Aaron n’avait pas besoin de parler ou qu’on lui parle pour être heureux. La nature, le silence, une souche d’arbre confortable lui suffisaient. Bon, évidemment il ne voyait pas grand-chose de la nature qui l’entourait mais il n’en avait pas besoin. Il avait vu tellement de paysages différents qu’il pouvait composer le sien propre rien qu’en laissant son imagination vagabonder. Aaron passait souvent pour un cynique, et il l’était sûrement en partie, mais s’il disait régulièrement des choses qui choquaient les gens de par son manque de naïveté ou d’optimisme c’était bien parce qu’il avait assez vécu pour savoir qu’en général, la naïveté et l’optimisme étaient dans leur tort.
Si on lui avait demandé s’il n’avait pas hâte de voir Sywhaîd et ses paysages, il aurait répondu, très franchement mais aussi avec un peu de provocation aussi, c’était sa marque de fabrique après tout, qu’il avait déjà vu assez de paysages pour trouver qu’ils se ressemblaient tous. Les gens qui s’émerveillaient d’une belle Lande étaient en général ceux qui n’en avaient pas vu beaucoup ou qui n’avaient jamais rien vu d’autres. Quand on avait passé des semaines dans les déserts les plus arides, quand on avait arpenté la forêt amazonienne, quand on avait bossé comme agent de sécurité dans les Chutes du Niagara pendant quelques mois (le temps de payer certaines dettes) et qu’on avait régulièrement eu des rendez-vous sur la muraille de Chine, on finissait par savoir que les paysages se ressemblaient tous. Evidemment, la provocation était dans le fait qu’il aurait fait en sorte d’oublier d’ajouter qu’un paysage n’était jamais que ce qu’on en faisait. Un simple champ de blés pouvait être le plus bel endroit du monde si on le voulait, un petit jardin qui paie pas de mine pouvait être un lieu sacré et on pouvait même trouver une gare bétonnée romantique. Le point de vue de celui qui regardait était ce qui faisait d’un paysage une merveille ou une banalité.
La patience était un des atouts maîtres du joueur, que ce soit un joueur de poker, de black jack ou de n’importe quoi d’autre. Aaron était pourvu d’une patience pratiquement illimitée, du moins tant que certains sentiments ne venaient pas contrecarrer cette patience, ce qui n’était pas le cas pour le moment. Détendu sur sa souche, il attendit donc patiemment que la Brume enchaîne. Et si la Quête était déjà commencée, il attendrait autant qu’il le fallait, dans le silence, il n’était pas du genre à gâcher ses chances par manque de patience. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Lun 28 Avr - 10:02 | |
| Le temps s'écoulait, mais aucune réponse ne venait de la Brume ; on aurait pu penser qu'Aaron s'était trompé de chemin, s'il n'y avait pas eu quelque chose de bizarre dans les nuées autour de lui. En vérité, c'était leur fixité qui n'était pas très naturelle. Comme si chacun des nuages avait été tendu dans l'attente de quelque chose, ou dans l'observation patiente. A un moment ou à un autre, il faudrait bien qu'Aaron vagabonde, en corps ou en pensée.
[Je te laisse développer...] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Lun 28 Avr - 18:24 | |
| Aaron n’était pas du genre à vagabonder, que ce soit en corps ou en esprit. Ou plutôt, il était du genre à vagabonder en corps, en se baladant, en voyageant, mais pas en esprit. Ca faisait longtemps qu’Aaron avait pris l’habitude de compartimenter ses pensées et ses souvenirs. Il avait beaucoup travaillé sur lui-même et s’il y avait une chose qu’il savait faire entre toutes, une chose qu’il faisait constamment, c’était bien de ne pas se laisser submerger par ses pensées. Ca n’était pas de l’enfouissement de pensées, pas en tout cas avec le risque ensuite que ça lui pète au visage. En fait, il avait eu le temps de dépasser ce qu’il avait vécu, de passer à travers ça, et maintenant il savait enfouir ce dont il n’avait pas besoin pour le moment. Donc il n’était pas du genre à se mettre à penser à tout et n’importe quoi au bout d’une dizaine de minutes de silence et d’inaction.
Par contre, il était tout à fait du genre à s’endormir. Il n’avait pas beaucoup dormi dans la nuit d’avant celle de la veille, trop occupé avec la serveuse, et avait peu dormi durant la nuit précédente parce qu’ils avaient beaucoup marché puis discuté et s’étaient levés très tôt. Donc il commençait à être fatigué, d’autant plus que c’était l’heure de la sieste. Il glissa sur la souche et croisa les bras sur sa poitrine. Sa tête glissa doucement vers l’avant et il finit par s’endormir. Pas un sommeil très profond, il était toujours sur ses gardes, après tout il était en terrain hostile, mais assez pour qu’il soit réparateur.
Et assez profond pour qu’il rêve.
