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Kioky Moriko Sywhaîdienne


Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 24/02/2011
 | Sujet: Quête de Kioky Moriko Dim 13 Mar - 19:44 | |
| Kioky avançait lentement au pas du loup sur le dos duquel elle était juchée. C'était une position qu'elle connaissait depuis toujours, les jambes repliées de chaque côté du large dos couvert de fourrure blanche, les doigts enfoncés dans le poil épais du cou, la sensation de la force de la bête sous elle et avec elle. Elle flatta de la main l'animal qui grognait sourdement pour lui exprimer sa méfiance, et le rassura d'une voix douce sans dire de mots.
Ces derniers kilomètres, ils avaient foulé une herbe douce d'un joli vert, rasée par les moutons. Quelquefois ils croisaient des structures de pierres comme elle n'en avait jamais vues et qui débordaient de magie occulte. L'air était frais et libre, depuis peu traversé de nappes de brouillard...Le ciel était énorme, bleu et blanc. Il y avait le son de l'eau qui coulait d'un ruisseau pas si loin, ils l'entendaient dans cette atmosphère limpide. Tout était calme.
La texture du sol changea soudainement : le loup venait de poser la patte sur une surface dure et instable -des cailloux, du gravier. De la pierre grise et brune, un peu de mousse, une végétation rare et résistante, et à quelques centaines de mètres le regard se perdait dans une immense flaque de brume. La Brume, elle-même. Pour ce qu'elle en savait, c'était le même type d'entité magique que sa mère, et cela la rassurait prodigieusement. Sa mère avait été sage et puissante.
Ils avancèrent tout doucement vers la Brume. Kioky sentait sous elle les flancs de son loup se soulever profondément parce qu'il flairait l'air pour essayer de savoir ce qui les attendait. Peine perdue. Sa main gauche ne quittait plus la tête de la bête, en un contact chaud et rassurant ; elle l'entendait gronder de plus en plus fort mais il avait confiance en elle et avançait.
Ils arrivèrent à quelques mètres de la Gardienne et stoppèrent d'instinct. Kioky bondit à bas de son loup et entoura sa grande tête de ses petits bras.
"Il faut que tu aies un nom... Moi je te connais, mais pas tout le monde, et pour les autres il faut que les choses aient un nom. Comme Moro, la première chose qu'elle aie faite, c'était de me donner un prénom... Les autres, à l'orphelinat, ils méritaient pas de te nommer, mais on va rencontrer de nouvelles personnes..."
Elle bavardait d'une voix frêle, serrée contre son animal. Son côté impitoyable refusait d'admettre sa peur, mais pourtant... Une partie d'elle avait envie de se jeter à terre et d'y dormir longtemps -elle n'était qu'une enfant ! Fatiguée et effrayée ! Elle serra plus fort la bête qui se laissa faire un moment et finit par se secouer, comme pour dire... Allez, il faut affronter maintenant. Kioky reprit :
"Tu seras Ookami. Cela signifie "loup" dans une des langues des hommes, et c'est ce que tu es."
Et ils entrèrent tous les deux. Le loup se coucha docilement et Kiouky s'agenouilla tête baissée, et prononça d'une voix claire :
"Salut Brume ! Je suis Kioky, l'enfant de la forêt Shiratani, et voici mon frère Ookami ! Notre forêt a été décimée par les hommes, et nous venons demander asile !" _________________  |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Lun 14 Mar - 11:05 | |
| A cette présentation, il n'y eut pas de réponse. Mais aussitôt, le brouillard se dissipa devant Kioky et Ookami, découvrant un large sentier de terre montant en pente douce au milieu d'une lande où se mêlaient herbe rase et roches blanches affleurantes. Une lande assez semblable, en fait, à celle que les deux arrivants avaient rencontrée, un peu avant, sur leur route. Tout avait l'air normal, pourtant le loup avait raison d'être nerveux, car il lui était impossible de progresser sur ce sentier avec Kioky sur son dos. Côte à côte, en revanche, ils pouvaient avancer sans problème.
Au bout d'une demi-heure de marche, ils apercevraient, à l'horizon, une petite construction de pierres sèches, circulaire, au toit arrondi. A l'entrée du bâtiment, assise sur un bloc de pierre, une vieille femme les attendait en souriant, un gros bélier laineux à son côté. Le bélier broutait, la femme filait.
"Bonjour", fit la vieille dame, ne relevant les yeux que pour saluer brièvement, d'un hochement de tête aimable, Kioky et le loup.
