Nombre de messages: 45 Age: 23 Date d'inscription: 18/11/2007
Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Mar 12 Fév - 15:09
Mais le décor n’avait pas changé, et la fumée ne se dissipait pas. Au contraire, elle semblait émaner de chaque bûche carbonisée, de chaque grain de sable. Même le ciel crachait ce brouillard poisseux et grisâtre, tant son contact lui semblait insupportable. Tout s’écartait sur son passage, le noir du ciel et la poussière du sol, mais aussi la lumière, et l’air même, car la fumée avalait d’un obscur voile tout ce qui se dressait entre elle et sa proie, sans jamais, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, cesser d’avancer.
Arabella observait d’un œil inquiet la lente progression de la fumée. Elle la voyait approcher, elle la sentait venir, pourtant, elle se tenait parfaitement immobile et droite, debout sur ce sable dont la teinte lui était si familière… Et elle attendait que ce brouillard opaque vienne à elle, l’entoure, l'engloutisse, car c’était ce qui devait arriver, elle le savait au plus profond d’elle-même. Une tentative d'évasion aurait été de toute façon bien stupide dans sa situation, la fumée l'encerclait déjà. L'anglaise se prépara activement à subir ce contact.
Pourtant lorsque, enfin prête, elle vit la fumée tapisser le sol de coussins cotonneux et engloutir les derniers rayons de lumière dans ses immenses cavernes, Arabella sentit sa volonté fondre comme neige au soleil, et ses muscles contractés se relâcher brusquement, sans avoir pourtant fourni le moindre effort. L'impression de se retrouver désormais plus vulnérable que jamais acheva de transformer son angoisse en véritable panique. Dire que sa fierté, seule, l’avait poussée à rester, à faire face à cette force dévastatrice que représentait la fumée ! Un léger rire moqueur lui échappa à cette pensée, mais la brume l’étouffa promptement, apeurée peut-être, que ce son cristallin ne vienne clarifier l’esprit de la jeune femme ? Qu’aurait-elle bien pu faire de toute façon, seule face au néant ?
La fumée guettait l’instant propice, son timing devait être parfait. Car d’une part il ne fallait pas trop précipiter l’attaque, une brusque intrusion de la sorte risquait d’éveiller chez sa proie un sentiment de révolte, mais de l’autre, trop attendre pouvait se révéler tout aussi néfaste, en laissant sa victime se rendre de compte qu’elle n’avait plus rien à perdre. Aussi la fumée flottait, vaguement indécise sur la conduite à tenir. L’anglaise crut même un très bref instant que finalement, rien ne se passerait.
Mais sans crier gare, d’immenses mains surgirent du tapis de fumée et agrippèrent si fermement les chevilles d’Arabella qu’elle ne tenta pas même de les dégager, sachant d’avance l’effort vain. Les mains se changèrent rapidement en d’épais murs de briques noires, qui lui emprisonnaient les jambes d’un insupportable étau, puis le mur s’agrandit encore, brique par brique, et son corps tout entier se retrouva bloqué entre deux parois de béton. Suffocante et lasse, Arabella s’apprêtait d’ores et déjà à abaisser ses ultimes remparts, à abandonner tout effort de résistance. Tout était si vain après tout… Mais lorsque la fumée pénétra dans son esprit, son instinct de survie fut bien plus fort que sa volonté brisée. Il y avait un intrus dans son esprit, qui avait accès à tous ses souvenirs, toutes ses émotions, tout ce qui faisait qu’elle était elle, tout simplement. Et qui s’apprêtait à tout annihiler, à désagréger chaque pensée, chaque sensation, mais également chaque mèche de cheveux et chaque pigment qui donnait à ses yeux noirs leur couleur. Et elle nourrirait le néant de sa substance et le rendrait plus consistant et plus fort, capable de tout. Mais elle ne voulait pas, elle ne voulait plus disparaître, elle voulait vivre, elle voulait exister ! Elle devait expulser toute la fumée qui s’était répandue à travers son corps et son cerveau, et qui la brûlait autant que le feu dont elle aurait normalement du provenir. Elle devait se débarrasser de cet intrus, le détruire, l’anéantir comme il le ferait si elle lui en laissait la possibilité !
D’un ultime effort de volonté, Arabella vida son esprit de la fumée qui l’occupait. Cependant, toujours fermement maintenue, elle ne put empêcher de minces volutes de fumées de s’infiltrer dans ses oreilles et dans son nez, dans sa bouche et par les pores de sa peau, et lui voiler progressivement le regard. La jeune femme ne comprit que bien trop tard le but de cette manœuvre, et elle assista au dérèglement de ses sens avec horreur. Tout était arrivé d’un coup, et si soudainement qu’elle ne comprit pas immédiatement ce qui venait de se passer. Tout se mélangeait. Sa tête n’était plus qu’un vaste champ de bataille. Mais l’horreur commença vraiment lorsqu’un semblant d’ordre se fut rétabli.
La gorge et le nez de la jeune femme lui semblaient brûler de l’intérieur, et elle regrettait le simple fait d’être encore vivante, tant la douleur que lui infligeait chaque inspiration d’air était vive, profonde. Elle souhaitait simplement s’allonger, s’étendre pour ne plus jamais avoir à respirer, mais les murs qui l’emprisonnaient et la douleur qui régnait dans tout le reste de son corps rendaient cette entreprise totalement irréalisable. Il y avait dans son corps une sensation de brûlure continue, comme si elle se fut allongée sur un million de fines et longues aiguilles, ou qu’elle eut pris pour lit le petit feu de camp depuis longtemps éteint. Mais à vrai dire, toute la douleur physique qu’elle ressentait ne suffisait pas à éclipser l’horreur qui se jouait devant ses yeux et dans ses oreilles, car toute la misère du monde défilait devant ses yeux et dans ses oreilles. Elle pouvait même reconnaître, parfois, les pleurs ou les cris d’un ami ou d’un membre de sa famille. Et malgré la vitesse à laquelle s’enchaînaient sons et images, elle sentait chaque détail s’imprimer dans son esprit à l’agonie.
Pourtant, Arabella en demandait plus. Elle ne voulait pas que tout s’arrête. Quelle importance après tout si elle s’enflammait de l’intérieur, si son esprit n’était que désolation ? La douleur prouvait simplement qu’elle était humaine, qu’elle était en vie. Elle avait résisté, le néant ne l’avait pas engloutie. Et elle n’était plus seule, elle le savait désormais, puisqu’elle les avait vu. Ils étaient tous là, dans son esprit, amis et famille, elle avait souffert à leurs côtés, et leur propre peine l’avait déchirée. Mais elle n’était plus seule, et ne le serait plus jamais. Cela seul importait. Alors lorsqu’elle se rendit compte que les deux murs la retenaient encore, elle éclata d’un rire cristallin qui acheva de briser les parois, que la volonté retrouvée de la jeune femme avait déjà bien entamés. Mais au même instant, toute la fumée se rétracta, et Arabella plongea dans le vide aussi bien que dans l’inconscience.
