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 For The Heart I Once Had

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Ines Dos Santos Ferrera
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Date d'inscription: 12/02/2010

MessageSujet: For The Heart I Once Had   Dim 25 Sep - 19:31

Il était malade. Et elle en était malade d'inquiétude elle aussi. Ines avait beau savoir que ce n'était qu'une grippe, et qu'en toute logique, il resterait patraque quelques jours et ça irait mieux après, elle avait beau avoir été consulter l'apothicaire qui lui avait donné quelques remèdes et l'avait assurée de la guérison de son bambin, elle ne pouvait s'empêcher de douter. Parce que Tonino n'était pas un enfant comme les autres, et que, peut-être, son corps ne réagirait pas comme celui d'un enfant totalement humain. Et il occupait bien évidemment toutes ses pensées.

Pour l'heure, il dormait. Enfin. Il avait cherché ses bras, le regard fiévreux. Il n'avait pas voulu qu'elle le quitte, jusqu'à ce qu'enfin le sommeil le gagne. Et alors elle était sortie de sa chambre en silence pour ruminer ses angoisses seule dans le salon. Pour ne pas lui laisser entrevoir qu'elle était nerveuse, pour ne pas l'inquiéter. Parce qu'il avait besoin de calme et de sérénité pour laisser son corps combattre l'infection.

Elle en avait oublié qu'il devait venir. Lui. Son père. Celui qu'elle était venue trouver et qui leur rendait visite régulièrement depuis. Un des rares qu'elle côtoyait finalement pas mal depuis qu'elle était arrivée dans la Noble Lande. Et quand on frappa à la porte, elle sursauta et resta un instant interdite et immobile, cherchant qui pouvait bien venir la perturber. Avant qu'elle ne réalise qu'il ne pouvait s'agir que d'Anton et qu'elle se précipite vers la porte.

- Bonjour ! fit-elle à peine la porte entrouverte. Entre, je t'en prie.

Elle était passée au tutoiement depuis un moment, à force de le voir régulièrement. Pourtant comme elle refermait la porte derrière lui, elle laissa échapper un soupir las, avant de lui faire de nouveau face.

- Je suis désolée, j'aurais dû te prévenir, mais Tonino est couché, il est malade...

Elle passa une main dans ses cheveux comme si ça avait pu chasser ses inquiétudes.

- Je peux te proposer quelque chose à boire ? Une tisane peut-être ?

Le café était depuis longtemps un ingrédient oublié et elle avait pris l'habitude de se fournir en boissons chaudes auprès de Kathaleen. Sans vraiment attendre de réponse, elle mit de l'eau à chauffer. Le mélange de tilleul, anis vert et coquelicot conseillé par l'herboriste avait intérêt à être efficace, parce qu'elle en avait bien besoin.

¤ Anton ? ¤

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Anton Almeida
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MessageSujet: Re: For The Heart I Once Had   Lun 26 Sep - 22:33

Tony avait quitté la scierie tout guilleret, trop guilleret peut-être. Il avait bien vu le regard en coin de Charlie, arrivée au même moment parce qu'elle cherchait Esteban, ses petits yeux fureteurs se plisser légèrement lorsqu'il lui avait dit qu'il partait simplement faire un tour. Elle avait certainement deviné qu'il allait, encore une fois, chez Ines. Et il savait pertinemment ce qu'elle devait s'imaginer, mais qu'elle aille se faire les films qu'elle voulait, pardon, les romans. Et qu'elle s'occupe plutôt des chaussettes de son "Baban". La Canadienne était une chic fille, mais avait décidément une tendance de plus en plus pénible à se mêler de ce qui ne la regardait pas.

Il en aurait cependant fallu davantage pour ôter son sourire à Anton, qui avait finalement terminé le petit cerf en bois promis à son petit homonyme. Il lui avait fallu faire plusieurs essais avant de trouver une chute d'aulne suffisamment souple et solide à la fois pour que la ramure de l'animal ne se brise pas sous ses coups de couteau ; il était moins habile qu'Anthony pour ce genre de travaux délicats. Mais évidemment, il était hors de question que quelqu'un d'autre que lui n'alimente la petite ménagerie de Tonino. Son fils. C'était encore bizarre de le désigner ainsi dans sa tête, mais une réelle tendresse, sinon un authentique lien père-fils, s'était peu à peu nouée entre eux. Ce jour-là, Tony se rendrait compte combien il était plus attaché encore au petit garçon qu'il ne le pensait. Une masse, comme un galet glacé, lui tomba dans l'estomac lorsqu'Ines lui annonça que Tonino était malade. Même Stiliko, qui n'était pourtant pas un daemon fusionnel, cessa de mâchonner le bout de sureau qu'elle tenait entre les dents, pour jeter un coup d'œil légèrement inquiet à son humain.

