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| | Le roi Midas a des oreilles d'âne | |
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Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Le roi Midas a des oreilles d'âne Ven 29 Fév - 20:02 | |
| (ouvert à qui veut)
Le vent chantait dans les branches des arbres centenaires qui marquaient l'orée de la forêt. Un vent léger, qui annonçait avant l'heure la fin de l'hiver. La neige avait commençé à fondre, et des dizaines de gouttes argentées tombaient à chaque instant des branches noueuses. Brise d'Oz était perchée dans un arbre, les jambes de chaque côté d'une énorme branche de sapin moussu. Le conifère était encore tout humide de neige fondue, mais la jeune femme avait apporté une couverture, sur laquelle elle était confortablement installée. Entre ses doigts fins, Brise tournait les pages d'un livre en français. Un livre de conte.
Elle leva soudain les yeux, souriante. Elle ferma les paupières, comme pour écouter, puis murmura, ravie :
- Le roi Midas a des oreilles d'ânes.
Elle ouvrit brusquement les yeux, pensive soudain. Elle referma le livre, maintenant juste un doigt entre les pages, pour ne pas perdre le fil de sa lecture. Elle appuya sa tête blonde contre le tronc brun-roux, son bras gauche pendant nonchalement dans le vide. Elle portait sa queue de pie, un pantalon brun et des babies rouge. Sous le col de sa veste, on devinait un pull crème dont elle avait frileusement remonté le col.
Soudain l'anglaise se redressa, et, appuyant ses lèvres contre l'écorce humide de la branche sur laquelle elle était assise, elle murmura dans un souffle :
- Brise d'Oz est un monstre.
Après quoi elle s'éloigna brusquement, confuse. Elle secoua la tête comme pour chasser ses dernières paroles, énigmatiques, et regarda à droite et à gauche, s'attendant presque à voir surgir un visage entre les branches. Fort heuresement, non. Brise soupira et reprit sa lecture, troublée. Elle ne cessait de reposer le livre et de lever les yeux au ciel, elle s'agitait sans raison et fit plusieurs fois passer sa jambe d'un côté, puis de l'autre de la branche. Pour finir elle renonça totalement au livre et le laissa tomber négligemment sur le sol, près d'un sac en cuir qui s'imbibait lentement de neige fondue.
- T'as pas interêt à répéter, compris, admonesta-t-elle la branche de sapin, qui frémit en retour, craintive.
Satisfaite de la réponse, Brise se laissa aller contre le tronc et ferma les yeux, le front soucieux. Elle resta longtemps ainsi, immobile. Si immobile que la vie reprit tranquilement son cours autour d'elle, un écureuil bondissant sur sa gauche tandis qu'un oiseau pépiait sur la branche supérieure. Mais tout redevint calme lorsque Brise poussa un profond soupir, avant de déplorer à voix haute :
- La peste !
L'écureuil détala sans demander son reste, tandis que l'oiseau inclinait la tête. Allons bon, celle-ci était certainement tarée. On disait que ça arrivait souvent chez les humains. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Lun 3 Mar - 12:21 | |
| [Je résiste depuis que tu as posté ce topic, mais personne ne vient alors je ne peux plus résister…Bon okay, j’ai résisté trois jours :p]
Le printemps arrivait et la neige fondait. Les sens de Galaad semblaient exploser avec la neige fondue. Il sentait de nouveau, il entendait de nouveau, et tout ça n’avait rien de naturel. Les humains normaux n’avaient sûrement ressenti aucune différence entre l’automne et l’hiver au niveau de leurs sens. Galaad quant à lui avait l’impression qu’un monde séparait ce qui avait été son arrivée à Sywhaîd, sous un lourd manteau de neige, et ce qui était à présent. Le loup en lui s’agitait, humait les odeurs, frémissait. L’albanais avait de plus en plus de mal à maîtriser l’animal, il avait l’impression que son double finirait par bondir hors de lui, ou plutôt par le contrôler, agissant avec la bestialité qu’il n’avait pas laissé s’exprimer depuis sa Quête. Il essayait donc de fatiguer le loup, de l’endormir. Il faisait de longues balades, laissait le loup sentir ce qu’il voulait sentir, entendre ce qu’il voulait entendre, voir ce qu’il voulait voir. Et le soir, quand il s’endormait, il priait pour que le loup soit aussi calme qu’il semblait l’être. La plus grande peur de Galaad était devenue le somnambulisme. Que pourrait-il faire s’il se retrouvait soudain possédé par le loup durant son sommeil ?
Aujourd’hui, le loup était plutôt calme. La Pleine Lune était passée quelques jours plus tôt, il était donc calmé. Le Rad avait fait installer une sorte de cage magique dans un coin reculé de la forêt où Galaad se rendait à chaque Pleine Lune, ainsi que la veille et le lendemain (puisqu’il se transformait ces trois nuits) pour s’y enfermer. La cage était pratiquement impossible à détruire et le loup y avait assez de place pour se fatiguer tout seul. Ils avaient installé cette cage très loin dans la forêt pour qu’aucun sywhaîdien ne risque de tomber dessus. Personne n’allait jamais dans ces coins reculés de la forêt, il y avait bien trop de dangers pour ça. Mais Galaad ne courait aucun danger, il y avait un loup en lui, un prédateur, une puissance et une force que les créatures reconnaissaient et craignaient. Il ne risquait absolument rien.
