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 [ME] Cours III : "The air is full of spices"

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Rozen Vanloo
Professeur de Magie Environnementale
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MessageSujet: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mer 26 Mar - 11:22

[Ce cours a lieu en mai]

Un grand cri de joie retentit dans la lande, faisant fuir quelques mètres plus loin les moutons qui y paissaient paisiblement. Une silhouette lourdement chargée descendait en courant, coupant à travers champs, les bras en croix.

"Yahouuuuuuu !" s'écriait avec sa discrétion légendaire Rozen Vanloo, ses pieds chatouillés par l'herbe verte ; ils n'étaient pas nus, chardons obligent, mais chaussés de petites sandalettes justifiées par un soleil radieux. L'était tout autant la... robe ? La tunique composée de morceaux de tissus dépareillés, disons. Chargée de plusieurs besaces dans lesquelles s'entrechoquaient des récipients de verre -à en croire le bruit-, Rozen filait au lieu de rendez-vous à vive allure. Elle n'était pas vraiment en avance.

Saluant d'un éclat de rire essoufflé les participants déjà présents, elle se laissa retomber lourdement sur le sol ; nouvel entrechoquement des bocaux.

"Pfiou ! Quelle descente ! J'avais oublié l'miel..."

Rozen éclata de rire une nouvelle fois. Les joues roses, pimpante, vautrée dans l'herbe tendre, elle inspira l'air profondément, en fermant les yeux de plaisir.

"On est pas bien, là ? Ça va être génial ; en attendant les r'tardataires... j'veux dire, ceux qui s'raient encore plus en r'tard que moi, j'ai une idée : baladez-vous un peu dans l'coin, abrutissez-vous du parfum des fleurs, de l'herbe, des plantes... Et ram'nez-nous le truc du coin qu'a vot' préférence, niveau odeur. 'Pouvez faire des mélanges, s'vous voulez ! 'tendez... Hop ! Prenez des bocaux... Pas besoin d'dévaliser la lande non plus, notez !"

Rozen extirpa de sa besace lesdits bocaux, qu'elle distribua au fur et à mesure des arrivées. La lande était plus fleurie que jamais, effectivement ; il n'y avait qu'à se baisser pour se laisser enivrer.

[Faites votre petit cocktail et décrivez les plantes/odeurs ; vous pouvez mettre autre chose que des plantes, mais ne prenez que ce qui se trouve à votre portée, dans la lande ou dans vos affaires, donc.]

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Wren Vaughn
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Jeu 27 Mar - 15:17

Bien qu’étant arrivé près de deux mois plus tôt, Wren s’était fait plutôt discret dans la Noble Lande. Il avait assisté à quelques petites réunions et faisait des corvées mais il ne s’était pas vraiment sociabilisé. Il faut dire que son accueil par Veerle, chamane elfe du coin, avait été un gros choc et une preuve non négligeable de son incapacité à paraître normal et à être discret dans ce nouveau monde. Après ce premier échec, ou du moins ce qu’il considérait comme tel, il s’était réfugié dans un lieu qui était tout à fait typique et rassurant pour un Watcher, la bibliothèque. Il en avait lu pas mal d’ouvrages, sur pas mal de thèmes, il avait d’ailleurs commencé par se renseigner sur le peuple de Veerle mais il n’y avait pas trouvé grand-chose. Il avait appris plus de choses sur la magie et sur Sywhaîd en deux mois qu’il n’en avait appris durant toute sa vie. Il faut dire qu’il n’avait jamais eu accès aux archives les plus intéressantes des Watchers, il n’avait jamais été assez gradé pour ça. Contre toute attente, il n’avait fait aucun rapport au Conseil. En arrivant, il avait écrit une lettre où il avait expliqué à son père qu’il avait réussi à entrer dans Sywhaîd mais qu’il n’enverrait aucun rapport tant qu’il y serait parce que la Brume risquerait dans ce cas de le virer. En fait, il n’était pas certains de ce qu’il avait écrit, mais il n’avait pas envie pour le moment de trahir la confiance de la Brume, ni de trahir la confiance du Conseil, il avait donc fait en sorte de gagner un peu de temps. Evidemment, son père lui avait répondu d’une façon assez désagréable mais au moins ça il y était habitué.

Quand il avait découvert que certains cours étaient ouverts à tous, même aux non-sorciers, il avait décidé de s’inscrire au plus de cours possible. Il avait choisi ceux où il pourrait participer sans problème, quitte à être aidé d’un ou deux accessoires, et avait ensuite été très impatient de se rendre à ces cours. Il était même arrivé une demi-heure en avance dans la Lande ce jour-là. Il s’était habillé d’un pantalon à pinces marron et d’un polo bleu clair assez fade. Ses vêtements n’étaient pas aussi originaux que ceux de la plupart des sywhaîdiens, et il faisait même assez décalé avec son air de premier de la classe, mais pour le moment il n’y prêtait pas tant d’importance, il n’avait qu’une peur, qu’on se moque de lui à cause du fait qu’il n’avait pas de pouvoirs magiques, ou juste parce qu’il était Wren Vaughn.

Quand Rozen débarqua, Wren n’était pas assis dans l’herbe, il se tenait debout, raide comme la justice, plus sérieux que jamais. Il ne reprocha absolument pas le retard, l’accoutrement ou la décontraction du professeur, en fait il aurait rêvé d’être comme ça, mais il n’avait pas été éduqué dans un cadre qui apprenait aux gens à se lâcher. Quand il se laissait un peu aller, il avait tendance à se ridiculiser, et on ne lui avait pas appris non plus à ne pas s’en préoccuper. Birdie avait tendance à tout prendre très au sérieux, voire au premier degré.

Il prit un des bocaux, plus raide et stressé que jamais et commença à chercher des choses à récupérer. Il n’était pas du tout prêt à comprendre qu’il fallait être un minimum décontracté pour faire ce cours, il avait tout de suite embrayé sur un sérieux qui aurait été s’il avait été à Yale plutôt qu’à Sywhaîd. Il se mit à chercher des plantes intéressantes à récolter, dévalant à moitié les pentes, l’air un peu ridicule comme toujours.

Il commença par prendre deux ou trois fleurs bleu saphir. De simples bleuets en fait. Il aimait leur odeur, elle lui rappelait l’odeur de la cuisine de sa grand-mère quand il était enfant, la vieille femme en cueillait durant toute la saison et les dispersait un peu partout dans sa cuisine pour faire disparaître les mauvaises odeurs. Il prit ensuite plusieurs paquerettes toutes simples, des fleurs qu’il avait toujours aimées, comme la plupart des gens. Leur odeur n’était pas très forte mais il la reconnaissait entre toutes, une odeur fraîche, associée au printemps et à la pluie d’été. Il ajouta ensuite quelques coquelicots, à l’odeur plus poivrée. Il aimait en fait surtout leurs couleurs. Finalement, après une hésitation qui dura plus longtemps qu’elle ne l’aurait dû, il ajouta une poignée de brins d’herbe. L’odeur de l’herbe était une de ses odeurs préférées. Le mieux était l’odeur de l’herbe durant l’orage mais il n’avait aucun moyen de trouver ça pour le moment. Il retourna ensuite vers Rozen, terriblement anxieux à l’idée d’avoir mal fait.

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So don't tell me anymore
And I really don't want to hear
About her feet all up in the air
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Mathys Adam
Sywhaîdien
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Sam 29 Mar - 13:52

Mathys était arrivé depuis une dizaine de minutes déjà, et attendait tranquillement la prof. De toute façon, il s'était trouvé un coin d'herbe confortable, et Rok, allongée derrière lui, l'air détendue, lui servait d'oreiller. Allongé ainsi, il avait sorti son carnet à croquis et a avait commencé à griffonner, sans paraître faire vraiment attention à Wren, qui était arrivé peu après... Le parfum des fleurs, le chant des oiseaux... c'était vraiment très chouette. En plus, il était revenu de chez lui depuis quelque semaines à présent, et avait l'esprit particulièrement en paix. Il avait retrouvé ses parents, après presque deux ans d'éloignement plus ou moins volontaire, et comme ses soeurs n'étaient pas là, puisqu'elles étudiaient toutes à Londres, avait pu reprendre contact avec eux un peu plus sereinement. Ils avaient enfin fini par comprendre qu'il ne reviendrait pas dans ce qu'ils appelaient « le monde normal » pour trouver un boulot, se marier et se ranger comme eux l'avaient fait à son âge, et qu'il avait besoin de liberté, et qu'on lui laisse le temps de se trouver. Et puis il avait retrouvé son bateau, et avait passé ses journées à naviguer. Il était même allé voir Lise, à qui il avait donné rendez-vous sur la côté normande.

Sa sérénité retrouvée fut troublée par l'arrivée en fanfare d'une Rozen plus Rozen que d'habitude. L'anglais adorait cette prof, qui comprenait le concept de « franche rigolade » et n'en donnait pas moins des cours particulièrement intéressants. Il se voyait difficilement louper un cours sur l'air, qui était son élément dominant, d'autant plus qu'il continuait à s'entraîner régulièrement à la maîtrise des éléments.

Aller se ballader? Trop bien! Le jeune homme, ravi, dut un peu pousser son daemon, qui aurait volontiers paressé au soleil. Mais finalement, ce fut Rok, grâce à son odorat plus fin, qui le guida jusqu'à ce qu'il cherchait: un énooooorme parterre de fleurs.

Choupette, t'es un génie.

Le serval grogna de contentement, avant d'aider son humain dans sa cueillette. Finalement, Mathys se présenta devant Rozen en lui présentant galamment un magnifique bouquet . Il avait aussi sélectionné quelques fleurs particulièrement odorantes qu'il avait mis dans son bocal, ainsi que quelques baies, de l'herbe fraichement coupée et un peu de sève de pin, qu'il avait trouvé par miracle à la lisière de la forêt, pas loin.

Il sourit à Wren, et aux autres, et retourna s'asseoir avec son daemon, très content de sa cuillette.
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Annalda Kremstal
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Localisation: Dans les nuages, bien sûr.
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 4 Avr - 18:27

Anna était sur les lieux depuis un moment. Elle ne s’était pas alarmée de l’absence de professeur, elle commençait à connaitre les convenances peu communes de Rozen. Elle avait bien entendu deux personnes arrivés mais plongeait dans sa contemplation des nuages, elle n’avait pas daigné se relever et les saluer. Elle était là, allongée dans l’herbe, les genoux remontés, mordillant un brin de blé les bras repliés sous sa tête. Du Jazz lui tournait dans la tête, suivant le contour des nuages sporadiques de cette si belle journée. L’état sauvage de la lande laissait quelques places d’herbe assez haute pour y dissimuler une blondinette. Même sa jupe bleue, fleurie, volumineuse de jupons et lui arrivant aux genoux n’attirait pas l’attention dans la végétation de la lande. Pour le reste, Anna portait un haut satiné beige (ou plutôt ivoire) à décolleté rond, à manche écourté au milieu des épaules et à découpe sous poitrine. Quelque chose de léger, agréable et printanier.

La demoiselle s’apercevait que, depuis qu’elle était à Sywhaîd, ses sens se développaient, sa sensibilité s’emballait pour un rien, sentiment qu’elle connaissait déjà mais qui ne lui arrivait pas chaque jour d’ordinaire. De choc esthétique en nostalgie harmonieuse, la belle sautait d’émotion en émotion. Ses yeux s’embrumaient de voyage lointain au cœur d’un monde si proche et si insaisissable en même temps, un monde de pure émotion. Et cela, si souvent maintenant, qu’elle ne se comprenait plus comme avant. Son caractère ne changeait pas en lui-même, c’était elle qui changeait en profondeur et qui s’épanouissait dans sa sensibilité. Mais, avec cette base, il fallait remanier son être, le comprendre à travers son nouveau soit même. Ca, c’était dur ! Elle avait l’habitude d’analyser, de réfléchir ses actes à partir de ce qu’elle savait d’elle-même, elle avait mis du temps à apprendre à faire cela. Et voilà, qu’elle changeait à nouveau, qu’elle brisait un nouveau voile de sa personnalité, le travail d’apprentissage de soit même devait reprendre presque à zéro. Du coup, souvent, elle avait du mal à définir son rapport aux autres, car elle s’analysait encore mal.

Et puis, elle débordait d’émotion et elle avait envie de partager ses sentiments : d’aimer. Mais ça, c’était peut être le printemps qui influençait la nature.

Rozen arrivait, la réflexion et la nostalgie des nuages s’achevaient. Anna se releva, des brins d’herbe dans les cheveux et partout sur elle. Elle ne prit pas la peine de les enlever, c’était bien inutile. Elle s’aperçut qu’elle se trouvait dans le dos des deux autres élèves. Elle reconnut avec un sourire en coin Mathys et son calepin. L’homme, statique à ses côté, elle ne l’avait jamais vu, si, peut être croisé en fait, mais qui ne s’était jamais croisé à Sywhaîd ?

Elle attendit que ceux-ci partent pour se relever, s’épousseter un peu, ce qui était bien inutile et aller chercher un récipient de verre. Elle lança un grand sourire à Rozen avant de tourner les talons vers la lande balayée par la brise.

Elle dénicha un petit cerisier sauvage. Elle prit quelques branches, parsemées de petites fleurs roses, puis trouva un coin de champ plein de jonquille. Elle entoura ses branches d’arbre de fleur jaune et finit son bouquet par de grands brins d’herbes différentes. Ainsi, le rose et le jaune était noyés de végétation sauvage formant un bouquet pour le moins champêtre. Elle sentit le tout, il y avait mieux comme odeur, mais les couleurs étaient harmonieuses. Elle se reprit et posa son nez sur le bouquet en respirant l’odeur avec plus d’attention. OUI, c’était bien ça. L’herbe sèche sentait la paille et associé au délicat parfum du cerisier, la vision de plantation lointaine s’insufflait dans l’esprit de l’autrichienne. Cela sentait les champs, la lourdeur de la poussière, et la légèreté des parfums de fleur printanière sous le soleil hardant. Les cotonniers. Les notes plombées de contrebasse. Le jazz.

