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Charlie Evans Institutrice


Nombre de messages: 101 Age: 21 Date d'inscription: 27/10/2009
 | Sujet: A star is born Ven 23 Déc - 12:22 | |
| 02 mars 2012
Alexandra entre dans sa loge en agitant un journal plié. Charlie se tord le cou et parvient à distinguer quelques lettres dont elle déduit qu’Alexandra agite The Guardian. Leur première représentation devant la presse a eu lieu la veille. La seconde commence dans quelques heures avant que la pièce ne débute officiellement le lundi suivant. Les trois semaines suivantes sont déjà complètes et les cinq semaines restantes se remplissent rapidement. La notoriété des deux acteurs principaux fait accourir les foules. Et monter la pression.
- Déjà une critique ? s’étonne-t-elle alors qu’Alexandra se laisse tomber sur un fauteuil après lui avoir tendu le journal.
- Et quelle critique ! réplique Alex, en haussant les sourcils pour l’inciter à lire.
Alexandra, qui interpréte Emilia, et elle sont devenues inséparables dès le début des répétitions, malgré leur différence d’âge. Un peu comme dans la pièce, Alex a pris Charlie sous son aile et est devenue sa confidente et son amie. Et Charlie ne cesse de remarquer à quel point elle a de la chance de jouer la femme de Dominic West, ce à quoi Alex rétorque immanquablement qu’elle échangerait volontiers pour le premier rôle féminin.
- Whoa, il encense Laurie et Dom ! commente Charlie qui parcoure l’article, en peignoir et des bigoudis plein les cheveux.
- Il y a un joli petit compliment sur Gwilym aussi, ajoute Alex avec un sourire entendu.
Gwilym Lee joue Cassio et il n’est pas difficile pour Charlie de rendre Desdemona sensible à son charme vu qu’elle-même nourrit un crush certain sur le comédien depuis qu’ils ont joué ensemble dans King Lear quelques années auparavant. Malheureusement, le beau Gwilym aime les garçons et elle allait bien devoir se faire une raison un de ces jours. Mais pas tout de suite.
- Et sur toi !
- Il est un peu moins convaincu par Clarke par contre, pouffe Alex.
Les deux amies s’accordent pour dire que si Clarke joue remarquablement bien, son accent « maure » est à revoir. Visiblement, le critique qui rédige l’article est de leur avis.
- Mais il finit sur du positif, précise Charlie.
- Lis à haute voix, ordonne Alex.
- « Peters apporte tout de même beaucoup de dignité à ce quinquagénaire qui découvre l’amour véritable et l’éveil sexuel en compagnie d’une jeune fille moitié plus jeune que lui. » C’est moi, ça.
Elle se redresse sur sa chaise. Voilà bien le paragraphe qu’elle attend depuis qu’elle a entamé l’article.
- « L’attraction qu’il partage avec Desdemona est palpable », poursuit-elle. « Non qu’il serait aisé d’éviter de ressentir du désir pour Charlotte Evans en Desdemona. À l’âge canonique de 21 ans, cette superbe comédienne a déjà une carrière théâtrale de quatre ans derrière elle et nous a ravis récemment dans l’adaptation à l’écran par la BBC du chef d’œuvre de Ken Follet, Un monde sans fin. Sur scène, sa Desdemona lumineuse éclipse ses partenaires. Élégance, allure, diction, aucune fausse note et la scène de sa mort tirera des larmes, ou du moins des frissons, aux plus insensibles. Que quelqu’un lui dégotte un agent à Hollywood. Et vite ! » Voilà qui va faire plaisir à Krista, commente-t-elle en riant.
