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B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Honey, honey Mar 15 Jan - 14:46 | |
| Comment la Brume choisissait-elle les candidats à l'entrée sur la Noble Lande ? Pourquoi certains étaient-ils refusés, et pourquoi, surtout, certains étaient-ils acceptés ? Bien sûr, "elle" jugeait bien ; aucun taré n'avait mis l'endroit à feu et à sang, aucun criminel repenti n'avait été tenté de reprendre ses anciennes activités. N'empêche que certaines personnes... Enfin, tout le monde n'était pas un modèle de gentillesse, de dévouement, et tous ne rappliquaient pas avec enthousiasme dès lors qu'une corvée s'annonçait.
Prenez Buzz, ou "Bee", ou "Berkeley", ou quel que soit le nom que se donne, ce jour, l'énergumène. Bien sûr, sa présence est "utile" à la communauté, puisqu'en tant qu'apiculteur génial, il fournit à la communauté un miel d'une pureté, d'une saveur inégalées ; s'occuper des abeilles semble chez lui si naturel, que des rumeurs en feraient volontiers un gros bourdon lui-même. Mais justement : on ne peut pas dire qu'il se tue à la tâche. A la belle saison, soit : comme ses petites ouvrières, il vole, butine, s'agite. Mais quand vient l'automne, et a fortiori l'hiver... Disparu, notre bel apiculteur, ou presque. Comme les abeilles, il semble plongé dans une certaine léthargie, et n'allez pas penser qu'il en profiterait, le bougre, pour donner un coup de main, à la tourbière par exemple. Non ; Buzz, l'hiver... se tourne à peu près les pouces. Il est là sans y être.
Ce matin-là, cependant, ne soyons pas mauvaise langue : l'homme était debout, et actif. Les réserves de miel de l'école ne se remplissaient certes pas toutes seules ; régulièrement, à peine le jour levé, notre homme empruntait la brouette de la cabane du jardinier et, faisant fonctionner ses petits muscles (pas si petits, au passage, huuum), il daignait se déplacer juqu'au haut de la lande, pour y apporter une nouvelle dizaine de pots.
Avec la chute des températures, les journées maussades, l'aliment était particulièrement prisé par les Sywhaîdiens, que ce soit pour leur thé, leur pain d'épices ou simplement leur cuisine de tous les jours. C'était en quelques sorte à Buzz de s'assurer qu'il y en aurait jusqu'à ce que les abeilles se remettent vraiment au travail. A lui de transférer petit à petit sa réserve jusqu'à celle de la communauté. Qu'il neige, qu'il vente, qu'il pleuve, il s'en chargeait discrètement, plus discret qu'une mouche.
Précisément ce jour-là, un redoux l'avait convaincu de mettre enfin le nez dehors, et d'entamer la montée vers l'école. Mais alors qu'il quittait le corps de ferme encore endormi, la pluie se mit à tomber. Pas un petit crachin gentil, oh non : une vraie bonne grosse averse, de lourdes hallebardes qui trempèrent notre bonhomme en seulement quelques secondes, comme il passait la barrière du potager. Il 'avait pas pris la peine d'enfiler le moindre manteau ; pris de court, laissant là sa brouette chargée de pots, il courut ventre à terre se réfugier dans le bâtiment le plus proche : en l'occurrence, une serre.
Aussitôt à l'abri, il s'ébroua, et poussa un juron, en français dans le texte. Il n'avait pas encore noté qu'il y avait du monde de levé, dans cette serre.
[Marybeth, très chère ?] |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Dim 20 Jan - 12:47 | |
| [I’m here…]
Du monde levé ? Du monde pas couché plutôt. La nuit passée avait été agitée pour Marybeth. Quelqu’un comme Buzz y aurait sûrement tout de suite vu une allusion graveleuse, mais c’était bien loin de ça. En réalité, cette nuit, Marybeth l’avait passée à travailler. Elle avait déposé Connor chez sa marraine la veille, il y dormirait et Celesta s’en occuperait aussi la journée, tant parce que Marybeth ne savait pas jusqu’à quelle heure elle devrait continuer son travail, que parce qu’il faudrait aussi qu’elle dorme un minimum par la suite, d’autant plus que ces derniers temps Connor était une vraie petite pile électrique, c’était sûrement dû à l’enfermement et la tranquillité de l’hiver, et s’en occuper quand on était épuisée c’était pas vraiment génial. Et puis, ça faisait de la compagnie à Celesta, ce qui rassurait aussi Marybeth, qui savait évidemment que son amie s’occuperait bien de son fils, même si elle n’allait pas très bien ces derniers temps.