Elle fit balancer ses hanches, claquer ses doigts et elle enchaina quelques pas jazzi dans ses ballerines de toile. L’intro tournait dans sa tête. Un mouvement de tête signala la mise en place de la rythmique à la batterie, la ronde des balais sur la caisse claire. Madeleine Peyroux se mit enfin à chanter à travers Anna un Dance me to the end of love en pleine air.

De pas de danse et de balancement, Anna récupéra pour sa fiole du thym, du romarin et quelques fleurs blanches de prunier. L’atout parfait qui donnerait l’eau à la bouche (même si la belle ne faisait pas de cuisine) ce serait une pointe de miel. Hors, l’habitat des abeilles n’étaient pas tout prêt, elle ne pouvait se permettre d’y faire un tour. D’une inspiration, elle se rappela de la pomme et de son mini sandwich de baguette de pain dans son sac. Ce dernier était au miel ! Parfait. Elle alla le cherche, l’ouvrit et attrapa un brin d’herbe à sifflet pour en racler une partie. Elle le glissa avec le reste. Miam.

Elle décrocha une autre herbe pour sifflet, mit la fiole dans son sac et son bouquet sous le bras puis plaça avec précision la plante entre ses pouces collées pour sifflet comme le vent. S’amusant comme une enfant sous le regard critique de ses parents (en locurence Jind ), la belle rejoint les autres et Rozen.

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Vladimir Nikolaïevsky
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Dim 6 Avr - 13:57

Vladimir avait devancé Rozen de quelques minutes seulement, aussi n'avait-il pas eu l'occasion d'entamer une conversation digne de ce nom avec ses camarades déjà présents. Il s'était contenté de saluer brièvement les quelques visages connus (avec un sourire plus appuyé à sa coéquipière de volière, j'ai nommé Annalda) avant de balancer sans ménagement la besace qu'il avait emportée avec lui, contenant un bric à braque aussi varié qu'inutile.

Voya venait de s'asseoir à même la terre et roulait le bas de son jean jusqu'aux genoux, lorsque Rozen fit son entrée. Surprit dans le bon sens du terme, le russe se releva et épousseta rapidement son pantalon, devenu short pour l'occasion. Il avait hâte de voir ce que donnait un cour sur l'Air. Son élément dominant, pensa-t-il en posant un regard tendre sur Lena, dont les plumes légèrement irisées reflétaient les rayons du soleil.

Le cours commençait par une cueillette, ce qui ne fut pas pour déplaire à Vlad qui suivit aussitôt l'exemple de ses camarades. Il s'empara d'un des bocaux de Rozen et partit en quête de végétaux enivrants. Avec son short, son sac en bandouillère et son bocal, il avait l'allure d'un parfait touriste (si on comparait le bocal à l'appareil photo évidemment).

- Let's go ! Lança-t-il enthousiaste.

Au cours d'une de ses balades autour de village, Voya avait découvert un petit coin de paradis, pas très loin d'ici d'ailleurs, à cinq minutes à peine. Il contourna un large talus, enjamba le bras d'un petit ruisseau, descendit un pan de colline et se retrouva à l'endroit espéré. Une petite plaine parsemée d'innombrables fleurs en tout genres s'offrait à lui. De nombreux végétaux multicolores et très odorants attendaient patiemment d'être remarqués, par lui ou un(e) autre.

Après avoir fait un petit tour, Vladimir cueillit quelques clochettes d'une Jacinthe des bois bleue qui poussait là par hasard. Quelques clochettes seulement, car il ne voulait pas tuer la plante et de toute façon les Jacinthes étaient suffisamment odorantes pour en tirer quelque chose avec peu de matière. Il s'aventura un peu plus loin et tomba sur de ravissantes petites fleurs roses qui dégageaient un délicieux parfum sucré. Il en cueillit deux et les glissa dans le bocal.
En se dirigeant ensuite en direction de la forêt qui n'était plus bien loin, il découvrit, à l'abris de gros rochers un nombre incalculable de violettes.

- C'est encore la saison ? Demanda-t-il à Lena.

Mais sans attendre sa réponse, Vlad cueillit quelques violettes dont le parfum doux et caractéristique vint bientôt rejoindre les autres fleurs du bocal.
A cela il ajouta également de grandes marguerites sauvages d'un blanc éclatant qu'il garda à la main et dont les fragrances un peu… rugueuses, apportaient une touche de masculinité au résultat.

Il était sur le chemin du retour lorsqu'il tomba sur une jonquille fraîchement coupée. Quelqu'un avait dû passer par là avant lui. Peu importe. Vladimir se baissa et ramassa la fleur jaune qui donna à son petit bouquet une touche de gaîté supplémentaire.

Pourtant, ce n'est qu'à quelques pas du groupe que Voya trouva l'ingrédient qui "avait sa préférence". Un parfum délicieux flottait dans l'air, fruité, fort… et doux également. Voya avait beau chercher, il n'apercevait que de l'herbe, des buissons verts, des ronciers, et des herbes sauvages. Après quelques minutes de recherches, tel un limier, Vladimir parvint à trouver d'un provenait la fragrance. Une centaine de petites fraises des bois poussaient à l'ombre d'un buisson de ronces sauvages. Vladimir se pencha pour s'assurer qu'il ne se trompait pas, en cueillit une, qu'il goûta pour s'assurer de la marchandise, non sans provoquer une légère appréhension chez son daemon. La fraise était délicieuse et fort odorante : du pain béni pour sa petite récolte. Attrapant trois beaux spécimens, le russe les fit tomber délicatement dans le bocal, parmi les cloches de jacinthe, les violettes et les petites fleurs roses dont il ignorait le nom. Et, fort de cette trouvaille, rejoint Rozen et les autres.

Voya s'aperçut que d'autres n'avaient toujours pas finit leur cueillette. Il constata également que la jonquille coupée devait provenir du bouquet d'Annalda, à moins que d'autres aient eut la même idée qu'elle. Il jeta ensuite un œil aux récoltes des autres et nota que l'herbe était un ingrédient auquel il n'avait pas pensé. Comme quoi la simplicité avait du bon parfois.
Le jeune homme vint se placer près de Wren qui se tenait là, debout, visiblement stressé… ou constipé, Vlad ne savait pas trop.

- Il ne digère peut-être pas son déj' ? Chuchota-t-il tout bas à Lena.
- Voyaa ! Répondit le héron d'un ton plein de reproches.

Il faut dire que l'allure du moscovite contrastait avec celle de l'anglais, surtout côté à côte. Vladimir se trouva "débraillé" par rapport à Wren et tenta de réajuster son tee-shirt rouge marqué d'une gros "CCCP" blanc en travers du dos. Peine perdue malheureusement.

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Shaelyn O'Reilly
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mar 8 Avr - 22:08

Shaelyn arriva quelques minutes avant Rozen. Ayant eu peur d'arriver en retard, la jeune fille avait courut dans la lande jusqu'au lieu du cours et était essoufflée. Quand elle arriva, elle vit avec joie qu'elle n'était pas en retard. L'adolescente s'assit sur l'herbe qu'elle carressa de sa main. La jeune écossaise était habillée d'un pantacourt en jean et d'un teeshirt blanc. Elle portait une paire de basket, idéal pour marcher dans la lande. Même si cela faisait quelque mois que l'adolescente était arrivée à Sywhaîd, elle ne s'était pas vraiment liée aux autres. Elle s'était beaucoup promenée dans la lande, avait fréquenté la bibliothèque et passé beaucoup de temps avec Enzo pour apprendre les sorts de base. Enfin Rozen arriva chargée comme une mule. Elle s'excusa pour son retard en expliquant qu'elle avait oublié le miel. Shaelyn adorait le miel. Une fois que la jeune femme eut reprit son souffle, elle leur proposa de commencer par une cueillette. Cela ravi l'adolescente. Elle aimait beaucoup se promener dans la lande et la nature était vraiment fleurie à cette époque de l'année. Quelques étudiants étaient accompagnés de leur daemon. Elle prit un des pots apportés par Rozen et se mit en quête de différentes plantes.

Elle commença à marcher dans la lande et laissa son sens olfactif s'imprégner des odeurs du printemps. Elle se laissa attiré par un petit par terre de coquelicot. L'adolescente en récupéra quelques uns. Leur odeur poivrée lui plaisait beaucoup et leur couleur rouge l'avait attiré. Puis elle reprit sa promenade à travers la lande. Elle repéra quelques bleuets qui se trouvait pas très loin. Leur bonne odeur lui rappelait quelque chose, mais Shaelyn n'arrivait pas à mettre une image dessus. Elle en récupéra quelques uns et les rajouta aux coquelicots.Le mélange de couleurs rendait bien et l'odeur poivré des coquelicots était atténué par celle des bleuets. Elle reprit sa marche tranquillement et tomba sur des violettes, ses fleurs préférées. Elle adorait leur odeur. Elle en cueillit quelques une et après les avoir sentit, elle les mit dans son bocal. Un peu plus loin elle aperçut un cerisier. La jeune écossaise s'y dirigea et cueillit une branche remplit de fleurs de cerisier. Elle la plaça au centre de son bouquet et lia le tout avec plusieurs brins d'herbes entrelacé. Dans son pot elle mit quelques baies sauvages et mures qu'elle avait trouvé ainsi que qu'un peu d'herbes fraiches. Ajouté aux violettes cela donnait une bonne odeur.

C'est armé de son bouquet et de son pot, Shaelyn rejoignit les autres et s'assit par terre attendant le verdict de Rozen. Un verdict qu'elle craignait intérieurement. Elle espérait vraiment ne pas avoir fait d'erreur dans sa cueillette.

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Veerlkën Nashkyis
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mer 9 Avr - 15:26

Comme à son habitude, le professeur Rozen fit une entrée en trombe dans sa « salle de classe ». Bien sûr, ce n’était que la deuxième fois que Veerle participait à un cours de Magie Environnementale, mais quelques discussions avec d’autres Sywhaîdiens lui avaient appris qu’il s’agissait de son état normal – la retenue s’avérait souvent symptôme de maladie grave chez les gens de son espèce ! – mais tous assuraient, en contrepartie, qu’elle connaissait très bien son sujet, même si elle enseignait une méthodologie peu orthodoxe. Veerle avait ainsi décidé d’assister à une autre leçon de cet étrange énergumène, d’autant plus que cette saison-ci était consacrée à l’autre facette de sa dominance horizontale : l’air, à l’image de son volatile Daemon.

Saluant Wren et Mathys au passage, la Chamane prit à son tour un bocal, puis ferma les yeux à la recherche de l’arôme le plus doux à ses narines. Elle se pencha plusieurs fois, tâtant du bout du naseau l’une et l’autre fleur avant de se détourner vers quelques mousses humide, qui lui rappelaient le lichen de sa terre natale. Elle agrémenta le mélange d’une ou deux baies au parfum sucré, quand tout d’un coup son regard croisa les yeux rouges d’Aedenweiss, qui lui tendait une petite fleur blanche du bout du bec. Elle s’arrêta un instant dans son geste.

« Ne recommence jamais ça, grogna-t-elle, se détournant de cette vision.
– Qu’y a-t-il de mal à t’offrir une fleur ? »

L’Elfe ne répondit même pas, se contentant de s’asseoir en silence aux côtés de Mathys Adam, sur le tapis d’herbe verte. Le cygne noir, désœuvré, ne tarda pas à les rejoindre à tir d’ailes.

[Toutes mes excuses pour la longueur : pas très inspirée ^^"]

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Arabella Lancaster
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Jeu 10 Avr - 16:29

Dissimulée par un chapeau blanc à larges bords sensé protéger son teint clair des rayons du soleil, et profitant de l'entrée en scène remarquée de Rozen , Arabella put faire une entrée discrète. Et comme le professeur commençait déjà à expliquer aux autres étudiants ce qu'elle attendait qu'ils fassent avant l'arrivée des retardataires (catégorie à laquelle l'anglaise appartenait, bien que ce ne fusse que de quelques secondes), la jeune femme ne salua ses camarades que d'un vague signe de la main que peu remarquèrent. Par politesse envers le professeur (oui ! Cette lande ensoleillée et fleurie était bel et bien leur salle de cours !) Arabella ôta son chapeau et le fourra sans ménagement dans le grand sac de toile qu'elle trimballait ce jour-là. Elle se saisit ensuite d'un bocal et, se laissant guider par son odorat et celui, bien plus aiguisé, d'Amoandh, elle se mit en quête de plantes odorantes.

Les deux moitiés s'éloignèrent progressivement de la colline sur laquelle se tenait (enfin, elle était plutôt étendue dans l'herbe) Rozen. Là-bas, la colline était suffisamment fleurie pourtant, mais la présence d'un trop grand nombre d'étudiants aurait sans aucun doute perturbé Arabella. La cueillette de plantes était l'une des rares activités à laquelle elle préférait s'adonner seule. Après qu'un bref coup d'oeil par-dessus son épaule lui eût assuré que les personnes les plus proches étaient assez éloignées pour ne pas la reconnaître, Arabella ferma les yeux, leva la tête, et sembla humer l'air. Quoique étrange, sa technique se révéla efficace, puisqu'au bout d'une poignée de secondes, les deux moitiés se dirigèrent d'un pas résolu vers un petit arbuste non loin de là, recouvert de fleurs d'un rose aussi délicat que leur parfum était enivrant. La jeune femme n'aurait même pas eu à rouvrir les yeux pour reconnaître du lilas à travers ce parfum : ce dernier avait toujours compté parmi ses préférés ! D'une main experte, elle détacha une petite branche qu'elle plaça soigneusement dans son bocal, et repartit vivement à la chasse aux odeurs.