Mais elle ne peut dissimuler le plaisir qu’elle ressent à cette lecture. Ça c'est de la critique ! Et dans le Guardian en plus. Peut-être que cette performance va effectivement lui ouvrir plus de portes que tout ce qu'elle a pu faire avant. Ce serait magique. Voilà qui gonfle son ego pour la suite des événements ! |
|  | | Charlie Evans Institutrice


Nombre de messages: 101 Age: 21 Date d'inscription: 27/10/2009
 | Sujet: Re: A star is born Ven 30 Déc - 11:02 | |
| 15 mars 2012
Toute la troupe se tient en ligne, main dans la main. C’est la quatrième fois qu’ils sont rappelés sur scène et le volume des applaudissements semble aller croissant. Dans l’euphorie du moment, Charlie sent sa poitrine se soulever et s’abaisser à toute vitesse, l’adrénaline circuler dans ses veines et sa tête tourner. Elle tourne les yeux vers Dominic à sa droite et il lui répond d’un large sourire avant de serrer sa main dans la sienne et de donner le signal pour qu’ils s’inclinent tous. En se relevant, grâce à la configuration de la salle et malgré l’éclat aveuglant des projecteurs, elle peut voir le public qui les acclame. Souriante, elle écoute les « Bravos » dont on les abreuve. Par petits groupes, les membres de l’assistance se lèvent en frappant des mains de plus belle, jusqu’à ce que toute la salle soit debout.
Elle attend que Dominic, qu’ils suivent tous, leur fasse signe d’avancer, comme d’habitude. Mais, cette fois, il lâche sa main, se tourne vers elle et se met à applaudir également, rapidement suivi par le reste de la troupe. C’est alors que Charlie comprend qu’ils applaudissent pour elle, qu’ils l’applaudissent elle, que ce rappel n’est que pour elle. C’est la première fois que ça arrive. Elle a pris l’habitude qu’on applaudisse la scène de sa mort, qu’après sa lutte désespérée pour échapper à Othello, le public éclate en applaudissements et qu’elle doive saluer légèrement, de son lit de mort, pour que la pièce reprenne. Mais là… c’est encore différent, encore mieux, encore plus. Hésitante, elle avance d’un pas et, pendant quelques secondes, se tient immobile, les bras le long du corps, rayonnante, resplendissantes et au bord des larmes. Puis, elle fait une petite révérence et la clameur du public augmente encore.
Othello en est à sa deuxième semaine et l’accueil que la pièce reçoit dépasse toutes les espérances, même celles de Daniel, le metteur en scène, ou des deux stars, habitués au succès et assaillis de fans chaque soir à la sortie de leur loge. Toutes les représentations sont complètes et les critiques sont unanimement enchantés. Même Harold Hobson, réputé pour être impitoyable, s’est fendu d’un commentaire positif. Et, surtout, sans coup férir depuis ce premier article qu’elle a lu, son succès à elle ne faiblit pas. Kenneth Tynan a écrit dans l’Observer que « Charlotte Evans n’est rien moins qu’électrisante… une présence si lumineuse qu’elle menace d’éclipser ses partenaires pourtant talentueux. » Mais le compliment qu’elle chérit le plus est encore celui de son frère qui lui a dit, alors qu’ils dînaient ensemble après une représentation, qu’elle était exceptionnelle « et je ne dis pas ça parce que tu es ma sœur. » Le directeur du théâtre, un homme austère qui, les rares fois où elle l’avait croisé lors des répétitions ne lui avait adressé ni un mot ni un sourire, a même fait livrer dans sa loge le bouquet de roses le plus extravagant qu’elle ait jamais vu.
Le lendemain de cette soirée triomphale, Charlie reçoit un coup de fil de son agente, Krista, qui lui annonce que Julian Baverstock de la Fox et Terrence Redfield, réalisateur en pleine ascension, vont assister à la pièce la semaine suivante. Ils cherchent une actrice encore peu connue du grand public pour leur prochain film ensemble et Dominic leur a parlé d’elle. Charlie raccroche et inspire un grand coup. Ce qui ne suffit pas à la calmer. |
|  | | Charlie Evans Institutrice


Nombre de messages: 101 Age: 21 Date d'inscription: 27/10/2009
 | Sujet: Re: A star is born Jeu 5 Jan - 15:14 | |
| 20 mars 2012
Brodie, qui joue Roderigo, a pris l’habitude de passer dans sa loge après chaque représentation avec une petite bouteille de champagne bien frais et deux verres. Une habitude que Charlie cherche par tous les moyens à décourager car, ainsi qu’elle a essayé de lui faire comprendre à de nombreuses reprises, elle n’est pas intéressée. Mais Brodie n’est rien moins que persistent et le voilà donc perché au bord de sa coiffeuse, qui l’observe pendant qu’elle se démaquille. C’est tout à fait agaçant mais Charlie tient à garder de bonnes relations avec le reste de la troupe, dragueur relou y compris et elle se retient donc de le remettre à sa place de manière trop violente, se contentant de repousser inlassablement ses avances. Ils ont tous deux ôté leurs costumes et son revêtus de peignoir, celui de Brodie un brin ridicule, en satin bordeaux. Charlie n’ose pas faire une remarque sur le sujet, craignant qu’il ne saisisse l’occasion pour l’enlever.
