
|
|
| | Transe Mimétique de Zelia | |
| | Auteur | Message |
|---|
Zelia Diulcinea Ancien Personnage


Nombre de messages: 239 Age: 27 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Transe Mimétique de Zelia Ven 11 Jan - 13:46 | |
| [Ceci se passe environ neuf mois avant que Zelia ne débarque à Sywhaîd, dans le Grand Nord, alors qu'elle étudiait dans un Collège de magie appelé Tryllestarven.]
Ca y était. Tout le monde avait accepté, même Celesta. Zelia avait douté de sa meilleure amie, elle avait bien senti qu’il s’en était fallu de peu pour qu’elle ne refuse. Mais la jeune Reven avait fini par accepter et Zelia s’en voulait maintenant d’avoir pu imaginer qu’elle ne le ferait pas. Elle n’était pas une bonne amie. Elle avait pensé que Celesta n’oserait pas faire quelque chose qu’elle, elle osait faire. C’était de l’orgueil et de la vanité... Et surtout c’était mal connaître l’eurasienne. Mais il n’était pas temps de penser à tout ça. Pour l’instant, il fallait se détendre. Okay. Euh... Non, pas okay. Sans comprendre pourquoi, Zelia n’arrivait pas à se calmer... Urphoed s’était mis à voleter autour d’elle à une vitesse qui aurait fait rougir Speedy Gonzales. Elle se sentait oppressée et angoissée. Pourtant, elle avait accepté sans aucune hésitation. Elle savait que ça ne serait pas facile mais là, elle le sentait vraiment, jusqu’au fond de son estomac. C’était horrible, c’était vraiment horrible comme sensation. Zelia n’était pas sujette aux crises d’angoisse, et pourtant elle était en train d’en subir une, alors même qu’elle avait pensé jusque là que l’idée d’affronter son monde intérieur ne l’effrayait pas. Non, il y avait une différence entre ce qu’elle voulait paraître et ce qu’elle pensait, elle le savait, elle n’avait rien d’une schizophrène. Elle était consciente de tout ce qu’elle refoulait... Allez, ça ne serait pas si dur... Elle se mit à respirer très lentement, comme lorsqu’elle faisait du yoga, puis ferma les yeux. Elle se sentit lentement glisser vers la transe et soudain, tout fut plus noir que jamais…
« Et maintenant, mesdames et messieurs, je vous demande d’applaudir très fort notre vedette : Zelia Diulcinea !! » tonitrua une voix masculine inconnue à la jeune anglaise.
Elle ouvrit les yeux et dut les refermer tout de suite. Une lumière blanche l’aveuglait... Une lumière qu’elle connaissait, la lumière des projecteurs. Elle cligna à plusieurs reprises des paupières avant de s’habituer à cette luminosité bien trop forte. Elle était sur une scène, la scène d’un théâtre très chic. Des centaines de personnes étaient assises sur les fauteuils en velours rouge, mises sur leur trente et un, attendant que Zelia réagisse. Au lieu de ça, elle baissa son regard sur elle-même et vit qu’elle portait une magnifique longue robe en tissus diaphane. Elle passa ses mains dans ses cheveux et découvrit un chignon très sophistiqué. Elle n’avait pas besoin de miroir pour se rendre compte qu’elle était maquillée, les paillettes claires qui avaient été disposées sur ses joues la faisaient légèrement loucher. Lentement, elle pivota sur elle-même pour voir où elle était exactement. Elle trouva derrière elle tout un orchestre. Violons, piano, violoncelles, cuivres… C’était un orchestre tout à fait classique... Et apparemment, on attendait qu’elle agisse... Mais elle n’avait aucun instrument, elle était là, debout devant un micro...
« Non... Je... Je ne chante pas en public... » Dit-elle d’un ton qui se voulait maîtrisée mais qui montrait quelques faiblesses dans la fausse tranquillité qu’elle voulait afficher.
Elle chercha une réaction de la part du public mais il n’avait rien changé de sa façon d’être, il attendait toujours qu’elle se mette à chanter, comme s’il n’avait pas entendu ce qu’elle venait de dire. Elle chercha une réaction du côté de l’orchestre mais ce dernier semblait figé, attendant un signe de sa part pour commencer. Pourtant, son micro avait bien fonctionné, elle avait entendu le retour… Elle s’apprêtait à répéter son refus quand une voix se fit entendre, une voix masculine et caverneuse, comme venue du fin fond des âges.
« Mais pourtant tu chantes quand tu es seule ! Tu fredonnes à longueur de journée ! »
Ces paroles n’avaient rien d’encourageant. Au contraire, c’était très clairement un reproche. Un reproche dit sur un ton vraiment dur, tranchant, un ton qui ne laissait aucun doute sur l’animosité que ressentait la personne à qui appartenait la voix envers Zelia et envers le fait qu’elle chantait.
« Non... Je… Je ne chante pas vraiment c’est juste que... Je… Je fredonne, des fois... Quand je m’en rends pas compte quand je... mais jamais quand quelqu’un peut m’entendre, jamais quand… quand… »
Elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Sa gorge était serrée par une boule d’angoisse et elle ne savait plus quoi ajouter. Elle était incapable de prendre sur elle, elle était incapable de faire bonne figure. Et tous ces gens qui la regardaient, figés, attendant quelque chose sans qu’elle sache quoi. Si, ils attendaient qu’elle chante mais c’était hors de question, elle ne chanterait pas, elle ne pouvait pas, pas quand il y a avait autant de monde prêt à l’écouter…
« As-tu déjà oublié ce qui se passait quand tu chantais ? As-tu déjà oublié ce que tu m’avais fait ? » Hurla alors la voix, faisant trembler les murs du théâtre, le plancher de la scène et jusqu’à la robe de Zelia.
L’anglaise voulait répondre, elle le voulait vraiment. Mais elle en était incapable. Le son ne sortait pas de sa gorge. Elle articulait silencieusement des mots qui ne voulaient pas être prononcés. Non, elle ne pouvait pas répondre, qu’aurait-elle pu trouver à dire à ça ? A cet homme qui, elle le savait maintenant, se cachait dans l’ombre du rideau. A cet homme qui attendait depuis tellement longtemps... et qui l’empêchait de chanter... Mais non, il voulait qu’elle chante ce soir ! Sauf qu’elle ne le pouvait pas. Il ne fallait pas qu’elle chante. Si elle le faisait alors ce serait... comme la première fois. Ce serait…
« Je ne chanterai pas ! » dit-elle d’un ton beaucoup plus convaincu.
