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 Déprime printanière

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Déprime printanière   Sam 22 Mar - 9:04

Le printemps... C'était la première idée qui avait effleuré l'esprit de Zofia lorsqu'elle s'était réveillée. Mais bizarrement, ça n'avait pas éveillé en elle une quelconque joie, ou le moindre sentiment d'excitation quant au début de cette saison. Depuis à présent cinq ans, le printemps était la saison qu'elle détestait le plus. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle partirait dès le lendemain, pour passer deux semaines chez son père. Elle voulait voir sa famille, surtout depuis qu'il lui avait envoyé une lettre annonçant que Sylvie était de nouveau enceinte. Elle espérait qu'il ne s'agissait pas d'un garçon, elle tenait à son rang d'héritière, même si cela pouvait paraître désuet, cette position avait ses avantages. L'héritage du manoir familial, par exemple, rempli d'artefacts et d'objets étranges qu'elle rêvait d'étudier depuis qu'elle était petite. Et puis, elle avait une tombe à fleurir, et le printemps s'y prêtait bien.

En attendant, elle avait rejoint son labo, tout de noir vêtue. Elle avait en effet remis la main sur sa salopette fétiche en velour sombre, parsemée de badges et de patchs divers, qu'elle portait sur un t-shirt et une paire de Vans assorties. Yeux charbonnés jusqu'aux sourcils, évidemment.

Assise sur un tabouret, les pieds appuyés sur la table en face d'elle, la rouquine vérifiait un inventaire effectué la veille par Gaetan, et posé à côté d'un petit bouquet. Les premières fleurs de la saison. Délicate attention. Ce n'était pas Tibère qui en ferait autant.

Il était encore tôt, et elle avait toute la journée pour finir de ranger le labo en prévision de son absence. Même si elle aimait beaucoup son assistant, elle ne pouvait pas se permettre de le laisser faire tourner toutes ses préparations tout seul.

De la lumière tombait de la grande baie vitrée insérée dans le mur en mansarde, et créait un contraste avec les vêtements noirs de la française. Sa peau blanche prenait un teinte nacrée. Même si elle ressemblait à une gamine, habillée comme ça, elle demeurait plutôt jolie, malgré le sentiment de lassitude qu'on sentait dans la manière dont elle donnait des ordres à son daemon, qui courait furtivement le long des paillasses autour de sa moitié, et, qui, à l'aide de ses petites pattes griffues, versait des ingrédients dans plusieurs chaudrons, vérifiait des températures et des données diverses à l'aide de petits instruments que la rouquine avait modifiés à son intention.

Tandis que son daemon s'affairait, sachant parfaitement ce qu'il y avait à faire, la jeune femme s'était mise à feuilleter distraitement un des vieux herbiers ayant appartenu à l'ancien apothicaire, mais ne parvenait pas à se concentrer. La belle saison était pourtant le bonheur des apothicaires, c'était une occasion de remplir les réserves de plantes diverses et variées. Mais non, elle ne parvenait vraiment pas à se réjouir, et rêvassait en regardant par la fenêtre, ce qui n'était vraiment pas habituel.

(Fabian?)


Dernière édition par Zofia Delindel le Dim 23 Mar - 14:28, édité 1 fois
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Fabian Vandercappel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Sam 22 Mar - 17:33

[C'est avec plaisir, miss ^^]

C'était le printemps, mais ça n'avait aucune espèce d'importance pour Fabian. Enfin, ça en aurait sans doute bientôt, quant aux tâches qu'il serait amené à accomplir pour la communauté, mais quelles qu'elles soient, en définitive, c'était un peu du pareil au même à ses yeux. Il faisait ce qu'on lui demandait, ce qu'il y avait à faire, sans se poser de question. Pour ça au moins, les choses étaient simples. Parce qu'à côté des tâches quotidiennes, il y avait tout un monde qu'il ne connaissait pas, qui lui restait particulièrement obscur et soulevait, en revanche, tout un tas de questions auxquelles il n'avait absolument aucune réponse.

Comment Gaëtan s'en sortait-il déjà ? Et en quoi consistait son quotidien, lui qui, comme lui, n'avait rien à voir avec le monde des sorciers, mais qui, contrairement à lui, semblait avide d'en découvrir les moindres aspects. Fab était beaucoup plus circonspect quant à tout ce qui touchait au monde magique, et sans doute le fait que sa mère y ait en quelque sorte appartenu sans en avoir jamais parlé, sans avoir jamais ne serait-ce que fait allusion à la communauté si particulière dont il faisait aujourd'hui lui aussi partie, sans doute cela influait-il sur sa méfiance envers cet univers inconnu. Et le fait que son cousin s'y jette presque corps et âme n'était pas pour le rassurer. Il ne l'aurait pas admis, mais il avait parfois le sentiment, maintenant qu'il connaissait son secret, que si sa mère avait toujours été distante, rêveuse, c'était qu'une partie d'elle n'avait jamais vraiment quitté Sywhaîd - et sa méconnaissance de l'art magique n'était pas pour contredire cette idée - et il redoutait qu'il en fût de même, à terme, pour son cadet. Marie ne le lui pardonnerait jamais d'ailleurs.

Il s'était donc levé du pied gauche ce matin-là, pas encore parfaitement habitué à sa nouvelle chambre [d'ailleurs il faudra que je voie où est sa nouvelle chambre, parce que n'étant pas étudiant, il n'a rien à faire à l'école...], et avait résolu d'aller rencontrer la personne qui chapeautait l'apprentissage de son cousin. Une rouquine répondant au nom de Zofia, lui avait-on dit. Il aurait peut-être dû apporter plus de soin à sa tenue, pour aller rencontrer celle qu'il assimilait à un professeur, mais cette pensée-là ne le traversa qu'alors qu'il était déjà en route vers le "labo" de la jeune femme. Un jean troué aux genoux, des bottes de moto usées, aux boucles métalliques ternies par le temps, une chemise à carreaux bleus et blancs sur un t-shirt noir et son éternel blouson de cuir dans la poche duquel il chercha une fois encore un paquet de cigarettes inexistant - il n'arrivait toujours pas à se défaire du réflexe... - les cheveux en bataille et mal rasé... Joli tableau que voilà ! Pas très à l'aise, il s'arrêta sur le pas de la porte et passa une main dans ses cheveux avant de frapper au battant.

- Mademoiselle... euh...

Et m..., comment ils avaient dit que c'était son nom de famille ? Aucune idée... Il n'allait pas demander "Mlle Zofia", ça faisait tenancière de maison close, c'était le meilleur moyen pour partir sur de mauvaises bases. Déjà que... Et puis il ne la connaissait pas du tout, l'emploi du prénom seul ne semblait pas particulièrement indiqué... Sa main plongea dans la poche de son jean pour en sortir le mediator noir offert par Marie, il y avait bien longtemps. Il frappa une nouvelle fois, à défaut d'avoir obtenu une réponse - ou peut-être l'anxiété lui faisait-elle appréhender le temps différemment, il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée, mais il pouvait tout aussi bien n'être là que depuis quelques instants... Instinctivement, il se râcla la gorge avant de reprendre, le petit triangle noir toujours entre les doigts.

- Bonjour, je suis Fabian Vandercappel, le cousin de Gaëtan... Pourrais-je vous parler un instant ?

*'manquerait plus qu'elle ne soit pas là et que je m'escrime à parler au vide...*
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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Dim 23 Mar - 14:24

Kayisa, qui avait l'ouie fine et une très bonne intuition, repéra Fabian avant même que celui-ci ne frappe à la porte. Elle en informa sa moitié d'un frisottement de moustache, et celle-ci, se leva, pour traverser le labo. La pièce étant tout en longueur, elle mit un moment à arriver à la porte, et eut le temps d'entendre Fabian s'expliquer. Le cousin de Gaetan? Celui-ci lui en avait en effet touché deux mots, mais rien qui puisse lui permettre d'identifier ledit cousin en le croisant dans Sywhaid.