Au début, le rêve était tout à fait ordinaire et sans réelle signification. Une histoire de balade durant laquelle il rencontrait un homme qui voulait absolument lui refiler du fromage à hamburgers. Mais au bout d’un moment, le rêve dériva vers quelque chose d’assez courant, quelque chose qui n’avait rien d’inédit dans la vie onirique de l’ancien prêtre. Il se retrouva soudain sur une sorte de colline, habillé d’une soutane de prêtre très classique, une soutane qu’il n’avait en fait jamais dû porter, il avait toujours pu se contenter du minimum à ce niveau-là. Il était donc en haut de la colline et soudain la pluie se mettait à tomber, forte, comme la moisson des pays tropicaux. Et la boue commençait à devenir de plus en plus glissante et finit par se mettre à glisser. En bas de la colline se trouvait un village, et il pouvait y voir des gens vivre normalement, des enfants jouer et ce genre d’images idylliques. Mais la boue commençait à glisser et il essayait de les avertir, de leur crier qu’il fallait qu’ils fuient mais personne ne l’entendait. La boue finissait par engloutir le village et Aaron se réveilla en sursaut, de la sueur collé au visage et les traits tirés par la frayeur.
Son cœur battait vite, trop vite et il mit un bon moment à se souvenir d’où il était. Normalement, quand il ne dormait que d’un œil il n’avait pas ce genre de rêves, il faut croire que la Brume l’y avait un peu poussé, d’une manière ou d’une autre. Il déglutit et passa sa manche sur son front pour enlever la sueur. Il fallait qu’il reprenne son calme et normalement il n’aurait pas eu trop de mal à le faire mais ce cauchemar, le seul cauchemar récurrent qu’il avait, le seul vrai cauchemar qu’il faisait, était la chose qui le mettait le plus facilement hors de lui. Il faut dire que les tremblements de terre et les glissements de boue étaient toujours une phobie très ancrée. Quelques mois plus tôt, il était en Californie quand il y avait eu un tremblement de terre assez fort. Il n’avait pas perdu son calme sur le moment mais il lui avait fallu boire plusieurs bouteilles de scotch avant de réussir à ne plus avoir peur... _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Mar 29 Avr - 11:46 | |
| Quand il se réveilla, Aaron put voir une paire d'yeux gris braquée sur lui. Une jeune fille, et même une assez jolie jeune fille, le regardait d'un air à la fois étonné et un peu inquiet.
Elle avait des cheveux châtains, légèrement bouclés, très aériens, et portait une simple robe grise ; la forme en était très épurée, mais ça n'avait rien pour autant d'une tunique de secte, d'une aube ou de quoi que ce soit de ce genre. C'était une authentique robe, avec un petit liseré blanc coquet pour souligner le sage décolleté.
S'il avait fallu la qualifier, on aurait pu dire que la demoiselle était "aérienne", bien qu'elle ne fût pas très grande ni spécialement élancée, ayant juste ce qu'il faut de rondeurs, des joues roses et pleines, bref la vie, la santé même. Elle semblait parfaitement cadrer avec la Brume qui l'environnait, il était évident qu'elle en était une incarnation.
"Est-ce que ça va ?" demanda-t-elle simplement, sans commentaire. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Sam 10 Mai - 8:52 | |
| Aaron ne pouvait pas manquer la jeune fille qui se trouvait devant lui. Il ne sursauta pas quand il croisa son regard et se contenta d’incliner un peu la tête pour la saluer. Il se réinstalla plus confortablement tout en observant la jeune femme. Elle n’avait pas l’air dangereuse, elle avait même d’être tout le contraire de ça, mais il n’était pas du genre à juger sur l’apparence. Il avait vu des plantes magnifiques se révéler être venimeuses et des animaux très mignons être en fait de féroces prédateurs. Quand l’apparition, parce qu’il n’avait aucun doute sur le fait que cette fille ne puisse qu’être une apparition, il n’y avait pas grand-chose de purement humain en elle, lui demanda s’il allait bien, il afficha un sourire détendu et un peu sarcastique avant de dire :
« Ca va… Cet endroit n’est pas aussi impressionnant que ce que j’avais espéré mais on n’en est qu’au début, n’est-ce pas ? »
Il fit un clin d’œil puis sortit un paquet de chewing-gums de sa poche et en prit un, qu’il enfourna dans sa bouche, avant d’en proposer à l’apparition. Il se mit à mâcher quelques secondes puis sembla penser qu’il fallait qu’il soit plus précis dans sa réponse, il ajouta donc :
« Les rêves ne blessent que durant le sommeil. Une fois réveillé, on n’a plus rien à craindre d’eux. »
Avouer qu’il avait fait un cauchemar, cauchemar qui le terrorisait, n’était pas un problème pour Aaron. Il affrontait ses peurs et réussissait à vivre avec, il considérait donc pouvoir en parler sans rougir. De toute façon, Aaron Carpenter n’aurait pas rougi de grand-chose. A une époque maintenant révolue, il avait eu des tas d’inhibitions, des tas de sujets dont il avait du mal à parler. Il avait depuis vécu assez pour ne plus avoir aucun tabou et pour savoir qu’une règle n’était faite que pour être transgressée. Si on lui disait qu’on ne parlait pas de ses peurs les plus profondes avec une parfaite inconnue, même pas humaine de surcroît, il considérait que ça n’était qu’une règle générale, et qu’il serait toujours là pour vivre les exceptions qui la confirmaient. Il avait choisi ce genre de vie, la vie des exceptions qui confirment les règles et ça l’avait mené à vivre des choses étonnantes. A être un des rares non-sorciers à avoir découvert par eux-mêmes que la magie existait par exemple. A avoir visité des endroits où seulement une poignée d’humains était allé. A venir dans cette Brume et à l’affronter, ce qu’un très faible pourcentage de la population mondiale avait fait… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Lun 12 Mai - 8:38 | |
| L'apparition écouta Aaron et le regarda prendre un chewing-gum d'un air mi amusé, mi étonné. L'arrogance de l'attitude d'Aaron ne semblait pas la gêner. Elle répondit d'un ton léger, presque rieur :
"Je... tu t'attendais à un combat, à un affrontement, alors ? Penses-tu qu'il faille nécessairement blesser une personne pour la révéler ?... Ce n'est pourtant pas la Brume qui t'a inspiré ce rêve... L'imaginais-tu méchante, sadique ? et pourquoi es-tu venu, alors ?" _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Sam 17 Mai - 17:45 | |
| Une lumière amusée s’alluma dans les yeux de l’Indiana Jones moderne et il sourit avant de passer une main sur le bas de son visage.