La première chose que vit la jeune femme en ouvrant les yeux l’étonna tellement qu’elle ne remarqua tout d’abord pas la silhouette gracile qui se faufilait entre les arbres. Mais après tout, que faisait-elle donc allongée au pied de ce sapin de Noël ?
Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Mar 12 Fév - 19:52
Le décor se reconstitua peu à peu autour d'elle. Un long couloir. Les murs étaient blancs, et le parquet ciré. Des peintures étaient exposées : un musée. Le premier réflexe de la jeune fille fut de chercher Strictwise, mais il n'était pas là. Hésitante, elle s'approcha du cadre le plus proche : c'était un arbre peint à l'aquarelle, avec des petites étiquettes sur chaque branche. Juste au-dessus de la cîme du chêne trônait un mot, un nom, selon toute apparence : Aaby. Ce nom devait-il lui inspirer de la crainte, de l'horreur ? Ca n'était pas le cas : elle ne savait pas pourquoi, mais elle était persuadée de ne l'avoir jamais entendu, ni vu. Elle parcourut l'arbre généalogique du regard : Mary Aaby, Bruce Aaby, Peter Johansson... Elle passa à la famille suivante : les Aaron. C'est alors seulement qu'elle comprit. Comme dans un rêve, elle courut le long de ce couloir qui sentait le vernis frais, et se remit au pas quand elle aperçut les premiers "V". Veithar... Velcrewore... Velturette... Velvethone. Le tableau était vide. Complètement vide. Un sobre cadre de bois, et, comme pour la narguer, la toile, vierge, hormis le nom finement callygraphié. Léola, complètement perdue, effleura les lettres du bout des doigts. Elle avait oublié. Plusieurs années avaient passé, et elle avait fini par croire que ce nom inventé était bien le sien. Velvet and hone. De pierre et de velours. Délicat velours... Elle réfléchit un instant, puis fit demi-tour pour revenir sur ses pas. Elle ne s'en était pas rendu compte tout d'abord, mais la galerie était extrêmement longue : elle avait dû parcourir à peu près cinq cent mètres. Reconnaissant l'arbre qu'elle cherchait, elle s'arrêta. La voix tremblante, elle lut les prénoms les uns après les autres... Son doigt glissait lentement sur les liens qui unissaient cette famille : Barbara et son mari, Evan, leurs enfants... Les battements de son coeur s'accélérèrent. Simon... Lily... Elle n'y était pas. Mais au fond, elle le savait, elle s'y attendait, mais elle avait juste... espéré. La jeune fille s'adossa au mur et se laissa doucement tomber au sol. Anéantie, elle murmura son prénom, à bout de lèvres. Elle le répéta une fois, deux fois, à l'infini, comme une énigme dont on cherche la clé sans la trouver. Léola, Léola, Léola... Elle se releva d'un bond, cherchant l'étiquette parmi les cadres qui l'entouraient. Pas de Léola. Elle se remit à courir, courir comme une démenée, cherchant un nom qui lui serait familier, qui viendrait compléter son identité atrophiée, un nom qui lui appartienne, appelant :
- LÉOLA, LÉOLAAA !!
Trébuchant soudain, elle s'étala sur le parquet glissant.
- Léola, murmura-t-elle, désespérée, folle. Elle ne se rappelait plus que ce seul mot. Léola.
Où es-tu, qui es-tu ?
- Léola. Forte comme un lion. C'est ce que ça veut dire.
Un rire froid s'éleva dans l'air.
- Toi, forte comme un lion ? Tu es faible, faible.
Faible. Faible. Faible. Personne. Personne.
- Quand on ne raisonne pas, on résonne !
Elle sursauta et ouvrit les yeux, face contre terre. Une seule personne avait pu dire ça. L'étudiante releva la tête : dans les tableaux, tous les arbres avaient disparu, et autant de Strictwise la considéraient d'un air goguenard. Un cauchemar, c'était forcément un cauchemar.
- Tout comme. Celui-ci a reçu pour nom "transe mimétique".
Une larme coula le long de la joue de l'étudiante, mais le renard n'y prêta aucune attention.
- Strict'...
Il éclata à nouveau de rire et la toisa d'un air méchant.
- Pas de ça, rien du tout. Tu vas être jugée pour ton orgueil.
Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Jeu 28 Fév - 12:40
(merci Zelia, c'est très bien comme ça^^. Si quelques chose ne va pas dans le message, tell me !)
Brise ne voulait pas ouvrir les yeux. Elle était morte, qu'on la laisse en paix. Et cette histoire de repos éternel, c'était du pipot alors ? Bien la peine d'en passer par là pour se faire faire tapoter l'épaule au bout de dix minutes, pensa-t-elle en maugréant. Elle repoussa le bras inopportun et se tourna sur le côté en grognant. Bon, voila qui était mieux, à présent elle exigeait un calme complet, total, mortuaire.
Hélas, quelqu'un semblait bien décidé à la sortir de sa torpeur. Le tapotement insupportable se manifesta à nouveau, sur son épaule droite cette fois. Brise se redressa brusquement, rageuse, prête à mordre s'il le fallait.
C'est alors qu'elle constata qu'elle n'était pas morte, ou du moins pas en entier. Elle sentait bien comme un vide quelques part à l'intérieur, mais pour le reste, et bien... elle était en vie. Poussant un soupir à fendre l'âme, Brise tourna la tête vers le truc qui continuait, avec une obstination têtue, à lui tapoter le coude (faute, visiblement, de pouvoir atteindre son épaule). - IIIIIIIIIIIIIIIIKKKKKKKRRRGHHH! hurla-t-elle, le coeur battant.
Une sorte de... lézard rougeâtre se tenait debout sur ses pattes arrières tout près d'elle, tapotant de ses pattes avant le coude nu de Brise. Celle-ci recula vivement, à quatre pattes, les traits crispés. Elle était recouverte de la poussière rouge et fine qui tapissait le sol, tout comme le reptile immonde qui retomba sur ses pattes et trottina vers elle, une expression de... de... oui, une expression d'adoration déformant ses traits fripés. Brise se releva brusequement et se mit à courir vers un genre de rocher orange qui emmergeait non loin de là. Elle y grimpa avec agilité, surtout pour quelqu'un qui venait de passer de vie à trépas et inversemment en quelques minutes seulement. Haletante, Brise regarda la chose s'approcher à nouveau, pleine d'espoir.
- Arrière, sac à main ! S'exclama Brise en brandissant une branchette qu'elle venait d'arracher au buisson épineux le plus proche.
Le sac à main venait d'atteindre le rocher, et Brise constata avec effroi que ses écailles prenaient progressivement la teinte de son percheoir. Avec un hurlement supersonique, Brise dégringola de l'autre côté du rocher, se rapant tout le bras au passage.
- Mais fiiiiixhe mooooaaaaaaa la paaaaaaaaix! Hurla-t-elle en courant sans se retourner.
Le paysage autour d'elle ne ressemblait à rien de connu. Il était arride, plat, épineux. Brise le parcourait à toute vitesse, le souffle court. Elle se retourna, deux ou trois fois, histoire de vérifier qu'elle avait bien semé l'ignoble bestiole, laquelle trottinait toujours au loin, tenace. Brise poussa un gémissement plaintif avant de trébucher sur une racine et de s'étaler lourdement dans la poussière. Le goût du sang se répandit dans sa bouche, épais et désagréable. Brise cracha sur le sol avant de se relever, vacillante.
