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| | Auteur | Message |
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Leanne Ruston Sywhaîdienne


Nombre de messages: 49 Age: 21 Date d'inscription: 12/04/2010
 | Sujet: I believe in pink Mar 9 Aoû - 18:54 | |
| - F3 en C6, annonça Djingo en même temps que, d’une main agile, il effectuait le déplacement annoncé avec son fou.
De l’autre côté de l’échiquier, Stiliko réfléchissait à son prochain coup. Hormis les annonces et le bruit sec du sablier qu’on retournait, les deux adversaires jouaient en silence, faisant montre d’une concentration sans faille, alors même que les bruits provenant de l’autre bout de la pièce indiquaient que leurs humains se livraient à des activités beaucoup moins calmes et beaucoup moins… cérébrales. Ce qui n’empêchait pas les deux daemons de poursuivre tranquillement leur partie.
De l’autre côté de la pièce, donc, Leanne s’étira avec une grâce toute féline avant de se recroqueviller tout contre son partenaire de jeu à elle. Étant donné leur différence de taille, elle pouvait sans problème se nicher tout contre lui, façon femme-enfant fragile contre le torse du grand mâle puissant et protecteur. Le miroir enfin réparé reflétait l’image enchantée qu’ils formaient tous les deux. La livraison dudit miroir avait d’ailleurs été le prétexte à leur rencontre d’aujourd’hui. Stiliko, pas folle, avait bien prévu que la visite durerait plus que ne le devrait une simple livraison et avait donc apporté l’échiquier avec elle.
- Your move, lança le daemon singe en retournant le sablier, indifférent à ce qui pouvait se tramer de l’autre côté de la pièce. [On demande un menuisier argentin à l'accueil^^] |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: I believe in pink Jeu 11 Aoû - 0:01 | |
| [Menuisier Argentin, au rapport !]De son côté de l'échiquier, Stiliko avait un peu plus de mal à se concentrer sur le jeu ; le daemon singe n'avait été que trop aimable de la ramener à ce qui les occupait, plutôt qu'à ce qui se passait entre les draps. C'est que notre castor tenait à garder à l'œil son cher Tony et, bien entendu, la petite demoiselle qui avait si bien réussi à le glisser dans son lit (et ce, manifestement pas par la force). Oh, ce n'est pas que cette, hum, ouverture à quelque spécimen de la gente féminine fût mal perçue, dans l'absolu, par notre possessive daemone : après avoir œuvré des années durant dans ce sens, elle aurait eu beau jeu, à présent, de se plaindre de la situation actuelle. Mais, précisément, elle ne pouvait manquer de trouver vaguement incongru le fait que ce soit à peu près la seule personne à laquelle elle n'eût pas pensé qui, au final, eût manifestement mis le grappin sur le jusque-là sur un menuisier dont la chasteté eût, jusque là, fait passer Galahad pour un gigolo. Car grappin il y avait, manifestement. Ce que Stiliko avait d'abord considéré comme une paisible manière de se remettre en selle prenait, lentement mais sûrement, les allures d'une relation plus sérieuse. Et dans la mesure où elle n'y était strictement pour rien, la bestiole trouvait toujours l'idée... vaguement surprenante. Si ses regards se portaient un peu trop fréquemment en direction du lit plutôt que sur l'échiquier, c'était peut-être, quelque part, pour vérifier qu'elle n'avait pas la berlue. Elle n'était pas bien grande, la Susie Lee, mais tout de même, on apercevait bel et bien sa frêle silhouette lovée tout contre celle du menuisier.
Rappelée à l'ordre par le daemon-singe, Stiliko n'eut besoin que de quelques secondes pour analyser la situation. Voilà, voilà ; nous en étions donc là. Léger avantage numérique pour Stiliko, mais Djingo avait toujours sa dame. Surtout, le singe avait successivement, en seulement quelques coups, sacrifié deux pions et sa tour, or il n'était pas dans ses habitudes de se démunir si étourdiment de ses forces, si minimes fussent-elles. Non, cela ne sentait pas bon ; à tous les coups, il nous préparait une petite manœuvre de Krapov. Kaprov. Parchock ? Enfin, d'un Russe, quoi. L'esprit en alerte, sous les airs débonnaires que lui donnait, en toute circonstance, sa proéminente dentition, Stiliko réfléchissait. Pour ne pas se laisser surprendre par un cavalier en embuscade, il lui fallait à tout prix ré-agencer ses forces en en disposant davantage sur son aile droite. Mais en l'état des choses, cela signifiait faire un choix cornélien entre sacrifier à coup sûr une deux pions ou risquer la peau de son fou, si la manœuvre était aussitôt parée. Ce à quoi Djingo ne se risquerait peut-être pas, s'il ne voulait pas dévoiler son plan d'ensemble. Alors le fou, les p... Mais pardon ; en fait, le lecteur se fiche aimablement de ce qu'il se passe sur l'échiquier, et les daemons pourraient aussi bien jouer à faire des pyramides de cacahuète que cela lui serait bien égal ? Soit ; laissons-donc là, et c'est fort dommage, la manœuvre Krap... Prak... bref, laissons-là, pour nous soucier d'échanges bassement triviaux, à savoir ceux qui avaient lieu dans le lit.