Le loup avait beau être calme, Galaad se promenait tout de même, dans la forêt. C’était là qu’il disparaissait pour plusieurs heures chaque jour. Personne ne s’inquiétait vraiment de son absence, il était tellement discret et n’avait encore aucun ami. Cela faisait déjà pratiquement trois mois qu’il était là et il n’avait parlé à personne, ou presque. Il avait parlé aux membres du Rad, qui lui avaient confectionné une cage sur mesure. Il avait parlé à Zofia pour qu’elle lui fasse ses potions. Et c’était tout. Bien sûr, il disait « bonjour », « au revoir » mais personne n’osait vraiment discuter avec lui. Les discussions superficielles semblaient mourir d’elles-mêmes quand on s’adressait à lui. Il faut dire qu’il était bègue et qu’il économisait ses paroles.
Il déboucha soudain dans une petite clairière. Il avait senti la présence de Brise à plusieurs mètres de là, en fait il suivait sa piste depuis un petit moment, il ne fut donc pas surpris de tomber nez à nez avec elle. Le loup en lui se réveilla, trouvant Brise très appétissante, dans tous les sens du terme. Galaad lui intima le silence et s’approcha encore, boitant, ou plutôt traînant sa jambe abîmée. Quand il marchait en forêt en général il ne boitait plus, il laissait le loup juste assez maîtriser le corps pour que ça soit le cas, ça calmait le loup et lui permettait de ne pas être fatigué tout en épuisant l’animal. Bien sûr, il jouait avec le feu, et il le savait, mais il y était forcé. Toujours sur la corde raide. Qui aurait cru que ce garçon blessé de partout, qui n’avait plus qu’une jambe valide, était un vrai funambule ?
« S-salut. »
Galaad était un drôle de paradoxe humain. Il était blessé et avait plusieurs cicatrices que même les baumes que Zofia lui faisait n’arrivaient pas à cacher, il avait un œil de verre, qui lui donnait un regard étrange, il avait un avant bras figé, collé le long de son corps et une jambe qu’il traînait. Il était habillé d’une façon plutôt basique, pantalon épais, pull, mais semblait ne pas avoir froid alors que la température, bien qu’augmentant depuis plusieurs jours, méritait encore un bon gros manteau. Il avait une coupe de cheveux importable, de petit garçon sage, un peu à la Beatles, et n’était pas vraiment beau. Pourtant, quelque chose d’impossible à définir le rendait différent de ce que cette description aurait pu faire. Il y avait quelque chose de mystérieux en lui, d’attirant. Il bégayait mais avait l’air sûr de lui. Il n’avait plus qu’un œil mais cet œil semblait voir beaucoup plus précisément, comme s’il voyait à l’intérieur de vous. Il avait l’air timide mais il regardait les gens dans les yeux, avec une assurance qu’il n’exprimait pas autrement. Il avait l’air fragile, physiquement, mais semblait dominer la forêt, sans qu’on sache comme l’expliquer.
Il n’ajouta rien. Galaad était avare de mots. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. Il attendit donc que Brise réponde, elle, elle aurait sûrement quelque chose à dire. Les gens avaient toujours des tas de choses à dire…
Idiots…
[Que ça n’empêche personne de venir !] _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Lun 3 Mar - 20:05 | |
| (on aurait difficilement pu trouver quelqu'un de plus approprié^^. Et oui, d'autres peuvent venir)
Brise releva brusquement ta tête, surprise, comme prise en faute. Ecartant une branche qui lui bouchait la vue, elle se pencha vers le sol, quelques brindilles se prenant au passage dans ses cheveux blonds. Son regard glissa plusieurs fois sur la clairière sans voir personne, aussi s'avança-t-elle prudemment sur la branche pour tenter de distinguer son interlocuteur. Elle se figea lorsqu'elle le vit. Un jeune homme, probablement plus jeune qu'elle, se tenait debout à quelques distance de son perchoir. Depuis combien de temps était-il là ? Brise avala difficilement sa salive.
- Heu... salut...
Elle ne connaissait le jeune homme que de vue. Pour autant qu'elle sache, il se tenait à l'écart de la communauté, et elle n'avait jamais assisté aux mêmes cours que lui. Elle ignorait depuis son nom jusqu'à sa petite... particularité. Suremment parce qu'elle ne s'était jamais intéressée à lui. Et plus probablement parce que le jeune homme ne devait pas avoir envie que l'on s'intéresse à lui. Il avait un regard étrange, sans que Brise ne parvienne à déterminer ce qui la troublait. Elle resta immobile, ne sachant plus que dire.
Quelques instants passèrent en silence, Brise toujours perchée dans son arbre, l'écorce noueuse s'imprimant peu à peu dans la paume de ses mains. Lorsque la douleur se fit sentir avec un peu plus d'intensité, elle disparut derrière les branches, vive et agile. Elle se laissa bientôt tomber au pied de l'arbre, creusant deux trous bien net dans la neige. Relevant quelques mèches égarées sur son front, elle s'avança vers l'inconnu en pateaugeant dans la neige. Lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques mètres, elle se figea en frissonant, hésistante. Ce garçon ne payait pas de mine, pourtant il dégageait une aura si puissante que Brise en fut destabilisée. La jeune femme habituellement si flegmatique ne pu s'empêcher de baisser les yeux devant le regard perçant du nouveau venu. Brise fut presque tentée de tendre la main, paume vers le ciel, comme elle avait l'habitude de le faire devant un animal souvage un peu trop farouche. Seulement elle devinait, sans trop savoir pourquoi, que le jeune homme n'était pas du genre à se laisser apprivoiser si facilement.
