
|
|
| | [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle | |
| | Auteur | Message |
|---|
La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:25 | |
| [Le carnet ci-dessous est visible de vos personnages ; n'hésitez pas à mettre à profit les informations pour vos futurs topics.]I. Introduction La teinturerie a toujours relevé d’une alchimie secrète ; au Moyen Age, les teinturiers devaient se conformer à de nombreuses règles relatives à la collecte et au traitement des plantes tinctoriales de manière à ce qu’elles produisent les meilleurs résultats. Ils tenaient compte de la saison et parfois de l’heure à laquelle ils les récoltaient. Ces principes qui, au XXe S., semblent de la magie, étaient basés sur une grande connaissance de la nature, car la présence des substances tinctoriales dans les végétaux obéit à un calendrier très précis dépendant du cycle de croissance de la plante, des conditions atmosphériques, du climat et de la lune. Les teinturiers pensaient aussi renforcer le principe colorant des plantes en prononçant des formules magiques et des exorcismes, pratiques condamnées par l’Eglise. ~°~ ¤O¤ ~°~ Sur Sywhaîd, le travail de la laine constitue une des principales industries ; elle fournit les habitants, bien sûr, mais la production est également destinée à l’exportation, pour être échangée contre des produits de première nécessité. C’est l’une des dernières teintureries à avoir ainsi perpétué les techniques naturelles traditionnelles. La teinturerie se situe à l’écart des autres fabriques, car les feux et bocaux de fermentation multiplient évidemment les risques d’incendie. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:31 | |
| II. Principes de teinture traditionnelle 1. Le mordançageLa laine est une des substances qui prend le mieux la teinture ; cependant, pour qu’elle s’imprègne bien des pigments naturels –plus fragiles que les teintures chimiques-, elle doit être chauffée dans un bain de sels minéraux (alun, fer, étain) : c’est le mordançage. Pendant que le mélange atteint doucement les 80°C, les fibres de la laine se hérissent comme des écailles, dans lesquelles se logeront mieux les pigments. Dès lors, la laine peut être lavée sans risque de déteindre ; elle est également protégée contre certains sortilèges. Le mordant utilisé varie en fonction de la teinture utilisée. Sur Sywhaîd, on ne trouve pas d’alun ; à la place, on utilise des substances extraites de certains arbres (tanin, cendres, etc.), dont on renforce l’efficacité grâce à des sortilèges magiques. Certaines substances tinctoriales, comme le brou de noix, contiennent naturellement du tanin, et ne nécessitent donc pas de mordançage préalable. Le tanin est conservé dans des récipients opaques. Les sortilèges effectués évitent aux vêtements de foncer avec le temps. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.
Dernière édition par La Brume le Mar 11 Mar - 13:33, édité 1 fois |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:32 | |
| 2. La teinture à froid
C’est la moins fréquente ; cependant, elle est elle très ancienne. La laine est mise à tremper dans des bocaux, à l’abri de la lumière, mais près d’une source de chaleur. Elle est placée dans un bain acide (eau croupie, ou additionnée de jus de citron), puis un bain basique.
Exemple de teinture à froid à base de citrons (couleur obtenue : jaune)
- Mettre des peaux de citrons dans un bocal en verre sans les oxyder avec une lame de couteau (simplement en les déchiquetant à la main), ajouter de l'eau avec le reste de jus de citron, le pH va descendre et il faut le maintenir entre 3 et 5 (vérifier tous les jours).
- Au bout de 15 jours, diviser le liquide en deux et compléter dans chacun des bocaux avec de l'eau. Il doit demeurer acide (pH entre 3 et 5) tandis que l'autre doit devenir basique (pH = 10,5 et 11) en ajoutant jour après jour un peu de chaux. - L'écheveau de laine à teindre doit être mis plusieurs jours dans le bocal acide puis près de vingt minutes dans le bocal basique. Sécher sans laver. Il faut rincer la laine abondamment avant de l'utiliser et même la laver.