Anton n'était pas au diapason des pensées qui agitaient l'esprit de son daemon. Ils faut dire qu'ils n'avaient pas pour habitude de fonctionner en parfaite symbiose, à ce niveau-là ; ce qui, en passant, était plutôt heureux, sans quoi Anton se serait senti un peu trop régulièrement l'envie irrépressible de mâchonner ce qui lui serait passé sous la main. Et on aura beau dire, la manie de grignoter sans cesse des bouts de bois, chez un castor ça passe, chez un humain c'est déjà beaucoup plus tendancieux. Anton donc était loin de se préoccuper de tours, cavaliers et autres stratégies soviétiques. Tout ce qui l'intéressait pour l'heure était de jouir du moment présent ; du rai de soleil perçant enfin la cloche de nuages pour venir blondir une partie du parquet et un morceau de draps à leurs pieds ; de la tranquillité de cette fin de matinée de repos, au cours de laquelle il était, pour une fois, dispensé d'aller travailler à l'édification du moulin ; de la tiédeur du petit corps de Susie Lee, si léger contre le sien, niché paisiblement entre ses bras. Du bout des doigts, il caressa tendrement le visage délicat de la jeune femme. Elle paraissait bien fragile, bien petite, à reposer ainsi près de lui ; mais elle ne se croyait pas pour autant obligée, et c'était heureux, de jouer pour autant les minaudes sans cervelles. Quelques instants plus tôt, l'Argentin avait pu une nouvelle fois, et non sans plaisir, se rendre compte du tempérament de sa partenaire. Ainsi que de sa souplesse. Mais ne nous égarons pas.
Revenons-en donc au si délicieux instant présent. Suivant le regard de sa belle, Anton posa lui aussi les yeux sur le miroir fraîchement rénové, plus fraîchement encore livré. Le travail avait évidemment été réalisé avec soin ; méticuleux d'ordinaire, le menuisier s'était particulièrement appliqué à offrir à la jolie Susie Lee un meuble qui satisfît ses exigences, voire les dépassât. Il s'était chargé lui-même des sculptures des pièces nouvelles, tâche dont se chargeait d'ordinaire plutôt son homonyme. Il avait mis plus de temps mais, au final, l'acrobate n'avait pas perdu au change. L'ensemble n'était pas vraiment harmonieux ; il avait quelque chose de baroque, dans l'assemblage désordonné de la partie ancienne avec le morceau ajouté, qu'Anton, avec l'accord de sa commanditaire, n'avait pas cherché à noyer dans l'ensemble. Ainsi le miroir reflétait-il désormais son histoire, en plus du joli couple enlacé. Et malgré son intérêt pour le bois, malgré la satisfaction du travail bien accompli, c'est ce couple, leur couple, qu'Anton regardait, lui aussi. Il n'avait pas eu depuis longtemps spectacle aussi serein devant les yeux.
"Tu m'as l'air bien installée ; on dirait un oiseau qui a fait son nid", murmura-t-il tendrement à la demoiselle, en lui souriant par miroir interposé. |
|  | | Leanne Ruston Sywhaîdienne


Nombre de messages: 49 Age: 21 Date d'inscription: 12/04/2010
 | Sujet: Re: I believe in pink Mer 24 Aoû - 15:35 | |
| Si Djingo mettait lentement en application sa stratégie diabolique, Leanne, elle, n’échafaudait aucun plan, ce qui aurait peut-être rassuré le daemon castor, maintenant habituée aux méandres tortueux du cerveau du singe, joueur d’échec hors pair. Il faut noter à ce stade que Leanne ne partageait nullement l’amour de ce jeu avec son daemon, qu’elle s’en lassait rapidement et était incapable de prévoir ses coups à l’avance, ce qui faisait d’elle une bien piètre joueuse. Heureusement, donc, qu’Anton ne venait pas dans cette chambre pour s’adonner à ce genre de divertissements cérébraux. Non pas que la demoiselle soit sotte, loin de là, mais elle avait d’autres talents, qu’elle savait bien mettre en avant à chaque visite du menuisier. La jeune femme, elle aussi, regardait le couple dans le miroir, le corps mince contre le torse puissant, la peau blanche contre un teint doré, des jambes entrelacées.