Bref, Marybeth avait passé la nuit dans la serre. Pour quoi faire ? En réalité, c’était un peu compliqué, du vrai jargon de botaniste et pour une fois, à la différence de ces dernières semaines, ça n’avait aucun rapport avec son sujet de Majeure. Il y avait une plante dans la serre, un type très rare d’orchidée, qui avait des particularités magiques très fortes, et très rares, mais seulement quand les étoiles étaient alignées d’une certaine façon. Ca n’était pas arrivé depuis près de dix ans, et Marybeth n’avait pas pu rater ça, surtout qu’elle ne savait pas quand ça arriverait de nouveau (elle n’était pas une spécialiste en astronomie, c’était un autre sywhaîdien, un nommé Jake, qui avait pour rôle de la prévenir à certains alignements). Mais le truc était que cet alignement ne suffisait pas. Il fallait aussi faire plusieurs rituels pendant la nuit, traiter la plante avec plusieurs potions et finalement cueillir ce dont on avait besoin à certains moments précis de la nuit et de l’alignement. Bref, très compliqué, un des actes de botanique les plus compliqués que Marybeth n’ait jamais fait, et ça faisait plusieurs semaines qu’elle s’y préparait.
Quand Buzz fit son entrée, et jura en français, Marybeth était occupée dans un coin de la serre à finir de sceller un des bocaux qu’elle avait rempli de sève des orchidées en question. Il fallait, pour que ça fonctionne, que les pots soient scellés grâce à un sort élémental, et ce pendant un an. C’était compliqué, mais à la portée de Marybeth. Seulement, elle était déjà fatiguée et il fallait que ça soit fait tout de suite, donc elle eut besoin de beaucoup de concentration pour le faire. L’arrivée de Buzz manqua de la faire louper un bocal, une perte qui aurait été vraiment grave, surtout pour quelqu’un d’aussi passionné que Marybeth, nul doute que Buzz aurait eu des ennuis s’il lui avait fait perdre autant d’un liquide qui lui avait demandé autant de travail et qui était aussi rare. Mais il n’en fut rien. C’était le dernier pot, et aussi la dernière chose qu’il restait à Marybeth à faire pour la journée. Elle rangea les pots dans un placard, qu’elle scella à son tour (elle irait ranger les pots dans la réserve de la serre un peu plus tard, pour l’instant elle était trop fatiguée pour faire le sort qui permettait d’ouvrir la réserve spéciale pour les ingrédients très spéciaux), et avança vers l’endroit d’où était venu le bruit. Elle ne savait pas qui était là, et la personne avait peut-être une demande à lui faire.
« Buzz ? Je peux vous aider ? »
Elle avait l’air vraiment fatiguée mais intriguée aussi. Depuis plus d’un an qu’elle vivait ici, elle n’avait jamais vu B. dans sa serre. Il avait ses propres occupations et participait peu aux corvées, ce qui ne dérangeait pas Marybeth. Elle-même y participait peu, du fait que son travail à la serre et au potager lui demandaient beaucoup de temps, et elle n’était pas du genre à se poser des questions sur le fonctionnement de quelqu’un comme Buzz, en fait elle s’en fichait. Il faisait ce qui lui plaisait. Elle sourit vaguement, comme pour s’excuser de sa tenue. Elle était pieds nus et portait une robe noire, tâchée en fait par pas mal d’ingrédients qu’elle avait utilisés pendant la nuit, qui lui arrivait aux genoux et qui n’avait pas de manches. Ses cheveux étaient remontés avec une pince, très emmêlés. Elle avait vite enlevé ses chaussures au début de la nuit, pour deux raisons : d’abord elle ne supportait pas de porter des chaussures aussi longtemps d’affilée, et ensuite elle avait besoin d’être en contact avec l’élément terre pour la plupart des rituels. La terre de la serre était parfaite. _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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|  | | B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Jeu 13 Mar - 22:49 | |
| Mais Buzz ne semblait guère s'offusquer de la tenue de Marybeth ; s'il la détailla d'un coup d'œil un peu appuyé, il ne semblait pas se plaindre de la trouver dans une tenue si relâchée, les pieds nus sur le sol frais de la terre. Il ne put réprimer un sourire ; lui-même n'avait guère de leçon de style à donner. Ses vêtements frustres étaient simplement trempés, son pantalon gris sale laissait des mares à ses pieds, tandis que sa chemise... Ma foi, sa chemise, elle avait beau suivre les muscles de son torse d'une manière qui eût fait pâlir les moins farouches Vénus, peu importait, car il ne la garda pas longtemps sur le dos. Déjà, il en avait dégrafé les boutons et s'en défaisait, sans façons, alors même qu'une charmante demoiselle lui demandait ce qu'elle pouvait faire pour lui.