~°~ ¤O¤ ~°~
On obtient de très bons résultats avec des racines de garance en les laissant fermenter dans de l'eau de pluie croupie trois ou quatre semaines en plein été sous les tuiles d'un toit afin d'amener le bain à une T° assez chaude. De bons résultats également avec le jus de baies de nerprun (le jus violet fermente et tourne au vert, donnant une teinture solide) et l'écorce d'aulne (bain orange vif). _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:38 | |
| 3. La teinture de bouillon
Elle est la plus fréquente sur Sywhaîd.
Les plantes tinctoriales donnent la possibilité, pour certaines, d'utiliser les écorces, les feuilles, les fleurs ou les racines. Le traitement avant chauffe est donc différent.
- Les branches, écorces et les racines doivent tremper avant cuisson. - Les fleurs, feuilles et fruits ne nécessitent pas de préparation mais doivent être utilisés très rapidement après cueillette. - La cuisson doit se faire progressivement : mettre les plantes dans l'eau froide, puis chauffer jusqu'à ébullition pendant une heure environ.
~°~ ¤O¤ ~°~
- Lorsque la plante a rendu un jus intéressant, il faut enlever les plantes et même filtrer le jus pour que la fibre ne soit pas en contact avec un reste de plante qui pourrait donner des taches. - Laisser refroidir. - Mettre la laine dans le jus refroidi. - Refaire bouillir le temps désiré (de 20 minutes à 2 heures) en remuant. Egoutter la laine, la laisser refroidir puis rincer à sa température (attention au feutrage). - Laisser sécher à l'air libre.
NB : le jus obtenu ne rend pas forcément compte de la couleur finale ! _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:41 | |
| 4. Les teintes utilisées
Avec le temps, la plupart des teintureries ont largement étendu leurs gammes de couleurs : au XVIIe siècle, Charles Le Brun (peintre français, protégé par Colbert et Louis XIV 1619-1690) utilisait 80 à 120 teintes à la Manufacture des Gobelins. Au siècle suivant, on disposait de 30 000 couleurs réparties en un millier de gammes d’environ 36 tons. Mais cela se faisait souvent au détriment de la qualité.
Sur Sywhaîd, la gamme des couleurs est demeurée très réduite ; cela est essentiellement dû au fait que la plupart des produits teintants proviennent toujours directement de la Noble Lande ; cela exclut de nombreux produits, tels l’indigotier ou certains bois exotiques.
La teinturerie naturelle réserve toujours des surprises ; un même ingrédient de base peut offrir des teintes différentes en fonction du temps de chauffe, de la quantité, de l’époque de l’année... Le jus de la décoction ne renseigne pas toujours sur la couleur qui sera finalement obtenue !
Ce carnet recense la plupart des ingrédients utilisés, et les résultats qu’ils offrent. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 13:47 | |
| III. Produits de teinture couramment utilisés sur Sywhaîd NB : les renseignements suivants sont extraits du site http://lesfilsdutemps.free.fr. 1. FleursAigremoine L'aigremoine eupatoire est une plante riche en tanins. On peut donc l'utiliser pour obtenir des jaunes roux. Anthemis L'Anthemis tinctoria est parfois appelée la camomille des teinturiers. Petite fleur jaune, elle se cultive facilement et permet d'obtenir de jolis jaunes solides. Carthame Les ligules du sommet de la fleur donnent des jaunes orangés mais il faut plutôt les faire tremper dans l'eau pour éliminer ces colorants jaunes instables puis teindre avec la masse séchée de ligules en milieu basique (utiliser de la soude, de la chaux) et vous obtiendrez les délicates (mais fragiles !) nuances des roses et cerise utilisées par les tisserands coptes de l'Antiquité. Dahlia Bon nombre de fleurs du jardin permettent de teindre, en particulier, les zinnias, cosmos ou encore les dahlias. Privilégiez les fleurs aux teintes les plus foncées et vous obtiendrez des tons grenat. Gaude La gaude est une des plus anciennes sources de jaunes car la couleur obtenue est très stable contrairement à la masse des jaunes obtenues par des plantes courantes. Genêt Le genêt passe pour être une ancienne plante tinctoriale utilisée dès l'Antiquité. Si le genêt à balais donne des jaunes et même des verts (le vert de la tapisserie