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 [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Sam 12 Jan - 22:42

Que faisait Rozen sur le chemin des ruines, dans cet accoutrement de baroudeuse ? Le manteau de peau, les mitaines de laine, les guêtres sur les bottines, soit, soit... Tout ça était parfaitement habituel, mais pourquoi la casquette à oreillettes plutôt que le simple cache-oreilles ? Pourquoi ce petit sac et, surtout, cette corde d'alpiniste roulée autour de son épaule ?

En dépit des apparences, non, la jeune femme n'était pas partie en direction des ruines en vue de faire un peu d'escalade ; elle délaissa bel et bien les pierres rases couvertes de neige pour se diriger vers le seul bâtiment sur lequel on pût faire, en cette partie de la Lande, faire de la varape : la vieille et grande tour ronde de la volière... De la part de l'aventureuse jeune femme, on pouvait s'attendre à tout.

Mais arrivée au pied du bâtiment, Rozen posa délicatement à terre corde et besace, et resta là immobile, à se balancer d'un pied sur l'autre, attendant visiblement quelqu'un. Au bout de quelques secondes seulement, comme faire du sur place semblait représenter une épreuve trop grande pour elle, Rozen, prise d'une inspiration soudaine, sautilla jusqu'à l'entrée du grand bâtiment et, dans l'entrebaillement de la porte, les yeux montant vers le grand escalier qui grimpait le long de la paroi :

"Annalda ?" demanda-t-elle, recevant pour réponse des centaines de battements d'ailes.

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Dernière édition par le Jeu 24 Jan - 21:30, édité 1 fois
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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Mar 15 Jan - 18:57

Annalda était en effet bien prête mais n'avait pas vraiment regarder l'heure. Il fallait dire que le crochet du village n'était pas vraiment conçu pour être orientée vers les éventuels rêveurs nichés en haut de la volière et la montre d'Annalda s'était arrêtée de marcher peu de temps après son arrivée. N'éprouvant pas le besoin de cette contrainte et pouvant trouver l'heure partout, elle ne l'alimenta plus par magie. Elle ne perçut pas non plus le bruit de la porte d'entrée, trop plongée dans la contemplation de la campagne environnante et de son manteau de neige. C'était si différent de l'Autriche, mais c'en était d'autant plus exaltant et beau. Elle se réveilla de son songe, à l'audition de son nom et à l'agitation soudaine des oiseaux.

"Je ... je suis là"

Elle sauta presque l'échelle à barreau, descendit quatre à quatre les marches et se trouva bientôt nez à nez avec Rozen. Anna portait un pantalon moulant de faux-cuir rouge ocre (ceux délicatement enduit de graisse de dragon, isolant à toutes épreuves), un pull de laine fine rouge bordeaux et une veste polaire à poche ventrale et trou pour pouce auto intégré.(tit peu du mal à la décrire) Echarpe et bonnet étaient dans son sac à dos car elle ne ressentait pas, pour le moment, le froid. A ses pieds, la jeune femme avait chaussé ses bottes en caoutchouc fourrées, seule paire de chaussure en sa possession lui permettant de découvrir les recoins de Sywhaîd.

"Bonjour, je ... nettoyais un peu ... la haut !"

D'un pouce, elle montra le ciel. OH, la menteuse, heureusement qu'elle n'était pas Pinocchio. Bon, rien de grave, elle espérait juste que Rozen avait immédiatement frappé à la porte de bois de la volière. Une image lui revint en mémoire, quand elle avait nourri sa curiosité pour la France en regardant quelques uns de ses classiques cinématographiques. Louis de Funès, devant ses yeux, étira son nez et le laissa claquer contre son visage.

"Vous allez bien?"

Disant cela, elle jeta un coup d'oeil sur les alentours. Ah, son sac était là, près de la porte, elle s'était faite une petite frayeur.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Jeu 24 Jan - 21:45

Rozen n'était pas la personne la plus subtile, ni la plus empathique du monde ; elle n'était pas du genre à décripter d'un coup d'oeil les états d'âme de ses interlocuteurs et, eût elle eu cette terrible capacité, elle n'en aurait probablement pas profité de toute façon : chacun chez soi, dans son petit crâne, et les moutons seraient bien gardés. Ainsi, le trouble d'Annalda ne lui sauta pas aux yeux ; bien sûr, elle avait noté que la jeune femme était plutôt du genre timide, mais elle était, elle, Rozen, extravertie pour deux. Et comme les deux femmes conversaient en anglais, il n'était question entre elles ni de vouvoiement ni de tutoiement, aussi la plus intrépide des deux ne se rendait-elle pas compte qu'elle était pour Annalda d'abord et avant tout... une prof. Ou une vieille ?

Au contraire, l'Autrichienne se vit saluée sans façons, d'une petite claque dans l'épaule suivie d'une double bise sur les joues.

"Ca va, merci, et toi ? Pas trop stressée, la forme ?" demanda joyeusement Rozen, tout en levant les yeux vers la haute perspective de la tour, dont on apercevait seulement le sommet : comme un trou de bleu circulaire au-dessus de leurs têtes. Sans trop écouter la réponse de son "élève", Rozen enchaîna :

"C'est con qu'tu sois descendue, s't'étais là haut... va falloir remonter ; mais, à vrai dire, j'comptais pas vraiment te faire prendre les escaliers, c'coup-ci !" La jeune femme éclata de rire, comme cela était (trop ?) coutumier de sa part. "Ya juste un truc... hum... En autriche, Z'avez des montagnes, hein ? Tu...t'débrouilles, en escalade ?"