Lorsqu'elle commença à revenir sur ses pas, son bocal ne contenait que quelques feuilles de plus, dont le parfum qui s'échappait du bocal pourtant fermé indiquait clairement qu'il s'agissait de feuilles de menthe. Le mélange lilas-menthe se mariait fort mal à vrai dire, et chaque fois qu'Arabella avait ouvert son bocal, l'odeur l'avait littéralement écoeurée. Elle s'était donc résolue de séparer les deux plantes, et elle arriva ainsi au lieu du cours la main droite encombrée d'une branche de lilas, la gauche d'un large bocal empli de feuilles de menthe.
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Enzo Carizzi
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 11 Avr - 8:07

Enzo était à la bourre, comme souvent en ce printemps. Mais le jeune homme ne semblait pas plus préoccupé que ça par la chose. En fait, même si ça faisait un moment maintenant qu'il était revenu, il était, encore, à l'heure italienne et avait du mal à se faire au retour en Ecosse. Il avait été heureux de revoir sa famille, parents, frères et soeurs, sa Venise natale. Enfin... Le jeune homme soupira et se dirigea, en trainant la savate vers la lande. Il fallait qu'il voit Rozen, pour lui parler d'un projet qu'il avait. Maintenant, il s'était décidé à se remettre à son art, et était décidé à créer ses propres pigments pour le doter de propriétés jusqu'alors insoupçonnées. Mais il n'en avait pas eu le temps jusque là.

Bref... Tout ça pour dire que le jeune homme et Delhia atteignirent, enfin, le lieu du cours. Il reconnut rapidement ses camarades de cours, dont faisaient partie Mathys et Shaelyn. Avant toute chose, il se dirigea vers son bon pote de Norsken.

"Salut Thys!" lâcha-t-il en se laissant tomber à ses côtés.

Il adressa un rapide salut à la jeune Shaelyn puis se retourna vers l'anglais.

"On est censés faire quoi?"

*Cueillir des fleurs, peut-être...* lui suggéra Delhia.

Il attendit tout de même la réponse de son ami, puis se releva ^pour aller cueillir quelques fleurs odorantes: lilas, jonquilles, muguet... puis revint s'asseoir.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 11 Avr - 22:52

[Bon, pour cette fois je ferai aucun commentaire sur les énièmes "ton truc m'inspire pas du tout vu" que j'ai du retard et tout mais bon, pensez la prochaine fois à garder pour vous tout le mal que vous pensez de mes cours, hein ?]

Rozen n'était pas restée allongée dans l'herbe à somnoler pendant que ses étudiants fouillaient la lande et ses alentours à recherche de senteurs affriolantes ; bon, d'accord, de loin, ça pouvait prêter à confusion parce qu'elle était invisible dans les hautes herbes, mais Rozen bossait, elle aussi. Si, si : elle composait son propre bocal, avec le sacré avantage d'avoir déjà pu réfléchir à la question de ses parfums préférés. Heureusement, d'ailleurs, parce que si elle avait dû rassembler l'intégralité de ses goûts, il lui aurait fallu un bocal de la taille d'un jeune hippopotame (grand minimum).

Avec des gestes rapides et précis donc, ceux de celle qui sait parfaitement ce qu'elle cherche et où le trouver, Rozen gratta un peu de terre encore humide ; une terre particulièrement grasse, qui sentait même un peu le mouton. Non, ce n'était pas l'odeur la plus glamour qui fût, mais la prof savait ce qu'elle faisait, cette note musquée au fond du pot mettrait en valeur les touches plus délicates à suivre.

En l'occurrence, des tubéreuses au parfum très lourd, des orchis vanillés, dex trois clochettes de muguet un peu aigre. Enfin, herbe fraîche, serpolet et, apportant leur note envoûtante avec discrétion, des violettes dénichées à l'ombre des murets. L'ensemble donnait quelque chose d'assez fort, mieux valait ne pas coller son nez directement au bocal ; mais à une distance raisonnable, l'odeur gagnait en personnalité ce qu'elle perdait en agressivité.

Rozen eut tôt fait de collecter cet ensemble très folk-rock, mais les premiers étudiants arrivaient à leur tour, bocal sous le bras. Rozen leur fit signe de faire cercle autour d'elle. Finalement, quand ils furent tous à peu près là, elle reprit la parole.

"Bon, on dirait qu'la pluie en a découragé quequ'z'uns, mais les meilleurs sont restés, héhé. Ceux qui sont trempés, j'aime autant qu'vous vous séchiez, ça m'embêt'rait qu'vous attrapiez la crève à cause de moi.

Alors",
enchaîna-t-elle sans attendre la réaction des étudiants en question. "Pour l'instant, z'avez fat ça, j'imagine, un peu à l'instinct, d'façon désordonnée, mais en mettant l'nez dans vot'pot vous s'rez p'têt pas ravis du résultat ; on peut adorer les fraises et l'roqu'fort et trouver l'mélange des deux douteux. Pour les parfums, c'pareil : ça m'n'avre de l'dire, mais il faut un peu d'ordre. L'euphorisation à laquelle on s'initie aujourd'hui est une science assez pointue, parmi les disciplines magicomédicales alternatives."

Rozen toussa, comme si cet abus de jargon avait eu du mal à lui passer en travers de la gorge.

"Enfin bon, nous, on s'initie juste, hein, parce que sinon c't'horriblement compliqué c't'affaire. Bref. Vous l'savez pt'être, les parfums sont composés, en très gros, de trois parties, la note de tête, celle de coeur et...je sais plus comment s'appelle la dernière, m'enfin bon, la dernière note. Vous allez essayer d'organiser vot'mélange en fonction d'ces trois notes, en voyant quelle odeur s'impose la première, laquelle s'entêt' le plus...

Pour vous aider, j'ai amené tout un tas d'ingrédients qu'vous n'auriez pas trouvé dans la lande, et qui peuvent mettr'en valeur certaines de vos trouvailles, voire être en ell'mêmes des notes principales."


Tout en parlant, Rozen extirpa effectivement de son sac un ensemble désordonné de sacs et autres bocaux au contenus divers : elle les avait visiblement "empruntés" tant aux cuisines que dans les différentes fabriques de Sywhaîd ; il y avait aussi des plantes de la forêt, des algues du loch, des fruits séchés qu'on ne trouvait pas au printemps... Bref, il y avait de quoi faire.

"Bon, alors... j'avais plus ou moins essayé d'organiser ça... mais j'sais plus trop comment...enfin, euh, bon, tant pis", fit Rozen en zieutant d'un air sceptique ses petits sachets qui, effectivement, n'avaient pas l'air plus "organisés" que ça.

"Mais quand même, dernier truc technique, après j'vous fous la paix, il y a différents types de parfums, et faut qu'vous déterminiez aussi quel est plutôt votre type, quitte à faire le tri dans vos ingrédients. Alors, euh, les différentes sortes, c'est... fleuri, fruité, épicé, bien sûr, sinon, euh... musqué, boisé... oriental, cuirs, agrumes... bon, je crois qu'en gros c'est ça, enfin vous voyez le genre. Donc essayez de qualifier votre odeur idéale avant de la reconstituer, ça peut aider."

Et hop : Rozen s'était déjà mise au "travail", attrapant l'un après l'autre les petits sachets et les sniffant sans façon l'un après l'autre.

[Vous pouvez si vous le souhaiter revenir sur les propos de Rozen pour les préciser, elle ne vous en vodura pas ^^Sinon, vous pouvez d'emblée mettre au point "votre" parfum idéal, enfin disons un parfum qui plairait à votre personnage, en distinguant, donc, les trois notes "classiques" d'un parfum. Evidemment, ça ne signifie pas que vous devez vous limiter à trois ingrédients ! Chaque note peut être constituée de différents ingrédients. (pour plus de précisions, vous pouvez entre autres, tout simplement, jeter un coup d'oeil chez l'ami Wiki). Enfin, pour ce qui est des ingrédients apportés par Rozen, vu qu'elle est un peu fofolle, vous pouvez vous amuser à trouver des trucs sentant un peu bizarre !

NB : pour des raisons logistiques, ceux qui veulent poursuivre ce cours doivent absolument répondre à cette partie. En outre, je vous demande d'être relativement précis, si vous ne l'avez pas déjà été, dans les ingrédients utilisés (pas juste "des fleurs", donc)]

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Dernière édition par Rozen Vanloo le Sam 12 Avr - 10:37, édité 1 fois
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Enzo Carizzi
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Sam 12 Avr - 10:04

[j'me sens un peu visée, là en fait... je pensais avoir fait plus, sorry... J'va m'rattraper là]

Il y avait des gens trempés? A dire vrai, Enzo n'avait pas réellement fait attention à la éalité des choses et des autres personnes présentes à part Mathys et Shaelyn. Mais même pour ces deux là, il n'avait pas regardé s'ils étaient secs ou trempés. En fronçant les sourcils, le jeune homme, encore un peu ailleurs, entre ses pensées et l'Italie, entre son besoin de parler à Rozen et son désir de suivre le cours. Il fallait qu'il fasse un choix entre tout ça, il en était conscient. Poussant un léger soupir, tant ça lui était compliqué, tant il avait envie de penser à tout en même temps. Mais ça n'était pas possible. Seul l'instant présent requérait son attention. Il regarda donc ses camarades. Il y avait là une jolie brune avec du lilas dans la main gauche, comme lui, et des feuilles de menthe dans la main droite. L'italien adressa un grand sourire, un rien charmeur à la jolie jeune femme, puis passa à l'élève suivant.

Il remarqua, alors, de l'autre côté de son ami, une jeune fille un peu étrange qu'il avait déjà vu à l'époque à Norsken. Elle ne semblait pas être de très très bonne humeur. Enfin... C'était des choses qui arrivaient... Par contre, il aurait été bien incapable de dire ce qui cloquait dans la tête de Veerlken. Il aperçut alors le bouquet de Shaelyn. Les couleurs ne rendaient pas forcément bien, mais on était là dans un cours sur les odeurs, et pas sur les couleurs, même si lui, il essayerait plutôt d'allier odeur et couleur pour la suite du cours.

En tant qu'artiste, le visuel était pour lui très important. Alors que Rozen continuait de parler, le regard de l'italien fut attiré par du safran qu'elle venait de tirer de son sac. L'italien ne put s'en empêcher. Il se leva et prit le sachet. Le safran avait une légère odeur un peu épicée, mais terriblement agréable. Prenant enfin le pot qu'il aurait dû prendre dès le départ et avait oublié, il mit du safran dans le fond du pot.

*Tu vas faire un pot pourri mon grand?*
*Ouais, quelque chose du genre... C'est visuel, et ça sent bon...*

Il releva alors la tête vers Rozen. Elle avait parlé de deux des trois notes pour les senteurs. Enfin... Elle avait parlé des trois, en oubliant le nom et le principe de la troisième. Et, sachant qu'en peinture, c'était un peu la même chose, le vénitien prit la parole.

"C'est la note de fond. Celle qui persiste, celle qui donne sa durée au parfum."

Il adressa un sourire à la jeune femme.

"La note de tête est celle qui attire au premier abord. Elle s'estompe rapidement. La note de coeur constitue le coeur du parfum. En fait, c'est un peu pareil en peinture. Lorsqu'une personne voit un tableau, elle a retenir certains détails. La note de fonds est ce qui va rappeler le tableau sur le long terme. Ca peut être une couleur, une forme. La note de tête c'est ce qui va attirer le regard sur le tableau, au tout départ et la note de coeur est ce qui va faire que la personne va rester un peu plus longtemps sur un tableau que sur un autre."

Il arrêta là son exposé. Il était, un peu, beaucoup, passionnément, sorti du contexte du cours et adressa un sourire désolé à Rozen avant de se tourner vers son pote Mathys. Lui, il devait comprendre, étant également artise.

Il laissa ensuite Rozen poursuivre son exposé, sur les différents types de parfum. Il s'occupa, quand elle leur en donna le feu vert de retourner chercher des senteurs, épicées et boisées qui se marrieraient bien ensemble. Il alla, ainsi, gratter l'écorce d'un petit buisson (buis) qu'il brisa en morceau pour en libérer le parfum. Il le mélangea alors au safran. L'odeur faisait ressortir l'épice par contraste avec l'odeur boisée. C'était parfait, mais peut-être un rien volatile. Le jeune homme fronça les sourcils. Il lui fallait fixer le tout à l'aide d'une odeur neutre. Il essaya un peu d'herbe. Celle-ci équilibrait un peu le mélange, tout en gardant le safrané très proche de l'esprit, mais ce n'était pas encore fixé. La terre ne conviendrait pas. Par contre, des feuilles ou des fleurs séchées pourraient faire l'affaire. Il revint vers les bocaux de Rozen et imita la jeune femme, ouvrant et fermant chaque pot à son tour, et procéda de même pour les sachets. Au bout d'un moment, son nez finit par s'engourdir.

"Un coup de main, choupinet?"

Enzo leva les yeux au ciel et cessa un instant de renifler jusqu'à ce qu'il récupère l'usage de son odorat. Il se plongea alors dans les sachets qu'il lui restait à sentir et trouva la perle rare. Des feuilles de santal. Le jeune homme eut un grand sourire et prit trois feuilles qu'il réduisit en miettes avant de les intégrer au mélange. Il ferma ensuite le bocal qu'il secoua pour mêler les odeurs, il le rouvrit ensuite et huma le parfum légèrement entêtant, mais envoutant qui en sortait. Il était assez satisait de lui.

"Tu vois choupette... J'ai pas eu besoin de toi, sur ce coup..." fit-il à son daemon.