de Bayeux passe pour être un vert tiré du genêt), il existe une autre espèce de genêt, le genêt des teinturiers, aux fleurs plus petites qui donne un superbe jaune d'or sur la laine. Millepertuis Si la plante entière teint en jaune ou roux, les fleurs concentrent plus de colorant. Dans un bain classique elles peuvent donner des nuances très délicates de roux orangé. Les fleurs infusées dans un bain alcoolisé rendent un colorant rouge, connu sous le nom populaire de sang de Saint Jean, qui en chauffant et en s'oxydant transmet à la laine une superbe nuance de vert printemps assez stable et très lumineuse. Orcanette La racine d'orcanette est utilisée depuis les temps anciens. La couleur obtenue dans un bain classique est parfois terne, alors essayez avec un bain ou les racines ont infusé dans l'alcool. On obtient de très beaux pourpres et même des violets saturés. La couleur est fragile mais l'éclat obtenu est irremplaçable et demeure une grande joie pour le teinturier. Pastel Le pastel  , s'il fallait retenir une plante tinctoriale qui a marqué l'histoire, demeure l'une des sources de bleu les plus utilisées en Europe depuis le néolithique. Son nom gaulois (le Glastrum) montre l'importance de cette plante sacrée à l'époque de la Tène finale qui possède un fort pouvoir religieux et guerrier. Les Bretons et les Pictes se peignaient le corps avec, ce qui fit dire à César que les femmes de ces peuples ressemblaient à des éthiopiennes. Le pastel fut ensuite cultivé dans plusieurs régions d'Europe, surtout à partir du XIIIe siècle avec le triomphe de la couleur bleue. Il fit la fortune de régions diverses comme Amiens mais surtout Toulouse et Albi. Le principe de teinture est le même qu'avec l'indigo. Le pastel a cependant le désavantage de moins concentrer de matière colorante. Il faut donc beaucoup de feuilles pour obtenir un bleu saturé.Reine des Prés La fleur de la reine des prés, en plus d'être très parfumée, donne de superbes jaunes soleil. La plante entière donnent des verts mais c'est surtout la racine qui est intéressante car elle est gorgée de tanins et teint facilement vers des bleus gris dans une marmite de fer. Sur Sywhaîd, on remplace le fer par une grande quantité de feuilles de frêne ou bien des racines d'oseille sauvage car elles sont riches en fer naturellement. Scabieuse La famille des scabieuses est vaste. Si certaines fleurs donnent des violets pourpres, la scabieuse la plus commune (la knautie) donne un joli vert bien que sa fleur soit lilas. Souci Les fleurs de souci donnent des résultats similaires à ceux obtenus avec les pelures d'oignon ( jaunes clairs et foncés, orangés). Verge d'Or La verge d'or fournit des beaux jaunes tirant facilement vers le vert pré ou le vert mousse. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.
Dernière édition par La Brume le Mar 11 Mar - 15:14, édité 3 fois |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 15:11 | |
| 2. Fruits et légumesBon nombre de fruits "qui tachent" ne sont pas pour autant utiles en teinturerie : fraises, framboises, cerises et fruits rouges en général ne donnent pas de belles couleurs solides. De manière générale, les baies donnent des teintes plus fragiles. Mais certaines sont néanmoins utilisées avec succès. Airelle Arbrisseau de montagne et de forêts en milieu tempéré. De la famille des Ericacées. Les baies fournissent un jus très coloré qui teint difficilement. Les gaulois étaient spécialistes pour teindre à partir de baies. Les baies contiennent des colorants anthocyanes qui donnent de très belles couleurs vives, du rose au violet, mais qui résistent peu au soleil et virent souvent sous l'action du savon. Amande La coque de l'amande (partie charnue et veloutée verte) ressemble beaucoup pour le teinturier au brou de la noix. il permet d'obtenir de délicats verts tendres. On sait que l'utilisation de ce colorant est très ancienne et il semble que les hébreux l'utilisaient abondamment. La couleur obtenue, si elle est assez pâle, est en fait très solide, elle aurait même tendance à foncer au cours du temps. Artichaut L'artichaut est une plante tinctoriale...il faut plutôt utiliser ses feuilles qui donnent de jolis jaunes clairs sur la