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Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Lady's knight Sam 6 Aoû - 23:57 | |
| Cette soirée s'était présentée sous les plus doux augures, elle promettait pourtant à présent de virer à la très mauvaise blague. A la tombée d'une journée plutôt ensoleillée, Marianne était partie en direction du verger, un panier sous un bras, la grande échelle de jardin sous l'autre, pour égayer le dessert des Sywhaîdiens de quelques prunes juste mûres (bon, d'accord, de son dessert en particulier). Il faisait encore bon, le crépuscule tombait à peine, elle était donc sortie le nez au vent, en petit corsaire bleu marine et blouse de coton légère. Elle n'avait pris qu'un panier, ne comptant pas non plus récolter de quoi faire cinquante pots de confiture. Arrivée sur place, elle ne trouva personne, ce qui était logique, les gens préférant généralement réaliser leurs cueillettes le matin qu'au crépuscule. Contemplant les reflets mauves du ciel sur le loch, Marianne s'était dit qu'il ne savaient pas ce qu'ils perdaient, tout en calant comme elle le pouvait l'échelle contre le tronc du prunier. L'arbre était plus majestueux qu'un arbre ordinaire, constituant sans doute en lui-même, par sa taille, ses larges branches couvertes d'appétissants fruits violacés, une des appréciables bizarreries de la Brume offerte aux Sywhaîdiens. Mais notre demoiselle, en fille de la ville, n'avait aucune idée de quelles devaient êtres les proportions ordinaires d'un prunier, aussi ne se posa-t-elle aucune question et entama-t-elle tranquillement l'ascension vers les prunes convoitées. Elle avança lentement, une main tenant l'anse du panier, l'autre agrippant prudemment les barreaux de l'échelle. Elle fut soulagée d'arriver aux premières branches, où elle cala rapidement le panier pour avancer plus aisément.
Enfin, moyennement quelques acrobaties supplémentaires, la cueillette pouvait commencer. Marianne avança la jambe pour atteindre la branche la plus proche et, de là, avancer vers les fruits, un peu plus loin (mais pourquoi fallait-il toujours que ceux qui étaient les plus mûrs, les plus appétissants, soient toujours hors de portée ?). Tendant le bras, du bout des doigts, la Française parvint à attraper une première demi-douzaine de prunes à point, dont elle lécha avec gourmandise les quelques gouttes de jus qui avaient perlé sur ses mains lorsqu'elle s'en était saisi. Enhardie par ce premier exploit, elle avança moins prudemment, grimpa sur une branche un peu plus haute ; mais comme elle tâchait d'atteindre encore la suivante, celle à laquelle elle s'accrochait cassa brusquement, ce qui lui fit perdre l'équilibre. Elle poussa un cri, tâcha tant bien que mal de se raccrocher, littéralement, aux branches, tandis que, dans sa chute, son pied se retrouvait coincé dans un nœud de l'arbre. Ceci, du moins, lui évita de tomber tout à fait jusqu'au sol. Mais elle n'était pas pour autant en excellente posture pour autant. Toute étourdie, elle mit quelques secondes à réaliser l'ampleur du problème. En essayant de se redresser, elle avait fait valser le panier qui, en tombant, avait déséquilibré à son tour l'échelle qui avait chu à son tour. Marianne se retrouvait donc coincé dans son prunier, les bras écorchés, la blouse déchirée, et surtout une vive douleur à la cheville qui lui promettait une belle entorse. Au prix de quelques contorsions, elle parvint à s'installer plus ou moins à l'endroit où s'était trouvé, quelques secondes plus tôt, son panier. Elle reprit son souffle, essuya son front, récupérant sur ses doigts de la sueur, de la poussière de l'écorce et un peu de sang. Elle jeta un coup d'œil au sol, qui lui parut tout à coup bien bas. Elle se voyait assez mal sauter, surtout avec une cheville en pelote. Malheureusement, pour ce qu'elle pouvait voir de la lande de là où elle se trouvait, il n'y avait personne à proximité.