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Wren Vaughn
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mar 22 Avr - 8:20

Wren ne remarqua pas l’effet qu’il provoquait chez ses camarades, ou plutôt, s’il l’avait remarqué il ne le montra pas. Il sembla même ne pas voir Mathys qui s’était installé à côté de lui et continuait à se tenir aussi raide qu’au début, aussi anachroniquement scolaire, aussi rigide. Il regarda vaguement ce que les autres avaient amenés, se disant à chaque fois qu’il aurait dû y penser et qu’il était vraiment stupide et qu’il n’avait choisi que des choses terriblement banales et qu’il n’avait plus, en gros, qu’à se pendre. Il finit par se recentrer sur Rozen pour essayer de savoir où ce cours le mènerait. Que n’aurait-il pas donné pour avoir un daemon ! Un animal qui l’aurait rassuré ou qui, au moins, aurait partagé et compris ses angoisses ! Mais il était non-sorcier, et s’il y avait une chose qu’il n’arriverait jamais à faire c’était bien d’avoir un daemon. Parfois, comme aujourd’hui, c’était un vrai manque que cette absence lui provoquait. On disait souvent qu’on ne pouvait pas manquer de quelque chose qu’on n’avait jamais connu, Wren Vaughn n’était pas d’accord. Il manquait de beaucoup de choses qu’il n’avait jamais eues, un daemon, des pouvoirs magiques, un père attentionné et aimant…

Mais déjà Rozen intervenait et expliquait ce qu’ils allaient faire. Wren en savait juste assez sur les parfums pour savoir ce que Rozen expliqua, il avait lu un roman dans lequel on expliquait tout ça, comme quoi même les lectures « triviales », comme son père les appelait, pouvaient servir parfois. Tu vois papa. Bref, il écouta tout de même avec une attention figée qui était presque comique puis hocha la tête à la fin, d’un coup sec qui fit tressauter ses lunettes, qu’il remit en place rapidement après et ouvrit son pot pour essayer de voir si l’odeur était agréable ou non.

En l’occurrence, c’était un non. Il était pourtant resté assez sobre dans sa composition et avait pris des odeurs plutôt légères mais justement, elles étaient comme bouffées par l’odeur plus forte de l’herbe mouillée. Même le coquelicot, une odeur poivrée et plus forte que les autres fleurs qu’il avait choisies, réussissait à passer en arrière plan d’une façon assez désagréable. Il grimaça et prit un des bleuets pour se remettre leur odeur en tête. Mais le mélange d’odeurs restait collé aux fleurs en particulier. Avec un soupir, il jeta le contenu de son pot et décida de tout recommencer.

Rozen avait conseillé de choisir le type d’odeur qu’ils voulaient faire d’abord, Wren suivit donc cet avis. Il avait bien envie d’une odeur fleurie mais poivrée, un peu comme celle du coquelicot, mais avec des odeurs plus subtiles en arrière plan d’herbe mouille et de bleuets. Il ne savait pas trop comment faire ça mais il commença par aller chercher de nouvelles fleurs pour pouvoir commencer.

Il commença par mettre plusieurs coquelicots dans son bocal, s’enchantant silencieusement de leur couleur et de leur délicatesse qui lui plaisaient énormément. Il essaya ensuite de mettre un peu d’herbe et un peu de bleuets mais le mélange n’était pas du tout équilibré, il faudrait donc qu’il utilise quelques « accessoires » que la prof avait amenés. Il farfouilla dans les affaires pendant un moment, avec l’expression marrante qu’il avait quand il était en pleine recherche, sur un problème ou sur une traduction ardue. Ca lui faisait une bonne tête et donnait l’impression qu’il n’y avait rien de plus important que son bocal. D’ailleurs, il ignora complètement tout ce qui se passait autour de lui, et marcha sur un pied étranger sans même s’en rendre compte.

Il trouva du piment de Cayenne et en ajouta deux pincées à son mélange. Cette épice releva l’odeur du coquelicot sans l’étouffer et il fut plutôt content de son idée. Il décida aussi d’ajouter un peu d’essence de vanille qui s’alliait bien avec l’odeur des bleuets, leur donnant peut-être un peu plus l’odeur de mauve que de bleuets, mais c’était très agréable. Il essaya d’atténuer l’odeur de l’herbe en l’asséchant un petit peu, ce qui fonctionna pas mal.

Il laissa son nez reposer quelques secondes, le temps de pouvoir retrouver un odorat normal et sentit de nouveau le mélange. L’odeur était agréable. Ca n’était peut-être pas le parfum le plus subtil ou le plus original mais c’était une odeur agréable. Poivrée et douce à la fois, avec une odeur de tête poivrée, une note de fond plus neutre (l’herbe) et une note de cœur vanillée. Très agréable, oui, vraiment. Wren était content. Il afficha même un sourire éclatant, ce genre de sourires qu’on ne le voyait que très rarement faire en public, et qu’il ne faisait que parce qu’il avait oublié qu’il n’était pas seul.

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Arabella Lancaster
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mar 22 Avr - 17:10

[Cette fois-ci, je me suis un petit peu laissée emportée. Désolée pour le roman !]

D’un air intéressé, Arabella suivit les explications de Rozen sur les différentes notes qui constituaient un parfum, seulement distraite par le sourire charmeur que lui envoyait un beau brun à daemon volant et auquel elle répondit par un de ses sourires les plus éclatants et un clin d’œil appuyé. En se reportant sur le cours, la jeune femme s’émerveilla des petits sachets odorants de Rozen mais réfréna ses ardeurs, et se mit à réfléchir sur le type de parfum qui lui plairait le plus. Sauf qu’à priori, il lui plairait tous plus ou moins. Un mélange de tous, ou de quelques uns d’entre eux pourrait être bien également, mais à vrai dire elle ne savait pas vraiment à quoi ils correspondaient. Dans son esprit, elle n’arrivait pas vraiment à faire correspondre une odeur avec un adjectif.

La jeune femme se fixa alors comme objectif de parvenir à mélanger harmonieusement, ce dernier mot étant le mot clé de la phrase, ses fleurs de lilas avec ses feuilles de menthe. Séparément, les parfums qu’ils exhalaient ravissaient ses narines délicates, mélangés, ils lui rappelaient les paroles de Rozen à propos de la fraise et du roquefort. Mais elle se débrouillerait, d’une manière ou d’une autre. Et d’avoir deux nez à son entière disposition l’y aiderait grandement. Beaucoup de travail l’attendait cependant, et elle se mit rapidement à la tâche, sans se retenir de siffloter joyeusement, pas trop fort tout de même pour ne pas déranger ceux qui partageaient son habitude de siffler en travaillant [référence involontaire à Blanche-neige et les Sept Nains !]. Elle commença par jeter un petit coup d’œil aux différents sachets apportés par Rozen, elle y trouverait sûrement son bonheur. Et en effet, Arabella dut se retenir pour ne pas tout prendre. Il fallait malheureusement en laisser pour les autres aussi, ce ne serait pas juste et pas gentil autrement. C’était ce que lui avait expliqué sa mère lorsqu’elle était petite et qu’elle essayait de chiper tous les petits échantillons gratuits de parfum en passant et repassant devant ceux qui les distribuaient. La jeune femme se livra donc à la plus intense des réflexions, ne choisissant que ce qui pourrait l’aider dans sa quête du mélange Lilenthe parfait comme elle l’avait baptisé pour aller plus vite (ou Menlas, au choix). Et son choix sur porta finalement sur deux sachets, l’un étiqueté « jasmin » et l’autre « papier ». Oui, papier, car l’anglaise avait toujours adoré l’odeur des livres, elle avait connu l’odeur du papier avant même de savoir lire, et un rapide reniflement lui avait assuré que le papier que contenait le sachet possédait une bonne odeur.

Après s’être saisie du contenu de ses précieux sachets, qu’elle prit garde de ne pas vider de plus que la moitié, Arabella alla à la chasse à d’autres senteurs naturelles. Elle eut recours à son nez supplémentaire (comprendre : celui de son daemon) pour dénicher les parfums parfaits. Mais l’entreprise se révélait aussi dure qu’ils l’avaient imaginé, et ils revinrent sur la colline avec en main (et en patte) une bonne dizaine de « trucs odorants » différents. Ils avaient un peu de tout : pétales de rose, violettes, écorce de noisetier, de cèdre et d’arbres inconnus, étranges baies précoces et sûrement pas comestibles, et même un peu de terre humide. Avec un peu de chance, leur bonheur se trouverait dans cet étalage de plantes, il ne leur restait plus qu’à trouver quelles odeurs rendraient le mélange Lilenthe respirable. C’était ça la partie la plus dure à vrai dire, alors ils se mirent rapidement au travail. Arabella ramena deux bocaux, qu’elle débarrasserait de toute odeur avec la magie si toutefois deux essais ne seraient pas suffisants. Ce qui serait probablement le cas.

Les deux moitiés décidèrent de procéder petit à petit. Elles tenteraient tout d’abord de caser le lias, ce qui ne serait en soi pas trop dur, tout en préparant le terrain pour l’arrivée prochaine des feuilles de menthe. Arabella plaça donc délicatement ses fleurs de lilas dans son premier bocal, ses feuilles de menthe dans son deuxième bocal qu’elle ferma pour emprisonner l’odeur de menthe qui interférerait avec son travail. Dans son premier bocal, après une légère hésitation et une vérification olfactive, elle versa quelques poignées de terre humide, qui atténuait ainsi l’enivrant parfum des fleurs de lilas et ajoutait ainsi une touche de douceur. Satisfaite de son premier résultat, elle se mit à réfléchir à son troisième ingrédient. C’était plus difficile, naturellement. Elle avait deux propositions, jasmin et rose, qui se mélangeaient tous deux bien avec son mélange déjà existant, mais le problème était qu’elles mettaient chacune en valeur une note différente. En choisissant de placer l’un ou l’autre dans son bocal, elle prenait des chemins bien différents qui l’amèneraient à différents endroits, et donc à un mélange final réussi ou non. Elle choisit finalement le jasmin, prenant soin néanmoins de garder quelques pétales de rose de côté, au cas où elle souhaiterait changer son mélange par la suite. Arabella soumit son ébauche de parfum à Amoandh, qui approuva d’un hochement de tête. Face à son approbation, elle continua en testant plusieurs types d’écorce différents. Ils étaient tous aussi satisfaisants dans le mélange actuel cependant. Arabella eut alors l’idée de les tester individuellement en présence du papier pour vérifier lequel se mariait le mieux avec, et elle se fixa sur le cèdre. Elle en ajouta une bonne dizaine de pincées. Amoandh approuva plus vivement.

C’était l’heure d’ajouter la menthe. Cinq ingrédients reposaient d’ores et déjà au fond de son premier bocal, c’était largement suffisant d’après l’anglaise. Pourtant lorsqu’elle plongea son nez dans son premier bocal, elle sentit que quelque chose ne collait pas avec le reste, et que le mélange final ne serait pas réussi si elle ne changeait rien. Evidemment, sa première idée fut de retirer le jasmin du pot et de rajouter quelques pétales de roses à la place, et il s’avéra que le mélange était beaucoup plus harmonieux et, surtout, totalement prêt à recevoir l’ingrédient final. Alors Arabella ouvrit le bocal contenant la menthe, saisit à pleines mains les quelques feuilles et, d’un geste magistral, les jeta dans son premier bocal. Elle le referma immédiatement, son odorat verrouillé à tout parfum pour le moment, et attendit deux bonnes minutes, le temps que les odeurs se mélangent correctement. Lorsqu’elle ouvrit enfin le bocal, et huma le parfum qui s’en dégageait, un large sourire apparut sur ses lèvres. Le parfum ne ressemblait en rien à ce qu’elle avait pu sentir auparavant, et il était très étrange, étrangement agréable, mais tout à fait réussi dans son genre.

« Si on en fait un parfum, tu crois que ça nous rendra riche ? On mélange nos deux noms, on en fait un… Amabella et on le vend ! Ca marcherait tu crois ? »


Arabella lui répondit par un regard amusé et un brin moqueur, mais nota tout de même la « recette » de leur parfum dans un coin de sa tête. Et puis elle se tourna vers ceux qui n’avaient pas encore terminé leurs compositions odorantes, puis vers Rozen, qui expliquerait pourquoi ils s’étaient tous transformés en nez pour l’occasion.
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Shaelyn O'Reilly
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 25 Avr - 0:21

Shaelyn écouta avec une grande attention ce que disait Rozen. Elle ne s'y connaissait pas vraiment en fabrication de parfum, mais cela l'intéressait énormément. Tout en parlant Rozen sortit de nombreux pot de ses sacs. Elle avait amené ce qu'ils ne pourraient pas trouver dans la lande. La jeune fille fut attiré par de la vanille. Elle aimait bien l'odeur de la vanille. Mais elle attendit que la professeur de magie environnemental leur donne le feu vers pour commencer. En attendant elle réfléchissait à ce qu'elle allait mettre dans son mélange. Enzo expliqua ce qu'était les trois notes qui constituaient un parfum. L'adolescente apprit encore quelque chose de nouveau. Finalement, elle avait bien fait de venir à ce cours. Puis Rozen donna le départ pour la constitution des parfums. Shaelyn aimait beaucoup l'odeur des fleurs. Finalement elle se basa sur une type fleurie. La jeune fille se leva et commença à chercher ce dont elle aurait besoin. Elle vit les autres étudiants s'activer, certains se faisant aider par leur daemon. Elle n'en avait pas et le regrettait. Elle devait se débrouiller toute seule, mais son instinct artistique n'était pas aussi développé qu'elle le voudrait bien. Bon, elle suivrait son instinct et surtout son nez.

L'adolescente commença a chercher ce dont elle aurait besoin pour son parfum. Elle trouva quelque gentianes bleues qu'elle mis dans son bocal. Puis elle trouva quelques églantines roses. Leur parfum délicat se mêlait bien à celui de la gentiane bleue. Fière de ce qu'elle avait trouvé, Shaelyn se dirigea vers Rozen et regarda dans les pots qu'elle avait amenait. Elle rajouta de l'essence de cèdres. La jeune fille reforma le pot puis le réouvrit et sentit le parfum qu'il s'en dégageait. Il lui semblait qu'il manquait quelque chose. Une pointe de sucrée en fait. L'adolescente se replongea dans les pots et finit par trouver son bonheur : du miel. Elle se saisit du pot et rajouta une pointe de miel à son mélange. Elle laissa passer quelques minute puis ressentit de nouveau son mélange. Il y avait une douce odeur mêlée à une odeur sucrée. C'était vraiment agréable. Refermant son pot, Shaelyn retourna s'asseoir près d'Enzo et attendit que Rozen leur explique pourquoi ils avaient confectionné un parfum.