« Je ne sais pas… Quand on me dit « Quête », j’ai toujours tendance à penser que ça sera… physique. Les Quêtes ne sont jamais anodines, quelles qu’elles soient. C’est un mot très fort, lourd de sens. Et j’avoue que oui, je pensais que ça serait plus… physique. Plus dangereux. Plus révélateur peut-être, même si pour l’instant je peux pas trop dire si ça l’a été ou non, c’est à toi de me le dire sweety. »
Il lui fit un clin d’œil. Aaron était un grand séducteur. Ca ne voulait pas dire que ça se concrétisait toujours. C’était juste qu’il avait du charisme et savait s’en servir. Il ne manipulait pas vraiment les gens grâce à ça, mais il utilisait parfois ce charisme, cette aisance, cet humour, comme une force. C’était une de ses plus grandes forces, il le savait. Il avait des tas de faiblesses, il le savait aussi, mais d’une certaine façon elles ne faisaient que rajouter à cette force-là. Le charisme se nourrissait de tas de choses différentes, des choses étonnantes parfois. Certaines personnes étaient charismatiques parce qu’elles avaient confiance en elles, comme Aaron, d’autres l’étaient parce qu’elles étaient timides au contraire. Ca n’était pas une science exacte, plutôt une espèce de chimie dont on n’avait pas encore réussi à trouver une recette-type. Personne ne savait décrire le charme. Souvent, on s’arrêtait là. « Machin a du charme ». Mais on n’expliquait pas, tout simplement parce que ça n’était pas explicable, pas correctement en tout cas. Parce que pour Aaron, on aurait pu dire « Il a du charme, il a tellement confiance en lui et il est plutôt pas mal physiquement en plus ! » mais s’il n’y avait eu que ça il aurait sûrement été très insipide. Le charme ne s’expliquait pas. Mais Aaron en avait, et il le savait.
Pourtant, il n’essayait pas de draguer son interlocutrice. Il était un charmeur, très souvent un dragueur (elles étaient bien loin les années où il avait pensé être chaste toute sa vie en l’honneur de Dieu) mais il ne draguait pas toujours. Il n’avait pas dragué Jordan par exemple, alors qu’elle était tout à fait adorable. Tout simplement parce que leur relation s’était tout de suite construite autrement. Il fonctionnait à l’instinct, et là, son instinct lui disait que celle qu’il avait devant lui n’était pas faite pour être draguée…
« Blesser physiquement n’est pas forcément le moyen, mais pour révéler quelqu’un, il faut le secouer ça j’en suis sûr. » répondit-il, avec un sourire qui atténuait un peu la cruauté de ce qu’il disait. « Ca n’est pas en mettant quelqu’un dans la meilleure position possible qu’on réussit à en tirer quelque chose. Plus quelqu’un est safe moins il a besoin de faire d’efforts pour dissimuler, mentir ou même se cacher. Mettez-le dans une situation inextricable et vous découvrirez qui il est vraiment. »
Il sourit de nouveau. Il avait dit tout cela d’un ton détaché mais ne parlait pas à la légère. Il disait ça par expérience. Il avait vu des tas de gens se révéler, en bien ou en mal, dans les épreuves. Mais surtout, il s’était révélé dans les épreuves. Il avait découvert qui il était vraiment quand il avait vu la mort de près. La première fois qu’il avait été violent, c’était quand quelqu’un avait loué le Seigneur de l’avoir épargné, lui le serviteur de Dieu, durant l’épisode de la coulée de boue. Il avait vu mourir et souffrir des dizaines de personnes et un homme, qui avait de la famille dans ce village !, avait loué le Seigneur de l’avoir épargné lui, l’étranger, celui qui n’avait qu’une famille ascendante (frères, sœurs) et aucune responsabilité envers qui que ce soit, à part ses paroissiens qui étaient à présent décimés. Il avait pour la première fois donné un coup de poing mémorable à l’homme, qui s’était effondré mollement, avant de partir.