Comme on voit, les connaissances de Rozen concernant l'Autriche étaient relativement limitées, à quelques clichés de paysans tyroliens à chapeaux à plume et culottes de peau. Surprenant peut-être de la part d'une femme dont l'ex-mari était Allemand, et vivait avec leur fils dans la patrie de Goethe. Mais Dresde n'était pas Vienne. Et de toute façon, Rozen n'y allait pas très souvent.

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Dim 27 Jan - 21:01

(c’est vrai qu’il n’existe pas de vouvoiement en anglais >_< faut que je me rentre ça dans la tête)

Oh, non quand même, Annalda ne se serait pas dit que Rozen était vieille mais d’un insigne ayant droit au même respect : enseignante. La blondinette avait une conception de la hiérarchie bien claire. Il faudrait bien qu’elle remette en question tout ça, mais ce n’était pas si facile quand on avait toujours plié sous la discipline. La méthode qu’utilisa inconsciemment Rozen pour réorganiser d’un coup tout cela fut radicale. Mais comme rien n’est facile, Anna en fut, certes, brusquée mais ne remit pas tout son système mental en question d’un seul coup. D’un sourire, elle admit pour un temps, qu’en présence de Rozen, elle devait oublier beaucoup d’habitudes.

« Très bien oui. Oh non non, la pêche ouais. »

Annalda était d’une nature extrêmement relativiste et en profitait pour ne jamais ou très très rarement stresser. Elle avait pour concept que si elle faisait quelque chose, c’était par choix, même pour un examen et une cure de scène depuis toute petite l’avait désensibilisée à toute peur du ridicule.

« Oh zut … ah euh oui. Ah bon, mais com … » Qu’importe les interjections d’Anna lors des explications de Rozen, l’explosion de rire de cette dernière dégorgeait d'une joie communicative. Inutile de finir sa question, l’autrichienne savait que l’enseignante allait y répondre et un sourire joyeux lui cristallisait les lèvres.

Quoi qu’il en soit, elle ne s’attendait pas à ce qu’allait dire Rozen. Elle resta peut être une seconde interloquée avant de comprendre et de se retenir d’exploser de rire. Contenant mal ses convulsions de rire, elle secoua la tête en signe de négation. Mais quels étaient donc ces préjugés idiots ? Annalda était une vraie petite citadine détestant l’environnement urbain et rêvant et jubilant devant la nature mais vivant au près du feu ou, plus réellement et bien moins magiquement, auprès d’un radiateur. Mais, Anna avait fait du sport à l’école et, une ou deux fois, de l’escalade. Elle allait s’en sortir.

« Mais je vais me débrouiller quand même, enfin essayer. Mais, euh … je comprends pas. On va monter par le mur, mais Jind elle fait comment ? Et … excuse moi mais … pourquoi ? »

Après tout, c’était l’explication la plus plausible. Mais dans ce monde si étonnant, rien n’était prévisible. Elles auraient pu monter en balai aussi. Tiens en parlant de ça, Anna avait déjà fait plusieurs balades aériennes avec ses petiots. Mais inutile de le crier sur les toits, de toute façon, en allant voir Rozen, pour s’inscrire en Majeure et discuter un peu de son projet, elle y avait fait allusion dans la conversation.

Quelques battements d’ailes voulaient rendre le lieu vivant, comme si leur présence donnait tout le sens du lieu. Comme si il avait paru ridicule que les jeunes femmes se retrouvent ici sans eux, sans leur présence, sans leur utilité.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Jeu 14 Fév - 12:05

S'il y avait bien quelque chose que Rozen aimait particulièrement, c'était rire ; mais plus encore, elle aimait que ce rire soit communicatif ; elle fut donc aux anges lorsque son élève s'y mit à son tour. Bien sûr, un fou rire pouvait avoir bien des causes, pas toutes si joyeuses : stress, nervosité, angoisse... Et le professeur n'était pas de ces personnes qui lisent facilement dans l'esprit des gens, qui comprennent instinctivement si quelque chose ne va pas ; puisqu'elle-même riait de joie, comment aurait-il pu en être autrement pour Annalda ?

Néanmoins, lorsque l'étudiante eut enfin pu exprimer ses interrogations, Rozen, qui aurait dû trouver cela très amusant, puisqu'elle aimait en général ménager ce genre d'effets, resta un instant pantoise, alors que son élève était disposée à poursuivre sur un ton joyeux. Tandis que bruissaient les ailes des oiseaux au-dessus de leurs têtes, la jeune femme ne quittait pas des yeux la louve, "Jind".

"Aaaah, oui, merde, Jind..." murmura-t-elle, visiblement un peu prise de court. Quelle abrutie ! Elle avait oublié que tout le monde ne portait pas, comme elle, son daemon bien au chaud dans son petit cœur ! Elle s'était tellement focalisée sur la portée de volatiles entretenue par Annalda qu'elle en avait oublié la louve. Et elle était trop honnête pour faire comme si de rien n'était, et prétendre que tout ça était prévu, analysé, pensé, conçu dans les moindres détails : aucun de ses cours ne prétendait à une telle perfection.

