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 Can't you see I'm falling for you ?

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Can't you see I'm falling for you ?    Jeu 13 Jan - 22:25

La porte s’entrouvrit et Kay passa son bras, attrapa Nath par le col, poussa la porte du pied pour l’ouvrir complètement, attira Nath à elle, l’embrassa fougueusement. Et comme, si elle était sûrement passée maitresse dans l’art du quickie impromptu et sans dialogue entre deux passages de la vie quotidienne durant cette saison hivernale, elle n’en était pas encore à verser dans l’exhibitionnisme, tout en se serrant contre Nath, elle le força à reculer un peu, juste assez pour qu’ils soient dans la chambre. Ensuite, elle se hissa, entourant sa taille de ses longues jambes, le laissant la porter, vers le lit, tout en claquant la porte d’un coup de bras plus réflexe qu’autre chose. Nath et Kay n’avaient jamais été de grands romantiques, ensemble ils cédaient plus facilement à la passion qu’à quoi que ce soit d’autre, et durant cette saison ils avaient fini par ne plus se voir que pour s’envoyer en l’air, quand la frustration était trop forte, autant dire que les vêtements volèrent assez vite à travers la pièce, et que les préliminaires ne firent pas exactement long feu.

Alors que, toujours sans avoir échangé un seul mot (plutôt surprenant quand on connaissait les deux phénomènes, mais assez schématique de leurs relations depuis que Kennedy était sortie du coma), ils approchaient de l’extase et de la détente que le point culminant (rapidement atteint une fois qu’ils avaient décidé d’un accord tacite de laisser de côté toutes les fioritures) de ce genre de petits exercices pouvait leur apporter, la californienne sentit soudain une détente bien différente. Cette sensation étrange, mais pourtant si commune à présent, de louper une marche. Ses pupilles se dilatèrent, son corps se contracta et… elle balança une claque dans la tronche de son mari.

« Son of a bitch ! » haleta-t-elle, mais à cause de la colère plutôt que de ce qu’ils étaient encore en train de faire quelques fractions de seconde, avant de lui coller une autre claque.

Elle sembla réaliser au moment où elle le frappait pour la seconde fois qu’être à califourchon sur quelqu’un qui nous énervait assez pour qu’on le frappe n’était pas forcément une bonne idée, et sortit du lit à une vitesse telle qu’on aurait presque pu croire qu’elle le fuyait. Elle semblait très énervée, et se précipita sur son pantalon en daim clair qu’elle enfila sans même prendre la peine d’enfiler sa petite culotte en dentelle qui devait trainer pas trop loin.

« Si tu crois que je vais te laisser avoir le good bye fuck alors que t’as même pas ce qu’il faut pour me dire que tu comptes te barrer ! » lui cria-t-elle avant de se mettre à chercher (avec l’efficacité d’un bulldozer) son petit pull angora prune. « Deux jours avant la Brèche ! Son of a bitch ! »

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Jeu 13 Jan - 23:45

Pan pan, pif, paf. Bon, on allait refaire deux minutes le point, là, parce que tout s'était enchaîné un peu rapidement. Bon, toute la partie allongée, il avait à peu près suivi. Que Kennedy lui saute littéralement dessus pour qu'il s'envoient en l'air comme deux bonobos particulièrement frustrés, jusque là, somme toute, il n'y avait rien que de très habituel. Pour dire la vérité, cela faisait même quelques jours que Nath attendait ça ; les deux dernières fois, c'était lui qui était allé chez Kennedy, et il avait quand même encore un peu (beaucoup) de fierté (mal placée), trop en tout cas pour se déplacer une troisième fois consécutive. Il avait donc rempli le devoir conjugal avec l'enthousiasme -voire la frénésie furieuse- qu'on attendait de lui.