Ce n'était pas un numéro de charme, pour cette fois. C'était ça ou attraper une pneumonie. Mais la séduction était chez Buzz une seconde nature. Les circonstances et les éléments, après tout, ne le lui dictaient-ils pas, eux qui le plaçaient là, dans l'aurore grise, comme enfermé par les trombes de pluie au sein d'une prison de verre, en compagnie ?
"Il y a deux choses dont j'ai très envie, mademoiselle", fit-il en achevant de s'extirper de sa chemise. "Avoir quelque chose pour me sécher, et connaître votre prénom."
Il lui sourit d'un air presque contrit ; la situation était presque "trop" romanesque, elle devait s'en rendre compte autant que lui, en tout cas elle semblait suffisamment futée pour ça. Et Buzz avait...disons, une certaine expérience des créatures féminines, abeilles ou autres. Si on lui avait dit son nom, il y avait de bonnes chances qu'il ait été accompagné de gloussements ou de commentaires (flatteurs ?) ; et en ôtant sa chemise en guise de préambule, il se montrait - mais pouvait-il faire autrement ?- si bien à la hauteur de sa réputation qu'il préférait d'emblée en rire, en poursuivant dans une veine à la limite du "too much". |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Sam 22 Mar - 18:23 | |
| [Argh, trop de mal à me concentrer avec ton nouveau kit !!]
Marybeth n’était pas vraiment du genre à glousser. En fait, de mémoire de sywhaîdien on ne l’avait sûrement jamais entendue glousser, même si son rire, un peu trop grave, n’était pas toujours un rire très intelligent, comme tous les rires, les gloussements étaient en général exclus. A dire ça comme ça on aurait pu croire que, du haut de ses vingt ans tout juste sonnés, Marybeth était déjà une rabat-joie, une jeune femme trop sérieuse, ou se prenant trop au sérieux, pour de temps en temps se laisser aller à la glousserie. Non en fait, Marybeth, si elle avait vingt ans, en paraissait quelques années de moins physiquement, était beaucoup plus adulte que la plupart des filles, ou garçons, de son âge. En fait, avec un enfant à charge, un « métier » (disons les responsabilités qui allaient avec le fait de tenir une serre et un potager aussi vitaux l’un que l’autre pour toute une communauté) et des études aussi poussées, il était même étonnant que Marybeth ait conservé un peu d’humour.