Néanmoins, la séance ne serait pas annulée dans la seconde : si elle manquait un peu d'organisation, Rozen compensait heureusement cet état de fait par un maniement virtuose du système d. Au bout de quelques courtes secondes d'angoisse, un grand sourire réapparut sur ses lèvres.

"Bah ! C'est pas grave ! Jind non plus n'a pas trop l'vertige, c'est tout c'que j'espère ! Elle voyagera avec toi par la voie des airs ; j'lui confectionnerai un gros coussin d'air sous les pattes, comme ça elle ne t'alourdira même pas. Si ça t'fiche la trouille elle peut aussi prendr' l'escalier, p'dant qu'on grimpera à l'extérieur, mais j'pense que l'expérience march'ra moins bien si une moitié d'toi n'est pas... exposée au vents..."

Rozen regardait successivement la jeune femme et son daemon, semblant attendre une réponse qu'elle ne leur laissa cependant pas le temps de donner d'emblée.

"Avant d'prendre vot' décision, faut effectiv'ment pt'être mieux qu'j'vous explique le pourquoi du comment d'c'qu'on va faire aujourd'hui.

Comme tu t'intéresses à la nature et à l'impact qu'elle peut avoir pour ta...créativité, disons, je m'suis dit qu'ça pourrait être intéressant pour toi d'aiguiser ta sensibilité à ce niveau-là. Et l'air est l'élément idéal pour ça. En utilisant les escaliers, on n'aurait pas du tout le bénéfice de l'air libre ; ça n'aurait rien à voir. Et en plus, il me semble qu'on dérangerait un peu trop les oiseaux, enfin davantage qu'en restant autour de leur volière. Comme on est en hiver, ya pas encore de nids, donc pas de risque à ce niveau là.

J'aurais aussi pu t'emmener en balai, mais de une, je veux qu'tu aies la possibilité d' te laisser aller complètement, pendant que j'te maintiendrai en l'air en restant près d'toi. Et de deux... Eh bien, les oiseaux vont avoir une certaine importance dans l'exercice. On pourra juger directement selon leur réaction de ta réussite à...intégrer les images, les bruits apportés par l'air autour de toi.

Ce devrait être d'autant plus facile qu'on sera en hauteur : d'ailleurs, si tu as déjà volé, tu as déjà dû ressentir parfois cette espèce de griserie que l'altitude apporte... Crois-moi, c'est pas qu'une question de vitesse ou de globules rouges. Donc, on commencera par grimper tout en haut, et ensuite, petit à petit, on descendra ; si tu arrives à maintenir ta "réceptivité" jusqu'à ce qu'on arrive au sol, ce sera l'idéal, mais on verra bien. De toute façon on ira par petits paliers.

J'ai aussi quelque chose pour t'aider : c't'une potion émotionnelle, enfin c'est moi qui l'appelle comme ça... C't'une tuerie, ce truc, pas à r'commander aux hypersensibles, ça les f'rait chialer en moins d'deux ! Enfin, bref, ça aiguise normalement la sensibilité. Ça déshinibe. J'te confierai la bouteille et j'te laisserai la liberté d'en reprendre à petits intervalles au cours de l'ascension ou d'la descente. Enfin, surtout d'la descente.

La monté sera juste une... mise en condition. Si tu as la trouille, tu peux monter par l'escalier, mais l'exercice sera moins réussi, surtout qu'c'est pas une expérience inédite pour toi. Et on est forcément toujours un peu plus... ouvert la première fois... En général."


Une lueur de malice passa dans le regard de Rozen, mais elle poursuivit aussitôt :

"Est-ce qu'tu as compris quelqu'chose de mon charabia ? Ou veux-tu qu'j'éclaircisse quelque point avant d'te décider d'une pour le sort de Jind, d'deux pour la manière dont on mont'ra en haut ? J'tai donné mon avis purement scientifique, mais si c'est pour qu'tu sois paralysée par la peur, ça n'sert à rien, donc n'hésite pas à... choisir. Serein'ment."

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Ven 22 Fév - 17:24

Annalda avait pleine confiance dans les agissements et choix de Rozen, c’était après tout le professeur : image sans faille. Bon, elle était censée avoir admit un instant avant qu’en sa présence, elle devait oublier ce fait. Mais une habitude ne se perd pas sur un coup de tête. Ainsi, elle ne s’attendit pas à déstabiliser l’enseignante sur un détail qui aurait du être prévu. Anna sourit d’abord gentiment, pensant que Rozen était d’humeur blagueuse et bonne comédienne. Ce ne fut pourtant pas le cas, et il fallu bien à nouveau que la jeune femme reçut une nouvelle baffe dans son préjugé. Bien, qu’il en soit ainsi, c’est bon, cette fois, elle L’avait admit.

Passons à la suite.

L’autrichienne opina à la proposition de Rozen puis rejeta la deuxième solution d’un petit : « non c’est bon. » accompagné d’un regard vers Jind cherchant le soutien de ses dires. Un clignement de paupière de sa moitié la conforta dans son choix. Jind n’avait pas le vertige, elle avait plusieurs fois voyagée dans une sorte d’étole accrochée sous le balai de la blondinette.