Mais alors qu'il s'attendait à ce qu'ils mettent définitivement un délicieux terme, pour cette fois, à une trop longue semaine d'abstinence, il s'était pris coup sur coup deux claques dans la figure. Voilà, c'était à ce moment là qu'il avait perdu le fil. Parce que même s'ils se contentaient rarement de la position du missionnaire, aux dernières nouvelles ils n'avaient jamais donné dans le sado-maso. Le temps que Nath essaie de déterminer s'il fallait voir là un effet secondaire à retardement du coma de sa chère épouse, celle-ci avait bondi hors du lit, visiblement furieuse pour de bon - et pas juste parce qu'elle aurait trouvé ça soudain beaucoup plus excitant d'imiter le baribal en rut. Alors qu'il venait de se faire insulter, Nath eut, en cet instant, le bon goût de serrer les dents de colère, sans quoi il aurait certainement appris à son tour de jolis noms d'oiseaux à Kennedy. Parce qu'à quoi elle jouait, là, à faire monter son désir jusqu'à son quasi paroxysme, pour le laisser en plan dans la seconde ? Elle le prenait pour qui, pour quoi, là ? un soufflé au fromage ? Il se redressa sur le lit, extirpa ses jambes des draps en désordre, dans l'idée vague de bondir rapatrier fissa l'épouse dans la couche maritale, histoire qu'ils terminent leur petite affaire, non mais. Une seconde ou deux suffirent heureusement à lui faire renoncer à cette pulsion imbécile, peut-être parce que le fait de voir Kennedy s'énerver cette fois sur son pantalon en daim, pas si facile à enfiler quand on était très énervé, constituait, qu'elle le veuille ou non, un spectacle un peu trop adorable pour que la colère prenne, chez Nath, le pas sur la surprise la plus sincère.

Avant qu'il ne se décide à arrêter de mater en douce ce strip tease à l'envers pour lui demander ce qui lui prenait, bordel, de lui flanquer des baffes, elle éclaircit la situation. Quelqu'un fit trois tours de corde à sauter avec les intestins de Nath, en tout cas c'est l'impression que ça donnait. Il avait dans la foulé grimpé jusqu'au sommet de son cerveau, sur lequel il avait déversé le contenu d'un gobelet d'eau glacée. Ce qui n'était pas très agréable, mais avait au moins l'avantage de remettre les pensées de New-Yorkais autant en ordre qu'elles pouvaient l'être si peu de temps après ce torride intermède trop brusquement interrompu. Il sourit. Ce n'était sûrement pas la meilleure réaction à avoir, surtout s'il comptait par là améliorer l'humeur de Kennedy. Mais preuve que ce n'était pas là son intention, c'est d'un ton amusé qu'il répliqua, assez vulgairement, qu'elle n'avait pas semblé de cet avis quelques instant plus tôt. Seigneur dieu, il était décidément insortable ; incapable de s'empêcher de faire le malin, même dans les pires situations. L'ennui, c'est qu'il ne voyait pas pourquoi il aurait culpabilisé. D'abord, c'était Kay qui était entré dans sa chambre. Ensuite, ils étaient mariés, aux dernières nouvelles le sexe était à peu près le seul lot de consolation qu'il avait retiré de cette fichue histoire. Et enfin... Eh bien zut, oui, il était un fils de pute, à la fin. Mais elle ne pouvait quand même pas prétendre être surprise, il n'avait jamais cherché à la tromper sur la marchandise.

"Très mal él'vé d'avoir des visions au milieu du coït, j'te f'rais dire", ajouta-t-il négligemment, en extirpant de sous les draps ce qui ressemblait à s'y méprendre à une petite culotte.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Mer 26 Jan - 19:18

Kay releva la tête brusquement, sa longue chevelure passablement emmêlée suivant dans une sorte de vague puissante le mouvement, et lui permettant de voir Nath agiter la petite culotte, avant de retomber sur son visage, lui barrant toute vision qui n’était pas au sol. Elle ne dit rien et se repencha, attrapant le soutiens gorge assorti à la dite culotte, et commençant à l’enfiler avec des gestes brusques, visiblement influencés par sa colère. Si elle avait réfléchi un peu plus, ou si elle avait réfléchi tout court, d’ailleurs, au lieu de se laisser aveugler par 1) sa surprise, 2) sa colère, 3) son ego blessé (ben oui, quand même, apprendre comme ça que votre « mari » va partir…), elle aurait sûrement fourré le soutien gorge dans sa poche et aurait plutôt attrappé son pull, qui avait volé dans le coin de la pièce opposé au lit, et l’aurait enfilé. Ca aurait été plus rapide, aurait laissé moins de temps à Nath pour se rincer l’œil, et elle aurait eu l’air un peu moins ridicule que là en se dandinant pour enfiler sa pièce de lingerie le plus vite possible.