- L'essentiel est invisible pous les yeux... Murmura Brise pour elle-même, sans se soucier de savoir si l'autre l'entendait.
Elle parvint enfin à relever les yeux, méfiante comme toujours. Elle laissa filtrer un bref sourire, insaisissable, avant de se présenter, à voix basse, comme si elle avait peur qu'un éclat de voix ne fasse fuir le jeune homme vers les profondeurs de la forêt dont il semblait emmerger.
- Je m'appelle Brise. Et... et toi ?
Il n'y avait rien d'infantilisant ou de réducteur dans sa voix, au contraire. Bien qu'elle sente le côté sauvage et presque fragile du jeune homme, son instinc lui soufflait qu'une fois encore, il ne fallait pas se fier aux apparences. Le calme de la forêt aiguisait les sens de l'anglaise, et elle ne pouvait se débarrasser d'un curieux pressentiment... ce type dominait la forêt. Il la dominait vraiment, comme si, quelque part, il en faisait lui-même intimement partie. Brise alla jusqu'à se demander si elle n'avait pas à faire là à l'une de ses fameuses créatures dont on lui avait dit qu'elles peuplaient les abords de la noble lande. Dans un frisson elle jeta un regard à la clairière, comme pour assurer ses arrières. |
|  | | Arabella Lancaster Ancien Personnage


Nombre de messages: 45 Age: 23 Date d'inscription: 18/11/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Mar 4 Mar - 18:44 | |
| [Dans ce cas je m'incruste.]
Le calme régnait à l’orée de la forêt. Arabella s’immobilisa net, mais le vacarme de sa course avait déjà brisé la quiétude du lieu. Toute vie s’était brusquement évanouie. Seuls le grondement du ruisseau et le murmure du vent parvenaient encore à ses oreilles. Tant mieux, elle fuyait la compagnie, et la présence même d’oiseaux ou d’insectes l’aurait trop dérangée pour qu’elle puisse s’apaiser. Elle voulait être seule, complètement seule, et elle l’était désormais, hormis le fennec au pelage doré roulé en boule à ses pieds. Mais elle est lui comme il est elle, ça ne compte pas ça. D’ailleurs ce n’était pas à sa présence qu’elle désirait se dérober, elle souhaitait simplement échapper à l’agitation du village.
Elle étouffait là-bas, entourée de tous ces visages connus. Il n’y en avait pas un seul qu’elle n’ait encore détaillé, pas un regard qu’elle n’ait déjà sondé. Elle connaissait tout le monde, sinon de nom de visage, et elle n’était là que depuis quatre petits mois. Elle ne supportait déjà plus la vie en communauté : il y avait toujours quelqu’un pour rendre service, pour tenir compagnie, pour aider, si bien qu’elle n’était jamais vraiment seule. N’importe qui pouvait d’un coup surgir dans sa chambre, son dernier refuge, pour simplement lui demander si elle avait envie de quelque chose, ou si ça ne la dérangeait pas de venir aider aux cuisines. Et ce jour là, Arabella avait craqué en voyant souffler le vent, et elle s’était enfuie, elle l’avait suivi jusque là, jusqu’à cette clairière et cette souche morte.
La jeune femme était détendue désormais, sa respiration apaisée. Elle ne comprenait pas bien encore ce qui avait provoqué cette brutale crise de mélancolie, l’approche du printemps peut-être, car à cette époque elle allait toujours se promener dans la campagne anglaise avec les jumeaux. Mais cette année, elle était à Sywhaîd, et la Brume empêchait toute sortie jusqu’à la prochaine Brèche, dans plusieurs semaines. Elle n’était même pas sortie pour la précédente, pour les fêtes de Noël et du Nouvel An…
Arabella prit soudainement conscience que la vie avait repris son cours autour d’elle, et qu’elles ne la dérangeaient pas, elles, les créatures de la forêt, car elles étaient à leur place dans ses sous-bois. Leurs voix se mêlaient à celle de la nature pour former une nouvelle mélodie, plus harmonieuse encore que si elles étaient séparées. Mais quelques exclamations tirèrent l’anglaise de ses rêveries. Cette voix féminine lui était vaguement familière, sans doute quelqu’un qu’elle avait rencontré en cours, elle ne voyait pas grand monde en dehors à vrai dire. En temps normal, sa curiosité aurait pris le dessus sur son envie de calme, et elle se serait précipitée à la rencontre de cette jeune femme, ce jour là elle n’avait qu’une envie : celle de s’en éloigner le plus possible. Surtout qu’elle n’était pas seule, son ouïe lui indiquait clairement que quelqu’un s’approchait d’elle.
Mais lorsque la seconde personne prit la parole, Arabella se releva d’un bond sur sa souche, très étonnée par ce qu’elle venait d’entendre. Ce n’était pas tant le bégaiement qui l’avait surprise, mais la manière qu’avait ce jeune homme de parler, sans rompre la sérénité de la forêt, ou en déranger les créatures, comme si il eût été l’une d’entre elles. [J’espère que ça te va] La jeune femme devait voir ça par elle-même. Elle se dirigea silencieusement vers la clairière dans laquelle son ouïe lui indiquait que se trouvaient les deux personnes, son daemon sur les talons, et arrivée, se posta derrière un tronc épais.