Tap tap tap
la jeune femme fit un bond de deux mètres avant de fondre en larmes. Le truc dégueu était à nouveau là, et il venait de lui tapoter le mollet. En proie à une véritable crise de nerfs, Brise éclata en sanglots convulsifs, reculant à mesure que le reptile avançait, presque invisible sur le sol arride tant ses écailles imitaient à la perfection la teinte de la terre.
C'est alors qu'il se mit à parler. Brise éclata de rire à travers ses larmes, un rire dément digne de Tibère.
- Brise, je m'appelle Neveh...
Les machoires grotesques du reptile s'agitaient maladroitement, et Brise recula à nouveau.
- Brise, je suis Neveh, ton daemon.
Cette fois Brise se figea. Ce n'était pas prévu. On n'était pas sensé découvrir son daemon durant une transe mimétique, pas possible. IMPOSSIBLE. Tout mais pas ça pour daemon...
- Je suis un caméléon, s'exclama le reptile, visiblement blessé dans son orgueil.
- Je m'en fiche, tempêta Brise, je suis pas venue ici pour trouver mon daemon, je suis venu pour libérer mes flux, c'est encore une épreuve tordue de mon imagination...
Brise se mit à ourner en rond, les yeux fous.
- Tu n'existe pas tu n'existe pas tu n'existe pas...
- Il ne t'es pas venu à l'esprit que tu pouvais avoir besoin de moi pour les libérer tes flux ? Intervint Neveh qui commençait visiblement à s'énerver.
- J'ai jamais eu besoin de toi avant, jamais, j'ai pas besoin d'un... d'un animal parlant qui me suive partout ou je vais en me donnant des leçons de morale !
- Tu n'es pas obligé de me révéler, soupira Neveh, manifestement agacé. Tu as juste besoin de moi pour trouver l'endroit où sont enfermés tes flux pour l'instant. Tu feras ce que tu voudras après.
Brise se laissa tomber au sol, à bout de nerfs.
- Qu'est ce qui me prouve que tu es vraiment mon daemon ?
- Tu t'attendais à quoi, un lion? railla Neveh, moqueur.
Brise ouvrit la bouche avant de la refermer, honteuse. Effectivement, elle aurait aimé quelques chose d'un peu plus...
- Imposant ? Intervint Neveh
... d'un peu moins...
- Laid ? Compléta le daemon
Brise se prit la tête dans les mains, avant de marmoner dans sa barbe, si bien que Neveh du lui demander de parler plus fort. L'anglaise releva la tête et cracha, hargneuse :
- Ok, ok, tu viens, mais je te préviens, pas question de te faire venir dans... heu... dans le monde réel, t'as compris ?
- J'apprécie la joie que tu manifeste à me rencontrer enfin... Répondit Neveh, blessé, avant de tourner le dos à Brise pour trottiner vers la ligne d'horizon. C'est par là, plus vite tu iras, plus vite tu te débarrasseras de moi.
Nombre de messages: 182 Age: 27 Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid Date d'inscription: 11/07/2007
Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Mer 5 Mar - 20:12
« Assieds-toi, petite chose… » fit le dragon à deux têtes d’une voix prévenante en ramenant sa queue derrière Aina pour la rapprocher de lui et l’inciter à s’asseoir.
La jeune femme n’avait guère le choix, elle devait obéir. De toue façon, la créature aurait bien pu la cramer en soufflant des flammes, alors… Elle préférait rester le plus longtemps en vie. Elle se laissa donc à moitié tomber sur la queue du dragon qui hocha la tête, visiblement satisfait. Il tendit ensuite une patte avant vers elle et la laissa suspendue entre eux deux. Après avoir récité une formule incompréhensible, la jeune femme vit apparaître un disque de lumière blanche, la montrant dans les ruines de Sywhaîd allongée pour vivre sa transe. Elle frémit.
« A ton avis, petite chose, qu’est-ce qui est la réalité ? L’endroit où tu te trouves en ce moment, ou l’endroit que tu vois dans ce cercle magique ? »
La jeune femme releva les yeux vers l’être couvert d’écailles. Elle avait envie de dire que la réalité était dans ce cercle magique, mais elle avait un doute. Etonnamment, il lui semblait réel. Plus réel que tout ce qu’elle avait vu jusque là.
« Et si ce que tu as vu, jusqu’à présent avait pour but de t’amener ici, de te montrer autre chose, de te préparer à voir quelque chose de différent ? »
Elle ne répondit pas et ferma la bouche qu’elle avait ouvert pour répondre à la précédente question du dragon. A dire vrai, elle ne savait plus trop quoi penser de cette situation. Elle se souvenait des paroles de Zephira. Faire une transe mimétique, mais elle avait la sensation que ç’avait été dit dans un rêve. Le décors à l’intérieur de la bulle changea et elle vit en spectatrice les épreuves qu’elle avait vécues jusque là. Cette fois, elle voyait tous les détails qu’elle n’avait pas vus plus tôt et chercha à les analyser.
« Dis-moi ce que tu penses de tes réactions et ce que tu aurais pu ou dû faire à la place ? »
Apparemment, le dragon cherchait très exactement à la mener vers l’endroit où elle désirait aller. Peut-être était-il un allié, après tout ?
« Les apparence sont trompeuses, petite chose… Regarde… Toi-même, tu sembles très frêle, par rapport à moi, notamment, mais tu renfermes une très grande force intérieure. Sinon, tu ne serais jamais parvenue jusqu’à moi. Je suis la dernière épreuve que tu as à affronter. Après, tu seras libre… »
Aina leva vers le dragon un regard surpris. Elle avait déjà remarqué plus tôt qu’il semblait lire dans ses pensées, mais là, c’était encore plus flagrant. Elle déglutit péniblement et regarda Riom à côté d’elle.
« Tu n’auras pas besoin de lui… »
Sur ces mots du dragon, le félin disparut, purement et simplement.
« RIOM ! » s’exclama-t-elle.
Des larmes de colère franchirent tout à coup la barrière de ses yeux tandis qu’elle reprenait la parole, en hurlant plus qu’en ne parlant :
« RENDEZ-LE MOI ! VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT DE NOUS SEPARER !! »
La face cruelle du dragon, pour toute réponse offrit un sourire qui se voulait rassurant, tandis que l’autre, la face angélique se durcissait, offrant un sourire froid.
« Il est en sécurité… » répondit la partie réconfortante. « Mais il pourrait ne plus l’être bientôt, si tu continues… » répondit celle qui aurait dû être angélique.
De nouveau, elle déglutit. Elle n’avait visiblement pas le choix. Elle fixa tour à tour les deux visages du dragon. Il avait raison. Les apparences étaient trompeuses. Elle avait cru que le visage diabolique était le plus dangereux, mais aux paroles des deux têtes, elle venait de comprendre que c’était en fait tout le contraire. A cet instant, les deux parties de la créature prirent la même expression satisfaite.