Précédée par son daemon, la rouquine poussa légèrement la table sur lequel se trouvait un ordinateur dernier cri, une des rares choses qui avait été rappatriée de Norvège, et qui était alimenté par la magie ambiante, et accéda enfin à la porte.

Lorsqu'elle l'ouvrit, elle détailla le nouvel arrivant. Imposant, avec son blouson de cuir et son look très différent de ce à quoi elle était habituée, la trentaine bien sonnée. Un peu marginal, très certainement. Elle essayait de lui trouver un air de famille avec son protégé tout en se composant un visage souriant.

Zofia ignorait ce que Fabian avait à lui dire, s'il s'agissait de parler de son cousin, ou de soigner une blessure ou une maladie quelconque. On ne pouvait pas deviner en la voyant ce qu'elle pensait de ce visiteur, ni du fait qu'il interrompe ses activités, qui étaient pour l'instant au point mort.

Elle recula pour le laisser entrer, avant de prendre la parole, sans se démonter devant l'air hésitant de l'homme en face d'elle:

"Je vous en prie, Mr Vandercappel, discutons..."

Elle lui sourit et s'effaça. Lorsqu'il fut entré, elle referma la porte, et désigna deux chaises devant une paillasse vide. Puis, elle lui tendit la main, avant de se présenter, toujours très polie:

"Je suis Zofia Delindel. Enchantée."

Déprime, ennui? Connaît pas! Pas en apparence, en tout cas. Fraîcheur et amabilité, toujours.

Puis, désignant les étagères sur lesquels se trouvaient de nombreuses boîtes remplies de sachets de sa composition:

"Thé, tisane?"

Si Fabian s'était attendu à quelqu'un représentant l'autorité, à un professeur, il devait être très déçu. La petite rousse qui se tenait devant lui n'avait rien à voir avec une enseignante, surtout habillée comme elle l'était en adolescente tout de noir vêtue. On pouvait voir dans ses mouvements une certaine aisance, un dynamisme, mais absolument pas de l'autorité, d'autant plus que la française était encore très jeune, même pour pratiquer un métier comme le sien, et que si elle avait suivi un cursus normal, elle en aurait encore eu pour deux ou trois ans de formation.

Néanmoins, elle compensait ce manque de charisme par une grande amabilité, une maîtrise d'elle-même et de son environnement, qui, généralement, en imposaient assez pour qu'elle reste crédible, même devant un interlocuteur beaucoup plus âgé qu'elle, comme le cousin de Gaetan.
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Fabian Vandercappel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Dim 23 Mar - 15:16

Lorsque la porte s'ouvrit, ce ne fut pas la jeunesse, ni l'allure de Zofia qui interpela le belge de prime abord, mais l'hermine qui la précédait. Bon, certes, il s'était attendu davantage à l'archétype du professeur un peu loufoque, au milieu de ses plantes et ses potions, et restait étonné de se trouver face à une petite rouquine plutôt avenante, mais il n'était surtout pas encore habitué à la présence des daemons, et Kayisa le mettait légèrement mal à l'aise. Comme tout ce qui touchait à la magie à laquelle il ne connaissait absolument rien en fait. Il se faisait tout juste à l'idée de leur existence - pas trop le choix - et avait encore du mal lorsqu'il se trouvait face à l'un d'entre eux...

Et puis pour en rajouter à son embarras, se faire détailler par la jeune femme restait quelque chose dont il n'avait jamais été particulièrement fan. Parce qu'il n'avait jamais été très à l'aise dans ce type de situation, d'une part - pas qu'il soit particulièrement timide, loin de là, mais avoir l'impression d'être évalué comme un morceau de viande avait tendance à l'agacer - et puis parce c'était la prof de Gaëtan, et qu'implicitement, le lien presque hiérarchique que ça créait n'était pas pour le dérider. L'autorité, ça n'avait jamais été son truc non plus. Enfin... Il y avait beaucoup de choses qui n'avaient jamais fait partie de ses "trucs", en définitive. A part la musique, et les sorties avec Marie.

D'ailleurs, il n'avait pas réellement détaillé la jeune femme : le look qu'elle arborait, ça la regardait, il aurait été mal placé pour juger qui que ce soit, vu comme on le qualifiait généralement de marginal lui-même. Elle s'effaçait pour le laisser entrer et c'est la pièce et tout ce qu'elle contenait qu'il observa, toujours surpris par... tout en fait. Un ordinateur visiblement dernier cri fonctionnait il ne savait comment, des... choses, un peu partout, entre lesquels l'hermine se baladait parfois, des étagères emplies d'il ne savait quels mélanges...

La porte fermée derrière eux, elle lui désigna un siège devant une paillasse vide avant de lui tendre la main tout en se présentant. Main qu'il serra, fermement mais pas trop fort - il aurait tôt fait de lui broyer les doigts : bien que les siens fussent agiles, il n'en avait pas moins l'habitude des travaux manuels. Il tenta de faire abstraction des va-et-vient de l'hermine pour se concentrer sur une situation qui, somme toute, pouvait être relativement classique.

- Enchanté Mademoiselle Delindel, lui répondit-il à son tour, prenant place comme elle le lui avait suggéré, puis détaillant un instant les étagères qu'elle désignait, perplexe.

*Mlle Delindel. A retenir, si tu ne veux pas avoir l'air ridicule à l'avenir... Mais c'est quoi tout ça ?*

Thé, tisane ? Encore un truc auquel il n'entendait rien. Pourtant, sa mère en avait un certain nombre mais... disons qu'il avait plutôt tendance à consommer du houblon que de la verveine... pour ne citer qu'un exemple qu'il connaissait au moins vaguement. Il haussa légèrement les épaules.

- Comme vous voulez, c'est vous la spécialiste...

Elle avait beau être jeune - plus que lui, à l'évidence - elle maîtrisait certainement son sujet, la pièce semblait en témoigner, alors autant la laisser faire. De toute façon, sinon, il aurait choisi au hasard et il n'était pas certain que celui-ci fasse toujours bien les choses.

- J'espère que je ne vous dérange pas trop ? Je voulais juste m'assurer que tout se passait bien et...

Il hésita un instant, et plongea ses yeux clairs dans ceux de la française. Autant entrer dans le vif du sujet.

- Je pense qu'il est évident que Gaëtan n'est pas particulièrement enchanté de ma présence ici, d'autant que nous n'avons jamais vraiment eu de liens très proches mais... j'ai promis à sa mère de veiller sur lui, alors s'il y avait quoi que ce soit dont vous ayez besoin, n'hésitez pas. Je ne pense pas qu'il fasse la démarche de lui-même, alors je tenais à ce que vous le sachiez, comme vous êtes sans doute une de celles qui a le plus de relations avec lui...

Il semblait étrangement avoir retrouvé assurance et détermination. Il fallait avouer que lorsqu'il s'agissait de tenir parole, surtout lorsque ça mettait en jeu ses proches, on entrait dans un domaine qui lui était beaucoup moins inconnu, et son discours autant que son attitude retrouvaient leur naturel.
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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Dim 23 Mar - 16:49

Zofia avait oublié que Fabian devait être non sorcier, comme son cousin. Elle se rappela alors de l'étonnement du gamin face à Kayisa, et réalisa que son visiteur devait éprouver à peu près le même. Aussitôt, l'hermine décida de se faire plus discrète, et alla se planquer derrière une rangée de bocaux contenant divers bulbes séchés recueillis durant l'automne.

