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Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: The Killer In Me Ven 14 Jan - 19:46 | |
| Les yeux toujours fermés, Zephira fit faire des tours à sa tête, comme pour détendre sa nuque. Il y avait quelque chose d’étrange dans cette scène, quelque chose qui vous soufflait de faire bien attention, tout en vous hypnotisant. Mais Zephira avait toujours été quelqu’un de fascinant, une femme magnifique, peut-être l’incarnation de la perfection. Elle était trop belle, certaines personnes avaient osé le dire, laissant deviner la suite de leurs pensées. Pour être humaine… Et le bruit circulait depuis longtemps. A Syracuse déjà. Puis à Norsken. A Sywhaîd, aussi, même si la question était moins épineuse, ici on faisait moins attention à ce genre de choses. Non, on les remarquait autant, mais on décidait de ne pas leur prêter d’importance. Pourtant, n’importe qui voyant Zephira au milieu des ruines cette nuit-là aurait sûrement considéré cette scène comme importante, sans même savoir vraiment pourquoi.
Était-ce la chemise de nuit ? Une longue nuisette en soie claire (avec seulement la lumière de la lune rousse, il n’était pas évident de lui donner une couleur déterminée, mais elle était en fait d’un gris perle très pâle). Qui se terminait par un peu de dentelle, et qui en était recouverte, sur la soie, au niveau de la poitrine parfaite de l’ancien professeur, une dentelle très fine, et légèrement plus foncée. C’était une « tenue » qui, bien que tout à fait décente, mettait Zephira terriblement en valeur. Mais ça n’était peut-être pas ce qu’on se disait en premier lieu. La première pensée, en voyant Zephira à ce moment précis, était de se demander pourquoi elle était dehors au beau milieu d’une nuit d’hiver, pieds nus, en nuisette. Ou plutôt, comment ? Oui, comment supportait-elle ce froid ?
Malgré tout, la beauté était là. Sa peau n’était pas plus pâle qu’à l’ordinaire, on ne voyait aucune veine. Ses pieds, pourtant enfoncés dans la poudreuse, n’étaient pas bleus (même sans les voir, on pouvait le deviner). Zephira resplendissait de vie. Même les yeux fermés, la tête légèrement inclinée vers l’arrière (elle avait arrêté de la tourner), les bras écartés, au milieu des ruines, comme en attente de quelque chose, gracieuse. Mortellement gracieuse. Et bien vivante. Tellement qu’on avait envie d’aller la toucher, de prendre un peu de sa chaleur. C’était ironique. Tellement ironique.
[A qui veut ! Promis, le titre n’insinue pas que vous sacrifiez votre perso ! :p] _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: The Killer In Me Sam 29 Jan - 23:13 | |
| En général, on ne se promenait pas dans les ruines, en plein hiver, au beau milieu de la nuit ; pour sûr. C'était quelque chose que Youlika savait bien, et la raison pour laquelle, lorsqu'il lui prenait l'envie de se livrer à ce genre de petites balades, elle évitait de le signaler à ses si sympathiques -mais indiscrets !- compatriotes sywhaîdiens. Ils n'auraient pas compris qu'elle veuille profiter simplement des clairs de lune - y compris les soirs où le ciel était parfaitement opaque. Pas compris qu'elle ait besoin de prendre l'air -et d'emporter de quoi cueillir des herbes qu'on ne mettait pas dans les tisanes.
Alors, oui, Kika se faisait discrète lors de ce genre d'escapades. Et elle fut assez surprise lorsque, sortant littéralement de l'orée du bois, elle découvrit une silhouette blanche qui, manifestement, ne craignait pas de se faire remarquer. D'instinct, elle sauta lestement derrière un tas de bois. Couverte chaudement des pieds à la tête, sa récolte dans la poche d'un grand tablier porté sous un grand manteau de laine sombre, elle n'avait pas froid, et était probablement indétectable dans l'obscurité. Elle n'aimait pas ça du tout. Lorsqu'un animal ne craignait pas d'être vu, c'est que c'étaient aux autres de le craindre. Lentement, malgré la fraîcheur, elle laissa couler le long de ses bras son manteau, pour pouvoir attraper le manche de sa dague, fixé derrière son dos, sous un pull suffisamment épais pour qu'elle supporte à peu près le froid ambiant.