« Bien… Tu commences à comprendre… revenons en donc à nos moutons. – C’est vrai qu’il y en a des bons dans le coin… – Ce n’est pas le moment. – Oui, bon, d’accord… »
La digression sembla s’arrêter là et Aina put commencer à se concentrer pour répondre à la question posée. Une douce chaleur commença alors à l’envahir, tandis qu’elle se concentrait et sentait une énergie nouvelle l’envahir. Elle regarda le dragon, n’ayant, pour la première fois depuis qu’elle l’avait croisé, plus peur. Si le spectacle était toujours étonnant, voire même détonnant, elle ne craignait plus ce qu’il lui faisait voir, ce qu’il était. Celui-ci hocha la tête, appréciant visiblement le retournement de situation.
« Reprenons, donc… Vis-à-vis de la petite fille, pour commencer… »
Aina se pencha vers le cercle magique pour mieux regarder. La petite fille avait une voix effrayée. Pourtant, son regard démentait cette voix. Cela, Aina ne l’avait pas remarqué. Elle fronça les sourcils.
« Là était ta première épreuve, petite chose. Là, déjà, les choses auraient pu s’arrêter si tu avais prêté plus d’attention à la situation. Cette petite fille était la cause de ta cécité et de ta paralysie intérieures. Ton daemon t’en avait libérée. La morsure de ton daemon t’a libérée, car en te mordant, il a stoppé l’illusion. Du moins, en partie. Il était, lui aussi, pris au piège, mais dans une moindre mesure. »
Aina regarda celui qui savait. Visiblement, il en savait long sur la situation. Enfin, elle reprit la parole :
« J’aurais dû me méfier de la petite. Une fillette dans ce monde en noir et blanc, où ce qui aurait dû être blanc était noir et vice versa. »
Elle stoppa soudain le flot de ses paroles et regarda le dragon, sourcils froncés.
« Qu’est-ce qui me dit que vous n’êtes pas une illusion de la petite, vous aussi ? »
Les deux visages eurent un sourire énigmatique mais ne répondirent pas. A la place, l’image qu’elle voyait dans le disque changea.
« Ah… La prison de verre. J’avoue, cela a été court. D’autant que tu n’aurais rien pu faire d’autre à cet instant, à part peut-être te poser et faire le vide. Mais ton appel à l’aide t’a libérée… »
Le film changea à nouveau et elle se revit avec Jack, ce jour-là. Les joues de la jeune femme s’empourprèrent.
« Comme c’est mignon… » commenta la créature, seule juge de cette épreuve.
Le film de son passé se retraça, se redéroula, marquant à nouveau la jeune femme d’une marque indélébile. Elle était comme marquée au fer blanc. Elle se reprit à souhaiter que la réaction de ses parents n’ait jamais eu lieu. Une larme perla au coin de son œil. Le regret, la tristesse, le chagrin d’un amour perdu, l’émotion de le revivre un instant même par procuration, en tant que spectatrice.
« J’aurais tellement aimé que cet instant de bonheur sur la plage ne se termine jamais… »
Elle se tut et essuya ses larmes d’un revers de main.
« Ta vie n’est pas terminée, c’est simplement une étape, que tu vas franchir aujourd’hui… Laisse le temps au temps… »
La jeune femme détourna un instant les yeux de son reflet jeune qui se laissait dépérir, sombrant dans une profonde mélancolie, pour le reporter sur le dragon. Que voulait-il dire par là ? Elle n’eut pourtant pas de réponse et le vit qui lui indiquait de regarder à nouveau l’écran.
« Je ne veux pas revoir ma descente aux enfers… » lâcha-t-elle d’une voix hargneuse.
Elle avait trop souffert durant cette période. Elle ne voulait pas y revenir. A aucun prix. Elle ne voulait pas connaître ça à nouveau. Le dragon reprit la parole.
« Faut-il que ton daemon t’aime, pour s’être rendu compte que c’était une nouvelle illusion qui retraçait ton passé… »
Mais la scène suivante ne fut pas agréable à revoir. Le noir absolu, le manque d’air, l’étouffement, Aina retint son souffle, avant de détourner la tête.
« Il n’y a rien d’autre que tu aurais pu faire. Sans cette aide extérieure, ton esprit et ton corps seraient morts. Tu pourras la remercier. »
Intriguée, Aina arqua un sourcil pour reposer le regard sur le dragon.
« Remercier qui ? Et pourquoi ? »
« A toi de le deviner… »
Il appuya sur un bouton invisible d’une télécommande invisible et de nouveau, l’image changea. Cadre idyllique, moment parfait. Pourtant, pourtant, ça n’avait pas duré. Elle avait rapidement compris qu’il manquait quelque chose. Elle regarda à nouveau le dragon, se demandant pourquoi il lui avait remontré ça.
« Tu as bien réagi, là. Tu as trouvé seule que tu n’étais pas au bon endroit. Jolie victoire. »
Sur ces paroles, il y eut un nouveau changement tandis qu’Aina sentait à nouveau une énergie plus forte se rassembler en elle, sans qu’elle ne puisse dire quoi. Elle se revit sous sa forme zoomorphique, faire sa première course dans les grands espaces. De nouveau, même en tant que spectatrice assise sur la queue d’un dragon, elle se sentit envahie d’une douce euphorie et se sentit grisée par la course. La encore, elle avait deviné qu’il manquait quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Là encore, ça l’avait sortie de cette vision. Elle avait réussi cette nouvelle phase. Le miroir magique disparut.
« Et tu es arrivée ici, au bout de ton épreuve. Je suis fier de toi, je te l’avoue. Si au départ, tu as eu du mal, il semble que tu aies fini par comprendre ce qu’on attendait de toi. »
Aina avait du mal à réaliser. Elle se sentait de plus en plus forte, pleine d’énergie. Elle se mit à espérer la réapparition de Riom, à se concentrer pour qu’il revienne, et il reparut.
« Bien ! Dans un univers où tu ne maîtrises rien, le retour de ton daemon est un réussite brillante. »
Les deux visages du dragon sourirent. Elle était prête. Prête à repartir. Prête à retourner dans la réalité.
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Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Ven 7 Mar - 3:41
Le sapin sous lequel avait atterri Arabella dominait tous ses congénères, en hauteur aussi bien qu’en largeur. Pourtant, une grosse étoile dorée luisait à son sommet et des guirlandes pailletées enserraient ses branches. Quelques paquets cadeaux reposaient à son tronc, bien à l’abri de la neige que de gros nuages gris crachaient encore. Tous ces détails ne laissaient planer aucun doute sur la fonction du conifère : l’anglaise avait devant les yeux un authentique sapin de Noël, comme on en aurait pu trouver dans n’importe quelle maison au soir du 24 décembre. Mais ça n’expliquait toujours pas ce qu’elle faisait là, elle.