Elle ne gloussa pas donc, pas plus quand Buzz retira sa chemise que quand il y ajouta des paroles qui auraient sûrement suffi à faire fantasmer la plupart des femmes frustrées du coin (bien qu’il n’y ait pas que des frustrées, hein) et se contenta de sourire d’un air amusé. Elle prit une sorte de long torchon sous un établi et le lança à Buzz avant de dire :
« Désolée, je n’ai pas mieux, j’ai passé la nuit à travailler et tous les torchons du coin sont remplis de sève ou d’autres trucs dont il vaut mieux ne pas savoir ce que c’était avant de sécher. »
Le torchon en effet n’était pas vraiment propre. Il avait des traces de végétaux séchés, mais il permettrait quand même à Buzz de se sécher un minimum. L’herboriste se percha tranquillement sur une des tables avant de répondre, sans tout à fait entrer dans le jeu de séduction de Buzz, d’une façon un peu plus naturelle mais qui ne manquait pas de panache :
« Je suis Marybeth by the way… Herboriste en titre de Sywhaîd, du moins à ce qu’il paraît. »
Nios à l’autre bout de la pièce venait de s’endormir, laissant Marybeth seule capitaine du navire. Les deux moitiés réagissaient très différemment à une nuit de travail comme celle qu’ils venaient de vivre. Autant Nios finissait la nuit épuisé, sur les rotules et dormait en général pratiquement vingt-quatre heures d’affilée,autant Marybeth ne pouvait pas dormir avant une bonne journée, en général elle était obligée de se forcer à dormir la nuit suivante. C’était une de ces choses que l’américaine trouvait intéressantes à étudier, cette différence entre le métabolisme des deux moitiés. Mais pour le moment, la seule conséquence de l’endormissement de Nios était que Marybeth se sentait peut-être un peu plus déphasée encore. Elle était plus ou moins habituée à vivre sur un rythme différent de sa moitié, à l’époque où Connor était bébé ils alternaient les gardes, mais ça la rendait toujours un peu plus… instinctive. A croire que Nios était le cerveau du duo.
« Et que fait le roi des abeilles dans un lieu rempli de fleur ? Il est venu butiner ? »
Elle fit une grimace et retint un rire à ces paroles. Non décidément les clichés ça n’était pas assez subtile pour elle, mais ça avait le bon côté d’être drôle. _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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|  | | B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Lun 7 Avr - 22:31 | |
| L'apiculteur sembla lui aussi se retenir de rire, visiblement heureux de la tournure étrange que prenait cette conversation de demi-jour. Il étira les lèvres comme pour rire, mais si rire il y eut il fut silencieux, ou assez léger pour être étouffé par le torchon qu'utilisait Buzz pour se sécher vaguement les cheveux.
Il n'était certes pas du genre à faire le difficile, il était même probable que ses propres linges n'étaient guère plus propres que ce chiffon-là, lorsqu'il quittait le loch de bon matin après sa baignade matinale. La pièce de coton brut, déteinte par le suc puissant de plantes aux parfums musqués, était un parfait accessoire entre les mains de l'exquis spécimen de mâle humide constitué par l'apiculteur, lui-même dégageant comme une aura de virilité ; c'était un effet de la pluie, sans doute, mais c'était à la fois plus agréable et plus pénétrant que l'odeur de chien mouillé.
Tout en achevant sommairement de se tamponner le buste pour en ôter un peu d'humidité, B. s'approcha d'un pas tranquille de son interlocutrice ; il n'escomptait certes pas lui relancer le torchon à la figure, tout de même ! Ce faisant, il répondit d'une voix grave mais sur un ton léger :
"Roi des abeilles... auriez-vous perdu l'esprit, mademoiselle l'herboriste ? Les abeilles ont condamné leurs princes à mourir pour leur Reine, à se crever l'abdomen à la poursuivre en plein ciel... Ca n'est pas pour moi, non merci..." Il eut un sourire faussement dépité.
"Quant à butiner, il est un peu trop tôt pour cela, je crois", fit-il en baissant légèrement la voix, car il était maintenant arrivé tout près de Marybeth. "Les fleurs ne sont pas encore écloses... à l'exception des belles-de-nuit, bien sûr", souffla-t-il en se penchant vers l'épaule de l'herboriste, sous le prétexte de lui remettre le torchon dans les mains. Il semblait humer précieusement le capiteux parfum laissé par la sève d'orchidée sur Marybeth.
Une goutte tomba d'une de ses mèches sur l'épaule en question ; comme s'il avait attendu ce signal, Buzz redressa la tête et réesquissa un sourire ironique. Le caractère passablement équivoque de sa voix disparut lorsqu'il reprit la parole, toujours assez bas néanmoins, comme s'ils avaient risqué de réveiller quelqu'un en parlant trop fort.