Quand elle se redressa soudain, en poussant ses cheveux vers l’arrière d’un geste énervé, elle était donc en pantalon et soutien gorge, une tenue qui, admettons-le, la mettait plutôt en valeur. Après tout, Kay était une femme mince, sportive, qui avait des formes, forcément, elle était jolie quand sa poitrine était mise en valeur dans un beau soutien gorge, quand elle portait un pantalon taille-basse qui laissait voir, dans le creux de ses reins, son tatouage éthnisant au cœur duquel se trouvait un soleil et qui datait de bien avant Sywhaîd. Et ses cheveux emmêlés, et bouclés par l’ébouriffage pré-engueulade, n’en étaient que plus vivants et agréables à regarder (il faut dire qu’ils étaient tout propres du matin-même). Bref, elle était à son avantage, et peut-être qu’elle en aurait joué, si elle avait été en état, mais en réalité elle était bien trop en colère pour ça.

« Parce que c’est mieux d’être un lâche peut-être ? » cracha-t-elle à Nath.

Elle tourna un peu la tête, et vit son pull, sur lequel elle se jeta littéralement, et qu’elle enfila à une vitesse assez impressionnante. Bon, elle n’était plus en petite tenue, ce qui était bien mieux. Okay, Nath avait sa petite culotte en otage, mais vu comme elle était en colère, même si cette culotte était sa préférée, elle était bien capable de la lui laisser.

« Depuis que je te connais tu me fais des sermons à deux balles sur le fait que je dois surtout pas réagir au fait que tu vas mourir et tout, et suffit que je fasse un petit coma pour que tu décides de te barrer ! » lui asséna-t-elle en agitant son doigt vers lui, d’une manière qui aurait pu être comique (qui l’était peut-être) mais qu’elle était loin d’être en état d’apprécier.

Elle vit une de ses chaussettes et se précipita dessus, avant de se tenir dans une drôle de position de héron pour la mettre sans avoir à s’asseoir. Sans regarder Nath, elle continua, sur un ton énervé à peu près instopable vu la rapidité de son débit :

« Ah ouais, parce que môssieu joue les grands durs, mais dès qu’il se met en danger ça le fait flipper, hein ! Môssieu vient s’enterrer à Sywhaîd, vient pour y mourir, et quand il découvre que y a pas que pour lui que la vie est pas toute rose, et qu’en plus ça risque de le toucher, bouhou il décide de partir ! Tu parles d’un mec ! Si j’avais su que j’épousais une chiffe-molle, crois-moi, j’aurais plutôt choisi Jeremy ! »

Oui, bon, en même temps, c’était connu. Enervée, Kay se mettait en général à mélanger paroles tout à fait intelligentes à conneries aussi grosses qu’elle. N’empêche, le fond était plutôt vrai, non ?

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Sam 29 Jan - 21:48

En temps normal, Nath aurait dû éclater de rire. Jeremy, vraiment. Si Kennedy avait voulu rendre jalouse son mari, aurait-elle pu opter pour pire nom que celui du barman malheureux, l'éternel gentil britannique, si bien sous tous rapports que, Nath le savait bien, Kay n'éprouvait aucune attirance pour lui ? Non vraiment, si le nom de Jeremy était jamais prononcé entre ces quatre murs, ce ne pouvait être que pour que son heureux rival en plaisante.