"C'est une longue route que tu as faite là. Qu'es-tu donc venue chercher ?" _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kioky Moriko Sywhaîdienne


Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 24/02/2011
 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Lun 14 Mar - 19:13 | |
| Kioky releva des yeux ébahis sur la lande qui venait de se révéler à leurs yeux. C’était assurément un prodige magique, car elle sentait que le paysage n’était pas exactement comme celui qu’ils avaient vu juste avant –sans pouvoir mettre le doigt sur la différence. Ookami jeta un mot bref et baissa les oreilles pour montrer sa défiance. Kioky baissa le regard sur lui et sourit en caressant son long museau. Elle se sentait totalement sereine et était certaine que rien ne pourrait leur arriver de mal : elle avait toute confiance en la Brume qui devait les juger. Au début, elle grimpa d’un bond sur son loup et il voulut s’élancer. Il montra aussitôt des signes de colère et de frayeur : il lui était impossible de faire un pas. La jeune fille sauta à bas de sa monture et le précéda pour voir s’il ne s’était pas fait mal, et ils constatèrent avec étonnement qu’ils pouvaient avancer côte à côte. Kioky accepta de bon cœur et ils se mirent en marche tandis qu’elle expliquait à Ookami :
« Je crois que c’est parce que la Brume sait que quand je suis sur ton dos, c’est une position de chasse ou de guerre. Elle ne veut pas de ça. »
Ils marchèrent ensuite en silence, appréciant le calme de la nature environnante. Kioky respirait de tous ses poumons, et il y avait une différence dans l’air. Elle voyait les insectes et les fleurs à ses pieds, mais elle ne sentait pas… En vérité, elle n’aurait su dire ce qu’elle ne sentait pas, mais ça ne lui semblait pas exactement réel, ni le contraire d’ailleurs. Très étrange. Il y avait une magie puissante à l’œuvre autour d’eux. Ils arrivèrent paisiblement en vue de la cabane de pierre, et Kioky leva le bras pour saluer la vieille dès qu’ils furent assez près, sans sembler s’étonner. Sa confiance dans les évènements à suivre la fit sourire candidement à la femme, et même la considérer avec sympathie. Sans hésiter, elle s’assit aux côtés de la vieille femme et sortit un pain de sa sacoche. Elle le brisa en deux, en proposa la moitié à la vieille et partagea la sienne avec le bélier. Ookami était assis face à eux et semblait tous les surveiller.
Kioky avait réfléchi en silence à la question et prit son temps pour répondre. Enfin, elle finit son pain et tourna un visage souriant vers la vieille femme.
« Je suis venue chercher la paix. »
Jamais elle n’aurait dit ça à personne d’autre. Il lui aurait fallu admettre devant un humain à quel point son cœur était torturé par la colère et à quel point cela lui faisait peur. Elle avait l’impression d’être maudite. Mais ici, elle savait qu’elle pouvait ouvrir son cœur et avoir confiance, car la Gardienne ne voulait rien d’autre que protéger les siens.
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|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Mar 15 Mar - 13:03 | |
| La petite vieille détacha son regard de sa quenouille, et scruta quelques instants Kioky, toujours souriante. Son visage, ses orbites étaient creusés de rides profondes, multiples, mais l'œil demeurait d'une rare intensité, comme un grain de mica brillant oublié entre les replis de peau sèche.
"Bien sûr que c'est pourquoi tu es venue", approuva finalement la femme, au bout de ce bref et silencieux examen.
"La peur est ton premier ennemi", diagnostiqua-t-elle. "Son affrontement est nécessaire, avant tout."
Lentement, elle détourna la tête en direction de l'entrée de la cabane, une simple porte de bois.
"Ma magie t'y aidera. Tu dois entrer seule, laisser pour l'heure Ookami ici. S'il te plaît, attache-le à distance de Chip Marcus. Et trouve les mots nécessaires."
Elle sourit à nouveau à l'arrivante, désigna de la main un gros anneau rouillé enfoncé dans le bâtiment, un peu plus loin, puis les pelotes de laine à ses pieds. Telles quelles, elles ne paraîtraient sans doute pas très solides sous les doigts de Kioky. Mais au fur et à mesure qu'elle parviendrait à calmer le loup, et à apaiser du même coup ses propres angoisses, le fil se raffermirait, prendrait de l'épaisseur. Alors, il serait temps pour la jeune femme de retourner auprès de sa guide pour la suite des instructions.
