AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 [MC] Stage B : Transe Mimétique.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Zephira Wood
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139
Age: 36
Date d'inscription: 27/06/2007

MessageSujet: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Mer 2 Jan - 12:39

Cela faisait maintenant une heure que Zephira était dans les ruines et les préparait pour le stage de la soirée. En plus d’un an et demi, elle avait fait beaucoup de recherches afin de retravailler la transe mimétique. Les quatre personnes à qui elle avait fait faire cette transe dans le Grand Nord avaient eu une transe mimétique classique, violente et surtout très dangereuse. Ceux qui le feraient ce soir auraient une version améliorée, même si ça restait évidemment un acte assez lourd, auquel il fallait bien penser avant de le faire. D’ailleurs, Zephira avait parlé avec chacun des inscrits, essayant de comprendre leurs motivations. Il y avait eu plusieurs personnes qui s’étaient inscrites et qui avaient finalement préféré se désister, il y avait aussi eu une personne que Zephira avait refusée, parce qu’elle n’avait pas confiance.

Comme prévu, ses assistantes d’un soir arrivèrent un quart d’heure avant l’heure du début du stage. Zelia, Veronica et Celesta avaient toutes trois accepté d’aider Zephira. Leur participation était essentielle pour réussir cette transe améliorée, sans elles Zephira n’aurait pu faire qu’une transe classique, et elle préférait évidemment faire sa version. Surtout dans un lieu comme Sywhaîd, encore plus chargé en énergies que Norsken, il y avait des risques pour que la transe soit encore plus instable sans les améliorations de Zephira. Elle n’avait pas encore vraiment expliqué le rôle des trois sorcières dans la transe, elle profita de ce quart d’heure pour leur expliquer rapidement.

« Vous allez m’aider à maintenir les participants en transe, mais vous allez aussi m’aider à les surveiller et à empêcher que leurs Quêtes Mimétiques influencent leur corps réel. Grâce à votre aide, ils n’auront pas de blessures ou de répercussions physiques comme vous avez pu en avoir, le choc post-transe sera donc beaucoup moins fort que ce que vous avez eu. Votre présence, associée à la mienne et à quelques améliorations de plus, permettra aussi deux autres choses : la libération des flux sera moins violente, et donc plus gérable et le lien qui existe entre vous trois depuis la Transe n’existera pas entre eux, leurs énergies ne seront pas liées. »

Elle avait parlé avec chacune des trois jeunes femmes de ce lien qui les unissait. Il n’y avait que des théories à propos de ce lien, on ne savait pas ce qu’il impliquait réellement, tout ce qu’on savait c’était que leurs énergies magiques étaient liées, et donc leurs vies, leurs sentiments, et leur futur l’étaient aussi. Même quand on ne croyait pas au destin, on ne pouvait qu’admettre qu’étant liées comme elles l’étaient, elles ne pouvaient qu’influencer les unes les autres leurs futurs.

« Je vous expliquerai tout à l’heure ce que vous devrez faire, mais ça n’aura rien de bien compliqué, vous verrez. Installez-vous pour l’instant, je vois quelqu’un qui arrive. »

Elle sourit et attendit que les participants arrivent. Une fois tous installés sur les sacs de couchages qui étaient disposés en cercle autour du feu, elle commença :

« Vous êtes ici pour faire la transe mimétique, et je vous ai tous expliqué ce en quoi ça consistait. Seulement, c’est un acte lourd et plein de conséquences, les trois assistantes qui vous aideront dans cette transe peuvent vous le confirmer. Je vous demande donc de vous présenter, d’expliquer votre but en faisant cette transe et de confirmer une dernière fois que vous voulez faire cette transe, si vous avez un daemon, qu’il confirme lui aussi. »

_________________


Don't put your life in someone's hands
They're bound to steal it away
Don't hide your mistakes
'Cause they'll find you, burn you...
If you want to get out alive
oh, run for your life...


Dernière édition par le Ven 11 Jan - 18:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aina McLane
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 182
Age: 27
Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Mer 2 Jan - 13:47

"Pourquoi tu tiens à faire ça, Aina?"
"Tu le sais très bien Riom. J'en ai besoin pour la majeure."

Le daemon soupira. Il craignait étrangement cette transe, mais savait qu'il ne pouvait pas faire changer sa moitié d'avis. Elle était trop têtue. Il poussa un profond soupir et s'étira tandis qu'Aina terminait de se préparer. Il bailla puis commença à se diriger vers la porte.

"Bon, tu viens?"

La jeune femme acquiesça et s'empressa de terminer de se préparer. Humaine et daemon se dirigèrent alors vers les écuries. Elle n'avait pas vraiment envie de faire tout ce trajet à pieds. Elle pénétra dans l'écurie et s'approcha du boxe de Maverik. Ce serait une ballade au pas, simplement. Elle caressa longuement l'animal. L'air de ce petit bout d'Ecosse lui réussissait plutôt bien, même s'il augmentait encore son côté sanguin. Après l'avoir rapidement pansé, elle lui passa une simple bride et le sortit du boxe. Arrivée dehors, elle enfourcha souplement l'animal et se dirigea, au pas, vers les ruines. Lorsqu'elle arriva, Aina remarqua Zephira, Celesta, Veronica et Zelia.

"Bonjour" fit-elle simplement en hochant la tête.

Elle glissa au bas de sa monture qui alla se placer un peu plus loin. La jeune femme et son daemon s'approchèrent des quatre personnes déjà présentes. Bientôt les autres arrivèrent et Zephira commença la séance.

"Aina McLane, irlandaise et Riom, mon daemon. Je suis en majeure de magie canalisatrice pour devenir zoomorphe." commença-t-elle.

Elle se tourna ensuite vers Zephira pour conclure:

"Je veux faire cette transe afin de réussir au mieux ma majeure."

Elle se tut et se tourna vers Riom qui conclut simplement:

"Puisqu'il le faut..."

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zelia Diulcinea
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 239
Age: 27
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 3 Jan - 11:21

[pour des questions de cohérence avec mon perso, la transe mimétique se passe à peu près cinq semaines après l’ouverture de Brèche… J’espère que ça dérange personne, mais Zelia est partie cinq semaines et ne rentre que pour cette transe, et pour le cours de Métamorphie, parce qu’elle a promis son aide à Zephy… Donc voilà, merci !]

Quatre jours, ça faisait quatre jours de Zelia était rentrée et ce soir serait la première fois qu’elle reverrait Ronnie depuis qu’elle était partie pour quelques semaines à la dernière brèche. Elle l’avait aperçue de loin la veille, alors que l’américaine montait l’escalier qui menait aux étages supérieurs de la Ferme, juste assez vue pour remarquer une nouvelle coupe de cheveux. Plutôt drôle, elle-même avait eu envie de changer de look, mais était finalement restée comme quand elle était partie. Elle n’avait pas eu envie de jouer à la Zelia habituelle, elle avait déjà été obligée de partir, même si pour une fois ça n’était pas définitif, alors changer de look et revenir comme si ce look nouveau lui permettait de tourner une page, ça lui avait paru presque auto-parodique. Durant son adolescence, dès qu’elle avait un problème elle changeait de look, et quand le problème ne s’arrangeait pas, elle partait tout simplement. Cette fois, elle ne pouvait pas partir parce qu’il y avait Celesta ici, c’était la seule vraie raison de son retour à Sywhaîd. Même Zephira et son enseignement n’étaient pas des raisons valables pour rester, Zelia n’étudiait à présent que pour avoir vraiment quelque chose à faire, et pour apaiser sa curiosité, ça n’avait pas un but professionnel, elle avait déjà des tas d’offres d’emploi.

A son retour, elle avait vu Celesta et Marybeth, l’une après l’autre. Celesta lui avait semblée… Disons qu’au moins elle n’avait pas l’air d’aller encore plus mal, c’était déjà ça. Elle n’avait pas revu Logan, de peur de découvrir qu’il s’était remis avec Ronnie. Elle n’aurait pas pu leur en vouloir, objectivement, puisque c’était elle qui était partie et qui avait plus ou moins provoqué la rupture avec Ronnie. Mais ça la blesserait, forcément, et elle n’avait pas envie d’apprendre ça tout de suite. Pour l’instant, elle préférait se réinstaller tranquillement…Enfin, jusqu’à ce soir, puisqu’elle reverrait forcément Ronnie à la Transe, même si elles auraient autre chose à faire qu’à parler de leurs histoires.

Elle arriva dans les ruines à l’heure qui était prévue, un peu avant le point de rendez-vous général. Celesta et Ronnie arrivèrent aussi et Zelia se contenta de leur sourire, elle était trop stressée pour parler. Elle écouta Zephira en hochant la tête, essayant de ne pas regarder vers Ronnie, de peur de ce qu’elle pourrait lire sur son visage. C’était la première fois que Zelia avait à gérer une rupture, et elle n’était même pas sûre que cette rupture en soit vraiment une, c’était trop compliqué. Elle avait même passé près d’une heure à se préparer, ne sachant pas quoi mettre. Devait-elle s’habiller d’une façon sexy, histoire de montrer à Ronnie qu’elle ne souffrait pas tellement de leur rupture, qu’elle gérait ? Devait-elle s’habiller normalement pour ne pas provoquer l’américaine ? Finalement, elle s’était contentée d’enfiler un jean clair, un pull orange (aux couleurs de Puffin, son ancien protecteur), une veste en tweed clair et un bonnet du même orange que son pull. Urphoed, lové dans son col comme à son habitude, essayait vaguement de la convaincre d’aller parler à Ronnie, mais Zelia considérait que ça n’était pas le moment, elle finit d’ailleurs par s’installer sur un des sacs de couchage. Zephira demandait à tout le monde de donner sa raison de faire cette transe et de bien dire qu’il était d’accord pour le faire, ça rappelait un soir près de deux ans auparavant. Elle sourit vaguement, cette transe avait changé sa vie, et elle ne savait pas encore si elle regrettait ou non sa décision. Elle laissa glisser son regard vers la paume de sa main, il y avait là une cicatrice qu’il était impossible de faire disparaître ou même de cacher. Les participants de ce soir n’auraient apparemment pas ce genre de problème, c’était déjà bien. Sa main lui fit mal, réminiscence de sa propre transe, psychologique ou due à ce qui se passait ce soir ? Impossible à savoir, mais la douleur était au moins assez intense pour qu’elle s’en morde la lèvre inférieure jusqu’au sang, et oublie quelques secondes Ronnie et tout ce qui allait avec.

_________________


This is the story of a girl
Who cried a river and drowned the whole world
while she looks so sad in photographs
I absolutely love her
When she smiles


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Léola Velvethone
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 303
Age: 27
Localisation: Sywhaîd
Date d'inscription: 02/11/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 3 Jan - 16:12

- Quoi, tu n'angoisses pas ?

Cela faisait une dizaine de minutes que Strictwise était à moitié hystérique, et que la jeune fille s'en amusait. Non, elle n'angoissait pas... Enfin, pas tellement. Elle sourit à son daemon.

- Bah, Strictounet, ça sert à quoi de stresser comme un fou ? On doit quand même le faire, alors...

Furieux, il hurla :

- NE M'APPELLE PAS COMME CA !!

Ok, ok, c'est bon... Si on ne pouvait plus montrer son affection. Léola soupira, se leva du lit et attrapa son sac.

*J'suppose que tout y est...*

Faussement implorante, elle se tourna vers le daemon. Quel trouillard, vraiment ! Elle non plus n'était pas rassurée à l'idée de faire sa transe mimétique : la description qu'on lui en avait faite n'était pas des plus... gaies, mais bon, il fallait le faire et c'est tout. L'étudiante eut un petit rire : sans s'en rendre compte, elle venait de s'exprimer comme Stricwise l'aurait fait... dans une autre situation, du moins. Elle jeta un coup d'oeil inquiet à sa moitié : si lui commençait à paniquer, elle savait que son calme n'en avait plus pour longtemps. Elle s'accroupit en face du renard polaire.

- Strictwise...

Elle employait rarement son nom, se limitant le plus souvent au "Strict" habituel ou à un autre sobriquet.

- C'est bon, on va pas mourir ! Moi, j'fais confiance à Zephira. Pas toi ?

Elle avait touché le point faible. Malgré l'évidente désapprobation que montrait le daemon à l'égard de certains aspects peu conventionnels de la jeune femme, (hum hum) il éprouvait envers elle une réelle sympathie. En quelques instants, il s'était déjà calmé et avait pris les devants, reprochant à Léola de traîner à l'approche d'un cours si important. Ils coururent donc à travers les couloirs, et arrivèrent tous deux essoufflés sur le lieu de rendez-vous : Zephira était déjà là, bien sûr, avec quatre autres étudiantes que la jeune fille salua chaleureusement, bien qu'elle ait constaté que l'ambiance n'y était pas vraiment. Puis, elle alla sagement s'asseoir sur un sac de couchage. Quand tout le monde fut arrivé, elle se présenta rapidement :

- Euh, oui, moi aussi, je voudrais devenir zoomorphe... Et c'est aussi pour ça que je suis entrée en majeure...

Ayant l'étrange impression d'avoir oublié quelque chose, elle ajouta précipitamment :

- Ah oui, j'm'appelle Léola. Ca, c'est Strictwise, mon daemon, et on vient de France.

Ca ? Le renard blanc ne sembla pas apprécier la façon dont sa moitié l'avait désigné, mais il n'eut pas le temps de le faire savoir, elle avait déjà reprit :

- Pour ce qui est de la motivation, c'est encore comme Aina, désolée, fit-elle, malicieuse. Ca m'semble difficile d'entrer en majeure de magie canalisatrice sans passer par la transe mimétique, quoi...

Elle jeta un coup d'oeil soucieux à son daemon.

- Alors, euh... On est toujours partants pour faire la transe... Hein, Strict' ?

- Si ça ne tenait qu'à moi... Enfin, oui, d'accord...


[Mpff... je me rends compte qu'il y a plus de similitudes avec le message d'Aina que je ne l'aurais voulu, mais je te promets que j'avais pas lu ton message avant d'écrire le mien... Désolée... Si ça t'embête, je peux éditer.]

_________________


Dernière édition par le Jeu 3 Jan - 20:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 3 Jan - 17:15

Après Léola, ce fut au tour de Kennedy d’arriver. Vêtue d’un pantalon en velours marron clair, aux multiples poches, d’un pull à col roulé rouge, une couleur qui lui allait très bien, et d’une veste longue qui lui arrivait aux chevilles, en peau de daim (veste qu’elle avait échangée contre plusieurs tirages de tarot), elle semblait parfaitement habillée pour ce genre d’occasion. S’habiller comme il faut était une des choses que Kennedy faisait le mieux. Ses cheveux, coupés au début de la saison en un carré assez court, étaient bouclés et lui donnaient l’air encore plus sympathique et lui allaient encore mieux que lorsqu’elle avait ses longs cheveux. Elle n’avait jamais coupé ses cheveux aussi courts avant de le faire au début de la saison, c’était un gros changement, mais elle trouvait ça plutôt joli. Elle avait été très nerveuse au moment de le faire, elle avait peur que ça ne lui aille pas, qu’elle regrette. Finalement, ça avait été une bonne idée.

Elle salua tout le monde d’un grand sourire chaleureux et alla s’installer sur le sac de couchage qui se trouvait à côté d’Aina. Elle laissa vagabonder son regard. Il y avait Zephira, qu’elle commençait à connaître, elle n’avait assisté à aucun de ses cours en mineures mais la voyait régulièrement afin de discuter de ses problèmes. C’était Zephira qui lui avait dit que la transe mimétique ne pourrait que l’aider avec ses histoires de visions. Ca l’aiderait à supporter les visions en question, et peut-être même à, petit à petit, les maîtriser, comme elle avait pu le faire durant la nuit de Samhain. Elle n’avait pas eu à beaucoup réfléchir à partir du moment où Zephira lui avait dit que ça pourrait améliorer les choses, elle aurait accepté n’importe quoi pourvue de ne pas avoir à supporter ces migraines atroces et ces visions horribles toute sa vie. Mais Kay était plus terre à terre qu’on pouvait le penser. Elle avait fait des recherches, demandé à Zephira de mieux lui expliquer le principe et elle avait même été poser des questions à Veronica, qui était là aussi ce soir. Elle voulait bien réfléchir avant de prendre la décision, même si c’était plus qu’alléchant et ce soir, elle était là en connaissance de cause.

Il y avait une fille aux yeux bicolores qu’elle ne connaissait pas et une eurasienne qu’elle ne connaissait pas mieux. Il y avait une très belle blonde habillée dans des vêtements qui ne pouvaient que plaire à Kennedy : à la mode et chers. Kay lui lança d’ailleurs un sourire encourageant quand elle se présenta. Suivit ensuite une certaine Léola. Bizarrement, les daemons semblaient ne pas vraiment apprécier cette transe. Kennedy n’avait jamais révélé sa moitié mais elle était certaine qu’elle aurait été d’accord. Kennedy n’était pas du genre à hésiter pendant des siècles sur un sujet ou même à se ronger les sangs. Une fois qu’elle était partie pour faire quelque chose, elle le faisait.

« Je suis Kennedy Brooks. Et je fais ça pour… raisons personnelles. » Un regard perçant de Zephira la poussa à ajouter : « Ben quoi ? C’est vrai… Bon, puisqu’apparemment on peut rien garder secret ici… » elle fit une drôle de grimace qui montrait qu’elle n’était pas vraiment fâchée, mais qui lui donnait l’air un peu exaspérée quand même. « J’ai des visions très dures à supporter et libérer mes flux magiques pourrait régler le problème, ou du moins l’alléger. »

Elle lança un regard à Zephira, qui cette fois ne broncha pas. Elle avait éludé une partie du problème, la partie qui parlait de son ancêtre qui avait fauté avec une créature, mais Zephira semblait ne pas s’en formaliser. Elle conclut donc :

« Et je suis tout à fait décidée à faire cette transe. »



[si quoi que ce soit pose problème, j’édite…]

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brise d'Oz
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 169
Age: 23
Date d'inscription: 14/10/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Ven 4 Jan - 13:45

Brise s'installa discrètement derrière une fille nommée Aina. Elle balaya l'assistance du regard, légèrement anxieuse. Elle avait presque décidé de renoncer suite à sa discussion avec Zéphira, puis s'était imposé cette transe comme défi personnel. Elle en devenait presque nécessaire. Si Brise voulait dominer ses pouvoirs, elle devait commençer par cesser d'en avoir peur. Elle ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais oui, Brise d'Oz avait peur. Une trouille qui partait du ventre et vous remontait dans la gorge, menaçant de vous faire sortir les yeux de la tête.