Puis vinrent les explications. Ah, elles étaient nécessaires pour dire oui ou non ? Qu … qu’allaient-elles faire de si problématique ou périlleux ? Bien, pour l’instant, il n’y avait pas de raison de paniquer. Hmm … oui … Hmm. Bien, non aucune raison, elle s’était fait des idées. Qui plus est, tout cela avait l’air palpitant. *Les images … les bruits … apportés par l’air ? Wha, super, quand est ce qu’on commence ?* Intéressée, vraiment intriguée, Anna avait ouvert ses oreilles à l’image de son sourire.

Annalda hocha plusieurs fois la tête lors de la suite des explications. Elle se rappelait très bien ses vols et surtout les derniers en date, avec la couvée. Alors la griserie de l’altitude, oui, elle n’y avait pas manqué. Elle regarda la tête de la potion et, pour une fois, ne la trouva pas immonde de premier abord. C’était déjà un bon point. A la fin, la miss laissa une pause, le temps de tout remettre tout de même bien en ordre dans son esprit. Elle était mille fois partante mais ne voulait pas zappé un détail important surtout que Rozen prenait des gants pour lui proposer tout cela. Ce n’était pas pour rien, il ne fallait pas qu’elle se précipite.

« Je crois que j’ai tout compris. » Elle regarda Jind, qui n’avait toujours pas l’air repoussé par l’idée de cette ascension sur cousin. « Je crois. Bon, bah moi ça me plait bien comme idée. » Une large sourire s’ouvrit sur son minois. « Jind a pas l’air contre le cousin. » La dite daemon inclina la tête sans un mot pour confirmer les dires de sa moitié. « Quand à moi, les escaliers très peu pour moi. Je les monte trop souvent et j’ai hâte de voir comment je peux aller là haut sans eux. Je n’ai pas le vertige, donc, je n’pense pas que j’aurai peur. »

Ça c’était un fait, elle n’avait pas peur de marcher aux bords d’une falaise, ni de s’y pencher pour y regarder disparaître une libellule de passage. Bon, elle ne le faisait pas souvent, car elle n’habitant pas vraiment à un endroit ou les falaises étaient un paysage courant. Le fait est qu’elle pouvait le faire tout de même.

« Voilà » conclut-elle en attendant la suite.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Mer 12 Mar - 13:37

"Excellent !" s'écria Rozen, manifestant avec sa discrétion habituelle son enthousiasme : battements de mains, voix suraiguë, trépignements d'impatience. A peine Annalda et Jind eurent-elles donné leur accord que, déjà, leur professeur avait la tête dans son sac, à dérouler soigneusement la corde et les accessoires d'alpinisme qu'elle avait apportés. Sautant à pieds joints dans son baudrier, elle en tendit un second à Annalda, et l'aida à l'enfiler. Une fois sanglées, elles attachèrent la corde au moyen d'un solide nœud de chaise à leurs mousquetons respectifs.

Restait la louve ; ce fut un peu plus difficile, mais avec une certaine habileté Rozen confectionna avec un pan de tissu laineux une sorte de poche, à l'image de celles dont usent certaines femmes pour porter leurs enfants dans leur dos. Ce qui compliquait la tâche, c'était le fait que Rozen devait absolument éviter d'entrer en contact avec la louve qu'elle était supposée harnacher. Et, comme cela se passait dans son dos, Annalda ne pouvait guère lui venir en aide.

Mais finalement, elles y parvinrent sans trop de soucis, et la louve se retrouva comiquement installée derrière sa moitié, et même si la position n'était pas forcément la plus agréable, elle demeurait relativement confortable, suffisamment en tout cas pour que la louve, comme sa moitié, n'aient plus à se soucier que de l'exercice en lui-même. Le coussin d'air, rapidement confectionné et calé sous la louve, facilitait bien les choses. Il était suffisamment dense pour que la louve "flotte" quasiment dans le dos d'Annalda, mais point trop non plus pour ne pas la tirer inconfortablement dans le dos.

Rozen tendit à Annalda le petit flacon de potion.

"Voilà, je te conseille de ne pas en abuser, surtout pour la montée : ce serait risqué, tu n'arriverais peut-être plus à monter, submergée par trop d'émotions. Mais, si tu te sens à l'aise, tu peux toujours dévisser le couvercle et humer les vapeurs de la potion."

Elle lui lança un sourire encourageant, avant de se lancer elle-même dans l'ascension. Les débuts étaient relativement aisés : la vieille tour comportait, à sa base, nombre de fissures, de cicatrices, de vieux trous délaissés des oiseaux car trop bas, dont on pouvait facilement faire des prises sûres ; le bon granite de la Noble Lande n'était pas du genre à tomber en miettes et à vous rester dans les mains : c'était du solide.

Avec l'altitude, cependant, les choses se compliquèrent un peu ; le vent sifflait aux oreilles des jeunes femmes, et des volées d'oiseaux, étonnés par ce manège, leur tournaient autour, se demandant ce que c'était encore que ce drôle de manège. Pour quelques passages un peu délicats, Rozen passa la première, avant de se caler dans une fenêtre de fortune pour assurer sa partenaire.

