Prénom et Nom : Anton Almeida ; surnommé Tonino puis Tony depuis qu’il habite dans les îles britanniques.
Age : 33 ans
Origine : né à Buenos aires, Argentine ; il a ensuite vécu une dizaine d’années au Nord Ouest de l’Ecosse, puis deux ans à Dublin (Irlande).
Famille : pour ainsi dire inexistante ; Anton a eu une enfance et une adolescence que nous qualifierons pudiquement de difficile ; interne dans une école de magie, il a rompu à cette époque à peu près tout contact avec sa famille. Il a esquissé une tentative de réconciliation partielle avec ses parents au moment de la naissance de sa fille, mais vu les conditions particulières de cette naissance, la nature qualifiée de « particulière » de son épouse (dixit il señor Almeida), ça a très vite coupé court. Pas plus de contacts avec son frère aîné (Javier, 34 ans).
Cette fille s’appelait Isabel, et sa mère Anwen.
Histoire :ArgentineAnton a toujours eu l’impression d’être à l’écart des siens. C’est probablement dû en partie au fait qu’il a développé des pouvoirs magiques dans une famille de non sorciers, catholique pratiquante de surcroît. Ça n’explique pas tout, évidemment, mais nous n’allons pas récapituler ici les théories avancées par les nombreux psychologues consultés par le jeune Anton et ses parents. C’est sûr qu’on a probablement du mal à s’attacher à un gamin qui fait bêtise sur bêtise et prétend une fois sur deux que ce n’est pas de sa faute (s’obstiner à prétendre, après toutes ces années, que la patte de ce chien s’est cassée en trois toute seule...). Qu’après, Anton ait développé un caractère frondeur, n’est pas étonnant non plus.
Lorsqu'Anton a onze ans, l’irréprochable famille Almeida reçoit la visite d’une vieille dame ventripotente à robe fuchsia, et apprend que son cadet, cette mauvaise graine de Tonino, est un sorcier. Ils hésitent entre consternation et soulagement, en tout cas ne sont pas fâchés de le laisser partir dans l’école de sorciers argentine, au bord de la Mar Chiquita. Anton ne les verra plus désormais que pendant les vacances ; les liens se distendent un peu plus encore. D’autant que le jeune homme entre dans l’adolescence ; les retrouvailles sont un peu trop souvent l’occasion de disputes épiques, comme la fois où Anton, ayant découvert que son grand-père était d’origine allemande, lui demanda caustiquement quelle raison l’avait poussé à quitter si précipitamment sa patrie en 1945 ; une autre fois, il accusa même carrément ses parents de l’avoir volé à des opposants communistes (ceci, en dépit des opinions des Almeida, est faux et absurde car, physiquement du moins, Anton est le portrait de son père).
Anton s’éloigne d’autant plus de sa famille qu’à l’école de la Mar Chiquita, il s’épanouit de plus en plus au fil des ans. Il n’est pas un élève exceptionnel (trop agité pour ça), mais son tempérament tête-brûlée en fait un camarade très apprécié, surtout de ceux de ses camarades qui aiment la bagarre et les coups foireux. Mais même ses professeurs, tout en reconnaissant qu’il est difficile à tenir, apprécient son intelligence vive, son humour, et, finalement, son bon esprit. S’il lui est arrivé plusieurs fois de se mettre en danger dans des aventures peu recommandables (c’est à se demander comment il a encore deux bras et deux jambes), il n’a jamais fait de blagues franchement « méchantes » qu’à ceux qui les avaient cherchées. Il n'a jamais franchi la ligne blanche, et c'est toujours lui qui arrivait à amadouer les professeurs en cas de "coup" un peu trop osé.
A 18 ans, Tonino, comme on l’appelle désormais, est donc un jeune homme épanoui, bien qu’il ne voie presque plus jamais sa famille ; tous les prétextes sont bons, en particulier les voyages en compagnie de tel ou tel de sa bande d’amis. Diplômé de l’école de la Mar Chiquita, il hésite encore sur la voie qu’il suivra par la suite : une seule chose est sûre, il restera dans le monde magique, ne serait-ce que pour clouer le bec à Javier son frère, qui le tenant pour un bon à rien, lui a promis de ne pas le laisser sur la paille lorsqu’il reprendra la boîte d’audit de papa. Finalement, Tonino décide de faire le tour du monde magique avec ses deux meilleurs amis, Hugo et
Esteban. Il présente ça à sa famille comme une année sabbatique ; en vérité, il veut juste partir, loin, et ne sait pas pour combien de temps encore.