C'était donc le visage fermé mais déterminé que Brise avait traversé les étendues neigeuses de Sywhaîd pour rejoindre le lieu du stage. Elle portait son manteau doublé par dessus un pull dont le col roulé lui cachait la moitié du visage. Un pantalon en velour cottelé et une paire de bottines complétait la tenue. Chaude, élégante et... Chère.

Brise écouta d'une oreille distraite les présentation des autres étudiantes, le ventre un peu plus serré à mesure que son tour approchait. Cependant, lorsqu'elle se leva pour parler, pas un de ses muscles ne frémit. Son flegme bien anglais ne laissa rien paraître de son trouble. Elle laissa glisser son regard sur l'assitance, esquissa un sourire aigu, puis se lança d'une voix légèrement trainante.

- Bonsoir, Brise d'Oz, de Londres.

Elle marqua une pause, le regard dans le vague, une main dans une poche, l'autre effleurant distraitement la fourrure de sa capuche . Elle savait qu'elle allait devoir révéler une partie de son passé pour expliquer sa présence au stage. Et cela ne l'enchantait guère. Elle avait confié ses problèmes de canalisation à Zéphira, bien qu'il lui en ai coûté. Elle n'avait pas penser devoir réitérer cette prouesse devant une douzaine d'étudiantes, toutes plus calée et plus à l'aise avec la magie que la colérique mlle d'Oz. Brise n'aimait pas être la dernière. Elle eut un sourire sans joie. En voila une raison de faire la transe, bien que peu avouable. Brise d'Oz voulait être la meilleure. Pas sure que ses nouvelles camarades apprécieraient ce genre de discours.

- Je veux faire la transe parce que je pense que cela pourrait m'aider à mieux me maîtriser, à ne pas faire exploser ma table de conférence en pleine réunion, et à aborder la magie de manière différente.

*Pour ne pas dire l'aborder tout court* Songea Brise avec cynisme.

- Il s'agit d'un défi personnel, je me suis jurée que j'y arriverais et... je n'ais pas l'habitude de me déçevoir. Enfin disons que j'aime pas vraiment ça.


La jeune femme haussa les épaules en souriant. L'autodérision dont elle savait faire preuve en toutes circonstances pour contrebalançer son orgueil ronflant parvenait parfois à la rendre sympathique. Parfois.

- Enfin j'ai pas l'intention de rater ça, termina-t-elle avec une certaine fougue avant de se rasseoir. Elle ramena aussitôt sa capuche sur son visage et se renversa en arrière, soulagée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://mandibulle.blogspot.com
Veronica Raines
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 376
Age: 25
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 6 Jan - 12:51

Comme prévu, Ronnie arriva un quart d’heure en avance dans les ruines, prête à jouer son rôle d’assistante avec sérieux. Vêtue avec décontraction mais élégance, comme à son habitude, elle portait un pull vert anis par-dessus un jean blanc rentré dans des bottes blanches fourrées. Une simple chaîne en or ornait le col en V de son pull et des discrètes boucles d’oreille reçues pour Noël complétaient sa parure. Ses cheveux, tombant à peine jusqu’à ses épaules, oscillaient légèrement dans la brise tandis que sa frange légère balayait doucement son front. Pour finir, une touche de maquillage sobre mais gracieuse colorait un peu son visage. Elle savait qu’elle allait revoir Zelia pour la première fois depuis leur rupture, plus de deux mois plus tôt et s’était blindée à cet effet. En vérité, Veronica était plutôt douée pour gérer les ruptures, cas Logan mis à part (quoique…) Globalement, elle réussissait toujours à conserver des relations neutres, sinon amicales, avec ses ex. Sans doute parce que ses ruptures étaient toujours nettes et précises, sans non dits et sans reproches informulés. Elle et Zelia avaient d’abord été amies et, dans son esprit, il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne le redevienne pas. In time.

Elle faillit d’ailleurs accueillir l’Anglaise de la façon dont elle l’avait toujours fait, avec un hug, mais le simple sourire que Zelia lui adressa l’en empêcha. Du coup, elle la salua d’un simple hochement de tête et fit de même avec Celesta, pour ne pas que Zel le prenne pour elle. Après avoir également salué Zephira, elle s’installa sur un des sacs de couchage, ne pouvant s’empêcher de chercher le regard de Zelia. Après tout, cette transe, c’était un de leurs souvenirs communs, un épisode qui les avait marqués plus que de raison et avait énormément influé sur leurs vies. Mais Zel évitait soigneusement de la regarder. Qu’à cela ne tienne. Rohé alla se perche sur une branche d’arbre mort proche et adressa en passant un clin d’œil et un signe de l’aile à Urphoed. Les explications de Zephira arrachèrent un sourire à l’Américaine. Quelque part, elle était plutôt contente d’avoir eu droit à la version non édulcorée de la transe. Elle n’aurait su expliquer pourquoi mais préférait savoir que la transe qu’elle avait dû subir avait été brute, sans aide extérieure, sans coussin amortisseur.

L’un après l’autre, les élèves affirmèrent leur volonté de participer à l’expérience. Plus ou moins décidés, plus ou moins confiants. A l’époque, elle avait été la première à accepter, suivie de près par Zel. Puis par Mélusine, dont elle n’avait hélas plus de nouvelle depuis son départ du Norksen. Puis par Cel qui avait d’abord semblé un peu plus réticente. Mais au final elles avaient dit oui toutes les quatre, se liant ainsi sans le savoir avec plus de force que n’importe quel autre acte magique. Elle resserra frileusement ses bras autour de son corps. Une veste n’aurait pas été superflue mais elle était sortie trop précipitamment de sa chambre pour y penser. Tant pis.

_________________


Have you seen a lady fairer?
She comes in colors everywhere,
She combs her hair,
She's like a rainbow

The Rolling Stones


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arabella Lancaster
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 45
Age: 23
Date d'inscription: 18/11/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Lun 7 Jan - 15:32

Sur le chemin menant aux ruines, Arabella ne s'était pas réjouie du magnifique petit bout de campagne qu'elle avait dû traverser à pied, portant Amoandh dont les pattes étaient glacées, ce qui était chez l'anglaise plus qu'inhabituel, et montrait bien toute la gravité de la situation. En effet, elle et sa moitié s'apprêtaient à accomplir un acte magique qu'on lui avait dit hautement dangereux, et la jeune femme ne pouvait s'empêcher de se demander si elle avait pris la bonne décision en choisissant de prendre part à ce stage, pesant mentalement le pour et le contre, évaluant les conséquences qu'aurait un succès, et celles qu'aurait un échec. Car, même si elle refusait d'y croire, elle se devait de tenir cette éventualité en compte dans ses plans, elle devait tout prévoir, tout peser, tout calculer avant de prendre une décision d'une telle ampleur.

Amoandh ce jour là se chargeait de dédramatiser la situation, non pas par des blagues stupides comme il en avait l'habitude, mais par quelques commentaires cherchant à minimiser la transe : enfin quoi, après tout ce n'était pas comme si l'avenir du monde était en jeu ! Il fallait qu'elle arrête un peu de se prendre le chou en se demandant si elle avait bien fait, et plutôt choisir de le faire, elle serait fixée, une fois pour toute.

"T'as longuement réfléchi Bella, je pense que le temps de la réflexion est fini maintenant, tu as pesé le pour et le contre avant de choisir, et tu as ensuite décidé que tu voulais le faire. Alors fais le ! Tu te rappelles de notre Quête ? Parler c'est bien, agir c'est mieux."

Arabella hocha la tête, néanmoins peu convaincue. Elle voulait faire cette transe mimétique, mais le vouloir était-il suffisant ? Car ça c'était sûr, elle le voulait, et profondément même. Mais n'agissait elle pas en enfant capricieuse ainsi ? Elle désirait quelque chose, et ses envies devaient être satisfaites, quelques soient les conséquences de ses actes. Cette façon d'agir était immature. Peut-être était-elle immature ?

Une petite voix dans sa tête vint chasser cette dernière pensée "Quand on veut on peut. Il n'y a aucun mal à savoir ce que l'on veut, et à tout faire pour l'obtenir." Arabella décida de l'écouter. Après tout, sa volonté ne l'avait jamais desservie : elle lui avait apportée son daemon, l'avait enlevée aux griffes de ses parents, amenée ici... Arabella reporta son attention sur les autres étudiantes qui se présentaient, regonflée à bloc. Elle ne put néanmoins s'empêcher de remarquer qu'elles avaient toutes d'excellentes raisons...

"Moi j'm'appelle Arabella Lancaster et voici mon daemon Amoandh. On est anglais. Et j'ai décidé de faire cette transe parce que je crois que ça me permettra d'avoir une meilleure perception de toute la magie qu'il y a autour de moi. Ca me semble important pour un sorcier de vraiment se rendre compte de la magie qui l'entoure, et qui est une partie de lui."

Arabella ne savait pas si ses propos étaient vraiment cohérents au niveau scientifique, et à vrai dire elle s'en fichait. Elle avait déjà suffisament réfléchi, il fallait utiliser autre chose que son cerveau de temps à autre...

"Et puis, j'ai voulu faire cette transe, j'ai bien considéré la question, je suis sûre de mon choix. Pas question de me défiler maintenant."

"Je suis totalement d'acord avec tout ce qu'elle vient de dire." termina Amoandh.


Dernière édition par le Dim 13 Jan - 14:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Celesta Christobal
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 222
Age: 27
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Mar 8 Jan - 23:34

Il y avait de la tension dans l'air. Celesta n'y avait pas pensé, sur le moment ; cela faisait longtemps qu'elle avait donné son accord à Zephira, au sujet de cette transe : bien sûr qu'elle était prête à donner de sa personne, puisque la jeune femme lui faisait confiance. Si elle avait su qu'elle se retrouverait entre Ronnie et Zelia, maintenant séparées... L'Eurasienne n'avait pas demandé de détails, mais avait eu droit à pas mal de commérages : tout le monde savait qu'elle était la meilleure amie de l'une des parties, et certaines personnes semblaient prendre un malin plaisir à évoquer le sujet, dans l'espoir sans doute que Celesta leur donnerait une version des faits authentique.

Authentique... cette blague ; s'il y avait bien un sujet dont Cel ne s'occupait pas, c'était bien l'état du couple Zelia/Ronnie : autrefois, elle avait pu manifester un certain intérêt pour les histoires de coeur des uns ou des autres, stimulée par une atmosphère lourde de commérages dont elle avait elle-même été victime ; mais ces romans à l'eau de rose n'existaient que dans la tête de Cel, et à partir du moment où la demoiselle se retrouvait face à un couple véritable et avéré, elle avait plutôt tendance à détourner les yeux pudiquement. Lorsque sa meilleure amie s'était révélée être en couple, et avec une fille... Non, non, ça, Celesta ne s'en occupait pas.

Elle n'était pas jalouse, elle était un peu mal à l'aise avec le sujet. Zelia était comme une soeur pour elle, et Ronnie... il y avait un lien avec Ronnie également, surtout depuis la transe ; Ronnie était une sorte de modèle de perfection aux yeux de Cel. Et ni les soeurs ni les modèles ne sont sexués. Coincée entre les deux parties en présence, Celesta adopta la politique de l'autruche. Rendant à peine à ses collègues leurs salutations, elle s'appliquait à fixer son attention sur la seule Zephira ; Baile, de son côté, ne se gênait pas pour jeter des coups d'oeil vifs tantôt à Zelia, tantôt à Ronnie, comme s'il avait assisté à un match de tennis...


Les paroles de Zephira captivant Celesta, l'oiseau se tint cependant peu à peu plus tranquille, se lovant dans l'écharpe que portait sa maîtresse, et qui était du même bleu intense que sa gorge (à l'oiseau, pas à la maîtresse !). Ladite maîtresse frissonna au souvenir de leur propre Quête ; elle pensa à Mélusine, aussi, l'adorable, fraîche Mélusine. Cette fois là, Ronnie et Zelia étaient dans le même traîneau, Mélusine et elle avaient partagé le second et ç'avait été... aussi déstressant que possible.

Cel se prit à penser que les choses auraient été beaucoup plus paisibles si elles avaient été encore quatre, et non trois. Est-ce que quelque chose s'était brisé ? Qu'il s'était formé une sorte de déséquilibre maintenant que l'une d'elle était loin ? En même temps, Mélusine n'était pas la personne de Norsken qui manquait le plus à Celesta. L'Eurasienne préféra estimer que c'était une façon de voir un peu simplite, voire paresseuse : "je me sens mal mais je ne peux rien y faire", très peu pour elle. Ca ne se voyait pas forcément, mais Cel se battait -à sa façon- contre le laisser-aller. Elle ne se laisserait pas longtemps couler par le fond.

¤~~¤

L'arrivée des participants à la transe fut en somme comme une délivrance pour Celesta : la situation lui apparaissait de suite moins tendue. Néanmoins, passé cet instant de soulagement, l'Eurasienne, tandis que ses camarades s'exprimaient, ressentait une forme d'agacement. Il faut dire que, même à l'époque où elle était un vrai rat de bibliothèque, elle n'avait jamais été très partageuse, niveau transmission du savoir. L'apprentie baguetière se souvenait avoir tiqué en assistant à un cours sur la mystérieuse pierre d'osmose. Peut-être qu'à présent, elle prenait mal simplement le fait qu'elles ne seraient plus seulement quatre à effectuer une transe mimétique sous la houlette de Miss Wood...

Des novices ; dont la tâche serait facilitée. La Transe serait moins douloureuse pour eux, Zephira l'avait dit : ils ne seraient pas liés les uns aux autres ; leurs doigts ne saigneraient pas tandis qu'ils verraient leur âme soeur dégringoler pa leur faute d'une falaise abrupte. Ils ne conserveraient aucune blessure, gravée au plus intime d'eux ; ils ne passerait pas plusieurs semaines à l'hôpital. Celesta avait promis de les aider, mais ne pouvait faire tout à fait taire une petite voix qui, dans sa tête, lui répétait que ce n'était tout de même pas très juste.


Agacée donc, par les postulants, Celesta éprouvait dans le même temps une forme d'inquiétude, de sollicitude à leur égard. Ils ne pouvaient évidemment pas se rendre vraiment compte de ce que la transe impliquait pour leur futur... Qu'accroître sa sensibilité aux flux magiques n'était pas forcément toujours un cadeau... Entre les daemons réticents et les demoiselles pleines de fière assurance, Celesta se sentait assez mal entourée.

Elle-même avait hésité à participer à la transe ; Baile l'avait convaincue, mais d'autres facteurs plus prosaïques avaient également déterminé ce choix : le fait que les trois autres avaient accepté presque aussitôt, qu'elle se serait retrouvée seule ou leur aurait fait perdre du temps... Des points accessoires, bien sûr, mais qui n'empêchait pas Celesta d'avoir quelques doutes, a posteriori. Sinon des regrets. Elle jalousait un peu les nouveaux postulants... Pour leur innocence, leur "pureté" ? Eux avaient encore la possibilité de faire marche arrière ; non que la transe ait été une erreur, bien sûr... Mais maintenant, elle était faite ; et il était toujours difficile d'accepter de passer de l'infinité des possibles à la réalité.

La seule postulante qui sut s'attirer une certaine sympathie de la part de Celesta fut la dernière à prendre la parole ; son assurance, doublée de celle de son daemon, lui rappelaient Zelia, Ronnie et Mélusine. Elle, pas de doute, elle avait sa place ici ; les autres...

*Les autres, Zephira a discuté avec eux ; elle les a conviés, elle sait ce qu'elle fait ; et ce n'est certainement pas à toi de proférer des avertissements qu'ils ont de toute façon déjà entendus. Te crois-tu plus sage, plus responsable ? Crois-tu avoir des leçons à donner à qui que ce soit ?*

Celesta demeura finalement bouche close, faisant un solide barrage aux mises en garde qui ne demandaient qu'à sortir de sa bouche.

[Désolée, je me suis un peu laissée emporter je suis tout à fait prête à éditer si des passages dérangent.]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zephira Wood
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139
Age: 36
Date d'inscription: 27/06/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Ven 11 Jan - 11:15

[Tout était très bien !]

Zephira avait écouté sans intervenir toutes les participantes, l’air sérieux, concentré et son regard trop vert semblant sonder encore une fois les participantes. Elle dégageait quelque chose de plus que d’habitude, une sorte de dangerosité, même s’il aurait sûrement été difficile de déceler que c’était ça qui changeait son aura. En réalité, elle était surtout encore plus chargée en magie que d’habitude, ou du moins elle avait « activé » ses flux avant de venir ici, sorte de préparation au rituel. Elle dégageait quelque chose d’un peu inquiétant, à moins que ce ne soit son air sérieux et le contexte qui donnait cette impression. Elle posa quelques secondes son regard sur Celesta, au moment même où celle-ci eut des pensées plutôt dures vis-à-vis des personnes qui venaient faire la Transe ce soir. Ce qui passa dans son regard trop vert au moment où elle croisa celui de Celesta était une sorte de compréhension, un peu comme si elle avait hoché de la tête avec un regard complice, même si ça n’était pas ce qu’elle avait fait. Avait-elle lu dans les pensées de Celesta ? Non, bien sûr, elle connaissait juste l’eurasienne depuis longtemps et aurait pu imaginer toute seule ce qui se passait dans sa tête, tout comme elle pouvait le faire pour Zelia, ou même pour Ronnie, comme on le fait naturellement pour de vieilles connaissances, pour des gens proches. Mais surtout, le lien qui unissait les trois jeunes femmes depuis leur transe mimétique n’excluait pas tout à fait Zephira. Bien sûr, le professeur était moins liée à ses étudiantes qu’elles ne l’étaient entre elles, mais il y avait quelque chose. Après tout, Zephira avait dirigé leur Transe, elle avait ressenti ce qu’elles avaient ressenti et c’était grâce à sa magie qu’elles avaient pu libérer leurs propres flux, il y avait donc quelque chose entre elles…

« Très bien… »

Zephira ne releva pas le fait que certains daemons n’avaient pas l’air très partants. S’ils étaient là ce soir c’était qu’ils ne mettaient pas leur veto et si Zephira était assez raisonnable pour vérifier une dernière fois que personne ne faisait ça par obligation, elle n’était pas non plus du genre à passer une demi-heure à mettre tout le monde en garde pour la quarantième fois. Elle avait fait tout ça avant ce soir, elle se contentait de rappeler une dernière fois que personne n’était obligé, mais après elle n’allait pas non plus essayer de décourager tout le monde.