C'était bien sa veine ; la soirée n'était pas assez tiède, visiblement, pour que les Sywhaîdiens aient éprouvé l'envie de jouer les prolongations aux chandelles, en extérieur. Les lumières s'allumaient les unes après les autres dans l'école et les fabriques, là-haut, si loin... Marianne soupira, mais dut reconnaître qu'elle même commençait, sur son perchoir, à ne plus avoir très chaud. Elle se recroquevilla contre le tronc de l'arbre, guetta encore de longues minutes quelque signe de vie sur la lande... Elle finit par pousser un cri, demander s'il y avait quelqu'un, mais rien ne lui répondit. Elle guetta encore ; éternua. Le soir était tombé, et voilà qu'elle allait attraper froid. La douleur dans sa cheville était de plus en plus vive, et elle n'osait plus du tout sauter et risquer de se casser autre chose. Elle parvint tout juste à changer un peu de position sur sa branche, pour être installée un peu plus confortablement, plus ou moins assise, sa cheville douloureuse à l'horizontale sur la branche. Dans cette position, elle ferma progressivement les yeux. [Quelqu'un pour venir en aide à la demoiselle en détresse ?] |
|  | | Nicholas Butler Guérisseur


Nombre de messages: 43 Age: 27 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Lady's knight Mar 9 Aoû - 20:09 | |
| Si Marianne s’endormit, l’arrivée de son chevalier servant et héros du jour la réveillerait sans nul doute. En effet, ladite arrivée fut précédée d’un bruit de course et d’aboiements joyeux qui ne s’interrompirent que quand Shadow décida que ce prunier avait une odeur intéressante. Il le renifla donc à loisir avant d’y apposer sa marque et, ce fut seulement alors qu’il se rendit donc d’une odeur qui n’était normalement pas associée aux arbres : celle d’une jeune femme humaine, qui sentait la douleur. Sahdow se remit donc à aboyer, beaucoup plus fort, en sautant sur le tronc et en tournant sur lui-même. Certes, il ne pouvait pas grimper à l’arbre pour sauver Marianne mais son raffut eut au moins le mérite de rameuter du monde. Enfin, une personne en l’occurrence.
- Shadow ! Shut up !
La voix légèrement voilée qui appelait le chien et l’exhortait à se taire était celle de Nicholas. Alors qu’il était déjà en pyjama, prêt à se mettre au lit avec un bon bouquin quand Shadow s’était mis à gémir et à tourner sur lui-même, sa façon à lui de demander à sortir. Nicholas avait donc enfilé ses pantoufles et était descendu ouvrir au chien. En fait de lit, il s’était installé sur le canapé, en attendant que Shadow vienne gratter à la porte pour demander à entrer. Ensuite, le golden retriever monterait les marches quatre à quatre et se roulerait en boule au pied de son lit, si bien que Nicholas devrait se contorsionner pour s’allonger sans le déranger. C’était leur routine du soir.
Sauf que, ce soir, la routine fut dérangée par les aboiements fébriles du chien. Shadow aboyait toujours quand il sortait, histoire de manifester son bonheur interminable mais, là, c’était différent. Les aboiements étaient moins joyeux, plus frénétiques. Et surtout, très bruyants. Ok, c’était l’été mais il restait des gens sur la lande. Et Nicholas était bien placé pour savoir que certains avaient besoin de repos. Et il était tard. Avec un profond soupir, Nicholas quitta le confort du canapé et sortit de la maison.
Il frissonna. Il ne s’était pas attendu à ce qu’il fasse si froid. En même temps, vu l’été pourri qu’ils se tapaient, ce n’était pas si surprenant. Frissonnant, donc, dans son pyjama à carreaux et ses chaussons, il se dirigea vers l’origine des aboiements, en appelant par intermittence le nom de son chien qui, d’habitude plutôt obéissant, avait visiblement décidé de faire la sourde oreille. _________________ Broken wing Empty glassWords that scream and bounce right back She says, you know We'd all like to rearrange I wish I could fix you The Offspring[/url] |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: Lady's knight Lun 29 Aoû - 23:55 | |
| Marianne avait bel et bien dû s'endormir, à tout le moins s'assoupir au moins quelques instants, car les aboiements de Shadow la tirèrent du sommeil, au point qu'elle faillit, en sursautant, tomber pour de bon à la renverse, ce qui aurait à la fois abrégé les tergiversations de la française, et assez peu arrangé une situation déjà assez mal engagée, compte tenu de la hauteur du sol (une entorse, en soi, ce n'est déjà pas drôle, mais un coccyx cassé, ça l'est encore moins). Heureusement, elle était tout de même relativement bien calée, lovée dans les branches de l'arbre comme entre des bras secourables. Bon point, donc, elle était toujours dix mètres au-dessus du sol, avec un chien qui aboyait à ses pieds. Euh, attendez, c'était le bon point, ça ?
Marianne observait le chien depuis son promontoire, sans oser trop se pencher, car elle n'était une grande fanatique ni des chiens, ni de l'altitude. Si l'on raisonnait de façon rationnelle, la présence de la bruyante bête au pied de l'arbre était une bonne chose : quand bien même il aurait rôdé seul dans la lande, le bruit qu'il faisait rameuterait immanquablement quelqu'un, relativement rapidement. Mais on était à l'heure où, précisément, les chiens ressemblent aux loups, où les ombres familières prennent des découpes fantomatiques, où le moindre chuintement semble celui d'un red hat en quête de sang. Marianne avait froid, la douleur à sa cheville s'était réveillée en même temps qu'elle avait rouvert les yeux. Et quand elle essayait de dire au petit chien d'aller aboyer ailleurs, sa voix, enrouée, resta à demi bloquée dans sa gorge. Un rhume, à présent ? Elle aurait tout gagné à cette récolte de prune en dehors des horaires d'ouverture... Tandis qu'elle poireautait ainsi, dans son arbre, recroquevillée contre le tronc froid, se frottant les bras pour se réchauffer, la jeune française, élevée dans la pure tradition catholique option culpabilisée, songeait que de son vilain péché de gourmandise, elle avait été bien rapidement punie. Mais elle n'avait plus dix ans, et cette pensée la fit moins rougir que hausser les yeux au ciel.
