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 You give love a bad name

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Jeremy Locksley
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MessageSujet: You give love a bad name   Mer 26 Jan - 21:19

Jeremy revint dans la chambre en fermant tout doucement la porte derrière lui. Il était encore tôt et Juliet dormait, s’il ne l’avait pas réveillée en sortant pour satisfaire un besoin naturel mais, à la voir remuer, son sommeil était déjà plus léger. Jeremy se glissa donc de nouveau dans les draps et résista à l’envie de réveiller carrément Juliet, pour bien entamer la matinée. Elle pouvait être sacrément de mauvaise humeur de bon matin, et il préférait ne pas tenter le diable. Il s’allongea donc, résigné, et entreprit de retourner son oreiller, pour avoir la partie plus fraîche, sans faire de mouvements trop brusques.

Ce fut alors qu’il mit la main sur un petit rouleau de parchemin. On n’était que le dix décembre mais ce cadeau de Noël en avance lui fit plaisir, quoiqu’il ne sache pas encore ce que c’était. Il débattit avec lui-même de réveiller, ou non, complètement Juliet, qui s’agitait de plus en plus et décida qu’elle préférerait sans doute le voir dérouler le parchemin. Il l’embrassa donc délicatement dans le creux du cou, sur le front, les paupières et les lèvres, jusqu’à ce qu’elle ouvre entièrement les yeux.

Elle lui sourit, c’était un bon matin. Sans doute avait-elle assez dormi la perspective de le voir ouvrir son cadeau lui faisait-elle suffisamment plaisir pour compenser son habituelle humeur pas tout à fait rose du matin. Il l’embrassa une nouvelle fois et agita le parchemin sous son nez, un grand sourire aux lèvres :

- Thanks Jools, j’ai hâte de voir ce que c’est, lança-t-il en commençant à le dérouler.
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Juliet Norton
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MessageSujet: Re: You give love a bad name   Dim 13 Fév - 12:09

Ca faisait un moment que Juliet faisait semblant de dormir. Elle n’avait jamais été une bonne dormeuse, même si sa relation au sommeil était plutôt chaotique et compliquée à définir. Elle n’était ni une grosse dormeuse, ni une petite dormeuse, mais était les deux à la fois, tout comme elle avait à la fois un sommeil agité et un sommeil de plomb, un sommeil lourd et un sommeil léger. Elle fonctionnait plus ou moins par périodes, même s’il y avait des variations et que ça n’avait rien de régulier. Il y avait des périodes où elle ne se souvenait pas de ses rêves, c’étaient des périodes où en général elle dormait longtemps, se réveillait fatiguée, et dormait d’un sommeil tellement lourd qu’une tornade ne l’aurait pas réveillée. Il y avait les périodes à cauchemars, où elle dormait peu, avait du mal à aller au lit, était constamment sur les nerfs, et faisait des cauchemars répétitifs, très vivants, dont elle se souvenait du moindre détail. Il y avait les périodes à insomnies. Il y avait les périodes à sommeil relativement « normal » mais agité au niveau physique (il était arrivé à Jeremy de retourner à sa chambre dans ce genre de périodes, incapable qu’il était de dormir en se faisant ruer de coups). Bref, niveau sommeil, Juliet connaissait à peu près tout, sauf un sommeil sain et réellement reposant.

Ces derniers temps, elle était dans une phase de sommeil ultra léger. Pas de cauchemar, pas de rêve, juste un sommeil tellement léger que le moindre craquement la réveillait. Elle se réveillait des dizaines de fois par nuit, des fois sans même savoir pourquoi, et mettait du temps à se rendormir. Tout ça en faisant semblant d’avoir un sommeil parfait, pas parce que ça faisait partie de son personnage, mais parce qu’elle ne supportait pas que Jeremy lui parle la nuit, essaie de la rassurer, ou ce genre de choses. Elle avait même fini par être obligée de lui demander de ne pas essayer de la réconforter après un cauchemar (une des choses qu’elle avait du mal à cacher, vu qu’en général elle se réveillait en larmes). Jeremy avait eu du mal à comprendre qu’elle n’ait pas envie qu’il la prenne dans ses bras ou ce genre de choses après ses cauchemars, mais elle avait réussi à lui faire passer cette habitude, même si en général elle finissait par s’éclipser, de peur qu’il finisse par craquer et par essayer de lui parler.