« Veronica, Zelia et Celesta » elle les désigna à tour de rôle. « m’aideront à faire le rituel qui vous fera entrer en Transe mais aussi à surveiller que tout se passe bien de votre côté et à maintenir assez d’énergie magique tout autour de vous pour que vous n’ayez pas à subir tous les désagréments physiques qu’elles ont subi durant leur propre Transe. » là, son regard s’arrêta rapidement sur Zelia qui était celle qui avait perdu le plus de sang. « Mais elles pourraient sûrement vous dire que les désagréments physiques n’ont pas été les conséquences les plus lourdes de cette Transe. Leur énergie magique s’est libérée d’une façon très violente et elles ont toutes eu ce qu’on pourrait appeler un traumatisme. Elles ont été en état de choc et ont mis plusieurs jours pour s’en remettre… Il y a eu d’autres répercussions sur leurs vies et sur leur corps. Veronica a même recouvert la vue. » Ca n’était pas un secret et Zephira imaginait que ça ne posait aucun problème qu’elle parle de ça devant tout le monde. « Les flux internes libérés vous forceront à faire une magie différente. Pas seulement à faire de la magie sans médium, parce que vous aurez à l’apprendre, si vous ne travaillez pas vous continuerez à utiliser votre médium comme n’importe qui, mais surtout à faire une autre magie. Une magie plus puissante, plus naturelle aussi, plus directe. Il vous faudra du temps pour maîtriser tout ça, et je vous aiderait à le faire, mes trois assistantes pourront aussi vous aider je pense, elles ont toutes les trois une réelle expérience dans ce domaine, elles vous seront d’une grande aide dans les semaines et les mois qui suivront pour vous aider à vous adapter à vos nouvelles capacités. »

Elle avait déjà dit une partie de tout ça aux jeunes femmes qui allaient entrer en Transe ce soir. Pas tout, parce qu’elle considérait que c’était aussi à elles de faire des recherches pour savoir un peu quelles seraient les conséquences, mais maintenant elle faisait un petit résumé pour être sûre qu’elles sachent toutes ce qui les attendait. Elle n’avait pas vraiment demandé aux trois amies si ça elles étaient prêtes à aider les nouvelles par la suite, ça lui semblait relativement naturel et allant de soi. Evidemment, si elles n’avaient pas le temps ou l’envie, elle ne leur en voudrait pas, mais quelque chose lui disait qu’aucune des trois jeunes femmes n’aurait le cœur à refuser. Surtout que ça les placerait encore en spécialistes, en connaisseuses, et s’il y avait quelque chose de commun au niveau du caractère entre Celesta, Veronica et Zelia c’était bien l’orgueil qu’elles avaient à être de bonnes étudiantes et à étudier des domaines presque inexplorés.

« Si vous n’êtes pas sûr de vous ou que vous avez changé d’avis, ceci est la dernière porte de sortie. Une fois la Transe lancée, vous ne pourrez pas arrêter avant d’être arrivées au bout. »

Elle laissa passer une ou deux minutes pour laisser le temps à quelqu’un qui aurait changé d’avis de partir mais personne ne partit et un sourire chaleureux et enthousiaste s’afficha sur le trop beau visage de Miss Wood.

« Très bien… Nous allons donc pouvoir y aller. »

Elle fit un mouvement de bras et des cristaux apparurent tout autour des sacs de couchage et du feu. Les cristaux étaient du même vert que les yeux de la jeune femme. C’étaient les mêmes cristaux que ceux qui avaient été disposés de la même façon à l’époque où les trois assistantes avaient fait leurs Transes. Ils ressemblaient un peu à de la kryptonite mais avaient une toute autre utilité, que Zephira n’expliqua pas. Elle avait en fait disposé ces cristaux plusieurs heures auparavant pour qu’ils se chargent d’énergie magique, puis les avait fait disparaître grâce à de la magie, afin que les jeunes femmes puissent choisir de faire le rituel ou non, sans que le rituel ne soit déjà vraiment installé. Avec la lumière du feu et celle des cristaux, il y avait une drôle d’ambiance dans les ruines, une lumière pas du tout naturelle mais plutôt jolie…. Toutes les personnes présentes, Zelia, Ronnie et Celesta en tête, purent sentir une sorte d’afflux de magique dans l’atmosphère. Les cristaux aidaient à condenser une forte dose de magie au même endroit, c’était une des choses les plus importantes pour ce rituel.

« Zelia, Ronnie et Celesta, il va falloir que vous vous concentriez et que vous liiez vos flux comme si vous vouliez faire une sorte de ronde. C’est un acte qui va vous demander pas mal d’énergie, mais ça ne durera pas longtemps, juste le temps de plonger les participantes dans leur Transe, ensuite je vous ferais briser la ronde et les cristaux vous permettront de recharger vos batteries…. »

Elle n’expliqua pas plus comment elles devaient s’y prendre ou même ce qu’elles feraient après. Elle les débrieferait après la Transe pour leur expliquer mieux quel avait été leur rôle, pour l’instant elle ne voulait pas qu’elles en sachent trop. Pour ce qui était de la méthode, elles se rendraient compte qu’avec toute l’énergie présente, il leur serait très facile de visualiser leurs flux et d’en faire une sorte de cercle autour du groupe. L’acte serait fatiguant mais elles ne s’arrêteraient pas tant que Zephira ne leur aurait pas dit, les flux externes leur permettant de se recharger au fur et à mesure. Quand elles commencèrent à se concentrer sur leurs flux, Zephira expliqua aux participantes ce qui les attendait, plus précisément.

« Je vais donner une impulsion qui, couplée à l’effet des cristaux et à l’aide des trois spécialistes » elle ne pouvait pas s’empêcher d’entrer Celesta dans cette liste, même si elle n’étudiait pas en majeure. « vous fera entrer en Transe. Je ne peux pas vous dire de quoi sera faite votre Transe, à part qu’il y aura des évènements très désagréables, d’autres plus agréables. Tout ce qu’il faut que vous sachiez, ou du moins tout ce que je peux vous dire avec certitude est qu’il faut que vous avanciez et que vous ne vous laissiez pas prendre au jeu. Tout sera très réel et vous pouvez vous y perdre et il vous faudra beaucoup de force intérieure pour vous souvenir de votre but : votre énergie interne. Je ne sais pas comment ça sera quand vous la trouverez, ça dépend pour chaque personne, seulement vous le saurez. A ce moment là, appelez-moi, je vous entendrait et vous ferait sortir de votre Transe tout en activant votre énergie magique…. »

Pour une fois, elle ne demanda pas s’il y avait des questions, parce qu’elle ne pourrait pas y répondre. A l’époque de Zelia, Ronnie et Celesta, il y avait eu une mise en garde en plus : essayez de toujours vous souvenir que ça n’est pas la réalité, parce que si vous l’oubliez, vous risquez d’être blessées dans le vrai monde. Ce soir, ce serait différent, il n’y aurait pas de blessures corporelles… Enfin, normalement.

« Bonne chance. »

Elle sourit puis ferma les yeux et prit une grande inspiration. Les trois assistantes avaient formé le cercle de flux internes, il ne lui restait plus qu’à utiliser sa magie pour plonger les participantes dans leurs transes. Elle rouvrit les yeux et les plongea dans les cristaux qui se trouvaient tout autour du feu. Ses yeux, et on aurait pu penser que c’était impossible, devinrent encore plus vert, presque fluorescents, ils dégageaient même une sorte de lumière. Elle se mit soudain à murmurer une litanie qu’un spécialiste aurait reconnu comme une formule en un dialecte amérindien. Les participantes commencèrent à se sentir un peu fatiguées, ou shootées, comme s’il y avait quelque chose qui les épuisait tout d’un coup. Quelques minutes plus tard, elles s’étaient toutes effondrées sur leurs sacs de couchage, pas toutes en même temps, selon leurs résistances. Elles commencèrent à s’agiter dans leur « sommeil » et Zephira arrêta sa litanie, elles étaient parties. Elle se racla la gorge et dit :

« Vous pouvez arrêter. »

C’était adressé à Zelia, Ronnie et Celesta, qui émergèrent alors de leur concentration, brisant le cercle de flux magiques internes. Elles eurent sous les yeux le spectacle qu’elles n’avaient pas eu à l’époque de leurs transes. Maintenant, elles le vivaient de l’extérieur, du point de vue de Zephira… Mais elles ne partageaient pas que ça avec Zephira. Elles avaient une puissance en elle, tous les flux externes passaient en elles, les rendaient ultra puissantes. Elles sentaient ce qui se passait dans les transes des autres. Elles ne pouvaient pas « voir » ce qui s’y passait, mais elles savaient si unetelle était stressée ou plutôt heureuse, elles pouvaient même sentir les émotions les plus profondes des participantes et, d’une certaine façon, en déduire sans même y penser le genre d’épreuves, de scènes qu’elles vivaient. Mais la chose la plus étonnante était leurs yeux : ils étaient aussi verts que ceux de Zephira, presque luminescents.

« La seule chose que vous avez à faire à présent est d’être attentives. Quand vous sentirez qu’une des participantes perd vraiment pied, qu’il y a quelque chose de vraiment dangereux dans ce qu’elle vit, il faudra que vous lui envoyiez un peu d’énergie, c’est ce qui lui permettra de ne pas avoir de dégâts au niveau de son corps. »

Zephira elle-même se réinstalla d’une façon un peu plus confortable et fit apparaître un thermos rempli de thé à la bruyère à côté d’elle. Elle fit aussi apparaître des thermos à côté de chacune de ses assistantes, tous remplis de thés aidant à la concentration. De toute façon, elles n’auraient pas froid, l’énergie qui les traversait les réchauffait. Tout comme elles n’auraient pas sommeil, cette énergie les tenant éveillées presque plus qu’après avoir fait une bonne nuit. Zephira leur fit signe de rester silencieuses et, d’une certaine façon, ça n’était pas vraiment dur à suivre, l’énergie qui se trouvait tout autour d’elle devait leur enlever l’envie de parler. Il fallait qu’elles se concentrent….


[Aloooooors…. Désolée pour le roman mais c’était un peu obligatoire.
Zelia, Ronnie et Celesta assistent donc Zephira. Les filles, vous pouvez jouer ça, poster de temps en temps quand vous en avez envie, c’est fait pour, surtout que je pense que ça va être intéressant pour vos perso.
Quand les assistantes donnent de l’aide à une personne en transe, celle-ci ne s’en rend pas compte, c’est juste une aide pour que le corps réel ne soit pas abîmé, et durant la transe l’esprit ne fait pas attention au corps.
Votre personnage va se sentir partir en transe, ou pas. En fait, le basculement est assez « violent », comme un évanouissement, et il est tout à fait possible que votre personnage ne s’en rende pas vraiment compte, à vous de voir.
L’une des plus grandes difficultés dans cette transe est de se souvenir quel est le but final et que ça n’est pas la réalité. Les épreuves, les scènes vécues, les souvenirs sont là pour empêcher l’esprit d’aller jusqu’à l’énergie interne. C’est fait pour l’arrêter, pour lui donner envie de rester (quand c’est très agréable) ou pour l’effrayer et le désespérer (quand c’est très désagréable :p) voire même pour le tuer avant qu’il n’arrive (même si là grâce aux assistantes il n’y a pas ce risque).
Si vous voulez voir un peu ce qu’une transe donne, vous pouvez aller voir celle de Ronnie dans les petites histoires, elle l’a repostée. On va le faire pour Zelia et Celesta aussi, faut juste un peu de temps pour remanier certaines choses…. Mais chaque Transe est personnelle, il n’y a pas de modèle, à part que les « scènes » s’enchaînent pour empêcher l’esprit d’avancer jusqu’au bout. Votre personnage aura sûrement à affronter des peurs qu’il a en lui, des évènements durs qu’il a vécus, mais aussi des fantasmes, des rêves, des souvenirs agréables. Plus on avance, plus la transe est intense, voire onirique, les Transes de Celesta et Zelia le montrent particulièrement, mais celle de Ronnie est un autre exemple. Bref, à vous de voir, ça doit correspondre à votre personnage et tout, y a pas de règle…
Vous pouvez poster autant de messages que vous voulez. Quand votre personnage arrivera à la fin de sa Transe, à son énergie, il devra appeler Zephira, qui le fera sortir. Y a toute la saison, mais les messages prennent du temps et vous vous rendrez sûrement compte en l’écrivant qu’il en faut plusieurs pour que la Transe soit aboutie. Donc ne tardez pas trop à commencer…
Pour toute question, précisions, mp !
N’oubliez pas que la transe va pas mal influencer votre personnage, donc évitez je pense dans la saison de jouer des topics où votre personnage l’a déjà faite, vous n’aurez pas de conséquences physiques ou de lien magique entre vos persos, mais il y aura toutes les autres conséquences sur le moral, sur les capacités, sur la connaissance que le personnage a de lui-même, de la magie…
Bon jeu !]

_________________


Don't put your life in someone's hands
They're bound to steal it away
Don't hide your mistakes
'Cause they'll find you, burn you...
If you want to get out alive
oh, run for your life...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arabella Lancaster
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 45
Age: 23
Date d'inscription: 18/11/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Mar 15 Jan - 15:39

Arabella expira bruyamment. Elle doutait fort cependant que quiconque avait accordé la moindre attention à sa respiration peu discrète, à quelques instants seulement de leur transe mimétique. Et les demoiselles à l’ouïe fine ne s’en formaliseraient certainement pas, à moins d’une grande anxiété, ou au contraire, d’une grande décontraction, état duquel l’anglaise était encore fort éloignée. Ainsi, elle tentait par une expiration de plus en plus longue et de plus en plus bruyante d’évacuer toute la peur accumulée dans son coeur, et malgré un côté très peu distingué, il fallait reconnaître à cette technique d’avoir de remarquables résultats sur l’anglaise. Très rapidement en effet, l’air qu’elle sentait s’échapper d’entre ses lèvres emporta tous les doutes qui hantaient encore son esprit. Cela ne servait plus à rien d’angoisser désormais : il était bien trop tard pour cela. Car déjà, la jeune femme sentait peser sur ses épaules une fatigue nouvelle, qui l’oppressait, l’écrasait contre son sac de couchage bleu myrtille, ses paupières se firent soudain lourdes, et elle n’eut que le temps de se remémorer des dernières recommandations de Zephira avant de se laisser engloutir sans résistance dans le noir le plus complet.


Un grand feu de camp brûlait à ses côtés, seule lueur dans une nuit sans lune ni étoiles, seule source de chaleur dans ce vaste désert. Les yeux de la jeune femme s’étaient ouverts auprès de ce feu, qui, malgré les flammes dévorantes qui l’animaient, ne lui apportait étrangement aucun réconfort. La lumière qui s’en dégageait était vive, et pourtant il lui semblait que les ténèbres l’entouraient, la chaleur qu’il propageait était intense, et pourtant un désagréable frisson lui parcourait l’échine. Sans qu’elle en connaisse la raison, ce simple feu de camp avait pour elle des allures de bûcher funéraire, et annihilait toute sa volonté, de sorte qu’elle ne pouvait ni s’en éloigner, ni même en détacher le regard.

La jeune femme n’avait jamais craint le feu auparavant. Son côté instable et sauvage l’avait longtemps fascinée, plus jeune, et elle s’y était longtemps identifiée dans ses délires d’adolescente. Le feu, c’était la liberté. Mais une liberté conquise, achetée, de laquelle elle s’était ensuite détournée, pour en adopter une autre forme, ou plutôt, la forme originelle, la liberté à l’état pur, dans l’élément air. Le feu peut être stoppé, et les droits qu’il s’est lui-même attribué peuvent lui être retirés. L’air demeure insaisissable, à jamais.

Ces pensées n’aidèrent en rien Arabella à déterminer la raison de sa présence ici. La transe mimétique ne devait-elle pas matérialiser ses peurs les plus profondes, ou, au contraire, un immense bonheur dont elle devrait néanmoins se détacher ? Elle n’avait vraiment peur ni du feu, ni de la nuit, ni même de la solitude. Et cette scène n’appartenait clairement à aucun de ses fantasmes. Pourtant, sa première épreuve aurait ce paysage pour cadre, il n’y avait à peu près aucun doute là-dessus. Pourquoi sinon l’empêcher d’en partir ? La jeune femme l’avait tenté de bien nombreuses fois, mais ses jambes refusaient tout simplement de bouger. L’idée même d’un départ provoquait dans son esprit une telle panique qu’il lui fallait plusieurs minutes pour s’en remettre. Alors elle avait abandonné. Elle attendait, passive, inactive, profondément inutile. Son étonnement fut tel lorsqu’elle en prit enfin compte qu’on put entendre encore longtemps après son cri se répercuter en écho dans des montagnes qui n’existaient pas.

Sa propre passivité la sidérait. Elle avait attendu que les épreuves lui tombent dessus, comme le condamné à mort face au peloton d’exécution attend la balle qui le tuera. Le bourreau avait agi en condamné. Cela ne recommencerait pas. Elle était réveillée désormais, et le feu n’avait plus sur elle le pouvoir hypnotique qu’il n’avait cessé d’exercer durant les minutes, les heures même, passées dans cette lande désertique. Elle avait perdu beaucoup, beaucoup trop, de temps en ce lieu. Elle décida qu’elle n’y passerait pas une seconde de plus. Et malgré la terreur qui s’empara immédiatement de son esprit, les tremblements convulsifs de ses membres engourdis par l’inactivité, Arabella inspira une grande bouffée d’air, et se leva d’un bond. Sa panique se dissipa immédiatement, mais laissa place à l’incroyable vertige qu’avait causé son trop brusque relèvement. Elle chancela, vacilla beaucoup, mais, fermement campée sur ses deux pieds, elle ne retomba pas dans la poussière dont elle avait eu tant de mal à s’élever. Ciel et terre échangèrent néanmoins de place de nombreuses fois avant qu’elle ne puisse reprendre complètement ses esprits.