Et puis, alors que l'esprit de la jeune femme en détresse vagabondait ainsi, que les aboiements de Shadow commençaient presque à la bercer, d'autres cris s'ajoutèrent à ceux du chien qui, cette fois, étaient tout à fait humains. Marianne se redressa d'un coup, en entendant ce qu'elle pouvait identifier comme des propos articulés. Ce faisant, elle appuya légèrement sur son pied endolori, ce qui lui arracha une grimace de douleur. Mais elle reporta presque aussitôt son attention sur la voix qu'elle avait entendue. Car elle l'avait bien entendue, n'est-ce pas ? Ce n'était tout de même pas un effet pervers de son imagination ! Elle plissa les yeux, tâchant d'apercevoir, au milieu des frondaisons fournies de l'arbre et dans la nuit pour ainsi dire tombée, une silhouette qui lui eût confirmé qu'elle n'était pas victime d'une hallucination visuelle. Un étrange réflexe de pudeur la saisit, l'idée absurde qu'elle devait avoir l'air bien idiote, perchée là-haut telle un maître corbeau à qui n'eût manqué que le camembert au bec. Elle se tassa l'espace d'une seconde contre le tronc, comme pour ne pas être vue ; mais presque aussitôt, essaya d'appeler, à plusieurs reprises, de demander s'il y avait quelqu'un ; sa voix, cassée, était à moitié couverte sans doute par les aboiements de Shadow ; les membres clairs de la jeune femme se découpaient à peine sur l'écorce sombre de l'immense prunier. Mais en ajoutant à ces indices une échelle à terre, un panier de prunes renversées... |
|  | | Nicholas Butler Guérisseur


Nombre de messages: 43 Age: 27 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Lady's knight Ven 9 Sep - 10:56 | |
| - Bon sang, Shadow... lança Nicholas en découvrant son chien qui aboyait furieusement sur un arbre.
Il se fustigeait mentalement d’avoir été aussi bête. Le chien avait sans doute repéré une petite, bête, un écureuil, ou quelque chose dans le genre et l’avait pourchassé jusqu’à cet arbre. Mais, maintenant, la petite bête avait grimpé et Shadow ne pouvait plus l’attraper. Et lui, comme un idiot, était sorti de chez lui dans le froid, en pyjama, pour regarder son chien tourner sur lui-même et se dresser sur ses pattes arrière pour tenter d’attraper un petit animal sans intérêt. Il aurait mieux fait de laisser Shadow passer la nuit dehors, ça lui aurait fait les pieds (enfin, les pattes en l’occurrence). Tiens, voilà, bonne idée, il allait rentrer et, quand Shadow viendrait gratter à la porte, il dormirait et ne se réveillerait pas. Tout en sachant que ce plan comportait une faille majeure (les grattements de Shadow le réveilleraient forcément et il n’aurait absolument pas le cœur de laisser le chien dehors toute la nuit), il commença à faire demi-tour. Ce fut alors qu’il lui sembla entendre une voix, couverte par les aboiements de Shadow. Il fit volte-face, s’approche encore un peu de l’arbre et manqua trébucher sur l’échelle posée à terre, difficile à distinguer dans l’obscurité environnante. Bon, une échelle renversée et Shadow qui s’excitait sur des branches. Pas la peine d’être le génie qu’était Nicholas pour comprendre ce que ça signifiait.
- Shadow, shut up ! ordonna Nicholas d’une voix ferme.
Mais Shadow, persuadé que son maître criait pour les mêmes raisons que lui, en déduisit qu’il faisait fort bien son travail et se remit à aboyer de plus belle. Nicholas ramassa l’échelle et la plaça contre le tronc, en mettant le dernier barreau contre la branche vers laquelle Shadow dirigeait ses cris joyeux. Il lui semblait effectivement distinguer une forme sur cette branche mais, dans l’obscurité, c’était difficile à dire si c’était effectivement une silhouette ou juste un effet de son imagination. De même, il lui semblait entendre des paroles étouffées mais, avec le boucan du chien, difficile d’en être sûr. Mettant les mains en porte-voix, il lança donc :
- Il y a quelqu’un là-haut ? J’ai remis l’échelle, tu peux descendre, je la tiens.