Au final, l'ascension apparut plutôt tranquille au professeur ; elle s'était effectuée en silence, lui permettant de goûter à l'ivresse de l'altitude, du vent s'engouffrant dans les meurtrières et y jouant une mélodie sauvage. Parvenue au sommet de la tour, Rozen avait les joues roses et l'oeil humide ; elle se demandait si son étudiante avait, elle aussi, été d'emblée sensible à ces premières sensations. Quoi qu'il en soit, la descente promettait de les démultiplier. Eut égard à ces sensations, le professeur attendit un peu avant de prendre la parole ; lorsqu'elle le fit, elle murmurait, comme pour ne pas troubler les mugissements du vent alentour.

"On descendra quand tu veux ; tu partiras en rappel et je t'assurerai ; prends ton temps, surtout, ne va pas trop vite."

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Sam 15 Mar - 20:45

Rozen amusait beaucoup Annalda, son comportement était, à certain moment, tellement enfantin. Il fallait admettre que de tels réactions mettaient l’autrichienne en confiance, encore des détails qui lui faisait oublier les convenances en la compagnie de sa professeur.

L’autrichienne attrapa son baudrier et commença à l’enfiler. Elle n’était pas vraiment douée pour ça et passa plus de temps que Rozen à trouver le bon sens, enfin le bon trou. Elle finit par le trouver alors que l’enseignante finissait d’harnacher le sien. Cette dernière eut tout le loisir de l’aider à mettre les dites sangles. Cela alla beaucoup plus vite, d’un coup.

Vint le tour de Jind, soit. Annalda suivait au mieux les instructions de Rozen pour l’aider à installer la louve. D’abord lourde sur son dos, elle devint légère jusqu’à ce que la belle ne sente plus sa présence. La louve n’osait pourtant pas bouger, dans sa position déjà ridicule, elle était deux fois plus risible, statique comme elle était. Annalda testa l’ensemble, quelques flexions, torsions de droit à gauche : tout semblait parfait et très peu gênant. Elle laissa une moue de « chapeau bas » à Rozen, avant que celle-ci ne lui tende le fameux flacon.

Elle ne répondit qu’un d’accord presque muet et déboucha doucement le flacon pour humer la potion. Elle le fit par curiosité, pour sentir les effets diluées, pour définir le goût de la mixture. Ca sentait bon, ça remuait le cœur, ça entrait par les narines et montait vriller le cerveau, le faire tourbillonner dans des nappes de senteurs. Annalda referma la fiole, un instant silencieuse. Elle ne s’attendait pas à sentir tout ça en seulement quelques vapeurs. La potion était en effet très puissante, et Annalda était très spontanée dans ses sentiments. Le liquide allait avoir beaucoup d’effets sur elle. Emue malgré elle, sentant ses flux d’amour, de haine, et tous ses autres sentiments qui ont le pouvoir de déborder d’un corps et d’un esprit se chamailler en elle, elle suivit Rozen, la laissant monter devant.

La blondinette ne se sentait pas encore perdue dans ses sentiments, ce n’était après tout que quelques vapeurs. Mais les sentir s’agiter, son esprit s’agiter et ses pupilles se dilater, elle pouvait imaginer que tous se mélangent et veulent sortir en même temps. Elle connaissait ce sentiment étrange, perdant, rendant fou, faisant tourner en rond sans comprendre ou plutôt en comprenant mais ne pouvant rien analyser.

Bref, elle sentait ce semblant de sensation en elle et se sentait déjà un peu perdue dans son labyrinthe intérieur de plus en plus mystérieux, de plus en plus opaque et indémêlable, une vraie forêt vierge dont on ne comprend rien.

Annalda attrapa sa première prise et commença l’ascension. Ce qui se traduisait presque par une assomption intérieur. Elle se délectait du toucher de chaque pierre, laissait son esprit s’emporter à chaque coup de vent, et déglutissait chaque sensation qu’offrait l’altitude. Sentir le soleil la chauffer, l’envelopper, le dorloter et le vent se lover amoureusement autour de ses membres, ses mèches et ses cils. Mais surtout, sentir le vide sous elle. Si bien qu’avec tout ça, il lui arrivait d’oublier de tendre la corde, de se sécuriser. Chaque fois qu’elle devait tirer sur le filin, elle se sentait revenir à la réalité. D’un regard sur l’horizon, la cime des arbres ou le loch au loin, elle s’en re-détachait bien vite.

La tour était haute et les jeunes femmes silencieuses.

La vie filait aussi vite que le vent qui les fouettait en sifflant, seul bruit ambiant. Annalda adorait cette sensation, cette liberté, ce lieu si improbable. Elle se sentait vibrer du lieu, en harmonie avec ses flux, sa vie élémentale, son histoire. Entre un sourire et une expression bouche bée, la demoiselle finissait de rejoindre lentement sa prof. Des oiseaux avaient fait leur apparition au cours de l’ascension et leurs pépiements résonnaient en homorythmie parfaite avec le vent.

Et parce que Rozen était experte en la matière, elle avait le don et le sens du fait parfait. Un murmure, si bien placé, si bien prononcé, que l’étudiante pouvait presque admettre l’avoir entendu dans sa tête ou apportée par les remous de l’air. Annalda respira et expira aussi bien le vent qui lui arrivait déçue que les sentiments qui se chevauchaient en elle. Sans un mot, elle tourna un regard vibrant et éveillé vers Rozen, et ne fit qu’hocher la tête pour lui répondre.

