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| | O brother, where art thou ? | |
| | Auteur | Message |
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Rozen Vanloo Professeur de Magie Environnementale


Nombre de messages: 697 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: O brother, where art thou ? Jeu 3 Avr - 18:36 | |
| Etait-ce vrai ? Etait-il be et bien venu ? Lui ? C'était trop drôle, trop beau et trop invraisemblable pour être vrai, mais si c'était une blague, le canular était bien ficelé. Est-ce que tout le monde savait donc qu'elle connaissait le probable-futur-gérant pour avoir passé son enfance à faire les quatre cents coups avec lui ? N'était-elle pas d'une discrétion à toute épreuve pour tout ce qui concernait tant sa vie privée que n'importe quel sujet ? *hum*Bon, soit, le plus probable était que Waylon lui ait fait cette blague pour l'embêter, puisqu'ils avaient parié l'un contre l'autre et qu'elle devrait lui faire une démonstration de hula hoop pour le cas où Donan aurait l'idée saugrenue de pointer son petit nez... Mais en même temps, Waylon ne pouvait pas lui avoir fait ainsi découvrir l'arrivée d'un autre gérant, puisque, membre du Rad, elle aurait forcément été mise au courant d'une telle nomination ; il n'y avait guère que Donan qui pouvait prétendre débarquer de la Brume et se voir octroyer le poste sans même prendre la peine de claquer des doigts. Non et puis, la Brume ne l'aurait pas fait entrer. Oui, bon, elle l'avait laissée entrer, elle, et dans le genre borderline elle était pas mal non plus, mais... Donan n'avait aucune raison de revenir ; enfin, à part de retrouver sa meilleure keûpine de quand il avait dix ans mais, soyons honnêtes c'était un peu léger, comme raison, non ? Il n'avait aucun ex-mari à éviter, à sa connaissance, aucun divorce dont il devait se remettre, et elle n'en gardait pas le souvenir d'un gestionnaire de génie non plus. Tout ça pour dire que Rozen n'avait pas osé répondre aussitôt au message qu'elle avait reçu ; des fois qu'elle aurait été reçue à la porte de la maison du gérant par un Waylon goguenard... ben son honneur serait sauf, haha ! Parce qu'elle attendit le lendemain matin pour traverser la route, armée au cas où d'un prétexte fumeux : consulter la liste des réserves de miel d'acacia pour son prochain cours de potions (connaissant Rozen, c'était franchement fumeux, d'accord). La Brume faisait cloche ; autrement dit, un brouillard épais recouvrait la lande en ce petit matin tristounet. L'air était humide, le réveil des villageois d'autant plus paresseux, même s'il y avait de la lumière du côté des serres et de la bergerie. Rozen n'était pas d'une humeur accordée avec ce temps maussade ; elle cachait mal son excitation lorsqu'elle vint frapper à la porte de la maison du gérant. Fébrile, peut-on carrément dire, elle toqua une bonne dizaine de fois l'épaisse porte de chêne. "O brother, where art thouuuuu ?" chantonna-t-elle doucement. Avant de se rendre à l'évidence : c'était bel et bien un canular. Il n'y avait pas plus de Donan ici que de licorne à lunettes. Elle baissa le bras, soudain envahie par un étrange sentiment de tristesse. M'enfin quoi ? Ce n'était qu'une blague, elle se doutait bien, de toute façon, que c'était pour rire... Elle n'aurait pas dû prendre les choses à coeur, et n'allait sans doute pas se mettre à chialer, là, comme une pauvre nouille ! Ce n'était pas comme si elle avait vraiment attendu Donan, après tout... [J'attends Donan, donc ] |
|  | | Donan Fiadh Ancien Personnage


Nombre de messages: 26 Date d'inscription: 14/01/2008
 | Sujet: Re: O brother, where art thou ? Sam 12 Avr - 12:48 | |
| En réalité Donan ne s'était pas brusquement changé en licorne à lunettes ou autre poney afghan (tiens, le revoila celui-là). Non, il s'était tout simplmeent levé aux aurores pour aller couper du bois dans la remise, derrière la maison. La grande batisse n'ayant pas été habitée depuis plusieurs semaines, elle était relativement lugubre, et Donan, en se levant, s'était dit qu'une bonne flambée ne serait pas de trop.