Et, joignant le geste à la parole, il attrapa fermement le bas de l’échelle pour assurer la stabilité de l’éventuel grimpeur. S’il n’y avait personne, pensa-t-il, il aurait vraiment l’air con. _________________ Broken wing Empty glassWords that scream and bounce right back She says, you know We'd all like to rearrange I wish I could fix you The Offspring[/url] |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: Lady's knight Lun 19 Sep - 22:49 | |
| Décidément, le chien ne semblait pas décider à se calmer ; les échos de voix humaine ne l'avaient pas fait taire, bien au contraire, il aboyait de plus belle. Non, décidément, on pouvait lui certifier que ceux qui criaient étaient ceux qui ne mordaient pas Marianne n'aimait pas les chiens lorsqu'ils hurlaient à tue-tête. Même lorsque cela avait l'avantage de lui amener du secours. Pardon, Shadow. Ce gros chien au poil jaune pâle, Marianne était certaine de l'avoir déjà vu plus d'une fois dans les parages, bien sûr, mais elle n'arrivait plus à se souvenir en quelle compagnie. La voix, la silhouette étaient masculines, mais ne disaient que vaguement quelque chose à la jeune femme ; elle se sentait bien trop fatiguée pour réfléchir davantage à la question. L'échelle avait surgi à sa hauteur. Elle allait être rapidement fixée, du moins en théorie.
Parce qu'à vrai dire, rien que l'idée d'amorcer la descente lui faisait mal à la cheville. Et sans vouloir jouer les demoiselles en détresse jusqu'au bout, son premier réflexe fut de crier que c'était impossible, qu'il fallait venir la chercher (avec ou sans destrier). Seulement voilà, elle était aphone aussi, ah oui, c'est vrai. Fâcheux détail. Elle songea au film dans lequel l'héroïne transie de froid, pour appeler à l'aide, s'en va souffler dans le sifflet du gilet de sauvetage le plus proche. Hum. Tout ça était bien jolie, ma petite Marion, mais compte tenu de la situation, cette haute référence culturelle n'était pas des plus utiles. Et pendant ce temps là, le chevalier mystérieux tenait l'échelle, et devait sincèrement la prendre pour la pire des andouilles. Elle avisa le sol, toujours aussi bas, où se coupait sa petite silhouette blanche. Elle empoigna l'échelle, rassemblant ce qui lui restait de forces, et au prix de quelques contorsions, posa sur le premier barreau celle de ses chevilles qui n'était pas blessée. Elle appuya dessus, se redressa, se retrouva enfin en position de descendre, le pied qui lui faisait mal en l'air. Bon, et maintenant, prochaine étape... Dieu qu'elle devait avoir l'air sotte. Adressant une petite prière silencieuse à ce dernier, histoire de, elle serra fort le barreau entre ses poings, souleva son pied mobile pour le reposer un barreau plus bas, au prix de ce qui lui parut un gros effort. Bon sang, on n'était pas rendu. |
|  | | Nicholas Butler Guérisseur


Nombre de messages: 43 Age: 27 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Lady's knight Mer 21 Sep - 15:40 | |
| Nicholas s’était attendu à ce que la personne en question se mette rapidement à descendre. Pourtant, quelques secondes s’écoulèrent sans qu’aucun mouvement ne se fasse sentir, ni qu’aucun choc sourd n’indique qu’un pied s’était posé sur le premier barreau. Le jeune médecin eut tout juste le temps de se faire cette réflexion qu’une silhouette sortit de l’arbre et se dessina enfin clairement dans le clair de lune. Shadow, quant à lui, décida que le moment était bien choisi pour se taire, maintenant qu’il avait fait son travail. Il se laissa donc tomber sur les fesses, langue pendante, queue battante et regard aimant planté sur son maître. La silhouette était celle d’une jeune fille, aux longs cheveux, et qui avait une manière bien particulière de descendre d’une échelle. Nicholas comprit immédiatement ce qui n’allait pas : elle s’était visiblement blessée le pied, la cheville ou le genou gauche et n’utilisait donc que son pied droit pour descendre, ce qui manquait largement de stabilité. Elle risquait de tomber et de se blesser à nouveau.
Ou de tomber tout court. À peine Nicholas pensa-t-il tout cela qu’il vit la jeune femme sautiller maladroitement sur le barreau suivant... et le manquer ! Son « Attention ! » mourut sur ses lèvres. Déjà, elle vacillait et perdait l’équilibre. Incapable de se retenir, elle tomba comme une pierre... droit sur Nicholas. Cela eut au moins le mérite d’amortir sa chute. Ce qui n’était pas pour réconforter le jeune homme, qui venait de se recevoir une cinquantaine de kilos sur le crâne. Enfin, sur le torse, pour être tout à fait exacte. Le choc lui coupa la respiration et il tomba à la renverse. Sa cage thoracique lui faisait un mal de chien, Marianna avait réussi à lui donner un coup sur la tempe en atterrissant et la douleur le lançait. Sans parler du fait qu’il s’était violemment cogné le coccyx et que Marianne l’empêchait de respirer.
À eux deux, ils parvinrent à se dégager et se retrouvèrent allongés côte à côte dans l’herbe. Nicholas remplit ses poumons douloureux et écarta du bras Shadow venu lui prodiguer les premiers secours à coups de langues curatifs. Nullement vexé, le chien se dirigea vers la seconde victime et vint la renifler avec enthousiasme jusqu’à ce que Nicholas, qui s’était relevé en position assise, ne l’écarte à nouveau. Comprenant le message, le golden retriever s’écarta et se mit à se gratter furieusement. Nicholas se pencha vers Marianne et lui demanda :
- Où as-tu le plus mal ?