(l’histoire des mousquetons et sangles et tout, je me rappelle plus comment ça marche exactement, j’ai fait ça qu’une fois dans ma vie ^^. Donc ‘scuse si je suis un peu à côté de la réalité Very Happy )(j'espère que j'ai pas fait trop de faute non plus)

Elle était restée quelques minutes en hauteurs, démêlant ses sentiments, désentrelaçant ses sensations. Et au moment de repartir, elle avait pu établir plusieurs points de chute esthétique qu’elle savait émouvant, qu’elle aimait déjà en dehors de ce cours et qui lui permettait de remettre en ordre ses pensées. Elle luttait contre cette sensation de submergement. Hélas pour elle, tout ce travail était profondément inutile, car une dite potion l’attendait au tournant.

Ces idées en place, ses sensations en alerte, elle se tourna enfin vers Rozen et d’un regard déterminé, elle lui annonça : « Prête ! ». Jind juchée derrière elle, ne disait rien, elle ressentait aussi, son lien mentale avec Anna était renforcée, mais elle ne disait rien, car le silence était de rigueur. Il lui semblait que prononcer quelque chose pouvait briser ce ressentie étrange et si important à l’exercice. Car, elle ne se savait pas experte en communion avec la nature pour faire partie d’elle-même et ne vibrer que d’elle. Elle ne parlait pas comme un oiseau chantait dans les rayons du soleil, ni ne se mouvait comme les branches des arbres ondoyaient sous les vents. Ainsi, la louve ne bougeait ni ne parlait, mais ressentait tout en communion avec sa moitié. Elle se faisait présente dans sa tête, comme-ci elle n’était jamais sortie d’elle et ce sentiment à lui-même était déjà perdant. Car l’habitude de ne faire qu’un avec soit même est une chose qui s’oublie vite.

Annalda ouvrit la potion et prit une gorgée, assez important pour la sentir s’infiltrer dans les recoins de sa gorge, puis de son être, mais pas assez grosse pour la sentir tomer au fond de son estomac, pour lui faire vriller la tête en un éclair. Bref, elle dosa bien son coup. Elle referma la fiole avec difficulté, l’effet était vif et rapide, elle se sentait perdue et ne comprenait plus rien. Elle avait pourtant ordonnée ses pensées. Elle rangea la fiole après avoir réussit le tour de maitre de fermer le récipient. Elle n’était pas arrivée à se concentrer sur une tâche si simple, son esprit ailleurs, prit dans une gelée glacée et, en même temps, entrainait par des rapides bruyants et fracassants. Et la blondinette lutait. Presque une minute s’était écoulée sans que la demoiselle ne bouge car la bataille qu’elle devait mener était intérieure.

Mais elle perdit, n’y tenant plus et n’y comprenant plus rien. Ce fut comme une onde de choc intérieure, tout fut clean en un instant, nettoyer non pas seulement de tout labyrinthe mental, mais aussi de toutes les préoccupations que la jeune femme pouvait avoir. La demoiselle sentit sa bouche s’ouvrir d’étonnement, elle n’avait jamais imaginé qu’au-delà de la panique et de l’incompréhension d’un esprit trop plein, elle pouvait trouver ce grand désert d’inquiétude, où tout pouvait être emmagasiné et … l’inconscient. Etait-ce ça ? Se trouvait-elle dans son inconscient ou quelque chose de la sorte ? Un endroit de son esprit qui ne vivait que par l’instinct, que par les sensations, qui répondait à ses attentes primitives, naturelles, ses passions. Un endroit aussi proche de la nature que pouvait l’être un animal, était-ce quelque chose de la sorte ? Et bien qu’elle se sente déconnectée de la réalité, du bas monde terrestre, est ce que sa conscience ou l’abri de sa raison matérielle humaine était vraiment en veille ? Alors comment arrivait-elle à analyser, réfléchir, conclure, observer tant de chose si sa raison ou sa conscience était endormie ? Mais donc enfin, qu’est ce qui avait sombré dans le sommeil en elle pour qu’elle se sente ainsi libérée, aussi affranchie ?

Tout cela était trop complexe et se focaliser ainsi sur des questions si profondes ne l’aidait pas à descendre, Cela mettait plutôt en veille les effets de la potion. Elle re-déboucha la fiole et respira un grand coup ses vapeurs, tous les sentiments revinrent et elle referma vite la fiole tant qu’elle pouvait le faire. Mais, il n’y avait plus à perdre pied, elle savait ce qui l’attendait derrière la barrière opaque de sensation et se laissa portée en un instant face à ce vide et ce plein, en même temps, de passions à l’état pure.

« Prête, c’est bon ! »

Et cette fois, c’était vrai. Elle attrapa la corde, plaça ses pieds bien aplomb et prit son élan. Sa main se détendit, la corde libre glissa dans la sangle, doucement. L’oiselle s’envola. Et le vide se fit sentir, si peut retenu semblait-il. Un tout petit coup d’essai, elle était déjà de retour les pieds sur la paroi de la tour, sa main refermé et abaissé de façon à bloquer la corde dans le mousqueton. Elle respira un bon coup, laissa le vent siffler aux loin, dans les arbres, puis en un instant à ses oreilles, frapper la tour, en faire le contour.