Il était sonné par la nouvelle, et suivit machinalement son hôtesse, étourdi, tâchant tant bien que mal de retrouver sang-froid et rationalité. Une grippe. Une simple grippe. Ça n'avait rien avoir avec... ce n'était rien de méchant, il y avait un médecin sur place. S'il y avait eu quoi que ce soit de préoccupant, le moindre doute, Nick l'aurait diagnostiqué. Les petits garçons ne mouraient pas sur Sywhaîd. Mais vus à travers le prisme d'une petite fille autrefois brutalement terrassée par ce qui ne semblait être à la base qu'un gros mal de tête, le toubib n'était peut-être pas si compétent, ni la Brume si protectrice. Allons, c'était absurde de réagir ainsi, alors que la mère du garçon était sans doute déjà inquiète.

Il la regarda se passer une main dans les cheveux, se surprit à analyser ce geste comme un signe manifeste de nervosité. Bon sang, il perdait les pédales ; il était temps de revenir sur Terre. Heureusement qu'Ines n'avait pas attendu sa réponde pour préparer à boire : il n'avait pas entendu la question. Il suivit des yeux les gestes simples mais délicats de préparation de la tisane. En la circonstance, il aurait préféré un café bien fort, mais ça n'avait aucune importance. Il faudrait de toute façon que, café ou pas, tisane ou non, il se montre rassurant plutôt qu'il n'aggrave l'inquiétude de la jeune maman, qu'il savait déjà plutôt protectrice par ailleurs. Il prit une inspiration puissante, qui lui parut n'emplir qu'à moitié ses poumons.

"Il se remettra vite... le médecin a dit que ce n'était pas grave, n'est-ce pas ?"

Décidément, il avait du mal à respirer normalement. Et il n'avait pu s'empêcher de poser la question. Pour être rassuré. Un peu, au moins. Ne pas flancher. Inspirer ; expirer.

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Dernière édition par Anton Almeida le Ven 7 Oct - 23:43, édité 1 fois
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Ines Dos Santos Ferrera
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MessageSujet: Re: For The Heart I Once Had   Lun 26 Sep - 23:57

Ines aussi avait subi les insinuations de Cahrlie, mais à l'heure actuelle, c'était un souvenir remisé bien au fond de sa mémoire. Une chose insignifiante à laquelle elle n'avait clairement pas besoin de penser. Et qui était reléguée très loin en arrière-plan par l'état de son fils.

Et si elle fit partager cette information à son père, parce qu'elle ne voyait pas vraiment de façon habile de l'empêcher de monter voir Tonino, elle n'avait en aucun cas voulu lui faire du mal. Si elle avait été en état de se rendre compte de celui de son visiteur, elle eût sans doute tout fait pour le rassurer. Mais elle n'était pas suffisamment sereine elle-même pour ça. Ca n'était qu'une simple grippe, oui. Mais sur Tonino ? Elle ne pouvait s'empêcher de douter, malgré toutes les affirmations rassurantes qu'on avait pu lui servir. Et s'ils se trompaient, tous ? Elle ne supporterait pas de le perdre, elle le savait.

S'occuper les mains lui faisait du bien, à défaut de pouvoir vraiment s'occuper l'esprit, et minutieusement, elle prépara la tisane à gestes mesurés, et en emplit deux mugs. Elle en tendit un à Anton sans avoir toujours obtenu de réponse de sa part, comme s'il allait l'accepter comme une évidence. Et quand il prit la parole, elle hocha tristement la tête, et lui fit signe de la rejoindre comme elle s'installait sur un canapé.

- Oui... Une simple grippe... Il va s'en remettre, bien sûr...

Son ton était sans équivoque : elle n'en était pas aussi certaine qu'elle tentait de l'affirmer.

- Je ne devrais pas m'inquiéter ainsi, je le sais bien. Mais c'est la première fois et...