Lorsque son sens de l’équilibre fut parfaitement rétabli, Arabella ne manqua pas de constater un changement, bien que minime. Rien de se nouveau ne se profilait à l’horizon, aucune brise ne balayait la plaine de son souffle glacé. Il n’y avait rien d’autre qu’un ciel noirâtre, un feu ardent, et elle, seule face à l’immensité du désert. Ou du moins en apparence, et ses propres parents ne lui avaient que trop souvent enseigné que les apparences étaient parfois, voire toujours, trompeuses, pour qu’elle s’y laisse prendre ce soir là. Puisque sa vue lui faisait ainsi défaut, la jeune femme se résolut de ne plus l’employer comme seul moyen de perception, et fermant les yeux, tenta d’explorer son univers avec les quatre autres sens qui lui restaient. Pourtant cela fut loin de lui apporter le réconfort qu’elle cherchait, et elle ne put réprimer une faible exclamation de surprise et de peur. Ne venait-elle pas d’entendre, à travers le crépitement des flammes, un bruit de pas ?

Une vague de pensées incohérentes ébranla sa raison, et son cœur se mit à s’emballer, sans qu’elle puisse faire quoique ce soit pour l’en empêcher. Sa peur, cette fois là, était bien réelle. Ce n’était pas un subterfuge de son esprit destiné à la retarder. Il y avait quelqu’un là, juste à ses côtés, et elle ne pouvait l’apercevoir, ni même entendre sa respiration. Sans avoir jamais voulu l’avouer à quiconque, Arabella était profondément effrayée par cet ennemi invisible et inconnu, cet assassin qui frappe sans que l’on en connaisse la raison, et face auquel on est impuissant et sans défense, comme nu dans les ténèbres. Le combat ne l’effrayait pas, tant qu’il était déclaré. Mais contre le traître, le voleur, le tueur, que faire ?

« Tu es seule petite. Seule et démunie. »

Elle sursauta vivement. La voix, à la fois lente et puissante comme le grondement du tonnerre, avait déchiré le calme de la nuit, semblant émaner de chaque bûche calcinée, de chaque grain de poussière. L’espoir même de pouvoir plus ou moins localiser son adversaire par l’ouïe s’envolait ainsi, et son trouble s’accentua. Que lui destinait cet être dont la seule voix paraissait emprunte de tant de sagesse et de majesté ? Mais si puissant que soit ce monarque, elle ne put s’empêcher de penser que son royaume manquait cruellement de sujets, et émit un petit rire à la fois ironique et horrifié.

« Mais pourquoi crois tu être là gamine ? Car tu as bien raison, que serait un roi sans sujets, un maître sans esclaves ? Tu es seule pour l’instant, mais les autres viendront rapidement te tenir compagnie. Tu m’ennuies. Tu es aussi docile qu’un mouton. »

Les protestations d’Arabella moururent dans sa gorge lorsque la voix retentit de nouveau.

« Ne protestes pas, car tout ce que je dis n’est que vérité. Je t’ais placée devant ce feu, et tu n’as pas osé quitter ce lieu. Tu es restée assise des heures durant, à regarder les flammes danser. Et pourtant je sais que tu aurais pu faire bien d’autres choses plus utiles ! Mais tu n’es qu’un vieux pantin de bois : on te manœuvre à notre guise pour amuser les petits, et dès que tu n’amuses plus, on te jette. »

La voix se fit incroyablement dure sur les trois derniers mots, et la jeune femme fut soudainement prise de peur que l’être, quelque qu’il soit, ne décide de mettre ses paroles à exécution. Il avait tout pouvoir ici après tout, il était le maître, il était Dieu. Et malgré les faibles protestations de son esprit, elle ne pouvait s’empêcher de remarquer qu’il avait raison, en tout. Elle avait joué son jeu, suivi ses plans. Qui pouvait dire en effet combien de temps elle était restée immobile face aux flammes, sans même penser, respirant seulement, pour rester en vie ? Elle s’était pliée à ses ordres sans résistance aucune. Arabella haït sa faiblesse de caractère, et pourtant, elle savait qu’elle ne se soustrairait pas à la volonté de cet être, elle n’en avait ni la force ni le pouvoir. Elle était faible.

« Tu as enfin réalisé qui était le maître ici, et quelle est ta vraie nature. Et avant, tu te croyais courageuse ! Tu es mon pion, ma marionnette. »

Sa phrase, et le ton ironique sur lequel il l’avait déclamée, choqua profondément Arabella. Un mot en particulier, avait attiré son attention. Il avait dit avant. Mais qu’y avait il eu au juste, avant ? La réponse lui vint si rapidement, si naturellement, qu’elle se demanda comment elle avait bien pu l’oublier. Car maintenant, elle se rappelait fort bien de sa transe mimétique et de toutes les épreuves qui devaient en découler, dont cette scène était logiquement la première, et qu’elle était en train de lamentablement échouer ! Mais il fallait se reprendre, l’échec était inacceptable ! La colère substitua rapidement tout autre sentiment dans l’esprit d’Arabella.

« Et qui es-tu toi, pour parler de courage ? Tu restes caché, terré dans ton trou comme une souris apeurée ! Tu n’oses même pas te dévoiler à mon regard, et pourtant tu me sermonnes et me traites de lâche ! Qui es-tu donc pour parler ainsi ? Tu n’es même pas réel, tu n’existes que dans mon esprit ! » hurla t-elle.

D’un violent coup de pied dans les flammes, la jeune femme fit finalement s’écrouler puis s’éteindre le feu de camp près duquel elle avait perdu tant de temps, et pendant de longues minutes, l’épaisse fumée grisâtre l’empêcha de voir ou d'entendre quoique ce soit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Léola Velvethone
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 303
Age: 27
Localisation: Sywhaîd
Date d'inscription: 02/11/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Mar 15 Jan - 18:31

Tout à coup, un épuisement subit s'empara de la jeune fille et de son daemon, et celle-ci, peu résistante, s'endormit sur le champ. Tout s'effaça autour d'eux.
Mais à la différence du sommeil normal, l'étudiante eut la sensation de vivre son somme ; elle avait bel et bien conscience de dormir, et cela provoqua chez elle un sentiment d'étouffement. Ce fut d'abord un court instant de blanc, comme le flash éblouissant d'un appareil photo, puis, tout se fit obscurité, et la pénombre sembla les avaler. Durant une fraction de seconde qui sembla durer plusieurs éternités, il tournoyèrent dans un néant oppressant, angoissant. Léola, aveuglée et en quête d'un quelconque réconfort, chercha à tâtons la douce fourrure de son daemon, sans la trouver.
Lorsque ses pieds se posèrent à terre, le reste du corps suivit, et la jeune fille s'écroula sur le sol. Elle resta plusieurs minutes dans la position prostrée qu'elle avait automatiquement adoptée, tentant de rassembler ses idées, quelque peu embrouillées par sa chute sans aucun doute vertigineuse. Après avoir lentement ouvert les paupières, elle se releva lentement, et jeta un regard rapide aux alentours.
Elle se trouvait au beau milieu d'une plaine aride, sur laquelle courait un unique ruisselet à l'eau plus boueuse que limpide, mais qui rendait tout de même le lieu étrangement accueillant et paisible. Cependant, ce qui l'inquiéta tout d'abord, ce n'était pas le paysage étrange qui l'entourait, mais l'absence de sa moitié. Affolée, elle hurla son nom qu’un écho inattendu répéta à l’infini. Seule.

- Ca ne doit pas du tout se passer comme ça...

Une petite voix intérieure, qu’elle reconnut comme celle qu’elle écoutait par moment avant de révéler sa moitié, lui souffla : « Mais si, tu le sais bien, tu as trop profité de son soutien... Profité... » Nerveuse, elle chassa aussitôt cette pensée.
Cependant, aussi inquiète qu’elle pouvait l’être, elle sentait la présence quelque peu effacée de son daemon à ses côtés, qui la rassura quelques instants, sans qu’elle pût comprendre cet étrange phénomène. Cependant, au bout de quelques secondes, celle-ci commença lentement à disparaître pour de bon. Elle voulut crier, hurler, tenter par un quelconque moyen de retenir cette trace rassurante et sereine, mais aucun son ne sortit de sa bouche, comme lorsque la Brume les avait tous deux privés de la parole, devinant que leur séparation orale serait plus difficile qu’ils ne le prétendaient. Mais Strict’ avait été là pour prendre la situation en main.

Tout à coup, une porte en bois apparut en face d’elle. Cette porte était très simple, sans fioritures ni motifs, et comportait une poignée en cuivre tout aussi peu ornementée. Cependant, elle différait de celles qu’avait pu voir Léola jusqu’à présent, du fait qu’elle n’était installée dans aucun mur, aucune paroi. Elle se dressait, là, au beau milieu de la plaine brumeuse dans laquelle se trouvait la jeune sorcière, qui en déduit naturellement qu’elle devait la franchir. Mais lorsqu’elle posa la main sur la poignée, plusieurs centaines d’autres portes en tout point semblables à la première apparurent derrière elle. Égarée, la jeune fille porta machinalement la main à sa longue chevelure châtain, ce qui, ceci dit, ne risquait pas beaucoup de l’aider. De plus, le brouillard qui persistait à flotter dans son cerveau n’arrangeait pas les choses, ni la disparition de son daemon. Elle soupira. Elle qui, pendant si longtemps, avait prétendu en riant qu’elle se passerait bien une journée ou deux de sa présence, elle se rendait maintenant compte à quel point cette simple pensée était absurde.

Commençant à errer parmi les portes toutes identiques, elle ne se posa étonnamment pas la question de savoir laquelle était celle qu’elle devait choisir, supposant qu’une conviction inexpliquée, une évidence indéniable, surgirait subitement à son esprit, ce qui se produit, lorsqu’elle passa devant un panneau dont la base avait été sauvagement griffée. Convaincue, la jeune sorcière poussa résolument la porte, pour découvrir exactement le même paysage qu’elle avait pu voir derrière jusqu’à présent. Pas découragée pour autant, elle passa l’encadrement, mais, lorsque son pied franchit le seuil, la porte disparut, ainsi que la plaine qui l’entourait encore quelques secondes auparavant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brise d'Oz
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 169
Age: 23
Date d'inscription: 14/10/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 17 Jan - 19:25

Brise avait fermé les yeux, et pourtant ils étaient ouverts. Ou bien elle avait ouvert les yeux, et ils étaient fermés. Comment savoir alors qu'il faisait si noir? Brise haussa les épaules, mais comment hausser les épaules lorsque l'on a plus de corps? Et comment penser clairement lorsque l'on a plus de tête?
Brise n'avait pas peur du noir, mais le néant... C'était différent.

Elle n'était plus qu'une conscience. Consciente de quoi? Brise tenta à nouveau d'amorçer un mouvement, sans succès. Elle avait l'étrange impression que ses yeux avaient roulé sur eux-même et qu'elle était en train de contempler l'intérieur de son crâne. Où plutôt qu'elle flottait, inconsistante, à l'intérieur de sa propre tête. Et quoi de plus logique que de n'y trouver son esprit? Oui, déduisit Brise, soulagée. La transe avait commençée, et elle était aux portes de son voyage psychologique.

Minute...

Retour rapide...

Si Brise était face à son esprit, si elle était son esprit, pourquoi
ce néant? Pourquoi ce vide, ce rien, ce noir, ce trou béant qui n'était pas, ne créait rien, n'abritait rien d'autre que lui-même? Brise sentit l'angoisse monter en elle, ou plutôt envahir son esprit, insidieuse. Si cet endroit était sa tête, où étaient ses souvenirs, ses pensées, ses rêves?

- Tu ne comprend pas?


Si Brise l'avait pu, elle aurait sursauté. Mais elle se contenta d'être excessivement surprise. Voila qu'une voix lui parlait dans sa propre tête! Et elle, sans lèvres, sans bouche, sans langue, elle, Brise d'Oz, ne pouvait pas répondre. Dans sa propre tête. C'était du n'importe quoi! Brise sentit la panique la gagner. A qui appartenait cette voix? Tout en étant parfaitement crédible, elle sonnait étrangement, comme si les sons s'assemblaient artificiellement pour former des phrases cohérentes. Brise ne voulait pas entendre ce que cette voix avait à lui dire. Comme lorsque deux gendarmes se pointent chez vous avec une mine d'enterrement, et que vous priez pour qu'il se taisent, qu'ils repartent, et que tout redevienne comme avant, pour toujours.

- Allons Brise, toi et moi savons très bien pourquoi ta petite tête est pleine de vide, pas vrai?

Non, non, pas ça, Brise tremblait de tous ses non-membres, elle grelottait virtuellement. Elle avait un horrible pressentiment, d'anciennes peurs enfouies refirent surface en un éclair. Les ténèbres s'épaissirent.

- Brise, Brise, Brise, comme tu porte bien ton nom! Car si tout est vide derrière ses yeux, c'est que Brise d'Oz est creuse, creuse, creuse! Du vent! Personne derrière le masque!

Non, non, non, Brise paniquait sérieusement. Chacune des paroles cruelles de la voix désabusée se plantait dans son non-coeur, et son esprit, seul à rester, se mit à tourbillonner à plein régime, l'empêchant de se concenter.

- Tu ne sortiras jamais du théâtre que tes parents ont monté pour toi Brise d'Oz, et tu sais pourquoi? Parce que tu n'es rien d'autre qu'un costume! Et sous le costume, personne! Tu n'existe pas, tu n'as jamais existé! Bas les masques, Brise d'Oz!

La voix marqua un temps, lourd d'ironie affichée.

- Pardon j'oubliais. Tu ne peux pas. Tu es un masque.

Brise ne maîtrisait plus rien. Des mots défilaient dans son esprit, à une cadence étourdissante. Chaque mot prononçé par la voix désincarnée trouvait écho en Brise. Chaque coup visait juste. Brise vide, Brise néant, Brise rien du tout! Du vent, rien que du vent!

- DU VEEEEEEENT! Hurla-t-elle soudain, brisant le barrage infernal qui paralysait ses pensées. Du vent, casse-toi, dégage de ma tête!

Une voix! Elle avait une voix, un larynx, une gorge! La jeune femme se mit à hurler, et elle hurla tant et si bien qu'elle parvint à couvrir les paroles blessantes, les mots incisifs. Elle hurla si longtemps que les parois du cocon noir se fendirent. Bientôt, la voix de Brise la fit voler en éclats. Une longue pointe noire vint entailler profondemment la joue de la jeune femme, provoquant une douleur cuisante mais au combien rassurante.

*Je suis* Pensa Brise, qui hurlait toujours, la gorge en feu, les larmes aux yeux.

Elle porta la main à sa joue. Des flots de lumière se déversaient à présent dans la coque brisée, inondant sa paume de chaleur. Du sang, rouge de sang, son sang à elle! Légèrement euphorique, Brise laissa mourir son cri déchirant, qui se termina sur un éclat de rire presque dément. Qu'avait dit Zéphira? Aucune répercussion physique? Mais qu'importe, qu'il était bon d'avoir un corps, son corps! Brise se laissa tomber sur le sol, enfin, et des éclats noirs s'incrustèrent dans ses genoux.

- Je ne suis pas un masque! Cria-t-elle d'une voix éraillée, rageuse. J'existe, vous entendez, j'existe!

Elle se releva, vacillante, au bord de l'hystèrie. Elle allait leur prouver, leur prouver à tous qu'elle était autre chose qu'une enveloppe vide, un cocon délaissé. Elle allait montrer à ses parents, à ses amis, à tous ces gens qu'elle fréquentait, elle allait leur montrer ce qu'elle était! Mal assurée, Brise se glissa dehors par l'une des brèches de la coque, essuyant au passage sa main sur un pan de mur.

Elle fut alors nimbée de lumière. Une lumière blanche, agréable, acceuillante. La jeune femme se prit à sourire, apaisée déjà. Elle laissa son manteau glisser le long de ses bras et l'abandonna là, sans un regard. Sa colère s'envolait déjà, et c'est dans un dernier sursaut de lucidité qu'elle pensa, en un éclair:

- J'existe

Aprés quoi elle sentit son corps s'engourdir à nouveau et elle perdit connaissance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://mandibulle.blogspot.com
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 20 Jan - 17:58

« Et maintenant, mesdames et messieurs, Kay Brooks ! »

Les lumières l’éblouirent un instant, mais elle avait tellement l’habitude qu’elle avança comme si de rien n’était, tournée vers le publique, un grand sourire aux lèvres et la main levée pour les saluer. Certains auraient pu se demander comment on pouvait avancer, sans regarder où on allait, de toute façon éblouie par la lumière, l’attention portée sur d’autres personnes à saluer, tout en portant des talons qui devaient bien faire une douzaine de centimètres et une jupe courte droite qui empêchait de faire de grands pas. Pour Kay, ça n’avait rien de compliqué, ça faisait partie de sa vie de tous les jours. Elle avança jusqu’à Oprah Winfrey et ne se retourna tout à fait vers elle qu’au moment où elle était assez proche pour lui serrer la main. Oprah lui fit signe de s’installer et elle s’assit avec grâce et aisance dans l’un des fauteuils.