[J'espère que c'est clair ; sinon, n'hésite pas à envoyer tes questions par mp. Cela n'a pas non plus besoin d'être très détaillé, mais si cela t'inspire, n'hésite pas !] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kioky Moriko Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Mar 15 Mar - 18:53 | |
| Kioky commença par dévisager la femme avec étonnement, nullement effrayée par son vieux regard. Elle connaissait et aimait ce genre de visages. Mais, attacher Ookami ? Mais enfin ! Il n’était pas un animal ! Il était le descendant d’une des grandes gardiennes de la forêt ! L’attacher comme une vulgaire bête de somme ? Mais elle ne dit rien et ravala ses objections. Elle était venue ici pour implorer un secours, pas pour dicter ses conditions, si déplaisantes que soient les concessions à faire. Elle se tourna vers le loup et lui jeta un coup d’œil désolé. Elle se baissa d’un geste vif et se saisit des pelotes, et se détourna de la vieille femme pour qu’elle ne voie pas la moue rageuse qu’elle ne pouvait contrôler. Ces humains ! Toujours à se méfier ! Toujours à les prendre pour des animaux dangereux et à les surveiller du coin de l’œil, alors que ce sont eux les dangers ! Elle avait du mal à croire en telle trahison de la part de la vieille femme. S’approchant de Ookami, elle glissa un premier fil autour de son cou et s’excusa tout bas :
« Je suis désolée Ookami… Mais nous devons nous plier aux principes de cette communauté… »
Le loup ne répondit pas. Elle continua à dérouler le fil et à parler :
« Ils vont nous accepter, et ensuite tout ira bien. Nous serons libres et en sécurité. Bien plus libres que dans cet horrible orphelinat ! Ici, les gens sont tous ceux qui ne peuvent vivre dans la société des hommes, et ils nous accueilleront. »
Le fil devenait de plus en plus solide sous ses doigts. Elle murmurait les yeux baissés, écartant la fourrure pour créer un lien.
« Ils nous comprendront. J’ai confiance. » « Ce sont des humains. Tu es en train de m’attacher. »
Kioky releva brusquement les yeux et ses doigts se crispèrent sur le fil. Il cassa net. Elle échangea un regard avec Ookami, un regard grave qui avait des accents d’une lourde décision prise soudainement. Alors, s’adressant à la vieille femme :
« Non, je ne peux pas ! Je vous promets que Ookami ne s’attaquera pas à Chip Marcus et que je vous suivrais seule. Mais il ne doit pas être attaché. Ce n’est pas mon chien. »
Ses yeux avaient été clairs et confiants, ils étaient maintenant couverts d’un orage. Non, jamais ! Elle n’était pas une traître et elle ne passerait pas un lien autour de la tête de son frère ! Il s’était montré plus correct et plus pur que les humains, et elle avait bien plus confiance en lui qu’en cette vieille femme aux abords de sage.
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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Mer 16 Mar - 9:16 | |
| Si l'orage grondait dans le regard de Kioky, son interlocutrice, elle, semblait toujours aussi calme, hochant simplement la tête à ce que venait de dire la Japonaise.
"Je sais tout cela, Kioky", dit-elle d'une voix qui se voulait apaisante, mais restait ferme. "Et je sais que nous n'avons rien à craindre d'Ookami". Elle eut un sourire tendre pour le loup.
"Pourtant l'attacher est nécessaire. Non pour lui, ni pour moi, mais pour toi. Je te promets que vous serez bientôt de nouveau réunis. Mais une épreuve importante t'attend dans cette cabane, qu'il est nécessaire que tu affrontes seule. Tu devras y accorder toute ton attention ; or tes pensées sont pour l'heure en permanence tournées vers ton ami. Le lien qu'il te faut nouer à son coup est une séparation provisoire, mais nécessaire. N'y vois pas une insulte faite à l'intelligence de ce bel animal, et fais-y au contraire appel pour que lui aussi accepte. Vous ne pouvez supporter cette contrainte qu'à deux, l'assumer le cœur triste mais le visage souriant." _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kioky Moriko Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Mer 16 Mar - 18:15 | |
| Kioky ne répondit rien. Elle comprenait confusément, mais elle avait tellement de mal à accepter ! Et elle sentait de tout son être Ookami se tendre contre elle, quoi que dise ou fasse cette vieille femme. Baissant la tête, elle se tourna de nouveau vers le loup et passa un nouveau fil autour de son cou. Il tremblait d’un grondement sourd.
« Je t’en prie… Laisse moi faire. Nous n’avons pas le choix. »
La crispation du loup était palpable sous ses doigts.
« Nous ne pouvons aller nulle part. Nous devons entrer ici, et pour cela il faut faire des concessions. Il faut qu’on passe cette épreuve et, s’il te plaît… J’ai besoin de toi. J’ai besoin que tu me laisses m’occuper d’autre chose. »
Les poils drus et blancs comme l’ivoire se hérissèrent brusquement et les grandes oreilles se plaquèrent en arrière. Le fil était de plus en plus solide, c’était bientôt fini. Kioky était lasse.