Un médecin, finalement, elle aurait pu plus mal tomber... _________________ Broken wing Empty glassWords that scream and bounce right back She says, you know We'd all like to rearrange I wish I could fix you The Offspring[/url] |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: Lady's knight Mar 27 Sep - 22:29 | |
| Il fallait l'admettre ; Marianne n'avait probablement jamais réellement espéré arriver sans problème en bas de l'échelle. En tout cas, sitôt le pied posé sur le dernier barreau, le pied valide s'entend, elle comprit qu'elle ne pourrait pas y arriver. C'était simplement impossible, elle n'avait pas la force, pas les bras pour se hisser ainsi, barreau après barreau, jusqu'au plancher des vaches. Seulement, une fois engagée, il était trop tard pour revenir en arrière, remonter là-haut, dans les branches, et simplement annoncer à son sauveur du soir qu'il vaudrait mieux aller chercher l'hélicoptère. Alors elle avait essayé. Un, deux, barreaux. Le chien avait cessé d'aboyer, mais curieusement Marianne ne se sentait pas plus à l'aise une fois le silence installé, bien au contraire. Elle leva le pied, une troisième fois, pour se rapprocher encore un peu, si peu, de la terre ferme. Alors elle vit sa main glisser ; elle se vit tâcher de rattraper le bois de l'échelle, en vain, et se sentit perdre doucement l'équilibre, comme dans un film. Et voilà, elle était en l'air. Elle tombait.
L'instant d'après, la douleur. Elle avait atterri par chance sur quelque chose de relativement mou, mais tout son corps, malgré tout, la faisait souffrir. Le quelque chose de mou en question, c'était Nicholas, manque de chance pour ce dernier ; mais Marianne ne s'en rendit pas compte tout de suite. Aussitôt qu'elle eut identifié son terrain d'atterrissage, tâcha un peu maladroitement de se dégager, pour se retrouver allongé à côté de lui, plutôt que sur lui. Malgré ce mouvement réflexe, elle était sonnée et, contrairement à son interlocuteur, resta ainsi étendue dans l'herbe, incapable pour l'heure de bouger. Elle avait l'impression qu'un rouleau-compresseur lui avait minutieusement aplati tout l'organisme, lui révélant douloureusement des muscles jusque là insoupçonnés. Elle ne fit même pas attention au fait qu'une bestiole était en train de la renifler avec enthousiasme (oui, on parle bien de Shadow, là). Elle vit presque sans surprise le visage de Nicholas apparaître dans son champ de vision, alors même qu'elle ne s'était pas rendu compte qu'il s'était levé. Le regard qu'elle lui adressa était pour l'heure plus hagard que véritablement reconnaissant.
"Je suis désolée", souffla-t-elle en guise de réponse à sa question. Un peu gênée d'être ainsi allongée alors que lui était debout, elle voulut, par réflexe, par politesse, se lever. La grimace qui défigura son joli minois au moment où elle s'appuya sur son pied répondit, en fin de compte, à la question du médecin. |
|  | | Nicholas Butler Guérisseur


Nombre de messages: 43 Age: 27 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Lady's knight Lun 3 Oct - 21:23 | |
| - Reste allongée, ordonna Nicholas d’une voix douce.
Lui-même n’était pas tout à fait debout, simplement à genoux près d’elle mais il avait bien remarqué que son pied avait cédé sous elle quand elle avait essayé de se relever. C’était donc au niveau de la cheville qu’était le problème, pas du genou, comme il l’avait craint un instant. Faisant abstraction du fait qu’il lui semblait qu’on tapait sur son crâne à coups de marteau et du fait que la plupart de ses articulations l’engueulaient à pleine voix, il se déplaça pour pouvoir manipuler la cheville de la demoiselle dont il ne connaissait toujours pas le nom. Mais il fallait avoir le sens des priorités et le nom de la jeune femme, si ravissante soit-elle, n’en était pour l’instant pas une.
- Je vais te faire un peu mal, prévint-il en entourant sa cheville d’une main chaude. Sa peau était douce, ne put-il s’empêcher de remarquer.
Effectivement, un gémissement de douleur lui répondit quand il passa la main le long de l’articulation. Pas de doute, c’était une entorse. Restait à en évaluer la gravité. Il avait senti une bosse, mais elle était petite. C’était bon signe mais ça ne voulait pas forcément dire que le ligament n’était pas touché. Il fallait un minimum de douze heures avant que l’épanchement sanguin ne soit visible. Si un large bleu apparaissait d’ici à 24h, ce serait signe d’une lésion ligamentaire. Sans radios, il n’avait pas d’outil de diagnostic plus précis à sa disposition. A priori, il pencherait pour une entorse bénigne qui ne nécessiterait que du repos et de la patience mais mieux valait ne pas prendre de risques. Si lésion ligamentaire il y avait, elle avait besoin d’une attelle ou au moins d’un bandage pour maintenir l’articulation immobile. Et si le ligament moyen était touché, il faudrait carrément un plâtre. Pour l’instant, un strapping semblait indiqué ; il avait le matériel nécessaire au cabinet. Mais comment allait-il l’emmener jusque là-bas ? En d’autres circonstances, il l’aurait bien portée mais même sans son dos en compote cela aurait été difficile. L’idéal aurait été des béquilles mais les chances de trouver des branches de la bonne taille en pleine nuit étaient minces. À moins qu’elle ne l’attende ici ?