Elle ne resta pas longtemps dissimulée car l’espionnage n’était pas dans sa nature : c’était bien trop subtil pour une personne aussi franche qu’elle. D’ailleurs elle ne verrait rien de la scène en restant cachée. Brise venait d’achever sa très courte présentation lorsque Arabella surgit de derrière son arbre. Son regard croisa un bref instant celui de la jeune femme lorsque cette dernière parcourut la clairière du regard, mais elle reporta rapidement son attention sur le jeune homme dont la voix l’avait tellement intriguée, car le reste de sa personne était encore plus fascinant. Il se dégageait de lui quelque chose de troublant et de captivant à la fois, une aura indescriptible, très semblable à celle de Zephira Wood et toutefois différente en de multiples petits détails. Le professeur de magie canalisatrice rayonnait littéralement, avec éclat comme le soleil, alors que ce jeune homme là brûlait plutôt d’un feu intérieur, selon Arabella. Il était le vieux sage, le roi philosophe. Il dominait la forêt de sa seule présence. Les créatures sylvestres le reconnaissaient comme maître, plus qu’elles ne reconnaîtraient aucun autre être humain, car il était avant tout l’un des leurs.
Un long silence avait suivi son arrivée, et Arabella jugea bon de se présenter. Mais sa voix, bien plus grave que d’habitude, n’était qu’un murmure, presque entièrement couverte par celui du vent. Et même ainsi pourtant, sa voix semblait déchirer le silence aussi brutalement qu’une lance pressée contre une étoffe de soie.
« Salut. J'espère que je vous dérange pas. C’est juste que euh… c’est la première fois que j’entends quelqu’un parler sans briser le silence. Je savais pas que c'était possible, je voulais voir à qui appartenait cette voix. »
Arabella garda la tête haute, sans rougir le moins du monde de ses étranges paroles. Après tout , comme elle avait entendu Brise le dire un peu plus tôt, le roi Midas avait des oreilles d’ânes, qu’importe si sa langue à elle était bien pendue ! |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Jeu 20 Mar - 18:17 | |
| [Désolée pour le délais, j’ai été overbookée ces derniers temps... Trop cool ! J’avais pas vu qu’Arabella était venue !]
La présence d’Arabella à quelques mètres de là n’avait évidemment pas échappé à Galaad. Il écoutait la jeune femme et son daemon tout en observant Brise. Il savait à présent analyser ce qu’il entendait grâce aux sens du loup, il savait par exemple qu’un des sons qu’il percevait, régulier, était le battement du cœur de Brise, qu’il entendait parce qu’elle était proche, il n’entendait pas encore celui d’Arabella, elle était un peu trop loin pour ça. Il entendait aussi chaque mouvement des deux jeunes femmes, un simple froissement d’étoffe lui permettait de savoir quel était le mouvement qu’une personne avait fait. Ca n’était pas quelque chose qu’il avait su faire tout de suite, il avait dû apprendre. Au début, tous ces sons, toutes ces odeurs l’avaient presque rendu fou. Le monde fourmillait d’odeurs, de sons, de choses à voir et il avait été comme noyé sous toutes ces impressions. Mais petit à petit, un de ses médecins, lui aussi lycanthrope et chef du service dans lequel il avait été logé, lui avait fait faire des exercices pour apprendre à maîtriser ces sens. Maintenant, il réussissait même parfois à « fermer » un de ses sens, ce qu’il avait été incapable de faire au tout début. Il ne subissait plus les impressions, il les utilisait.
Le silence ne l’avait jamais dérangé, mais à présent c’était quelque chose qui n’existait plus. C’est pourquoi il ne fut pas dérangé quand Brise ne parla pas, il écoutait d’autres paroles, celles de la nature, mais aussi des paroles différentes des deux jeunes femmes et du daemon qui se trouvaient dans les environs. Il savait en effet qu’Arabella était une femme grâce aux odeurs. Il avait même une vision assez précise de sa silhouette et aurait pu la décrire assez précisément grâce aux sons et aux odeurs qui lui parvenaient. Il sentait la présence du daemon, savait que c’était un daemon et pas un simple animal, et il sentait que c’était un mammifère plutôt petit, sûrement un petit chien ou quelque chose comme ça.
Il vit évidemment la réaction étrange de Brise. Elle murmura une phrase qui ne lui échappa pas, mais il ne la releva pas. Il savait ce qui influait sur l’attitude de la jeune femme. La forêt de Sywhaîd n’était pas une forêt comme les autres. Elle était pleine de magie. De vie et de magie. Très différente des autres forêts qu’il avait pu connaître. Et les sens des gens devaient être un peu plus acérés ici. Brise voyait plus précisément les choses qui clochaient chez lui. Dans cette forêt, son aura était plus que jamais différente. Autant dans une ville normale il serait sûrement passé pour un simple handicapé, ancien accidenté de la route peut-être, autant aujourd’hui, dans cette forêt, le loup était ce qui était le plus visible. Oh on ne voyait pas un loup, on voyait une sorte d’homme sauvage, qui faisait corps avec la nature. Bien sûr, il ne s’en était pas rendu compte jusqu’à présent, il le réalisait à peine.
Il ne répondit pas tout de suite, il entendit Arabella arriver et son regard se tourna vers l’endroit où elle arrivait avant même qu’elle n’apparaisse ou qu’un bruit puisse être entendu par Brise. Il n’eut pas l’air étonné quand il vit la jeune femme, il ne lui sourit pas non plus, il ne souriait pas par politesse, il l’avait peut-être fait auparavant mais depuis que le loup était en lui il n’agissait plus jamais simplement par politesse. C’était quelque chose qu’il avait oublié de faire.