« Kay, nous sommes très heureux, le public et moi, de vous recevoir ce soir. » le public en question applaudit pour appuyer les paroles de la présentatrice. « Vous venez nous parler de votre dernier film, Be Back Before Dawn. C’est un film très différent de ceux que vous avez fait jusqu’à maintenant. De fait, nous nous sommes habitués à vous voir dans des drames ou même dans des films d’horreur, et là nous vous retrouvons dans une comédie complètement déjantée dirigée par Kevin Smith, pas vraiment dans le style de la Kay Brooks habituelle. Peut-on dire que vous essayez de casser votre image ? »

« Et bien… En fait, j’aurais accepté n’importe quoi de Kevin. J’ai toujours été une fan, une vraie fan, j’ai vu tous ses films, je les ai tous en dvd et les répliques de ses films sortent souvent de ma bouche avant même que je le réalise. Je voulais travailler avec lui, je le voulais vraiment. Seulement, je n’évoluais pas vraiment dans le même genre de milieu. J’ai été connue grâce à des films qui sont loin d’être le genre de films qu’il fait. Je veux dire, j’ai joué dans des grands drames, des films magnifiques, mais aussi des films d’horreur, vraiment très chouettes, que des films de qualité, enfin du moins je pense, mais jamais de film indépendant un peu déjanté. Et c’est vrai que j’ai une image de… Comment dire ? D’actrice assez sérieuse. On me voit mal dans un rôle complètement décalé. »

« Et pourtant vous êtes très bien ! »

« Merci ! Enfin bref. J’ai joué avec Ben Affleck dans Never Give Up et je l’ai harcelé pendant tout le tournage pour qu’il me présente à Kevin, je voulais absolument le rencontrer et lui montrer que je pouvais jouer n’importe quoi sous sa direction. Ben a fini par m’inviter un soir au restaurant, on mangeait souvent ensemble après le tournage parce que ça finissait assez tard et qu’on était loin de chez nous en plein milieu du Canada profond… Et quand je suis arrivée, j’ai vu Kevin à la table avec Ben. J’ai failli m’évanouir, une vraie groupie ! Ca n’avait rien de vraiment professionnel. Enfin, j’ai discuté toute la nuit avec Ben et Kevin et à la fin, Kevin me proposait le rôle d’Amanda… A vrai dire, je n’ai même pas écouté ce qu’il m’a dit, il m’avait eue à « tu voudrais jouer dans mon prochain film ? ». Mais j’ai été plutôt contente quand j’ai vu que c’était très différent de ce que j’avais fait. Je me suis dit que ça casserait mon image, que ça serait intéressant à jouer et que ça prouverait que quand on est actrice, on peut passer d’un registre à l’autre sans trop de problème ! »

« Et vous nous le montrez avec brio ! Vous pourriez nous en dire un peu plus sur le film ? Nous faire le pitch histoire que les spectateurs qui n’ont pas encore eu la chance de le voir puissent en savoir plus ? »

« Bien sûr ! Et bien… En fait, c’est une sorte de comédie romantique avec des vampires… Oui, je sais, dit comme ça c’est pas très engageant, mais c’est Kevin Smith quand même ! En fait, c’est l’histoire d’Amanda, mon personnage, qui tombe amoureuse de Vlad, joué par Heath Ledger, qui est… un vampire. Alors dès le début ça pose quelques problèmes, parce que Vlad ne veut tout d’abord pas lui dire donc elle le trouve très bizarre, surtout quand il jette le plat qu’ils ont commandé à l’autre bout de la pièce juste parce qu’il y a de l’ail dedans ou quand, au bout de plusieurs semaines de relation, elle se rend compte qu’elle ne l’a toujours pas vu de jour… Mais leur relation devient vite sérieuse et il lui avoue. Elle accepte ce qu’il est, mais se retrouve à devoir apprendre les traditions des vampires et ils doivent faire accepter leur couple à leurs familles… Enfin, ça devient très vite un peu surréaliste. »

« En fait, c’est une sorte de métaphore pour parler des couples qui viennent de deux communautés différentes ?... »

« Mhh… Je ne sais pas. Enfin, oui, j’imagine que ça peut s’appliquer à ces cas, mais je ne suis pas sûre que Kevin ait vraiment envie de faire passer un message. Je veux dire, il fait surtout du cinéma pour divertir. Ses films sont géniaux, et moi je ne considère pas que le cinéma de divertissement soit à mettre en dessous du cinéma à message, mais la plupart des films de Kevin sont bien trop déjantés pour passer vraiment un message. Ou alors, dans Dogma il fait passer le message que Dieu est une femme et que les grandes firmes de restauration rapide sont des sectes ? Non, je sais pas… Oui, il fait passer son avis, ses critiques, ce qu’il trouve drôle ou pathétique, mais chacun y voit ce qu’il veut. Je crois que Kevin veut juste faire passer au spectateur un bon moment, c’est ça le plus important pour lui. »

« En parlant de bon moment, comment était l’ambiance sur le tournage ? En voyant le film, aurait du mal à imaginer que ça se soit mal passé ! »

« Oh non, c’était vraiment génial ! Kevin était tellement gentil, il est très à l’écoute des acteurs, c’est l’un des réalisateurs les plus doués que je connaisse et les plus adorables. Il a de l’autorité, il sait se faire entendre de son équipe et de ses acteurs, mais il le fait avec respect et sympathie… Heath était vraiment un compagnon de jeu à mourir de rire. Je crois qu’on a dû refaire les scènes une bonne dizaine de fois tous les jours tellement il me faisait rire ! La comédie, il a vraiment ça dans le sang ! Mais tous les autres acteurs étaient géniaux, j’étais très contente de revoir Ben qui a fait une apparition avec Matt Damon, y avait à peu près l’équipe habituelle de Kevin, tous les acteurs qui font au moins des apparitions dans ses films. On avait l’impression que c’était une grande famille qui se retrouvait, et Heath et moi on s’est vraiment sentis intégrés à cette famille ! »

« C’est justement le moment parfait pour faire une transition vers votre vie privée. Vous avez récemment annoncé vos fiançailles avec Jared Leto, votre compagnon depuis plus de quatre ans. Alors, comment faites-vous pour supporter d’être la femme que des millions de fans de l’un des acteurs et chanteurs les plus sexy détestent ? »

« Il y a de pires raisons pour lesquelles être détestée. Vous savez, je comprends toutes les fans qui me détestent pour ça, j’ai été l’une d’entre elles ! D’ailleurs, en voilà une autre de première rencontre loupée… J’étais à un concert de son groupe, 30 seconds to mars, dont j’ai toujours été une grande fan, et ma meilleure amie m’a dit qu’on pouvait essayer d’entrer en backstage grâce à ma notoriété. Je n’avais jamais fait ce genre de choses, et ma carrière décollait à peine à l’époque, mais j’ai quand même décidé d’essayer, parce que je voulais vraiment le rencontrer, c’était un fantasme depuis toujours. Alors j’ai un peu forcé le passage et je suis allée le voir en coulisses. Et au lieu de me présenter avec classe et dignité, je lui ai pratiquement sauté au cou en lui hurlant « J’ai vu tous les épisodes de My so-called life ! » c’était vraiment ridicule ! » [note de l’auteur : My so-called life = Angela 15 ans en français] « Enfin, une fois que je me suis un peu calmée je lui ai dit que j’aimais beaucoup son travail, ce qui était déjà plus classe, lui il m’avait vu dans mon dernier film, on a discuté et… Et on se marie dans trois mois. Comme quoi, des fois, on arrive à passer outre une rencontre vraiment humiliante ! »

« Nous vous souhaitons en tout cas beaucoup de bonheur… Il y a une rumeur un peu inquiétante, vous auriez reçu des lettres de menaces et été harcelée au téléphone ? »

« Oui… Oui, c’est vrai. D’ailleurs, Jared insiste pour que j’ai des gardes du corps… Moi je trouve ça un peu bête. Je veux dire, pratiquement toutes les stars, ou même toutes les personnes qui sont sur le devant de la scène en général, ont vécu ce genre de choses. Ca ne veut rien dire. Les menaces, c’est quelque chose d’assez courant, et il ne se passe pratiquement jamais rien. Juste des gens qui s’amusent un peu, ou des fans qui veulent se faire remarquer… Enfin, rien de bien sérieux… »

« Nous l’espérons en tout cas ! Et bien, il est l’heure d’une coupure de publicité, nous nous retrouvons juste après avec Kay Brooks, pour son nouveau film, Be Back Before Dawn ! »

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aina McLane
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 182
Age: 27
Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 27 Jan - 11:23

Aina poussa un cri, essayant de résister à ce qui voulait s'emparer d'elle et la mettre à terre. Mais elle finit pourtant par tomber au sol, de même que Riom qui s'était rapproché d'elle, en fin de compte. Sa moitié avait besoin de lui, qu'il le veuille ou non. Les deux sombrèrent alors dans la transe.
***


"J'aime pas, ici..." marmonna une petite voix.

Aina ouvrit les yeux. Où était-elle? Elle sentait Riom à ses côtés mais ne le voyait pas. En fait, le plus juste aurait été de dire qu'elle ne voyait rien de tout. Ses yeux étaient-ils réellement ouverts? Elle voulut monter ses mains à son visage, mais ses bras ne lui répondirent pas. Les battements de son coeur commença à s'emballer. Sa voix non plus ne lui répondait pas.

*Riom! Riom! Qu'est-ce qui m'arrive?*

Le félin leva la tête vers elle, tandis qu'une petite fille continuait à pleurer un peu plus loin. Aina était pourtant entière, ses bras étaient posés sur son visage, ses yeux papillonnaient.

*Ben... Tout est normal, ma grande... Calme-toi, ça ira peut-être mieux...*

La jeune femme avait beau essayer, plus ça allait et plus elle paniquait. Et ça n'arrangeait pas les choses. Elle avait, même, l'impression de perdre le fil de ses pensées, de perdre l'ouïe. Finalement, voyant que rien ne fonctionnait, Riom vint mordre la jeune fille. Ce fut radical. Aina poussa un nouveau cri dans sa transe, alors que le premier avait été réel. Enfin, elle vit. Elle avait l'impression de retrouver ses sens.

"Qui êtes-vous?" demanda la petite fille entre deux larmes.

"Je m'appelle Aina. Et toi?"

La petite fille ne répondit pas, mais se rapprocha de la jeune femme, comme pour chercher du réconfort. Pourtant, son contact était froid. Regardant autour d'elle, Aina observa le décor. Le ciel était noir, le sol blanc. Toutes les couleurs étaient inversées. Mais où était-elle donc?

"Tu sais où on est, fillette?"

La petite fille secoua la tête. Riom, pendant ce temps explorait l'environnement. Il ne tarda pas à s'adresser à Aina pour lui conseiller de partir avec ou sans la fillette, au choix, mais ne pas rester là. La jeune femme fronça les sourcils mais s'empressa de suivre les conseils de so daemon en emportant la fillette avec elle.

***


Pourtant, là où elle se retrouva ensuite, elle était seule. Ni Riom, ni la petite fille. Elle entendait pourtant la voix de Riom, un peu plus loin qui l'appelait. La jeune fille essaya d'avancer vers son daemon mais percuta un mur de verre. A dire vrai, elle était entourée d'un mur de verre. Lorsque l'on s'écartait, on pouvait voir Riom et Aina dans deux éprouvettes différentes. Celles-ci se trouvaient dans une centrifugeuse qui ne tarda pas à se mettre en route, plaquant les deux moitiés contre les parois de verre. Bientôt, avec des sensations bizarres, l'un et l'autre se désagrégèrent jusqu'à n'être plus que des particules. Aina appelait à l'aide. Etrangement, elle était toujours capable de parler, de penser, de voir. Mais elle avait peur. Très peur.

"A l'aide!!!!"

***


Le décor changea alors. Elle était sur une plage avec Jack, Riom et le daemon de Jack. Les deux daemons n'étaient pas fixés, encore. C'était l'été. Aina sourit. Enfin, elle était bien là. Elle regarda Jack, son cher Jack. Elle était heureuse d'être là, avec lui, si proche de lui. Elle posa sa tête contre son torse nu. Elle n'y prêta pas attention. Elle était dans ses bras et c'était tout ce qui comptait. Elle n'avait pas envie d'être ailleurs. Riom tenta bien de lui dire qu'elle n'était pas là pour ça, qu'elle n'avait pas à follâtrer dans les champs avec lui, qu'elle avait quelque chose d'autre à faire, elle ne l'écoutait pas, préférant écouter les paroles tendres du jeune homme. Avec lui, elle se sentait bien. Ce qui pouvait se passer ailleurs, elle n'en avait cure.

_________________


Dernière édition par le Dim 10 Fév - 10:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 27 Jan - 16:14

« Alors, comment tu m’as trouvée ? »

« Formidable, as usual… »


Cette fois, elle n’était plus chez Oprah mais enfin rentrée chez elle. Comme toujours après ce genre de journées de folie, les périodes de promotion étaient toujours très denses, elle avait commencé par filer prendre une bonne douche et se changer. Elle adorait les beaux vêtements et ne se lassait pas des magnifiques tenues que les créateurs lui faisaient pour ses sorties publiques, mais son vrai bonheur en fin de journée était bien d’enfiler un simple jean, un t-shirt et des grosses chaussettes. C’était d’ailleurs ce qu’elle portait alors qu’elle s’activait devant les fourneaux, aidée par Jared. C’était lui qui lui avait appris à cuisiner, avant de le connaître elle était même incapable de réussir des œufs au plat. Maintenant, elle se débrouillait plutôt bien, tant qu’elle n’était pas obligée de se débrouiller toute seule. La cuisine ça se faisait à plusieurs ou pas du tout, c’était le credo de Kay Brooks à ce propos. Elle avait attaché ses cheveux courts avec une pince et ne portait pas de maquillage. Elle n’en portait jamais quand elle n’était pas en sortie ou sur un tournage, il fallait laisser reposer sa peau, autrement elle finirait avec une peau désastreuse.

Jared sortit deux verres du placard qui se trouvait au-dessus de l’évier et une bouteille de vin blanc. Ils ne buvaient pas tous les soirs, juste quand ils avaient quelque chose à fêter, ou envie, mais ça n’avait rien d’une habitude, Kennedy avait eu assez de l’exemple de sa mère qui ne quittait jamais son verre pour ne pas avoir envie d’être une buveuse régulière. Le glouglou du vin que son fiancé servait dans les verres la fit se retourner.

« On a quelque chose à fêter ? »

Elle venait de finir ce qu’elle était en train de préparer, une simple poêlée de légume avec des morceaux de dinde au miel dedans. C’était une des choses qu’elle faisait le mieux, les poêlées de légumes frais. Ils adoraient ça. Elle remplit les deux assiettes et les amena sur la table, haute, une sorte de bar en fait, qui était dans la cuisine. Elle se hissa sur un tabouret et Jared lui tendit un des deux verres, l’air mystérieux.

« Ca fait un moment qu’on est tous les deux très stressés, entre les préparatifs pour le mariage, le petit rigolo qui te menace, les gardes du corps qui ne nous laissent notre intimité que le soir, et encore ils font des rondes autour de la maison… » il leva le bras pour l’empêcher de lui couper la parole. Il savait qu’elle était contre ces gardes du corps mais il s’en fichait, il voulait qu’elle soit protégée. « et surtout par les promotions qu’on fait pour nos derniers films. Dans quinze jours, on aura fini nos promotions et il nous restera un mois en gros avant de retourner chacun sur nos plateaux de tournage…. Alors, j’ai appelé l’agence de voyage et je nous ai pris deux billets pour la France, avec réservations dans un Grand Hôtel parisien. Ca fait des années que je n’ai pas pris de vacances en France et je crois que tu n’as jamais vraiment eu l’occasion de visiter cette ville… Alors voilà, on va passer vingt jours là-bas, rien que nous deux, enfin avec les deux colosses évidemment mais ils nous laisseront quand on sera à l’hôtel. »

Il n’avait même pas encore fini de décrire leurs prochaines vacances que déjà Kennedy lui sautait littéralement dans les bras. Il n’aurait pas pu la rendre plus heureuse, elle n’arrêtait pas de se dire que si elle n’avait pas un peu de repos elle finirait par imploser. Et la France ! Paris ! Avec la semaine des couturiers qui tomberait en plein dans les dates ! C’était parfait ! Vraiment ! A ce moment précis il n’y avait pas plus heureux sur terre que Kennedy Brooks, actrice nominée aux Golden Globes pour son rôles dans Be Back Before Dawn et fiancée à Jared Leto, l’homme le plus parfait du monde !



¤~¤




Pourquoi n’arrivait-elle pas à dormir ? Ca faisait une heure qu’elle s’était réveillée en sursaut, sans aucune raison, et qu’elle n’arrivait plus à retomber dans le sommeil. Elle était réveillée comme si elle avait assez dormi alors que son réveil notait 1h30, ça ne faisait que deux heures qu’elle était couchée… Ca ne lui arrivait jamais, elle avait toujours eu un bon sommeil, et ça depuis son adolescence. Elle arrivait à veiller tard mais une fois couchée, elle dormait en général comme une souche. Elle se retourna de nouveau, se retrouvant face à Jared qui dormait comme un bébé. Si elle continuait à se remuer comme ça elle allait finir par le réveiller et le lendemain il avait une séance de photos puis de dédicaces avec son groupe, elle ne pouvait pas lui enlever les quelques heures de sommeil qu’il lui restait. Avec moult précautions, elle se hissa hors du lit. Elle jeta sa robe de chambre en soie beige par-dessus sa nuisette en dentelle et soie. Les habits, c’était une des choses pour lesquelles elle ne se restreignait pas, surtout les sous-vêtements et habits de nuit, elle adorait ça, c’était une vraie folie. La nuisette qu’elle portait cette nuit était violette claire, une couleur qu’elle adorait et qui lui allait très bien.

Pieds nus, elle fit le moins de bruit possible pour sortir de la chambre et descendit sur la pointe des pieds jusqu’au salon. Elle ne savait pas pourquoi elle ne pouvait pas dormir mais elle savait qu’elle n’arriverait pas à retrouver le sommeil. Elle alla à une des bibliothèques et sortit un bouquin un peu au hasard. Elle n’avait pas lu tous les livres qui étaient là, la moitié était à Jared, et celui-là faisait partie de ceux qu’elle n’avait pas encore lu. Un recueil d’histoires d’Edgar Alan Poe. Elle commença à lire mais s’arrêta bien vite. Seule dans une grande pièce, dans une maison au milieu des bois, en plein milieu de la nuit, elle avait bien trop d’imagination pour lire du Poe. Elle grimaça et alla ranger le livre, mais son œil fut attiré par un mouvement devant la fenêtre. Elle s’approcha de la fenêtre et sursauta : elle était sûre d’avoir vu une silhouette passer à quelques mètres de là, derrière un arbre.


« Hey ! Hey ! C’est une propriété privée ! »


Elle avait ouvert la porte et était sortie sur la terrasse. Elle avait crié d’un ton indigné vers l’endroit où elle avait vu la silhouette. Elle sursauta de nouveau, la silhouette était sortie de derrière l’arbre et, dans l’ombre du sous-bois, semblait la regarder. Il faisait trop nuit pour que Kennedy la voit vraiment bien, elle ne voyait qu’une sorte de silhouette qui se détachait un peu de l’ombre, pas vraiment définissable. Tout d’un coup, elle se retourna et partir en courant.