- Tu as une entorse. Il faut que je te fasse un bandage. J’ai ce qu’il faut au cabinet. Est-ce que ça te dérange de m’attendre ici le temps que je fasse l’aller-retour ?
Shadow, sentant, grâce à un sixième sens canin que son maître annonçait une balade, se releva et vint se poster près de lui en agitant la queue. Nick prit le temps de localiser une pierre relativement plate et de la glisser sous le mollet de la jolie blonde pour surélever sa cheville et, après que Marianne l’ait assuré qu’elle pouvait attendre, il partit d’un pas vif. Il ne courut pas, il avait trop mal pour ça, mais il fit aussi vite que possible. Il vérifia que Rain dormait toujours profondément, prit les bandes adhésives et un paquet d’anti-inflammatoires. Il avait pris l’habitude d’utiliser les remèdes locaux mais gardait un stock de vrais médicaments (comme il y pensait) pour les cas d’urgence. Quand il quitta la maison, Shadow s’était roulé en boule dans la chambre de Rain et ne le suivit pas. Il revint aussi vite que possible près de la demoiselle, qui était décidément vraiment très jolie et se remit à genoux à ses pieds après lui avoir donné deux cachets et s’être excusé de ne pas avoir d’eau.
- Je vais essayer de te faire le moins mal possible, annonça-t-il ensuite avant de commencer son strapping en positionnant bien le pied, c’est-à-dire en tournant la face plantaire vers l'extérieur. Il plaça ensuite deux "embases" au milieu du mollet et sur le pied, ces bandes adhésives non tendues servant de point d'ancrage aux bandes plus fines qui seraient posées ensuite. Il colla l'embase supérieure sur le haut de la jambe, laissant pendre le reste de la bande.
- Comment tu t’es fait ça ? demanda-t-il ensuite, pour lui donner un sujet de réflexion pendant qu’il s’activait. Il avait remarqué qu’un patient qui parlait, et qui ne se concentrait donc pas sur ses moindres gestes, était beaucoup plus facile à traiter.
Tandis que Marianne lui répondait, il plaça les "attelles actives" : en partant de l'embase supérieure, il fit passer la bande sous le pied, puis remonta jusqu'à l'embase de l'autre côté de la jambe. Il reproduisit le même mouvement, mais cette fois-ci avec l'embase inférieure, horizontale en démarrant côté interne pour terminer de coller la bande côté externe. Il renouvela ces opérations avec d'autres bandes en les décalant d'un centimètre vers le haut pour les attelles verticales, et d'un centimètre vers le haut pour les horizontales. Quand l'intégralité de la zone fut bandée, il referma l'embase supérieure en la collant derrière le mollet.
- Ok, j’ai besoin de savoir comment tu te sens. Tu dois sentir que ta cheville est maintenue et bloquée mais tu ne dois pas avoir l’impression qu’elle est trop serrée, ou comprimée.
Il releva les yeux vers elle et croisa son regard. Elle avait de très jolis yeux. Et de très jolies lèvres. Il s’éclaircit la gorge. Mon dieu, son dos lui faisait un mal de chien. _________________ Broken wing Empty glassWords that scream and bounce right back She says, you know We'd all like to rearrange I wish I could fix you The Offspring[/url] |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: Lady's knight Mer 23 Nov - 22:41 | |
| La voix du jeune homme avait été douce, ses mains tièdes, ses gestes d'une précision que Marianne ne pouvait s'empêcher de qualifier de délicatesse, à présent qu'elle se retrouvait seule, étendue sur l'herbe, dans la nuit et le silence, à suivre des yeux la petite silhouette pâle du médecin qui disparaissait en direction des habitations. Tout s'était passé si rapidement ; ces quelques minutes de solitude ne furent pas de trop pour lui permettre de faire le point sur la situation, sur qui elle était, et où elle se trouvait. Comme le temps s'écoulait, pourtant, elle ne retrouvait pas vraiment sa sérénité ; et cela n'avait rien à voir avec sa cheville. Le docteur semblait penser que cela n'était rien de grave, rien qu'une entorse, et elle le croyait bien volontiers. Elle ne prêtait qu'une attention limitée aux élancements de sa cheville, mais scrutait désormais l'horizon avec une impatience certaine, que ne justifiaient à l'évidence ni son état médical, ni même la douleur relative. Et il lui fallait bien admettre qu'elle songeait moins au diagnostic qu'à celui qui l'avait établi ; à la manière dont il avait fait remonter ses doigts le long de son pied et du bas de sa jambe, s'arrêtant -ah- avant le mollet.