Dans une sorte d’élan venu d’on ne sait où, elle se souvint qu’il fallait qu’elle avance, qu’elle passe... Quoi ? Des portes ? Moui... Des barrières ? Il n’y avait pas de barrière ici... Mais il y avait une porte. Silencieusement, elle descendit de la scène et avança vers la porte de sortie du théâtre. Elle laissait derrière elle l’orchestre figé et le publique en attente. Elle laissait derrière elle cet homme à la voix caverneuse… Elle passa la lourde porte de bois et tout changea… _________________ This is the story of a girl Who cried a river and drowned the whole world while she looks so sad in photographs I absolutely love her When she smiles  |
|  | | Zelia Diulcinea Ancien Personnage


Nombre de messages: 239 Age: 27 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Transe Mimétique de Zelia Ven 11 Jan - 13:55 | |
| A côté de Roni, Zelia était roulée en boule, dans une position qu’elle prenait souvent durant ses crises d’angoisses ou ses cauchemars. Elle n’avait encore aucune trace physique de cette transe, principalement parce que la première « épreuve » avait été centrée sur une partie de ses peurs très psychologique. Seulement, quand elle se réveillerait, elle aurait un mal de chien à la gorge, comme si elle avait avalé du sable ou de la paille de fer. Elle se décrispa un peu et sa respiration devint plus lente quand elle entra dans sa deuxième épreuve, la deuxième étape…
Elle referma la porte du salon derrière elle, les yeux fermés comme on le lui avait demandé. Quelqu’un vint lui prendre la main et la guida à un endroit de la pièce, sans qu’elle puisse deviner où c’était exactement. Quand il lâcha sa main, Zelia ouvrit finalement les yeux et se trouva face à un spectacle adorable. Elle était juste devant le canapé du salon de la maison familiale et tout autour de la table basse, sa famille était là, tous habillés sur leur trente et un. Certains étaient assis par terre, d’autres étaient sur les fauteuils (parfois à deux par fauteuils comme Jena et Irina) et il y avait seulement une place de libre au milieu du canapé. Avec un petit sourire gêné, Zelia alla s’y asseoir. Elle n’était habillée que d’un jean simple et d’un t-shirt blanc... Ses cheveux étaient lâchés. Elle faisait vraiment pâle figure devant toute cette petite troupe.
« Si j’avais su je me serais habillée autrement ! » dit-elle tout en prenant place sur le fauteuil.
Sa mère, qui était assise à sa droite, lui lança un regard faussement désespéré. Elle lui posa un baiser sur la joue avant de la serrer doucement contre elle tout en passant sa main dans ses cheveux. Sa voix douce aux accents français finit par répondre :
« Tu es très belle comme ça, ma perle. Et puis, pour ton anniversaire, tu as quand même le droit d’être à ton aise ! »
Un sourire ravi s’accrocha au visage de la jeune anglaise. Ca oui ! Elle aimait ses anniversaires ! Elle aimait surtout cette tradition qui voulait que tout le monde se réunisse, qu’on fasse comme si de rien n’était et qu’on joue à la surprise… Tous les ans elle s’habillait d’une façon cosy, comme si c’était un jour normal à la campagne, et elle jouait toujours aux étonnées, disant qu’elle pouvait toujours aller se changer pour pas avoir l’air trop bête devant toute sa famille habillée si classe.. Et tous les ans on lui répondait que c’était sa journée, qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait ! Elle se détacha de sa mère, après l’avoir embrassée à son tour, et son regard croisa celui de son frère Enrike. Il était assis par terre, aux pieds d’Annette qui tenait leur bébé sur ses genoux. Chez les Diulcinea, on ne disait la phrase rituelle, le « joyeux anniversaire » qu’à partir de l’heure de la naissance... Et Zelia était née à 22h30... Mais personne n’arrivait jamais à attendre cette heure avancée de la journée pour offrir les cadeaux... Du coup, comme son frère venait de le faire, on lui tendait les paquets sans rien dire. Elle saisit le cadeau avec cet air enfantin qui éclairait toujours les traits de n’importe quel membre de la famille le jour de son anniversaire, ou le jour de noël, ou celui de sa fête, et déchira sans ménagement le beau paquet cadeau doré qu’Annette avait du passer des heures à faire, connaissant sa maniaquerie et son manque de talent dans ce domaine… Elle ouvrit la boite nacrée que l’énorme paquet comprenait et trouva une superbe robe bleue, à la mode charleston.
« Mais !… C’est celle qu’on a vue à la boutique l’autre jour ! » S’exclama-t-elle avec l’air de quelqu’un qui est surpris et qui est très content de l’être.
« Oui... J’ai bien vu qu’elle te plaisait... Et puis, je me suis dit qu’elle serait mieux sur toi que sur ces mannequins décapités... » Répondit Annette, un sourire attendri aux lèvres.
Zelia remercia son frère et son ancienne nourrisse chaleureusement. Elle adorait déjà cette robe. D’ailleurs, elle avait hâte d’aller l’essayer... Mais d’abord, il fallait ouvrir les autres cadeaux. Et avec la famille nombreuse qu’elle avait, ça en faisait des paquets à déchiqueter ! Sachant que tous ses frères et sœurs étaient en couple, qu’en plus il y avait quelques amis de la famille et que certains, ceux qui avaient le plus de moyens, lui offraient plusieurs cadeaux, sans compter ses parents qui la gâtaient tellement qu’elle finirait un jour par se noyer sous les paquets… l’ouverture rituelle des cadeaux dura près d’une heure. Surtout que Zelia aimait profiter de ce moment. Elle reçut des tas de cadeaux géniaux, tout ce qu’elle voulait. Elle avait beaucoup de lecture, des bijoux, des habits et d’autres cadeaux très originaux. Irina, une amie de la famille d’origine russe, lui avait offert des poupées russes, comme tous les ans. Elle en trouvait toujours des nouvelles et Zelia les adorait. Cette fois, les poupées russes ressemblaient étrangement à Zelia. Elles étaient brunes, chacune portait une tenue fétiche de Zelia, et elles avaient les yeux bicolores. Quand Zelia tourna un regard interrogatif vers sa marraine russe, celle-ci lui expliqua :
« Je les ai faites fairrrre exprrrrès pourrr toi. Un ami à moi fabrrrique des jouets. D’ailleurrrss il attend ta visite. Je me suis dit qu’on pourrrrrait y aller toutes les deux, ça serrrra intérrrressant pourrrr toi qui aimes tant la crrrréation ! »
Elles convinrent toutes les deux d’un week-end où elles pourraient aller voir l’ami en question puis vint le moment du gâteau. Le préféré de Zelia. Un gâteau à la noix de coco, spécialité de Rachel, sa sœur aînée. Elle avait appris à le faire à la période où elle sortait avec un garçon qui venait des îles. Mais depuis, comme Zelia l’adorait, elle ajoutait une bonne poignée de myrtilles. Les deux fruits s’alliaient parfaitement, donnant un goût délicieux au gâteau. Ce dernier fut d’ailleurs vite décimé. Comme d’habitude, Annette demanda la recette à Rachel et comme d’habitude, Rachel lui promit de la lui donner. En fait, Annette ne cuisinait pas vraiment, surtout pas la pâtisserie, et elle ne demandait ça que pour se déculpabiliser. Rachel le savait et faisait semblant chaque année de ne pas lui avoir déjà donné la recette une bonne centaine de fois.