Elle sentit la caresse du vent arriver à nouveau, replia ses jambes, en souplesse, danseuse, et s’élança d’une impulsion sans brusquerie, d’un mouvement qui aurait été presque gracieux si la damoiselle n’était pas en position presque assise dans ses sangles et harnachements. Le vent vint tourbillonner autour de la jeune femme, emmenant en son sein un oiseau qui se laissait vibrer et ballotter par les courants aériens. La bête était si belle, sous les reflets du soleil, si évanouie avec et dans l’antre du vent, y répondant si bien, que la jeune femme ne pouvait que la regarder la scène se ralentir devant ses yeux et l’oiseau passer entre elle et la tourelle : spectatrice, tel une feuille morte dans sa chute, mouvante mais sans réaction à côté d’un être vivant, au cœur palpable et palpitant, si pâle à côté de cet être de chair et de sensation.

Spectatrice : voilà ce qu’elle était dans ce désert rempli de chose et de sensation qui pouvaient sembler nouvelles car jamais ressenties de la sorte mais en fin de compte mille fois connues d’un autre façon. Elle se sentait obliger de vibrer pour tout cela, en communion, le prendre pour réel, s’insuffler en son antre comme-ci elle en faisait partie, qu’elle-même vibrait identiquement. Comme une cinéphile s’oubliant pour n’être plus que le héros qui se mouvait, intemporel, sur l’écran de toile devant elle. Comme … une spectatrice d’un concert de musique n’avait jamais encore pu ressentir l’oubli intérieur.

Mais ce n’était pas encore cela et cela venait juste après. De l’état d’oubli observateur, elle passa à celui d’imprégnation, de fusion. A cette distance aérienne de la tour, le soleil fit son apparition au bord de la toiture. Annalda se laissa aveugler mais ne détacha pas son regard noir de deux trous béants et alertes, ressentant tout, comme un chat la nuit pouvait suivre ses instincts, comme un être amoureux qui succombe à ses passions, comme produirait tout sentiment exacerbé. Or, en ce moment, il affluait tous en même temps, en ordre cette fois, clairs, par tâches colorées. Le soleil disparu, la roche attirait le corps aérien, au bout de sa corde comme un pendu en mal de ressentir en son dernier instant. Elle passa dans l’ombre du bâtiment et le vent se mit à rire, macabrement, alors qu’un corbeau venait de la frôler et de lui jeter un regard carnassier. Le vide, le désespoir, en un chant lancinent de tout ce qui l’avait rattrapé en un instant et dont faisait partie l’obscurité.

Ses pieds atterrirent enfin en ce pays sombre et la belle se sentait déstabilisée. Elle du se servir de sa main libre pour se rétablir et le contact de la pierre froide fut comme une décharge électrique, glacée, qui atteint son cœur et le figea. Elle se sentait si vide, happée par l’imposante tour.

Elle se servit de son élan pour repartir aussitôt, s’éloigner de ses vibrations morbides. En un instant, elle se retrouvait à nouveau en plein soleil, si chaud, si doux, réconfortant. Son regard atterrit sur les ondulations du loch, la terre vibrant de vie de la lande, la forêt sombre mais répondant au chant du vent. La plénitude l’envahit et, plus que rassérénée, elle se sentait cette fois mélancolique, romantique, pleine d’un amour à distribuer à la terre et aux hommes. Le lac scintillait et suintait de soleil et de diamant. La tête légèrement en arrière, elle essaya d’écouter les éléments et ce qui lui revint n’avait rien de pareil. On ressentait la vie grouillante de la terre, frémissante, de tous les côtés au point de vous en faire tourner la tête, en parallèle, on entendait l’air, ses vibrations, comme un seul accord mais vibrant, ondulant, et très constant. Comme-ci la tête n’en avait pas déjà assez, il fallait à cela rajouter la vie aquatique, flûtant, mouvante, changeante et en parfait complément de l’air. Puis, ce qu’Anna avait vraiment du mal à distinguer car c’était son point faible, le feu : crépitant, électrisant chaque brin d’herbe, en rythme, des percutions en parfaites harmonies, dans une pâte sonore dense, comme une pâte à gâteau.

Et encore à cela, il fallait ajouter la mélodie, la vie en elle-même, les oiseaux chantant leur propre vie, les arbres geignant leurs malheurs et tout le reste, puis le vent inclassable, appartenant à l’air mais risquant sa propre mélopée, refusant n’être qu’un accord posé et ondulant, il était lui, se flutait à lui-même mais s’improvisant toujours sur un grille musicale (ou plutôt élémentale) que lui offrait l’air, sa mère nourricière. Ce n’était que par-dessus son improvisation, déjà basé sur la musicalité de l’air, que les oiseaux venaient eux même chanter leur vie, dans une complainte encore plus complexe que les précédentes et pourtant plus réel, plus clair, plus connues.