Sa loge est minuscule et pleine à craquer de bouquets tous plus somptueux les uns que les autres et de mots de félicitations écrits par des proches et des inconnus. À cela s’ajoute la lumière flatteuse émise par les ampoules qui entourent le miroir de la coiffeuse, ce qui permet de dissimuler le fait que les murs n’ont pas été repeints depuis une bonne dizaine d’années. La pièce est également, présentement, remplie de fumée, car il a fallu qu’elle le lui demande trois fois pour que Brodie (qui se prend pour Laurence Olivier) accepte d’éteindre sa cigarette.
- Tu étais merveilleuse, ce soir, dit-il.
- Vraiment ?
- Tu le sais bien.
Dès qu’il quitte la scène, il ne s’adresse à elle que d’une voix grave et voilée, à peine plus forte qu’un murmure, comme pour faire oublier le personnage de Roderigo et s’en distancier le plus possible. Il doit croire que c’est extrêmement séduisant mais tout l’effet que ça fait à Charlie est de lui donner envie de rire. Il boit une gorgée de champagne et vient se tenir debout derrière elle, avant de mettre sa tête à hauteur de la sienne, pour admirer leur reflet conjoint dans le miroir.
- Superbe… souffle-t-il, sans qu’elle sache s’il parle d’elle ou de lui.
- Arrête, Brodie.
- J’ai réservé une table à l’italien, annonce-t-il en reniflant ses cheveux.
Elle se crispe. Elle déteste quand il fait ça. C’est signe qu’il n’en est pas à sa première coupe et qu’il va être insistant. Si elle ne se débarrasse pas de lui très vite, il va tenter de l’embrasser dans le cou. Elle se démaquille avec plus d’ardeur, ce qui oblige Brodie à écarter son visage. Toujours ça de gagné.
- Je ne peux pas, je t’ai dit que je dîne avec les mecs d’Hollywood, ils sont venus ici exprès pour ça.
- On a qu’à tous manger ensemble, alors.
Vision d’horreur : Brodie faisant son numéro devant des gens importants qui envisagent de lui offrir un rôle. Quelle angoisse. Accrochant un sourire sur ses lèvres, elle se lève et dépose un bécot sur sa joue, espérant que ça suffira à le calmer.
- Non, répond-elle gentiment, mais fermement.
Il l’attrape par les hanches et s’avance vers elle, visiblement sur le point de l’embrasser d’une manière très différente. Charlie pose ses deux mains sur son torse pour l’empêcher de trop s’approcher.
- Je dois me dépêcher, ils vont m’attendre.
- Tu me rends dingue, Charlotte.
- Il va falloir penser à t’enfermer alors ! réplique-t-elle d’un ton joyeux, tout sourire.