Mais Nath n'avait pas du tout envie de rire. La mâchoire serrée, le crâne bourdonnant d'une douleur diffuse dont il n'aurait pu dire s'il était seulement dû à la paire de claques qu'il venait de recevoir, il crispa convulsivement le poing. Quelque part, il aurait voulu frapper à son tour Kennedy, après tout ç'aurait été lui rendre la monnaie de sa pièce. Et elle se serait tue. Mais malgré des défauts si nombreux qu'il n'était plus nécessaire d'en faire la lise, Nath n'était pas ce genre d'homme.

"Une chiffe molle, ouais !"
, hurla-t-il.

Il hocha la tête, les dents toujours serrées.

"Tu crois quoi ? Que j'vais m'sentir insulté ? Que j'vais avoir, ouh ! un sursaut d'orgueil et ramper à tes pieds pour pas me faire traiter d'lâche ?"

Il s'était relevé, avait sauté hors du lit, nu qu'il était, une fois qu'il s'était débarrassé de ces foutus draps. Le seul vêtement qu'il tenait encore, c'était la petite culotte de Kennedy. Mais il ne semblait pas avoir conscience d'avoir resserré le poing sur elle. A son tour de crier, merde.

"Je SUIS un gros lâche ! Fais pas semblant d'être étonnée ! Fais pas comme si tu l'savais pas !"


Ses propres cris lui donnaient mal au crâne. Il se massa nerveusement la tempe, comme pour essayer, vainement, de se calmer un peu. Lorsqu'il reprit la parole, il avait au moins réussi à baisser d'un ton l'amplitude sonore.

"J'prétends pas qu'c'est mieux. T'as même sûr'ment raison d'penser que j'suis un gros connard."

Il sourit, essoufflé. Un sourire jaune, un œil noir. Sa voix baissa encore d'un ton. Il demeurait à bonne distance de Kennedy. Ça faisait du bien de ne plus l'entendre crier. Il aurait voulu qu'elle se cache dans un coin, mette les mains devant sa bouche, et le laisse partir tout simplement. Est-ce qu'elle croyait que c'était si facile ?

"Je peux pas. Ya rien de plus à expliquer. J'voudrais t'dire que j'suis désolé, hein. Mais c'est pas l'cas. 'près tout, c'est beaucoup mieux comme ça ; pour tout l'monde."

Évidemment qu'il était désolé.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Dim 13 Fév - 10:47

« T’es pas un connard. » soupira Kay en passant une main dans ses cheveux pour essayer de domestiquer un minimum sa crinière.

Et on aurait pu croire qu’elle essayait de rassurer Nath, on aurait vraiment pu le penser, en la voyant, là, soudain très calme, devant la porte de la chambre, les bras croisés. On aurait pu le croire en entendant sa voix, douce, presque résignée, en observant son regard, qui n’avait pas l’air particulièrement agressif. Elle n’avait pas eu l’air impressionnée par les cris de Nath, elle n’avait pas eu l’air blessée. Il n’y avait pas eu de larmes dans ses yeux, pas de serrement de mâchoire, même pas de mordillement de lèvre, ou même de sourire ironique. Non, elle avait croisé les bras, et avait observé Nath gesticuler, nu comme un vers, avec une neutralité qui n’était pas vraiment sa marque de fabrication. Kay n’avait jamais été du genre à se résigner à quoi que ce soit, mais à ce moment précis, elle en avait l’air. Un peu plus et on aurait pu l’imaginer secouer la tête, récupérer ses chaussures (et sa deuxième chaussette si elle la trouvait) et partir de la chambre de Nath, sans même en claquer la porte.