Quand Fabian lui indiqua que c'était elle la spécialiste, elle sourit, avant de murmurer un "Effectivement..." plutôt amusé. Elle raviva le feu qui brûlait en permanence sous une bouilloire de métal à l'aide d'un sort élémental, un des rares qu'elle maîtrisait. Il suffisait de retirer l'humidité contenue dans l'air, pas très compliqué. Pendant que sa moitié s'asseyait, Kayisa s'affairait parmi les boîtes d'infusions.

"Vous ne me dérangez pas du tout. C'est une chance que vous soyez venu aujourd'hui, je comptais profiter de la Brèche pour rentrer chez moi quelque jours... Merci, Za!"

L'hermine avait laissé tomber dans la main tendue de sa moitié deux sachets de tisane, et celle-ci les répartit dans deux tasses. Elle versa de l'eau, et tendit une tasse à Fabian. Menthe-anis-verveine pour lui, rose-violette-tilleul pour elle. Un sucrier était posé à proximité. Elle laissait toujours le choix de la tisane à Kayisa, plus à même qu'elle de deviner son humeur et de voir quelles plantes convenaient.

Elle se fit ensuite très attentive à ce que Fabian lui raconta à propos de sa "mission" de surveillance auprès de Gaetan. Elle soutenait son regard, le menton appuyé délicatement sur une de ses mains, l'autre portant de temps à autre sa tasse à ses lèvres. Elle observa un moment Fabian avant de reprendre la parole. Mais il ne s'agissait plus de le jauger. Simplement, il fallait qu'elle réfléchisse à comment tourner les choses.

"C'est très gentil de votre part de prendre soin de Gaetan. Il m'avait dit qu'un membre de sa famille devait venir, mais il n'était pas entré dans les détails. Il ne parle pas beaucoup..."

Ce n'était pas un reproche qu'elle faisait à son assistant. Elle appréciait sa compagnie, quoique souvent silencieuse, et sa bonne volonté. Et même si elle ne fit pas référence à l'engagement qu'avait pris Fabian de s'occuper de lui, le coup d'oeil qu'elle lui jeta était suffisamment éloquent. Avoir traversé la Brume et affronté l'Epreuve pour prendre soin d'un ado en crise, c'était courageux. Bon, peut-être que Gaetan n'était pas vraiment en crise. Mais la situation pouvait quand même plus ou moins se résumer à ça.

"Si vous voulez mon avis, Mr Vandercapell, il me semble que votre cousin s'est plutôt bien adapté à la vie de Sywhaid. En tout cas, je ne peux que le féliciter du travail qu'il fournit ici."

D'un mouvement de tête, la rouquine désigna les étagères parfaitement en ordre, les tiroirs et les caisses étiquetées, les chaudrons bien alignés sur les tables.

A un moment donné, comme avertie par une sorte d'intuition, elle se leva, marcha jusqu'à un des chaudrons, en observa un moment le contenu, avant d'ouvrir un tiroir et de prendre une pincée d'une poudre contenue dans un ballon en verre. Des volutes de fumées violette s'échapèrent du chaudron, et après quelques instants d'observation, elle éteignit le feu, visiblement satisfaite. Il faudrait qu'elle apprenne à Gaetan les propriétés de cette potion calmante, ca pouvait toujours être utile.

Elle revint se rasseoir rapidement, avant de murmurer quelques paroles avec un sourire faussement contrit, se doutant bien du fait que Fabian ne devait jamais avoir vu une sorcière préparant une potion auparavant. On était loin du cliché de la vieille bonne femme avec un nez crochu et des verrues, mais pour le reste...:

"Excusez moi. Les derniers préparatifs avant le départ..."
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Fabian Vandercappel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Dim 23 Mar - 19:09

L'hermine disparut à ses yeux un moment, et il ne réalisa pas tout de suite son absence, jusqu'à ce qu'elle revienne déposer deux sachets dans la main de sa moitié en fait. Il avait observé avec étonnement la rouquine raviver il ne savait comment un feu sous une bouilloire métallique, puis répartir l'eau dans deux tasses dans lesquelles elle avait déposé chacun des sachets apportés par le daemon. Lorsqu'elle lui tendit celle qui lui était destinée, Fabian en huma le parfum, sans un mot, et décela la menthe et l'anis, caractéristiques, sans pourtant reconnaître la verveine à laquelle il avait pensé quelques instants auparavant. Et puis, bien qu'il n'y soit guère habitué, il sentait quand même la différence entre son breuvage et les quelques effluves qui s'échappaient de celui de Mlle Delindel, plus fleuri. Son regard passa d'une tasse à l'autre avant de se porter sur l'hermine. Il avait beau voir certains des habitants de la communauté avec leurs moitiés, il n'était pas certain que tous aient une relation aussi... fusionnelle, que la rouquine avec leur animal. Là encore, il n'y connaissait absolument rien, mais il y avait certaines choses qu'il ressentait. Parmi les autres Sywhaidiens, certains étaient beaucoup plus indépendants de leur bestiole, ça ne semblait pas être le cas ici. Un instant, il eut l'idée folle que ça pouvait être intéressant à étudier, mais il la rejeta aussitôt. C'était réservé aux sorciers, il paraît, il perdrait son temps, forcément...

Il se concentra donc davantage sur ce que disait l'apothicaire, et hocha sobrement la tête.

- C'est vrai, il est plutôt discret.

Et il ne se voyait pas l'en blâmer. C'était par la musique que lui-même s'exprimait, les grands discours, ça n'avait jamais vraiment été sa tasse de thé. Il la dévisagea un instant, comme elle lui lançait un regard appuyé qu'il ne comprenait pas vraiment. Certes, ça avait été une épreuve que de traverser la Brume, mais il n'avait fait que s'en tenir à sa promesse, en définitive, aussi douloureuse fût-elle. Il hocha de nouveau la tête lorsqu'elle évoqua l'intégration de son cousin à la communauté, visiblement plus détendu. C'était une bonne chose, d'autant qu'il savait qu'il ne se tournerait pas vers lui : de tout leur voyage, il n'avait guère ouvert la bouche, réprouvant sa présence, à l'évidence. Savoir qu'il ne resterait pas seul si une difficulté se présentait était un véritable soulagement pour le musicien, qui avait redouté, en effet, que son cousin n'ait un jour besoin d'aide sans savoir vers qui se tourner, ou vouloir se tourner vers qui que ce soit plus exactement.

Il suivit le geste de Zofia, comprenant que l'organisation de la pièce était l'oeuvre du fils de Marie, et hocha encore la tête, d'un air approbateur. C'est sûr que pour ça, ils n'avaient pas grand chose en commun... La rousse se leva alors, trafiqua il ne savait quoi dans un chaudron, avant de revenir auprès de lui et de s'excuser, il posa alors sa tasse et secoua lentement la tête.

- C'est moi, Mlle Delindel, je vous dérange alors que vous avez certainement beaucoup à faire avant votre départ. D'autant que je ne pense pas être capable de vous aider...

Il resta silencieux une seconde, les sourcils légèrement froncés, puis reprit.

- Mon cousin tiendra donc seul votre boutique pendant votre absence ?

Là, il devait avouer que ça ne le rassurait pas vraiment. Comme lui, Gaëtan était arrivé dans la communauté sans aucune connaissance magique, et il doutait qu'en quelques mois, il soit déjà capable de gérer toute une boutique...
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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Lun 24 Mar - 10:47

Zofia ne put s'empêcher de sourire, d'un air légèrement moqueur. Ce n'était absolument pas méchant, cependant, mais elle voyait assez mal Fabian l'aider à faire ses bagages, en effet. Et pour ce qui était de l'aider au labo, son petit cousin serait certainement bien plus efficace que lui.

"Vous ne dérangez pas. De toute façon j'ai presque fini. Il me suffira juste de mettre cette potion dans des fioles et de les porter à la réserve..."