Bref, Juliet n’aimait pas dormir, mais elle aimait encore moins le moment où elle se réveillait et où il fallait qu’elle commence à parler aux gens. Sa mauvaise humeur matinale (qu’elle maîtrisait du mieux qu’elle pouvait pour éviter de la montrer toute entière au barman) n’était pas dirigée contre Jeremy. C’était quelque chose qu’elle avait commencé à avoir à l’adolescence, et qu’elle continuait à avoir. N’importe quelle parole qu’on lui adressait au réveil, même si on se contentait de la regarder, lui paraissait être une agression. C’était une des raisons qui faisaient que, ce matin-là, elle faisait semblant de dormir quand l’anglais retourna dans la chambre. Elle espérait qu’il la laisserait tranquille, et qu’elle aurait le temps de digérer son réveil sans avoir à jouer à la parfaite Juliet.

Sauf que, visiblement, il n’en était pas question. Il avait semblé faire attention à ses mouvements, au début, et l’américaine avait bel et bien cru qu’il avait décidé de la laisser dormir. Sauf qu’il se mit à l’embrasser, et là il n’était plus question de faire semblant de dormir. Elle grogna doucement, ce genre de grognements qu’elle arrivait plus ou moins à rendre « mignons » malgré tout, et refusa d’ouvrir les yeux. Du moins jusqu’à ce que Jeremy parle. Il lui fallut quelques fractions de seconde pour réaliser qu’elle ne comprenait pas ce qu’il disait, que ça n’avait aucun sens. Elle ouvrit alors brusquement les yeux (heureusement, elle lui tournait le dos) et se redressa un peu brusquement. Elle vit le papier, entre les mains de Jeremy, et son cerveau fut obligé (le matin !) de se mettre à fonctionner très vite. Visiblement, il avait trouvé ce papier, et croyait que c’était elle qui lui avait déposé on ne sait où, comme un cadeau. Sauf que ça n’était pas le cas. Et que ça pouvait donc être tout et n’importe quoi. Bon, elle ne reconnaissait pas le papier, donc ça ne risquait pas d’être un truc à elle gênant s’il le lisait (en même temps elle n’avait pas l’habitude de faire des listes écrites de ce qu’elle comptait faire subir à son petit-ami, et n’avait pas de journal intime ou de correspondance cachée, en fait elle n’avait pas écrit sur un bout de papier depuis des siècles). Elle se mordit la lèvre. Elle portait une nuisette champagne en satin qui allait parfaitement à sa peau claire, mais elle regretta soudain de ne pas avoir mis une tenue plus affriolante, elle ne risquait pas de réussir à distraire Jeremy en quelques secondes avec cette nuisette là.

« Ce. Euh… Je ne sais pas ce que c’est. » dit-elle avec un air plus paniqué qu’intrigué (au réveil, c’était plus dur de savoir exactement maîtriser sa comédie, d’autant plus qu’elle était complètement surprise). « Ce n’est pas moi. » ajouta-t-elle sur un ton plus ou moins indécis. Si elle avait été plus réveillée, elle aurait sûrement ajouté un petit sourire amusé, du genre « oh une surprise trop cool ! » sauf que là, elle n’y pensa même pas, elle détestait les surprises, les détestait encore plus au réveil, et avait une sorte d’instinct qui la poussait à croire que tout ça allait être désastreux. Et elle n’était pas en état de gérer une crise.

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Jeremy Locksley
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MessageSujet: Re: You give love a bad name   Sam 9 Avr - 20:55

- C’est sans doute de la part d’une de mes nombreuses admiratrices secrètes, dans ce cas.

Il avait dit ça d’un ton léger, pour détendre l’atmosphère car Juliet avait eu l’air assez perturbée de découvrir ce bout de parchemin qui, visiblement, n’était pas d’elle. Pourtant, ce n’était pas si grave. En y réfléchissant bien, il y avait sans doute des tas de personnes qui auraient pu avoir une raison de déposer un parchemin sous son oreiller à lui, dans sa chambre à elle. Il allait bien finir par en trouver une ou deux. Euh, là, tout de suite, rien ne venait. Oui, en fait, Juliet avait raison, c’était bizarre. Heureusement, ils vivaient dans un lieu particulier, ou tout ce qui était bizarre pouvait trouver une explication simple, en une phrase merveilleuse, répétée régulièrement (devant un bananier en hiver par exemple):

- Ça doit être la Brume.