Tout s’arrêta net. Ses pieds avaient repris contact avec la pierre, mais cette fois dans une zone ensoleillée. Elle restait sans voix, n’arrivait même pas à analyser ce qu’elle avait ressenti, en vibrant encore. Après un instant, elle leva les yeux et repéra sa prof, puis attendit qu’elle la rejoigne.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: [Majeure ME I] [Volière] Blowin' in the wind   Lun 7 Juil - 8:44

Rozen n'avait pas quitté des yeux son étudiante, tandis qu'elle se débattait avec les vagues d'émotions l'assaillant de toutes parts ; elle ne s'était pas trompée, Annalda était quelqu'un de vraiment sensible. "Un sujet extrêmement réceptif", aurait savamment professé un professeur digne de ce nom. Rozen, pour sa part, l'observait les doigts crispés sur la corde, prête à la serrer de toutes ses forces pour empêcher une gentille demoiselle et sa louve de faire une méchante chute, pour le cas où cette idée de fiole aurait été vraiment exagérée. Heureusement, Annalda n'avait pas idée du degré de confiance en ses propres idées du professeur, ça n'aurait probablement pas été très rassurant.

En fin de compte, les choses semblèrent se passer bien, voire plus que bien. Annalda se laissait submerger, mais pas au point de perdre totalement les pédales, de hurler, de s'agiter comme une hystérique ou quoi que ce soit de ce genre. De là où elle se trouvait, Rozen imaginait seulement son regard un peu halluciné, et pour cause. Elle-même consommatrice de fins champignons dans sa jeunesse, la prof ne retrouverait jamais la sensation si forte d'un esprit shooté pour la première fois - mais elle s'en souvenait encore. Non que la fiole offerte à Annalda contînt des substances illégales... enfin, Rozen n'avait pas vérifié de si près que ça. Hum.

Enfin, l'élève parvint bel et bien à descendre quelques mètres, jusqu'à un pan de mur ensoleillé, ce qui en soi était déjà une réussite extraordinaire. Rozen vérifia que la corde coulissait correctement le long d'un piton de fortune, et entama à son tour la descente. Elle savait qu'elle allait retrouver une personne à peine capable d'analyser ls propos qu'on lui tiendrait, et se contenta d'abord de l'enserrer fortement de son bras droit -le gauche tenait la corde. Sa façon de la féliciter.

"Maintenant, je te fais descendre. Tout est parfait, vraiment parfait, pour le moment. Oublie-moi, concentre-toi sur le reste."

Et, laissant à peine le temps à Annalda de prononcer un "ouf" - ou un "okay" davantage de circonstance-, Rozen descendit encore de quelques mètres, pour se retrouver un peu en-dessous d'Annalda. Habilement, elle pointa sa baguette magique et tâcha de faciliter la descente de son élève ; elle la faisait plus ou moins léviter, ses pieds touchaient à peine la pierre grise de la tour. L'exercice était un peu délicat, parce que Rozen descendait elle-même en rappel tout en pointant Annalda ; mais ça n'avait rien à voir avec les difficultés de la blondinette : cadrer ses émotions sans les réprimer, se laisser aller sans perdre les pédales, l'impossible quadrature du cercle de tous les jazzmen...

Cependant, le fait de perdre de l'altitude aida probablement la demoiselle dans cette entreprise délicate. De fait, la proximité de la terre permettait réellement de "recadrer" ses sentiments, peut-être en partie aussi parce que du sol, on entendait davantage bruisser tout autour de soi les échos de la vie quotidienne. Pour autant, l'exercice se prolongea encore quelques bonnes minutes après que les deux jeunes femmes eurent finalement posé pied au sol. Quand Annalda reprit ses esprits, Rozen avait déjà défait les noeuds qui les retenaient et était en train de récupérer la corde.

Elle lui adressait un sourire rayonnant et, présumant qu'Annalda devait encore un peu trop sonnée pour avoir très envie de parler, elle déblatéra joyeusement.

"C'était vraiment très réussi, tu es douée, vraiment. J'esère que ça t'a plu, comme expérience, même si c'est... hum, ça chamboule, disons, hein ? Mais ça désinhibe, aussi. Pour ne rien te cacher, ce qu'il y a dans cette fiole est un produit du même genre que ceux que je donne dans les exercices où il faut accentuer sa sensibilité à l'air, comme notre cours sur les odeurs, l'autre jour. Evidemment, celui-ci est beaucoup plus concentré... Mais pour l'essentiel, ce sont juste tes propres qualités qui ont joué.

Donc je pense que tu devrais essayer de refaire ce genre d'exercices. Enfin, pas t'amuser à faire de la varape en solitaire, c'pas c'que j'dis... Mais juste, maint'nant qu'tu vois un peu comment ça fait quand c'est, disons, au maximum... Vraiment t'ouvrir aux sensations, te laisser aller dans ce sens. Je te laisse la fiole, tu pourras terminer les dernères gouttes dans un premier temps ; mais tu peux utiliser d'autres méthodes. En général, les gens passetn par une forme de méditation, mais dans ton cas, je suggèrerai l'improvisation. N'hésite pas à prendre ton instrument, à t'installer dans un coin de la Lande et à laisser jouer tes doigts."


Tels furent, en substance, les conseils de Rozen, qui insista encore quelques minutes sur ces improvisations musicales, avant de proposer à son élève de la reconduire vers le corps de ferme, où toutes deux prendraient un déjeuner bien mérité, pour se remettre -c'était le cas de le dire- de leurs émotions...

[Vraiment désolée pour ce retard inadmissible ; un message avait été avalé et j'ai jamais eu le courage de m'y remettre... Je verrouille, on passe à la suite du programme rapidement !]

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