Sauf que Kennedy Brooks, maintenant légalement Clayton, n’avait jamais été du genre à baisser les bras. Encore heureux, c’était ce qui lui avait permis de survivre à tout ce qu’elle avait vécu, ce qui avait fait qu’elle avait fait ce choix, durant son coma, de rester à Sywhaîd, aussi. Se résigner n’était tout simplement pas dans son caractère. Après tout, elle était la jeune adolescente qui, quand elle avait découvert que son futur rêvé n’existerait pas, qu’elle n’irait jamais dans une des grandes facs renommées qui l’avaient acceptée, s’était construit illico-presto un tout nouveau rêve. Elle était celle qui avait survécu à un viol publique, qui avait réussi à surmonter tout ça, à supporter des migraines atroces, à faire de cette malédiction un don. Elle ne savait tout bonnement pas abandonner. Alors quelqu’un la connaissant bien aurait sûrement été peu surpris de la voir soudain planter son regard intelligent dans celui de Nath, et d’enchaîner sur un ton plus acide :

« T’es juste un gamin complètement flippé. »

Elle soupira une nouvelle fois, puis, de nouveau sur un ton plus doux, plein de déception, elle conclut :

« Et tu vois, j’aurais préféré que tu sois un connard. Ca je peux l’accepter. Mais que tu partes parce que t’as peur d’être blessé… C’est ridicule. Et décevant. »

D’autant plus décevant qu’elle-même avait fait un choix totalement inverse quelques semaines plus tôt.

« D’autant plus qu’il n’y a aucune raison puisque comme je m’acharne à essayer de le faire comprendre à ce crétin de Doc, je ne vais pas mourir. »


Elle leva les yeux au ciel, avec cette attitude si personnelle d’exaspération, un peu comique. Elle n’avait aucune idée précise de pourquoi elle venait de mentir. Jusqu’à ce moment précis, elle avait pensé que Nath serait sûrement la seule personne à qui elle dirait qu’elle n’avait plus que quelques mois à vivre. Et elle se retrouvait à lui mentir, à le protéger. Elle sentit une vague de colère monter en elle. Elle avait pensé qu’il serait le seul à comprendre, même si elle avait su dès le départ qu’elle ne lui dirait jamais qu’elle avait choisi de mourir. Elle s’était plus ou moins imaginée pouvoir pleurer sur son épaule, comme elle l’avait fait durant la première nuit qu’ils avaient partagée, le moment où elle avait enfin pu laisser tomber le masque quelques minutes, se reposer enfin sur quelqu’un, même pour un court instant. Soudain, elle comprit qu’elle allait mourir sans pouvoir partager son fardeau avec personne, et elle se sentit plus seule que jamais.

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Dim 6 Mar - 21:08

Nath aurait crié s'il n'avait pas déjà senti le mal de tête enfler contre ses tempes. Un autre se serait ému qu'elle le traite de petit garçon flippé plutôt que d'authentique connard, mais cela avait simplement eu le don d'exaspérer encore la colère du New-Yorkais. D'abord parce qu'il détestait ça, qu'on ait l'air de lui trouver des excuses. Mais surtout parce qu'il détestait plus encore que Kennedy ait précisément choisi de le qualifier exactement comme l'avait fait, quelques années plus tôt, la Brume, au moment de sa seconde Quête. Tiens, tiens.

Kennedy et la Brume. Vieille histoire. Etrange et insupportable relation. Ainsi, c'était là sa ligne de défense ? La chère, grande, belle Brume et elle se retrouvaient-elles régulièrement pour taper le carton et discuter ensemble, entre le temps à venir et la santé des poules, du qualificatif le plus approprié à leur ami commun ? La colère de s'entendre ainsi traité, cette fois par celle qu'il aimait, avait littéralement stupéfié Nath, qui cessa de se masser le front, ne fit plus un pas, et ne tourna la tête vers Kay qu'au bout de quelques secondes.

"Bien sûr", répliqua-t-il en laissant retomber ses bras, un sourire douloureux aux lèvres. "J'oubliais. Tu vois l'av'nir, pas vrai ? Ta chère Copine la Brume te tient au courant, hein ?"

C'était plus qu'il n'en pouvait supporter. Oh, il n'y avait pas que la colère, la douleur insupportable d'imaginer Kay aux prises d'une entité impalpable, lui échappant, perdue dans des mystères auxquels il ne pouvait rien. Il y avait aussi, surtout, que son cœur battait à nouveau furieusement contre ses côtes à l'idée que la californienne allait vivre, que c'était une certitude, et non un vague, stupide espoir si aisément balayé par les migraines, le coma et l'impuissance du médecin. Foutus battements ; fichues émotions. Et après ? La désillusion, encore une fois ? Zut, à la fin, lui aussi était malade ; il avait suffisamment à gérer comme ça sans devoir en plus subir les caprices de ses nerfs.