En fait, elle était plutôt contente que quelqu'un soit venu troubler sa solitude. Elle savait qu'elle allait certainement passer le reste de sa journée enfermée pour régler les derniers détails, à part le soir, où elle irait chez une petite vieille qui lui avait proposé de garder Gulliver et Swift. D'habitude, Mathys s'en chargeait, mais comme il avait décidé de partir en même temps qu'elle... Et Marybeth avait déja Connor à garder, inutile d'en rajouter...

Son sourire s'aggrandit à la question de son intelocuteur. Il n'avait manifestement pas compris la fonction de l'endroit où il se trouvait. Et s'imaginer Gaetan faisant tourner le labo tout seul paraissait l'inquiéter, tandis que la jeune femme aurait certainement trouvé cela très comique.

"Ne vous inquiétez pas, je ne laisserais pas une telle responsabilité à Gaetan... Notez qu'il ne s'agit pas d'un manque de confiance, simplement, je doute qu'il ai assez d'expérience, au bout de quelques semaines, pour faire tourner ce labo de manière efficace. Il sera donc plus ou moins en vacances pendant que je serais partie, même si je lui ai laissé des instructions quant à la récolte de certaines plantes. Pour le reste, je me suis déja arrangée pour qu'il n'ait pas à venir ici durant mon absence..."

Elle ne le précisa pas, mais elle préférait éviter à Gaetan de trainer dans le labo à certains moments, lorsqu'elle avait des expériences délicates en cours, ou qu'elle travaillait sur des produits complexes. Il y avait aussi une armoire fermée par un cadenas auquel il n'avait pas accès, car il contenait des substances difficiles à utiliser, dangereuses , voire même carrément illicites pour certaines et qu'elle avait réussi à se procurer, en très petites quantités, pour ses recherches. Il y avait aussi certains objets qu'elle lui avait interdit de toucher, notamment divers catalyseurs et certains outils de dosage très fragiles.

Revenant à la discussion concernant son protégé, la jeune femme redevint brusquement sérieuse, pour ensuite demander à Fabian, l'air légèrement préoccupée:

"Mais dites moi, Mr Vandercappel... Il y a quelque chose qui m'intrigue chez Gaetan... Il ne m'a jamais expliqué pourquoi il était venu ici... Enfin, souvent, les gens de Sywhaid n'aiment pas aborder cette question, et certains ont même un passé assez trouble, mais pour un gamin de son âge, c'est plutôt étonnant."

Elle aurait pu s'excuser, dire qu'elle était indiscrète, essayer de dimuner l'impact de sa question. Mais si elle était consciente de tout cela, elle ne le montra pas, se contentant de siroter sa tisane sans lâcher son interlocuteur du regard. Après tout, il devait être assez intelligent pour comprendre qu'elle se souciait du bien être de son apprenti. Lorsqu'elle avait demandé à Gaetan de l'aider, Zofia se doutait qu'elle serait d'une certaine manière responsable de lui. Du moins, cela lui permettait de veiller sur lui, de loin, sans se permettre toutefois de le materner, ni même de le surveiller outre mesure. Cependant elle mesurait l'importance de cette conversation "entre adultes", qui lui permettrait d'en savoir plus sur l'adolescent, et avait décidé de saisir cette occasion pour poser les questions qui lui trottaient dans la tête depuis qu'elle le connaissait.

Pendant qu'ils parlaient, Kayisa était de nouveau retournée sur son étagère, et observait la scène en hauteur. Elle était très calme, comme à chaque fois que Zofia parlait ave quelqu'un qu'elle ne connaissait pas et ne se manifestait pas. Même si, comme l'avait remarqué Fabian, leurs relations étaient très fusionnelle, l'hermine et la jeune femme ne communiquaient pas par télépathie, comme le faisaient certains autres couples humain/daemon, et ne pouvaient faire passer que des émotions, des volontés, des idées. Il s'agissait d'un compréhension qui allait bien au-delà de la verbalisation, et Zofia elle-même s'en inquiétait parfois. C'était à la fois moins superficiel, mais aussi plus dérangeant parfois qu'un simple échange de paroles, aussi avaient-elles appris assez vite à rendre leurs pensées moins 'audibles" l'une pour l'autre lorsque la situation le permettait, et gagnaient ainsi une certaine autonomie...
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 25 Mar - 20:31

(bon, on dit que Zofia a déjà rencontré Maha ? je sais, ça gère mal avec les dates, mais j'y avait pas pensé avant, et voilà...)

Tibère marchait d'un pas vif et ondulant vers la laboratoire de Zofia, Maha trottinant devant lui avec un petit air moqueur. Il souriait dans l'air doux du printemps.
Il avait décidé d'aller voir la rousse, histoire de lui dire bonjour, et puis, de toute façon, il faisait de plus en plus attention à elle, et cela lui faisait plaisir de passer la voir, et toutes ces choses que font les couples. L'italien ne s'était pas vraiment interrogé sur la façon dont Zofia voyait les choses, mais lui se considérait comme en couple avec elle, mais de façon moins exclusive et plus discrète que les autres couples. C'était un peu difficile à expliquer, et lui-même n'y parvenait pas.

Décidé, le romain poussa la porte du laboratoire, sans frapper. Il ne frappait jamais aux portes, de toute façon.
La première chose qu'il vit fut la beauté de Zofia, et il sourit largement en s'avançant d'un pas... avant de se figer devant Fabian.
Mahalalel le chacal se crispa et les poils de son dos se hérissèrent tandis qu'elle grondait sourdement, et sa moitié tendit les muscles de ses bras et de son dos, comme il le faisait toujours en cas d'énervement.
Sa voix résonnant sourdement dans la pièce, il lança :

-"Hé, t'es qui ?"

Maha toucha sa jambe de son long nez pour lui signifier de garder son calme, tant qu'il ne savait pas qui était ce gars, mais elle-même était toujours hérissée.
Sans se soucier de savoir si il interrompait une conversation, Tibère alla s'asseoir tranquillement sur une chaise, tandis que son regard bleu, joint au regard fauve du daemon-chacal, fixait Fabian.

D'accord, il était jaloux. Le fait que cela risquait de fortement déplaire à la rouquine traversa l'esprit de Tibère, mais tant pis.
Les poings serrés, le regard dur, il attendit en silence la réponse de Fabian, prêt à exploser de colère ou de rire. Tout dépendait de cette réponse...

Tandis que Maha, grondant sourdement, gardait le regard fixé sur Fabian, l'italien jeta un coup d'oeil à Zofia et lui adressa un sourire... étrange de la part de Tibère. Un sourire gentil, appréciateur face à sa beauté, sans aucune trace de moquerie, ni rien de ce genre. Bizarre.
Mais rapidement, il reporta son attention sur l'homme présent dans le laboratoire et lâcha un ricanement narquois et provocateur.

(mini incruste, mais j'vais sûrement partir avant le départ de Fabian, histoire que vous puissiez continuer votre conversation lol)

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Fabian Vandercappel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mer 26 Mar - 0:38

[Tu restes ou tu pars comme tu veux, perso, j'ai absolument aucune idée de où ça va tout ça ^^]

Il hocha la tête, bien qu'il n'eût aucune idée de la somme de travail que pouvait représenter 'mettre la potion dans les fioles et les porter en réserve'. Si ça avait été de l'ordre de porter des cageots, il aurait proposé ses bras, sans doute, mais dans le doute, justement, il n'osait pas vraiment se rendre plus ridicule, ignorant comme il l'était, que ce n'était sans doute déjà le cas. Pour se donner une contenance, il sirota la boisson qui avait peut-être trop infusé, il n'aurait pas su le dire, mais dont il appréciait les notes anisées et mentholées. Il hocha sobrement la tête à son commentaire concernant ce qu'il adviendrait de l'endroit en son absence, bien joué Fab, t'as encore été champion sur ce coup-là. Et la tournure que prenait la discussion n'était pas pour lui plaire davantage. Le sujet 'Lucie' n'était jamais très facilement abordable face à son fils.