Après tous ces évènements, la discussion dériva sur des tas de choses. On demanda à Zelia de raconter tout ce qu’elle avait appris à l’école cette année et on la félicita pour sa spécialisation (elle avait déjà reçu des tas de lettres au moment où elle avait eu les résultats mais les Diulcinea avaient tendance à toujours se féliciter des dizaines de fois). Ensuite, ils parlèrent un peu de politique, du travail de chacun, des projets… Et finalement, il était près de six heures, il était temps de commencer à se préparer pour la réjouissance du soir. La tradition Diulcineaenne voulait que la personne dont c’était l’anniversaire choisisse ce qu’ils allaient faire le soir. Cette année, Zelia avait opté pour un resto et un bowling, vu le nombre qu’ils étaient ils avaient de quoi faire un vrai petit tournois.
« Nous allons au délicieux restaurant indien dans le village d’à côté... On a réservé pour sept heure, comme ça après on va au bowling. » Expliqua le père Diulcinea avec un sourire chaleureux. « Tu te souviens la dernière fois qu’on y est allés ? C’était... »
« Pour mon diplôme d’Ecole d’Art, avant que je reparte pour Norsken. » Répondit Zelia avec un grand sourire. « Je me souviens qu’on s’était bien amusé… jusqu’à ce que… » Son regard se troubla et sa famille tout entière se figea. « Jusqu’à ce que Rachel arrive et qu’on fête sa nomination comme conférencière à Harvard… »
Soudain, tout s’arrêta. Zelia se souvenait de tout maintenant. La transe... Les épreuves... Et le fait que la seule chose de vraie depuis le début de cette scène était ce qu’elle venait tout juste de raconter. Des larmes montèrent à ses yeux, tant dans ce monde que dans la réalité, et elle posa son regard sur chacun des membres de sa famille. Rien n’était vrai. Tout était… faux. C’était juste pour la retenir, ça n’avait jamais existé... Elle n’avait jamais eu une famille aussi liée, aussi heureuse. Ses parents ne supportaient pas la moitié de leurs gendres et brus... Les frères et sœurs ne s’entendaient pas... Et surtout, elle n’était jamais, mais alors jamais le centre de l’attention. Son dernier anniversaire avait été oublié, elle n’avait reçu aucune carte, à part de la part d’Enrike et Annette mais eux c’était différent. Quand elle avait passé son BAC magique, ils avaient été au restaurant mais son père en avait profité pour porter un toast. à la relation qui se créait entre l’une de ses filles et un des fils de son meilleur ami. Tellement rien à voir avec Zelia qu’elle ne retint pas de qui il parlait. Ils n’étaient jamais venus à aucun de ses spectacles, ils n’avaient même aucune idée de ce qu’elle faisait à Norsken. Et jamais ils ne lui auraient posé de questions à ce propos. Les larmes coulèrent sur ses joues. C’était horrible. Elle avait envie de rester dans cette petite famille parfaite. Elle voulait ressentir encore cet amour qui n’existait nulle part ailleurs dans son univers. Mais elle ne pouvait pas, il fallait qu’elle continue. Elle avait une quête à effectuer, elle ne pouvait pas rester là. Elle se força à réagir en enfonçant ses ongles dans ses paumes, et dans le monde réel des gouttes de sang perlèrent à quatre endroits distincts de chacune de ses paumes.
« Je... Je dois partir. » Dit-elle à regret.
Elle commença à se diriger vers la porte du salon mais sa mère lui bloqua le chemin. Elle avait une plaque de cookies au chocolat au lait et à la myrtille dans les mains.
« Tu ne peux pas partir, je viens de faire tes cookies préférés ! » s’exclama-t-elle de cette voix douce et chaleureuse qui n’avait jamais fait partie d’elle en réalité.
Zelia essaya de l’ignorer. Elle continua à avancer mais sa mère lui barrait toujours le chemin. Elle décida donc de la contourner mais son père vint se coller devant elle, avec un air d’incompréhension totale. Elle ne voulait pas leur parler, elle ne voulait pas argumenter, parce qu’elle savait qu’ils finiraient par la convaincre. Silencieusement, elle tenta de forcer le passage. Et sa mère fit voler la plaque de cookies dans ses mains avant de lui asséner un gros coup contre la tempe avec cette plaque. Zelia eut l’impression de voltiger sous le choc. En fait, c’était tout comme. Elle glissa de plusieurs mètres et atterrit sur le canapé. Sa joue lui faisait horriblement mal, elle se sentait à moitié assommée. Dans le monde réel, son corps était aussi mal traité. Une grosse ecchymose apparut au niveau de sa pommette. Elle aurait sûrement besoin d’être recousue près de la tempe, une sorte de plaie venait aussi de se former, juste assez profonde pour nécessiter des points de suture. Elle n’eut pas le temps de se relever que déjà une bonne moitié de sa famille se jeta sur elle. Ils la maintenaient violemment fixée au canapé, enserrant ses poignets, ses chevilles et la repoussant abruptement à chaque fois qu’elle commençait à se débattre. Leur poigne était de fer et Zelia ne discernait plus aucun visage. Ils avaient des visages, mais c’étaient de vrais inconnus.
« Arrêtez ! Arrêtez vous me faites mal ! » Hurla-t-elle en désespoir de cause.