Il ne fut pas non plus étonné par les paroles d’Arabella, pas vraiment. Il fut plutôt étonné qu’elle ait ressenti ça. Elle devait être plutôt sensible pour sentir ça, Galaad lui n’aurait jamais remarqué ce genre de choses avant d’avoir été mordu. Mais après tout, les sorciers étaient souvent plus sensibles, et ils apprenaient plus facilement à comprendre ce genre de choses. Il inclina légèrement la tête sur le côté, dans un geste qui n’avait rien de vraiment humain, peut-être un peu trop sec, ou trop précis, et regarda de nouveau Arabella, comme pour essayer de mieux comprendre ce qu’elle venait de dire. Il reprit une posture normale, enfin autant qu’une de ses attitudes, dans cette forêt, puisse l’être, et se contenta de répondre, plus sobre que jamais :
« G-galaad. »
Il n’eut pas l’air de vouloir savoir le prénom d’Arabella. Il n’avait pas l’air malpoli ou pas intéressé pour autant. Non, en fait on aurait pu croire qu’il le savait déjà. Il ne le connaissait pas mais il ne considérait pas ça important, dans le sens où un prénom ne définissait pas une personne. L’odeur, le physique, dans le moindre détail, les sons, ça oui ça définissait une personne. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Lun 24 Mar - 20:40 | |
| Brise n'arrivait à détacher ses yeux du jeune homme. Elle ne parvenait pas à se sortir de la tête qu'il serait risqué de le lâcher des yeux. Comme une proie face à un fauve. Pourtant, il n'avait rien d'un fauve, ce petit bout d'homme bagayant. L'eut-elle rencontré ailleur que dans la forêt, elle ne lui aurait certainement pas accordé un regard. Mais ici, parmis les arbres... La donne était changée, Brise n'avait plus une carte en main.
Le troublant face-à-face fut rompu par l'arrivée d'Arabella. Brise fut à la fois très contratriée et inexpliquablement soulagée. Elle ne sourit pas non plus. Les sourires de Brise étaient rares, et l'atmosphère étrange qui planait sur la clairière n'était pas propice aux manifestations de politesses. Elle se contenta d'incliner la tête, avec une élégance consommé. Pâle et droite dans la neige, elle semblait elle-même se fondre dans le décord, faisant corps avec la forêt. Elle reporta bientôt son attention sur Galaad, puisque c'était son nom. Le parfait chevalier, songea-t-elle non sans une certaine ironie. Ainsi elle n'était pas la seule à porter un prénom mal choisi. Car il était difficile de trouver moins printanier, moins doux et moins léger que Brise d'Oz. Mistral, voila comment ses parents auraient du la nommer. Tempête, ouragan, blizzard. Mais pas Brise.
Arabella se tenait elle aussi bien droite à l'orée de la clairière, presque défiante. Brise la connaissait très peu. Elle savait simplement qu'elle était noble, comme elle. Sa famille était puissante parmis les sorciers, ou quelques chose comme ça. Voila qui expliquait le fait qu'elles ne se soient jamais croisées lors de soirées mondaines ou autres festivités aristocratiques donné en l'honneur de quelques nobliaux bouffis de fierté. Leur deux mondes ne se croisaient jamais. Sauf lorsque naissait quelqu'un comme Brise. La jeune femme, lasse de se tenir debout dans la neige, se laissa tomber sur une racine moussue, sans quitter Galaad du regard. D'un signe de tête, elle invita les deux jeunes gens à s'asseoir, espérant ainsi briser le climat étrange qui les avait tous prit dans ses filets. Elle ne ressentait pas le besoin de parler, simplement de relâcher la tension. Elle était consciente que la tension venait de Galaad. Il y avait en lui comme quelques chose de retenu, de bouillonnant, qui ne demandait qu'à vous péter à la figure. Brise remarqua que l'un de ses yeux était fixe, étrangement figé. Elle frissonna involontairement, sans chercher à masquer son malaise. Elle était sure que le jeune homme l'aurait remarqué de tout manière, sans compter qu'elle détestait les faux-semblant.
Pour ne pas embarasser le jeune homme, Brise de mit à creuser des demi-lunes dans la neige, du bout du pied. Malgré toute la... sauvagerie rentrée qui émanait de Galaad, il paraissait fragile, sensible, et c'était sans doute cela qui le rendait si... fascinant. |
|  | | Arabella Lancaster Ancien Personnage


Nombre de messages: 45 Age: 23 Date d'inscription: 18/11/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Mar 1 Avr - 15:32 | |
| [Vraiment désolée pour le délai !]
Curieusement, le fait qu’Amoandh soit le seul daemon de leur petite assemblée apportait un certain réconfort à Arabella. La jeune femme se rendait bien compte pourtant qu’en cas de problème, il ne pourrait lui apporter aucune aide. D’une part, sa petite taille le désavantageait fortement face aux deux autres humains, de l’autre, le Tabou excluait de toute façon toute possibilité de contact entre eux. Pourtant, la présence de sa moitié à ses côtés apaisait plus Arabella que le contact froid de l’argent de son médium contre sa peau nue. Comme toujours. Comparer son daemon à un vulgaire bout de métal, quelle stupidité ! L’instinct animal d’Amoandh lui ouvrait les portes d’un monde inconnu et nouveau, qu’elle s’était empressée d’explorer à travers les sens de son daemon. Ensemble, les deux moitiés cumulaient deux sets de sens sensiblement différents d’une moitié à l’autre. Mais malgré le double set de sens à leur disposition, la sensibilité de Galaad à son environnement demeurait bien plus exacerbée que la leur, évidemment.