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 25 Avr - 18:28

La prof avait parfaitement raison, Anna avait été fière moins de trente secondes de sa cuisine et n’osait déjà plus mettre le nez dessus. Enzo aussi avait raison et déclencha un sourire mystérieux sur les lèvres d’Anna. Qu’il parlait bien de sa passion. N aurait dit elle avec la musique. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Pourquoi ne pourrait-elle pas retranscrire une musique en odeur ? Ou plus que ça, un monde, un voyage ?

Et voilà maintenant le deuxième point de réflexion d’Anna. Elle était là en plein printemps, savourant les rayons su soleil. Pourquoi, elle ne pouvait s’empêcher de chanter du jazz, remuant en elle des images de nuit d’été dans les rues animées de la New Orléans. C’était ses envies, elle savait qu’elle avait tout le loisir de profiter d’un monde de couleurs et de senteurs. Et pour cela, elle voyageait ailleurs par pensée, pour ne pas se lasser de son vrai monde : se dépayser.

En parfait adéquation avec le printemps sywhaîdien, elle voulait représenter la vie en dehors de ses murs. Mais elle ne voulait pas non plus quelque chose qui la représente, pas de montagne enneigé ou fleuri, pas d’ambiance citadine, pas de palais viennois. Ni quelque chose de futile et léger comme elle.

Non, elle voulait quelque chose de lourds, orientale.

Et pendant sa réflexion, elle s’était déplacée pour aller ouvrir et sentir les senteurs de ce monde sensitif, passant de sachets en récipients, d’enveloppes en bocaux. Elle s’arrêta soudain. Elle avait dans les mains un sachet de grosse toile. Ce qu’il dégageait était en osmose, non avec le printemps ambiant, mais avec les pensées de la musicienne. Entre ces mains, une odeur pesante et encombrante suintait jusqu’à ses narines.

Elle allait repousser d’avantage le rabat du sachet pour découvrir son contenu quand quelqu’un lui marcha sur le pied. Elle se retrouva nez à nez avec un Wren, la tête ailleurs. Anna ne fit pas de remarque, ne broncha pas et ne lui reprocha rien. Il était si drôle et mignon comme ça. On aurait dit un enfant à qui on a donné une mission. Concentré, très concentré, au point de lui marcher sur le pied. Un sourire, un regard maternel et la jeune femme se décala pour le laisser poursuivre sa rechercher. Elle, elle avait ce qu’il lui fallait.

Elle fouilla encore quelques secondes pour dénicher de la vanille. Car un oriental sans vanille … Elle ouvrit enfin le sachet : des roses, une évidence. Pour l’instant, son bocal retenait une lourde fleur sucrée. C’était savoureux mais il fallait quelque chose de plus boisée.

La belle se promena et trouva bien des arbustes sans savoir ce qu’elle voulait. Elle s’assit pour réfléchir, son imposante jupe fit fuir quelques sauterelles. Elle sentit son pot et réfléchit. Elle définit son envie, il fallait quelque chose d’amer pour contrebalancer le sucrée, comme une amande. Qui avait-il s’apparentant à un fruit sec ici ? Elle regarda autour d’elle et trouva un noisetier. Elle choisit de très jeunes branches et feuilles et les ajouta. C’était très bien mais ça manquait encore de quelque chose. Mais de quoi ? Elle ouvrit son sac, chercha sans conviction, grignota même un bout de son sandwich au miel, la gourmande ! Elle tomba finalement sur quelque chose. Son paquet de tabac à rouler. Il trainait toujours par habitude dans son sac même si elle ne fumait plus que très rarement. Elle le décacheta : une odeur si particulière. Oh, elle savait que peu de gens l’appréciait. Elle, ça lui rappelait beaucoup de chose. D’ailleurs sa allait très bien avec la rose surtout saupoudrée d’une odeur vanillée. Elle retint sa main juste à temps pour ne pas lâcher les miettes de tabac. Déjà, il y en avait trop, l’odeur devait être latente, en arrière-plan et ne surtout pas surpasser la rose. Et puis, l’amer, ça n’allait plus du tout et elle avait une idée lumineuse pour que ça le fasse mieux. Elle tendit sa jupe, posa sa pincée de tabac et retira une partie des roses séchées et la vanille. Il restait donc encore une partie des roses et le noisetier dans le bocal. Elle fouilla son sac et sortit un briquet. La fumée de bois, elle adorait ça et c’était dans la même idée que l’odeur lourdes des roses et celle du tabac. Elle alluma le noisetier, juste assez pour qu’il fume, non qu’il flambe. Il était de toute façon, trop mouillé pour ça. Elle attendit un peu puis jeta un pan de sa jupe sur le bocal. Le foyer s’éteint mais le bocal avait une délicieuse odeur de bois fumée. Elle replaça les roses, la vanille et ajouta enfin le tabac.

Au final, en revenant à l’endroit du cours, Anna avait un bocal contenant un parfum assez lourd et très entêtant, sensuelle de fleur, sombre comme un lieu enfumé mais en même temps sucrée de vanille.

Elle décrocha un sourire à Wren, le malotru ! Sa personne amusait beaucoup Anna qui aimait les différences, dans tous les sens du terme. Sinon, elle n’assumerait pas de mettre des fleurs dans son chignon désordonné. Genre, petite Heidi s’étant roulée dans les champs et prise d’envie printanière. Elle regarda ce qu’avait ramené ses autres connaissances et surtout Mathys. Mais elle ne pouvait pas deviner les odeurs de si loin.

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Veerlkën Nashkyis
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 25 Avr - 22:29

Observant d’un œil critique les baies rougeoyantes sur leur tapis de mousse, Veerle se risqua à tâter le résultat du bout du nez tandis que le professeur Rozen commentait les trouvaille de la classe buissonnière : en effet, aussi barbare soit-elle, elle ne pouvait qu’avouer la médiocrité de son mélange, dont le vague relent sucré était aussitôt étouffé par l’envahissante humidité de la mousse, avant de s’évanouir peu à peu pour faire partie du décor. Ainsi, ces deux composants ne s’accordaient-ils pas ? Pourtant, elle se rappelait de l’odeur des offrandes rituelles de la belle saison, quand Karra dédiait aux Esprits fruits et graisses animales sur un lit mousseux de bois crépitant sous les flammes du bûcher… Le feu révélerait-il quelques réalités olfactives insipides sous la pluie ? Peut-être bien ne s’agissait-il que d’un mauvais dosage.

Finalement, la Chamane partit à la découverte des produits exotiques qu’avait apporté l’excentrique mentor, l’ouvrant pour en renifler la senteur avant de les abandonner à ses camarades les uns après les autres. Jusqu’à ce que ses narines rencontre un arôme qui la renvoya à Knerùl : il s’agissait d’une effluve piquante, très légère mais tenace au fond de son petit nez, quand bien même elle eut refermé le bocal. Les plus beaux spécimens des troupeaux sentait ainsi avant de couvrir les femelles de toute leur puissance. Elle cligna plusieurs fois des yeux, de surprises, avant de lire l’étiquette apposée : « Musc nitré – garanti sans souffrance animale ». Souriant à sa chance, elle versa un échantillon dans son bocal.

Le résultat stabilisa quelque peu l’odeur de sa composition, mais étouffa encore plus le sucre des trois malheureuses baies, petites crottes rouges au milieu d’une infâme bouillie verdâtre… Il lui fallait réagir ! Reprenant le chemin des buissons, elle agrémenta son mélange de toutes sortes de fruits rouges : groseilles, framboises, et même fraises des bois formèrent le nouveau bouquet de sa tête d’artillerie. Quand sa troupe olfactive lui parut équilibrée, elle rejoignit à nouveau ses camarades, satisfaite de son parfum à la fois fruité et piquant. Quel nom lui donner ? Elle ne saurait le dire, mais elle ne savait guère mieux faire.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 25 Avr - 23:24

[Ouah, vous êtes drôlement inventifs, ça fait plaisir ! Bravo à tous !!]

A nouveau, Rozen s'était mise au travail en même temps que ses étudiants ; on aurait pu penser que, connaissant vaguement les techniques de parfumerie et le déroulement de son cours, elle aurait d'emblée composé un parfum harmonieux et ordonné, mais il n'en était rien ; oh, son mélange était plus structuré que certains, mais de sensibles retouches pouvaient être faites.

L'odeur qu'elle avait choisie de créer serait plutôt musquée, fondée sur le parfum des tubéreuses et des orchis vanillés, qui en constitueraient la note de coeur. Le serpolet apportait d'entrée de jeu ses arômes de thym sauvage, acidifiés par la terre humide et le muguet. Enfin, les violettes et l'herbe fraîches d'abord masquées par ces senteurs plus fortes assureraient le relais, achevant le parfum sur une note de fond plus délicate, réhaussée d'une pointe de miel. Un machin un peu brut, au coeur généreux et au fond plus délicat, c'était plutôt bien révélateur de sa personnalité, songea Rozen en souriant.

En fait, elle n'était pas certaine que ce soit réellement "musqué", mais ça lui plaisait, et elle attendit avec une patience d'ange que les autres mélanges fussent créés. Les étudiants semblaient un peu groggys, après s'être ainsi shootés aux senteurs les plus diverses. Le professeur, à nouveau affalé dans l'herbe, semblait donner le signal de la pause, au moins pour leurs nez, mis jusque là à rude épreuve.

"Bon ; on va s'calmer les narines deux minutes en parlant un peu d'Euphorisation. C' n'est pas quelque chose d'très connu, alors j'vais essayer d'résumer un peu en quoi ça consiste.

Alors, c't'une forme de thérapie médicale qu'on utilise dans l'cas de dépressions sévères ou d'problèmes neurologiques, et qu'est fondée sur les souvenirs olfactifs des patients. En fait, l'euphorisateur cherche à r'créer des odeurs familières à son patient ; soit, qui correspond' à ses souv'nirs, soit qui peuvent lui être particulièr'ment agréables. Ca dépend un peu du diagnostic, en fait.

Et évidemment, c'très compliqué, vu qu'le vocabulaire olfactif est super limité et qu'ça d'mande énormément d'psychologie et d'connaissances des parfums en mêm'temps pour réussir à tomber juste, pile poil sur l'odeur de tarte aux frais' juste cuit' par la maman dans la vieille cuisine en hêtre de votr' enfance.

Nous, on fait just' une initiation, donc on a un peu triché au sens où c'est vous qui v'nez de créer "vot'" parfum, et qui allez l'associer à un souv'nir ou à un' émotion. Ensuit', on échangera les bocaux et on en viendra à l'euphorisation en ell-même, pour laquell' faut faire inhaler les odeurs d'façon r'lativ'ment précise.

Faut préciser qu'on n'peut pas trop s'euphoriser soi-même, enfin on peut mais c'est net'ment moins efficace. L'échange entre l'patient et l'doc est important, il faut en quelqu'sorte que l'émotion circule, donc créer un courant d'air. J'ai apporté des bouts d'papier, normal'ment..."


Rozen se mit à fouiller et s'aperçut qu'elle avait fichu son sac à papiers au milieu des autres odeurs, ce qui, en fin de compte, n'était pas totalement stupide, d'ailleurs certains s'étaient servis. Elle sourit à la pseudo-fautive, et distribua les petits morceaux de papier.

"Dès qu'vous pensez qu'vot'nez est r'posé, vous fermez les yeux, et vous re-respirez un p'tit coup votre parfum. Essayez d'vous détendr' et de n'pas trop réfléchir. Puis écrivez c'que ça vous inspire. Ca peut être un souv'nir précis, des mots, un moment, une émotion, une musique, des images... Bref, essayez d'aiguiller la personne qui s'ra votr' euphoriseur. Donc ne mettez pas "Germaine", précisez.

Un'fois qu'c'est fait, vous mettez vot'bout d'papier dans l'bocal, et vous r'filez le tout à qui vous voulez."


[Vous l'aurez compris, si vous voulez poursuivre le cours, il faut vraiment que vous répondiez, ce coup-ci. Donc, pour ceux qui n'auraient pas posté la fois d'avant, faites dans ce message les deux étapes, parfum + message. Si vous souhaitez passer votre bocal à une personne précisément, précisez-le dans votre message.

Et si vous avez des questions, n'hésitez pas à me bombarder de mps !

Normalement le délai est de quinze jours ; si ça fait trop court on allongera d'une semaine, mais essayez tout de même de ne pas trop traîner si possible, merci d'avance !]

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Wren Vaughn
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Dim 27 Avr - 15:49

Etrangement, Wren savait ce qu’était l’euphorisation. Il avait eu une tante, la sœur de sa mère, qui avait été frappée d’amnésie après une rupture d’anévrisme et les médecins avaient, entre autres, eu recours à ce traitement spécial pour lui raviver la mémoire. C’était il y avait une dizaine d’années mais Wren était alors déjà adolescent et il se souvenait de s’être intéressé à la technique, ne comprenant pas tout à fait comment des odeurs pouvaient faire revenir la mémoire et trouvant ça assez passionnant. Sauf que ses parents s’étaient plus ou moins fâchés avec sa tante par la suite, ils n’avaient pas l’air de comprendre qu’elle ne faisait pas exprès de ne se souvenir de rien et s’énervaient à chaque fois qu’ils parlaient avec elle, du coup ils l’avaient vue moins souvent et Wren avait été inclus dans le lot, à l’époque l’idée de se rebeller pour aller voir sa tante en douce ne lui avait même pas effleuré l’esprit. Il le regrettait à présent, pas à cause de ce cours et des informations que sa tante aurait pu lui apporter à propos de l’euphorisation, mais bien d’une façon plus personnelle. Elle avait toujours été gentille avec lui et l’avait toujours défendu devant son père, comment avait-elle pu prendre le fait qu’il se courbe encore devant le patriarche et accepte de couper les ponts avec elle ? Il préféra chasser cette culpabilité qui était déjà bien ancrée en lui pour le reste du cours et écouta ce que Rozen avait encore à dire.