Explication qui avait l’avantage d’être claire et facile et qui rassurerait sans doute Juliet. En même temps, pourquoi la Brume lui laisserait-elle des petits mots doux ? Le prévenait-elle d’une prochaine panne de Brèche, pour qu’il gère ses réserves ? C’était gentil. Mais peu probable. Peut-être que la Brume avait un message à faire passer à tous ses protégés, que pour lui, que tout le monde en ait reçu un.

- Regarde sous ton oreiller, tu en as peut-être un aussi.

Pendant que Juliet s’exécutait, il finit de dérouler son parchemin.

Citation:
Jeremy

You got style, you got grace
But, kid, you try so hard she just laughs in your face
You're a nice guy with the wrong attitude
She want a bad boy (bad boys bad boys all we want is bad boys)

(Nice Guys Finish Last, Cobra Starship)


- C’est des paroles de chanson, annonça-t-il d’un ton où fleurait l’intrigue.

Des paroles… tout sauf innocentes, on dirait. Mais… non, qu’est-ce que ça pouvait vouloir dire ? C’était une blague ? Il ne trouvait pas ça drôle. Il releva les yeux vers Juliet, qui tenait également un parchemin à la main.
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Juliet Norton
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MessageSujet: Re: You give love a bad name   Sam 9 Avr - 21:35

Elle n’avait même pas réussi à sourire quand Jeremy avait fait sa blague (non mais franchement ! Comme si elle avait eu l’esprit à rire alors que quelqu’un s’amusait à planquer des bouts de papier sous son oreiller !). A vrai dire, en plus de détester la surprise, une pensée bien désagréable avait commencé à lui monter dans la tête à ce moment là. Quelqu’un était venu dans sa chambre. Quelqu’un qui s’était amusé à placer un papier sous son oreiller. Ca faisait très monsieur psychopathe tout ça. Et comme n’importe qui ayant déjà vécu une (plusieurs en fait) situation où elle n’avait aucune possibilité de se défendre et n’avait aucun contrôle, Juliet sentit une sorte de panique tétanisante l’envahir. Quelqu’un était entré dans sa chambre. Quelqu’un avait envahi son espace sans qu’elle ne s’en rende compte. Quelqu’un avait placé un papier, où il y aurait sûrement des menaces de mort ou quelque chose dans le genre. Quelqu’un lui voulait du mal.

Perdue dans sa parano qui, pour une fois, n’avait rien d’une comédie (Juliet avait vécu assez de trucs horribles pour paniquer assez facilement, et pour savoir que, souvent, c’était même pire que ce qu’on aurait pu imaginer), elle entendit à peine Jeremy dire que ça devait être la Brume. Elle eut un sourire un peu figé quand ce que son petit-ami venait de dire atteint finalement ses petits neurones perturbés. La Brume. Genre quoi ? Elle venait leur dire qu’ils allaient tomber en panne de sel ? C’était ridicule. La Brume ne laissait pas de petits mots sous l’oreiller, ou alors elle avait dû couper ses budgets effets spéciaux, parce que d’après ce qu’elle en savait, elle était plutôt du genre à mettre les gens dans le coma pour leur faire subir des transes horribles de force. Elle déglutit, et entendit, une fois encore, à peine ce que le barman commenta, mais cette fois parce qu’elle avait eu le malheur de passer sa main sous son oreiller, juste au cas où, et l’en avait ressortie tenant un petit bout de parchemin. Ca commençait à devenir gonflant, en plus de flippant.

Elle avait déjà ouvert son parchemin quand elle comprit ce que l’anglais avait dit. Des paroles de chanson ? C’est à ce moment que sa vue s’éclaircit un peu, et qu’elle comprit ce qu’elle avait sous les yeux. Elle se remit soudain à respirer. Bon, ça n’était pas très psychopathe tout ça, plutôt petit plaisantin. Des paroles de chanson, d’un groupe de rock… Ca devait être Will.