Elle n'acheva pas sa phrase, mais avala une gorgée de tisane brûlante pour se donner une contenance. C'était la première fois. Malgré quelques années dans un pays somme toute pas particulièrement clément, Tonino n'avait jamais été malade. Pas ainsi, en tout cas, avec de la fièvre et si mal en point. Alors elle avait beau tenter de s'en persuader, non, elle n'était vraiment pas certaine que tout se passe bien. Et quand elle reposa la tasse sur la table, Anton put sans doute remarquer que sa main tremblait légèrement.

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Anton Almeida
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MessageSujet: Re: For The Heart I Once Had   Sam 8 Oct - 1:11

Inspirer, expirer. Le menuisier avait beau s'y efforcer de son mieux, il était incapable de retrouver sa sérénité, à tel point que lorsqu'Ines lui avait tendu son mug, il l'avait serré plusieurs secondes entre ses mains avant de se rendre compte qu'il était brûlant, et de le reposer sur la table basse. Or à l'évidence, la maman de Tonino n'accueillait pas avec plus de tranquillité la maladie de ce dernier. Tout en ayant lui-même l'impression de flotter dans un brouillard cotonneux qui lui aurait fait fléchir le genou s'il n'avait pris place à côté de la jeune femme sir le canapé, il la voyait elle-même se débattre avec son angoisse. Les phrases qu'elle prononçait se brisaient à mi-chemin, sa voix s'étranglait dans sa gorge ; et il ne pouvait pas l'aider, certain qu'il était que, s'il avait pris le relais de ses paroles, il n'aurait pas été capable de trouver les mots d'apaisement, ni même de les prononcer sans témoigner de sa propre angoisse. Il lui semblait qu'ils étaient deux cigognes s'entêtant à essayer de planer dans le ciel, alors qu'elles ont soudainement perdu la sensation du poids de l'air soutenant leurs ailes. Il la regardait, fragile, perdue. comment l'eût-il soutenue, quand lui-même perdait pied ?

Il contempla les paumes de ses mains, et se fit la réflexion qu'il ne servait à rien de les avoir si grandes, si elles étaient incapables de vraiment secourir. Sans y réfléchir davantage, et parce qu'il lui semblait que c'était la seule chose qu'il pût faire sans risquer d'empirer le stress de son interlocutrice, il se rapprocha d'elle et passa un bras autour de ses épaules, pour la prendre dans ses bras. Il la sentait tremblante, mais peut-être étaient-ce ses propres frissons qu'il lui transmettait. Ils étaient deux pauvres bêtes déboussolées à qui il ne restait plus qu'à se perdre l'une dans l'autre. La sentir contre lui était bel et bien apaisant, réconfortant. Il lui semblait enfin respirer normalement, maintenant qu'il sentait, à chaque inspiration, son torse buter contre celui de la jeune femme. Il fut en mesure de répéter, plusieurs fois et sans que sa voix se brise :

"Il va aller mieux".

Il se demanda si elle se rendait compte de l'apaisement, du réel bien-être que lui procurait sa présence. Et il lui vint à l'esprit que si Charlie les avait surpris dans cette position, elle n'aurait pas manqué d'imaginer bien des choses. Mon dieu, il avait presque envie d'en rire tant il s'en moquait ; un rire qui aurait probablement sonné étrangement s'il l'avait laissé éclater ; un rire nerveux, probablement. S'il voulait tenir Ines dans ses bras, rien ne l'en empêchait. Lui savait qu'il en avait envie, qu'il aimait cela, sans être amoureux d'elle pour autant. C'était quelque chose qui paraissait naturel, facile, quelque part qui résolvait quelques contradictions de son existence. Tout à coup, dans ces circonstances douloureuses, sentir sous ses paumes la chaleur paisible d'Ines, était terriblement réconfortant. Il se rendit compte que les battements de son cœur s'étaient brutalement accélérés. Serrée contre lui, l'Espagnole s'en était peut-être aperçue, pauvre Ines qui, de son côté, tournait toutes ses pensées vers son fils. Tony desserra légèrement son étreinte, un peu honteux du tourbillon de pensées égoïstes et frivoles qui s'étaient agitées dans sa tête. Il chercha le regard de la jeune femme pour que les grands yeux bruns de cette dernière l'aiguillent de nouveau vers ce qui devait être leur seul sujet de préoccupation à cet instant.

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