Ses bras lui faisaient mal et hors de sa transe son corps subissait les mêmes douleurs, un de ses poignets avait la trace d’une sorte de brûlure indienne, plusieurs ecchymoses étaient présentes sur son corps… Elle avait complètement oublié que tout ça n’était pas réel. Vivre son fantasme le plus important puis sa plus grande peur sans aucune transition était un peu trop pour elle... Elle en oubliait ce qu’elle devait faire, où elle était… Elle ne faisait que se débattre, comme un animal sauvage. Son esprit était complètement ailleurs... Jusqu’à ce qu’elle réalise encore une fois. Non, cette violence n’était pas réelle. Elle ne les intéressait pas assez pour qu’ils la frappent. Quand elle était petite, elle avait cumulé les bêtises pour se faire engueuler par ses parents, pour attirer leur attention... Sauf qu’ils n’étaient jamais là, et que c’était Annette qui avait toujours du se charger d’elle.
« Vous n’êtes pas réels ! » s’exclama-t-elle.
Elle y avait vraiment cru, la preuve, ils l’avaient tous lâchés d’un coup. Elle se releva et avança de nouveau vers la porte, cette fois certaine qu’ils la laisseraient passer. Après une hésitation elle sortit de la pièce… Vu les deux premières épreuves, les plus simples, elle n’était pas sûre d’arriver un jour au but. Parce qu’elle croyait déjà avoir vécu les pires moments de sa vie. Et elle n’avait pas encore tout vu… _________________ This is the story of a girl Who cried a river and drowned the whole world while she looks so sad in photographs I absolutely love her When she smiles  |
|  | | Zelia Diulcinea Ancien Personnage


Nombre de messages: 239 Age: 27 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Transe Mimétique de Zelia Ven 11 Jan - 14:02 | |
| Noir. Il faisait noir. C’était même pire que ça. L’obscurité était épaisse. Zelia n’avait jamais compris jusque là comment une obscurité pouvait être littéralement épaisse... Maintenant elle savait. C’était comme si elle ne verrait plus jamais de lumière… Comme s’il n’y avait plus de lumière. Mais il n’y avait plus de son non plus. Elle n’entendait rien, même pas sa respiration. Elle était dans le silence le plus profond, un de ces silences que ne connaissaient que les sourds… Par contre, elle sentait, ça oui. Ca sentait, de plus en plus fort. Elle s’appuyait sur ce sens et en oubliait presque d’analyser ce qu’elle ressentait grâce à lui, trop heureuse d’avoir au moins un sens qui fonctionnait, un sens qui la liait au monde qui l’entourait… Jusqu’à ce qu’elle se mette à étouffer, à cracher et à ne plus pouvoir respirer. Près de Miss Wood, le corps réel de Zelia se mit à se crisper et à subir les mêmes étouffements. Feu. Il y avait le feu. La fumée l’empêchait de respirer… Une fois passée l’angoisse de l’étouffement, elle comprit ce qui était vraiment horrible… Elle n’avait aucun moyen de s’échapper ! Le feu, celui qu’elle avait toujours craint, celui qui n’était pas maîtrisable, le feu était en train de l’entourer et elle n’avait aucune chance de s’enfuir, aucune chance de vivre… Elle avait toujours eu peur du feu, depuis ce matin où la fumée avait envahi l’appartement de sa grand-mère et où elle avait du être sauvée, avec sa grand-mère et son chat Psisty, par les pompiers… Elle n’avait rien vu du feu qui s’était déclaré dans l’immeuble de sa grand-mère, mais personne n’avait eu l’intelligence de la rassurer et, du haut de ses cinq ans, ça avait été très impressionnant. Et puis, cette peur du feu, c’était aussi la peur d’une partie d’elle. N’avait-elle pas après tout une co-dominance parfaitement équilibrée entre l’air et le feu ? L’air n’était-il pas son côté Puffin et le Feu ce côté dangereux et ambigu qui l’effrayait parfois tellement ?
Ces pensées suffirent à lui permettre de se souvenir qu’elle n’était pas vraiment aveugle, qu’elle n’était pas vraiment sourde, qu’elle n’était pas dans un appartement en flamme mais dans son esprit, et qu’elle avait quelque chose à chercher, son énergie. Ca n’était pas ce feu irréel qui allait l’arrêter. Elle se leva, en s’appuyant sur un sol qui était de plus en plus chaud, et avança tout droit, vers les flammes. Elle les traversa et en sentit la chaleur, mais elle avait décidé que ça n’était pas réel. Seules quelques petites brûlures, dues au fait que sa crainte du feu était toujours présente quoi qu’il arrive, apparurent sur son corps, rien de grave, elles seraient guéries dans deux semaines tout au plus. Elle avança et sa vue lui revint, ainsi que son ouïe…
Elle marchait maintenant dans une sorte de paysage cauchemardesque, ou du moins, le genre de paysages qu’elle trouvait dans ses cauchemars. Il faisait nuit et il n’y avait aucune lumière, à part la lumière blafarde d’un tout petit croissant de lune, même pas accompagné d’étoiles. Zelia avait peur du noir, ça n’était pas sa peur la plus grande ni la plus dure à maîtriser, mais elle ne se sentait jamais bien dans le noir, tant qu’elle n’avait pas une lumière rassurante, une lampe, sa baguette, des bougies... Mais là, il n’y avait rien. Elle était pieds nus et ses pieds lui permettaient de comprendre qu’elle était dans une sorte de jardin. L’herbe qui chatouillait ses pieds à chaque pas était taillée d’une façon très régulière, Zelia pensa avec amusement que ce devait être un jardin anglais, elle les aimait tant ! Elle portait une robe noire, à bretelles très fines, toute simple mais qui avait une sorte de bas évasé en volants bleu nuit. Elle se souvenait avoir vu cette même robe dans un film de science-fiction où Enrike l’avait traînée un été, une sorte de western spatial appelé Serenity. Pourquoi portait-elle cette robe ? Elle n’en savait rien. Ses cheveux étaient très longs et raides, elle sentait qu’ils tombaient jusqu’au bas de son dos et rien ne les retenait en arrière. Et elle avançait, voyant parfois des ombres d’arbres une fois qu’elle passait à côté.
Elle savait cette fois qu’elle était en train de faire cette quête, elle savait que ça n’était pas la réalité. Cette fois, elle avait tout à fait conscience de tout ça et elle se sentait prête à affronter n’importe quoi. Les premières fois, elle arrivait à chaque « épreuve » en étant persuadée que c’était la réalité. Là, elle allait mieux s’en sortir, elle savait que c’était factice, elle savait qu’il fallait qu’elle trouve son énergie magique et que c’était tout. Comment ça se faisait ? Normalement, d’après ce qu’avait dit Miss Wood, ça devait aller en empirant, non ? Elle devait, petit à petit, avoir à affronter des choses de pire en pire… Alors pourquoi savait-elle que ça n’était pas la réalité ? Pourquoi était-ce aussi « simple » pour l’instant ?