« Regarde-moi. Je fais le malin, je parlote, je radote tout en étant confortablement installé. Qu’est-ce que tu vas pouvoir en tirer ? Même si je joue le jeu et que je suis honnête, ou du moins que je pense l’être, ça ne sera pas intéressant. Quand on demande à quelqu’un s’il serait capable de tuer un homme s’il le devait, neuf personnes sur dix répondent non. Alors qu’en réalité, si elles étaient dans cette situation, huit personnes sur dix le feraient. Les chiffres ne sont peut-être pas exacts mais la vérité est là. Evidemment, on peut aussi parler de son expérience. Je sais que je pourrais tuer un homme. Mais ça n’est pas très intéressant de le savoir, parce que le contexte n’est pas forcément exactement celui que tu voudrais savoir… Et parce que j’embellis sûrement la vérité quand j’en parle, ou même quand j’y pense, en disant que j’étais en danger de mort, que je ne pouvais pas faire autrement, que j’ai sauvé des gens… Ce genre de conneries qu’on utilise pour se déculpabiliser…. »
Il se réinstalla un peu plus confortablement. Aaron aimait parler. Il aimait le son de sa voix (qui était très agréable) et aimait être écouté. C’était sûrement une de ses plus grandes vanités, et il le savait. Mais quand il parlait, force était de constater qu’il était agréable à écouter. Il savait choisir les mots, mettre les intonations. Il aurait pratiquement pu être professeur. Peut-être plutôt prof de Fac par exemple, quand on demande aux étudiants de réfléchir, ou du moins qu’on devrait le leur demander. Un ami à lui lui avait déjà demandé de faire une conférence à une Fac de sorciers à propos de la vie d’un non-sorcier dans le monde sorcier. Mais Aaron avait refusé, c’était trop de travail pour peu d’argent. Il aimait les choses rentables, ou passionnantes si elles n’étaient pas rentables, et parler à des gamins qui n’avaient rien vu de la vie à part leurs bancs de classe n’était pas quelque chose qui le passionnait.
« Je ne pensais pas que La Brume était méchante ou sadique. Ces mots ne veulent rien dire, surtout pas face à une Entité magique séculaire. Non, je pensais qu’elle essaierait de faire sortir des choses de moi, qu’elle me testerait et évaluerait ma valeur, pour voir si j’étais digne d’entrer. Elle le fait sûrement. Seulement, elle le fait d’une façon qui n’était pas celle que j’attendais. Je m’attendais à un peu plus de sang et de larmes et un peu moins de jeune fille mignonne à souhait et de discours. Mais ça ne me dérange pas. Je ne suis pas maso, le sang et les larmes ça peut être drôle mais pas quand c’est gratuit. »
Il semblait être capable de répondre à l’apparition pendant des heures. Paradoxalement, il avait beau avoir l’air très détendu, très cool, son discours était tout de même organisé. Il avait toujours été un bon orateur, c’était une de ses forces quand il était au séminaire. C’était ce qui avait fait de lui, durant quelques temps, un bon prêtre. Il savait retourner les arguments, faire réfléchir les gens, les pousser dans la direction qu’il voulait. Ses sermons avaient toujours été géniaux. Pleins de passion, de foi et d’intelligence. Quand les gens l’écoutaient, ils avaient l’impression qu’il mettait leurs sentiments en mots. D’une certaine façon, il aurait sûrement pu être un homme politique. Il aurait sûrement réussi à s’élever à de hautes fonctions.
« Je suis venu… » il se pencha vers la jeune femme, toujours assis, penchant son buste pour la regarder par en dessous. « parce que j’aime les challenges. Je voulais savoir si je pourrais entrer à Sywhaîd… Et ce que j’y trouverais. La curiosité est un vilain défaut… Et les défauts c’est ce que je préfère. » _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Ven 23 Mai - 8:12 | |
| Le clin d'oeil ne sembla pas faire réagir la jeune fille, qui écoutait paisiblement les propos d'Aaron, le même air amusé sur son visage. Son charisme non plus. Elle hocha presque imperceptiblement la tête lorsqu'il évoqua ce qu'il pensait être la définition, l'essence même d'une quête.
« Tu penses donc qu'une Quête se doit d'être physique... Il y a d'autres moyens de secouer quelqu'un pourtant, non ? »
D'autres questions sous-jacentes ne traversèrent pas les lèvres de l'apparition : Ca n'était pas la Brume qui lui avait inspiré son rêve, mais ne s'en servait-elle pas pourtant ? N'était-elle pas déjà en train de le tester ? Il y répondait un peu en supposant que l'entité était sans doute déjà en train d'évaluer sa valeur, mais si tel était le cas son interlocutrice n'en laissât rien transparaître. Et elle sembla abandonner le sujet pour se concentrer sur ses dernières paroles.
« La curiosité est un vilain défaut... Quelles qualités, crois-tu, pourraient contrebalancer ce vilain défaut et inciter la Brume à te laisser passer ? » _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Dim 25 Mai - 16:27 | |
| Aaron ne réagit pas au manque de réaction de son interlocutrice. Il était charmeur, et aimait user de son charme mais il ne se vexait pas quand une personne ne réagissait pas. Le charme n’était pas autant pour les autres qu’il n’était pour lui. C’était une façon d’être à l’aise, d’agir et d’être convivial, sa façon de se sociabiliser. Mais Aaron n’était pas de ces personnes qui avaient besoin d’être aimées à tout prix. Il se fichait qu’on ne l’aime pas, même s’il avait tendance à agir avec les étrangers de façon à ce qu’ils l’apprécient. En fait, avec Aaron, le plus compliqué était les relations plus intimes. Tant qu’on restait sur une rencontre ou sur du papillonnage, ça allait. Il n’était pas très facile à vivre une fois que ce stade était dépassé. Mais ça c’était autre chose, pour le moment il se fichait totalement de savoir si son charme marchait sur l’apparition ou non, ça n’altérait pas son propre plaisir dans cette petite discussion.