« Je veux juste… Oh… »
Sur ce soupir une marée de larmes la submergea sans qu’elle s’y attende. Elle baissa la tête et la prit entre ses mains, soudain fatiguée et découragée. Elle sanglota une bonne minute sans pouvoir se reprendre, pourtant son esprit lui criait de cesser immédiatement et d’être forte. Il lui fallut ces instants pour y parvenir, et elle finit par essuyer son petit nez d’enfant avec le dos de sa main.
« Je veux juste ne pas être d’un côté ou de l’autre. Je veux que tout se passe bien. »
Voilà, le lien était noué. Elle recula d’un pas. Ookami agit alors, avec une rapidité que même Kioky ne pourrait jamais égaler. Il se retourna et cueillit l’avant bras de la jeune fille entre ses crocs acérés et mordit cruellement la chair blonde. Elle tressaillit mais ne cria pas et ne baissa pas le regard ni ne recula. Le loup grogna entre ses mâchoires serrées :
« Puisque tu te comportes en humaine, alors moi je me comporte en loup. »
Le fil avait tremblé mais n’avait pas cédé. Kioky était sûre d’elle maintenant. Sans un mot elle s’inclina profondément en signe d’acceptation, et se détourna de lui. Elle comprenait Ookami. Elle comprenait la vieille. Elle comprenait tout le monde. Elle les aimait tous. Le sang ruisselait sur son bras, et elle acceptait la colère du loup sans faiblir. C’était la bonne décision, ça devait être la bonne. Oui, elle porterait sur ses épaules la rage de son loup, et sa rancune, et épongerait tout avec son propre sang s’il fallait qu’il en coule.
Quand elle se présenta de nouveau devant la vieille femme, son visage était marqué du sillon des larmes, et son sang remplissait la paume de sa main qu’elle gardait inerte à cause de la douleur. Mais son regard était clair et décidé et elle avait la tête haute.
« Allons. »
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|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Jeu 17 Mar - 9:17 | |
| La vieille femme regarda avec compassion les restes de larmes sur le visage de Kioky puis le sang sur son bras et sa paume. Elle hocha gravement la tête.
"Tu es une personne extrêmement courageuse", opina-t-elle, avant de tendre sa petite main sillonnée de rides vers celle, ensanglantée, de Kioky.
"Nous ne pouvons blâmer Ookami pour ceci ; un loup reste un loup, je pense que tu t'en souviendras si, un jour, un Sywhaîdien semble craindre ton compagnon. Mais laisse-moi soigner ceci grâce à ma magie. Cette souffrance est inutile."
Avec délicatesse, la femme promena ses doigts au-dessus de la blessure, comme pour dessiner les fils invisibles qui la refermeraient. La douleur s'estompa, une sensation de chaleur tiède se diffusa au niveau de la blessure, et les marques laissées par les crocs du loup s'estompèrent peu à peu. En dehors du sang encore frais resté sur le bras, rien n'aurait pu laisser penser que Kioky venait d'être mordue.
"A présent, tu peux entrer. Tu dis venir chercher la paix, il te faut d'abord la faire en toi-même. Le feu est prêt à être allumé. Prépare-le et attends que les fumées montent. Pour chasser la colère, il te faut y faire face. La force de ton esprit sea ton arme. Bonne chance."
Tout était dit. L'intérieur de la construction était à l'image de son extérieur : c'était un simple abri de berger, sans autre confort qu'une pierre pouvant faire office de siège, et qu'un petit foyer aménagé au centre. Il y avait un orifice circulaire au centre du toit pour laisser s'échapper la fumée. La vieille n'avait pas menti : dans le foyer étaient placés branchages et herbes sèches, ainsi que des outils familiers à Kioky pour l'allumer. Les herbes dégageraient, une fois embrasées, une odeur forte, entêtante, qui commenceraient sans doute par faire tourner la tête de la Japonaise. La chaleur, les odeurs, la plongeraient dans un état proche de la méditation. Et alors, elle les "verrait". Face à elle, de l'autre côté du feu, à travers les volutes de fumée blanche, toutes les raisons qui faisaient qu'elle était en colère, se succèderaient. Il lui faudrait, pour chacune, trouver en elle les ressources mentales qui lui permettraient d'atténuer sa colère, de relativiser ; lorsqu'elle aurait ainsi chassé en elle toute colère, épuisée mais apaisée, elle pourrait rejoindre la vieille à l'extérieur.