laine. Cardon Les feuilles de ce légume ancien donnent très facilement du jaune, comme bon nombre de plantes. Le cardon a le mérite de teindre très facilement sur des laines peu mordancées. Neprun Les baies de nerprun sont à faire fermenter pour obtenir un jus foncé qui vire au vert en quelque temps. On obtient alors des jolis jaune vert. La baie, lorsqu'elle est encore verte donne de très beaux jaunes. Elles étaient connues sous le nom de graines de Perse ou graines d'Avignon autrefois. Dambourney, au XIXe siècle a réussi de très beaux verts avec le neprun...il les a joliment baptisés Vert de chine, vert de pré, vert perroquet et vert colvert (Mais la récolte est assez difficile !). Noix Les noix, entourées de brou frais, donnent de très beaux bruns solides mais la meilleure façon est encore de faire fermenter les brous, en automne lorsque la noix tombe, dans de l'eau et de laisser fermenter plusieurs années. Un simple chauffage de ce liquide parfumé donne alors les superbes bruns des tapisseries anciennes. Oignon La pelure d'oignon constitue sans doute la matière la plus facile à utiliser pour les débutants en teinture et donnent toujours de bons résultats mais il faut plusieurs années d'expérience pour savoir l'utiliser à bon escient et obtenir en fonction de l'époque de séchage, du mordant et de l'espèce d'oignon une gamme riche et variées de coloris jaunes, verts et oranges. Ronce La ronce, connu plus sous le nom de mûre, donnent pour la plante entière de jolis gris solides. le fruit, comme ses cousins le sureau ou la myrtille, donne de beaux violets qui virent au bleu ardoise avec un corps alcalin (savon...) Sureau Cet arbuste dont on fait des confitures et des beignets est aussi une plante tinctoriale. Les feuilles donnent des verts tendres mais l'odeur du bain est parfois insoutenable. les baies donnent de très beaux violets qui sont instables et tournent vite au bleu avec le savon. Séchées ou fermentées, les baies du sureau noir donnent des bruns alors que les baies du sureau hyèble donnent des bleu gris et parfois des verts foncés assez jolis. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.
Dernière édition par La Brume le Mar 11 Mar - 16:01, édité 1 fois |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 15:58 | |
| 3. ArbresAulne L'aulne est une source de couleurs variées qui se marient très bien ensemble. Avis aux amateurs de couleurs automnales : les feuilles donnent un jaune foin, les cônes des bruns riches qui tournent au kaki et l'écorce donne des marrons ou des noirs avec des plantes riches en fer (oseille, etc.) ainsi qu'un superbe noisette si l'écorce est laissée à fermenter dans un baquet d'eau croupie : l'eau prend alors une superbe couleur orange vif en quelques semaines et lorsqu'une pellicule cuivrée apparaît à la surface, il suffit de laisser la laine tremper dans le baquet pour qu'elle prenne des tons noisette variés et saturés en fonction de la durée. Bouleau Les feuilles de bouleau (surtout les fraîches au printemps) donnent de très beaux jaunes poussin solides. L'écorce de bouleau (pas la pellicule blanche mais l'écorce brune) donne de très beaux caramels ou bruns. Dambourney, savant du XIXe siècle, qui a obtenu plus de 500 nuances avec des fleurs et plantes communes, conseille souvent d'utiliser un bain de bouleau pour fixer avant la teinture définitive une couleur fragile. Seulement, il faut se méfier des effets de ce bain qui risque d'altérer la couleur définitive. Bourdaine L'écorce et les baies de bourdaine sont, selon Dambourney, de très bons fournisseurs de couleurs rares ( brun cannelle, vert, bleu, prune...) Chêne Si les feuilles du chêne donnent un beige assez sale, l'écorce est une des sources végétales les plus connues pour le tanin et donnent donc de belles couleurs tannées. Chêne tinctorial (quercus tinctoria)  On tire de l’endoderme de l’écorce du quercus tinctoria, grand chêne originaire d’Amérique du Nord, un colorant appelé quercitron. Glycocide quercitrin pour les intimes, il est soluble dans l’alcalin et produit sur la laine et le coton des teintes jaune vif résistantes. C'est un Anglais, Edward Bancroft, qui l’introduisit en Europe au XVIIIe siècle. On ne