Il écouta la jeune femme, toujours ce sourire charmeur aux lèvres, mais ne répondit pas à la première question. Il l’avait déjà fait. Oui il pensait qu’une Quête devait être physique. Aaron ne croyait pas en la torture morale, du moins pas quand elle n’était pas accompagnée d’une torture physique. Il était de ces personnes qui étaient capables de survivre à à peu près tout et n’importe quoi à partir du moment où il avait encore un souffle de vie. D’une certaine façon, il s’inquiétait plus pour sa vie que pour son âme, un gros changement dans ses pensées profondes sûrement dû aux épreuves qu’il avait subies et la foi qu’il avait perdue.
Il écouta le reste et son sourire s’accentua. Il se doutait qu’il aurait le droit à ce genre de questions, d’une façon ou d’une autre, mais ça n’était pas pour ça qu’il avait préparé une réponse, il n’était pas du genre à préparer ses examens. Il était plutôt du genre à improviser et en général il s’en sortait plutôt bien. Il fit mine de réfléchir quelques secondes, puis secoua la tête d’un air faussement désappointé, sans perdre son sourire charmeur et sa bonne humeur :
« Je sens que je vais vous décevoir, la Brume et toi. Je n’ai pas vraiment de qualité. Il y a eu une époque où j’aurais pu honnêtement pondre une liste pratiquement sans fin pour répondre à ta question. Mais cette époque est loin et les qualités ont muté en défauts tandis que les défauts sont restés ce qu’ils étaient… »
Il disait ça avec une désinvolture qui donnait presque l’impression qu’il était en pleine séance de badinage. Pourtant, ça n’était pas le cas, il était tout à fait honnête. Aaron n’était pas quelqu’un de mauvais, il pouvait même faire de bonnes choses, seulement il était impossible de lui trouver des qualités, du moins pas des qualités « classiques ». On pouvait trouver que certains de ses défauts étaient aussi parfois des qualités, comme sa curiosité qui pouvait être un défaut et une qualité, mais il n’avait pas qualité pure, pas qui puisse en tout cas contrebalancer n’importe lequel de ses défauts, même mineurs.
« Je ne pense pas que mes défauts puissent être équilibrés par mes qualités, c’est impossible, je ne suis pas ce genre de personnes. Mais je peux les équilibrer avec autre chose… Je peux être utile à la communauté, j’imagine que c’est une des choses que vous recherchez dans le coin, si j’ai bien compris le fonctionnement de Sywhaîd. Je sais faire des tas de choses très utiles, du bricolage aux premiers soins en passant par la récolte. J’ai souvent eu à trouver de l’argent rapidement, et j’ai dû apprendre à faire des choses que j’avais dit savoir faire durant l’entretien d’embauche. »
Il avait beau plaider pour sa cause, il n’en avait pas vraiment l’air. Entrer à Sywhaîd lui tenait à cœur, parce qu’il voulait découvrir ce qui se cachait derrière cette Brume et y faire de nouvelles expériences, mais ça n’était pas quelque chose vital pour lui. Mais ça n’expliquait pas sa désinvolture, en fait même si entrer à Sywhaîd avait été la seule chose au monde qu’il ait jamais voulue, il aurait agi pareil. On ne peut changer les tâches d’une panthère…
« Et je suis du genre… sociable. Je sais amuser les gens, leur faire oublier leurs soucis. On me dit souvent que j’aurais dû être psy, et quand je dis que j’ai été prêtre, une fois l’incrédulité passé, on me dit que c’est pas si étonnant, parce que je sais donner l’impression que j’écoute et que j’ai les réponses. C’est de l’imposture bien sûr, mais une imposture qui aide les gens… Encore un défaut qui peut parfois se transformer en qualité, c’est ceux que je préfère. »
Nouveau clin d’œil. Il n’avait aucun mal à parler de tout ça, comme il n’avait aucun mal à parler de son passé. Encore une fois, Aaron ne croyait pas en la torture morale. Ou s’il y croyait, il avait passé pratiquement vingt ans à faire en sorte qu’elle ne puisse plus l’atteindre. Il s’était plutôt bien débrouillé. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Dim 1 Juin - 0:00 | |
| La créature hocha doucement la tête comme Aaron répondait à sa question, bien qu'il fût difficile de dire avec certitude si elle approuvait ses dires ou manifestait simplement sa compréhension.
« C'est possible... » répondit-elle finalement, le regard vague, d'un ton presque énigmatique. A quelle partie de son discours exactement répondait-elle ainsi ? C'était difficile à dire...
Elle se retourna sans plus de cérémonie, les doigts croisés derrière elle, et reprit finalement la parole bien qu'elle lui tournât le dos.
« Deux chemins, deux destins... » murmura-t-elle comme la Brume devant eux s'éclaircissait un peu, dévoilant un poteau indicateur et deux sentiers.
Quand Aaron s'en approchera, il distinguera les mots "force" et "volonté" sur les deux panneaux. Et s'il décide de se retourner pour quelque raison que ce soit, de regarder vers la créature, il s'apercevra qu'elle aura disparu... _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Dim 1 Juin - 18:25 | |
| Aaron ne se laissa pas perturber par la réponse énigmatique de l’apparition, il avait vécu beaucoup de choses, rencontré beaucoup de gens et pris l’habitude de ne plus se poser de question à propos de ce genre de réactions. Il avait découvert depuis longtemps maintenant que la plupart des gens passaient plus de temps à se parler à eux-mêmes qu’à communiquer avec les autres, et cela même au beau milieu d’une conversation. En fait, ça, il l’avait découvert lorsqu’il était devenu prêtre, même s’il avait pensé à l’époque que les gens qui venaient lui parler parlaient à Dieu plutôt qu’à lui, maintenant il savait, ou pensait d’une façon assez cynique qu’ils ne se parlaient qu’à eux-mêmes. Leur nombril était tout ce qui intéressait les gens, et Aaron avait fini par l’accepter, après tout il n’était pas différent.