A peine s’était-elle si bêtement posé la question que, justement, son esprit sembla décidé à la contredire. Simple ? Elle s’était dit que c’était trop simple ? Et bien, on allait compliquer un peu tout ça ! La première complication fut le bruit qu’elle commença à percevoir. Avant même de comprendre ce que c’était, de l’analyser, elle sentit que ça n’était pas quelque chose de bien. Son cœur se mit à battre plus vite et plus fort, de la sueur coulait le long de son cou, ses poils se dressèrent tout le long de son corps. Non, ce bruit n’était pas agréable à entendre… Et Zelia ne mit pas longtemps à comprendre ce que c’était… C’était le bruit de quelqu’un. Quelqu’un qui vous suit en pleine nuit alors que vous êtes seule et que personne ne pourra vous entendre crier ou vous protéger. Le bruit de quelqu’un qui rôde... Peut-être de quelque chose qui rôde. Sans même y penser, Zelia accéléra son pas.
Petit à petit, elle resserra ses enjambées et accélérait ses foulées. Derrière elle, le rôdeur faisait de même. Elle finit par courir, vite. Elle avait peur, vraiment, et elle avait complètement oublié que ça n’était pas la réalité, encore une fois. Elle courait comme une malade dans les herbes, qui devenaient sans qu’elle s’en rende compte de plus en plus irrégulières. Et elle sentait que son poursuivant réduisait leur écart, tranquillement, sans s’affoler, comme s’il avait su que, de toute façon, il ne pourrait que l’attraper. Qui n’avait jamais eu peur de ce genre de choses. Zelia, elle, rêvait souvent qu’on la poursuivait. En général, elle se réveillait avant d’avoir été rattrapée, mais cette fois quelque chose lui disait que l’ombre qui s’approchait de plus en plus d’elle finirait par l’avoir. L’herbe était maintenant jonchée de petits cailloux pointus et les pieds nus de Zelia commencèrent à la faire souffrir. Elle voulait s’arrêter mais elle était toujours suivie, et elle savait que si elle s’arrêtait elle risquait beaucoup plus que des pieds écorchés. Elle accéléra encore plus, arrivant bientôt au maximum dont elle était capable.
Elle sentit soudain une douleur intense à ses pieds, bien plus horrible que celle qu’elle avait sentie jusqu’à présent à cause du gravier. Elle avait l’impression d’être entravée et elle baissa les yeux pour voir ce qui l’empêchait ainsi d’avancer. Son regard terrifié rencontra le sol et elle comprit ce qu’elle avait sentit. Des ronces. A perte de vue. Et le poursuivant qui était toujours derrière elle, qui allait bientôt arriver. Elle se força à courir de nouveau. Petit à petit, des gouttelettes de sang recouvrirent ses pieds et ses chevilles. Plus elle avançait, plus son corps réel, celui qui était à côté d’un feu de camp déjà oublié, subissait les mêmes effets. Elle eut à peine le temps de réaliser qu’une des ronces étaient plus haute que les autres qu’elle s’affala de tout son haut dans le buisson épiné. Ses bras, ses omoplates, son cou, ses jambes, tout ce qu’elle avait de dénudé fut percé par les épines. Ca n’étaient que des coupures superficielles, mais elles étaient aussi douloureuses que si elle s’était roulée dans des éclats de verre. Elle voulut se relever et s’agrippa à une des ronces pour ça mais la ronce en question sembla soudain vivante. Elle perça la main de Zelia, entrant par la paume et ressortant de l’autre côté. Zelia hurla de douleur. Elle avait senti que la branche lui avait cassé au moins deux os à l’intérieur de sa main. Elle n’avait jamais eu aussi mal. Le pire était sûrement que la main était mutilée sur son vrai corps. Le sang commençait à envahir tout le sac de couchage sur lequel elle était allongée. Zephira vint lui bander la main, pour l’instant elle ne pouvait pas intervenir avec la magie et il faudrait donc se contenter d’un bandage très rustique. Elle essaya de calmer le corps de Zelia, qui se convulsait, luttant contre les blessures que son esprit lui imposait, mais rien n’y faisait. Soucieuse, elle retourna s’asseoir, surveillant plus que jamais ses quatre élèves, qui en arrivaient apparemment aux moments les plus dangereux de leur quête.
La ronce qui l’entourait continua à bouger, comme animée d’une volonté propre. Zelia avait oublié pendant quelques instants sont poursuivant, à cause de la douleur que sa main lui infligeait, et aussi parce qu’elle était allongée, sans défense, dans un nid de ronces vivantes, qui en plus la retenait prisonnière avec la branche qui était enfoncée dans sa main.. Une autre branche vint s’enrouler autour de son autre bras, le droit, et elle serra tellement fort l’étreinte que Zelia se retrouva avec des épines enfoncées dans tout son avant-bras. Deux autres branches vinrent faire de même autour de ses tibias. Elle était certes plutôt soulagée que les branches n’agissent pas toutes comme la première, qui lui faisait un mal de chien, mais elle souffrait quand même de ces épines enfoncées dans sa chair et de ces lianes qui la serraient si fortement. Elle essaya de se débattre mais ça lui faisait encore plus mal, elle finit par abandonner, se disant que, peut-être la plante finirait par la relâcher... Mais il y avait encore ce poursuivant, qui choisit ce moment pour faire son apparition.
Il n’était en fait qu’une silhouette, plus noire encore que la nuit qui les entourait. Il semblait porter une sorte de robe de sorcier, ou une cape.../ Quelque chose de fluide qui avait une capuche. Une énorme capuche, qui cachait tout son visage. Zelia essaya de se libérer, déchirant une partie de sa robe et aggravant encore toutes les blessures que les ronces lui faisaient mais elle n’y arrivait pas. Elle vit, impuissante, la silhouette se rapprocher d’elle jusqu’à se trouver juste devant ses pieds. Elle essaya de reculer mais les ronces la maintenaient très fermement, au point où elle en avait du mal à respirer. La silhouette resta quelques secondes immobile, comme contemplant sa proie, puis fit par se pencher. Elle posa deux mains décharnées sur les épaules de Zelia, qui hurla, à la fois de douleur (elle venait de se faire enfoncer des épines dans le dos) que de terreur. Ces mains n’étaient pas seulement décharnées, elles étaient squelettiques. La silhouette s’avança encore un peu… Et Zelia poussa un cri ampli de terreur, plus effrayé que tous les cris qu’elle avait poussés jusqu’ici. Le visage, elle le voyait maintenant. Il était en putréfaction. Des vers couraient le long des joues de son poursuivant, ils entraient dans le globe oculaire, laissé vide par quelque dégustation préalable de l’œil, ils ressortaient par le nez… Pendant quelques secondes, elle resta figée, à observer ce visage, prise d’une fascination morbide. Elle n’avait jamais rien vu d’aussi horrible, d’aussi effrayant, d’aussi dégouttant... Mais elle n’arrivait pas à détacher son regard bicolore de ce visage affreux.