Maintenant elle pouvait sentir sous ses doigts le contact froid du manche de l'arme. D'ordinaire, c'était un contact apaisant, rassurant. D'ordinaire, il suffisait pour qu'elle se sente à nouveau en sécurité. Mais contre ça... Elle avait beau faire preuve d'un remarquable sang-froid, elle pouvait sentir les battements de son cœur s'accélérer. Parfaitement dissimulée par les rondins et la nuit... Elle avait pourtant la très désagréable sensation que la créature qui se tenait là, au milieu des ruines, qui dégageait cet aura trop puissant pour être honnête... savait qu'elle n'était plus seule. |
|  | | Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: The Killer In Me Jeu 3 Fév - 23:32 | |
| Si la « créature » (était-ce vraiment un terme si éloigné de la vérité ? Pouvait-on encore dire, après tout ce qu’elle avait subi, que Zephira était toujours humaine ?) savait qu’elle n’était plus seule, elle ne le laissa pas voir. Pas au début, du moins. Pendant encore quelques secondes, elle resta dans la même exacte position, attendant peut-être quelque chose. S’il venait à l’idée de Kika d’essayer d’observer les flux magiques autour de Zephira, elle verrait, peut-être à sa plus grande surprise, que bien que tout à fait étranges, ils ne semblaient indiquer aucune action magique. Zephira ne faisait, en fait, visiblement aucun acte magique. Quoi que le fait même de respirer était un acte magique quand on était mort quelques mois plus tôt. Quoi que quoi que fasse celle qui s’était fait appeler par tellement de noms qu’elle ne se souvenait pas de chaque, elle le faisait avec une aura puissante, et une magie qui n’avait plus rien de naturelle. Donc, quelque part, oui, Zephira faisait de la magie. Mais pas plus que quand elle se contentait de respirer.
Quelques flocons légers se mirent à tomber, et l’ancien professeur sembla prendre ça pour un signal quelconque. Ou peut-être que c’était une coïncidence, néanmoins, elle laissa retomber ses bras, dans un geste un peu trop rapide, et un peu trop gracieux à la fois, releva la tête, et ouvrit finalement les yeux. Le lecteur attentif ne sera sûrement pas surpris de découvrir que ses yeux n’avaient plus rien d’humain. Ils en étaient aussi éloignés que la couleur vert fluo dont-ils avaient été affublés des années auparavant, mais bien plus terrifiant. Ils étaient en fait totalement opaques, et noirs. Pas une trace de blanc, ou de pupille, juste ce noir, étrange, surnaturel. Zephira ne tourna pas le regard vers la cachette de la grecque, pourtant, pour la première fois, elle manifesta sa connaissance de la présence de la jeune femme.
« Cette dague ne te protègera pas. »
Les paroles étaient soufflées, la voix de Zephira, totalement méconnaissable. A la voir à ce moment précis, on aurait pu croire qu’elle était possédée. Ca aurait été faire une erreur monumentale. Zephira était bien aux commandes, et c’était peut-être ce qui était le plus terrifiant.
« Je pourrais te tuer avant même que ta main ne reçoive l’ordre de la lancer. »
Elle fit une sorte de petit demi-tour gracieux, étrange, trop fluide, et se retrouva finalement face à l’endroit où se cachait Kika. Des yeux normaux n’auraient pas pu la voir, dans ce noir, et derrière son tas de bois. Sauf que le regard de Zephira se posa exactement au niveau du sien, et qu’il était tout à fait légitime de se demander ce qu’elle pouvait voir ou non. _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: The Killer In Me Dim 13 Fév - 1:44 | |
| Mais la main de Kika ne desserra pas le manche de la lame, elle demeura plus fermement crispée que jamais autour de lui. Oh, pas parce qu'elle aurait pris à la légère les paroles de Zephira, pas parce qu'elle aurait estimé pouvoir bel et bien compter sur son arme pour se défendre. Mais parce que l'Hellène était tout à fait terrifiée, et que le contact rassurant du bois du manche était encore la seule chose qui pouvait l'empêcher de hurler, de s'enfuir en courant ou, purement et simplement, de s'évanouir.