Citation:
An angel's smile is what you sell
You promise me heaven then put me through hell
Chains of love got a hold on me
When passion's a prison you can't break free
(You Give Love A Bad Name, Bon Jovi)


Tellement soulagée, et soudain persuadée qu’elle était face à une blague de son idiot de petit frère, Juliet ne fit que survoler les paroles. Elle n’écoutait pas beaucoup de musique, mais avait toujours eu un petit faible pour Bon Jovi, dont elle n’écoutait pas tellement les paroles, mais elle aimait les rythmes, et trouvait le leader plutôt terriblement sexy. Elle ne réalisa pas vraiment ce que ces paroles voulaient dire, elle aimait bien cette chanson, sans pour autant avoir jamais été jusqu’à faire un parallèle avec son propre caractère. Le soulagement peut parfois aveugler autant que la peur panique, et c’est donc sur un ton léger qu’elle répondit :

« Du Bon Jovi. Ca pourrait être pire ! »

Juliet Norton avait déjà été à plusieurs reprises qualifiée de cold fish par quelques personnes qui voyaient un peu plus loin que le bout de leur nez. Elle manipulait, et réfléchissait en général avant chaque chose qu’elle disait. Oh elle n’était pas vraiment froide, elle était plus un poison qu’un poisson, mais il était rare de la voir accumuler les bourdes à ce point là. Pour sa défense, elle venait de se réveiller, n’était pas habituée aux surprises, passait de la panique la plus pure à un soulagement total, et en plus n’avait pas vu ce que Jeremy avait sur son bout de papier. C’est donc sans même y réfléchir, comme si elle n’avait jamais rien eu à se reprocher, qu’elle tendit à Jeremy le papier, dans un élan tout à fait spontané qui aurait pu être une marque de génie (rien de mieux pour se dédouaner d’une faute que de jouer à la parfaite innocente), si ça n’avait pas été aussi irréfléchi.

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MessageSujet: Re: You give love a bad name   Dim 24 Avr - 18:31

Jeremy récupéra le papier que Juliet lui tendait et le parcourut rapidement. Il se força à sourire. Oui, ça aurait pu être pire. Mais, à son avis, ça aurait également pu être mieux. Il y avait quelque chose de dérangeant dans le choix des paroles. Une certaine cohérence qui le mettait mal à l’aise. Qu’est-ce que c’était que cette mauvaise blague ? Qu’est-ce que c’était que ce message à la con ? Qui se permettait de lancer ce genre de sous-entendus ? Son hypothèse de la Brume lui semblait tout à coup beaucoup moins probable. Est-ce que c’était son genre, à une entité magique séculaire et quasi-omnipotente, de laisser des petits mots bourrés de sous-entendus vaseux sous les oreillers ? She wants a bad boy. She gives love a bad name. Il connaissait la deuxième chanson, pas la première, mais n’aimait pas l’association des deux. Et n’aimait pas leur association à Juliet et lui. Qui pouvait bien s’amuser à définir leur couple de la sorte ? Qui pouvait bien trouver ça drôle de vilipender Juliet et de faire de lui un dindon de la farce pas très malin ? Là, tout de suite, il avait bien deux ou trois idées mais, non, c’était ridicule. Tout cela était ridicule.

Il sourit, tâchant de ne pas laisser transparaître son trouble. Quel que soit le plaisantin idiot qui leur avait joué ce coup fourré, c’était quelqu’un qui n’avait aucune idée de qui était vraiment Juliet. D’accord, elle était exigeante et parfois difficile à vivre. Oui, par moments, il la trouvait capricieuse et un peu diva mais, quelque part, cela faisait partie de son charme. Et elle avait tellement d’autres qualités que ça n’avait aucun sens de la réduire à ces petits défauts. Celui (ou celle) qui avait écrit ces absurdités n’avait jamais senti sa joue fraîche contre la sienne, ou sa main délicate sur son bras, ou son regard confiant dans ses yeux. Juliet gave love its right name. Elle ne mentait pas, ne trichait pas, ne dissimulait pas, contrairement à la personne qui était à l’origine de cette petite farce stupide.

Il reposa les deux papiers sur sa table de nuit. Inutile de faire lire le sien à Juliet. Inutile de l’exposer à ces idioties. Inutile de la laisser parvenir aux mêmes conclusions que lui et en souffrir. A la place, il la prit dans ses bras, plongea son nez dans son cou et lui suggéra une meilleure manière de commencer la matinée que de lire des paroles de chanson sans intérêt.


[Voilà^^ Je te laisse commencer le Jul/Jay du printemps mrgreen ]
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