Arabella se releva péniblement, endolorie par sa chute – heureusement amortie par cet épais manteau de neige – et engourdie par le froid. Mais la douleur semblait tellement dérisoire par rapport à ce que la fumée lui avait fait subir quelques instants auparavant, qu’elle n’y prêta rapidement plus aucune attention et préféra s’intéresser à la svelte silhouette qui s’avançait vers elle à pas décidés. Et qui avait, en observant bien, quelque chose de bien familier… Visiblement pressée, l’inconnue progressait rapidement dans la neige. Mais un capuchon recouvrant tout son visage dissimulait encore son identité et ce ne fut que lorsqu’elle se fut plantée juste devant Arabella et rabattu sa capuche que cette dernière put reconnaître sa petite sœur. Elle n’avait pas changé, pas vraiment, même si elle paraissait un peu plus mince et plus pâle que dans les souvenirs de son aîné, mais c’était bien normal dans ce paysage de sapins gigantesques et de neige immaculée, n’est-ce pas ?
« Bella ! J’suis si contente que tu sois venue ! J’ai du sortir en douce pour pas être vue, mais je pense que personne ne m’a remarquée, pas même Mère qui se lève pourtant toujours avec le soleil ! Elle ne voulait pas que je sorte seule mais il fallait qu’on rattrape le Noël qu’on n’a pas pu fêter, n’est-ce pas ? Tu m’aideras si je me fais prendre hein ? »
Encore trop surprise par la subite apparition de sa petite sœur et noyée sous le flot de ses paroles, Arabella se contenta de hocher la tête de temps en temps, sans pour autant se départir d’un large sourire. Elle ne comprenait pas grand-chose à la scène qui se déroulait sous ses yeux, sinon qu’Anthea désirait rattraper leur Noël perdu. Un mot, un détail, cependant, frappa l’esprit de la jeune femme. Sa sœur était seule. Les guirlandes lumineuses du sapin illuminaient deux personnes. Elles auraient dû en éclairer trois. « Où est Antonius ? Où est ton frère, ton jumeau ? »
A la réaction de sa sœur, Arabella souhaita immédiatement retirer sa question. Après tout, elle ne voulait pas vraiment savoir une nouvelle qui arrivait à arracher des larmes à sa petite sœur, elle qui était toujours enjouée et rieuse. Anthea releva soudainement la tête. Mais au lieu des sanglots auxquels elle s’attendait, sa grande sœur ne trouva qu’une pluie de reproches qui l’ébranla fortement.
« Et où tu crois qu’il puisse être hein ? Tu croyais vraiment que Edward et Jane Lancaster allaient laisser leur unique fils dans une médiocre école de campagne ? Ils l’ont envoyé à Londres bien sûr ! Dans l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure, écoles de magie du pays. Mais moi ils ne m’y ont pas envoyée, moi, ah non ! C’est bien trop cher, et puis ils craignent que j’ai une mauvaise influence sur Antonius ! Et quand il reviendra, s’il revient un jour, il aura tellement changé que je ne le reconnaîtrais même pas ! »
« Calme-toi p’tite sœur, tout va s’arranger, tu vas voir. J’vais… »
« Toi tu vas quoi ? Qu’est-ce que tu peux faire exactement ? Tu t’es enterrée dans ton école de magie cachée quelque part en Ecosse, si bien cachée à vrai dire que les parents n’ont même pas trouvé où elle se situait précisément, ni même quelle est la plus grande ville aux alentours et pourtant tu sais que leur liste de contacts est aussi grande que toi des pieds à la tête ! Tu peux rien faire de là-bas ! Et tu veux que je te dise ? Si t’étais pas partie, rien de tout ça ne serait arrivé ! Avec toi aux alentours les parents n’auraient jamais pu envoyer Antonius à Londres, sans moi en tout cas, parce que tu nous aurais défendus ! Mais t’as préféré t’amuser à agiter ta baguette plutôt que de t’occuper de nous, voilà ! T’es qu’une égoïste ! D’ailleurs si tu veux tout savoir, t’es tellement égocentrique que t’as même pas encore remarqué que… »
Mais Anthea ne finit pas sa phrase. Un sourire mutin passa un bref instant sur ses lèvres fines. Une lueur de malice remplaça la lueur de haine et de colère qui dansait encore au fond des prunelles de l’adolescente. Lorsqu’elle reprit la parole, son ton était calme.
« Je crois que j’ai compris, Bella. Mais toi, en revanche, tu ne pouvais pas comprendre à quel point le lien qui m’unit à Antonius était fort. Tu ne dois pas connaître cette sensation de partage absolu, cette sensation que vous êtes la même personne, mais dans deux corps différents. C’est un peu ce sentiment que j’ai avec Antonius, tu sais. C’est à cause de la gémellité qui nous unit, sans aucun doute. Mais comment aurais-tu pu comprendre toi, alors que tu n’as pas remarqué, pendant toutes ces heures perdues dans ton idiote transe mimétique… »
« Eh ! Comment sais-tu à propos de ma transe mimétique toi ? »
« Tu vois ? Tu évites encore le sujet ! On dirait que ton inconscient ne veut vraiment pas que tu te rendes compte de l’absence de ton daemon ! »
Le choc fut trop violent pour qu’Arabella pense seulement à répliquer. Des pensées contradictoires se bousculaient dans sa tête, prémices d’une violente migraine. Plus rien n’avait de sens pour la jeune femme. Elle n’avait jamais oublié son daemon, jamais. Ils étaient toujours ensemble, ils se protégeaient, ils s’aidaient et ils se soutenaient mutuellement, comme l’équipe la plus soudée qui ait jamais existée. Jusqu’à ce jour là.
« Je suis étonnée que tu sois arrivée aussi loin à vrai dire. Je pensais que tu aurais abandonné près de ce feu, tu sais ? Tu es si faible, si pathétique… Tu te rappelles de la fumée Bella ? Tu te rappelles comment t’as réussi à lui échapper ? Tu as cru que tu n’étais plus seule, parce que tu nous avait vus, moi et la famille et les amis. Mais tu n’avais pas vu ton daemon n’est-ce pas ? Je vais te confier un petit secret. Oh, t’inquiètes pas, t’as pas besoin de promettre que tu ne le répéteras pas, de toute façon tu ne le pourras bientôt plus. Mais je voulais t’expliquer avant que tu partes pourquoi tu ne l’avais pas vue ta boule de poil, dans la fumée : tu l’as condamnée en l’oubliant, elle ne te reviendra plus. Et toi non plus tu ne reviendras plus. »
Alors le tiraillement familier d’une Corde d’Argent trop étirée se fit sentir quelque part aux alentours du cœur d’Arabella et la douleur toujours croissante l’emporta rapidement dans l’inconscience, avant même qu’elle ne puisse comprendre entièrement les menaces proférées par sa sœur.