Elle n'était franchement pas quelqu'un de très impressionnable, notre Youlika. Comme on dit, elle en avait vu d'autres. Elle avait appris à flairer, l'anticiper, l'éviter, mais aussi à affronter des dangers protéiformes. Dans les situations les plus désespérées, elle cherchait l'issue ; et, sa présence sur Sywhaîd le prouvait, elle y avait jusque là, dans l'ensemble, bien réussi. Elle avait lutté pour des causes diverses. Avait affronté les ennemis les plus terribles à ses yeux. Ce soir-là n'était pas le premier où elle sentait que c'était sa vie qui était en danger. Mais il était le premier où il lui semblait que la situation était, pour ainsi dire désespérée ; il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour protéger le fil ténu du ciseau de la parque.
Il n'était plus temps de réfléchir, de penser à qui était Zephira, en temps ordinaire, femme certes un peu trop belle, un peu trop blonde, mais intégrée à la communauté sywhaîdienne, et dont on pouvait difficilement imaginer qu'elle croquait ses compatriotes insomniaques dans la pénombre des ruines. Il n'y avait plus qu'elles deux, créature effectivement surpuissante, bête traquée, piégée. Rien ne pouvait empêcher la femme aux yeux opaques d'effectivement détruire l'adversaire. Elle n'avait pas plus de chance que le plus insignifiant moucheron. Elle ne pouvait que baisser le buste, en signe de soumission, continuant de garder dans son champ de vision, mais d'un regard discret et qui n'avait vraiment rien d'agressif. Les épaules baissées, mais la tête relevée pour ne pas présenter sa nuque à l'adversaire, prête à s'éloigner lentement et à reculons, comme face à une bête particulièrement féroce.
"Vous n'aurez pas à le faire, je ne représente pas une menace", déclara-t-elle très doucement, en posant soigneusement chaque syllabe. Bienfaisant contact de la dague. |
|  | | Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: The Killer In Me Dim 17 Avr - 13:18 | |
| « Non. » répondit Zephira, de cette voix étrange, désincarnée et puissante, qui était la sienne ce soir-là.
Elle se tenait au milieu des ruines, en nuisette, et la neige qui tombait à encore fins flocons (mais qui allaient en s’épaississant) ne semblait pas plus la déranger que le froid intense de cette nuit d’hiver. Kika était bien trop loin pour pouvoir le voir, et la lune rousse n’éclairait pas assez la nuit, mais il n’y avait pas de chair de poule sur les bras nus de la sorcière. Tout comme aucune veine bleue n’apparaissait, ou comme sa peau n’était pas éclaircie, voire bleue, comme elle l’aurait dû à cause de ce froid. Pourtant, Zephira n’aurait pas pu se rappeler de la dernière fois qu’elle avait utilisé un sort de réchauffement. Était-ce à Norsken ? Ou avant ? Elle perdait le compte, parfois, mais elle se souvenait d’avoir fait un de ces sorts un jour où elle avait passé du temps avec un sorcier qui s’y connaissait assez pour pouvoir inspecter un minimum son aura, et qu’elle avait eu peur qu’il lui demande comment elle subissait le froid sans sort. A Sywhaîd, elle ne s’était jamais encombrée de ce genre de précautions, les gens qui s’y connaissaient assez pour comprendre une partie de ses bizarreries (ou au moins pouvoir les exprimer), avaient en général eux-mêmes trop à perdre, trop à cacher, pour fouiner.
Elle fit un pas en avant, et s’arrêta de nouveau, toujours aussi droite et gracieuse sous la neige. Cette scène était belle, en plus d’être terrifiante, d’une beauté surréaliste, onirique. Le sourire qui étira ses parfaites lèvres qui ne tremblaient pas malgré le froid n’avait cependant rien de rassurant.
« Vraiment ? » demanda-t-elle, sur un ton envoûtant, proche, sans qu’elle s’en rende vraiment compte, du ton d’Eric lorsqu’il jouait de son Glamour, de son pouvoir hypnotique. Elle sourit de nouveau, et cette fois-ci, en plus d’un certain amusement, il y avait aussi quelque chose d’un peu menaçant dans ce beau sourire. « Quelque chose me dit que tu n’es pas exactement honnête, Youlika Manthoulis. »
Le nom. Le pouvoir du nom. Quelque chose qui avait toujours été utilisé en vieille magie. Ca faisait sens, quelque part, ce soir, dans les ruines, le lieu le plus magique de Sywhaîd, un lieu d’ancienne magie, puissante. Un lieu où se trouvait Zephira, pas la chose la plus ancienne de Sywhaîd, loin de là, mais peut-être celle qui était parcourue de la magie la plus ancienne.