Il ne s’étonna pas plus des paroles qui suivirent et s’il s’était attendu à une nouvelle question, à quelque chose de plus cohérent, il n’en laissa rien paraître et se contenta de sourire avant de se lever d’un mouvement fluide qui donnait l’impression qu’il n’était pas du tout engourdi par une assise plutôt inconfortable de plusieurs longues minutes. Il s’approcha du poteau et lu à haute voix ce qu’il y avait d’écrit sur les deux panneaux :
« Force… Volonté…. » il fit une petite pause sceptique puis, tout en se tournant vers son interlocutrice, demanda : « Il faut que je choisisse la qualité qui me convient le mieux, parce que je dois dire qu’aucune des…. »
Il s’arrêta soudain, réalisant qu’il était à présent seul. Il haussa les épaules. La jeune femme avait été une compagnie plutôt agréable mais Aaron n’avait pas de problème à être seul, il y était habitué, surtout dans ce genre de situations. Il se retourna vers les panneaux et resta quelques secondes à les observer sans rien dire. Le but de l’exercice était plutôt simple. Soit il devait choisir la qualité qui lui convenait, selon lui, le mieux, soit il devait choisir comment le reste de la Quête se passerait : soit par la force, soit par la volonté. Mais le choix n’était pas si facile. Il était fort oui, mais il avait aussi de la volonté. En fait, il était sûrement les deux autant, ce qui rendait le choix plus délicat.
Il finit par sortir une pièce de sa poche et par la lancer en l’air. Quand elle atterrit sur le haut de sa main gauche, il laissa la main droite par-dessus et dit :
« Pile force, face volonté. »
Il enleva sa main et découvrit qu’il avait fait face. Il commença donc à s’engager sur le chemin de la volonté quand une dernière impulsion le fit revenir sur ses pas et se diriger vers l’autre chemin, celui de la force. Après tout, n’avait-il pas essayé de convaincre l’apparition, et la Brume qui était derrière, que la force était la clé qui permettait de révéler une personne ? Sans plus hésiter, il avança sur le chemin, sur ses gardes mais sans réellement se demander ce qui allait se passer, il n’aimait pas se gâcher les surprises. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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Nombre de messages: 1292 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Jeu 5 Juin - 19:01 | |
| Aaron ne fit pas plus de quelques mètres avant de se retrouver incapable d'avancer : un mur invisible l'en empêchait ; ce n'était pas un champ d'énergie magnétique, ou quoi que ce soit d'intangible : le mur était invisible, certes, mais on pouvait l'effleurer, sentir le contact froid de la pierre et ses légères anfractuosités. Selon la façon dont il avait avancé sur le chemin, Aaron s'était peut-être blessé en heurtant ce mur-là. Un grand mur costaud, puisqu'il avait choisi la force.
"Tu as triché, monsieur sans-qualités", fit une voix rieuse derrière lui, sans cependant paraître méchante : c'était la même jeune fille aux boucles châtains qui l'avait suivi, et le dardait de ses yeux gris.
"Mais tu as quand même fini par choisir ; enfin, voilà le résultat, ce mur tombera sans doute si tu es fort, mais il te faudra un peu de volonté aussi."
Elle regardait le mur, comme si elle avait réellement pu le voir. Comme si Aaron avait pu, lui aussi, le voir.
"Dis, en quoi est-ce que tu crois, maintenant ?" murmura-t-elle, l'air rêveur. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Sam 7 Juin - 10:28 | |
| Après quelques pas seulement, Aaron avait percuté le mur. A vrai dire, s’il était habitué depuis longtemps à savoir que se fier uniquement à ses sens était stupide dans la plupart des situations, il était tout de même humain et pas assez paranoïaque pour passer son temps à faire attention à tout ce qu’il faisait. Il avait donc foncé dans le mur à une certain vitesse et s’était fait mal, un peu, pas beaucoup mais juste assez pour grommeler un ou deux mots qui auraient fait rougir n’importe quelle ingénue avant de reculer d’un air ennuyé. Il avançait ses mains pour toucher ce qui avait été un obstacle brutal quand il entendit la voix de la jeune femme et, sans se retourner, lui répondit :
« Je n’aime pas qu’on m’impose un choix, même pas quand celui qui me l’impose est le hasard… »
Il avait dit ça sur un ton de plaisanterie, il avait plutôt tendance à considérer que le hasard était une des rares choses qui pouvaient vous imposer ce qu’il voulait. De toute façon, il n’était pas du genre non plus à chercher à comprendre pourquoi il se retrouvait dans telle ou telle situation, il aurait fini par s’arracher les cheveux. Par exemple, il avait choisi de jouer à pile ou face, et il s’était retrouvé avec une solution qui ne lui convenait pas. Mais peut-être que c’était la Brume qui avait fait retomber la pièce de façon à ce que la solution soit celle qu’elle avait été. Pire encore, peut-être que la Brume l’avait fait pour qu’il choisisse l’autre option ! S’il avait été du genre à penser à tout ça, nul doute qu’il n’aurait jamais rien fait, ça aurait été bien trop terrifiant.