Elle accueillit d’un léger rire la remarque d’Anton et se détacha de lui pour s’étirer avec toute la grâce d’un petit chat, faisant glisser le drap qui la recouvrait encore. Elle aimait bien la comparaison. Elle avait longtemps cru que Djingo se fixerait sous une forme d’oiseau, avant qu’il ne devienne évident qu’il adopterait le singe. Son animal zoomorphique était un flamand rose après tout, et elle travaillait dur pour apprendre à se transformer en cet oiseau si élégant. Elle imaginait déjà son retour sur la piste, un numéro où une trapéziste se ferait pousser des ailes, sans risque de chute. Le rêve était beau mais sa réalisation lointaine, elle n’en était qu’au début de son apprentissage et une transformation complète et sûre lui demanderait encore de longs mois de travail acharné. Voire des années. Mais, oui, la comparaison lui plaisait. Elle se mit à plat ventre, en appui sur ses coudes et tourna la tête vers Anton :
- Ce qui ferait de toi... quoi ? Un ours ? Venu envahir mon nid ?
Elle rit à nouveau, parce que l’image était absurde (depuis quand les ours envahissaient-ils les nids ?) mais en cherchant quel animal associer au beau menuisier, l’ours était le premier qui lui était venu en tête. |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: I believe in pink Jeu 15 Sep - 23:34 | |
| Au rire de Leanne se mêla celui d'Anton, évidemment. L'image d'un gros plantigrade tentant tant bien que mal de se faire une petite place dans un petit nid d'oiseau, mais bouleversant malgré tout les brindilles autour de lui, était forcément cocasse. La joie s'exprimait d'autant plus manifestement que l'ambiance était détendue, paisible. Le menuisier se sentait vraiment très bien, il était réellement très heureux de se trouver là, dans ce lit, une jolie gymnaste à ses côtés, allongée sur le ventre. La courbe de ses reins était un appel à la caresse ; et en laissant glisser aussi délicatement que possible ses doigts le long du dos de son amante, Anton ne put manquer de reconnaître que, décidément, même si elle n'était pas très flatteuse, l'image de l'ours lui collait plutôt bien. Et ce n'était pas qu'une question de tailles respectives. Oh, bien sûr, il aurait été capable d'un coup de poing de sévèrement amocher un petit brin de fille comme Susie Lee, mais dieu merci ça n'était pas dans son caractère ; et les délicieux instants passés quelques minutes plus tôt avaient prouvé que, même dans le, hum, feu de l'action, Tony savait où mettre ses mains pour faire plus de bien que de mal à sa partenaire.
En revanche, à d'autres égards, Anton méritait sans doute d'être qualifié d'"ours". Car même si le fait de se retrouver dans un lit avec une personne comme Susie Lee était une expérience trop agréable pour qu'il n'ait pas envie de la renouveler à brève échéance, il se rendait bien compte qu'au moins pour le moment, il était loin d'être prêt à partager avec elle ses pensées les plus secrètes, ses souvenirs les plus intimes. Le rôle de menuisier sociable, mais un peu secret, lui était naturel. Il ne se voyait pas en changer. Il regarda, au bout du lit, les daemons de part et d'autre de la table d'échecs, Djingo mimant l'indifférence tranquille tandis que Stiliko se grattait la tête d'un air renfrogné. Oui, ils étaient bien ici, tous les quatre. Mais si douillet que soit un nid, un ours et son castor y avaient-ils réellement leur place ?
"Mmh, ne t'inquiète pas ; je n'ai pas l'intention d'envahir ton espace, petit oiseau", murmura-t-il doucement, tout en continuant de caresser l'"oiseau" en question. Une manière relativement délicate d'effleurer le terrain ; comme quoi même le pire des ours était capable de faire patte de velours. |
|  | | Leanne Ruston Sywhaîdienne


Nombre de messages: 49 Age: 21 Date d'inscription: 12/04/2010
 | Sujet: Re: I believe in pink Mer 21 Sep - 14:42 | |
| Leanne rouvrit les yeux. Il faut dire que les sensations provoquées par la main du menuisier caressant doucement le creux de ses reins étaient bien trop agréables pour qu’on ne les savoure pas les yeux fermés. Mais la réponse d’Anton lui semblait moins légère qu’elle en avait l’air. Est-ce qu’elle réfléchissait trop ou est-ce qu’il y avait un message caché derrière la poursuite de cette douteuse métaphore filée ? Que devait-elle comprendre ? En fait, elle ne comprenait que trop bien : ce qu’Anton lui disait, ’est qu’il était tout à fait satisfait de l’état actuel des choses, où leurs moments passés ensemble étaient aussi agréables que superficiels. Il lui disait qu’il ne voulait pas aller plus loin, que l’absence de confidences de part et d’autre n’était nullement gênante et qu’il n’envisageait pas de rendre les choses plus sérieuses.