[Même principe, si tu as des questions, n'hésite pas ! Ce message demande à être plus dense, il s'agit de l'épreuve principale de ta Quête. Développe au moins deux ou trois des "colères" de Kioky. Bon jeu !] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kioky Moriko Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Jeu 17 Mar - 19:22 | |
| Kioky ferma les yeux, confiante en laissant son bras à la vieille femme. Elle souriait vaguement, un petit sourire las et triste. Non, on ne pouvait blâmer Ookami, et elle n’y pensait même pas. Il n’était pas comme elle et ne pouvait essayer de comprendre tout le monde. C’était normal qu’il en veuille comme elle à ceux qui avaient détruit sa forêt… Kioky savait que ce n’était pas contre elle qu’il était véritablement en colère. Quand au côté simplement matériel de la morsure, peu lui importait : elle avait grandi avec des loups et son corps était déjà sillonné des cicatrices de leurs dents joueuses ou vindicatives. Elle lécha machinalement son propre sang dans un de ces gestes d’animal qui la faisait parfois rejeter par tous, à l’orphelinat.
Quand elle rouvrit ses grands yeux limpides, ils étaient durs comme une eau glaciale. Elle releva fièrement la tête et considéra un instant la porte de la cabane, puis se pencha pour toucher délicatement du bout des doigts la tête du bélier. Ce contact sembla accroître encore sa résolution, et elle s’engouffra dans la masure sans un seul regard en arrière. Son esprit entier était tendu vers la suite, vers l’avenir, vers ce combat à mener. Elle ne ressentait absolument aucune peur et était sereine comme avant la tempête.
Elle s’arrêta une seconde devant le foyer et choisit de s’asseoir à même le sol, dédaignant la pierre. Elle aurait besoin de sentir la terre sous elle, bientôt. Fermant encore les yeux, elle respira profondément, assise en tailleur et les mains sur les genoux dans une position de relaxation qu’elle connaissait bien : elle l’utilisait avant de chasser, dans ces temps reculés… quand elle était libre. Rouvrant les yeux, elle vit un briquet. Il y avait dans la forêt de ces pierres qui appellent le feu, elle les connaissait, mais bien entendu il était interdit de les utiliser car ce sont les humains qui usent de cet outil. Elle aurait été bannie par toutes les bêtes si elle avait osé faire jaillir la moindre étincelle… mais une fois intégrée dans le monde des hommes, elle avait découvert ce petit objet qui créait une flamme rapidement et facilement. Ça avait commencé par l’effrayer, puis la fasciner, maintenant elle se saisit du briquet et le battit avec indifférence pour faire naître le feu. Elle ne pensait qu’à la suite. Quand les fumées montèrent, elle éternua plusieurs fois de suite, incommodée. Elle fronçait la bouche avec dégoût et s’agitait, il lui fallut rassembler ses esprits pour se calmer et se rasseoir convenablement pour respirer ces épouvantables effluves. Sa tête était confuse et lourde, et sa gorge pleine de nausées.
La suite tant attendue la surprit tant qu’elle bondit sur ses pieds pour l’affronter, sûre de voir la vérité. Elle retroussa sa robe d’un geste masculin et dégagea de sa gaine un petit poignard de corne qu’elle avait toujours possédé, et se courba pour bondir à travers le feu sur cette silhouette tant haïe. Mais… le feu. Oui. Elle avait été abusée. Il n’était pas vraiment là, cet homme. Et pourtant, il était là comme au jour de leur rencontre, avec son treillis et ses grosses bottes, son fusil dans le dos et les jumelles autour du cou, et même la casquette noire. Derrière lui, trop nombreux pour tenir réellement dans cette cabane, il y avait d’autres hommes semblables, heureux et forts. Ils étaient venus pour envahir la forêt, sa forêt. Le premier, celui qui était juste face à elle, c’était celui qu’elle avait attaqué quand elle était petite. Elle l’avait à peine vu, mais il était gravé dans sa mémoire comme l’incarnation de la bassesse des humains. Elle aurait voulu le tuer et boire son sang et dévorer sa chair, en animal sauvage. Ses mains tremblaient de rage même si elle s’était rassise en tailleur et s’efforçait de garder un visage impassible. Elle grinçait des dents. Comment pourrait-elle pardonner ? Comment pourrait-elle comprendre ? Elle oscillait. La haine, la colère, l’amertume, la rancune. L’amour, la compréhension, la douceur, le pardon. Et cette envie de se blottir contre une fourrure chaude et de dormir pour toujours. Non ! Elle était forte : elle était la princesse des loups. Et l’amour de tout l’avait toujours habité, surtout enfant quand elle courait dans la nature. Que lui manquait cette pureté ! Et c’était cet homme, là, qui avait tout détruit avec ses semblables ! Savait-il quel trésor il avait foulé aux pieds, jusqu’à l’enterrer au fond de son âme ? Mais pour le retrouver, elle devait… elle devait aimer et comprendre. Elle avait déjà pensé aux raisons de ces hommes, mais n’avait jamais essayé de les pénétrer véritablement de tout son cœur. Il était temps maintenant. Ils avaient sûrement eu besoin d’une terre pour accueillir des hommes : ils étaient si nombreux ! D’une terre, et de ses ressources. Ils étaient venus en conquérants, ces hommes-là, mais qui sait si la terre de la forêt n’avait pas profité à des milliers d’enfants ? Ces bêtes tuées… avaient été mangées par les hommes, qui ont besoin de se nourrir comme tous les êtres. Oui, elle était sûre que cette conquête répondait à un besoin… qu’il soit réel ou non. Soudainement, Kioky se sentit pénétrée d’une immense pitié pour les hommes qui courent sur la terre et cherchent, cherchent sans cesse le bonheur sans le trouver, et obéissent à de plus grands qu’eux, et n’ont pas d’autre choix que de continuer malgré tout. Elle pleurait doucement pour eux tous, sa colère s’émoussait –même si elle serait toujours là. Quel malheur pour les humains ! Incapable de garder purs les bienfaits de leur terre, ils la défiguraient et étaient seuls, comme des enfants qui cassent leurs jouets et pleurent ensuite sans comprendre comment tel désastre a pu subvenir. Pitié pour les humains ! Les hommes soldats disparurent.