Elle sortit de cette immobilité quand la tête s’approcha encore, comme pour lui donner un baiser. Elle recommença à se débattre, mais bien décidée à réussir à se libérer cette fois. Elle ne se souvenait pas de la transe, elle avait oublié que son vrai corps souffrait près d’un feu, surveillé par une Miss Wood plus étrange que jamais, mais elle avait la volonté de se libérer. Et cette volonté était assez forte pour influer un peu sur cette vision d’horreur. Elle libéra sa main gauche, réussissant à l’arracher à la branche qui la transperçait, s’en mordant la langue tellement ça la faisait souffrir puis, sans attendre que l’horrible vision ait le temps de réagir, elle saisit la branche et l’enfonça dans le cœur de la créature. Elle pensa pendant quelques fractions de secondes que ça n’avait pas fonctionné, mais la créature se mit à hurler. Le cri était celui de la mort elle-même. Il était aigu et guttural à la fois, il semblait venir de partout et Zelia fut obligée de coller sa main ensanglantée sur son oreille. Elle avait l’impression que ses tympans allaient exploser à cause de ce cri, heureusement, ça resta à l’état d’impression. La créature recula, repliée sur elle-même, criant toujours à pleine gorge. Les ronces commençaient à se rabougrir et Zelia fut bientôt libre. Le sol sur lequel elle se retrouva était un sol terreux, sans aucune végétation. Elle observa quelques instants l’état dans lequel elle était. Ses jambes étaient couvertes de traces d’épines, qui étaient entrées profondément dans sa chair. Elle était brûlée par la frottement des lianes à cause de quand elle s’était débattue et ses bras étaient à peu près dans le même état. Sa main gauche était très douloureuse, elle se demandait encore comment elle avait pu braver cette douleur pour saisir la branche qu’elle avait enfoncée dans le cœur de la créature, elle avait plus souffert que jamais. Elle se releva, tremblante et pas vraiment bien stable sur ses jambes et s’approcha de la créature, qui avait arrêté de crier. Elle comprit tout de suite qu’elle était morte et le soulagement qu’elle ressentit à cette pensée était si profond qu’elle faillit se mettre à pleurer. Dans un dernier sursaut de curiosité malsaine, elle enleva la capuche qui cachait le visage, afin de voir si les vers étaient eux aussi morts… Et elle cria une nouvelle fois. Le teint clair, les yeux bridés, les cheveux noirs…
« Celesta ?… » Murmura-t-elle, sans vraiment comprendre.
« Qui d’autre ? » demanda une voix masculine derrière elle.
Quand la voix retentit, Zelia eut la surprise de ne plus sentir aucune douleur. Elle était de nouveau fraîche comme une rose (mais il n’en était pas de même pour son vrai corps) et elle portait une sorte de longue robe rose pâle, très jolie, très fraîche. La lune et les étoiles venaient de s’allumer, rendant la nuit rassurante. Sous ses pieds, l’herbe fraîche et épaisse était de retour. Elle n’avait pas encore fini de tourner pour se retrouver face à l’homme qui venait de parler que, déjà, sur le même ton que celui qu’elle avait utilisé pour nommer son amie, elle s’exclamait :
« Enrike ?… »
L’homme sourit et lui répondit tout simplement :
« Qui d’autre ? »
[Durant l'écriture de la Transe, ça s'arrêtait là. Il était ensuite fait mention d'une épreuve finale, une discussion avec Enrike, mais ça n'a jamais été écrit, principalement parce que la joueuse n'y arrivait pas ^^ L'épisode sera écrit ici, maintenant que ça a bien décanté...] _________________ This is the story of a girl Who cried a river and drowned the whole world while she looks so sad in photographs I absolutely love her When she smiles  |
|  | | Zelia Diulcinea Ancien Personnage


Nombre de messages: 239 Age: 27 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Transe Mimétique de Zelia Ven 11 Jan - 15:24 | |
| [Ceci est donc un épisode inédit de la Quête mimétique de Zelia.]
« Oh Enrike ! Si tu savais… Ca me fait tellement plaisir de te voir ! »
Serrée contre son grand frère, l’anglaise se laissa aller quelques minutes à la chaleur et l’amour, exactement ce dont elle avait besoin après tout ce qu’elle venait de vivre. Elle laissa des larmes couler, des larmes de fatigue, d’épuisement. Elle avait beaucoup souffert durant cette Quête mais Enrike était là maintenant, tout irait bien. Sa présence la rassurait, exactement comme lorsqu’elle était enfant. Elle ne se rendait pas compte qu’elle avait oublié tout ce qui venait de se passer, ou plutôt qu’elle l’avait enfoui au fond de son esprit à vitesse grand V. Elle avait oublié que la créature s’était avérée être Celesta, et donc qu’elle avait tué sa meilleure amie. En fait, elle avait tout enfoui, tout laissé derrière elle, les bras d’Enrike la protégeaient de tous ces souvenirs, de toutes ces épreuves.
« Je suis heureux que tu sois arrivée jusque là Zel, j’aurai jamais imaginé que tu le ferais ! »
« Oui, ça a été dur mais… » elle hésita, se détachant juste un peu d’Enrike pour planter son regard dans le sien. « Quoi ? »
S’il y avait une personne qui n’avait jamais douté d’elle, c’était bien Enrike. Il était le seul à avoir toujours pensé à elle, lui avoir toujours écrit, s’être occupé d’elle tout simplement. Il était même venu enseigner à Syracuse durant sa première année là-bas, parce qu’il avait peur qu’elle souffre de l’éloignement géographique avec sa famille à un si jeune âge. En même temps, elle avait toujours été éloignée de sa famille, même si ça n’était pas une question géographique, mais ça Enrike s’en fichait, il était venu pour elle. Tout comme c’était lui qui s’était occupé de ses problèmes scolaires dans son adolescence, lui le seul à savoir qu’elle allait vraiment mal à cette époque, et à s’en préoccuper. Bref, s’il était bien son frère et pas un parent de substitution, il restait un grand frère très attentionné, qui n’avait jamais douté d’elle, ou du moins ne le lui avait jamais dit. C’était une grande première.