Ce qui était rageant, c’est qu’elle était tout à fait d’accord. Elle aimait bien Anton, vraiment bien, il était sexy, drôle et intéressant. Mais la situation lui convenait tout à fait comme ça. Elle ne se pâmait pas d’envie devant les couples de la Lande, les Ariehmily et autres Wrozen, écœurants de mièvrerie. Elle chérissait son indépendance, sa liberté, sa jeunesse. Elle voulait pouvoir débarquer tout aussi facilement à la menuiserie que chez l’apiculteur, sans avoir à se poser de questions ou se sentir coupable. Et elle aimait avoir son nid, rien qu’à elle, pour s’y calfeutrer avec son daemon après une journée éprouvante, sans voir personne et sans se justifier. Elle était ravie et soulagée qu’il ne veuille pas envahir son espace. Alors pourquoi, avec un esprit de contradiction proprement féminin, ressentait-elle également un brin de déception, ou plutôt, un brin de vexation ? Car, après tout, qu’elle refuse d’aller plus loin, de s’engager, c’était normal, elle le revendiquait. Mais qu’il annonce ainsi, de but en blanc, métaphore ou pas métaphore, qu’il en allait de même pour lui, ce n’était absolument pas flatteur ! Ok, merci bien, ça faisait plaisir de n’être qu’une récréation. Cependant, comme c’était exactement ce qu’elle pensait et ressentait elle-même, elle fit taire ce très mesquin élan de ressentiment complètement inutile.
Restait maintenant à trouver une réponse appropriée. Un « j’y compte bien » serait sans doute mal reçu, et à juste titre. De même qu’un « encore heureux ! » un peu trop franc et indélicat. Non, le plus simple et le plus diplomate serait sans doute de continuer sur ce ton léger, presque de rigolade. Oui, c’était probablement la meilleure solution, si elle faisait preuve de tact.
- Oui, répliqua-t-elle donc, à quatre, on manquerait de place, on étoufferait vite. |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: I believe in pink Dim 25 Sep - 0:24 | |
| Anton sourit à son interlocutrice, et se retint d'ajouter qu'ils seraient d'autant plus à l'étroit si l'un des quatre se trouvait être un gros ours mal léché. Il ne servait à rien d'insister. Même s'il savait pertinemment qu'il n'était pas en mesure d'offrir à Leanne davantage que quelques instants volés dans le genre de ceux qu'ils venaient de partager, il en était quelque part le premier désolé. La vie à quatre... ça n'avait eu un sens qu'à l'époque où elle signifiait vivre avec Anwen, Isobel et leur enfant à venir. Désormais, qu'il le veuille ou non, vivre ne serait-ce qu'à deux semblait absurde. Il n'était même pas capable d'éprouver un attachement réellement paternel envers son propre enfant, que le destin, par un de ces hasards tordus, avait pourtant déposé juste sur son chemin, comme dérisoire prix de consolation. Il pouvait désirer des femmes, les trouver charmantes, séduisantes, agréables ; mais s'imaginer construire quelque chose, même le plus petit nid, avec l'une d'elles ? Sans être surpris, il était heureux qu'elle ne se soit pas imaginé vouloir, disons, sortir officiellement avec lui. Presque par gratitude, il se pencha pour poser un baiser sur son front ; mais elle était décidément bien trop charmante, et il embrassa ses lèvres... "à l'Argentine", avant de la prendre dans ses bras.
Ils passèrent environ un quart d'heure ainsi, à simplement profiter paisiblement du moment présent. Anton commençait à somnoler lorsqu'il fut réveillé par un "échec et mat !" triomphal. La partie était finie. Et le menuisier devait retourner sur le chantier du moulin. En quittant le nid de Leanne, il déclara, en souriant qu'il serait bel et bien heureux de la voir lui rendre visite, à l'occasion, dans son antre. Ne serait-ce que pour que Stiliko prenne quelques leçons d'échecs. |
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