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Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Jeu 20 Mar - 16:28
[je fais une ellipse, mais je ne vous oublie pas les filles, j’écrirais les visions de Kay à propos des personnages que j’ai ellipsés dans la partie hors-jeu un peu plus tard, autrement là j’en ai encore pour des semaines :p Touille, on avait parlé du truc avec Celesta, je me permets de le jouer, dis-moi si y a un truc qui va pas…]
D’autres visions se succédèrent. Certaines étaient plus légères, moins graves, même si elles étaient aussi déterminantes pour les personnes concernées, mais d’autres étaient de sombres secrets gardés depuis des années. Kay avait perdu toute ses forces, elle ne râlait même plus, elle ne faisait que suivre les ordres de son double. Elle ne pleurait ni n’hurlait, elle se contentait de regarder ces morceaux de vies qui ne la concernaient absolument pas, sans aucune curiosité ou sans plaisir à avoir pour une fois des visions claires. Elle avait l’impression que la créature la forcerait à faire ça durant l’éternité. Epier la vie personnelle de ses camarades pendant tout le reste de sa vie, et plus loin encore, lui semblait la pire des tortures. Pourtant, elle ne disait plus rien que ce que la créature voulait entendre, elle était totalement abattue. Elle ne réfléchissait même plus vraiment à ce qui se passait, plus tard elle comprendrait réellement ce qu’elle avait vu durant cette période de sa transe et elle aurait sûrement peur de tout ce qu’elle savait à présent sur ses camarades, mais pour le moment elle ne faisait que « lire » ses visions sans y réfléchir.
Elle venait d’ailleurs de finir la vision de la dernière personne, d’une des assistantes, celle qu’elle connaissait le moins, une certaine Celesta, quand quelque chose de très étrange et de très déterminant à la fois se passa. Alors qu’elle finissait de décrire à la créature ce qu’elle venait de voir à propos de l’eurasienne, toujours agenouillée au sol, tenue fermement par son double, quand son regard brun croisa celui de l’assistante. Et là, il y eut comme un déclic, quelque chose de très bizarre, le même bruit que lorsqu’un bouchon de champagne saute hors de la bouteille, ou peut-être comme quand une vitre se brise… Un bruit de changement brusque en tout cas.
Et Kay vit que Celesta l’avait vue.
Elle poussa un cri de surprise qui la sortit totalement de sa torpeur. Celesta la regardait à présent avec un regard étonné. Seulement, c’était impossible. Elle était dans sa transe, Celesta ne pouvait pas l’avoir vue… A moins que… A moins qu’elle soit dans la réalité. Après tout, elle voyait son corps, allongé à quelques pas de là. Etait-il possible que sa transe l’ait faite sortir de son corps, comme une projection astrale ? Mais il y avait pire que le fait que Celesta l’ait vue. Elle sentait que Celesta savait ce qui venait de se passer. Qu’elle avait vu un souvenir d’elle, enfin pas vraiment un souvenir d’ailleurs, plutôt un sentiment. Elle voyait que Celesta savait ce qu’elle avait fait durant ces dernières minutes.
Etrangement, la peur s’empara d’elle. Jusqu’à présent, elle avait ressenti de la douleur, du dégoût à l’idée de voir ce qu’elle voyait, mais jamais de la peur. Elle avait su que, d’une certaine façon, il fallait que ça se passe, que ça faisait partie de la transe. Mais l’air abasourdi de Celesta contredit tout ça. Elle n’était pas sensée être là. Et le pire était sûrement que quelqu’un l’y avait vue. Ils allaient tous savoir ce qui s’était passé et ils allaient tous savoir ce qu’elle était. Ils allaient la détester. Elle eut envie de vomir, mais cette fois elle ne resta pas inactive. D’un mouvement brusque qui étonna son adversaire, elle se libéra de l’emprise de son double et se releva prestement. Elle était sportive, c’était un bon point dans ce genre de situations, même si c’était bien la première fois qu’elle vivait justement ce genre de situations. Sans attendre que Celesta ait le temps de réagir, ou que son double retrouve ses esprits, elle se précipita vers les bois d’où elle était venue, courant comme si sa vie en dépendait.
Elle sentait que la créature la poursuivait, mais elle n’avait pas l’intention de se laisser rattraper. Toujours pieds nus, toujours en nuisette, pleine de terre parce qu’elle avait été à moitié traînée par terre par la créature. Elle avait mal aux pieds, à cause des cailloux et des branchages, les branches plus hautes lui griffaient ses bras nus et se prenaient dans ses cheveux. Mais elle ne se laissait pas ralentir, elle avait bien trop peur que la créature la force de nouveau à faire des choses qu’elle ne voulait pas faire.
Elle manqua de tomber deux fois et se rétablit de justesse, elle avait toujours eu un bon équilibre. Malheureusement, cet équilibre ne l’aida pas la troisième fois. Elle courait dans une sorte de vague petit sentier en terre, la terre était humide et le sentier en pente. Elle buta contre une pierre qu’elle n’avait pas vu et plana sur quelques mètres avant de tomber brutalement sur le ventre. La pente était devenue plus raide et elle se mit à rouler rapidement sur elle-même avant de percuter de nouveau une pierre, plus grosse, avec sa tête. Un son mat suivit le choc et elle se sentit nauséeuse et sa vision s’obscurcit. Juste avant qu’elle ne s’évanouisse tout à fait, elle sentit l’humidité autour d’elle augmenter et eut l’impression que l’obscurité n’était plus due qu’à son évanouissement, au moment où elle sentit sa conscience vaciller, elle entendit une voix réconfortante lui dire :
« You're safe now… »
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Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Dim 30 Mar - 19:43
« Mhhh… »
Kay se sentit vaciller de l’inconscience à la conscience et ce changement n’était pas plus agréable que l’inverse. Ses yeux papillonnaient et elle avait mal à la tête, une sorte de pulsation qui résultait de quand elle s’était cognée. La lumière était douce et elle put rapidement rouvrir complètement ses yeux. Elle ne voyait rien à part la brume qui l’entourait, pourtant la lumière ne pouvait que venir d’une lampe, ou d’un feu de bois. Elle prit une bonne inspiration et se redressa, ce qui lui arracha un cri. Elle avait la tête qui tournait et la vision de nouveau brouillée. Elle discernait seulement une sorte de silhouette qui s’activait autour d’elle. Une voix plutôt agréable, bien que différente de la première, s’adressa à elle :
« Fais attention choupette. T’y es pas allée de mains mortes et la Brume n’a pas pu vraiment agir, ce genre de transes c’est pas sa spécialité. »
Kennedy grimaça et fut incapable de répondre quoi que ce soit, alors que plusieurs réponses étaient sur ses lèvres, mais la nausée l’empêchait de vraiment parler. Elle soupira et ferma les yeux, toujours assise, afin de retrouver une vision normale. Quand elle rouvrit les yeux, elle se retrouva face à un satyre. Un petit satyre à l’air bien sympathique, qui était en train de préparer une sorte de potion au-dessus d’un feu improvisé. Dans d’autres circonstances Kay serait sûrement partie en courant, mais là elle n’en avait pas la force et de toute façon ses nerfs avaient été trop éprouvés pour réagir vraiment. Elle se contenta de soupirer et de marmonner :
« Un centaure… manquait plus que ça… »
« Pas un centaure mignonne, un satyre. Les centaures sont des espèces de grands canassons… »
« Whatever… »
Elle soupira de nouveau et porta sa main à sa tête. Une grosse bosse, et du sang séché qui semblait montrer qu’il y avait une ouverture quelque part, ou du moins qu’il y en avait eu une, étaient déjà présents. Elle se demanda vaguement comment elle pouvait être blessée dans une transe mais quelques minutes plus tôt elle avait bien ressenti la douleur quand son double la forçait à lire des visions sur les autres alors… A cette pensée elle tourna un regard affolé derrière elle, s’attendant presque à voir sortir son double créature des arbres qui se trouvaient derrière.