« Ben oui, tu sais bien… Affronter tes démons, c’est pas vraiment ton truc, toi tu enfouis, tu oublies, tu fais comme si de rien n’était et tu dissimules. C’est ton caractère, je t’aime comme ça, mais ça ne change rien au fait que ce n’est pas ton genre de te regarder dans une glace quoi… »
Il s’était détaché, de cette démarche tranquille et décontractée qu’elle lui avait toujours connue. Son frère était cool, c’était un terme qui semblait avoir été inventé pour lui. Mais Zelia savait aussi que son frère avait un poste top secret pour le Ministère de la Magie Anglaise, et qu’il n’était pas aussi cool et tranquille qu’on pouvait le penser. Elle l’avait toujours imaginé comme une sorte de James Bond, avec cette classe si particulière dans toutes les situations. Il fit quelques pas, un sourire sympathique aux lèvres qui tranchait étrangement avec ce qu’il disait.
« Pourquoi tu me regardes comme si j’étais méchant ? Faut que tu l’acceptes, petite sœur, tu es loin d’être parfaite. »
Zelia sentit son menton trembler. Le soulagement avait été de courte durée. Elle savait que c’était une nouvelle épreuve et se demandait si des paroles pouvaient être pires que ce qu’elle venait de vivre, mais elle était blessée de toute façon, même en sachant qu’il fallait prendre du recul, que c’était fait pour la heurter.
« Pourquoi ?... Pourquoi tu dis ça ? »
« Arrête le mélo Zel ! Tu sais très bien où je veux en venir… Tu le sais depuis toujours, et tout le monde le sait en fait, même si la plupart des gens préfèrent faire comme si de rien n’était… »
Cette fois, c’étaient bien des larmes qui coulaient sur ses joues. Sûrement la fatigue et toutes les épreuves déjà subites qui faisaient qu’elle n’avait même plus la force de jouer la comédie.
« De quoi tu parles ? »
Le visage séduisant de son grand frère se tourna vers elle, plantant ses yeux clairs dans les siens. Il avait un visage plein de charme, assez animal, qui ressemblait à celui de Zelia mais qui était en même temps très différent. Elle était mignonne, il était sexy. Et là, le sourire carnassier qu’il lui lança l’aurait sûrement rendu beaucoup plus sexy encore pour quelqu’un d’autre. Pour Zelia, c’était comme s’il l’avait frappée. Les sourires qu’il lui adressait étaient en général doux, plein d’amour et de compréhension. Elle ne l’avait jamais vu sourire comme ça. « There’s something wrong in you honey.... »
Il s’était penché vers elle, plongeant son regard encore plus profondément dans le sien. Pour la première fois, elle ne se sentait pas en sécurité avec son frère. C’était une impression horrible, les dernières barrières qui s’effondraient. Cette Transe lui avait fait vivre des choses horribles, ou des choses géniales même si elles dégénéraient toujours. Elle avait passé les pires instants de toute sa vie durant cet acte magique… Et ce qui se passait maintenant avec Enrike était le summum, le dernier échelon, la dernière chose qu’elle devrait supporter. Mais elle ne s’en sentait pas la force.
« Non… Non je… C’est faux ! C’est faux ! Il n’y a rien de mauvais en moi ! »
Ses paroles ressemblaient plus à une sorte de caprice qu’autre chose. Elle n’avait plus la force de se battre. Et surtout, elle n’était pas sûre de pouvoir le faire. Parce que ce que son frère lui disait n’était ce que ce qu’elle pensait depuis toujours.
« Allez… Tu vas pas me dire qu’il n’y a rien qui cloche chez toi Zelia… Je te connais, je te connais mieux que quiconque. Je [i]sais… Je sais pourquoi ta première épreuve ici était de chanter en public, je sais qui était ce type. Je sais aussi ce que signifiais l’attaque de la famille… Je sais pourquoi toutes tes épreuves ont été aussi violentes… Je sais ce que signifie le feu pour toi, je sais pourquoi tu t’es faite massacrer par un buisson plein d’épines… Et je sais pourquoi tu as été attaquée, presque violée par ta meilleure amie avant de la tuer… »[/i]
Il avait dit tout cela sur un ton étrange, détaché, qui rendait les choses encore plus dures. Il agissait comme si tout cela ne comptait pas, comme si ça n’avait pas été dur pour elle. Et elle, elle était obligée de se souvenir de tout ça, et d’y réfléchir… Elle avait essayé d’avancer, de ne pas penser aux épreuves précédentes, mais maintenant c’était impossible. Son frère semblait prendre un malin plaisir à les lui rappeler, de la façon la plus crue possible. Surtout la dernière…
« Mais tu le sais aussi, n’est-ce pas ? Tu le sais que tu n’es pas quelqu’un de bien… C’est pour ça que tu caches qui tu es, ce que tu penses, ce que tu ressens… »
Il s’approcha plus près d’elle et il dégageait tellement d’ondes étranges qu’elle se prit à penser qu’il allait à son tour essayer de la violer. Violée par son frère, la seule personne à qui elle faisait confiance depuis toujours. Si son inconscient la forçait à vivre ça, c’était vraiment qu’il y avait quelque chose de tordu chez elle… Elle recula et comprit que c’était pire que ça, il n’allait pas essayer de la violer. Non, ce qu’il disait était bien plus destructeur. Parce qu’elle avait toujours eu peur qu’il pense ça d’elle… Comme elle le pensait elle-même.
« Je ne suis pas… Je ne… Je suis quelqu’un de bien. »
Il fit mine de réfléchir quelques secondes, regardant en l’air, avant de répondre :
« Oui… Oui, j’imagine que si on considère que seuls les actes comptent, on peut penser que tu es quelqu’un de bien… Enfin, si on excepte l’épisode chanté, mais tu étais tellement petite… »
Elle se sentit raidir à l’évocation de cet « épisode ». Le vrai Enrike n’en parlait jamais. Ils en avaient parlé après, il lui avait expliqué que ça n’était pas de sa faute, qu’il ne fallait pas qu’elle s’en veuille… Mais ensuite ils n’en avaient plus parlé. Sûrement qu’Enrike pensait qu’il valait mieux ne pas en parler si Zelia n’abordait pas le sujet, mais cette dernière avait parfois l’impression qu’il n’en parlait pas parce que ça lui faisait peur… Il n’en avait parlé à personne d’autre, ni à ses parents, ni à ses frères et sœurs, c’était pour la protéger. Mais là aussi, il lui arrivait de se demander si ça n’était pas pour que sa famille n’ait pas peur d’elle.