L’idée de partager ses souvenirs avec quelqu’un avait quelque chose de terrifiant pour Wren Vaughn. Ses souvenirs étaient bien souvent emprunts de culpabilité, d’humiliations, même lorsqu’elles n’étaient que de petites hontes, et il n’était pas sûr d’avoir vraiment envie de jouer le jeu. Son regard, caché derrière la barrière protectrice se ses lunettes, se posa sur ses camarades. Il ne savait rien d’eux et n’avait pas envie d’en apprendre plus. Il n’avait surtout pas envie qu’ils en apprennent trop de lui. Il avait déjà tendance à être un peu trop transparent à son goût, il était assez lucide pour savoir qu’il ne savait pas bien cacher ses émotions, même si sa seule force dans ce domaine était de se rendre souvent assez ridicule, assez hautain aussi, pour réussir à faire en sorte que les gens n’essaient pas de creuser les impressions qu’ils pouvaient avoir à son sujet. On le considérait souvent comme un pauvre type et il faisait en sorte de ne pas être assez sympathique pour qu’on ait envie de le considérer autrement. Enfin, il ne le faisait pas vraiment exprès évidemment, il n’avait en fait qu’une envie, que quelqu’un fasse l’effort de mieux le connaître. Mais il était bien trop fragile et trop peu sûr de lui pour faire le premier pas.

Il prit un des papiers et un crayon et resta quelques secondes à fixer le vide tout en sentant son bocal. Il savait ce que l’odeur lui rappelait mais il n’avait pas envie de l’écrire. Il aurait préféré trouver un second souvenir, quelque chose de moins personnel, mais il n’y arrivait pas. Il s’en voulut d’avoir fait ce parfum, évidemment quand il l’avait fait il ignorait à quoi il servirait et n’avait pas réalisé ce à quoi cette odeur le faisait penser mais tout de même. C’était bien lui ça, mettre des choses aussi personnelles dans un simple exercice de cours ! Pendant quelques minutes, il pensa même tricher et mettre un souvenir totalement faux sur le bout de papier. Mais Wren n’était pas un menteur ou un tricheur, il se serait beaucoup trop culpabilisé de l’avoir fait. Il prit donc une nouvelle inspiration et écrivit de son écriture sèche et nerveuse :

Citation:
Petit déjeuner, après nuit blanche, dans le jardin d’un premier amour.


Ca lui semblait assez précis. En fait, ce petit déjeuner en question était celui qu’il avait pris avec Virginia après avoir passé pour la première fois une nuit avec une femme. Virginia… Il était vraiment amoureux d’elle. Elle était la seule à avoir réussi à le faire sortir un peu de sa coquille, à avoir compris son sens de l’humour et à l’avoir trouvé vraiment séduisant. Mais elle avait fini par le quitter, ses névroses étaient trop insupportables, son stress, son incapacité à se laisser aller plus de trois minutes… Ca lui pesait trop.

Il sentit une nouvelle fois l’odeur. Le coquelicot lui rappelait Virginia, c’était une odeur proche de son odeur naturelle, et la couleur était proche de ses cheveux roux. La vanille lui rappelait les toast qu’ils avaient mangé et l’odeur d’herbe mouillée le jardin où ils s’étaient trouvés. Quand aux bleuets, il y en avait un bouquet sur la table de jardin où ils s’étaient installés. D’un mouvement sec, il referma soudain le bocal et le tendit au hasard à la première personne qui se trouvait à côté de lui, sans regarder. Cette odeur était trop personnelle, il aurait aimé n’avoir à la partager avec personne.

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And I don't really want to know
So don't tell me anymore
And I really don't want to hear
About her feet all up in the air
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Mathys Adam
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Lun 28 Avr - 12:13

Mathys ne s'était jamais posé la question de savoir s'il avait le nez fin ou pas. Néanmoins, le fait de devoir composer un parfum lui semblait un exercice bien périlleux pour ses humbles petites narines. Mais en voyant les ingrédients, il ne put que se décider rapidement.

Les algues provenant du loch n'avaient certes pas le parfum d'iode caractéristiques des algues atlantiques, mais en ajoutant ces plantes à l'odeur un peu acre qu'il voyait là-bas... Oui, ca rappelait bien l'odeur des dunes et de la mer. Avec un peu d'imagination, bien sûr...

Ensuite... C'était bien du chocolat, là-bas? Et des framboises? Bon, voilà pour le deuxième élément. Une odeur sucrée, qui rendait l'odeur maritime plus 'diffuse' et qui s'y mariait plutôt agréablement. Maintenant, quelque chose pour équilibrer tout ça... Moment de réflexion intense...

Ce fut Rok qui trouva la réponse. Les ingrédients fruités étaient une base interessante. Mais pour reconstituer l'odeur qu'il voulait vraiment évoquer, il lui fallait des fleurs... Et pas n'importe lesquels... Avec précaution, en reniflant tout ce qui lui tombait à portée de nez, il dénicha les fleurs en question, dont il aurait été bien incapable de dire le nom. Il renifla le tout, demanda son avis à Rok. C'était parfait.

Puis, il écouta le discours de Roro la terreur sur l'euphorisation. C'était très interessant, et maintenant qu'il voyait un peu mieux le pourquoi du comment, il était bien content d'avoir fait ce mélange précisément, parce que le titre du parfum ne serait pas difficile à trouver.

Citation:
« Goûter sur le port en charmante compagnie »


La charmante compagnie en question, c'était Lise. La première fille avec qui il était vraiment sorti, et avec qui il était resté en très bons termes. L'odeur fleurie, c'était son parfum, qu'inconsciemment il avait reconstitué. Mais contrairement à Wren, il ne sentait pas gêné de partager ce souvenir.

Il tendit lui aussi sa fiole au hasard, impatient de savoir qui en hériterait.

"Qui c'est qu'en veut?"

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Vladimir Nikolaïevsky
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Mar 29 Avr - 23:54

Quand Rozen avait posé devant eux ses sachets et autres bocaux, Vladimir avait mis le nez dans son propre bouquet. Il tenait une note de tête qu'il aurait pu nommer "gerbi-gerba" tant l'odeur était étrange. A la fois sucrée et âpre, fleurie et… "terreuse", la fragrance n'était pas exceptionnelle, loin de là. Comme l'avait bien dit Rozen, il fallait organiser un peu tout ça, et surtout faire un tri.

Après avoir écouté les recommandations de la Sywhaîdienne, Vladimir attaqua la réalisation de son parfum. Il voulait quelque chose d'un peu sucré et masculin à la fois.
Il jeta un coup d'œil à sa cueillette et entreprit de faire le ménage par le vide en ôtant des fleurs à son bouquet.

La jonquille et les marguerites finirent par terre. Les fraises, qui l'avaient tant attiré quelques minutes plus tôt, finirent, elles, dans l'estomac de Vladimir qui ne leur trouvait plus d'utilité à présent, hormis satisfaire sa gourmandise.
Il conserva les clochettes de Jacinthes, les violettes et les petites fleurs roses à l'odeur de pain d'épice qu'il identifiait à présent comme des fleurs de Liseron flower .

Dans son bocal flottait désormais une odeurs fleurie et très sucrée qui lui plaisait bien.
La violette et le liseron constituaient la note de tête de son parfum, inévitable au premier coup de narine, elle disparaissait rapidement pour laisser la place au reste.
La Jacinthe avait une bonne seconde place. Elle restait plus longtemps en tête et faisait oublier les notes de violette et de pain d'épice.
Il ne restait plus qu'à trouver la note de fond qui "virilise" tout ça sans pour autant ruiner le reste. Comme ses camarades, Vladimir fouilla alors entre les sachets à la recherche de l'ingrédient mystère.

- Vanille? Non… Miel? Non… Piment? Pourquoi pas… Graines de paradis? C'est quoi ça? Du poivre?… Anchois séchés? Berk! Ce n'est plus pour faire un parfum, c'est pour faire une soupe tout ça…

Après quelques minutes, Vladimir trouva quelques ingrédients à son goût qu'il plaça tout au fond de son bocal. Des écorces de cannelle d'Afrique, du safran et une noix de muscade qu'il avait prit soin d'écraser un peu pour en exalter les fragrances vinrent rejoindre les fleurs déjà présentes. La note de fond un peu plus exotique et épicée que le reste, relevait le sucre des fleurs de façon agréable au goût de Voya.
Après un dernier coup de nez dans le bocal, Vladimir s'estima satisfait et attendit la suite qui ne se fit pas attendre.

Le nez du russe fut redevable à Rozen de cette petite pause plus que bienvenue, car là, il saturait.

* Les souvenirs olfactifs, mmh mmh. Odeurs familières, souvenirs, mmmh, d'accord.
Tarte aux fraise, oui. … Courant d'air.. ?! Pardon?*


Si Vladimir avait comprit le principe, la marche à suivre elle, était un peu moins claire. Mais tout s'éclaircit quand Rozen termina.
Aussi, quand son nez fut à nouveau opérationnel, Vladimir respira doucement "son" parfum. Puis plus longuement pour en capter toutes les nuances sans saturer. Il ferma les yeux pour y associer un souvenir et respira encore.
Et finalement il parvint à associer un événement qui, plus il y pensait, collait à merveille à son parfum.

Ca lui rappelait les après-midi ensoleillés où sa sœur et lui suivaient les enseignements magiques d'Antonina, leur grand-mère. Ils s'asseyaient dans le jardin, autour d'une petite table en fer blanc placée sous un lilas. Sa sœur, Nina portait souvent un parfum sucré qui rappelait les notes de violette et de pain d'épice de son propre parfum. Enfin, Niania, leur grand-mère, hydratait souvent ses mains à l'aide d'une crème maison faite d'huile de noix de muscade et d'épices diverses. Oui, à n'en pas douter, le parfum de Voya le ramenait sous ce lilas, avec sa sœur et sa grand-mère.

Vladimir se saisit donc d'un morceau de papier et d'un crayon et inscrivit en caractères larges et nets :

Citation:
"Après-midis d'initiation à la Magie en famille"


Il espérait son titre suffisamment explicite, quitte à donner des détails si besoin était. Son souvenir bien qu'agréable et personnel, n'était un secret pour personne. Il glissa donc le bout de papier dans le bocal, respira une dernière fois le tout et le tendit à le première personne venue.

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Jeu 1 Mai - 15:31

Tout cela était si intéressant. Elle avait déjà entendu parler du traitement par odeur mais connaissait évidemment mieux celui par les souvenirs sonores. A Norsken, elle avait fait des recherches sur ce sujet pour les cours de forces spirituelles. Elle s’en rappelait bien, ça l’avait beaucoup intéressé.

Bien, par contre, elle allait avoir un problème avec l’exercice. Puisqu’elle avait crée quelque chose qui était sensé ne pas lui ressembler, trouver un souvenir n’allait pas être une mince affaire. Il le fallait bien pourtant. Et puis, en y réfléchissant, tous goûts est en référence à quelque chose qu’on a vécut dans l’enfance. Sinon, à part en subissant un choc esthétique, on trouve souvent fade ce que l’on ne connait pas. Comme écouter de la musique étrangère (où plutôt la découvrir), on trouve vite ça répétitif quand on ne connait pas, même si on aime, car on ne vibre pas depuis l’enfance dans cette musique.

Et là, Anna aimait l’odeur qu’elle avait entre les mains. Donc elle trouverait bien un souvenir. Elle expira, mis son nez dessus, ferma les yeux et respira lentement. Elle rouvrit les yeux avec un sourire, étonnée qu’un souvenir soit si vite apparu. La feuille de papier sentit le poids des mots s'inscrire sur son dos :

Citation:
Réveil de soirée enfumée, par un prélude de Bach au violoncelle joué par un homme au regard aussi ténébreux et velouté que des roses.


C’était Marius. Il en avait d’ailleurs, des roses. Et lui avait offert dès la fin de son interprétation, avec un délicat bisou alors qu’elle était chaudement lovée dans une couette. Non, ce n’était pas un amant ou un petit ami (pas à ce moment là en fait), c’était juste un ami, très proche, comme tout ce groupe d’ami dont faisait partie Annalda. Ils avaient ensemble une amitié privilégié, ou plutôt particulière, une amitié amoureuse, maternelle. Et c’était pourquoi Anna se sentait si bien avec eux, elle avait en elle cette sorte d’amitié bizarre et étonnante, voir malsaine pour un œil extérieur. Mais être avec ce groupe lui avait développé de façon à ce que cela soit inné, naturel et omniprésent, même quand elle se faisait de nouvelle amitié. Ce qui provoquait bien des quiproquos sur l’interprétation de ses démonstrations d’amitié. Dès fois, elle se demandait si son rapport avec Saphyr n’aurait pas était tout à fait différent sans cela. Mais c’était une autre histoire.

Ce souvenir, elle avait presque oublié ce qu’était son quotidien avec ces amis en Autriche. Elle comprenait mieux maintenant, son rapport aux sentiments, aux sensations, aux émotions. Elle avait peut être oublié qu’elle avait cette amitié, mais ça ne changeait rien qu’elle l’appliquait, c’était innée, elle ne changeait pas, même si elle ne s’en apercevait plus. Elle nota qu’il faudrait qu’elle y fasse attention, elle savait que ça pouvait lui jouer des tours. Ça lui était déjà arrivé.

Elle glissa le papier et tendit son bocal, elle aussi au hasard. Elle se demanda tout de même si elle pourrait préserver l’odeur à la fin de la séance. Peut être oui, peut être pas, elle verrait bien cela dépendrait de ce qu’ils allaient devoir en faire.