- Ma mère a séjourné ici quelques temps, il y a sans doute plusieurs dizaines d'années, bien avant ma naissance. Je suppose que Marie... la mère de Gaëtan, en a entendu parler davantage qu'aucun de nous deux, à moins qu'elle n'ait, elle aussi, passé quelque temps ici, nous n'avons guère eu l'occasion d'en parler, et je ne crois pas qu'elle souhaite l'aborder. En tout cas, mon cousin a trouvé un journal parlant de la... comment vous dites ? Noble terre ? Enfin, de Sywhaîd, dans les affaires de ma mère peu après son enterrement, et a voulu venir ici à son tour. Evidemment, ma cousine ne souhaitait pas le laisser partir seul, et c'est pas vraiment le genre de son père de croire à ce genre de chose, et encore moins d'accepter qu'on puisse vouloir venir ici. Et puis Marie ne pouvait pas laisser Roxane seule.

Il avait toujours particulièrement adoré le prénom de sa petite cousine, et le fait qu'un groupe qu'il affectionnait (parmi de nombreux), ait composé un morceau portant ce titre n'y était sans doute pas étranger. L'hermine était remontée sur l'étagère, et si elle s'était faite discrète, ça n'était pas le cas de l'énergumène qui entra, inopinément dans la boutique. Fab l'observa une seconde ou deux, avant de répondre à la question pour le moins... directe, de Tibère.

- Fabian. Enchanté.

Comme pour trinquer, il leva sa tisane devant lui, pus en but une gorgée avant de reposer la tasse près de lui. Il n'avait rien à se reprocher, et par conséquent absolument pas l'intention de justifier sa présence ici. Même si la méfiance, l'agressivité et la jalousie de celui qui venait d'entrer était palpable. Le genre de situation qui pouvait dégénérer à tout moment. Pas qu'il appréciât particulièrement ça, mais ça ne serait ni la première, ni la dernière fois qu'il y serait confronté. Des petits copains jaloux des minettes venues les écouter jouer, il en avait vu un certain nombre; et son arcade sourcilière s'en était plusieurs fois souvenue d'ailleurs... Bon évidemment, à choisir, il n'était pas particulièrement friand de ce type de dérives, mais même si ça ne venait pas de lui, il n'avait peut-être pas toujours la meilleure attitude pour désamorcer les situations de crise. Surtout quand certains s'en étaient pris à d'autres membres de son groupe... sa seconde famille en quelque sorte. Pas touche...

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Sam 29 Mar - 15:28

(arfouille... oui, pour les dates, c'est galère... je propose l'excuse de la distorsion temporelle...
Pour ce qui est de savoir où ça va... hum! Lol)


Zofia écoutait l'explication de Fabian, essayant de s'y retrouver parmi les liens familiaux qu'il lui décrivait. Elle hochait la tête de temps à autre, signifiant qu'elle comprenait. Vu la réticence de son interlocuteur, elle préféra s'abstenir de poser une autre question, et allait relancer la conversation sur un sujet peut-être plus facile à aborder, lorsque la porte de la pièce s'ouvrit. Il n'y avait que peu de personne qui entraient dans le labo de Zofia sans frapper. Le guerisseur ou l'infirmière, lorsqu'il y avait vraiment une urgence, Mathys, évidemment et... Tibère.

La jeune femme sourcilla légèrement en le voyant débouler, tandis que Kayisa se recroquevillait dans son coin, et remarqua son changement d'attitude lorsqu'il s'aperçut qu'elle n'était pas seule. Si Zofia avait été du genre à avoir honte, certainement que le ton agressif de l'italien l'aurait fait rougir. Son manque de maturité l'agaça suffisamment, et elle crut que Fabian allait vraiment s'énerver. Elle ne pouvait pas les laisser se bagarrer dans SON labo. Il y avait du matériel qui coûtait une fortune et qui était fragile. Autant désamorcer la crise tout de suite... Du moins essayer, parce qu'avec Tibère, ce n'était jamais gagné. Il était du genre à provoquer n'importe qui. Un jour, elle l'avait vu revenir avec ce qui ressemblait à des traces de coups, et un nez cassé plus ou moins rafistolé (;-) ). Elle avait beau lui avoir demandé qui lui avait fait ça, il n'avait pas voulu répondre, mais elle était certaine qu'il était encore allé asticoter quelqu'un... Comme ce fameux soir où ils s'étaient rencontrés.

Les relations des deux jeunes gens étaient loin d'être simple. Zofia restait méfiante, sur ses gardes. Elle avait vu ce que ça avait donné à leur première dispute et n'avait pas envie de recommencer. Aussi préférait-elle s'éloigner dès qu'il commençait à péter les plombs ou à devenir arrogant et méchant. Néanmoins, elle avait bien vu que révéler Mahalalel et aussi le fait qu'ils se voient de plus en plus souvent avait apporté une sorte d'équilibre au jeune homme, si bien que parfois, elle en arrivait à le trouver parfaitement normaln et arrivait presque à se convaincre que ses sautes d'humeur n'étaient dues qu'à son mauvais caractère. D'autant plus que dans ses bons moments, il pouvait se montrer adorable...

... Pas vraiment comme dans le cas actuel. Et cette fois, elle n'avait pas de possibilité de fuite. Cela la gênait que Fabian se trouve mêlé à ça alors qu'ils étaient en train de discuter « sérieusement ». Elle espérait qu'il ne fonderait pas son opinion des sorciers sur ce qu'il verrait de Tibère...

Lorsque le cousin de Gaetan se fut présenté, elle demanda, en regardant son second visiteur dans les yeux:

« Un problème? »

Il y avait beaucoup de douceur dans sa voix, mais cette question, pourtant anodine, sonnait comme un avertissement. S'il faisait un pas de travers, il en subirait les conséquences. Et il connaissait suffisamment la rouquine pour savoir qu'elle pouvait réagir plutôt violemment.


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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Sam 29 Mar - 19:38

La réponse de Fabian calma un peu Tibère qui dessera les poings et accentua son sourire au mouvement de l'homme. Cependant, il continua de le détailler avec insistance et ricana méchamment, au mépris du risque de se moquer de cet homme plus âgé que lui, et sûrement capable de l'envoyer au tapis. Mais Tibère l'empereur romain est fait pour mépriser le risque et rire au nez de n'importe qui, bien sûr...

Par contre, il ne ricana pas face à Zofia et à son air doucereux. Pas qu'il avait peur d'elle, mais disons qu'il n'avait pas envie de se disputer avec elle. Parce qu'il était très doué pour la pousser à bout, qu'il ne savait pas s'arrêter, et que la dernière fois, elle avait cassé tout ce qui était en verre dans sa chambre avant de le projeter fort violemment sur le lit. D'ailleurs, il ne l'avait jamais avoué, mais il s'était fait très mal à la hanche, ce jour-là. Donc, pas envie de retenter le coup.
Néanmoins, c'est avec un sourire moqueur qu'il répondit :

-"Hum, je sais pas, darling..."

Puis, l'italien fixa son regard ironique sur Fabian et esquissa un sourire ne laissant aucun, mais alors aucun doute sur la fragilité de sa santé mentale. Et sur sa méchanceté, aussi.
D'une voix songeuse et moqueuse, il lui demanda :

-"Tu serais pas la... nounou de Gaetan ? On est arrivés ensemble ici.."

L'éclat menaçant de ses yeux pouvait entraîner des suppositions sur la façon dont il avait traité le jeune garçon à ce moment, mais cela faisait ricaner Tibère de plus belle.
Il commençait à jouer, et puisqu'il n'avait pas envie de jouer avec Zofia, hé bien, il se rabattait sur Fabian.