Il tournait à l'angle de la maison, les bras chargés de fagôts, lorsque l'image de Rozen sur le pas de sa porte s'imprima sur sa retine. Il laissa dégringoler son chargement de bois, bouche-bée. Bien sur il s'était attendu à la revoir, bien sur il lui avait envoyé un message, cependant, ne reçevant pas de réponse, il avait pensé que Rozen était trop occupée par son boulot ou par le Rad pour lui faire une petite visite de bienvenue. Il avait été un peu déçu, en retrouvant seul les pièces vides où, enfants, ils avaient joués. Mais il s'était fait une raison et espérait la voir un peu plus tard dans la journée, en même temps que les autres membres du Rad. Aussi sa visite matinale le plongea-t-elle dans une euphorie sans nom. Enjambant les bûches qui avaient roulées un peu partout dans le jardin, il se jeta littéralement sur Rozen, s'accrochant à son coup et lui grimpant limite sur le dos, tout en baragouinant une suite de sons inarticulés. Il se mit à sautiller,entrainant Rozen dans une danse de la pluie effrénée au cours de laquelle ils manquèrent plusieurs fois de se viander en trébuchant sur un fagôt.
Lorsque Donan se fut un peu calmé, il ébouriffa les cheveux de Rozen tout en souriant si largement qu'on aurait pu se demander si son visage n'allait pas se fendre en deux. Il retrouva bientôt l'usage de la parole :
- Pourquoi t'es pas venue plus tôt, Roro la terreur ? C'est que je commençais à me demander si tu m'avais pas oublié ! Hurla-t-il, sans parvenir à maîtriser le volume sonore de sa voix. Il savait que Rozen détestait ce surnom (si ça te va. Moi, perso, je détesterais^^), raison pour laquelle il l'avait employé.
Il avait réellement eu peur en ne voyant pas sa vieille copine débarquer dans les dix minutes suivant son arrivée. Il s'était demandé si Rozen n'accordait pas moins d'importance que lui à leur amitié. C'est vrai qu'ils se voyaient moins souvent ces derniers temps. Après le décès de Rose, Donan n'avait plus remis les pieds à Sywhaîd. Et si lui et Rozen n'avait jamais perdu contact (il avait un bon paquet de lettres d'elle dans une vieille boite à chaussure, mélangées à celle de Lucia, Sylvia, Conan ou sa mère), leurs vies avaient divergé. Donan parcourait le monde en faisant le plus de trucs dangereux possible pendant que Rozen enseignait à Sywhaîd. Peut-être qu'elle avait changé, peut-être qu'elle était devenu adulte. Pas comme lui, avec son look d'ado mal rasé et cette vie de bohème. La retrouver à Sywhaîd avait été l'une des grande motivation de son retour. Et elle était là, pas trop tôt !
- Tu entre boire un truc ? Demanda-t-il en ouvrant la porte, avant d'ajouter, un ton plus bas, putain j'suis trop contente de te voir ma vieille... |
|  | | Rozen Vanloo Professeur de Magie Environnementale


Nombre de messages: 697 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: O brother, where art thou ? Lun 14 Avr - 23:41 | |
| Rozen était une assez grande adepte de la méthode Coué ; déjà petite elle aimait jouer les dures et ne s'avouait jamais vaincue lors des batailles de boue. Depuis, elle avait arrêté les batailles de boue (bon, presque arrêté disons), mais elle continuait à avoir cette petite fierté qui l'empêchait d'admettre qu'elle soit affaiblie ou attristée. Après tout, c'était tout de même un cas assez spécial d'une mère qui parvient à s'autopersuader qu'elle ne doit pas voir son fils plus d'un trimestre dans l'année, alors même qu'ils ne demandaient que cela, elle et lui.
Donc, à côté de ça, vous pensez bien que la déception de ne pas revoir un ami d'enfance qu'on a pas revu depuis des années, ce serait l'enfance de l'art de s'en remettre. En plus, elle n'aurait pas à faire de hoola-hoop, ce qui était quand même une sacrée consolation. Elle marchait donc d'un pas tranquille, un sourire serein au visage ; mais tout de même assez remuée pour ne pas s'apercevoir qu'elle était quasiment sur le point de périr écrasée sous trois tonnes de bûches roulant à vive allure sur la chaussée. (Heureusement pour elle, j'exagère un peu, là).
Et bien évidemment, dans de telles circonstances, elle se laissa surprendre par une chose qui l'agrippa par le cou, chose qui lui grimpa sur le dos en poussant des cris bizarroïdes. Rozen, si elle avait jamais cru à une agression en plein Sywhaîd de la part d'un Clurichaun éméché, serait donc rassurée : car ces borborygmes étaient reconnaissables entre mille, oui ! Ah, qu'ils étaient doux à ses oreilles, ces étranges sons inarticulés ! Ils résonnaient comme la plus douce des musiques (une musique très actuelle, cela va de soi).