« Tu es plus dangereuse que tu ne le laisses voir. »
Si la grecque avait observé ses contemporains, grappillé les informations, et les avait jaugés, au cas où ils deviendraient un jour des ennemis, elle était loin d’être la seule. Parmi ses camarades dans cette habitude étrange et un peu paranoïaque, se trouvait l’étrange femme qui lui faisait face. Zephira avait sauvé sa vie à de nombreuses reprises grâce à ses capacités d’observation et de compréhension des gens. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour repérer le petit manège de Youlika, son regard parfois un peu trop attentif. Pendant quelques temps, la magnifique blonde s’était demandée si la grecque n’avait pas une raison cachée d’être à Sywhaîd. Surveiller une ancienne agente de l’Organisation, par exemple ? Se venger d’elle ? Mais Zephira avait fini par conclure que Youlika n’était pas son passé qui la rattrapait, juste quelqu’un qui, comme beaucoup d’autres à Sywhaîd, avait des choses à cacher. Pas de très belles choses, assurément. Mais il y avait peu de gens plus mal placés que Zephira Wood pour juger qui que ce soit sur son passé, alors elle n’avait pas cherché à en savoir plus. Elle observait, mais elle ne le faisait que par instinct de survie, par esprit de conservation, pas par curiosité. Le linge sale de la blanchisseuse n’avait aucun intérêt intrinsèque pour elle. _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: The Killer In Me Mer 21 Sep - 21:40 | |
| Youlika tremblait de tous ses membres, ne maintenant qu'à grand peine la dague entre ses mains. La valeureuse, courageuse, prudente combattante avait fait place à une petite fille terrorisée. La créature qui se trouvait en face d'elle se serait transformée en dragon géant, elle se serait mise à invoquer avec succès les démons du ciel et de l'enfer, dévasté par le feu toutes les ruines, toute la Lande, elle n'aurait pas produit sur l'Hellène plus d'effet qu'avec les six syllabes qu'elle venait de prononcer. You-li-ka Man-thou-lis. Avec l'accent. Le pouvoir du nom, oui. D'un nom que Youlika elle-même n'avait plus entendu prononcer depuis tant d'années qu'elle aurait été elle-même incapable d'indiquer son nom de famille, enfoui dans les tréfonds de sa mémoire avec les souvenirs d'un père, d'une mère, d'un petit frère (ou était-ce une sœur ?). Pour connaître ce nom, pour la connaître mieux qu'elle ne se connaissait elle-même, au fond, Zephira n'était pas qu'une sorcière particulièrement douée.
Si elle avait été en mesure de parler, la pauvre, minuscule Kika n'aurait pu que balbutier des supplications pour avoir la vie sauve. Elle n'était rien, elle était moins qu'une fourmi, qu'une araignée, qu'une abeille, que la nature avait au moins dotés de quelques armes pour leur défense. Une dague, une misérable dague qui pour la première fois peut-être, ne semblait pas le prolongement naturel de sa main. Pourtant Zephira assurait qu'elle était "plus dangereuse qu'elle ne le laissait voir". Belle ironie, quand son interlocutrice se voyait au contraire si terriblement vulnérable. Ironie qui, peut-être, sauva l'Hellène qui, convaincue de l'inverse de ce qui venait d'être dit, retrouva par là juste ce qu'il fallait de sang froid pour répéter :
"Je ne représente pas une menace".
Et vraiment, le ton de sa voix était assorti au propos ; et il était manifeste qu'elle ne feintait pas. Lentement, sans se retourner, elle commença de reculer. D'un pas, puis deux, et ainsi de suite. Assez miraculeusement, ou parce que ses instincts de survie lui avaient fait mémoriser l'emplacement du sentier, elle ne trébucha sur aucune racine. Elle avança ainsi jusqu'à ce que disparaisse la silhouette livide de Zephira. Cette rencontre lui ferait pour longtemps passer le goût des petites promenades nocturnes dans les ruines. |
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