« T’inquiètes pas, la Brume l’a éloignée. Tu es en sécurité… »
« Comment la Brume peut intervenir dans ma Transe ? C’est pas plutôt moi qui hallucine complètement ? »
« Oh non choupette, elle intervient bien dans ta transe. Aussi sûrement que je m’appelle Fil depuis qu’un certain Vladimir m’a nommé pendant sa Quête. »
« C’est pas le prénom le plus original du monde… »
« Paraît que ça veut dire « ami » en russe… Et je crois que tu as bien besoin d’un ami en ce moment. »
Même Kay ne trouva rien à ajouter à ces paroles. Surtout qu’elle en avait effectivement besoin, mais pas seulement parce qu’elle était en pleine transe mimétique. A part Arieh, elle ne s’était pas vraiment liée d’amitié avec qui que ce soit, et encore, elle n’était pas sûre de pouvoir vraiment dire qu’elle était amie avec Arieh même si elle l’aimait bien. Elle avait toujours été très sociable, ou du moins l’avait été avant de partir pour L.A. et ça lui manquait, pas seulement parce qu’à l’époque de son lycée elle était le centre de l’attention. Au moins, elle savait à l’époque qu’elle avait toujours quelqu’un sur qui compter. A L.A. ça avait été différent, et maintenant à Sywhaîd c’était encore pire. Elle sentit des larmes monter et n’arriva pas à les chasser. Elle se mit à sangloter, sans aucune pudeur, incapable de faire autrement. Toute cette transe avait été beaucoup trop éprouvante pour elle, elle avait beau avoir du caractère et être bien plus forte qu’elle ne le pensait, elle ne pouvait pas supporter ce genre de choses sans aide. Fil ne lui fit aucune remarque, il servit un peu de ce qu’il faisait cuir dans une assiette creuse en bois et la tendit, avec une grosse cuiller à Kennedy.
« C’est une soupe, avec des légumes et du lard, je pense que tu as aussi besoin de manger un morceau. »
La gentillesse avec laquelle le petit bonhomme agissait empêcha Kay d’être méfiante. Elle était de toute façon trop fatiguée pour ça. Elle prit la soupe et, entre deux sanglots, commença à la manger. Elle était chaude et plutôt bonne, et ça lui faisait du bien. Manger lui remontait le moral, elle finit même par s’arrêter de pleure.
« Je dois être tellement mauvaise…. »
Fil tourna un regard interloqué vers elle, apparemment il ne s’était pas attendu à ce qu’elle dise quelque chose comme ça, et surtout pas qu’elle le dise aussi sérieusement. Il s’approcha d’elle et, en la regardant dans les yeux avec un air soucieux, lui demanda :
« Pourquoi tu dis ça ? »
« Je ne sais pas… » elle haussa les épaules et renifla, étouffant un sanglot qui était revenu. « Si je vis tout ça c’est que je dois être punie, non ? Je veux dire, je sais que j’ai été méchante, vraiment méchante, quand j’étais plus jeune… J’étais une vraie peste et j’ai fait beaucoup de mal… C’est pour ça qu’on me punit. C’est pour ça que je suis un monstre et que je suis obligée de subir ce que je viens de vivre… Je le mérite… »
Elle éclata de nouveau en larmes, enfouissant son visage dans ses mains. Fil hésita quelques secondes, l’air bien malheureux de voir la tristesse de la jeune femme. Finalement, il s’approcha de nouveau et passa son bras sur les épaules de la jeune femme. Il la força ensuite à relever la tête et à le regarder. Les larmes continuaient de couler et sûrement qu’un poète aurait trouvé ça bien beau, pourtant la beauté de Kennedy en larmes n’égalait pas celle d’une Kennedy souriante.
« De monstre à monstre, tu n’es pas punie. Tu es différente, c’est tout. Ca n’est pas facile à vivre, et je comprends que tu te demandes pourquoi ça tombe sur toi. Mais c’est aussi une grande chance. Sywhaîd est une chance, tu ne le réalises pas encore, mais il ne faut pas te laisser aller à tout ce désespoir. Tu es une très jolie jeune femme et tu as la vie devant toi. Ca ne sera peut-être pas la vie que tu avais imaginée au début mais ce sera une vie quand même. Et si tu te débrouilles bien, ce sera une belle vie bien remplie. »
Il lui sourit et Kay lui rendit un sourire peu convaincu, pâle reflet des sourires lumineux qu’elle affichait en général. Mais les paroles du satyre lui avaient quand même remis un peu les idées en place. Elle passa ses mains sur ses joues pour sécher ses larmes puis soupira, ce qui évacua une partie de sa tension. Elle craquait rarement à ce point là, surtout pas devant des inconnus, mais ça lui avait fait un peu de bien. Et puis, étrangement, la petite créature avait réussi à lui remonter le moral.
« Pourquoi je suis ici ? »
« Parce que tu veux trouver ton énergie magique. »
« Oui mais pourquoi ici ? Et pourquoi toi ? Autant mon double créature je vois à peu près pourquoi il était dans ma transe, autant, sans vouloir te vexer, je vois pas pourquoi je rêve à un satyre… »
« No offense. Mais tu ne rêves pas. Tout ça se passe vraiment. J’existe. Enfin, j’existe dans la Brume, tu pourras le voir d’ailleurs en en parlant avec certains sywhaîdiens. Et ce que tu as vu sur tes camarades est réel. D’ailleurs tu le sais, tu l’as senti dès le début. »
L’américaine déglutit avant de soupirer de nouveau. Elle l’avait senti oui, mais elle n’était pas vraiment habituée à se fier à ce genre d’instinct. Elle n’avait pas été éduquée comme ça. Elle avait été élevée au contraire dans un monde où la magie est quelque chose d’assez superficiel, quelque chose qui n’avait rien de naturel, qu’on ne vivait pas au jour le jour, comme ici à Sywhaîd. Elle était obligée d’apprendre à réfléchir autrement maintenant et c’était compliqué.
« Zephira ne m’avait pas dit que ça se passerait comme ça… J’étais sensée vivre des choses à l’intérieur de moi, pas à l’extérieur… »
Elle n’était pas vraiment inquiète, en fait elle était tellement épuisée qu’elle ne voyait pas comment elle aurait pu être inquiète à n’importe quel sujet que ce soit. Elle se contentait de dire ce qu’elle pensait sans réelle émotion, ses dernières larmes avaient fini son quota d’émotions pour plusieurs jours.