Même avec ses bottines à semelles plates, Arabella dépassait le jeune homme d’un ou deux centimètres. Pourtant, ce bout d’homme bégayant dominait littéralement la scène. Il suffisait pour le démontrer d’observer le comportement des deux jeunes femmes qui l’entouraient. Il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte du mélange de crainte et d’admiration qu’il leur inspirait : elles prenaient avec lui autant de précautions qu’avec de la dynamite. L’atmosphère s’était naturellement tendue, alors même que rien ne s’était encore produit. Vraiment, les trois humains se contentaient de se tenir bien droits au centre de la clairière et de se fixer mutuellement.
Et Brise bougea enfin. Elle se laissa tomber sur une grosse racine plutôt, et les invita à en faire autant. Arabella se posa dans un petit coin de racine dénué de neige et son daemon vint automatiquement lui sauter sur les genoux pour réchauffer ses pattes engourdies par la neige et l’immobilité. Il ne baissa pas sa garde cependant, et pendant que sa moitié détaillait un bout d’écorce du regard, il fixa attentivement Galaad.
La position d’Amoandh, ni vraiment humain ni vraiment animal mais quelque part entre les deux (en réalité les mots ne permettent pas vraiment d’exprimer la nature profonde d’un daemon, le mot se suffit à lui-même dans l’esprit de la plupart des sorciers) compliquait fortement sa perception vis-à-vis de l’albanais. Les sentiments du daemon se mêlaient dans son esprit dans un affreux méli-mélo digne d’un casse-tête chinois, et il devait fournir d’immenses efforts pour ne pas laisser le chaos de son propre esprit embrumer celui de sa moitié. Elle avait besoin de toute sa concentration. Elle fut tirée de ses contemplations par son discret claquement de langue.
Debout, Arabella dominait Galaad, par la taille au moins. Mais désormais assise, l’anglaise avait perdu son seul petit avantage, et elle se sentait de plus en plus démunie face à lui. Elle n’attendait qu’une seule chose : que lui aussi s’assoit pour qu'un certain équilibre dans les rapports de force soit retrouvé. Mais la tension qui régnait dans l'atmosphère était toujours à éliminer, et la jeune femme se résolut à prendre la parole. Le problème, c'était de trouver quoi dire. Elle n'avait aucun problème d'ordinaire à démarrer une conversation avec deux (presque) parfaits inconnus, mais parler de la pluie et du beau temps à deux personnes aussi avares de mots lui semblait horriblement déplacé.
"Où sont les lapins ?"
La stupidité de sa question l'étonna elle-même, elle traduisait une véritable interrogation pourtant. En effet, toute vie semblait avoir déserté la clairière : les lapins aussi bien que les oiseaux ou les écureuils alors présents. Quelque chose, ou quelqu'un, semblait les avoir fait fuir... |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Dim 6 Avr - 14:47 | |
| Quelqu’un d’autre que Galaad se serait sûrement amusé de cette tension qu’il inspirait. Mais l’Albanais ne trouvait pas ça drôle. Il ne trouvait pas ça triste non plus. Autre part, il aurait sûrement trouvé ça dommage, il s’en serait voulu d’imposer autant de tension à deux jeunes femmes et il aurait essayé de briser la tension, mais ici tout était différent. Ici il ne cherchait pas à agir normalement, parce que dans cette forêt il n’y avait pas de normalité, il n’y avait que ce qu’on était, profondément, et ce qu’on ne pouvait pas fuir. Galaad ne pouvait pas fuir sa lycanthropie, il pouvait parfois l’enfouir en lui, mais elle était toujours là. Et dans cette forêt, elle était plus que jamais présente. Il devait batailler pour garder son humanité, la lycanthropie avait donc tout le loisir de s’exprimer.
Il tiqua néanmoins intérieurement quand Brise sembla gênée par son œil de verre. S’ils n’avaient pas été dans la forêt, il aurait sûrement trouvé une excuse pour fuir la compagnie de l’anglaise. Ses cicatrices, ses handicaps divers dus à l’attaque du loup-garou étaient un sujet glissant pour Galaad. Il avait accepté pas mal de choses déjà, le fait par exemple d’être obligé de vivre dans un nouveau monde, le fait d’être dangereux, le fait d’avoir une bestialité en lui. Mais être diminué physiquement lui faisait toujours du mal. Bien sûr, grâce au loup, il pouvait faire des choses qu’il n’aurait jamais pu faire avant. Mais il n’était plus tout à fait lui-même. Quand il se regardait dans le miroir, il ne se reconnaissait pas. Et quand les gens étaient choqués par les quelques cicatrices, les plus grosses, qu’il n’arrivait pas à masquer, ou par son œil de verre, il ne savait jamais comment réagir. Mais surtout, ça le blessait. Il avait alors l’impression d’être un monstre, plus encore que lorsqu’il pensait à sa lycanthropie.
Pathétique….
Mais l’influence de la forêt fit qu’il ne montra pas ses sentiments. Il était aussi neutre d’expression qu’il l’aurait été sous la forme de loup. La forêt faisait ça elle aussi. Elle changeait les gens, révélait ce qu’ils étaient vraiment. Il était en train de penser à ça quand Brise s’assit sur une racine, comme pour empêcher cette tension de perdurer. Arabella la suivit et Galaad hésita un instant. Il avait trop d’énergie en lui pour avoir réellement envie de s’asseoir. Mais il ne voulait pas non plus entretenir ce climat. Il finit donc par s’asseoir sur une racine lui aussi, formant une sorte de triangle avec les deux jeunes femmes. Il écoutait la forêt, ses pulsations, sa vie, mais dut se reconcentrer sur Arabella qui venait de parler.