A leur place vint un groupe de jeunes gens, filles et garçons. Ils était haineux et crachaient sur elle des insultes à propos de bêtes, de sauvagerie, de saleté et de bêtise. Kioky les considérait en pleurant. Ceux-là ! Méritaient-ils pitié, ces méchants ? Ils n’avaient rien compris et n’avaient même pas le mérite de chercher leur vie au milieu des décombres : ils étaient de ceux qui créent les moisissures. Mais ils n’étaient que des enfants, et tout le monde sait que les enfants sont cruels. Eux aussi… ils lui faisaient pitié. Pas de la même manière que les précédents : ceux-là, elle eût voulu les secouer et faire couler leur sang pour qu’ils prennent conscience. Ils étaient ceux qui avaient fait entrer la bêtise pure et mauvaise dans la vie de Kioky. Elle avait parfois du mal à croire qu’ils soient de la même espèce qu’elle, et non pas comme ces singes stupides qui jettent des pierres sur les passants dans les temples. Mais c’était plus simple pour elle : elle les avait méprisé simplement. Il n’y avait rien à pardonner, il n’y avait qu’à les oublier, et c’est ce qu’elle décida de faire. Hors de sa vie ! Hors de son chemin ! Si elle recroisait telle sottise, elle serait ferme et la détruirait par les armes ou les mots. En attendant, assez ! Les enfants méchants disparurent.
Vinrent des loups. Kioky suffoqua. Elle avait toujours préféré la nature, plus simple à aimer parce que plus raisonnable. Son amertume envers eux était plus complexe à définir. C’était un mélange de rancune de l’avoir abandonnée, d’agacement d’avoir vu Moro se laisser aller, et puis son côté impitoyable qui lui donnait envie de se dresser debout et de leur hurler de se battre ! Se battre pour leur vie ! Charger et détruire ! Convoquer toutes les bêtes et tous les insectes et les oiseaux, même les arbres, livrer bataille même si c’était difficile et presque perdu d’avance. Mais non, la forêt avait été détruite comme presque la terre entière, et les humains continuaient impunément. Son cœur hurlait vengeance et aurait voulu que toutes les voix de ses frères se dressent avec elle, au même moment. Mais c’était impossible ! C’aurait été courir à la destruction totale. Elle en voulait à la nature d’être si faible et en même temps si forte, c’était si compliqué ! Un sentiment si confus, si vague et inexplicable ! Où se tourner ? Pouvait-elle demander de l’aide ? Etait-elle seule désormais avec le dernier loup blanc ? Tout l’abandonnait ! Aux armes ! Elle tremblait. Elle eût voulu être déesse pour pouvoir punir avec la foudre. Ou être moucheron pour se cacher sans se soucier des grands. Humaine pour pouvoir être entière, ou louve pour la même raison. Mais non. Elle était Kioky. La voix de Moro résonna dans sa tête –plus tard elle fut persuadée qu’elle était vraiment là, revenue de la mort pour elle, Ookami lui dit aussi l’avoir sentie, Moro était si puissante et sa volonté si ferme ! Sa voix retentit, donc, lui rappelant ses dernières paroles : « Libre à toi d’être le bras vengeur de la forêt, si tu le désires. Mais ce ne serait pas toi, Kioky. Tu es pure et ton cœur doit le rester. Ne te laisse pas guider par la haine… Je ne sais si tu pourras changer le cours des choses, mais au moins cherche la paix et le bonheur. Ne te laisse pas consumer par la colère… Tu serais maudite à jamais, comme moi. Garde espoir. » Les loups disparurent.