"Mais les Belles-de-nuit se referment trop tôt : elles sont trop sages, comme votre prénom d'ailleurs... si vous m'autorisez à vous appeler black orchid, vous pourrez me donner tous les surnoms qu'il vous plaira." |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Sam 12 Avr - 20:30 | |
| Quand B. lui dit que le roi des abeilles n’était pas un rôle qui lui convenait, Marybeth se contenta d’incliner la tête sur le côté et d’afficher un sourire amusé, presque innocent. Elle redressa la tête quand l’apiculteur fut plus proche d’elle et elle ficha son regard brun dans le sien, sans aucune hésitation mais sans vulgarité pour autant. Elle détacha évidemment son regard quand Buzz se pencha par-dessus son épaule mais elle ne recula pas. Elle frissonna cependant légèrement le souffle de l’apiculteur passa sur sa peau. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas retrouvée dans une situation aussi sensuelle et elle n’était qu’à un cheveu de se ruer sur Buzz sans plus de préliminaires. Mais Marybeth n’était pas une sauvage et même si elle n’avait pas ce qu’on pouvait appeler une vie sexuelle de folie depuis qu’elle avait Connor, elle n’en était pas non plus frustrée au point d’agir comme un animal.
La goutte qui lui tomba dessus la fit sourire, sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Elle avait toujours un sourire amusé sur le visage quand l’homme s’éloigna un peu et parla de lui trouver un nouveau surnom. Est-ce que Marybeth était un prénom trop sage ? Sûrement. C’était le prénom que ses parents, bien pensants et bien vivants, lui avaient donné. Un prénom qu’elle portait depuis toujours et qu’elle avait pensé changer à un moment, quand elle était partie pour le Grand Nord après avoir découvert qu’elle était enceinte. A cette époque, ce prénom lui semblait pratiquement être antinomique, comme si elle ne pouvait pas s’appeler Marybeth et vivre la vie qu’elle avait choisie. Mais elle aimait bien ce prénom, quand même et elle ne l’avait finalement pas changé. Ce prénom de petite fille de banlieue américaine était aussi ce qu’elle était, d’une certaine façon, même si elle n’avait jamais été une vraie petite fille sage de banlieue. Marybeth n’avait jamais été sage, malgré son visage enfantin et les responsabilités qu’elle assumait.
« Black Orchid ? » répéta-t-elle avec un sourire amusé. « Ca fait strip-teaseuse… Ou actrice dans ce que mes parents appellent des films pour obsédés. » Elle sourit de nouveau puis secoua la tête avant d’ajouter, accrochant une nouvelle fois son regard à celui de l’apiculteur : « Mais ça vaut peut-être le coup si je peux vous donner tous les surnoms que je veux… »
Elle laissa planer un petit silence après cette réplique, sans pouvoir s’empêcher de se dire que la scène avait vraiment quelque chose de cliché. Un peu plus et elle aurait eu envie d’enfiler une toilette des années cinquante pour ressembler à ces femmes fatales que l’on voyait dans les films noirs de l’époque. Elle se demanda vaguement si ces tenues pourraient lui aller mais se dit qu’elle était trop menue pour ça, à l’époque les femmes étaient plutôt grandes et avaient des formes, alors qu’elle elle remplissait déjà difficilement un 80 B. Elle chassa ces futilités de son esprit pour se recentre sur quelque chose de tout aussi futile mais de plus agréable.
« Quel surnom vous plairait ? »
Elle se pencha un peu en avant, comme pour essayer d’entendre plus facilement la réponse de Buzz alors qu’il était assez proche pour qu’elle l’entende de toute façon. Plutôt parce qu’elle sentait en elle une énergie presque nouvelle, une sorte de plaisir à jouer à ce petit jeu avec B., elle n’était plus fatiguée du tout et avait l’impression qu’elle aurait pu faire ça pendant encore des heures et des heures. _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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|  | | B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Mer 16 Avr - 14:39 | |
| Buzz, lui aussi, souriait. Il souriait en songeant que la petite personne qu'il avait en face de lui, pieds nus en petite robe noire, était non seulement séduisante, mais fine et peu commune. Ce qui ne la rendait que plus désirable, car Buzz avait cette coquetterie d'aimer les femmes intelligentes.