connaissait alors aucun jaune assez solide pour teindre un tissu. Cette nouvelle teinture prit une place essentielle dans l’industrie textile : elle permettait d’obtenir plusieurs tons de jaune et, combinée avec l’indigo et la garance, des verts vifs et des orangés grand teint. Le Parlement anglais attribua à Bancroft le monopole de la vente du quercitron, jusqu’à ce que la culture du chêne tinctorial soit implantée en France et dans le sud de l’Allemagne. Erable Les feuilles d'érable, comme beaucoup de feuilles d'arbre, teignent en jaune. Figuier Les feuilles de figuier teignent dans des tons raffinés de jaune poussin. Elles ont en plus l'avantage de répandre lors de la cuisson un doux parfum de figues qui rappelle l'odeur enivrante des confitures... Genévrier  Le genévrier permet d'obtenir des tons abricot sur la laine. Si l'on croit Pline l'Ancien, les gaulois utilisaient les baies de genièvre pour obtenir du vert. La confusion entre différents types de baies est envisageable; dans ce cas, Pline l'Ancien aurait pu confondre genièvres et baies de nerprun qui donnent facilement un joli vert printemps. Noyer Les feuilles de noyer donnent surtout des verts qui brunissent avec l'âge. Pommier La plupart des arbres fruitiers donnent une couleur. Les feuilles du pommier donnent ainsi une teinte jaune assez soutenue. L'écorce fournit de très beaux beiges, jaunes qui tirent vers le rose. Le jus de pommes mais encore plus le vinaigre de cidre constituent de très bons mordants ou fixateurs. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.
Dernière édition par La Brume le Mar 11 Mar - 16:54, édité 4 fois |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 16:34 | |
| 4. Fougères, mousses et champignonsChampignonsTout récemment, on a découvert que l’on obtenait des couleurs plus belles et plus résistantes que celles de toutes les teintures naturelles connues jusqu’ici, que l’on extrait de certaines espèces de champignons... En effet, ils ont une forte teneur en produits colorants qui se prêtent admirablement à la teinture des textiles. Ce sont des espèces très communes dans les forêts européennes, du nord de la Scandinavie au midi de la France. Il suffit de les ramasser, et les coloris obtenus à partir de ces champignons sont de bien meilleure qualité que la grande majorité des couleurs provenant de matières premières naturelles connues jusqu’à présent. Les premiers essais systématiques de teinture à base de champignons ont eu lieu en France, au début des années 1940. Pendant la seconde guerre mondiale, les Français teignirent de la laine d’un beau violet chaud avec le hapalopilus nidulans, et de la laine vert-jaune avec le paxille noir-tomenteux. Mais ces recherches nées de la pénurie de colorants synthétiques due à la guerre, furent abandonnées après 1945, dès que les conditions de vie redevinrent normales. Tous les champignons ne sont pas colorants. Les espèces de couleurs vives qui nous sont très familières, comme les chanterelles et les amanites tue-mouches, ne le sont pas. Si un champignon vénéneux s’égarait dans votre bain de teinture, cela ne serait pas grave. Ce n’est que quand on mange les champignons qu'ils peuvent être vénéneux. Les champignons ont l'avantage de pouvoir être séchés puis utilisés ultérieurement.  - La cortinaire à moitié rouge-sang (cortinarius semie-sanguineus), brun, 6 à 7 cm, présente des lamelles rouges sous son chapeau qui a une forte teneur d’un colorant de teinte rouge appelé l’atrakinon. On utilise cette espèce pour obtenir tous les tons rouges : rouge-sang, orange vif ou brun-rouge très délicat. Ce champignon pousse dans la mousse, à l’ombre des jeunes forêts de conifères : il arrive qu’en moins d’une heure, on en trouve un panier. On gagne du temps en cherchant d’abord de jeunes sapins... - Le paxille noir-tomenteux (paxillus atrotomentosus) au chapeau en forme d’assiette plate, pousse au pied des sapins, mais dans des forêts déjà vieilles. Brun, il est reconnaissable à la gaine d’épais feutre brun-noir qui entoure son pied court et massif. Son chapeau et sa tête contiennent un colorant rouge cerise : l’atrotomentine. Il verdit par oxydation, on voit donc souvent la couleur des fibres plongées dans un bain de teinture à base de paxille noir tomenteux virer du brun-rouge au vert au cours de l’opération.  - Découvert récemment, le polypore de schweinitz (phaeolus schweinitzii), est en forme d’étagère et a la face inférieure recouverte de pores aussi fins qu’une tête d’épingle. Les jeunes sont bruns et ont un rebord d'un jaune éclatant. A ce stade, ils donnent des couleurs superbes: vert mousse, jaune vif et brun. Les vieux polypores n'ont plus leur rebord jaune et les couleurs qu’ils produisent ont perdu leur fraîcheur. Il est moins commun que les deux précédents. Il arrive que le poids d’un champignon atteigne plusieurs kilos, suffisants pour teindre le même poids de fibres. On le trouve entre les racines des vieux sapins, surtout des mélèzes. - Variété de polyporeLe champignon dont la teneur en matière colorante est la plus élevée est certainement l’hapalopilus nidulans.  Il est aussi à pores, mais sa taille n’atteint jamais plus de quelques centimètres. Il pousse d’ordinaire sur l’écorce d'arbres à feuilles caduques, notamment sur les noisetiers et les sorbiers. De couleur cannelle il est difficile à repérer. En revanche, la teinture qu’on en retire est très efficace, sa teneur en colorant étant de 20% : ainsi 4 grammes de champignon sec suffisent pour donner une belle teinte violette à 100 g de fibres textiles. L’une des caractéristiques de ce champignon est qu’il vire au violet vif sous l’effet d’une goutte d’ammoniaque dans le bain de la teinture où on le fait bouillir râpé.  - Quelques variétés de la famille des sarcodons donnent des tons bleus très recherchés. Le bain réalisé avec ces champignons dégage une odeur très désagréable, on est donc obligé de faire la teinture en plein air. Il y a bien entendu beaucoup d’autres champignons qui possèdent des qualités colorantes, mais elles ne sont pas aussi efficaces que celles des champignons déja cités. Fougère Les frondes de fougère (les crosses de Saint-Jean) permettent d'obtenir des verts tendres solides. Lichens Les lichens teignent non seulement par bains d'ébullition (teintes vertes, jaunes...) mais également par fermentation dans un bain d'ammoniaque : ils étaient déjà utilisés ainsi par les druides gaulois ! (l'utilisation d'urine conservée dans des bocaux hermétiques est particulièrement efficace mais aussi nécessaire pour ne pas indisposer les gens autour de vous...l'utilisation d'un masque et de gants est tout particulièrement conseillée ! Les traités anciens prohibent l'urine féminine, trop pauvre en ammoniaque...). La teinture aux lichens a été l’une des plus utilisées en Europe dès le Moyen Age; en France on connaissait surtout l’orseille - rocella tinctoria - , mais il en existe plus de cinquante espèces tinctoriales. Dans les pays anglo-saxons et nordiques, c’est encore de nos jours une des catégories de teintures végétales les plus employées. On s’en est beaucoup servi en Ecosse pour teindre les tartans et les tweeds, en Irlande et dans les Shetland. Les lichens, connus alors sous le nom d'orseille, donnent des couleurs variées en fonction des espèces de lichens nombreuses : verts pâles, oranges, rouges, violets... Noix de Galle On appelle galle une excroissance tumorale produite sur les tiges, feuilles ou fruits de certains végétaux, suite à des piqûres principalement par des Arthropodes parasites. La noix de galle est une source riche en tanin. Elle permet d'obtenir avec des plantes riches en fer de très beaux bleus lavés mais également des violets bruns mats ainsi que des noirs profonds. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.
Dernière édition par La Brume le Mar 11 Mar - 17:23, édité 6 fois |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle Mar 11 Mar - 16:37 | |
| 5. AnimauxCochenille La cochenille est utilisée depuis l'époque antique pour obtenir des beaux rouges et violets. Cette teinture est déjà employée chez les Hébreux et est utilisée pour les tissus de luxe avec la pourpre. La cochenille est la femelle d'un petit insecte. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | | | [Bibliothèque] Petit précis de teinture naturelle | |
|
Sujets similaires |  |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|