Et Marianne se dit également qu'elle était décidément tout à fait incorrigible, ne pouvant s'empêcher de béer, toutes phéromones dehors, devant le premier joli garçon venu la secourir au milieu de la nuit. Oh, elle pouvait reconnaître, pour sa défense, avoir fait fort dans le genre "situation romantique" : la demoiselle en détresse, un éternel classique décidément toujours aussi efficace. Et à en croire la façon totalement idiote dont elle s'était redressée en voyant réapparaître un petit point clair au loin, ravivant stupidement la douleur dans sa cheville, elle ne valait pas mieux que les cohortes de James Bond Girl couvant d'un œil énamouré leur bienfaiteur après qu'il les a tirés d'un odieux péril.
C'était bien Nick qu'elle avait vu revenir, d'une démarche qui trahissait, hélas, le fait qu'il s'était lui-même pris dans la figure une cinquantaine de kilos, relativement bien proportionnés certes, mais pesant quoi qu'il en soit leur poids (et ce sans compter cette histoire de gravité). Marianne se mordilla les lèvres ; dans les contes, la princesse était à sa connaissance supposée éviter de cabosser le chevalier servant qui avait l'amabilité de voler à son secours. Allons ; cesser de délirer ; elle n'avait pourtant pas reçu de choc à la tête, que diable ! Le médecin revenu à sa hauteur, elle se contenta de lui sourire discrètement, craignant de dire quelque chose de stupide, voire de pouffer, si elle entrouvrait la bouche. Il lui donna deux cachets qu'elle avala sans eau, puisqu'il n'en avait pas, s'excusait-il. Elle parvint plus ou moins à bredouiller que ça n'était pas grave, car Nick ne la regardait plus, occupé qu'il était à préparer les différentes bandes nécessaires. Marianne se força à inspirer un peu plus fort pour ne pas se crisper sous les mains du (trop aimable) praticien.
Elle n'avait aucune raison de s'en faire ; outre qu'il était tout à fait charmant à tous points de vue, il connaissait manifestement son métier. Marianne se surprit à fermer les yeux à plusieurs reprises pour apprécier le contact prolongé des mains de Nick tandis que ce dernier déroulait soigneusement les bandages le long de son mollet. Dire qu'il ne lui faisait absolument pas mal aurait été mentir, bien sûr ; mais la douleur ne justifiait pas l'ensemble des gémissement qu'elle se retenait de pousser. Oui, elle était tout à fait ridicule. Mais au moins, son beau chevalier paraissait ne pas y prêter attention, toujours concentré qu'il était sur son ouvrage. C'était probablement très vilain de la part de Marianne de non seulement tomber littéralement sur le jeune homme, de puis profiter de ses soins, mais encore de fantasmer en douce sur lui par-dessus le marché ! C'était pourtant bel et bien ce à quoi elle s'adonnait, la bougresse. Non sans quelque remords, certes. Mais au point qu'elle mit deux longues secondes avant de réaliser que le charmant Nicholas n'avait pas seulement également une voix très agréable, mais qu'il venait de lui poser une question. A quoi elle répondit donc avec un certain retard qu'elle avait simplement perdu l'équilibre et s'était mal rattrapée. Il lui sembla qu'elle avait dû mobiliser l'intégralité de ses neurones pour prononcer une réponse aussi complexe de manière intelligible. Ah, vraiment ; la blonde !
Oui, elle avait tout donné. Lorsqu'il l'interrogea à nouveau, lui demanda de confirmer que la compression était adéquate, elle resta à le regarder quelques instants, le regard dolent, la bouche entrouverte, adoptant sans le vouloir cette expression typique de demoiselle-en-détresse-éperdue-de-reconnaissance qui, de sa part, faisait assez facilement chavirer le cœur des hommes. Et si elle finit par baisser les yeux vers son pansement tout neuf, comme si elle comprenait seulement ce dont lui parlait son interlocuteur, ce fut brièvement et comme avec une certaine indifférence, son entorse étant désormais reléguée bien loin derrière sa préoccupation première du moment.
"Mais toi ? Je ne t'ai pas fait trop mal ?" demanda-t-elle finalement. Elle croisait à nouveau son regard et se sentait incapable de s'en détacher. Voilà qu'elle se montait un vrai bon petit film en cinémascope, croyant sentir dans le peu d'air qui les séparait une électricité palpable. |
|  | | Nicholas Butler Guérisseur


Nombre de messages: 43 Age: 27 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Lady's knight Mar 13 Déc - 12:43 | |
| Nicholas sourit. Il avait une façon de sourire très particulière : les sourires se dessinaient lentement, presque avec hésitation, comme s’ils savaient qu’ils n’étaient pas tout à fait à leur place sur ce visage sérieux. Et, une fois apparus, ils éclairaient sa physionomie, ôtaient cette impression que Nick avait cinq ans de plus qu’il n’en avait vraiment et qu’il portait le poids du monde sur ses épaules. Et il était si facile, si tentant de sourire à Marianne, face à ses cheveux blonds, ses jolis yeux, ses lèvres apparemment si douces et sa cheville bandée. Pour rien au monde il n’aurait avoué devant elle que son dos était en compote, ou que, malgré les cachets, sa tête le lançait encore.