(moi, j'vois que ça va vers une grosse dispute XD)

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Gaetan Saison



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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 1 Avr - 13:35

[Remarque, avec Tibère, ça finit souvent en dispute... ^^ Bon, après je repars vite fait, parce que sinon on va être vachement serrés dans la pièce, mais je ne pouvais pas ne pas incruster Gaetan, même passagèrement ^^ Je reste pas longtemps, pas longtemps, promis !]

Le nez dans ses papiers, Gaetan tentait de les remettre dans l'ordre. Quelle distraction lui avait fait oublier de numéroter les pages ? Alors... Les plantes néfastes aux daemons, là, après...
Le jeune garçon vérifia d'un coup d'oeil qu'il marchait toujours dans la bonne direction et retourna à ses notes. Ayant trié une dizaine de feuillets, il les rassembla en une liasse et la fourra dans sa besace.
Il avait achevé son travail cette nuit et devait l'apporter à Zofia avant son départ, afin que tout soit en ordre. Il lui apportait également les dernières commandes et réclamations de différents Sywhaîdiens.
Il sortit un bocal vide de sa sacoche et poussa distraitement la porte du laboratoire, tout en vérifiant que le pot en verre était correctement étiqueté.

- Zofia ? Mademoiselle Borle m'a demandé un remède pour ses brûlures, mais...

Stoppé net, le garçon recula d'un pas. La composition de la petite assemblée qui se tenait là ne lui plaisait pas du tout.
Le premier qu'il remarqua fut bien sûr Tibère, ce qui confirmait en partie la rumeur qui courait et qu'il s'était refusé à croire comme quoi l'apothicaire entretenait une relation avec lui.
Et son cousin Fabian. Que faisait-il là, ce mêle-tout ? Le fait qu'il vienne s'immiscer dans sa vie privée jusqu'à son lieu de "travail" mit Gaetan hors de lui.
Gêné et furieux à la fois, il balbutia en prenant soin d'éviter de regarder Tibère ou Fab :

- Excuse-moi, Zofia, je suis désolé, je venais simplement t'apporter...

Avec des gestes maladroits, il sortit la liasse de documents et la posa, avec le bocal, sur la table la plus proche.
Puis, il rouvrit la porte qu'il avait eu l'imprudence de fermer derrière lui et tourna le dos aux personnes présentes.
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Fabian Vandercappel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mer 2 Avr - 22:07

[Mouais, j’ai connu mieux comme excuse…:/ J'avoue que ça m'embête un chouilla, aussi bien en tant que joueuse qu'admin en fait. Je pense que t'as raison Zof, ça serait l'idéal... là en l'occurrence, y a pas vraiment besoin des crocs de Maha pour ressentir l'agressivité de Tibère Laughing]

Fabian observait. Visiblement, Mlle Delindel n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds vu le ton qu’elle employa pour défier presque ouvertement le nouvel entré. Evidemment, pour tenir presque seule un endroit de ce type, c’était un trait de caractère indispensable, mais comme le monde sorcier lui restait particulièrement obscur, il n’avait pas idée de l’ampleur de la chose… Le jeune homme ne s’était pas laissé décontenancer une seconde, ceci dit, et le Belge n’aimait pas la façon dont il le regardait, et encore moins la façon dont il se moquait visiblement de lui. Tant que ça en restait là, cependant, il restait calme, et continuait à siroter sa tisane comme si de rien n’était, ignorant plus ou moins (plutôt moins que plus en fait, bien qu’il gardât le silence) la querelle naissante entre les deux jeunes gens, deux jeunes tourtereaux à en juger par le sobriquet dont celui dont il ignorait toujours le nom avait affublé l’herboriste.

Il tiqua davantage sur la dernière réplique du type : la nounou ? S’il voulait. Mais… il était arrivé en même temps que son cousin ? Evidemment, celui-ci avait fait son possible pour taire cet épisode à son aîné, le contraire eût été étonnant. Mais vu le peu qu’il pouvait voir de Tibère, il se demandait comment ça avait pu se passer. Et même si l’adolescent lui avait assuré que la Quête s’était bien passée, et qu’il avait juste ‘rencontré des gens’ entre temps, il n’était certain de rien…

*Pourquoi a-t-il fallu que mon passage par cette espère ce brume bizarre dure si longtemps ? Il aurait pu arriver n’importe quoi, il peut être arrivé n’importe quoi à Gaëtan pendant ce laps de temps, et je n’en sais rien… Et ça n’est pas de lui que je l’apprendrais de toute façon…*

Il avala tranquillement une nouvelle gorgée, même si au fond, il était loin d’être parfaitement serein, approchant de la fin de sa tisane avant de répondre finalement à la remarque censément désobligeante de Tibère. Si ça s’arrêtait à « nounou », il avait pu endurer pire… et de personnes davantage proches de lui d’ailleurs.

- On peut dire ça. Ou plus simplement son cousin.

*Mais c’est vrai que son chaperon… c’est un peu ça que voulait Marie de toute façon, et puis…*

Et puis il s’en voudrait éternellement, même sans ça, s’il arrivait quelque chose à son cadet sans qu’il fît rien pour l’empêcher. La porte s’ouvrit de nouveau pour laisser entrer celui auquel il pensait à l’instant. Comme quoi quand on parle du loup… Fab’ songea qu’en effet, vu son mouvement de recul, il n’appréciait manifestement pas sa présence ici. Il était plus mitigé quant à ce que son cousin pouvait penser de celle de l’autre type et le doyen de la pièce qu’il était gardait plutôt à l’esprit que c’était sa propre présence qui l’importunait plus que toute autre. Son cousin se dépêchait de déposer ce qu’il avait dans les mains pour se diriger aussitôt vers la sortie, aussi avala-t-il le reste du contenu de sa tasse d’un trait avant de se lever.

- Tu peux rester Gaëtan, je suppose que tu devras ramener son bocal à euh… Mlle Borle ? Et je vais m’en aller de toute façon. Mlle Delindel, merci pour votre accueil et pour la tisane. Jeune homme…

Deux doigts sur son front en guise de salut, et il gagna à son tour la sortie, hésitant à poser une main sur l’épaule de son cousin, ou à lui ébouriffer les cheveux comme il l’aurait fait pour Roxanne… mais se ravisa : le blondinet le prendrait certainement mal. Comme tout ce qui venait de lui en fait. Il se retourna plutôt une dernière fois vers la jeune rousse, et ajouta un dernier : - Bon courage pour vos derniers préparatifs, et bon voyage… avant de renouveler son geste de salut de tout à l’heure, et de commencer à s’éloigner à son tour, les mains dans les poches, après un dernier regard fugitif à Gaëtan.

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Dim 6 Avr - 14:55

(on pourrait pas simplement dire que Tiberounet avait pas encore révélé Maha?)

Zofia regarda la suite de l'échange avec de plus en plus d'apréhension. Lorsqu'ils ne seraient qu'à deux, Tibère allait entendre parler du pays! Pourvu qu'ils ne se tapent pas dessus! Elle ne supporterait pas de voir son matériel cassé.

Elle allait intervenir, lorsqu'une troisième fois, la porte s'ouvrit, laissant apercevoir la tête blonde de Gaetan. La jeune femme faillit se mordre la lèvre d'énervement. Elle se leva pour accueillir l'adolescent, se plaçant délibérément entre lui et Tibère. Elle savait qu'ils ne s'appréciaient pas (de toute façon, qui appréciait Tibère?), même si elle n'avait jamais réussi à savoir pourquoi. En passant, elle cueillit dans ses étagères un flacon , prit un crayon , et s'immobilisa devant le garçon afin de remplir le bocal et de noter des indications sur l'étiquette, tandis que son cousin, décidant brusquement de s'éclipser, lui demandait de rester.