Par chance, c’est à ce moment que Wilfred frappe à la porte et annonce que « deux messieurs américains » attendent dans l’entrée du théâtre. Charlie crie qu’elle sera prête dans un petit instant. Brodie n’a pas l’air de comprendre l’allusion et ne bouge pas. Ou peut-être qu’il espère qu’elle va ôter son peignoir et s’habiller devant lui. Cours toujours, pense-t-elle en ouvrant la porte, histoire que le message soit clair. Avec réticence, et une expression d’épagneul se mourant d’amour, il finit par sortir. Charlie claque la porte derrière lui et inspire profondément. On peut dire ce qu’on veut de Brodie mais, au moins, son petit numéro l’a empêchée de réfléchir à ce qui l’attend. Jusqu’à maintenant. |
|  | | Charlie Evans Institutrice


Nombre de messages: 101 Age: 21 Date d'inscription: 27/10/2009
 | Sujet: Re: A star is born Ven 6 Jan - 13:48 | |
| Le même soir
Charlie finit de se démaquiller et enchaîne en se remaquillant, quelque chose de plus discret que ce qu’elle porte sur scène. Pas de poudre, sa peau n’en a pas besoin, juste un trait d’eye-liner et une couche de rouge à lèvres. Surtout ne pas en faire trop. Quoiqu’elle n’ait jamais rencontré les deux hommes que Krista a accompagnés à la représentation de ce soir mais elle a entendu parler d’eux. Comme tout le monde. Julian Baverstock est un des producteurs les plus influents à Hollywood avec des films qui sont des succès à la fois critiques et commerciaux. Et terence Redfield est LE réalisateur du moment. Découvert à Sundance et à l’origine du dernier Marvel, le plus réussi de la série. Après son premier coup de fil lapidaire, Krista a rappelé Charlie avec des détails sur le film qu’ils préparent : l’histoire d’un jeune homme qui apprend de son père mourant qu’il a une demi-sœur. Il se lance alors à sa recherche et la découvre prostituée. S’ensuit un road-trip à travers les États-Unis entre le frère et la sœur qui apprennent à se connaître en route pour les funérailles de leur père. Titre de travail : Sans remords. Début du tournage prévu à l’automne. Dans le rôle du frère : Ryan Gosling. Les mains de Charlie tremblent d’excitation. Tellement qu’elle a du mal à enfiler sa robe.
Elle a emprunté la robe en question tout spécialement pour l’occasion à une amie mannequin que les maisons de couture parisiennes couvrent de fringues plus somptueuses les unes que les autres. Celle-ci est en soie vert sombre et dangereusement décolletée. Elle lui va si bien qu’on dirait qu’elle a été moulée sur elle. Elle a aussi emprunté un collier, un rang de vraies perles au ras de sa gorge. Une fois habillée et maquillée, elle plante quelques pinces dans ses longs cheveux roux, que les traitements répétés de la coiffeuse ont rendus lisses, souples et brillants. Elle se regarde dans le miroir, tourne un peu sur elle-même et conclut que rien ne va, ni la coiffure, ni le collier, ni même la robe. Ils ne vont jamais lui donner ce rôle. Jamais.
Mais quand elle les voit la regarder descendre l’escalier, une étole en (fausse) fourrure négligemment posé sur une épaule, elle comprend qu’elle est trop dure avec elle-même. Notamment quand elle remarque que la mâchoire de Julian Baverstock s’abaisse de quelques centimètres quand elle relève le bas de sa robe du même nombre de centimètres en arrivant sur la dernière marche. Il ressemble un peu à une otarie à lunettes, ne peut s’empêcher de penser Charlie en étouffant un rire. Lunettes qui se couvrent d’un peu de buée quand il lui serre la main. Et, à moins que Terence Redfield, grand, mince et avec une moustache aussi rousse que ses cheveux à elle, ne regarde ainsi toutes les femmes qu’il rencontre (ce qui est d’ailleurs tout à fait possible), Charlie suppose qu’elle a sa chance. Après avoir fait les présentations, Krista, l’air très contente d’elle, ouvre le chemin vers le taxi qui les attend. Elle en profite pour glisser à l’oreille de sa protégée que « c’est dans la poche, ils sont fous de toi. »
Pendant le dîner, elle peut se rendre compte que c’est vrai. Ils sont installés à la meilleure table du meilleur restaurant de la ville et Charlie effectue sa deuxième brillante performance de la soirée. C’est ce que ses amis à l’école d’arts dramatiques appelaient « faire sa Audrey Hepburn ». Cela implique d’avoir l’air à la fois, sûre d’elle et modeste, intelligente mais suffisamment étourdie pour être charmante, gracieuse avec des touches de presque vulgarité, attentive et attentionnée, sans flirter. Et c’est d’ailleurs tout à fait inconsciemment, ou du moins ça en a l’air, qu’elle pose parfois sa main sur celle de son interlocuteur, ou sur son bras en riant à une de ses remarques tellement spirituelles. Les hommes adorent ce genre contact. Et surtout, elle doit avoir l’air moderne, pas démodée, hautaine… anglaise. Sans compter qu’elle doit avoir l’air flatté, mais pas bouleversée par leur intérêt. Krista la regarde avec admiration. Elle s’est souvent demandé comment une fille qui, dans la vraie vie, était nulle en garçons et inconsciente de son pouvoir de séduction pouvait ainsi se transformer quand elle savait avoir un public. À la fin du dîner, Krista n’a aucun doute sur leur décision. Et calcule déjà sa commission. |
|  | | Charlie Evans Institutrice


Nombre de messages: 101 Age: 21 Date d'inscription: 27/10/2009
 | Sujet: Re: A star is born Ven 13 Jan - 21:39 | |
| 26 mars 2012
Quand la porte s’ouvre alors qu’elle est en soutien-gorge, en train de batailler avec la chemise de nuit dans laquelle elle meurt tous les soirs, elle pense que c’est Brodie et se relève avec les yeux qui lancent des éclairs. Ah non, pas ce soir ! Mais, par chance, c’est Alexandra, déjà en tenue de ville. Charlie retourne à ses épingles tandis que son amie prend place devant sa coiffeuse et la regarde s’agiter en souriant.