Kioky eut un long soupir. Cette troisième vision surtout l’avait épouvantée et surprise, car elle avait dévoilé une partie d’elle qui aimait la guerre et le sang, et qui voulait y laver les affronts et mener le monde à sa perte. Moro l’avait toujours su, et elle était venue l’aider à surmonter cette épreuve, que ce soit en réalité ou dans son souvenir suscité par les visions. C’était en quelque sorte le fond de son combat, la plus ardue de ses batailles, la plus…
Une nouvelle silhouette était apparue derrière la fumée, et Kioky poussa un cri. C’était elle-même, le visage peint pour la guerre et le couteau à la main, couverte de la dépouille de son frère mort à la forêt. Alors, la véritable Kioky se leva, et se mit à vomir ses reproches :
« Je te déteste ! Je te déteste parce que tu es guerrière et que tu veux tout casser ! Cette vision, juste avant, c’était la tienne ! Ce n’est pas dans mon esprit qu’il y avait la colère parce que les animaux refusent de se battre. Tu es une humaine, horrible comme ceux de ton espèce ! Tu veux la mort ! »
Et l’autre lui répondit sur le même ton de hargne :
« Et toi, enfant que tu es ! A croire que tout ira bien ! A mépriser les humains et à les croire bêtes ! Tu viens avec ton amour et ta pureté et tu demandes qu’on s’aime tous, et tu oublies que le néant aussi fait partie de nous ! Le néant, le rien ! La mort ! Tu dis que tu veux aimer mais tu me détestes, et pourtant je suis toi, idiote ! »
Kioky prit un visage si choqué que l’autre se tut et disparut sans prévenir. De toute façon, elle avait compris.
Elle se coucha sur le sol et réfléchit longuement. Elle avait compris, oui, qu’il lui fallait tout concilier, au dehors et surtout en elle-même. Il fallait qu’elle cesse de batailler, et de se demander de quel côté elle était et que signifiait ce côté. Il fallait juste qu’elle se rappelle de ceci : « porter sur le monde un regard sans haine ». Pardonner aux humains leurs horreurs et leurs pulsions de mort, pardonner à la nature de refuser de se détruire dans les combats, et se pardonner à elle-même d’être double.
Epuisée, tremblante et vacillante, elle se releva lentement et se traîna au soleil. La vieille l’attendait, mais Kioky était incapable de parler. Elle s’écroula devant la porte et resta là dans l’attente de ce qui allait suivre, et qui serait peut-être plus dur encore. Elle était prête.
(Pardon, c'est assez confus, décidément ! Mais c'était difficile !) _________________  |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Lun 21 Mar - 1:27 | |
| [Mais tu t'en est brillamment sortie ! Désolée pour le retard, nous avons pas mal à faire avec le printemps...]
Kioky ne vit peut-être pas la vieille femme se lever de son banc de pierre, lentement, les membres raides, prenant appui sur le manche de sa quenouille ; mais elle sentit en tout cas la main de cette dernière se poser sur son épaule, légère comme un petit oiseau.
"Le plus dur est derrière toi, vaillante Kioky", déclara-t-elle paisiblement.
"Repose-toi le temps nécessaire, et nourris-toi du sentiment dans lequel te laisse cette épreuve. Il pourrait t'être utile si la colère revient envahir ton esprit".
Le ton de la voix de la vieille femme était encore une fois plein de compassion, et même si cela ne rendait pas miraculeusement ses forces à la jeune fille, au moins était-ce sans doute apaisant après ce qu'elle venait d'endurer.
"J'aimerais pouvoir t'aider davantage", ajouta la vieille après un silence de quelques secondes. "Mais la magie ne résout pas tout, même la mienne. Oh, tu sais déjà cela, n'est-ce pas ? Tu connais le monde sorcier. Voici d'ailleurs une question que j'aimerais te poser. De tous les sortilèges dont tu as découvert l'existence, quel est celui, entre tous, que tu aimerais posséder si tu étais toi-même sorcière ?"
[Ceci est le dernier message de ta Quête ; même si cela n'est pas compris dans la question, peux-tu en profiter pour décrire un peu la relation qu'a Kioky au monde des sorciers, comment elle y trouve ou non sa place ?] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Kioky Moriko Sywhaîdienne


Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 24/02/2011
 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Lun 21 Mar - 9:49 | |
| (Le nouveau design est vraiment trop mignon ! Et un peu japanisant, ce qui n'est pas pour me déplaire !)
Kioky respira profondément et détendit tous ses muscles, apaisée par la voix de la vieille femme, et se sentant enfin autorisée à se reposer. Elle se sentait très sereine, comme si elle avait accompli un grand pas, mais sans le vide qu’on ressent parfois à réussir enfin quelque chose. Elle avait compris beaucoup de choses sur elle-même et était sur la voie de l’acceptation. Il lui fallait maintenant avancer, ne pas se trahir, comprendre et toujours, toujours aimer. Il lui fallait être elle-même, en vérité. Qu’elle garde au fond de son cœur cette clarté qu’elle ressentait maintenant, cette lumière qui lui disait simplement d’aller de l’avant.