Donaaaaaaan ! Il était revenu, l'homme-préhistorique-au-secret-inavouable ! Dodo la malice, Droodle le magnifique ! De quoi, effectivement, se lancer sans réfléchir dans une danse de la pluie effrénée. Aaaah, le temps avait passé, mais les gestes étaient demeurés inscrits dans sa mémoire, ce fameux jeté du pied gauche, ces bonds gracieux de lapin shooté à la caféine, parmi les fagots -hey, ils avaient gardé la forme, tous les deux ! Même pas tombée après le "grand salto de salutation aux cumulus" ! Et une évitation somptueuse de la bûche numéro sept, vraiment c'était bien regrettable que Nelson Monfort ne soit pas là pour commenter l'exploit.
Après pareille perfomance, premièrement il ne plut pas (bizarre...). Deuxièmement, Rozen et Donan jouèrent à celui qui aurait le sourire le plus large (ex aequo, on va dire). Troisièmement... Tadadadam, catastrophe. Du tréfonds de ses plus enfouis cauchemards, il revint la hanter... LE surnom débile. Rozen en eut le souffle et le sifflet coupés. Comment, après toutes ces années, après le long travail qu'il lui avait fallu faire sur elle-même pour surmonter ce traumatisme de l'enfance, COMMENT ? Une locution qui n'eût jamais dû réapparaître des tréfonds de l'inconcient où elle avait été rejetée...
Ooooh, il allait payer pour cette infâmie. Et il le savait sûrement déjà. Ce qui n'en rendait les choses que plus drôles. Sacré Donan, Dieu merci, lui non plus n'avait pas trop évolué, visiblement, depuis la glorieuse époque des batailles de crottin.
"Pas fâchée non plus, vieux frère, même si j'vais d'voir faire des folies d'mon corps à caus' de toi", répliqua Rozen toujours un large sourire aux lèvres, alors même qu'elle prenait conscience que le hoola-hop, en fin de compte, était de nouveau à l'ordre du jour. "Allons dévaliser la réserve de Conan comme au bon vieux temps !", ajouta-t-elle, enthousiaste, en sautillant vers la porte de la maison du gérant. Mais elle s'arrêta sur le seuil, une lueur narquoise dans le regard.
"Heeey, minut' libellule, maintenant qu't'es un homme respectable, m'sieur l'gérant, pas sûr qu't'aies l'droit d'picoler en service... j'te fais une camomille, d'acc' ?" Elle lui jeta un sourire angélique, avant de déclarer plus sérieusement, l'air encore incrédule : "J'aurais jamais cru qu'tu r'viendrais t'enterrer ici, purée, c'trop cool... Tantine la Brume n'a pas été trop... fidèle à ell'même ?" |
|  | | Donan Fiadh Ancien Personnage


Nombre de messages: 26 Date d'inscription: 14/01/2008
 | Sujet: Re: O brother, where art thou ? Mer 23 Avr - 11:04 | |
| Le visage de Donan se décomposa lorsque Rozen prononça le mot camomille. la camomille avait hanté leur enfance, planant comme un spectre parfumé au dessus de leurs têtes blondes (enfin, pas blondes, m'enfin). La camomille qu'on les forçait à boire quand ils avait le rhume, la camomille qu'on devait subir les dimanche quand on prenait le thé chez Rose, la camomille au goût fadasse que sa mère s'obstinait à lui donner au petit déjeuner (jusqu'au jour où il l'avait vomi dans son avoine)... Depuis qu'il avait quitté Sywhaîd, Donan avait proscrit la camomille de son régime alimentaire. Au profit de boisson plus masculines, comme l'alcool de pomme de terre par exemple. Le visage du gérant se détendit enfin lorsqu'il comprit que Rozen plaisantait, et un sourire de renard se dessina sur ses lèvres.
- Oh, mais tu vas m'accompagner, pas vrai ? Rose a laissé des montagne de camomille dans le placcard de la cuisine, ce serait trop bête de gâcher !
Donan s'effaça pour laisser entrer Rozen, la bousculant au passage, en témoignage de son affection.
- Je pensais pas que tante Brume me laisserait passer pour tout te dire, dit-il en suivant son amie dans la cuisine. Elle a été super chiante.Donan eu un sourire d'impertinence avant de lançer, rieur, Sérieux, je crois qu'elle se fait vieille la tantine.