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Arabella Lancaster
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Ven 2 Mai - 17:33

Dès que son organe olfactif fut suffisamment reposé, Arabella le replongea avec entrain dans son bocal de verre, néanmoins sceptique à l’idée de pouvoir associer un souvenir à l’étrange parfum qui s’en échappait. Très terre à terre bien que d’une forte dominance Air, la jeune femme ne pouvait concevoir de faire correspondre un fait réel, tiré de sa propre mémoire à quelque chose d’aussi évanescent que son parfum, constitué de plusieurs odeurs différentes et imaginé à l’instant. Car là résidaient les véritables problèmes : si il n’était pas difficile d’associer un parfum simple, à constituant unique, à un souvenir tout aussi simple et précis, en attribuer un à un assemblage de fragrances aussi différentes constituait un réel défi. Rien de tel qu’un bon challenge pour se motiver, et l’anglaise inspira un bon coup. Une ribambelle d’images défila dans son esprit.

Arabella constata avec dépit qu’aucunes d’elles ne conviendrait, car chacune d’elle ne se concentrait que sur un seul aspect du parfum. Elle le percevait non dans son intégralité mais comme un mélange de plusieurs fragrances, chacune inspirant un sentiment différent et s’unissant pour former un parfum unique et exceptionnel. Plusieurs exemples vinrent à l’esprit de la jeune femme, mais aucun qui put s’apparenter de près ou de loin à un souvenir, ou qu’elle eût pu inscrire sur son bout de papier. Si elle se contentait de noter « chorale » ou « parfum impressionniste », qui comprendrait vraiment ce qu’elle voulait exprimer ? Chacun perçoit l’art de différente manière, et l’anglaise avait conscience de s’exposer à de grands risques de malentendus si elle écrivait de telles choses sur son papier. C’est pourquoi elle ne le fit pas. D’ailleurs, ce n’était même pas des souvenirs, mais à vrai dire ça, elle s’en fichait un peu. Si son mot avait convenu, elle l’aurait mis sur son papier, souvenir ou pas. Mais il ne convenait pas, et Arabella se creusa un peu plus profondément les méninges.

« J’pensais vraiment pas devoir te dire ça un jour, mais tu réfléchis trop. Est-ce que t’utilises ton cerveau pour observer le paysage ou écouter de la musique ? Non. T’utilises tes sens, tu suis ton instinct. Tu t’rappelles de not’ dernière épreuve dans la Brume ? »

Suivant les conseils de son daemon, Arabella vida complètement son esprit et déconnecta son cerveau, oubliant même la consigne qui l’avait menée à de telles extrémités. Et puis, son nez redevenu efficace, elle laissa le parfum monter par ses narines pour remplir le néant de son esprit. Elle ferma les yeux. Une brume rosée flottait dans un coin de son esprit. Arabella baissa ses derrières barrières mentales, l’enivrant parfum du Lilenthe la submergea. Et pendant plusieurs secondes, tout fut rose. Mais au bout d’un moment, le rose s’assombrit et devint rouge, puis pourpre et enfin bordeaux. Les lèvres de l’anglaise s’étirèrent en un large sourire : elle avait trouvé son souvenir ! Elle ne rouvrit pas les yeux cependant, et ne laissa aucune pensée perturber le cours du souvenir qui allait se rejouer devant elle.

La brume s’assombrit d’un coup, passa sans transition du rose le plus pâle au bordeaux le plus sombre. Et puis elle se rétracta et perdit de son inconsistance : elle ne fut rapidement plus qu’un petit rectangle rigide d’une intense couleur bordeaux, que vinrent agrémenter des tâches et traits dorés. Arabella savait déjà ce que tout cela représentait, aussi lorsque l’image se précisa n’eut elle pas la surprise de voire apparaître en lettres capitales, dans un cadre bien au centre, le nom Alexandre Dumas. A l’instant même où ces deux mots se firent précis, les détails de la scène tout autour apparurent également, avec la précision d’une photographie. Mais la scène disparut aussi vite qu’elle était apparue lorsque Arabella relâcha sa concentration pour se féliciter de son excellente mémoire.

La jeune femme s’empressa d’écrire son souvenir sur un bout de papier, mais fut stoppée net dans son élan en remarquant qu’il s’agissait du même papier qu’elle avait utilisé dans son mélange. Elle rendit, avec plusieurs dizaines minutes de retard tout de même, son sourire à Rozen. Elle avait été tellement impatiente de commencer l’exercice qu’elle en avait complètement zappé complètement la dernière partie du speech de l’enseignante. Heureusement pour l’anglaise, son daemon n’ayant pas écouté non plus, personne n’était là pour lui montrer qu’elle avait perdu un temps fou sur des choses qu’avait expliquées Rozen.

Citation:
Lecture en solitaire sur un banc du jardin derrière le manoir familial par une fin de soirée orageuse d’été.


Arabella sourit en plongeant son petit bout de papier dans son bocal. Elle aurait pu continuer à chercher des jours durant, elle n’aurait jamais associé son parfum à ce souvenir. En effet, elle avait cherché des situations dans lesquelles se retrouvaient chacun des ingrédients de son parfum, et dans le souvenir sur lequel elle s’était fixée, si ils étaient tous présents, ce n’était pas de la façon traditionnelle. En effet, le cèdre était représenté par le banc sur laquelle elle était assise, le papier par le livre posé sur ses genoux, la terre par la boue qui maculait les pattes d’Amoandh, la rose par le parterre un peu plus loin, le lilas par son après shampoing de l’époque et la menthe par le chewing-gum qu’elle mâchait. Les deux ingrédients majeurs de son parfum n’étaient donc présents dans la scène que de manière un peu… détournée. Mais la scène en elle-même était très simple en réalité : la jeune femme avait tout simplement passé sa soirée sur un banc du jardin à dévorer Les Trois Mousquetaires de Dumas, et n’était rentrée que lorsque l’orage avait fini par éclater.

Pleine d’entrain, Arabella tendit son bocal à son voisin le plus proche, curieuse de savoir ce qu’il en ferait.
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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Dim 11 Mai - 22:41

Rozen ne put s'empêcher d'observer avec un petit sourire attendri les étudiants qui, autour d'elle, tâchaient de plonger dans leurs souvenirs émotionnels en fourrant leur nez dans leur bocal ; au passage, ce n'est pas quand on sniffe un bocal qu'on a l'air le plus intelligent, mais passons. Rozen n'avait pas besoin de humer à nouveau son mélange, mais elle n'avait pas peur non plus du ridicule et, par pur plaisir, ouvrit encore une petite fois son bocal et ferma les yeux. Elle savait parfaitement à quel souvenir cette odeur lui faisait penser. Elle griffonna rapidement :

Citation:
« Fin de matinée estivale, les pieds dans l’eau, abritée sous un drap de toile ; enfin seule avec mon fils qui prend une de ses premières tétées »


Elle glissa rapidement le bout de papier dans son bocal, en priant secrètement pour que celui qui s'occuperait de son cas réussisse bien l'exercice. Elle ne voulut pas tricher, choisir un tel plutôt qu'un autre, et tendit son bocal à son voisin, comme d'ailleurs la plupart semblaient le faire.[ça peut être évidemment une voisine !]

Quand chacun eut fait de même, souriante, elle expliqua :

"On va maintenant passer à la phase d'appropriation ; vous allez ouvrir le bocal que vous avez récupéré, et tâcher de faire vôtre l'odeur qu'il contient. Perso, j'vous conseille de commencer par respirer sans r'garder c'qu'est marqué sur l'bout d'papier, histoire d'vous sentir moins... comment dire, d'venir à c'parfum sans vous sentir forcé. Vaut mieux pas associer d'emblée l'odeur à des choses trop précises, ça vous frein'rait niveau émotionnel, c'qu'est just'ment fondamental dans l'exercice.
Donc, forcez-vous à ressentir des affinités avec le parfum, voire à l'associer à des idées diffuses avant d'lire le bout d'papier. Prenez-le comme un tout, l'but du jeu n'est pas d'analyser ses composants. Fermez les yeux si ça vous aide."


Rozen tenait elle-même le bocal qu'elle avait reçu fermement serré entre ses mains et n'y jetait aucun coup d'oeil, pour ne pas en voir les ingrédients. Elle continua son explication.

"Vous allez ensuite passer à la s'conde phase, l'euphorisation en tant qu'telle. L'principe, c'est d'créer un courant d'air qui "recrée" l'souvenir que vous avez lu sur l'bout d'papier. Vous d'vez donc faire vôtre le souv'nir en question, être ému par lui. Ca a l'air compliqué comm'ça mais l'parfum est là pour vous aider. Pour qu'il vous pénètre efficacement, se transform' réellement en l'souv'nir auquel il correspond, vous n'devez pas le diriger directement dans vos narines. Laissez-le voyager autour de vous, tout en en gardant l'contrôle.

Quand l'courant s'ra bien souple, qu'il coul'ra autour de vous et vous "obéira", quoi, vous pourrez l'faire passer d'vant vos narines ; respirez lent'ment, laissez-le s'promener relativement longtemps comm'ça devant vot'nez. Le souv'nir a se dessiner d'façon d'plus en plus précise. Quand vous estim'rez qu'ce s'ra bon, videz intégral'ment l'onctenu du bocal et enfermez-y le courant d'air."


Rozen avait pris un bocal vide pour faire la démonstration des gestes à effectuer, agitant avec légèreté sa baguette magique ; les étudiants auraient pratiquement pu visualiser le prétendu courant d'air qu'elle dirigeait autour d'elle, qu'elle faisait quelques instants tournoyer devant son nez avant de l'enfermer dans le bocal vide, lestement chapeauté de son couvercle.

La démonstration terminée, elle sourit aux étudiants avant de se tourner vers Wren.

"J'tiendrai la baguette magique dans ton cas ; tu m'feras simplement signe quand tu t'sentiras suffisamment imprégné du souv'nir. Ca march'ra pt'êt moins bien mais c'même pas sûr, j'ai jamais tenté l'expérience, ça d'vrait être intéressant.

Pour les autres, s'vous voulez, j'ai fait d'la potion qui d'vrait booster votre affinité avec l'air ; si vous n'avez pas l'habitude de c'genre de manips, y vous faudra p'têt plusieurs essais, mais bon c'pas grave, prenez vot'temps. Et quand vous avez fini vous rendez son bocal à son proprio ; quand on vous a rendu l'votre, patientez un peu avant d'l'ouvrir, évidemment !"


Elle sortit une grosse flasque remplie d'un liquide jaune presque fluo et, sans plus de façons, Rozen rejoignit Wren et lui saisit le bras.

"C'pas une tentativ' de drague, hein, c'juste que ça risque mieux d'marcher si on reste en contact", murmura-t-elle à Birdie, sa baguette déjà levée, prête à l'action.

[J'espère que l'exercice est compris ; essayez d'imaginer ce qu'inspirerait à votre personnage l'odeur du bocal qu'il a récupéré. Il y a de quoi faire, entre ça et la façon dont il réussit ou non l'exercice en lui-même, et se laisse envahir par un souvenir qui n'a rien à voir avec son propre vécu.

Vous pouvez choisir le bocal que vous préférez, y compris celui de Rozen évidemment. Je note ici les différents participants, avec les principales caractéristiques de leurs bocaux, afin de vous faciliter la tâche. Plus vite vous répondrez plus vite vous aurez le choix, évidemment ; je barrerai au fur et à mesure les bocaux choisis.

Vous n'êtes pas obligés de fonctionner par paires, c'est comme vous voulez.

Petit souci logistique : certaines personnes n'ont pas mis leur petite phrase dans leur bocal, évidemment elles sont priées de le faire rapidement (enfin, si elles veulent poursuivre le cours, évidemment) ; c'est évidemment obligatoire pour pouvoir choisir ensuite un bocal.

Normalement vous avez à nouveau deux semaines, mais si ça ne suffit pas j'vous rajouterai une semaine supplémentaire ; essayez quand même de ne pas tous répondre la veille de la deadline !]


Citation:
Wren
« Petit déjeuner, après nuit blanche, dans le jardin d’un premier amour. »
Coquelicot, herbe, bleuet ; piment de cayenne, vanille
Tête poivrée, cœur neutre (herbe), fond vanillé

Arabella
« Lecture en solitaire sur un banc du jardin derrière le manoir familial par une fin de soirée orageuse d’été. »
Lilas, terre humide, pétales de rose, cèdre, menthe, papier

Annalda
« Réveil de soirée enfumée, par un prélude de Bach au violoncelle joué par un homme au regard aussi ténébreux et velouté que des roses. »
Parfum oriental ; lourd, entêtant, sombre et sucré
Vanille, roses, branches de noisetier fumées, tabac

Mathys
« Goûter sur le port en charmante compagnie »
Algues du loch, chocolat et framboises, fleurs

Vladimir
« Après-midi d’initiation à la magie en famille »
Note de tête : violettes, fleurs de liseron (à l’odeur de pain d’épices)
Note de cœur : clochettes de jacinthe
Note de fond : écorces de cannelle d'Afrique, safran et noix de muscade écrasée

Rozen
« Fin de matinée estivale, les pieds dans l’eau, abritée sous un drap de toile ; enfin seule avec mon fils qui prend une de ses premières tétées »
Parfum musqué
Note de tête : Serpolet (thym sauvage), terre humide, muguet
Note de cœur : Tubéreuse (odeur fleurie très lourde), orchis vanillé
Note de fond : violette, herbe, pointe de miel

Enzo
Parfum épicé et boisé
Safran, écorce de buis, herbe, feuilles de santal

Shaelyn
Parfum fleuri
Gentianes bleues, églantines roses, essence de cèdre, et une pointe de miel

Veerlkën
Parfum fruité et piquant
Fruits sucrés, fruits rouges, mousse, musc nitré

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Dernière édition par Rozen Vanloo le Dim 27 Juil - 11:34, édité 2 fois
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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Lun 19 Mai - 18:36

Anna ne regarda pas qui avait pris son pot car elle venait de s’apercevoir qu’elle avait saisi celui de Rozen. Soit ! Après tout, il était comme tous les autres pots, ni plus ni moins plein de senteurs. La jeune femme devait s’extraire de la tête l’idée que ce pot avait plus de valeur. Sinon, elle ne ferait pas l’exercice comme il le fallait. Elle regarda Rozen et oublia vite ce sentiment. Voir ses mimiques, son comportement suffisait à cela.