Celle-ci savait séduire sans le faire forcément exprès ; elle n'avait effectivement rien d'une strip-teaseuse -spirituellement parlant-, mais avec un naturel irrésistible, elle compensait les paroles en arrière par un pas en avant. Et elle le faisait avec une pointe d'humour, chantilly sur le gâteau. L'heure semblait immobile, en tout cas l'apiculteur aurait volontiers prolongé ce petit jeu encore un bout de temps. D'un autre côté, Marybeth sentait vraiment très bon, et elle avait les pieds nus.
"C'est dommage", murmura-t-il en souriant. "gâcher l'opportunité de choisir ce que l'on veut..." il laissa la phrase en suspens, ferma les yeux le temps d'inspirer encore un peu le parfum lourd de la sève d'orchidée mêlé à celui de la peau de Marybeth. Il ne feignait aucune gêne à s'octroyer ce plaisir ; et puis, la demoiselle n'était plus si proche, un bon mètre les séparait, et on aurait pu croire qu'il cherchait simplement l'inspiration pour répondre à sa requête. En fait de quoi, il répondit finalement, ouvrant les yeux :
"Vous êtes trop difficile pour les surnoms ; je n'ose plus m'aventurer sur ce terrain, autant rester deux inconnus, après tout... On se croirait en dehors du monde, en dehors du temps, même, dans cette serre. Ne soyons plus personne et nos actes ne seront plus que des songes..." |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Dim 20 Avr - 12:33 | |
| Marybeth inclina la tête côté et jaugea Buzz pendant quelques secondes qui, dans cette serre coupée du monde, sous la pluie qui assourdissait leur ouïe et augmentait encore l’humidité de l’endroit, pouvaient paraître très courtes comme avoir l’air de durer une éternité. Elle finit par relever sa tête et un sourire en coin, adorable mais aussi ce genre d’expressions qui montraient l’âge réel de Marybeth, ou du moins l’âge qu’elle avait au niveau de sa façon d’agir et de son expérience, et pas l’âge que son physique enfantin lui donnait parfois l’air d’avoir, s’afficha doucement sur son visage.
« La poésie de vos paroles est sensée cacher la conclusion qu’elles amènent forcément. Si nous ne sommes plus personne et que nos actes sont des songes, où sont les limites ? »
Sa phrase aurait pu être une démonstration de sa réticence à entrer dans le jeu de Buzz. Du moins, si elle ne l’avait pas murmurée et laissée en suspens, comme si au lieu d’être une phrase qui coupait court le jeu qu’ils avaient engagé quelques minutes plus tôt, c’était au contraire une phrase qui le renforçait. Mais ça mettait quand même Marybeth sur son terrain. Le flirt distingué et, presque, poétique de Buzz n’était pas le genre de flirts qu’elle avait déjà vécu. Un flirt plus fonceur, plus assumé, c’était ce qu’elle connaissait le plus. Mais là elle s’avançait sur un terrain encore différent, un flirt intellectualisé, où la pensée était ce qui dominait et où les paroles auraient presque pu être associée à de la philosophie, même si c’était bien souvent une philosophie d’un niveau moins élevé que la Grande Philosophie, évidemment. Mary était un petit génie, une intellectuelle, une penseuse et une chercheuse, il était plutôt logique qu’elle décide de dévier la conversation sur ce domaine.
Surtout si elle voulait reprendre les rênes. Et elle le voulait. Parce que Mary était un fort caractère. Le genre de personnes capables d’avoir de l’autorité sans en avoir l’air. De décider de tout tout en ayant l’air de le faire d’une façon tellement adorable que la plupart des gens ne s’en rendaient pas compte. Ca n’était pas du machiavélisme, c’était juste sa façon d’être. Marybeth Norton était habituée à se prendre en charge et à prendre les décisions. Et même si elle était toujours assise sur l’établi, dans une posture presque passive d’attente au niveau de l’acte, elle ne se laissait pourtant pas dominer par la pensée. Pourtant, elle ne partait pas non plus dans une drague d’opposition, ça n’était pas son genre, Mary n’était pas une bagarreuse, même si elle pouvait le devenir quand il le fallait. _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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|  | | B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Ven 25 Avr - 17:22 | |
| Il y avait effectivement quelque chose de très subtilement sensuel dans la manière dont Marybeth avait parlé ; et Buzz se contenta de fixer la demoiselle, un sourcil levé, et une ombre de sourire sur ses lèvres, comme s'il avait voulu féliciter la belle de sa jolie répartie. Le silence qu'il laissait planer était des plus délicieux, les secondes s'alourdissant peu à peu de tout ce que la botaniste n'avait fait que suggérer, et de tout ce que l'apiculteur aurait pu lui répondre. Les conclusions de leur dialogue étaient effectivement parfaitement évidentes, et infiniment plaisantes.