"Mais de rien... A bientôt!" dit-elle gentiment, (trop gentiment) à Fabian, pour cacher la déception que causait son départ. La suite de leur discussion aurait été interessante, à n'en pas douter.

Puis, gentiment, elle remercia Gaetan pour son travail, et lui dit au revoir, avant de le pousser avec douceur vers la porte. Lorsque celle-ci se fut refermée, elle se tourna vers Tibère, avec l'intention de lui régler les culbuteurs avant son départ. Elle ignorait pourquoi il était venu la voir, ce qu'elle savait par contre, c'est qu'il avait délibérément provoqué Fabian, et effrayé Gaetan par sa seule présence. Quel imbécile...

Néanmoins, elle savait que si elle lui faisait des reproches, il s'énerverait. Aussi se contenta-t-elle de passer devant lui, le frôlant délibérément sans paraître prêter attention à sa présence, avant de se poster devant ses chaudrons pour finir de les récurer. En attendant qu'il réagisse...

(Gaetan, j'te vire pas, hein, tu peux revenir quand tu veux (quoiqu'en pleine scène de ménage ca va ptêt devenir dangereux^^)
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Lun 7 Avr - 12:20

(j'suis parfaitement d'accord)

Tibère eut un petit rire à l'arrivée de Gaetan, qui s'enfla légèrement lorsqu'il vit la réaction du jeune garçon face à son cousin, puis redevint silencieux et regarda tout ce petit monde partir.

Bientôt, Zofia et lui se retrouvèrent donc seuls dans le labo. La rousse avait l'air plutôt énervée, d'ailleurs.
Tibère s'approcha lentement d'elle en ricanant et posa sa main sur sa hanche, doucement. Avec un petit sourire, il lâcha :

-"Hé bien, il est parti... Je suis déçu, j'aurais pensé qu'il était plus résistant."


L'italien aurait pensé que Fabian aurait protesté, se serait énervé, ou quelque chose, au lieu de fuir ainsi. Enfin, c'était comme ça qu'il voyait les choses. S'il avait été plus mature, Tibère aurait compris la réaction de Fabian, mais il ne l'était pas.

Dans un rire méchant, il se pencha sur Zofia et l'embrassa violemment, sans prévenir et sans se poser de questions, puis se releva et lui sourit gentiment avant d'aller fourrer son nez dans les chaudrons et autres préparations, curieux.
Pour lui, l'incident avec Fabian et Gaetan était déjà oublié.

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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Lun 7 Avr - 14:49

Elle le sentit s'approcher d'elle, et lorsqu'il parla, elle faillit lui coller la brosse avec laquelle elle récurait son chaudron dans la figure. Parfois, elle se demandait vraiment ce qu'elle faisait avec un type pareil. Quand il l'embrassa, elle resta de marbre. Une statue de glace n'aurait pas paru plus droite et plus... glaciale. Elle pensait qu'au moins Tibère aurait l'intelligence de s'excuser, ou de s'expliquer. Mais non, même pas. Il se comportait comme chez lui, et osait même s'approcher de ses préparations. Ca n'allait pas se passer comme ça. Déja Kayisa se mettait aux abris sous une pile d'articles de journeaux découpés, tandis que la rouquine s'approchait de son visiteur d'un air décidé.

Elle posa la main sur son épaule pour le forcer à la regarder. Cela faisait déja longtemps qu'elle n'avait plus peur de Tibère. Elle savait qu'il ne risquait pas de se montrer violent vis à vis d'elle. Mais il devenait envahissant, et elle ne voulait plus voir personne s'enfuir de son labo comme ca.

"Eventuellement tu pourrais m'expliquer ce que tu venais faire ici, avant de te comporter comme le pire imbécile que je connaisse?"

Elle retourna s'affairer auprès de ses flacons et tout en fouillant, demanda, sur un ton ironique et mordant:

"Tu es malade? Tu as besoin de quelque chose? Anti-dépresseur? Anxyolitique? Peut-être simplement d'une paire de gifles pour te remettre les idées en place?"

Malgré le ton profondément méchant, plein de rancoeur, elle demeurait calme, et il restait encore dans sa manière de parler, mesurée, contrôlée, et dans son port de tête, un petit quelque chose d'aristocratique que même Tibère, avec ses faux airs d'empereur, ne parviendrait jamais à égaler.
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 12:05

Lorsque Tibère se sentit forçé de se retourner par Zofia, et se retrouva face à ses reproches et son air colérique, il la dévisagea avec étonnement.

A la suite des paroles de sa petite amie, son expression se transforma en un petit air peiné et il passa la main dans ses boucles brunes comme un gamin pris en faute, les yeux baissés.
D'une petite voix, il marmonna :

-"Ben... je voulais juste te voir avant que tu partes..."


Il n'y avait aucun calcul dans ce comportement assez attendrissant. Tibère était réellement peiné par la réaction de Zofia : la provocation était si profondément ancrée dans sa nature qu'il n'avait pas l'impression d'avoir fait quelque chose de désagréable pour elle.

Cependant, il ne resta pas très longtemps dans le rôle du type désolé et reprit vite sa désinvolture habituelle pour demander, un éclat de rire dans les yeux :

-"Ha ouais, t'as des anti-dépresseurs ? Faut bien ça pour me supporter, hein ?"

Le romain laissa ensuite échapper un petit rire et regarda la rousse avec attention, un petit sourire au coin des lèvres.

-"J'repars à Rome."

Délibérément, il ne donna pas de date de retour, laissant planer le doute sur un éventuel départ définitif. Il voulait voir la réaction de Zofia, savoir ce qu'elle en penserait, si il partait vraiment, mais pour une fois ce n'était pas un simple test pour le plaisir. Tibère avait besoin de savoir.

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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 18:22

Il avait l'air tellement désolé que Zofia, étonnée de voir passer une telle expression sur son visage, sentit sa colère retomber. Lorsqu'il lui lança une pique, elle répondit, plus amusée et résignée que vraiment énervée:

"Ca c'est sûr..."

Le fait qu'il veuille la voir avant son départ la touchait plus que ce qu'elle voulait montrer. Elle s'essuya les mains sur un torchon qui traînait là, ayant fini son rangement, et se rapprocha de Tibère, lorsque celui-ci lui annonça qu'il allait partir, lui aussi. Retourner à Rome. Et vu le petit air de défi qu'elle pouvait voir dans ses yeux et sur son visage, s'il ne donnait pas de date de retour, c'est qu'il y avait une raison.

Faisant un effort sur elle-même, elle continua à s'avancer vers lui, les mains dans les poches.

"Ah bon? Très bien."

Le ton paraissait distrait. Cependant, après un moment, elle releva les yeux vers lui, et son regard était très incertain, lorsqu'elle demanda, en faisant encore un effort pour maîtriser sa voix, mais qui était bien plus visible qu'à l'ordinaire:

"Pour combien de temps?"

Elle se détestait de montrer ainsi sa faiblesse. Elle qui voulait régler ses comptes avec l'italien, la nouvelle de ce départ avait fait retomber sa colère comme on désamorçait une bombe. Il n'allait pas partir définitivement... si?

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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 18:47

La première réaction de Zofia déçut beaucoup Tibère. Elle ne semblait même pas s'en faire... Il recula légèrement lorsqu'elle s'avança vers lui, puis s'arrêta, la laissant se rapprocher. Il ne savait même pas pourquoi il avait reculé.
La suite de ses paroles, par un effet pervers, le rassura. La rousse avait l'air vraiment troublée par cette déclaration, et lui qui voulait voir comment elle réagirait était servi.
Tibère eut un petit sourire énigmatique et se pencha vers elle.

-"Je sais pas. C'est dur pour moi ici, tu le sais ?"