« Ca ma belle, c’est quelque chose que tu dois à ton sang de créature, si tu veux mon avis. Je suis pas un spécialiste mais je pense bien que ça a déréglé un peu tout ça, tes flux sont pas tout à fait classiques. »
« Et je suis sensée faire comment pour trouver mon énergie magique interne si je peux pas avoir accès à ce qui est interne ? »
« Oh mais t’inquiètes pas pour ça. Tu l’as déjà trouvée ton énergie. »
« Hein ? » cette fois l’émotion était assez forte pour avoir réussit à passer le mur d’épuisement. « Je l’aurais vue si je l’avais trouvée ! Une grosse boule d’énergie ça peut pas se louper ! »
Et là, le satyre éclata de rire. Un rire qui aurait vexé Kay en tant normal mais qui se contenta pour le moment de lui faire froncer les sourcils. Pas méchant pour un sou, Fil s’arrêta rapidement de rire pour expliquer :
« Ton énergie interne n’est pas une grosse boule d’énergie. Et tu l’as trouvée quand tu es entrée dans la Brume… Si ça c’est pas un symbole sensé t’expliquer que Sywhaîd est vraiment l’endroit où tu es sensée t’épanouir c’est que je m’y connais pas. »
Et c’est là que tout s’arrêta. Alors que normalement il fallait attendre que Zephira active l’énergie une fois qu’on l’avait trouvée, Kennedy se réveilla soudain en sursaut. Elle écarquilla les yeux d’un air surpris et regarda autour d’elle. Elle était la seule à s’être réveillée et elle sentait son énergie fourmiller en elle. Elle chercha Zephira du regard et celle-ci lui fit un petit signe de la tête, comme pour lui dire que tout irait bien. Elle lui fit aussi un signe de main pour lui dire qu’elles en parleraient après.
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Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Dim 30 Mar - 22:53
Celesta s'était sentie mal à l'aise entre deux ex fraîchement séparées... Quelle blague ! Ca, du malaise ? Maintenant, oui, elle se sentait vraiment dans une position étrange qui ne lui plaisait guère. Elle était une "spécialiste", et elle ressentait, en s'attardant sur les diverses personnes autour d'elle, leurs sentiments. Ces corps allongés et gémissants lui fichaient franchement la trouille, et, en même temps, elle ne s'était jamais sentie aussi puissante. Peut-être était-ce en fait le décalage, entre elle et ces silhouettes fragiles, ensommeillées, qui l'effrayait le plus...
Elle avait le sens du devoir, elle n'avait pas reculé, elle avait fait le cercle avec Ronnie et Zelia ; il était désormais brisé, mais elle pouvait encore sentir les énergies passer, comme un grésillement muet qui faisait vibrer ses membres d'une force inédite. Elle n'avait pas besoin de s'attarder sur les yeux étonnamment verts de ses camarades pour deviner que les siens étaient tout autant. Parce qu'elle voyait sans voir... Elle ignorait bien sûr ce qui se passait pendant les transes des uns et des autres. Mais elle pouvait voir leur détresse. Elle pouvait leur venir en aide. En théorie, du moins, parce qu'elle n'eut pas à tenter l'expérience. Zelia se chargeait déjà de Brise quand Cel se rendit compte que celle-ci réclamait du secours.
Elle ne pouvait s'empêcher de repenser à cette nuit étrangement proche, tout à coup, où elle-même avait effectué sa transe. Qu'avait vu Zephira lorsqu'elle s'était crue dans les bras de son amoureux ? Savait-elle ce que cela impliquait encore pour elle, y compris physiquement ? Et lorsque Zelia était tombée de la falaise, Zephira avait-elle vu comme tout s'était brisée en elle, comme elle avait souhaité, l'espace d'une seconde, hurler et se laisser tomber les bras en croix ? Et sa mère... avait-elle vu comme elle sa mère, ou la vision de sa mère telle qu'elle aurait été avec quelques dizaines d'années en plus ; des cheveux blancs... Qu'elle n'aurait finalement jamais...
Celesta eut la sensation de perdre pied ; un léger vertige la prit. Et, tout à coup, elle eut la sensation très nette qu'on l'avait vue. Pas pendant sa transe, non. quelqu'un l'avait vu dans le cadre d'une autre transe. Ou de son sommeil ; cette belle brune s'était introduite dans son esprit, ou sa conscience, ou dieu sait quoi. En tout cas, elle savait, elle avait... "vu" ce sentiment, cette culpabilité que Celesta ressentait immanquablement lorsqu'elle pensait à sa mère, qui l'empêchait de faire correctement son deuil.
C'était le sentiment le plus horrible qui fût ; et que quelqu'un s'en fût emparé était un sentiment non moins atroce. Les larmes montèrent aux yeux de Celesta, devenue très rouge, qui fixait le corps de Kennedy, à la fois incrédule et parfaitement sûre que cette fille l'avait vu. Comment avait-elle... osé ? Comment était-ce possible ? Son coeur battait la chamade, elle n'arrivait plus à penser ; il lui fallut plusieurs secondes avant de pouvoir se poser intérieurement la question de savoir si c'était normal, si cela faisait partie du processus de cette transe "nouvelle formule".
Elle ne quitta pas des yeux Kennedy et vit qu'elle sortait de sa transe. Elle était incapable de réagir ; elle ne voulait pas que cette personne l'approche, elle qui s'était déjà immiscée si profondément en elle. Elle ne voulait pas en savoir davantage sur ce phénomène, de peur que Kennedy n'en apprenne plus.
Et elle était incapable de recentrer son attention sur une autre personne, comme elle aurait dû le faire, puisque, sortie de sa transe, Kay ne pouvait plus avoir besoin d'elle. Heureusement, Zelia et Ronnie étaient fidèles au poste ; Celesta n'attachait plus la moindre attention aux grésillements d'énergie qui inspiraient ses membres, elle fixait simplement Kennedy, comme espérant que l'intensité de son regard effacerait tout ce qu'elle avait pu voir.
Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
Sujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique. Dim 6 Avr - 12:33
Zephira s’occupa d’Aina, la première à avoir fini et vérifia que tout allait bien avant de lui dire de rentrer se coucher. Elle fit de même avec Kennedy, lui glissant au passage qu’elle avait à parler avec elle, lui demandant de venir la voir dès qu’elle sera levée le lendemain. Après un regard anxieux vers Celesta, qui avait l’air d’avoir remarqué que quelque chose avait cloché, Zephira s’occupa de chacune des participantes. Elle vérifia à chaque fois que tout s’était bien passé puis les faisait raccompagner par une de ses assistantes jusqu’à leur chambre. Finalement, elle ne se retrouva plus qu’avec ses assistantes. Elle les remercia chaleureusement et leur dit d’aller se reposer à elles aussi, elle leur promis un débriefing le lendemain dans l’après midi.
Elle resta encore plusieurs heures dans cet endroit, rangeant ses accessoires, réfléchissant sur ce qui venait de se passer. Elle finit par elle aussi aller se coucher mais ne trouva pas le sommeil, comme sûrement plusieurs des jeunes femmes qui avaient participé à la transe ce soir. L’énergie magique la tenait éveillée.
[Voilà ! Si vous voulez raconter des épisodes ellipsés ou la fin de la transe de votre personnage, vous devrez maintenant le faire dans la partie petites histoires. Mais la transe de votre personnage s’est faite même si vous n’avez pas joué la fin… Merci à toutes !]
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