Autour du mondeEn fin de compte, cette année se prolonge, les trois amis découvrant au fil de leurs expéditions des peuples et cultures magiques qu’ils estiment bien plus « formateurs » que la meilleure université magique du monde. Ils découvrent en Amérique centrale des héritiers des sorciers incas, puis, plus au Nord, des chamanes amérindiens auprès desquels ils révèlent leur animal totem. Ils partagent aussi le quotidien de populations non sorcières.
Au bout de trois ans de pérégrinations, Tonino, Esteban et Hugo arrivent dans l’archipel des Hébrides, à l’extrême Nord du Royaume-Uni ; un soir qu’ils bivouaquent sur Hirta, Esteban (qui a toujours un étrange succès avec les filles) est "invité" par une chercheuse qui habite sur l'île ; pendant ce temps, après s’être enfilé une demi-bouteille de Whisky, Hugo et Tonino décident d’aller prendre un bain de minuit dans une crique proche. Mais Hugo s’écroule et se met à ronfler à peine l’idée suggérée. Pour autant, avec l’entêtement des pochtrons, Tonino décide de tenir son engagement et de descendre vers la crique.
Or, ce soir-là est aussi celui qu’ont choisi quelques sœurs selkies (femmes-phoques) pour prendre forme humaine. Elles ont abandonné leurs peaux sur le sable ; Tonino est vite dessoulé par l’iode et la beauté des nageuses. Rampant vers le tas de peaux, il se saisit de l’une d’elles. Peu avant l’aube, les selkies reprennent leurs peaux à l’exception de l’une d’elles, dont Tonino tombe amoureux comme dans les contes. Il oublie ses rêves d’exploration, laisse Hugo et Esteban terminer leur périple sans lui. Sa vie d’avant s’arrête ici. Une nouvelle commence avec Anwen, « la très belle » ; ils se marient quelques jours après leur rencontre. En une nuit, Tonino est devenu Tony, un adulte (presque) responsable.
EcosseHirta étant pour ainsi dire vide d’hommes, le couple ne peut guère y rester plus longtemps. Comme Esteban et Hugo souhaitent remonter vers le nord, pour ensuite tracer vers l'est à travers la Sibérie, Tony et sa femme les accompagnent quelques temps, jusqu'à un clan du nord de l’Ecosse, où le couple décide de s'installer. Les deux amis d'Anton poursuivent leur périple. Neuf mois plus tard naît une petite fille prénommée Isabel ; elle a, comme tous les enfants de selkies, de grands yeux noirs et de petites palmes entre les doigts et les orteils. Elle sait nager avant de savoir marcher et accompagne très tôt sa mère, demeurée une adepte des baignades nocturnes même au cœur de l’hiver. Bonheur paisible ; le bouillant Tonino semble avoir trouvé l’apaisement et la sérénité, même si, de temps à autres, il sent sa femme envahie d’une mélancolie inexplicable et la voit jeter des regards trop insistants vers le rivage. Ça ne dure jamais très longtemps.
Tony vient d’avoir trente ans, sa fille en aura huit à l’automne ; un petit frère ou une petite sœur est prévu(e) pour dans quelques mois. Mais une méningite foudroyante emporte Isabel ; le guérisseur du clan n’a rien pu faire.
L’existence de Tonino et d’Anwen est brisée. La selkie refuse de s’alimenter. Elle semble avoir perdu la raison, hurlant son désespoir sur la plage avec des cris de phoque. Un soir, Tony, après avoir passé la soirée seul avec son daemon dehors à ruminer son chagrin, découvre en rentrant sa femme sur le point de porter à ses lèvres une bouteille de Whisky. Cela peut paraître anodin, mais les selkies, comme nombre de créatures aquatiques, ne supportent presque pas l’alcool, et pas du tout un alcool fort comme le Whisky ; le geste d’Anwen équivaut pour ainsi dire à une tentative de suicide. Tony brise la bouteille, Anwen s’enfuit sur la plage. Lui passe la nuit à réfléchir ; à l’aube, il descend à son tour sur la plage, et y dépose la vieille peau de phoque qu’il avait conservée jusque là. Quand il revient quelques heures plus tard, c’est pour constater –sans surprise- qu’elle a disparu.