- Mal ? Non, moi je suis Superman.
Drôle de Superman, en vérité, en pyjama à carreaux et chaussons. Et puis, Superman était un gentleman, jamais il n’aurait ainsi gardé une main sur la cheville de la demoiselle en détresse, non pas parce qu’elle avait besoin de davantage de maintien mais bien parce que ce contact avec sa chair douce et ferme était plus qu’agréable. Superman n’aurait pas non plus autorisé son regard à revenir s’égarer encore et encore au niveau de la bouche de la jeune femme, comme attiré par un aimant. Superman n’aurait pas remarqué la légèreté de la blouse qu’elle portait, ou la façon dont elle soulignait ses formes. Non, Superman, et tout autre super-héros bien élevé se serait redressé, l’aurait aidée à se relever et l’aurait raccompagnée chez elle. Nick s’éclaircit de nouveau la gorge et ôta sa main de la cheville de Marianne.
- Je vais t’aider à te relever, annonça-t-il en changeant de position, pour se retrouver accroupi sur son côté gauche. Passe ton bras autour de mon cou, ordonna-t-il, avant de passer lui-même un bras autour de la taille fine de la jeune femme, pour l’aider à se lever sans faire intervenir sa cheville blessée. _________________ Broken wing Empty glassWords that scream and bounce right back She says, you know We'd all like to rearrange I wish I could fix you The Offspring[/url] |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: Lady's knight Ven 13 Jan - 23:01 | |
| Marianne ne put s'empêcher de sourire de nouveau, se retenant de rire pour ne pas risquer de vexer le charmant jeune homme qui venait de s'autoproclamer Superman. Il faut dire qu'il ne semblait pas vraiment taillé pour le rôle. Davantage que le pyjama ni même que les pantoufles -l'habit ne fait pas le moine, elle avait croisé suffisamment de porcs en smoking pour valider cette assertion- la jeune blessée avait surtout noté que Nick s'était raclé la gorge pour la deuxième fois en moins d'une minute. Ce qui, sauf kryptonite planquée dans les buissons, était surprenant de la part d'un super-héros extra-terrestre. Remarquant aussi presque malgré elle (le métier ???) qu'il la regardait d'une certaine façon, et additionnant ces deux constats, elle se flatta de l'agréable idée qu'il ne la trouvait pas désagréable à l'œil.
Cependant, son professionnalisme était à toute épreuve ; Marianne n'arrivait pas à déterminer si elle était déçue pour de bon. Quelque part, des manières trop entreprenantes, dans ces circonstances, l'auraient probablement un peu embarrassées. C'était probablement contradictoire avec le fait qu'elle goûtait fort la proximité forcée que créait entre eux la situation, mais elle devait admettre que c'était ainsi. Probablement encore ses fichues histoires de chevalier blanc. Sagement, elle passa son bras autour de la nuque du joli médecin, et tâcha de se relever : 1. en se faisant aussi légère que possible ; 2. en rentrant le ventre ; 3. en essayant de ne pas appuyer sur sa cheville bandée.
Quelques instants plus tard, et presque sans douleur, ils étaient de nouveau debout, étroitement collés l'un à l'autre. Notre délurée blessée renouvela des remerciements réservés. C'était un peu bizarre et finalement plus troublant qu'on n'eût pu le penser, d'être ainsi tout contre un homme en pyjama, au milieu d'une lande plongée dans l'obscurité du crépuscule. Cela avait quelque chose de très intime, plus peut-être que s'ils avaient été nus tous les deux, chose que Marianne avait pour le coup expérimenté plus qu'à son tour. Le coup du pyjama... non, Nelson n'était pas ce genre de pervers.
D'un pas prudent, ils remontaient la pente menant aux habitations et avaient déjà parcouru une vingtaine de mètres quand un constat s'établit dans la jolie caboche de la blessée. Nick n'avait pas soigné son entorse ; enfin, si, bien sûr, mais il s'était "contenté" d'un bandage, d'une attelle. Oh, elle n'allait pas dénigrer les soins si... professionnellement (rha) pratiqués, mais il lui vint à l'esprit qu'un sorcier n'aurait eu qu'à agiter sa baguette magique, sans sous-entendu graveleux, pour qu'elle se mette à trotter comme un cabri. Impulsive, elle poussa une exclamation aussi brusque que la manière dont les connections s'étaient établies dans son blond cerveau.
"Tu... tu es non-sorcier ?" s'exclama-t-elle donc. Non pas d'un ton déçu, mais arborant au contraire un grand sourire, pas tant par plaisir de la reconnaissance que parce qu'un peu de sorcellerie mal placée les aurait privés de cette longue, lente et intime remontée vers le reste du monde. La magie n'était pas toujours où on l'attendait. |
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