- Tu veux pas m’aider au lieu de te marrer, vieille fouine ?
- Moi je trouve que tu devrais y aller comme ça à ton rendez-vous, ce soutien-gorge est superbe. Si on néglige le fait qu’il doit être aussi vieux que toi.
Charlie baisse les yeux sur le vêtement en question. Il est blanc, en dentelle, plus basique tu meurs. Et, effectivement, il a déjà quelques années.
- Je dois changer tu crois ?
- Ça dépend, tu comptes le montrer à ton beau menuisier ?
Sans entrer dans les détails de ce qu’est Sywhaîd, car Alex est non sorcière, Charlie a brièvement expliqué les façons de vivre de la Noble Lande, le fait qu’elle devait y vivre pour sa santé et les avantages de la campagne, notamment la présence d’un menuisier, un ami tu vois, canon d’ailleurs, genre un peu fort et blessé, mais drôle aussi et, bref, arrête de sourire comme ça, Alex.
- Ce n’est pas mon beau menuisier et je ne pense pas qu’il ait l’intention de découvrir mes dessous, ni ce soir ni un autre soir.
- Il a tort.
Charlie daigne lui adresser un sourire amusé et pousse un cri victorieux quand elle arrive enfin à se débarrasser de sa tenue de scène, dévoilant une culotte jaune. Alex éclate de rire. L’ignorant, Charlie commence à enfiler un jean qui, maintenant qu’elle y pense, a bien vécu aussi. Peut-être qu’elle devrait mettre une robe finalement ? En même temps, il fait froid et elle a vraiment la flemme de mettre des collants. D’ailleurs, elle n’a pas de collants dans sa loge. Bon, le jean alors.
- En même temps, il a quitté votre trou perdu d’Écosse et est venu jusqu’à Sheffield juste pour te voir, alors le « juste amis » hein…
Charlie ne peut pas répondre, elle est coincée dans le col roulé de son pull vert sombre qui, quand elle aura réussi à le mettre, lui ira remarquablement bien. Alex en profite pour enchaîner :
- Non, franchement Charlie, fonce, t’as une ouverture !
Charlie émerge enfin de son col et prend la brosse que lui tend son amie. Elle tente d’aplatir ses mèches rousses électrisées par le pull.
- Arrête de me monter la tête, tu veux ? La chute n’en sera que plus dure.
Alex hausse les épaules et grimace quand Charlie enfile ses ballerines jaunes. Mais elles en ont déjà parlé et elle sait que c’est un combat inutile, Charlie n’emprunteras pas ses chaussures, plus élégantes et pas jaunes, mais trop petites d’une pointure. Une vraie fille le ferait, pour un rendez-vous galant.
- Ce n’est pas un rendez-vous galant, Alex !
- J’ai rien dit !
- Je t’ai entendue quand même.
Charlie se plante devant le miroir, pose une lichette de mascara sur ses cils et un brin de rose sur ses lèvres. Alex approuve d’un hochement de tête. Charlie lui lance un baiser du bout des doigts en quittant la loge. Quand elle rouvre la porte une seconde plus tard, Alex lui tend le sac à main qu’elle a oublié. Charlie dévale les escaliers et retrouve Anthony qui l’attend dans le hall, comme convenu. Souriant largement, elle lui offre un hug de bonjour et demande, légèrement hors d’haleine :
- Ça va, tu as pas trop attendu ? |
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