En même temps qu'il prononçait ces paroles, le romain se rendit compte de leur véracité. Et se rendit compte, aussi, qu'il pouvait rester à Rome, retourner vivre là-bas et attendre que Claude sorte de prison et que David revienne.
Il resta un long moment silencieux. Voilà qu'il se retrouvait soudain à devoir décider s'il resterait à Rome ou reviendrait, et il voulait décider vite...pour Zofia.

Aussi, Tibère reprit la parole sans trop savoir ce qu'il allait dire. Dans sa voix, l'accent italien était beaucoup plus marqué qu'à l'accoutumée, signe d'un grand trouble et de son sérieux.

-"Je... Je reviendrais, je pense. Si tu n'étais pas là, je ne reviendrais pas, parce que ici, sans personne, enfermé, je... je perds un peu le contrôle, tu sais ?"

Sa voix avait perdu de sa fermeté, et il saisit l'épaule de Zofia et la serra, comme pour insister.
Voilà, c'était dit, il reviendrait. Mais le doute l'avait investi, et Tibère commençait réellement à se demander si revenir à Rome n'était pas une meilleure solution, si là-bas, tout n'irait pas mieux.
Il murmura :

-"Tu me suivrais ?"

Ce n'était plus un jeu, un test pour voir la réaction de sa compagne, mais une vraie question, sérieuse, et sûrement la plus importante qu'il aie jamais posé à une fille.

Et si elle répondait non ? D'ailleurs, même si elle disait "oui", que ferait-il ? Mais toutes ces questions étaient moins importantes, parce que l'enjeu de ce qu'il venait de demander était de savoir, en réalité, s'il reviendrait.
Parce que si elle n'était pas capable de le suivre à Rome, est-ce qu'alors il devait rester avec elle à Sywhaid, ou rester l'égoïste qu'il avait toujours été et la laisser derrière lui, sous prétexte qu'elle n'avait pas la force ?

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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 19:15

A la première réplique de Tibère, Zofia crut qu'il était encore en train de jouer avec elle. C'était peut-être un peu vrai, en réalité. Mais finalement il resta silencieux un moment, et la rouquine n'osa pas interrompre sa réflexion. Elle était inquiète de voir que l'italien pensait vraiment à partir. Et elle ne voulait pas le voir partir. Parce qu'elle avait fini par apprendre à le connaître, par accepter ses défauts (il en avait beaucoup) et ses qualités (il fallait reconnaître qu'il en avait aussi qui méritaient qu'on s'y intéresse). Et aussi parce qu'elle voulait qu'il aille mieux et qu'il arrive à trouver une sorte d'équilibre. Et là, c'était autant en sa qualité de médecin qu'en sa qualité de petite amie qu'elle le voulait.

Finalement, il déclara qu'il reviendrait. Cette fois, la française ne tenta pas de cacher son soulagement. Elle posa sa main sur celle du jeune homme et lui offrit un sourire presque rayonnant. Puis, il lui posa une question. Et le sourire disparut. Elle recula légèrement, visiblement embarassée. Elle savait ce qu'il fallait dire pour lui faire plaisir, ou encore pour le forcer à tenir sa promesse. Mais elle voulait aussi lui dire la vérité. Parce qu'elle sentait que c'était aussi important pour l'un que pour l'autre.

""Je sais pas, Tibère. J'en sais rien..."

Du coup, son accent français ressortait comme celui du romain quelque secondes plus tôt. C'était tellement rare que ça pouvait surprendre. Zofia parlait toujours un anglais impeccable. Mais là, ça la dépassait. Elle était tiraillé entre ce qu'elle aurait eu envie de dire et son honnêteté qui la forçait à dire la vérité... même si elle ne savait pas trop comment la dire sans blesser Tibère.

"J'ai eu du mal à me reconstruire ici... après ce qui s'est passé là où j'étais avant... Ca a été difficile d'accepter de venir... et maintenant que je suis là... je sais pas. Peut-être... pas tout de suite en tout cas..."


Elle s'écarta légèrement, et erra dans le labo, à tout hasard, craignant de plus en plus la réaction du jeune homme. Kayisa, comme à son habitude, observait la scène, mais elle se précipita pour soutenir sa moitié, et s'enroula autour de son cou, comme pour la protéger.

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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 19:38

Pour une fois, Tibère était sérieux, entièrement sérieux.
Il n'explosa pas de rage, ne se mit pas à crier ou à rire, mais garda le silence, songeur.
Elle n'avait pas dit oui pour lui faire plaisir, et c'est ce qui rassura l'italien. Si elle avait répondu qu'elle le suivrait, juste comme ça, sans vraiment réfléchir, il serait parti, sans un mot, et ne serait jamais revenu. C'était une question si sérieuse qu'une réponse en l'air aurait exigé une telle réaction.
Et elle n'avait pas dit non.

Lentement, presque en hésitant, l'empereur s'approcha de Zofia et la prit dans ses bras.

-"Je reviendrais, alors."


Et sur ces simples mots, il clotûra la discussion. Elle devenait déjà trop sérieuse pour lui, pour son insouciance habituelle, ressemblait trop à une discussion entre adultes et engageait à trop de choses.
Plutôt revenir à des banalités.

-"Je parlerais de toi à Claude. J'vais aller le voir en prison, tout de même, même si je pense que je serais à ramasser à la petite cuiller après..."

Un sourire un peu triste ponctua cette phrase. Tibère n'était pas gêné par le fait d'admettre devant sa petite amie qu'il pouvait faiblir.
Et puis, c'était une manière de dire qu'elle avait suffisament d'importance pour lui pour qu'il en parle à son meilleur ami...

Reprenant son sourire éclatant, il adressa un clin d'oeil rassurant à Kayisa et embrassa en douceur la rouquine, sans la violence dont il avait fait preuve précedemment, avant de lui décocher un immense sourire équivoque.

-"On ne se voit pas avant un mois, voire deux, au moins, donc..."

Un petit rire vint ponctuer cette constation, suivi d'un sourire carnassier.

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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Déprime printanière   Mar 8 Avr - 19:59

Elle se laissa aller dans ses bras, assez rassurée par sa réaction, qui n'avait rien à voir avec les actes immatures et l'aggressivités qu'il avait montré avant, face à Fabian. Peut-être allait-il changer, un peu, finalement...? Elle hocha la tête et sourit lorsqu'il lui dit qu'il reviendrait. Apparemment, elle avait bien fait d'être honnête. Mais cela lui faisait bizarre. Jamais elle n'avait eu aussi peur de perdre quelqu'un. Bon, elle avait déja vécu quelques relations sérieuses, mais jamais aussi... fortes. La seule qui s'en rapprochait été sa rencontre avec Sarhaan, en Afrique, mais ça n'avait rien à voir dans le sens où ils savaient tous les deux qu'elle repartirait après.

L'arrachant à sa mélancolie, le romain lui parla de Claude, qu'il avait pour projet d'aller voir en prison. Il avait déja évoqué ses amis devant Zofia, et celle-ci savait ce que cela représentait pour lui. Elle se serra contre lui, dans un réflexe protecteur, tandis que son daemon descendait dans son dos, évitant soigneusement de toucher Tibère, et s'arrêtait à quelque mètres de là, pressentant ce qui allait suivre, comme après chaque discussion un peu difficile.

Décidément, pour certaines choses, Tibère pouvait s'avérer très convaincant, et la rouquine, après avoir éclaté de rire et fait semblant de résister quelques minutes, l'entraîna dans l'escalier, direction sa chambre, à quelque distance de là. Son énervement était passé, même si elle en voulait encore à l'italien, elle n'avait pas envie de l'embêter de nouveau avec ça. Quant à sa déprime... étrangement, elle s'était envolée...

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Déprime printanière

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