Tandis que la jeune femme parlait en regardant le mur, Aaron lui semblait avoir dirigé toute son attention sur le fait de palper le mur en question. Quelqu’un qui n’aurait pas connu le canadien aurait sûrement pensé qu’il était en train d’essayer de comprendre un mystère passionnant, après tout la plupart des gens auraient trouvé étonnant et particulièrement enthousiasmant de sentir un mur qu’ils ne pouvaient voir. Aaron s’en fichait complètement. S’il palpait le mur, c’était juste pour essayer de trouver un moyen de le franchir, en l’escaladant peut-être, ou en trouvant un endroit plus faible auquel s’attaquer, voire tout simplement en en trouvant la fin.
Il ne détourna pas son attention du mur mais finit tout de même par répondre à la jeune femme, avec un léger décalage qui n’était pas dû à un instant de réflexion mais plutôt au fait que la priorité était, pour Aaron, le mur. Il répondit tout de même, sur un ton détaché, preuve s’il en était que les questions de Foi n’étaient plus vraiment primordiales pour l’ancien prêtre défroqué.
« Je pourrais dire en moi, mais ça ferait un peu trop cliché, et c’est sûrement la question à laquelle n’importe qui m’ayant parlé deux minutes s’attendrait. C’est vrai que je crois en moi. Je sais ce dont je suis capable, je sais que j’existe et je sais où sont mes limites, c’est donc parfait pour moi d’avoir Foi en moi. Mais c’est une réponse un peu trop facile, éculée, et je sais bien que ce n’est pas ce que tu demandes. Je ne crois pas en moi comme je croyais en Dieu il y a vingt ans… »
Il s’arrêta de parler mais encore une fois ça n’avait rien à voir avec de l’hésitation ou un besoin de chercher ses mots. Il avait trouvé une irrégularité, ou du moins le pensait-il. Il parcourut l’endroit de ses deux mains et dut se rendre à l’évidence, le mur était aussi fort à cet endroit qu’à tous les autres endroits qu’il avait palpé pour le moment. Mais il n’était pas du genre à se décourager, les solutions aux problèmes finissaient toujours par vous tomber dessus après tout. Il continua donc son petit manège tout en continuant sa réponse :
« Mais si tu penses que je ne crois plus en Dieu, tu te trompes. Je suis sûr qu’il existe. Seulement, je pense que c’est un connard de première catégorie et je n’ai pas envie de lui dédier ma vie. »
C’était une question très compliquée. Après qu’il ait abandonné son poste de prêtre, Aaron avait vécu pendant plusieurs années avec une sorte de haine contre Dieu, mais sans pour autant avoir perdu réellement sa Croyance, puisqu’on ne peut détester ce qui n’existe pas. Petit à petit, alors qu’il vieillissait, sa haine s’était tournée vers les Eglises, les Clergés, qui étaient ceux qui régissaient la vie spirituelle organisée ici bas, et Dieu avait comme disparu de sa vie. A présent, il disait qu’il croyait en Dieu mais était tout à fait conscient que ça n’était, d’une certaine façon, qu’un réflexe. Il avait été élevé dans une Croyance très forte et avait, à 37 ans, encore du mal à s’en émanciper. Toujours est-il qu’il n’avait pas prié depuis le jour où il avait quitté le village dévasté dans lequel il avait été envoyé, et il ne s’adressait plus à Dieu, même pas pour lui dire ses quatre vérités, d’une certaine façon, Dieu était comme un ancien ami qui était devenu un ennemi après une grosse déception. Aaron n’aimait pas y penser, ça n’était pas parce que ça le blessait mais plutôt parce qu’il sentait toujours une nostalgie, une nostalgie de l’époque où il était tellement sûr de ce qu’il pensait de Dieu, de sa Foi en lui. A présent, c’était l’un des rares sujets pour lequel il n’était pas certain de pouvoir apporter une réponse.
« Je crois en la Brume aussi, après tout j’ai la preuve qu’elle existe… Mais ça non plus ça va sûrement pas te convenir comme réponse. Alors on tourne en rond, parce que je vais finir par te dire que la seule entité en laquelle je crois et pour laquelle je ne risque pas de perdre ma foi, c’est moi, parce que j’y suis obligé. »
Il finit par se tourner vers la jeune femme et ficha son regard brun dans le sien avant de demander :
« Où est la Force ? Tu vas encore me dire que la force morale est plus importante que la force physique ? » _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1292 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Dim 22 Juin - 17:38 | |
| La jeune fille répondit d'un rire.
- Tu es trop intelligent pour te contenter d'une réponse comme ça.
Elle s'appuya nonchalamment contre le mur invisible et le tapota du bout des ongles.
- Je t'attends en haut, dit-elle finalement avant de disparaître, en se fondant dans la Brume.
La consigne était claire: Aaron n'avait plus qu'à grimper. Et il lui faudrait autant de force morale que de force physique.