« Ils se cachent. » répondit-il simplement.
De nous… _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Ven 11 Avr - 18:43 | |
| Brise éclata s'un rire désabusé à la réponse de Galaad. Ce n'était pas de la moquerie, Brise avait envie de tout sauf de se moquer du jeune homme. c'était plutôt comme une ponctuation à cet échange absurde. Un bien étrange trio qu'ils formaient sur cette racine, un trio containt, car aucun d'entre eux n'avait cherché à rencontrer les autres. Drôle de hasard. Mais au sein de cette forêt complétement fantasque, Brise se demanda si le hasard existait encore. Elle avait l'impression d'être un personnage de conte de fée. Et elle n'était pas sure d'être du bon côté.
- Je suppose qu'ils ont raison, déclara la londonienne avec un sourire de guingois.
Elle repensa à la phrase qui lui avait échappé avant l'arrivée de Galaad. Qui était le monstre au final ? Elle ne savait pas ce que cachait Galaad, ni qui était Arabella. Mais elle se connaissait, elle. Elle n'avait pas d'oeil de verre mais elle avait un coeur en pierre. Elle soupira, s'acharnant à creuser la neige à ses pieds, une mèche blonde voilant son regard. Le calme de la forêt incitait à la méditation, et Brise se perdit quelques instant dans ses pensées. Sa transe mimétique l'avait profondement troublée. Elle ne cessait d'en ressasser les souvenirs, et une violente remise en question la rendait folle de frustration. Elle ne savait plus qui elle était, ni même ce qu'elle cherchait. Elle était venu à Sywhaîd dans le but de contrôler ses pouvoirs, et pas toujours pour de bonnes raisons. Car si elle souhaitait s'émanciper du milieux gangrené dont elle était issue, elle était également terriblement ambitieuse et fine stratège. Un tel don ne pourrait que lui être utile plus tard, et pas toujours à des fins très honnarables. Or, depuis son arrivé à Sywhaîd, des tas de choses avaient changé. Beaucoup trop vite. Brise s'était ramassé en pleine figure l'image de ce qu'elle incarnait. Et elle avait de plus en plus de mal à l'assumer.
Le silence se prolongeait désagréablement, et Brise releva la tête. Elle croisa à nouveau le regard de Galaad et parvint à le soutenir, cette fois. Elle eu soudain envie d'en savoir plus sur lui, sur son histoire. Elle fut persuadé, intimement persuadée qu'il valait mieux qu'elle.
Elle laissa glisser son regard jusqu'à Arabella, à qui elle adressa un fin sourire, avant de murmurer :
- On pourrait essayer de les faire revenir, si on etait très, très silencieux, comme si... Elle braqua son regard sur Galaad. Comme si on faisait partie de la forêt. |
|  | | Arabella Lancaster Ancien Personnage


Nombre de messages: 45 Age: 23 Date d'inscription: 18/11/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Lun 14 Avr - 17:08 | |
| L’art raffiné des sous-entendus ne faisait pas partie des spécialités d’Arabella, au grand dam de ses parents, et plus particulièrement de sa mère. Lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant, son franc-parler ne dérangeait pas outre mesure : on y avait vu, au pire, la marque de l’immaturité de la jeunesse, au mieux, celle d’une grande force de caractère. Cependant, le temps n’adoucit pas les manières un peu trop directes de l’anglaise, et l’on s’en rendit compte bien trop tard pour y changer quelque chose – ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé ! Mais cette conception du monde qu’avaient ses parents échappait tout simplement à Arabella : le problème n’était pas qu’elle ne comprenait pas, mais qu’elle ne pouvait pas comprendre pourquoi quiconque souhaiterait vivre dans un monde où personne n’est digne de confiance. Elle n’en était pas pour autant idiote, ni lente d’esprit, et si elle se révélait incapable de prendre part à ce jeu de demi vérités et de non-dits auquel se livraient ses parents, une observation prolongée de celui-ci lui en avait appris les règles, et elle parvenait désormais très bien à déceler tous les petits mensonges et sous-entendus.
Aussi, la jeune femme déduisit rapidement des paroles de Brise le désir qui l’animait. Ce n’était pas très subtil à vrai dire, ce qui n’était certainement pas son but. Brise venait du même milieu social qu’elle-même, mais en version non sorcière, et elle était sans aucun doute beaucoup douée dans le domaine des sous-entendus. Elle avait voulu qu’on la comprenne, ou plutôt que Galaad la comprenne. Aux yeux d’Arabella, il était clair que sa compatriote voulait en savoir plus sur l’albanais. A l’instant même où elle le réalisa, le même désir la prit et elle perdit contrôle d’elle-même pendant les quelques fractions de secondes que dura cette soudaine crise de curiosité comme elle l’appellerait plus tard, une fois calmée. Mais pour le moment, sa curiosité était à son paroxysme : elle voulait savoir, elle avait besoin de savoir, il lui semblait inhumain que le secret de Galaad, ce qui le rendait si étrange et si mystérieux, ne leur soit pas révélé. Cette seule pensée occupait son esprit, elle l’obsédait. Pourtant la partie plus ou moins rationnelle de son esprit lui souffla qu’il ne révèlerait certainement pas son secret aux premières venues, et Arabella voulut être en mesure de le lui arracher si il refusait de le partager. Il s’était assis, il fallait en profiter. Elle n’était pas plus qu’une bête sauvage, vraiment. Toute la puissance de la mâchoire d’Amoandh ne fit que de lui ouvrir la main, mais un seul de ses murmures la ramena à la raison. Elle cligna des yeux comme un somnambule qui se réveille ailleurs que dans son lit.