Au bout de quelques minutes, la jeune fille se releva lentement. Elle réfléchissait à la question. Elle marcha tout doucement jusqu’à Ookami et le détacha –ils frottèrent leurs têtes l’une contre l’autre sans la moindre trace de rancune pour la laisse ou la morsure.
Quel sortilège ? Question difficile ! Kioky et le monde sorcier, c’était quelque chose de particulier. Elle avait toujours vécu au sein d’un monde magique, mais la magie de son enfance n’avait rien d’humain. C’était une vieille sagesse animale, la conscience et la parole chez des êtres à corps d’animaux, et cette forêt merveilleuse qui changeait sans cesse… Arrivée chez les sorciers, elle n’avait pas été très surprise de les voir dotés de pouvoirs. En fait, c’étaient les non sorciers qui l’avaient un peu étonnée, ainsi que leurs machines extraordinaires pour pallier le manque de magie. Enfin ! Dire que elle n’avait pas de pouvoirs alors qu’elle côtoyait la magie depuis toujours ! Au début elle avait été jalouse, parce qu’elle était une enfant et que les autres la rudoyaient. Plus tard, elle s’était fait une raison et n’y avait plus accordé la moindre importance. Elle pouvait facilement s’en passer, et puis elle était désormais intégrée à un monde sorcier mais où elle n’avait pas besoin de la magie, dans cet orphelinat pour enfants dénués de pouvoirs. C’était un bon compromis.
N’empêche qu’elle avait eu du mal à se faire une raison. Déjà parce qu’elle n’avait pas confiance dans ces humains plus puissants qu’elle avec leurs pouvoirs. Ensuite parce qu’elle se sentait rejetée et incapable. Cela faisait même peu de temps qu’elle avait accepté cet état de fait, à peu près en même temps que Ookami entrait de nouveau dans sa vie et la rassurait.
Peu à peu, les bras passés autour du cou de la bête, elle s’était remise de son épreuve, et maintenant Kioky souriait largement, confiante dans la suite. Son visage rayonnait malgré la fatigue, ses longs cheveux bondissaient sur ses épaules, ses petits pieds se posaient silencieusement dans l’herbe rase. Elle avait l’impression d’un fardeau en moins sur ses épaules et savourait simplement la nature autour d’eux, sans arrière pensée, qu’elle soit réelle ou non. Enfin, elle se rappela la question de la vieille et revint auprès d’elle.
« Je ne sais pas trop… Maintenant, je n’ai plus envie de savoir faire de la magie. J’ai l’impression profonde que je n’en ai pas besoin. »
C’était vrai. Elle ne trouvait même pas de réponse à la question ! Il n’y en avait qu’une qui soie logique :
« J’aimerais tout de même savoir soigner les êtres vivants. »
Si elle avait pu soigner Moro ! Et son frère ! Et la forêt ! Mais pas la peine de se morfondre, il n’était plus temps. En avant !
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|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Kioky Moriko Mer 23 Mar - 1:23 | |
| La vieille approuva d'un nouveau hochement de tête, retournant s'assoir sur son banc ; être restée debout rien que quelques instants semblait lui avoir coûté d'importants efforts.
"J'ai vu beaucoup de personnes passer ce chemin ; beaucoup étaient plus âgées, peu aussi sages."
Ses mains usées dévidaient pourtant avec une impressionnante agilité la quenouille, avec cette rapidité que l'on n'acquiert qu'en ayant répété cent fois, mille fois le même geste et que les doigts n'attendent plus les indications du cerveau.
"Même la magie ne peut pas tout soigner, mais il est gratifiant de pouvoir, malgré tout, soulager certaines douleurs."
Elle tendit le fil qu'elle avait obtenu à Kioky.
"Laisse-moi te donner ceci, en souvenir de notre rencontre ; tel quel ou tissé en compresses, ce fil te permettra de soigner les coupures et autres blessures superficielles."
Après quoi, la bergère allongea le bras en direction du bélier, qui s'approcha d'elle en bêlant.
"Oh, j'ai un dernier service à te demander. Peux-tu raccompagner ce cher Chip Marcus chez lui ? Il s'était égaré dans la Brume, mais je pense qu'on sera très heureux de le revoir, sur Sywhaîd. A bientôt, Kioky ; ce fut un plaisir et un honneur de te rencontrer."
[Ta Quête s'achève ici ! Félicitations, tu peux à présent poster ton arrivée dans le sous-forum de la lande, et poster où bon te semble ! Bon jeu et félicitations, très belle Quête !] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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