Donan avait toujours aimé se moquer de l'autorité sous toutes ses formes. Et, ici, la Brume c'était l'autorité suprême, l'entité surpuissante, le superman des nuages magiques non identifiés. Bref, le big boss. C'était la première fois qu'il avait du lui rendre des comptes pour entrer. La première fois que la Brume rechignait à le laisser passer, lui, le galopin de la Noble Lande. Le sourire de Donan s'effaça brusquement et il cacha son trouble en farfouillant dans le bar de Conan. Le vieil homme avait passé sa vie à produire des liqueurs de toutes sortes, qu'il gardait jalousement dans le vieux meuble de chêne, en prévision des grandes occasions. mais aucune occasion ne lui semblait jamais assez prestigieuse pour qu'il daigne se séparer d'une cuvée. Les fesses de Donan se souvenaient encore de ce jour mémorable où ils avaient vidé à eux seuls la moitié des bouteilles, un jour où Conan était à la chasse. Donan et Rozen étaient alors âgé d'aproximativement douze ans, et leur première cuite avait été mémorable. Ils avaient dû boire moultes camomilles pour se remettre.
- Framboise ? Mûre ? Pomme ? Saule ? Camomille ? Proposa Donan en sortant les bouteilles une à une.
C'est alors qu'un détail qui lui avait échappé dans l'euphorie des retrouvailles lui revint brusquement en mémoire. Il regarda Rozen d'un air circonspect, quatre bouteilles à la main, accroupit au sol dans une posture passablement ridicule.
- Attend, comment ça tu vas faire des folies de ton corps ?
Donan était plus ou moins au courant de ce qu'était la vie de Rozen à Sywhaîd, grace aux lettres qu'ils n'avaient jamais cessé de s'envoyer. Il avait entendu parler des nouveaux habitants du coin, des anciens, des étudiants, des bêtes, et même des plantes... mais pour ce qui était de faire des folies de son corps, Donan ne voyait pas, non. Rozen lui aurait-elle caché l'ouverture d'une boite de gogo danseuses dans les ruines ? Voila qui rendrait son séjour à Sywhaîd moins monotone. ça et les habituelles batailles de boue avec sa vieille copine bien sur. Il faut entretenir les bonnes habitudes. |
|  | | Rozen Vanloo Professeur de Magie Environnementale


Nombre de messages: 697 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: O brother, where art thou ? Mar 29 Avr - 15:15 | |
| Rozen s'était affalée dans un des vieux fauteuils de Conan, dont le rembourrage en paille faisait crever le tissu à divers endroits. La réponse de Donan l'avait laissée songeuse ; "boarf, elle a toujours eu un faible pour son petit Dodo", avait-elle répliqué d'un ton rieur au Dodo en question, alors occupé à farfouiller dans le bar.
Mais elle se demandait tout de même si ce n'étaient pas plutôt eux qui avaient vieilli, depuis la Grande Epoque. Bien sûr, tous les Sywhaîdiens de naissance, un jour ou l'autre, étaient un jour ou l'autre arrêtés par la Brume au moment de rentrer au bercail ; la première Quête était une expérience assez étrange. Le fait d'en subir une nouvelle quelques années plus tard l'était autant. On ne se rendait pas facilement compte de sa propre évolution.
Mais Donan lui présentant alors son postérieur, il échappa heureusement à cette Rozen songeuse, qui disparut aussi vite qu'elle était apparue, à la vue des bouteilles de liqueur. Les yeux de la jeune femme pétillèrent, un sourire enfantin se dessina sur son visage.
"Oh, j'crois qu'ton retour se fête par un grand verre de Klonk, non ?"
Le Klonk était un cocktail très savant que Donan et lui avaient inventé ; en fait, ça consistait à prendre deux trois bouteilles totalement au hasard et à les mélanger au petit bonheur la chance. Le but du jeu était ensuite de deviner les composants, ce qui s'avérait de plus en plus difficile au fur et à mesure des gorgées.
Mais peut-être Donan n'entendit-il même pas la commande de Rozen, car il venait de noter une petite phrase glissée au détour de la conversation, et bien évidemment ambiguë. Sa camarade se contenta d'un sourire mystérieux.
"On est pas mariés, que j'sache !"
Elle laissa un temps de silence, et, juste comme Donan allait répondre, ajouta, singeant la mégère offusquée :
"Non mais c'est vrai, quoi, chéri, depuis quand j'ai b'soin d'ta permission pour faire du hula-hoop entre deux meules de foin ?"
Il aurait peut-être été plus amusant de laisser le doute subsister davantage dans l'esprit de Donan, mais Rozen n'avait jamais été quelqu'un de très subtil. |
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