« Hey ! C’est chez moi aussi ce bois ! »

Indignée, elle ne réfléchit pas une seconde et courut sur les traces de la silhouette. Elle voyait le mouvement de loin et continua à la suivre à travers les bras. Elle était pieds nus et ses jambes étaient découvertes à partir du bas de sa nuisettes, qui s’arrêtait à ses genoux, mais elle s’en fichait. Il faisait froid et le sol de la forêt lui blessait les pieds mais ça n’avait pas d’importance, étrangement, la seule chose qui semblait compter était de suivre cette silhouette. Sûrement que si elle avait pris le temps de s’arrêter pour réfléchir un instant, sûrement qu’alors elle aurait réalisé que tout ça n’avait rien de logique ou de cohérent. Menacée de mort depuis plusieurs semaines, elle se lançait à la poursuite d’un inconnu en plein milieu de la nuit, sans prendre le temps d’enfiler des chaussures. Mais elle ne s’arrêta pas, au lieu de ça elle accéléra.

Et l’accélération ne fut pas vaine. Elle arriva tout près de la silhouette et bondit pour la forcer à s’arrêter. Elles firent un roulé-boulé et Kay, agrippée à l’inconnu pour l’empêcher de partir, sentit une vive douleur quand son dos percuta le sol. La personne qu’elle poursuivait la repoussa et se releva, mais Kay était rapide, elle se releva aussi et se trouva nez à nez avec celle qu’elle poursuivait. Elle n’avait rien d’humain. Ou plutôt, si, elle en avait la silhouette, elle avait deux longues jambes, un buste, apparemment féminin, des bras. Ca aurait pu être une femme, plutôt bien fichue… Seulement, sa peau n’avait rien d’une peau humaine, elle était verte, avec des écailles assez éloignées les unes des autres, de grosses écailles irisées. Ses cheveux étaient longs, épais et verts foncés. Sur son visage, des écailles étaient disposées d’une façon plutôt harmonieuse et ses yeux étaient entourés de deux tâches rouges foncées. Ses pupilles étaient dorées. Elle portait une sorte de pagne en fourrure, qui laissait voir sa poitrine, nue. Elle avait l’air sauvage, elle avait l’air dangereuse…. Mais surtout, on aurait dit Kennedy maquillée.

« Qui es-tu ? » demanda la Kennedy en question.

L’apparition sourit et ses dents blanches semblèrent presque briller dans l’obscurité. Elle tendit son bras vers Kay et répondit, d’une voix grave et cristalline à la fois :

« Toi bien sûr. »

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aina McLane
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 182
Age: 27
Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Sam 2 Fév - 0:59

La jeune femme, encore une adolescente à l'époque se laissa aller contre l'épaule de son compagnon. Elle était si bien... Si bien, si sereine, si... Elle sentait la main du jeune homme remonter le long de sa hanche, la chatouillant agréablement. La jeune fille frémit, et rit légèrement. Un rire doux, tendre, qu'elle n'avait qu'avec lui. Extérieurement, dans la réalité, la jeune femme souriait, totalement perdue dans ses songes et dans sa transe. Cet endroit, elle ne voulait pas le quitter. Elle écoutait les mots tendres de Jack, ces mots d'amour, ces promesses infinies, oubliant ce lien qui les unissait. Jamais Aina n'était aussi souriante que lorsqu'elle était avec lui. Elle se redressa soudain et se mit à califourchon sur lui. Il était de deux ans son ainé. Elle avait 15 ans et lui 17. Ils étaient proches l'un de l'autre. Trop proches. Mais leurs liens étaient trop forts pour être séparés.

Bientôt, le décor changea légèrement. Elle était toujours au même endroit, le même jour, mais le temps avait passé. Jack s'était penché vers Riom qui le regardait, sans un bruit. Le félin avait pris l'apparence d'un léopard des neiges. Le le léopard des neiges... Félin imposant, qui ne ronronnait que très rarement. Etait-ce un fait exprès?

"Ainsi, je viole le tabou, pour que tous voient que tu es mienne. Ce léopard des neiges, pour qu'ils sachent quel risque ils courent en t'approchant de trop près."

La jeune fille se contenta de sourire, avant de se pencher vers le daemon de Jack, et de dire de la même façon:

"Tu m'appartiens autant que je t'appartiens. Ta lionne me rappellera à ton souvenir, pour que tu ne m'oublies pas..."

La jeune femme sourit. Oui, c'était bien ainsi que tout c'était déroulé. Pourtant, le soir, leurs parents avaient tout compris et... Et Jack était parti, en claquant la porte. Il les avait tous reniés. Pendant quelques temps, la jeune femme avait cru qu'il en était de même pour elle. Elle s'était plus encore renfermée. D'ailleurs, elle vivait là sa chute aux enfers en accéléré. Riom ne parvenait pas à la consoler. Longtemps, elle s'enfermait dans sa chambre.

*Aina... Aina! On est pas vraiment là!* lui souffla Riom qui la voyait subir à nouveau cette tragédie.
***


A peine le léopard avait-il prononcé ces paroles, sortant Aina de ce souvenir que le décor changea à nouveau, pour la perturber davantage encore. Mais... Y avait-il seulement un décor? Après la scène agréable suivi d'une longue chute aux enfers qui avait virtuellement duré plusieurs mois, Aina se retrouvait dans un vide intersidéral. Pas une lumière. Le noir absolu. Sa voix résonnait, sans fin. Les échos se multipliaient, comme s'ils étaient renvoyés par des murs invisibles. Mais il n'y avait rien, et l'espace autour d'eux était gigantesque. Que faisait-elle là? La jeune femme voulut inspirer de l'air, mais le néans ne possède pas d'air... Et Aina commença à suffoquer, aussi bien virtuellement que réellement. Riom n'était pas loin d'être dans le même état.


[coup de pouce d'une assistante bienvenu, histoire que vous puissiez participer un peu aussi^^]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 3 Fév - 16:35

« Pfff ! N’importe quoi ! Je suis moi, vous ne pouvez donc pas être moi ! »

La logique de la chose semblait indiscutable, Kennedy avait d’ailleurs plutôt envie de rire qu’autre chose. Cette personne ou plutôt cette créature ne l’effrayait pas, surtout pas quand elle lui disait quelque chose d’aussi incohérent que ce qu’elle venait de lui dire.

« Tu sais très bien que c’est vrai. Mais je vais quand même te le prouver. Viens. »

La créature ondula plus qu’elle ne marcha, en faisant signe à Kay de la suivre. Drôle de duo que cette créature non humaine et l’actrice en chemise de nuit, toujours est-il que l’actrice en question suivit la créature, sa curiosité était piquée à vif, et la curiosité était sans aucun doute le plus vilain défaut de Kennedy Brooks. Elles marchèrent un bon moment, les pieds de Kennedy ne lui firent pourtant pas mal, bien que maltraités par les cailloux, les herbes dures et tout ce qu’on pouvait trouver sur le chemin dans une forêt. Elle avançait sans sentir le froid ni l’humidité, comme si elle avait toujours été dans son chaleureux salon. Mais ça ne lui semblait pas bizarre, sa curiosité était légèrement monomaniaque, et la créature lui avait promis une sorte de grosse surprise. Le genre de choses auxquelles Kennedy Brooks ne résistait pas.

Soudain, il n’y eut plus de forêt. Kennedy se retrouva dans des ruines, des ruines qui lui étaient familières sans qu’elle puisse vraiment savoir pourquoi. La créature s’arrêta et tendit le bras vers un endroit que la brunette ne pouvait pas encore voir. Elle avança encore et ce qu’elle vit lui fit sûrement le plus gros choc de sa vie… Il y avait un feu de camp, il y avait des cristaux verts un peu partout, plusieurs femmes qui semblaient endormies, des animaux étranges tout autour, trois filles qui s’affairaient autour de celles qui étaient endormies et une dernière qui semblait superviser tout ça. Mais le plus effrayant n’était pas cette drôle de scène, non le plus effrayant était que la fille endormie la plus proche de Kennedy n’était autre que… Kennedy.

« Qu’est-ce que je fais là ? »

L’air hébétée, elle s’approcha d’elle-même et s’agenouilla à côté de son corps allongé. Elle s’observa un instant avant de lancer un regard interrogateur à la créature.

« Tu fais une transe mimétique, pour libérer tes flux magiques internes. »

Elle posa un regard étonné sur son corps, puis sur les cristaux, sur le feu puis se retourna de nouveau vers la créature, l’air perdue.

« Non… Non !... Je suis… Je suis actrice. Je vais me marier. J’ai plusieurs maisons, dont une en Californie, ma préférée, tout près des bois… J’ai été nominée pour plusieurs récompenses, j’en ai même gagnées ! L’année dernière, j’étais troisième au top FHM des célébrités les plus sexy… Ma carrière s’annonce bien, je peux même commencer à penser à avoir un bébé, pour ça il suffit que je m’arrange bien pour tourner des films qui sortiront au moment où je serais enceinte, histoire de pas avoir de creux dans ma carrière. On m’a même proposé d’animer un show tant que je serais enceinte ! Non, je… Je ne suis pas ici. »

« Non. »

« Si ! Je me souviens… Je… »

« Non. Tu n’es pas la comédienne talentueuse fiancée à Jared Leto. Tu n’es pas non plus la créature sauvage qui te guide. Tu es celle qui dort. La fille à papa ruinée qui a des visions à cause de son hybridité et qui est venue à Sywhaîd pour essayer d’arranger ça. L’actrice ratée qui se retrouve obligée de faire une transe mimétique pour libérer ses flux. Une transe qui ne se passe pas tout à fait comme prévu, ou du moins pas comme tu l’avais prévu. Parce qu’une autre personne savait ce qui allait se passer. »

Se souvenait-elle à présent ? Oui. Mais ça ne changeait rien à ses sentiments. Elle voulait retourner de là où elle était venue. Retourner dans le lit où un homme qui l’aimait l’attendait, où un futur brillant et parfait était à sa porte. Elle ne voulait pas rester dans le froid, couchée, à faire une transe étrange, sans objectif réel que de vouloir calmer ses migraines et ses visions et avec un futur au moins aussi clair que la brume entourant la Noble Lande.

Elle tourna son regard vers Zephira. Elle avait l’air plus étrange que d’habitude encore. Son aura irradiait carrément et son expression était impossible à déchiffrer. Elle était effrayante et rassurante à la fois. Kennedy se releva, laissant son corps allongé de côté et demanda :

« Elle savait ? Pour ma transe… Tu as dit que moi je ne l’avais pas prévu. Est-ce que ça veut dire qu’elle savait ? »

Comme beaucoup d’autres personnes, Kennedy avait fini par s’habituer à l’étrangeté physique de Zephira. Elle avait fini par ne plus vraiment se méfier, elle avait toujours été du genre à accorder sa confiance facilement, même si elle la reprenait aussi facilement. Mais maintenant que la créature lui avait mis le doute, maintenant qu’elle voyait Zephira sous le jour de ce feu étrange, elle ne pouvait s’empêcher de la soupçonner. Une sorte d’instinct, quelque chose qu’elle n’arrivait pas à définir. Elle comprenait maintenant qu’elle savait que Zephira n’était pas ce qu’elle paraissait être, quoi qu’elle paraisse être.

« Regarde mieux. »

Un murmure plus que des paroles. Comme si c’était une partie de Kennedy qui lui soufflait d’être plus attentive et pas la créature, à moins que ça ne soit la même chose. Kennedy ne comprit pas tout de suite. Elle regarda mieux Zephira et tout ce qu’elle réussit à faire c’est se troubler d’avantage. Plus elle la regardait, moins elle était saisissable. Elle soupira. Mais la créature n’intervint pas, elle la laissa tâtonner. Alors Kennedy essaya vraiment de mieux voir. Elle plissa les yeux et quelque chose fit « plop » dans sa tête, une sorte de déclic, comme si elle avait, sans le vouloir, activé quelque chose en elle… Et là elle vit. Elle commença par voir quelque chose d’étrange. Une sorte de vision. Mais très différente de d’habitude. A l’image de Zephira se superposa quelque chose, une carte. Une très jolie carte. Elle était bordée de différents symboles, tous dans les tons marrons, verts, ocres et à l’intérieur du cadre se trouvait un dessin aux quatre coins duquel il y avait des runes. Le dessin représentait une étendue, visiblement de l’eau avec de l’écume, au-dessus de laquelle volaient des oiseaux, le soleil se trouvant en arrière-plan. Il n’y avait rien d’écrit sur la carte, à part avec des runes. Pourtant, Kennedy murmura :

« Mor, la mer. »

« Je vois que tu as bien appris tes leçons… Qu’est-ce que cette carte te dit… »

« La mer c’est… C’est la mère tout simplement. Les racines. La femme. Le voyage aussi. C’est… C’est mystérieux, la mer a des profondeurs cachées. On ne voit jamais ce qu’elle est vraiment… »

« C’est bien. Et si tu regardes encore mieux ? »

Kennedy regarda la créature comme si elle la voyait pour la première fois. Elle lui demandait de faire quelque chose qu’elle ne savait pas faire. Elle connaissait les significations des cartes, elle les avait apprises, mais elle ne savait pas les lires correctement, surtout pas comme ça. Elle avait des visions, elle ne maîtrisait pas son don, elle ne pouvait pas lui poser des questions, elle ne faisait que subir. Bien sûr, à Samhain elle avait pu, mais c’était particulier. La créature lui répondit par une grimace autoritaire et Kay ne se sentit pas la force de lui refuser. Elle retourna donc son attention vers Zephira et se concentra, essayant de provoquer la même chose que ce qu’elle avait vécu à Samhain. Ce fut légèrement différent.

Elle glissa rapidement vers la vision, mais ce fut moins violent que durant la nuit d’Halloween. Elle vit une sorte de grandes étendue, un désert, sec et chaud, qui se transforma soudain en une toute petite pièce exiguë, une cave peut-être. Elle entendait des cris, des pleurs. Ils étaient mélangés et elle ne savait pas quoi en tirer, pourtant elle fut obligée de mieux les écouter, il n’y avait que ça à faire dans l’obscurité. Les cris étaient forts et désespérés, les pleurs étaient du même acabit, mais ne venaient pas de la même personne. Il y avait de la violence dans cette scène invisible, Kay sentit son pouls accélérer. Elle comprit soudain ce qui se passait et elle laissa échapper un cri à son tour, une sorte de cri d’horreur et d’incrédulité mêlées. La vision s’arrêta.

« Et bien ? »

« Un bébé… » des larmes coulèrent sur ses joues, elles n’avaient rien de factice. « La mort. Il est mort, hein ? Il est mort… Et les cris de cette femme… Ses pleurs… C’était elle ? C’était Zephira ? »

La créature ne répondit pas, au lieu de ça elle se précipita sur Kay, qui n’eut même pas le temps d’avoir un mouvement de recul, elle prit la tête de l’américaine dans sa main et, avec une poigne qu’on n’aurait pas attendue d’elle, elle la força à regarder de nouveau Zephira.

« Regarde mieux ! Ne te cache pas ! Tu sais ce que tu as vu ! Dis-le ! »

Sous la violence des paroles, Kennedy se recroquevilla sur elle-même. Elle ne voulait pas affronter ce qu’elle avait compris, elle voulait l’enfouir au plus profond. Mais elle n’y arrivait pas. La créature lui tenait la tête et elle lui faisait mal. Finalement, elle arrêta de lutter et cria, sanglotant en même temps qu’elle frissonnait :

« Elle a tué son enfant ! Oh mon Dieu ! C’est elle qui l’a tué ! Elle a provoqué sa mort ! Mais c’est impossible. On ne peut pas tuer son enfant ! Elle était tellement triste ! Elle voulait mourir après ça ! Ca devait être un accident ! »

« Tu sais bien que non ! » la créature s’exprimait avec un peu plus de douceur, même s’il y avait toujours cette autorité derrière qui empêchait Kennedy d’arrêter de regarder Zephira. « Elle l’a tué. Ca n’était pas un accident. Elle le sait et tu le sais. C’était à cause de ses choix. Elle n’a pas voulu le tuer, mais elle est tout de même fautive. Et il n’est pas la seule mort dont elle doive porter le fardeau. »

Kennedy frissonna et réussit enfin à baisser les yeux. Mais le répit fut de courte durée. La créature tourna sa tête dans une autre direction et la força à ouvrir les yeux.

« Et pour elle… Qu’est-ce que tu vois ? »

Kennedy essaya de détourner le regard. Elle ne voulait pas voir, elle ne voulait pas savoir ce que Aina cachait. Elle ne voulait pas le savoir. Elle était guérie de sa curiosité à tout jamais.

« Tu dois voir ! Tu le dois pour t’en souvenir. Parce qu’après tu devras assumer ce don ! Tu devras croire ce que tu as vu. »

La voix de Kennedy se fit presque suppliante quand elle répondit :

« Non… Non, je ne vais pas y croire. Je penserai que c’est à cause de la transe, j’enfouirai tout ça ! »

La créature ricana et, après avoir resserré sa prise sur Kennedy, la forçant à tourner son regard vers Aina qui, couchée, faisait sa propre transe, elle lui répondit :

« Bien sûr que si tu y croiras. Il le faudra. Ou alors tu ne pourras plus être toi. Regarde maintenant, dis-moi ce que tu vois sur elle. »

Avec angoisse, Kennedy commença à voir une carte se superposer à la silhouette sportive d’Aina…

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Veronica Raines
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 376
Age: 25
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 7 Fév - 9:28

Veronica avait bien sagement lié ses flux à ceux de Zelia et Cel quand la transe avait commencé. C’était étrange d’être ainsi intime avec Zel après ce qui s’était passé. Le tissage de flux internes était en effet un acte de communion comme on en faisait peu, plus intime qu’un baiser à ses yeux. Mais elle ne dit rien, se concentrant simplement sur la tâche. Quand toutes les filles furent « parties » elle s’assit en tailleur et laissa les cristaux faire leur boulot et lui ôter sa lassitude. Plusieurs fois, elle fut tentée de rejoindre Zelia et d’engager la discussion mais Rohé l’en empêcha d’un simple froissement d’ailes. Ce n’était pas le moment.