Juste quand la délicieuse tension provoquée par ces quelques secondes de silence allait disparaître, Buzz avança lentement d'un pas vers Marybeth, posa une main sur l'établi, puis la seconde, ses bras tendus faisant autour d'elle une mince prison, qu'elle pouvait encore facilement franchir en levant lestement les jambes ; du moins jusqu'à ce que Buzz se penche légèrement en avant, et, le regard glissant des yeux à la bouche de la jeune femme, ne murmure à son tour :
"Ce n'est pas parce que personne ne peut nous entendre qu'une si jolie bouche doit proférer pareils gros mots..."
Il aurait volontiers fait encore un pas, saisi Marybeth par les cuisses, posé un baiser enfiévré sur ces lèvres si appétissantes, à peu près persuadé que celle-ci ne jouerait pas au dernier moment les vierges effarouchées : avec l'expérience, Buzz commençait modestement à s'y connaître en matière de femmes. Mais précisément, la jeune et délicate botaniste semblait savoir ce qu'elle voulait, et cela allait parfaitement à notre apiculteur préféré : ça n'était pas forcément facile de résister à la tentation, mais en même temps, dieu que c'était bon ! |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Mar 29 Avr - 19:11 | |
| B. s’y connaissait assez en femmes pour ne pas s’être trompé sur Marybeth. La jeune femme n’était pas du genre à revenir sur une décision ou à jouer aux allumeuses, ça n’avait jamais été son style et ça ne changerait pas de si tôt. Elle ne bougea pas quand Buzz approcha, elle resta même presque figée, même si ça n’avait pas l’air d’être dû à de la peur ou à quelque chose comme ça, plutôt à de l’attente, comme un prédateur aurait pu attendre patiemment sa proie, se fondant dans le décor. Pourtant, Marybeth n’était pas une mante religieuse et ne l’avait jamais été. Elle ne s’était même jamais considérée comme une prédatrice, même si ça faisait un moment qu’elle savait pourquoi le daemon qui roupillait à quelques mètres de là était un chat. Après tout, on ne fuit pas sa nature profonde, même quand on a été élevé dans un cadre très strict et qu’on est obligé d’être un minimum raisonnable à cause de ses responsabilités.
A la fin des paroles de l’apiculteur, l’herboriste pinça les lèvres comme si elle avait voulu mordre les lèvres en questions ou peut-être, plus probablement vu le regard mutin qu’elle lançait à Buzz en même temps, pour retenir de nouvelles paroles qui auraient pu être elles aussi qualifiées de « gros mots ». Elle resta quelques secondes à regarder Buzz droit dans les yeux, dans cette attitude adorablement rebelle avant de laisser couler son regard sur ses « barrières », les bras de Buzz qui l’empêchaient, symboliquement en tout cas, de s’échapper. Un sourire en coin s’afficha sur son visage adolescent avant qu’elle ne réduise l’écart entre Buzz et elle, presque totalement.
Cette fois, leurs nez se touchaient pratiquement, ils ne pouvaient plus qu’être les yeux dans les yeux et leurs souffles se mêlaient. Mais elle n’avança pas plus. Elle sourit de nouveau et prit une inspiration, comme si elle allait dire quelque chose. Sauf qu’elle ne dit rien. Elle attendit. Une jeune femme bien sous tout rapport ne faisait pas le premier pas, n’est-ce pas ? _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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|  | | B. Berkeley Apiculteur


Nombre de messages: 89 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Mer 30 Avr - 23:54 | |
| [Attention, harlequin powa... j'suis pas douée, quoi, pis il est tard...]