Elle écouta les explications, de concentra pour oublier le reste des élèves et commencer à suivre les dites instructions. Elle avait les deux mains autour du bocal le plus largement étalées pour deviner le moins possible le contenue de celui-ci. Elle ne voulait pas fermer les yeux comme si les souvenirs allaient s’appuyer sur sa capacité de voir, de les voir, de les revivre, en laissant les brides de souvenirs affluer devant ses yeux ouverts. Elle ouvrit le pot, les yeux sur le contenu mais sans analyser sa vision. Elle approcha le goulot et respira, respira encore.

Cette fois, elle sentit les odeurs et se mit à réfléchir, cadrant le genre de souvenir, sans plus de détails. Une dernière inspiration et le souvenir se fixa, immobile, validé. C’était ça, elle se souvint.

C’était en mai, le muguet pointait son nez. Les soirées alpines avaient déjà cette lourde atmosphère de soirée d’été. Anna jouait dans le potager de sa grand-mère à deux pas d’elle, lisant d’un œil un vieux livre et de l’autre la surveillant. Il n’avait pas plut mais l’arrosage régulier des légumes et plantes à sauce laissait planer cette odeur caractéristique de terre humide. C’était juste après le repas du soir, et la demoiselle avait eu droit à un bonbon à la violette qu’elle suçait avec difficulté. Sa grand-mère finissait par lui annoncer l’heure de rentrer. Alors elle la prenait sur ses genoux pour la câliner. Elle ressentait encore son parfum, épais et fruité.

Mais il manquait quelque chose au tableau, enfin au bocal pour que l’odeur soit en parfaite harmonie avec ce souvenir. Il manquait l’odeur du vieux livre que la vieille dame déchiffrait à travers ses lunettes loupes.

Anna referma le pot avec un sourire, ne voulant gâcher plus l’odeur et surtout faire une pause olfactive entre les deux exercices. Ce souvenir la ramenait si loin en arrière, elle ne savait plus quoi penser d’elle-même. Après le souvenir de son propre pot, elle avait déjà senti son être se troubler. Il faudrait qu’elle médite ce cours, loin dans l’avancement de la nuit, au creux de son lit. Mais pour le moment, elle chassa le trouble en salle d’attente pour mieux passer à la suite.

Elle rouvrit le pot et attrapa le bout de papier. Elle referma avant de poser en équilibre le pot entre ses cuisses puis elle déplia les mots et leur laissa la liberté de vivre. « Fin de matinée estivale, les pieds dans l’eau, abritée sous un drap de toile ; enfin seule avec mon fils qui prend une de ses premières tétées » Annalda leva un sourcil, elle n’avait jamais fait ça ou ressentie ça. Elle n’avait pas d’enfant. Quoi que ! Elle pensait à sa couvée, ses boules de plumes à la première becqué. Le doux regard de Jind sur elle, maternant la petite maman. Bon elle avait le sentiment, maintenant, il fallait le reste.

Elle jeta un regard sur le loch, ses reflets. Elle les imagina en été, la douce chaleur, le soleil de fin de matinée qu’on sent devenir petit à petit agressif, encore une ou deux heures avant d’avoir trop chaud. Mais là, les orteils rafraîchis, le regard non sur l’eau miroitante mais sur le petite visage rondouillard et repu du petit homme, Anna imagina le soulagement de la solitude. Mais ça s’était plus difficile. La demoiselle sortit de ses songes, ses pupilles dilatées reprirent leur forme originelle et elle s’aperçut qu’elle avait attrapé le pot presque comme un bébé. Elle plongea le nez dedans, voilà c’était ça. La détente, pour elle, c’était le sucré, ni les fleurs ni la terre, mais la pointe de miel qui suintait de décontraction. La travail des abeilles que les fleurs libérées, et qui donner le goût du lait, cette douce alliance de mille douceur.

Anna releva la tête, toujours dans ses pensées. Il lui semblait que cela ne pouvait être qu’ici, à Sywhaîd. Le miel, elle pouvait l’avoir subtiliser à la nouvelle caisse fraîchement recueillie de Mr Berkeley. En avoir encore un peu sur les lèvres et être venue devant les langueurs du loch pour en faire profiter son petit bout de chou. Après tout, les deux personnes citées n’étaient elles pas originaires de Sywhaîd ? Mais pourquoi, enfin seule ? Non là, les odeurs ne pouvaient pas y répondre. Qu’importe, elle sentit le dos de la maman s’affaisser de soulagement, puis se tendre, droite, pour profiter enfin du moment de quiétude.

Un dernier moment dans l’odeur du pot, puis elle le vida. Elle fixa le souvenir avec le plus de détail possible. Des cheveux aux naturels, sans coloration, mais avec une tresse très ample, lui lâchant mille mèches autour du visage, un sourire doux qu’elle ne put qu’imaginer car elle ne l’avait qu’aperçut un jour de promenade dans Sywhaîd. Elle avait croisé Rozen, tenant la main de son fils qui lui racontait quelque chose. Elle avait déposé ce regard et ce sourire de mère douce. Quant au souvenir, il fallait préciser les contours du ponton, celui du loch ni plus ni moins, puisque son souvenir, elle l’y avait placé.

Elle allait lever sa baguette prête à l’action, mais elle sourit et y ajouta la bride de souvenir complètement imaginaire : l’apiculteur s’éloignant un caisse dans les bras, dos à Rozen, subtilisant avec un sourire un pot de miel et partant à petit pas de ses pieds nus, autant pour ne pas se faire prendre que pour ne pas réveillé l’enfant endormie dans ses bras.

Ceci fait, elle plaça sa baguette en position et joua de son poignet dans une boucle aérienne finissant sur sa tempe pour extraire le souvenir. Le filament se déposa dans le pot qu’elle referma. Elle n’eut pas à s’y reprendre deux fois, cela coula facilement, presque naturellement.

[Tu me dis si l’histoire n’est pas cohérente ou si ce n’est pas comme ça pour l’extraction du souvenir.]

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Vladimir Nikolaïevsky
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MessageSujet: Re: [ME] Cours III : "The air is full of spices"   Lun 7 Juil - 22:48

Quand ils eurent tous échangés leurs bocaux, Vladimir fut tenté de jeter un coup d'œil au sien. Il avait récupéré celui d'Annalda et se demandait ce qu'elle avait bien pu mettre dedans. Pourtant il s'abstint de le faire, préférant reporter son attention sur Rozen qui annonçait la suite des événements.

La première étape était donc de prendre connaissance du parfum du bocal… enfin, du contenu du bocal. Après avoir lancé un bref regard en direction de l'autrichienne, Vladimir ôta le couvercle du bocal et le porta à son nez en fermant les yeux. Il préférait les fermer de peur d'être influencé par ce qu'il voyait. Il plongea donc les yeux fermés dans le récipient de verre et se laissa envahir par les senteurs qui s'en échappaient. Il inspira d'abord brièvement avant de s'écarter du bocal, puis inspira à nouveau par petites secousses, histoire de mieux appréhender les diverses senteurs choisies par Annalda et se les approprier.

Une chose était sûre, le parfum d'Anna n'avait rien à voir avec le sien. Plus sucré il était aussi un peu plus capiteux sans pour autant monter à la tête. Sans vraiment chercher à décomposer le parfum de la jeune fille, il nota de la rose, une odeur de fumé et de la vanille, ainsi qu'un autre ingrédient plutôt léger qu'il ne parvenait pas à nommer. Cet ingrédient, il le connaissait pourtant, il l'avait déjà senti quelque part, sans arriver à mettre le doigt dessus. Quelque chose de masculin, comme du caramel.

L'odeur générale lui était familière sans qu'il puisse pour autant y associer clairement un événement ou un souvenir. Il passa une énième fois son nez au-dessus du bocal et se remémora quelque chose. Sans trop savoir pourquoi, l'odeur, bien que lourde et sucrée, lui rappelait son père. Le patriarche n'avait rien de lourd ni de sucré mais il fumait parfois de longues cigarettes fines qu'il semblait déguster, lors des longues soirées d'hiver ; et c'est un peu l'odeur du bureau de son père qui lui revenait en mémoire en respirant le parfum d'Annalda. Certes à quelques détails près, comme l'odeur du parquet fraîchement ciré ou celle de l'after-shave d'Igor, mais l'idée était là.

Maintenant qu'il s'était approprié l'odeur du bocal d'Annie, Vladimir pouvait passer à la seconde phase de l'expérience : l'euphorisation. Pour le coup Voya n'était pas sûr d'avoir tout compris. Mais visiblement il pouvait désormais lire le papier du bocal. Il avait déjà rouvert les yeux et son regard, une fois réaccoutumé à la lumière du jour, se posa sur le morceau de papier plié coincé entre deux pétales de rose, du tabac et de la vanille ainsi qu'un morceau de bois un peu noirci. Il glissa une main dans le bocal et se saisit du parchemin, mais pour le déplier il eut besoin de ses deux mains et posa donc son bocal au sol.

Sur le parchemin était inscrit à l'encre fine « Réveil de soirée enfumée, par un prélude de Bach au violoncelle joué par un homme au regard aussi ténébreux et velouté que des roses ». Pour le coup, Vlad fut prit au dépourvu et ne put s'empêcher de regarder Annalda, arquant un sourcil décontenancé.

* C'est bien ma veine, pensa-t-il, il fallait que je tombe sur un truc intime… Et avec un type, en plus… Prélude de Bach au violoncelle… Qu'est-ce que j'y connais au violoncelle moi ? … *

Mais en réalité, si la partie "prélude de Bach" était encore accessible, Voya avait du mal à s'approprier le souvenir d'un "homme au regard aussi ténébreux et velouté que des roses". Un sourire se dessinait sur ses lèvres chaque fois qu'il lisait le papier, rien qu'à l'idée de devoir éprouver des sentiments pour ce "ténébreux". Oui, l'exercice allait s'avérer plus dur que prévu. S'il avait sût ce que contenait le bocal de Mathys, il l'aurait sans doute préféré à celui de sa coéquipière de volière. Mais bon, c'était trop tard pour changer maintenant, et puis… ça pouvait être drôle.
Vladimir relut une dernière fois le papier, histoire d'être sûr de ne rien manquer, puis il ferma les yeux, se concentra et porta le bocal à son nez une nouvelle fois. L'odeur était la même mais il devait cette fois l'associer au souvenir d'Anna. Il commença par le prélude de Bach.

Et, comme tout profane qui se respecte, il ne savait pas franchement à quoi ce prélude pouvait ressembler. C'est donc une musique, certes classique mais pas forcément de Bach, qui commença à trotter dans sa tête. Il se repassa le refrain plusieurs fois, histoire d'être satisfait et passa à un autre élément : le "réveil de soirée enfumée".
Il s'imagina allongé dans un grand lit, au milieu de draps en désordres après une nuit confortable si ce n'est réparatrice. Il vit une pièce baignée de la lumière du soleil, filtrant à travers les rideaux. La journée devait être bien avancée et on devait avoisiner les douze coups de midi. Il remua dans le lit, faisant bouger les draps et remuant ainsi une odeur peu subtile de tabac froid. Il s'étira et sentit l'odeur de tabac sur sa propre peau. Où diable pouvait-il être allé ?
Il sentait aussi de la rose et de la vanille et vit un bouquet dans un coin de la pièce : des roses fraîches. La vanille quant à elle, devait provenir des draps ; probablement la lessive ou l'odeur d'une autre personne peut-être.

Le russe inspira à nouveau au-dessus du bocal sans mettre le nez dedans, comme le conseillait Rozen. Il devait maintenant être ému par l'homme au violoncelle. Super !
Hem… Bon une chose est sûre, il fallait qu'il se prenne au jeu. Pour être sûr de bien saisir l'émotion écrite sur le papier il s'imagina être réveillé non pas par "un homme" mais par "une femme" au violoncelle. C'était assez grisant parce que jamais auparavant il n'avait vécu un tel réveil. Il ne savait pas trop quel nom mettre sur ce sentiment : plénitude, joie, tendresse, envie… ? C'était le mélange de toutes ces émotions qu'il garda en mémoire, accompagné de musique douce, jouée par une femme au sombre (de désir?).

Il prit le temps de tout figer dans son esprit en prenant soin de visualiser un homme à la place de sa muse de départ et quand il fut satisfait, sortit sa baguette de la poche arrière de son short. D'un geste assuré et quasi imperceptible, Vladimir déclencha une secousse magique, ce qui eut pour effet de créer un courant d'air. Il se servit de son affiliation à l'élément Air pour rendre le courant plus souple, comme Rozen l'avait demandé. Il le laissa tourner autour de lui, autour de son corps, de son visage… Peu à peu, c'était comme si le courant absorbait les pensées de Vlad ou que celui-ci les dirigeait vers le courant, il n'aurait pas trop su le dire. Il restait concentré, perdu dans le souvenir d'un matin où, encore engourdi de sommeil, une personne jouait du violoncelle pour lui, où une musique douce se mélangeait à une odeur de tabac et de fleurs sucrées venues d'on ne sait trop où.

Quand Vladimir fut sûr que le courant contenait toutes les bribes du souvenir qu'il voulait recréer, il s'accroupit, renversa délicatement le contenu du pot sur une roche plus ou moins plate à proximité (dès fois qu'il faille réutiliser les ingrédients) et se releva. Il laissa tourner le courant imprégné de souvenirs encore quelques secondes avant de le diriger précipitamment dans le bocal et de le refermer d'un geste sec.
Voilà, le courant avait disparu et un néophyte quelconque aurait trouvé son bocal bien banal maintenant qu'il paraissait vite. "Paraissait" car en réalité…

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[ME] Cours III : "The air is full of spices"

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