La démesure de sa réaction effraya Arabella. Elle s’énervait régulièrement, assez violemment ou non tout dépendait de la cause, mais depuis qu’elle était arrivée à Sywhaîd, elle s’était largement apaisée, calmée. Son côté Air avait pris le dessus. Il y avait tellement peu de sujets d’inquiétude à Sywhaîd, elle y menait la petite vie tranquille dont rêvait beaucoup de sorcières moins chanceuses, mais tout ce calme lui tapait franchement sur les nerfs parfois, comme aujourd’hui. Cette ambiance de parfait petit village de conte de fées devenait rapidement lourde, pourtant elle ne s’en était pas trop formalisée jusqu’à présent. Mais là, elle se sentait sur le point d’exploser, comme ça, sans raison. Ce genre de situations lui arrivait assez souvent, à l’extérieur. Elle pétait un câble d’un coup, sans prévenir. Le proverbe ‘C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase’ était l’explication d’un tel comportement. Arabella ne put s’empêcher de penser que la goutte d’eau en question était Galaad, dans ce cas précis. Son désir d’en savoir plus sur le jeune homme n’avait pas diminué, mais Arabella avait retrouvé un semblant de raison, et définitivement écarté l’idée d’une véritable lutte physique volontaire. Ils étaient tous trois des gens civilisés normalement, quoique deux d’entre eux se considéraient comme des monstres et que la dernière venait de se prouver son inhumanité – heureusement sa crise de curiosité avait plutôt été interne, mais elle était certaine qu’elle n’était pas tout à fait passée inaperçue malgré sa brièveté.
« Oh dans ce cas là, ça ne devrait pas être trop difficile, n’est-ce pas ? »
Et elle fixa également Galaad, un sourire en apparence très innocent flottant sur ses lèvres fines. Les deux jeunes femmes avaient emprunté un nouveau chemin, un peu plus dangereux que le précédent, et elle ne savait toujours pas ce qui les attendait à son terme. Amoandh vint se placer dans une attitude protectrice sur les genoux de sa moitié. La réaction d’une bête traquée est toujours très imprévisible. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: Le roi Midas a des oreilles d'âne Jeu 24 Avr - 20:02 | |
| Galaad frissonna aux paroles de Brise et surtout au regard qui les accompagnait. Il tiqua nerveusement à l’enchaînement d’Arabella. Le loup était déjà bien assez excité comme ça, il n’avait pas besoin d’encouragements. Pendant un instant, son visage, neutre grâce à la Forêt depuis le début de la conversation, se brouilla. On put voir en lui diverses choses, dont le jeune adulte effrayé qu’il était si souvent, le loup qui sommeillait en lui et les doutes qui pouvaient l’assaillir. Cela ne dura pas longtemps, juste assez pour qu’il ait l’air complètement perturbé l’instant de quelques secondes et qu’une sorte de flottement s’installe entre les trois comparses. Galaad ne pensait même plus à répondre, il était bien trop perturbé par cette tension et par l’effet qu’elle avait sur son combat contre le loup. Ce dernier avait quant à lui une idée assez nette de la réponse qu’ils pouvaient apporter.
Elles veulent être comme nous… Ca serait facile… Il y a assez d’énergie magique ici pour que tu me laisses prendre le dessus et que je puisse m’en charger…
Hors de question.
Elles n’attendent que ça….
Elles ne savent pas à quel jeu elles jouent.
Elles savent très bien !
C’est faux !
Son visage redevint d’une neutralité presque plus terrifiante que l’agitation qui l’avait précédée et si quelqu’un dans cette clairière avait su pour le loup qui était en Galaad, il se serait sûrement demandé si le loup en question n’avait pas gagné cette fois. Mais ça n’était pas le cas. Galaad n’était pas encore vaincu. Il ne fit rien pour reprendre une attitude moins animale, moins féroce et plaqua son regard sur Brise avant de le laisser glisser vers Arabella. Il était hors de question qu’elles réussissent à faire comme lui, c’était impossible. Mais il ne pouvait pas le leur expliquer, il n’était pas assez perturbé par le loup pour ne pas se rendre compte qu’elles n’attendaient qu’une chose : pouvoir lui poser des questions. Hors ce qu’il fuyait le plus au monde c’était bien les questions.
Cinq personnes savaient pour lui ici. Donan, Rozen, Jena et Isaac, membres du Rad, à qui il avait été parler dès son arrivée et qui l’avaient aidé à faire sa cage. Et Zofia, qui lui faisait toutes les potions, les baumes et les autres médicaments qu’il ingérait chaque jour. Il avait confiance en chacun d’entre eux, aucune de ces personnes n’irait jamais répéter son petit secret. Une sorte de déontologie très forte les en empêchait. La triste vérité était qu’il n’avait confiance en personne d’autre.
« Il faut beaucoup trop de sacrifices pour y arriver. C’est difficile. » contredit-il, entrant sans le vouloir dans le jeu des deux jeunes femmes, mais ne trouvant aucune autre échappatoire.
Il n’espérait qu’une chose, qu’elles ne saisissent pas la perche et qu’elles décident d’être raisonnable.
Elles ne veulent pas être raisonnables… Elles veulent me voir.
Alors elles sont encore plus folles que moi. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
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