On pouvait avoir de l'expérience, ça ne changeait rien à l'affaire : il paraissait en position de force, le bel apiculteur, ses bras encadrant sa belle-de-nuit ; il était pourtant déjà bien ferré, et ça n'allait pas en s'arrangeant. Avoir fait succomber plus d'une femme ne l'empêchait pas de demeurer sensible aux séductions de chacune ; et si innocentes qu'elles fussent, les attitudes de Marybeth ne faisaient qu'attiser son désir d'elle. Or à cette distance, il n'allait pas chercher vainement à s'en cacher.
Avec la même émotion que celle du jeune homme qui, pour la première fois, avait eu une fille entre ses bras, il banda ses muscles et serra les poings pour résister encore un peu à l'envie d'enfermer davantage la botaniste dans la prison qu'elle caressait des yeux. Lorsqu'elle sourit, ce fut au tour de Buzz de se mordre légèrement la lèvre, mais ce n'était pas pour s'empêcher de parler. Que ne prononçait-elle pas encore quelque terme interdit, qu'il lui ferme la bouche à sa manière...
Avec une partenaire aussi intelligente que jolie, il trouvait effectivement dommage de ce priver si vite du plaisir d'une conversation galante. Parler ou embrasser, pourquoi diable aurait-il fallu choisir ? Autant choisir de n'utiliser qu'une seule de ses mains ! Bref ; en interdisant à Marybeth de dire des gros mots, il craignait qu'elle n'eut un peu trop vite interprété cela comme une incitation au silence. D'un autre côté, la chair était faible. Leurs souffles se mêlaient à l'haleine grasse des plantes grasses de la serre, qui, les pieds dans l'humus tiède, semblaient aiguiser encore leur appétit ; leurs nez étaient trop proches ; l'odeur de l'orchidée trop entêtante.
L'apiculteur se pencha encore, la respiration brève, mais parvint à détourner sa bouche d'une destination trop évidente, pour effleurer de ses lèvres les tempes, les joues, puis la nuque de Marybeth. Et c'est là, derrière son oreille, dans un creux choisi avec la précision d'un acupuncteur, qu'il choisit de l'embrasser.
Il sourit, recula à nouveau la tête tout en continuant d'effleurer du bout des lèvres la peau parfumée de la jeune femme. Il n'alla pas plus loin que son oreille, à laquelle il murmura simplement, avec un sourire : "vous n'êtes pas une plante carnivore, au moins ?" Juste assez libéré par ce baiser léger pour pouvoir parler, B. n'avait pas peur d'avouer qu'il était au moins autant la proie que le prédateur ; que si Marybeth était un drosera, elle pouvait à son tour l'emprisonner comme une pauvre abeille ; il avait goûté la première goutte de glu ; il était -quelle joie !- perdu. |
|  | | Marybeth Norton Botaniste


Nombre de messages: 233 Age: 23 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Honey, honey Sam 7 Juin - 14:39 | |
| Ce qui arriva par la suite n’est pas le genre de choses que l’on raconte en détails, surtout pas quand on s’appelle Marybeth Norton ou même qu’on se fait appeler B. Berkeley. La botaniste et l’apiculteur n’étant pas du genre à se vanter de leurs conquêtes, personne n’eut le droit aux confidences à propos de la scène qui suivit, ce qui n’empêcha pas une rumeur, légère et accessible seulement de ceux qui aimaient à bavasser sur les autres, de courir la campagne de Sywhaîd. Mais qui aurait pu croire que la douce et enfantine Marybeth pouvait avoir cédé aux avances de B. ? Peu y crurent. Certains soulevèrent tout de même le fait que Mary avait eu un enfant, et qu’elle n’était donc pas si « pure » qu’on pouvait le croire. Toujours est-il que la rumeur s’étouffa bien vite d’elle-même. De toute façon, une rumeur n’avait rien de vraiment intéressant si on ne pouvait pas faire durer son feu grâce à des nouvelles bûches, et personne ne revit Marybeth et Buzz ensemble après ce jour de pluie, ce qui s’était passé dans cette serre, quoi qu’il se soit passé, semblait être fait pour être inédit, ou du moins pour ne pas être rediffusé avant un moment. _________________ The winds of fortune Don\'t blow the same She had to get out And make a change She had a kid now But much too young
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