Elle se contenta donc de suivre les transes de ses camarades, de façon un peu distraite. Elle faillit intervenir avec Kay mais se dit que le moment n’était pas critique et que la jeune femme saurait gérer, elle ne voulait pas leur faciliter trop la tâche, cela gâcherait leurs efforts, du moins, c’était ainsi qu’elle le concevait. Elle remarqua cependant assez vite qu’Aina avait besoin d’aide, peut-être parce qu’à force de bosser ensemble, elles avaient développé quelques affinités magiques. Toujours est-il que dès qu’elle la vit suffoquer, après un bref coup d’œil à Zephira pour demander confirmation, elle mobilisa ses flux magiques et les dirigea vers Aina pour l’aider à sortir de cette mauvaise passe. Elle attendit ensuite de voir si ça marchait. Il n’y avait pas de raison que l’Irlandaise ne s’en sorte pas maintenant.

_________________


Have you seen a lady fairer?
She comes in colors everywhere,
She combs her hair,
She's like a rainbow

The Rolling Stones


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aina McLane
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 182
Age: 27
Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Jeu 7 Fév - 11:46

[merci]
***



Et cela fonctionna. Bien que les deux moitiés ne sentent rien, la vision changé. De perdu dans l'espace infini, ils se retrouvèrent dans une verte vallée, seuls. Il semblait que les choses se soient un peu calmées. L'irlandaise retrouvait les vertes vallées de son enfance, un grand sourire illuminant son visage. Elle remarqua Maverik, un peu plus loin. Un sourire radieux sur le visage, elle s'avança vers lui à grandes foulées, suivie de Riom. Mais Riom restait plus loin. Il avait remarqué quelque chose. Il avait envie de partir chasser. Après tout, dans la réalité, Aina avait travaillé l'étirement de la corde d'argent. Ils pouvaient donc se tenir plus loin l'un de l'autre sans en souffrir. Et la jeune femme était décidée à en profiter. Elle enfourcha l'étalon blanc tandis que Riom restait en arrière et partit au galop, laissant son daemon seul. C'était jouissif de pouvoir vivre un peu seule. La jeune femme profitait ainsi pleinement de la vie. A l'époque, elle n'avait pas eu le choix de le révéler ou non. Et, si elle ne le regrettait pas, elle aimait l'idée de pouvoir reprendre un peu d'intimité sans Riom.

Elle s'arrêta et regarda dans la direction où elle était venue. C'était ça, le rêve... Pouvoir être ou non avec son daemon. C'était ça pour elle, la perfection. Mais pas seulement ça. C'était aussi de ne pas êter seule. Mais là, elle l'était désespérément. La perfection n'était pas encore atteinte, à son plus grand regret. Il lui manquait quelque chose. Deux des êtres qui lui étaient les plus chers au monde étaient présents, mais un au moins lui manquait. Elle secoua la tête. Non, ce n'était pas là qu'elle devait aller.
***


Le décor changea à nouveau. Aina était devenue lionne. Riom se trouvait à côté d'elle. Ils échangèrent un regard.

*Alors, tu en penses quoi?*
*Je suis bien...*
*Allez, biens, on fait la course*

Eclatant de rire, enfin.. Poussant un grognemet joyeux, Aina la lionne s'exécuta. C'était sa première zoomorphie totale. Du moins était-ce ainsi qu'elle le ressentait. La jeune femme sentait l'adrénaline monter en elle jusqu'à l'envahir complètement. Les instincts de la lionne s'étaient emparés d'elle. Elle avait envie de courir, de se dégourdir les pattes. Elle ne tarda d'ailleurs pas à se propulser à la suite du léopard des neiges. Les deux félins prenaient de plus en plus de vitesse, se laissant griser. Aina riait dans la tête de Riom. C'était tellement agréable... Pour un peu, elle serait restée ainsi. Le paradis était proche, là encore. Après avoir passé l'enfer quelques instants auparavant, elle approchait maintenant des grilles du paradis. Il ne manquait que...

***

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brise d'Oz
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 169
Age: 23
Date d'inscription: 14/10/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Ven 8 Fév - 20:01

Lorsque Brise reprit conscience, elle était allongée dans son lit. Dans son lit, le vrai, celui de son enfance, le grand baldaquin du manoir. Elle adorait sa chambre pour deux choses, un magnifique miroir en argent ciselé, héritage de sa grand-mère, et ce lit. Un vrai lit de princesse.
Bien sur aucune des amies de Brise ne lui avait jamais envié son lit. Elle n'avait jamais fait admirer sa chambre à une cohorte de petites filles surexités, avec qui elle aurait ensuite joué à la marelle ou à un truc dans le genre. Non. Tout simplement parce que toutes les amies de Brise appartenaiebt à la noblesse bien-pensante, et que par conséquent elles avaient toutes un vrai lit de princesse. Et qu'elles ne jouaient jamais à la marelle. Elles brodaient, elle se taisaient, elles apprenaient à être belles.

La seule avec qui Brise avait pu partager son emmerveillement lorsqu'on lui avait attribué cette chambre, à l'âge de cinq, avait été Maureen, la gouvernante. Elle se souvenait encore de cette journée de juin, le soleil à travers les rideaux de mousseline, le rire de Maureen, si jeune encore...

Brise carressa l'edredon de la main. La même lumière chaude illuminait la pièce, un beau matin d'été. Maureen chantonnait quelques part à l'étage, Joan criait dans la cour. Rien n'avait changé depuis ses cinq ans, hormis Brise. Elle avait à présent vingt ans, et une paire de talons abandonnés sur le sol témoignait du temps écoulé depuis sa première nuit dans le lit de princesse.
La jeune femme s'étira comme une chatte, encore engourdie par la chaleur des draps de flanelle. Lorsqu'elle fut parfaitement réveillée, la jeune femme balança ses jambes hors du lit et sauta sur le tapis, guillerette. Il y avait comme du renouveau dans l'air, et Brise se sentait légère, libre, comme débarassée d'un lourd fardeau. Elle poussa un soupir de bien-être et alla s'accouder à la fenêtre. Elle envoya un baiser à Joan, le palfrenier, qui engueulait son aide devant les écuries.

C'est alors que Brise comprit. Elle eut un haut-le-corps (tout va bien mamzelle? demanda Joan en riant), avant de reculer précipitemment. Là, dans sa poitrine, au bout de ses doigts, rien, pas de picotemment, pas de magie qui s'éveille et bouillonne, pas de flux qui pulsent dans les veines. Brise se mit à haleter, paniquée. En un éclair elle saisit l'ensemble de la situation. Si elle était au manoir, encore, dans son lit, sa chambre, c'était que rien n'était jamais arrivé, jamais rien de magique. Pas d'explosions, pas de lévitation, pas de phénomènes magiques étranges. Pas de monstre au manoir. Jamais.

Pas d'entreprise à son nom, pas de Picasso dans son salon, pas de Gaël, pas de jet, pas de contrats faramineux, pas de Sywhaîd.


Brise se laissa tomber sur le lit, sonnée. Que faire? Comment réagir? Elle devait tant à la magie, qui pourtant lui avait volé son adolescence et la considération de ses parents (inutile de parler d'amour, ses parents en était incapables). Brise se mordit la lèvre, le visage tordu par l'angoisse.
C'est alors que sa mère fit son entrée. Vive, pimpante, si belle dans son tailleur Chanel, ou que sais-je encore. Brise en eu les larmes aux yeux. Elle n'avait pas vu sa mère depuis trois ans. Si elle gardait des rapports disons... commerciaux avec son père, sa mère refusait d'entendre parler d'elle. Elle lui avait même fait savoir qu'elle désirait la voir changer de nom. Brise avait refusé. Elle avait sa fierté, malgré son profond mépris pour le mariage de ses parents, et ce que leur union représentait.

Mépris oui, mais une mère reste un mère, et Brise du se mordre la lèvre jusqu'au sang pour ne pas éclater en sanglots. Blanche, droite sur son grand lit, elle regarda sa mère traverser sa chambre en papotant, légère. Les oreilles de Brise bourdonnaient, elle ne pu saisir que les mots "chérie" et "petit-déjeuner". C'est alors que la grande femme en Chanel se rendit compte du trouble de sa fille. Avec un air inquiet et sincère sur le visage, elle s'approcha de Brise, qui se figea un peu plus encore.

- Allons ma belle, que se passe-t-il?

La mère de Brise vint s'installer près d'elle, sur le lit, si près! La jeune femme avala sa salive, pétrifiée.

- Ne t'inquiète pas pour tes examens ma grande, le recteur m'a assuré que tu finirais première de ta promo. Tu peux être sure d'entrer au ministère dès la rentrée prochaine!

Ma belle. Ma grande. Brise se sentit vaciller. Le ministère. Une autre vie, un autre destin. La jeune femme regarda ses mains, longues, fines, agitées de tremblements nerveux.

- Allons, allons, reprit sa mère en lui entourant les épaules de son bras. Elle sentait bon. Un petit coup de blues? C'est normal, vu comme tu t'es dépensée ces derniers mois! Ton père et moi sommes très fiers de toi. On peut dire que tu as bien bossé.

Brise inspira un grand coup, avant de frissonner de bas en haut. Fiers? Fiers, ses parents, fiers d'elle? Et depuis quand sa mère était-elle si douce, si prévenante? Depuis quand était-elle si proche d'une fille qu'elle avait toujours cherché à brider, à entraver à grand coup d'étiquette? Brise avait la tête à l'envers. Qui avait changé, elle, sa mère? Quel était le rôle de la magie dans tout ça?

La jeune femme se leva brusquement, et, l'espace d'un instant, elle pu surprendre sur le visage de sa mère une authentique expression de tristesse. Brise et sa mère n'avait jamais été demonstratives. Sans doute parce qu'il n'y avait rien entre elles à démontrer, songea Brise avec amertume.
Alors que signifiait ce cinema, une mère qui regrettait que sa fille échappe à ses etreintes? Brise se mit à faire les cent pas, sous le regard angoissé de sa mère.

- Brise, Isy darling (Isy!), j'espère que tu as renonçé au projet de nous quitter. Cette école, aux USA... Je...ton père et moi souhaitons te garder près de nous. Et puis la finance, c'est un univers si dur, si froid. Tu y deviendrait un iceberg, acheva sa mère en riant, un rire timide, si humain...

Brise ne pensait plus. Elle ne comprenait plus. Elle se contentait d'arpenter la pièce.
Du miroir à la commode. De la fenêtre à la porte. Du lit au miroir. Une vie rêvée non? Pas de magie, un avenir tout tracé, des parents fiers et attentionnés... Et puis le lit de princesse. Brise soupira, le front contre le miroir. Elle entendit sa mère se lever, poser la main sur son épaule. Ce contact raviva la Brise de vingt ans, celle qui n'avait jamais vécu dans le passé.

- Non, cria Brise, non, non, c'est trop tard, je peux pas changer ce que je suis.
- Quoi?


Brise éclata d'un rire désabusé, ouvertement sarcastique.

- C'est trop tard, tu comprends? A quoi ça sert de repenser à tout ça hein? La magie, c'est comme les cheveux blonds, t'as beau rêver les avoir bruns, ça changera pas. Et toi c'est pareil. Tu n'aime pas ce que je suis, à quoi ça sert de s'imaginer des mièvreries pareilles hein? Ton amour maternel, tu peux te le garder, je préfère encore être un iceberg!
- Qu... quoi? B...Brise?

Sa mère avait l'air réellement choquée, les lèvres pâles, la main sur le front.

- Allez, arrête, toi et moi on sait que ça n'existe pas tout ça. Dommage pour le lit.

Sur ce Brise traversa le miroir, sans un regard en arrière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://mandibulle.blogspot.com
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 10 Fév - 12:27

Elle s’était attendue à une nouvelle carte du tarot celtique et elle s’était trompée. La carte était très différente. Déjà, elle n’était pas dans les mêmes tons de couleurs, cette carte là était dessinée en bleu, rouge, jaune, blanc et chair, les cinq couleurs étaient franches, il n’y avait pas de nuances mais des ombres dessinées à coups de stylo noir. Le cadre noir laissait apparaître deux bordures, une sur le haut, où se trouvait le chiffre VI, en chiffres romains, et une en bas où se trouvait le nom de la carte, mais Kennedy n’avait pas besoin de le voir pour savoir de quelle carte il s’agissait. Il y avait une sorte de soleil et un chérubin qui pointait une flèche sur un personnage central qui était entouré de deux autres personnages. En tarot « classique » c’était une carte tout à fait reconnaissable…

« L’Amoureux. C’est… l’Amour, un amour vraiment fort… L’âme sœur… Le passé qui hante… »

Kay n’était pas tout à fait remise du choc de la première expérience mais elle ne pleurait plus. Si elle répugnait à avoir une nouvelle vision, elle n’en était pas moins fascinée par ce qui se passait. Ses visions n’étaient jamais aussi claires, elles n’étaient jamais aussi faciles à comprendre. Et une petite partie de Kennedy voulait qu’elles le deviennent… même si elle ne voulait pas découvrir un autre secret glauque et peut-être même terrifiant sur une des personnes avec qui elle vivait. Surtout qu’elle avait trouvé Aina sympathique, elle était tellement bien habillée !

« Fais-le ! »

La créature lui tenait toujours la tête. Ca lui faisait mal, elle sentait sa mâchoire se crisper sous la prise beaucoup trop forte que maintenait la créature. Elle sentait qu’elle était obligée de le faire, la créature était menaçante, mais surtout, une partit d’elle était déjà en train d’enclencher le mécanisme qui lui permettrait d’avoir la vision. Cette partie qui appartenait à la créature, qui voulait voir et savoir. Cette partie qui effrayait Kennedy plus que tout.

« Non, je… »

Elle ne finit jamais sa phrase. Déjà elle avait glissé dans cet état second de la vision. Etat qui habituellement était douloureux. Mais pas durant cette transe. S’il était douloureux ça n’était que d’une douleur mentale, émotionnelle. Elle était dans une chambre, une grande chambre d’hôtel, une suite. Il y avait du bazar dans la pièce, comme si quelqu’un avait retourné les lieux pour trouver quelque chose. Les draps étaient froissés et défaits, comme si on avait dormi dedans, d’un sommeil agité… et surtout des vêtements éparpillés un peu partout. Il y eut comme un flash et Kay vit deux petites statues sur la table de nuit, deux félins. Elle se tourna et se retrouva face à un miroir, dans lequel elle vit le visage d’un jeune homme, blond, plutôt beau, une barbe de deux jours et l’air décontracté. Nouveau flash et l’homme avait l’air en colère, il criait.

« Alors ? »

Kennedy grimaça. Elle avait compris, bien sûr.

« C’est dégoûtant ! »

Elle essaya de se redresser mais la créature ne lui en laissa pas l’occasion. Elle lui tenait toujours le visage. Elle abandonna donc l’idée de trouver une position plus agréable et soupira. Elle avait besoin de se calmer, l’expérience était trop intense, et trop dure aussi.

« Allez, dis-moi ce que tu as vu, tu dois le dire. »

L’américaine soupira et ce soupir n’avait rien des soupirs de petite fille gâtée qui en général sortaient des poumons de l’ancienne cheerleader. Elle avait l’air épuisée. Et elle avait l’air adulte aussi, vraiment adulte. Elle qui avait toujours l’air d’une jeune femme à peine sortie de l’adolescence, elle faisait maintenant adulte. Elle ne faisait pas vieille mais elle faisait adulte, comme si elle avait des responsabilités et qu’elle était soudain plus sérieuse qu’elle ne l’avait jamais été.

« Son cousin… C’est dégoûtant ! Elle aime son cousin… »

« Un cousin très éloigné. » la reprit la créature, sévèrement, comme si elle grondait Kennedy pour ne pas avoir été assez précise dans son analyse de sa vision.

« C’est son cousin quand même ! Et je m’en fiche. Je veux arrêter de voir ces choses, je me fiche de savoir qui a tué son enfant, qui couche avec un membre de sa famille ! JE NE VEUX PAS LE SAVOIR ! »

Elle avait crié, pratiquement hystérique. Elle n’était pas habituée à perdre pied comme ça, à n’avoir aucun contrôle, à ce que les autres aient l’autorité sur elle. Elle était quelqu’un qui savait gérer sa vie, qui avait toujours été aux commandes. Pas aujourd’hui. La créature la força à tourner de nouveau son visage vers Aina.

« Qu’est-ce que tu as vu d’autre ? »

La voix était menaçante, elle fit frissonner Kennedy. Jamais elle ne s’était sentie autant en danger, c’était une grande première.

« Elle… Elle… Ils sont amoureux. C’est lui qui lui a donné ce daemon, et vice versa. Leur famille n’a pas apprécié… Il est colérique, il les a quitté… »

La créature la regardait avec les yeux brillants, visiblement excitée de voir tout ce que Kennedy avait sorti de sa vision. Mais elle savait que ça n’était pas fini, elle obligea d’un regard Kennedy à continuer.

« Et il arrive ! Okay, t’es contente ? Il arrive ! A Sywhaîd ! Il vient la rejoindre et elle ne le sait pas encore ! On peut arrêter maintenant ? J’en ai vraiment marre, je voudrais arrêter… Je ne veux plus libérer mes flux, je m’en fiche ! »

Kay pleurait de nouveau. Elle était quelqu’un de sensible, qui pleurait assez facilement, mais en général elle masquait ses envies de pleurer, elle se forçait à être forte. Sauf que là, elle se sentait faible. La créature faisait d’elle ce qu’elle voulait, la forçait à voir et à savoir des choses qu’elle ne voulait pas découvrir. Elle voulait arrêter, elle était épuisée, elle avait mal partout et elle avait peur. Elle était plus démunie qu’une enfant et c’était ça le plus effrayant, elle n’avait aucune prise sur cette créature et elle le savait.