« Tu vois… Tu vois, tes pensées. C’est ça le problème. Tu peux passer ta vie à agir comme quelqu’un de bien, ça ne te changera jamais. Tu es quelqu’un de mauvais, c’est tout. Tu le sais. »
« Non ! Non, c’est une épreuve. Tu me dis ça pour me blesser, pour que je n’arrive pas à ma force magique interne, pour que je loupe ma Transe ! Le vrai Enrike ne me dirait jamais ça ! » Elle criait maintenant, prise de sanglots, mais déterminée à avancer quoi qu’il arrive. « Le vrai Enrike m’aime. Il ne pense pas que je suis quelqu’un de mauvais, il ne pense pas que quelque chose cloche en moi, il pense que je vais réussir et il est fier de moi ! »
Un sourire moqueur s’afficha sur le visage de son frère. Il fit un large signe du bras et lui dit :
« Bien sûr, tu as raison… Enfin, sauf sur un point. Je ne suis pas là pour t’empêcher d’accéder à ton but, tu l’as déjà atteint. Tu y es chérie. Tu peux être fière de toi, et le vrai Enrike le sera, mais toi tu ne le seras jamais vraiment. Je ne suis pas une épreuve. Je suis seulement ce que tu penses, ce que tu sais. Tu sais que tu n’es pas quelqu’un de bien. Tu sais que tu ne feras jamais vraiment le bien, qu’il y aura toujours une arrière-pensée mauvaise. Tu as tué ta meilleure amie, la seule personne qui t’aime sans y être obligée depuis toutes ces années. »
« Elle m’attaquait ! »
« Oui. C’est sûr que ça fait de toi quelqu’un de sain. Avoir comme épreuve de tuer ta meilleure amie après qu’elle t’ait torturée et essayé de te violer… »
« Non, ce n’est pas ça… Elle n’a pas... »
« Bien sûr que si ! Arrête de te voiler la face maintenant ! Tu n’arrives même pas à croire tes propres mensonges ! Il y a quelque chose de mauvais en toi, c’est tout ! C’est pas grave, la plupart des gens ont une face sombre, la tienne est juste un peu plus présente… »
« ARRETE DE DIRE CA !!! »
Elle avait hurlé, tellement fort, d’une façon tellement désespérée qu’elle ne reconnut même pas sa voix. Pourtant, ça ne sembla pas impressionner son frère qui se contenta de lui répondre, très tranquillement :
« Alors arrête de le penser… »
Il s’approcha d’elle. Le choc, la fatigue l’empêchèrent de bouger comme elle l’aurait voulu. Il déposa un baiser sur sa joue, un baiser qui n’avait rien de fraternel et qui lui fit comme un électrochoc.
« Fais attention babe, fais attention à ce que tu fais ou tu tourneras aussi mal que ta prof adorée… »
Il disparut et Zelia se retrouva seule dans son jardin anglais sensé représenter son énergie interne. Elle n’appela pas tout de suite Zephira, même si elle savait que sa transe était finie. Elle voulait d’abord remettre un peu ses nerfs en place, reprendre son souffle. Maintenant que les épreuves étaient passées, elle sentait que quelque chose clochait, que son corps n’était pas indemne. La peur commença à l’envahir, et si elle ne pouvait jamais se réveiller ? Si elle était handicapée ? Elle appela Zephira, plus terrifiée que jamais. Est-ce que le professeur pourrait au moins l’entendre ? _________________ This is the story of a girl Who cried a river and drowned the whole world while she looks so sad in photographs I absolutely love her When she smiles  |
|  | | Zelia Diulcinea Ancien Personnage


Nombre de messages: 239 Age: 27 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Transe Mimétique de Zelia Ven 11 Jan - 15:27 | |
| [Conclusion de Zephira...]
Finalement, alors qu'elle s'apprêtait presque à la sortir de force de sa transe, Zelia arriva à son énergie magique. Tout ce qu'on pouvait dire, c'était que cette jeune femme avait une obstination impressionnante. C'était peut-être de l'orgueil, ou de l'ambition, et c'était peut-être plus un défaut qu'une qualité, mais Zephira ne pouvait s'empêcher de l'admirer pour ça. En fait, elle se reconnaissait un peu en elle. Elle-même avait eu souvent à se combattre, et elle n'était sortit victorieuse que grâce à son obstination et à une pointe d'orgueil mal placé. Elle se dépêcha d'entrer dans l'esprit de l'anglaise, elle avait hâte de pouvoir la sortir de sa transe et de pouvoir la soigner un peu mieux.
Elle se retrouva dans une sorte de lande anglaise des plus étonnantes. Le soleil était proche du zénith et Zelia, habillée d'une robe rose pâle qui semblait avoir été faite pour lui aller parfaitement, l'attendait, souriante. Elle n'avait pas l'air fatiguée, elle n'avait pas l'air d'avoir vécu des choses très éprouvantes.. Mais Zephira n'était pas aussi stupide. Elle voyait bien que ce sourire n'était qu'une façade. Zelia était heureuse d'avoir réussi, mais quelque chose dans son regard semblait rappeler tout ce qu'elle avait vécu pendant cette transe. Il n'y avait plus personne avec elle. Le corps de Celesta avait disparu, ainsi qu'Enrike. La discussion qu'ils avaient eu était sûrement l'épreuve la plus éprouvante de toute la quête. Mais Zelia ne voulait pas le montrer, elle voulait avoir l'air heureuse et bien dans sa peau. Zephira fit comme si elle ne voyait pas les zones d'ombres dans ce sourire et elle félicita la jeune femme avec enthousiasme et chaleur. Elle lui expliqua néanmoins que son corps avait été très malmené et qu'il y avait des risques à extraire cette force magique tout de suite. Mais Zelia n'en démordit pas. Elle voulait réussir. Zephira accepta et elle fit le même petit manège qu'avec les trois étudiantes précédentes. Cette fois, sortir l'anglaise de la transe fut très difficile, vu qu'elle était tombée dans une sorte de petit coma magique, dû à l'état de son corps, à sa fatigue émotionnelle et spirituelle. Elle ne revint pas à elle à la sortie de la transe, même pas le temps de s'évanouir.
Zephira passa une bonne demi-heure à appliquer les premiers soins à l'anglaise. Certaines de ses blessures laisseraient des cicatrices que même la magie était incapable de faire disparaître. _________________ This is the story of a girl Who cried a river and drowned the whole world while she looks so sad in photographs I absolutely love her When she smiles  |
|  | | | | Transe Mimétique de Zelia | |
|
Sujets similaires |  |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|