DublinBien qu’il ait été d’une certaine manière à l’origine de cette seconde séparation, en laissant tacitement sa femme retourner près des siens, Tony la supporte forcément assez mal, du moins au début. Mais il n’est pas d’un tempérament facile à abattre ; assez rapidement, il se remet, en tout cas il semble le faire, plaisante avec ses amis, reprend sa petite vie tranquille. Un peu trop vite, cependant, aux eux de certains villageois, chez qui les méfiances insulaires se réveillent vis-à-vis de l’étranger. Au bout d’un an, Tony préfère repartir, sans rien emporter de ses souvenirs d’homme marié et de père. Le premier bateau qui accepte de le prendre à son bord le mène en Irlande. Tony, fatigué de l’esprit de village, s’installe dans le Dublin sorcier, où il vivote paisiblement en partageant son temps entre travail du bois et cours d’espagnol.
Tony n’est pas malheureux en Irlande. Il se fait de nouveaux amis, sorciers et non sorciers. Il continue d'écrire à ses deux amis, à Esteban surtout, qui a finalement lui aussi interrompu le grand périple par amour, tandis qu'Hugo, qui a toujours été le plus têtu des trois, est reparti vers l'Asie, et ne donne que très peu de nouvelles. Tony a lui aussi besoin de s'évader, de temps en temps. Régulièrement, il quitte Dublin pour une ou deux semaines, avec juste un sac sur le dos ; il visite les grands lieux de la culture celtique. Il semblerait qu’il trouve dans ces voyages quelque apaisement.
L’un d’eux le conduit dans le village de Kildrummy, en Ecosse. Comme il explique le but de son périple au pub du coin à deux trois curieux, ceux-ci lui parlent en riant de leur petite curiosité locale, les « brumes de l’Oubli » : un coin de brume qui n’se lève jamais, et dans lequel, dit-on, on peut se perdre et oublier qui l’on est. Tony n’a jamais entendu jusque là parler de Sywhaîd, il ne fait donc pas le rapprochement ; et c’est simplement la curiosité allumée par cette conversation avec des non sorciers qu’il se retrouve devant la Brume.
Caractère : de l’avis de ses amis, Tony est un gars sympa : ils attribuent à ses origines argentines son tempérament sanguin et son sens de la fête, et à son arrivée au Royaume-Uni son côté un peu mystérieux, voire excentrique. Aucun d’eux ne connaît le drame de son histoire ; ils savent (ou supposent) que Tony est marié, puisque celui-ci s’entête à donner cette excuse pour repousser gentiment les avances que lui font les filles. Mais ils sont pudiques et ne lui ont jamais demandé de plus amples détails. Que Tony ne soit pas bavard ne les dérange pas, eux ne le sont pas vraiment plus, après tout. En tout cas, c’est un gars honnête et très ouvert, qui a de la conversation, à croire qu’il a sillonné la planète pour pouvoir raconter autant d’anecdotes.
Physique : Impossible à Tony de dissimuler ses origines hispaniques, entre le léger accent qu’il ne parvient pas à perdre après toutes ces années, et les traits de son visage. Le teint mat, les yeux un peu trop gros, le nez un peu trop épais, le brun Tony fait un effet relatif aux Dublinoises en quête d’exotisme.
Daemon : Tony a révélé son daemon alors qu’il s’appelait encore Tonino, au début de son long périple : c’est avec un chamane amérindien qu'il a tenté l’expérience.
Stiliko est un castor femelle, rondouillarde, brune avec une mèche blanche sur la tête. Elle est aussi vive et joyeuse que Tony, et c’est probablement grâce à elle qu’il a si bien surmonté les épreuves de sa vie. Très vive, elle a toujours besoin de s’activer, le plus souvent à tailler un bout de bois ; mais parfois, ses activités peuvent être plus…inattendues, disons, de la part d’un castor.
Aptitudes magiques : Dans la moyenne, sans plus. Tony n’a pas fréquenté d’université magique, et même s’il a découvert de par le monde des techniques magiques variées et enrichissantes, il n’a pas cherché à se spécialiser dans quelque domaine que ce soit. Il est assez calé en tout ce qui concerne les arbres et leur bois, mais ça, c’est essentiellement grâce à Stiliko.