« Je comprends… » pendant quelques courtes secondes Kay eut la bêtise d’avoir un peu d’espoir. Peut-être que la créature la laisserait partir finalement ! Mais ce fut de courte durée. « Mais tu dois voir… On va faire une petite pause… Regarde donc celle-la, c’est beaucoup plus simple… Elle ne cache pas de grand secret, seulement des petits… »

La créature joignit le geste à la parole, elle tourna la tête de Kennedy et cette dernière se retrouva à regarder Léola. Elle paraissait douce et innocente et Kay espérait vraiment qu’elle le serait, elle ne voulait plus voir des choses atroces ou dérangeantes. Elle en avait assez. Elle avait toujours aimé les potins et les rumeurs mais c’était différent. Ce qu’il y avait de drôle dans les potins et les rumeurs c’était bien qu’on savait qu’une bonne partie était inventée. Et aussi, ça n’était jamais aussi sombre, jamais aussi personnel. Kennedy s’essuya les joues d’une main, s’étalant de la boue sur le visage, sans s’en rendre compte. Elle commençait à voir une carte se dessiner mais elle ne voulait pas la regarder, elle ne voulait vraiment pas fouiller dans le passé, dans les secrets des gens qui étaient ici. Elle voulait arrêter mais elle ne pouvait pas. Elle maudit le jour où elle avait décidé de faire cette transe.

La carte qu’elle vit se superposer à l’image de Léola était encore une carte du tarot « classique ». Il y avait une femme qui prenait de l’eau dans un cours d’eau grâce à deux cruches et au-dessus d’elle, le ciel était rempli d’étoiles. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste pour reconnaître cette carte. Kay grimaça et murmura, comme si le fait de le dire moins fort permettait d’atténuer les visions et empêcherait peut-être qu’elle découvre de nouveau quelque chose d’intime sur quelqu’un qu’elle connaissait à peine.

« L’étoile… » Elle voulut faire comme si elle oubliait de décrire la carte mais la créature lui lança un regard tellement féroce qu’elle s’empressa d’ajouter : « C’est… l’ange gardien. Etre guidé dans ses décisions…Mais aussi l’emprise sans limite… Au niveau… » elle s’arrêta pour déglutir, elle avait mal et était fatiguée, sa voix était brisée et pour la première fois de sa vie elle avait du mal à parler. « Au niveau spirituel… »

Tirer les cartes était un peu plus difficile que ça dans la réalité. Chaque carte avec des dizaines de significations, et il fallait toujours prendre en compte les dispositions des autres cartes, comment les cartes s’alignaient. Par exemple, si une carte regardait vers une autre, le lien n’était pas le même que si elle lui tournait le dos. Les interprétations étaient très dures à faire, et il fallait des années de pratique pour voir aussi clairement les significations. Kay était normalement aidée par son don pour bien lire les cartes, mais là c’était encore pire que ça. Elle voyait une seule carte et savait tout de suite quels sens tirer de cette carte, sans avoir besoin de s’appuyer sur les autres, sans avoir besoin de réfléchir. C’était comme si les cartes lui parlaient directement et qu’elle savait les écouter. Ca avait quelque chose de fascinant. Depuis qu’elle était à Sywhaîd, Kay avait appris à s’intéresser à la divination, à vraiment s’y intéresser. Et elle savait que ce qu’elle vivait était pratiquement impossible. Personne ne lisait aussi facilement les cartes, pas avec le peu d’entraînement et de maîtrise sur ses pouvoirs qu’elle avait… C’était impossible. Et pourtant, elle le vivait. Bien sûr, c’était une Transe, elle ne l’oubliait pas, mais ça n’était pas vraiment comme les transes des autres. Ce qu’elle vivait avait une grande part de vérité. Elle était vraiment là, en dehors de son corps. Ca n’était pas quelque chose qui se passait dans sa tête, elle le sentait, elle le savait.

La vision s’imposa sans qu’elle ait eu le temps de lutter ou de supplier. Elle se retrouvait soudain dans une sorte de clairière parsemée de différents chemins, des chemins de briques. Il y avait un chemin de briques rouges, un chemin de briques jaunes, un chemin de brique bleues, un chemin de briques vertes… Ces chemins passaient leur temps à se croiser les uns les autres, faisant une sorte d’accumulation de croisement. Et sur ce chemin marchait Léola. Elle avançait et à chaque croisement s’arrêtait, l’air pensive, avant de se tourner vers son daemon. Ce dernier choisissait un chemin et elle le suivait, réitérant la même petite scène à chaque nouveau croisement qu’ils passaient.

Revenue à la réalité, enfin du moins sortie de sa vision, Kay soupira. La créature ne s’était pas fichue d’elle. Ca n’était pas une vision aussi intense ou aussi grave que les précédentes. Une vision un peu plus reposante, même si elle était aussi intime que les précédentes. Kennedy ressentit soudain une grande vague de sympathie à l’encontre de Léola. Certes, elle avait vu quelque chose qui faisait sûrement qu’elles ne seraient jamais amies, mais au moins Léola n’avait pas de secret horrible, ses cadavres dans ses placards étaient légers et assez innocents. Ca avait de quoi plaire et rassurer l’américaine. Tout le monde n’était pas complètement taré dans ce coin.

« Alors ? » s’impatienta la créature, coupant Kennedy dans ses pensées.

« Dépendante. Elle est… Trop dépendante à son daemon. Elle n’arrivera plus à avancer si elle continue à le suivre comme ça… Il faut qu’ils changent leur façon de fonctionner… Sywhaîd va les aider… »

Sa voix avait retrouvé un peu la normale. Il y avait quelque chose d’impressionnant dans la capacité de récupération de Kennedy. Elle était toujours épuisée et savait très bien qu’elle risquait de voir de nouveau des choses trop dures et trop lourdes pour ses petites épaules mais ça ne changeait rien au fait que là, tout de suite, elle était optimiste et semblait sortir un peu la tête de l’eau. Si Léola n’avait rien de pire à lui montrer que sa relation un peu trop fusionnelle avec son daemon, c’était qu’il y avait de l’espoir. Bien sûr, le fait qu’elle ne soit pas vraiment indépendante faisait que Kennedy ne pouvait pas être amie avec elle, elle avait trop de caractère et aurait étouffé Léola en quelques jours, mais ça ne voulait pas dire qu’elle ne lui était pas soudain très sympathique. Elle était ce qui permettait à Kennedy de récupérer un peu, de sourire….

Mais le sourire fut de courte de durée. Déjà la créature tournait de force la tête de la californienne vers une nouvelle personne. Brise. Et Kay trouvait Brise très chic, elle n’avait pas envie d’être de nouveau déçue, comme elle l’avait été avec Aina. Mais elle ne put rien faire, et déjà une carte commençait à apparaître…

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aina McLane
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 182
Age: 27
Localisation: sur le dos de Maverik, sur le chemin de Sywhaid
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 10 Fév - 14:54

De nouveau, la vision avait changé. De nouveau, le monde, l’univers était différent. Les couleurs étaient toutes inversées. Le monde était sans dessus dessous. Le ciel était vert, l’herbe était bleue, le soleil rouge, rien n’était normal. Aina ne comprenait pas réellement ce qu’il se passait. Les champs avaient beau être fleuris, rien n’était normal. Les fleurs étaient étranges. Là encore, les couleurs n’étaient pas naturelles. Des tiges bleues, des pétales noirs ou marron, ce monde était horrible. Aina n’aimait pas vraiment. Elle se tourna vers Riom. Lui était normal et ressortait un peu trop sur ce fond cauchemardesque.

« On est où, là ? »

Le félin tourna la tête vers elle. Où ils étaient ? Il n’en avait pas la moindre idée. Cette succession de lieux, d’époques était un peu perturbante. Mais il put constater qu’elle était elle aussi normale. Mais pour combien de temps ? A quoi pouvaient bien ressembler les créatures qui peuplaient ce monde étrange ? Elle ne tarderait pas à avoir la réponse, mais elle l’ignorait encore.

« On ne devrait peut-être pas rester là, t’en penses quoi, Aina ? »

La jeune femme acquiesça et se rapprocha de son daemon. Tous deux se mirent en route, restant aussi près l’un de l’autre qu’ils le pouvaient cherchant dans leur contact de quoi se rassurer. La jeune femme gardait sa main sur l’échine du léopard des neiges. L’un et l’autre tremblaient. Et leur peur ne s’arrangea pas lorsqu’ils virent arriver l’une des créatures de cet endroit. Il s’agissait d’un lapin. Ou du moins, d’une créature qui ressemblait à un lapin. Rose, de très longues oreilles, mais deux têtes. L’une semblait celle d’un lapin normal, avec des petites dents. L’autre, par contre, était bizarre. Des yeux rouges, fous, et des dents pointues.

*Moitié végétarien, moitié carnivore, tu crois ?*
*Je… Je sais pas…*

Les deux moitiés reculèrent de quelques pas. Une voix, tout à coup, retentit dans leur dos.

« Ben alors ? On a peur ? On cherche à fuir ? »

Aina sursauta et se retourna, rapidement imitée par Riom. Ils se retrouvèrent face à un immense dragon, à deux têtes également. D’un côté, il avait l’air doux, inoffensif, de l’autre, il semblait terriblement dangereux. Bien que courageuse, elle avait peur. Elle avait l’impression d’être tombée dans un piège. Lequel des deux visages du dragon avait parlé ? Elle tourna la tête vers Riom, comme pour lui demander conseil. Mais le daemon était tout aussi perdu qu’elle-même et incapable de l’aider. La jeune fille tourna finalement la tête vers le dragon. Mais laquelle des deux têtes regarder ? Laquelle lui avait parlé ?

« Qui… Qui êtes-vous ? »

Un large sourire se dévoila sur les deux visages du dragon. Le visage doux semblait réconfortant, l’autre était inquiétant. Aina posa sa main sur l’échine de Riom qui faisait le gros dos en grognant, bien qu’il n’en menait pas large. Mais il n’abandonnerait pas la jeune femme. Jamais il n’avait ressenti une telle peur en elle. De la rage, de la colère, de la haine oui, mais pas de la peur. Jamais une telle peur. Si ils avaient suffoqué un peu plus tôt, ce n’était rien par rapport à ça. Les grognements du félin s’intensifièrent tandis que les deux têtes du dragon éclataient de rire. Un rire malsain. Effrayant.

« On a peur !! » firent-elles en même temps. « Mais pourquoi veux-tu savoir qui nous sommes alors que ton chat est prêt à sauter à la gorge de l’un de nous deux ? »

Que répondre à cela ? Aina ne savait pas vraiment. D’où provenait le danger ? Elle n’avait qu’une envie, s’enfuir en courant, changer de lieu, revenir à la réalité. Mais quelle était la réalité ? N’était-ce pas l’endroit où elle se trouvait ? N’était-ce pas ça, la vraie vie ? Où donc étaient les êtres pensants de cette planète ?

« Si tu cherches des gens comme toi, tu n’en trouveras pas… » rétorqua la tête angélique à une question qu’elle n’a pas posée.

La jeune femme trembla encore plus. Ce ne pouvait être la réalité, s’il n’y avait personne comme elle. Elle regarda à nouveau Riom. Elle voulait partir. Mais quelque chose la bloquait là. Quoi donc ? Pourquoi ne pouvait-elle pas quitter cet endroit ? Pourquoi étaient-ils bloqués ici ?

« Tu as peur, petite chose ? » demanda alors la tête démoniaque. « Qu’est-ce qui te fait aussi peur ? Est-ce moi ? Est-ce mon double ? Ou bien ce lapin à deux têtes ? »

Aina ne répondit pas, se contentant de faire un pas en arrière. Elle voulait partir, mais ne savait pas comment. Y avait-il quelque chose qu'elle devait faire pour cela?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brise d'Oz
Etudiante
Etudiante


Nombre de messages: 169
Age: 23
Date d'inscription: 14/10/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 10 Fév - 16:12

De l'autre côté du miroir, les vêtements de Brise se déployèrent en corolle. Ses cheveux se mirent à onduler doucement autour de sa tête, et de petites bulles glissèrent du coin de ses lèvres, vives et délicates. Sous les pieds de Brise, un sable clair et parsemé de coquillages s'éleva en volutes doré. De petits poissons colorés virevoltaient autour de ses chevilles, et l'espace d'un instant Brise en oublia de respirer.

Respirer... Les bulles qui perlaient de sa bouche se firent plus nombreuses, plus grosses aussi. Encore tremblante, Brise jeta un coup d'oeil au miroir, derrière elle. Pour rien au monde elle n'y remettrait les pieds. Elle venait de comprendre ce que la magie avait condamné en elle. La porte vers le passé était scellée et bien scellée. Secouée, Brise laissa son regard errer sur la surface liquide du miroir. La chambre se brouillait, l'image de sa mère devenait floue, indistincte. C'était fini, bien fini.
Dans un accès de rage, la jeune femme jeta son poing en avant. La surface du miroir ne se brisa pas, elle se contenta de disparaître, flop, en un éclair. Déséquilibrée, Brise perdit pied. Les bulles se faisaient plus pressantes, la jeune femme les sentait éclater contre sa joue. Elle jeta un coup d'oeil autour d'elle. Vu la luminosité, elle ne devait pas se trouver bien loin de la surface. D'un coup de talon, Brise se propulsa quelques mètres plus haut. Elle pouvait distinguer les reflets du soleil sur les vagues, un mètre au dessus, tout au plus.

D'une mouvement de brasse, Brise effleura du bout des doigts l'envers de la surface. Dure. Comme du verre. La jeune femme se mit à cogner comme une desespérée.
L'eau était chaude, elle ne pouvait avoir gelée! De plus, Brise distinguait nettement le ciel, et même quelques nuages, à travers le mur invisible qui la séparait de la surface. Ses poumons étaient aussi vides que possible, et Brise fut prise de convulsions violentes. Elle hoquetait, avalait des goulées d'eau salée. Ses coups se firent plus faibles, et elle se sentit couler, lentement.

Alors, tout se fit plus doux. Le paysage sous-marin lui apparut dans toute sa beauté. Les poissons qui tournoyaient, le sable en suspension, les algues qui ondulaient, hypnotiques... Les rayons de lumière striaient l'eau de franges dorées, faisant briller les écailles des poissons argentés. Brise ne s'était jamais sentit si bien. Elle avait lâché prise, elle dérivait, les yeux ouvert dans une demi-conscience comtemplative. Alors, c'était ça mourir? C'était si bon... Brise l'exigente se laissait enfin porter.

Combien de temps dura son extase? Brise ne le sut jamais. Cependant elle fut biêntôt à la limite du non-retour. A présent il fallait réagir ou mourir. Brise ne pensait plus à la transe, elle ne pensait plus à rien à vrai dire. Réel ou pas, le choix qui s'offrait à elle serait déterminant pour le reste de son existence. Brise n'en avait pas conscience, plus rien n'existait pour elle, mis à part le balais des algues sous ses pieds. Elle dérivait, toujours élégante même aux portes de la mort, pâle et éthérée sous la lumière bleutée.

Et, qui l'eut cru, Brise choisit la mort.
Pour la première fois de sa vie (quelle ironie !), la volonté farouche et la determination sans bornes de Brise lui firent défaut. Elle qui avait toujours gardé le contrôle, qui refusait de se laisser aller à la moindre faiblesse, elle qui menait son corps à baguette, cette Brise-là connu en cet instant une petite mort. Elle avait cessé de lutter, cessé de s'accorcher à la vie avec la pugnacité d'une tique. Elle venait de lâcher prise. Elle qui avait tenu bon durant sa quête, tenu bon durant son adolescence, tenu bon toute son enfance, la voila qui baissait les bras. Et c'était agréable, de baisser les bras, parfois. Si agréable que Brise ne se rendit même pas compte qu'une partie d'elle-même venait de mourir, enlaçée par les algues, les pieds enfouis dans le sable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://mandibulle.blogspot.com
Zelia Diulcinea
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 239
Age: 27
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: [MC] Stage B : Transe Mimétique.   Dim 10 Fév - 16:27

[J’espère que tu voulais bien un peu d’assitance…]

Zelia surveillait la transe, complètement concentrée sur ce qu’elle faisait. Au début, elle avait pensé que le fait d’être en présence de Veronica pour la première fois depuis qu’elles avaient rompu la perturberait, mais elle s’était vite rendue compte que le rôle qu’elles avaient dans cette transe était bien trop importante pour jouer aux ex aujourd’hui. Elle avait donc suivi les instructions de Zephira sans même penser à sa relation avec Veronica et avait ensuite surveillé les jeunes femmes qui faisaient quelque chose qui changerait leurs vies. S’en rendaient-elles compte ? Quelque chose au fond de Zelia ne pouvait s’empêcher de lui souffler qu’elles ne se rendaient pas encore bien compte du choix qu’elles faisaient, mais Zelia laissa ça sur le compte de l’orgueil et chassa tout jugement ou toute critique de son esprit. Il fallait qu’elle les aide, qu’elle les guide, qu’elle prenne soin d’elles, autrement ça risquait d’être grave.

« Zel ! »

Le ton empressé d’Urphoed poussa Zelia à réagir vite. Il voletait au-dessus de la fille qui avait dit s’appeler Brise, Zelia ne la connaissait pas mais Logan lui avait raconté qu’il avait fait un duel contre elle, dans un cours, duel qui avait plutôt mal tourné. Zelia rejoint son daemon et comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Brise n’était pas… Elle n’était pas morte, pas encore, même si elle avait choisi de mourir dans sa transe, mais elle était en danger, c’était évident. Il lui fallait de l’aide où elle risquait de ne jamais se réveiller de cette transe. Zelia ne paniqua pas, elle n’était pas du genre à paniquer quand il fallait agir, elle prit une grande inspiration et s’agenouilla devant Brise. Elle posa ses mains sur la peau de l’anglaise, une sur la joue, l’autre sur la main, les endroits où la peau était nue auxquels elle avait eu accès le plus vite. Elle ferma ensuite les yeux et pointa son énergie sur Brise. Elle lui en donna assez pour résister au manque d’air qu’elle avait dans sa transe, mais pas trop non plus, au cas où il faudrait qu’elle réitère l’expérience avec quelqu’un d’autre, ou même avec elle, la nuit risquait d’être longue et il ne fallait pas gâcher son énergie. Elle enleva ses mains de Brise et redoubla de concentration pour vérifier que tout rentrait dans l’ordre.

_________________


This is the story of a girl
Who cried a river and drowned the whole world
while she looks so sad in photographs
I absolutely love her
When she smiles


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

[MC] Stage B : Transe Mimétique.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» stage pendant les vacances
» Conseils pour stage et césure !
» Offre de stage -Pas-De-Calais (France)
» [MC] Stage A : Transe Zoomorphique.
» [MC] Stage A : Transe Zoomorphique.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: Extra-jeu :: Archives des cours :: Magie Canalisatrice-