[Aaron va tout simplement être soumis au vertige. Chaque mètre parcouru équivaudra à s'élever d'une hauteur dix fois plus grande et le paysage en bas se modifiera en conséquences (avec rochers, perspective de très longue chute et tutti quanti), provoquant des maux de tête et des crises d'angoisse à chaque regard tout en attirant irrémédiablement les yeux. Tu ne peux pas le faire arriver en haut mais à toi de décider combien de temps il arrive à grimper.] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Dim 13 Juil - 15:31 | |
| Aaron n’était pas sujet au vertige. Enfin, pas plus que n’importe qui en tout cas, il avait déjà fait pas mal d’escalade et avait été à des endroits très élevés du monde, naturels ou artificiels, voire magiques, et ça ne lui avait jamais posé de problème. La perspective d’escalader le mur invisible ne lui posait donc, en soi, aucun problème. Encore moins quand il sentit des aspérités sous des doigts, qui étaient suffisantes pour l’aider à monter. Un sourire en coin apparut sur son visage charmeur. Il n’était pas si stupide, il se doutait bien qu’il devait y avoir un piège quelque part, mais pour l’instant il ne pouvait pas le voir alors il n’était pas du genre à s’en inquiéter par avance. Il fixa solidement son sac de voyage, grâce à un harnais qui était dessus pour justement éviter de le perdre dans des situations un peu extrême et, sans hésiter plus longtemps, commença l’ascension.
Le canadien n’était pas sujet au vertige, comme nous l’avons dit plus haut, il n’eut donc pas le réflexe de regarder en bas tout de suite. En fait, malgré le sort qui éloignait plus rapidement que prévu le sol de ses pieds, Aaron escalada les deux ou trois premiers mètres sans réelle difficulté. Les aspérités étaient exactement ce dont il avait besoin pour se hisser à peu près sans peine et il était en assez bonne forme physique pour que ça ne soit pas un trop gros effort. Il ne remarqua donc pas tout de suite la particularité de cette épreuve.
Du moins pas jusqu’à ce que sa tête se mette à tourner et qu’il ait à s’agripper à la paroi pour ne pas tomber. C’était un syndrome du vertige qu’il connaissait, parce que même s’il n’avait pas le vertige commun, personne n’échappait au vertige physique, puisque ce dernier touchait à l’oreille interne et que tout le monde en avait une, mais qu’il n’attendait pas aussi tôt. Il laissa la vague de malaise passer, en respirant bien à fond, comme les alpinistes qu’il avait connus lui avaient appris, puis tourna un regard intrigué vers le sol. Il savait qu’il n’avait pas eu le temps de beaucoup escalader, il n’aurait donc pas dû sentir ça… Tout comme il n’aurait pas dû voir le sol aussi loin et la perspective aussi changée.
Il observa le sol pendant un petit moment, se sentant dangereusement attiré par lui mais sachant quand même maîtriser ce sentiment. Bon, okay. C’était ça le piège. Il ne savait pas quelle hauteur faisait ce mur, mais si les symptômes du vertige étaient déjà aussi forts, il risquait pas de réussir à monter très haut. Parce que, même avec la coolitude d’Aaron Carpenter, il était impossible de combattre le vertige trop longtemps. Au bout d’un moment, il n’arriverait plus à monter et devrait se figer pour ne pas tomber. Evidemment, il n’avait pas pris la peine de se corder, il n’avait pas de corde dans son sac et n’avait pas les moyens d’en trouver une… Il se serait senti plus tranquille s’il avait été assuré mais il devrait continuer comme ça. De toute façon, Aaron croyait en lui-même, mais il croyait aussi en sa chance, en sa bonne étoile. Il allait continuer à monter et trouverait une solution, ça avait toujours été le cas jusqu’à présent, derrière son cynisme apparent, il était finalement plutôt optimiste.
Il prit une bonne inspiration et continua à monter, mais un peu plus lentement, pas parce qu’il était déjà ralenti dans son ascension par le vertige mais parce qu’il essayait de ne plus subir une crise aussi fulgurante que quelques minutes plus tôt. Il se forçait aussi à ne pas regarder en bas, ce qui était de plus en plus dur, tout son corps n’avait envie que d’une chose, retourner en bas, même si c’était en tombant tout simplement. Il essaya de se concentrer sur autre chose et se mit à réciter des poèmes. Mais il n’en connaissait pas assez et ça ne le forçait pas assez à se concentrer alors il se mit à réciter des psaumes. Pas à voix haute, il n’était pas là pour prier, mais dans sa tête. C’était la première fois qu’il faisait ça depuis qu’il avait quitté l’Eglise et il fut surpris de se rendre compte qu’il n’avait pas oublié tant que ça.
Mais au bout d’un moment, à peu près une heure d’ascension, mais une heure lente, il ne put plus résister à l’envie de regarder le sol. Et il le vit. Ou plutôt, il ne le vit pratiquement pas. Il sentit sa tête tourner et s’agrippa de plus belle. Il ne devait pas être si haut que ça, peut-être même qu’il n’était pas assez haut pour risquer la mort en tombant, mais même s’il savait qu’il ne fallait pas se fier à ses yeux, tous ses autres sens allaient dans le sens de l’illusion, ce qui rendait la rationalisation beaucoup plus dure. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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Nombre de messages: 1292 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Aaron Carpenter. Ven 18 Juil - 12:49 | |
| Quand il ne put plus avancer, la jeune femme ré-apparut près de lui, flottant sans effort à sa hauteur. Aussitôt, le regard d'Aaron quitterait le sol pour se poser sur elle.
- Pas mal, lança-t-elle dans un sourire. La Brume trouve que tu t'en sors plutôt bien.
Elle se pencha, déposa un baiser sur son front puis souffla sur ses doigts.
- Let go now, on t'attend.
Aaron sentirait sa prise glisser avant de lâcher et de tomber d'une hauteur conséquente. Après une longue chute, il atterrirait sans dommage sur un épais tapis de mousse, dans un coin reculé de la forêt ou d'autres personnes venaient également d'arriver.
[Voilà! Bravo et bon jeu^^] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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