Pourtant ils étaient clairement les plus forts ; puisqu'il suffisait qu'elle dise qu'elle ne mourrait pas pour qu'il veuille la croire. Pour qu'il s'approche d'elle, la bouche grimaçante mais les yeux gonflés par cette bête espérance. Bien incapable de lui rétorquer qu'elle ne pouvait connaître ni le jour ni l'heure, il vint tout contre elle, esquissa un geste pour lui prendre le bras, qu'il arrêta finalement à mi-chemin parce que sa main tremblait.

"...qu'est-ce que tu en sais ?"
souffla-t-il.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Sam 9 Avr - 22:04

« Well… Ma copine la Brume me tient au courant. » répondit Kennedy avec un sourire plein de défi qui masquait sans peine le tourbillon de sentiments qu’elle ressentait.

Il avait suffi que Nath s’approche, qu’il s’arrête tout prêt d’elle, qu’il la touche presque, pour que toute sa colère retombe. Elle n’avait aucune idée de comment ça fonctionnait, mais c’était comme ça. Quand elle était avec Nath… Et bien. Non, elle avait toujours peur. Et elle n’oubliait pas qu’elle allait mourir, que lui aussi, et que tout ça était injuste. Et elle trouvait toujours particulièrement injuste que lui ait le droit de se plaindre, et de se faire plaindre, alors qu’elle, elle allait devoir être forte, superwoman carrément. Mais dès que Nath était à portée de main, dès que leurs corps se touchaient presque… Tout ça semblait ne plus avoir d’importance. Elle n’avait plus qu’une envie : le toucher. Et lui parler. Echanger des vannes, s’envoyer en l’air. Mais pas juste pour le sexe, pour autre chose. Pour ce que ça lui faisait ressentir. Pour tout ce qu’ils avaient lui faisait ressentir. Le mariage (plus si) secret, les baisers passionnés, les parties de jambe en l’air, les engueulades, les vannes et… la compréhension. Et l’amour. Elle eut envie de soupirer à cette idée. Elle était amoureuse de lui, elle ne l’avait compris qu’au moment de choisir. Et comme elle était aussi quelqu’un de profondément obstiné, elle avait choisi de mourir plutôt que de ne l’avoir jamais connu. Profondément romantique, et totalement débile, aussi, si vous lui demandez son avis.

Néanmoins, tout ça ne comptait pas. Quelque part, il lui semblait tout à fait impossible de mourir dans quelques mois à peine, alors que Nath était là, lui faisait face, et n’osait pas la toucher, de peur que l’espoir qu’elle puisse vivre n’éclate comme une bulle de savon. Cette pensée la percuta de plein fouet, et elle comprit soudain. Elle comprit vraiment quelque chose qui ne faisait qu’effleurer la surface de son inconscient depuis un bon moment. Il l’aimait aussi. C’était bien ça, le nœud du problème. S’il ne l’avait pas aimée, il l’aurait déjà touchée. Il se serait contenté de ce qu’elle lui avait dit, n’aurait pas eu besoin d’être encore plus rassuré. Il n’y avait que quelqu’un de profondément amoureux qui pouvait ne pas se laisser avoir par un espoir aussi abrupte. Que quelqu’un qui risquait gros qui refusait de se laisser avoir par n’importe quel petit espoir. Elle comprenait. Parce qu’elle aurait eu exactement la même réaction s’il lui avait dit qu’il allait, finalement survivre, et qu’il avait en plus gagné au loto. Et elle, pourtant, elle avait eu des mois pour se faire à l’idée qu’il allait mourir, ça avait été dans leur relation depuis le début, une constante de ce qu’ils vivaient. De leur… amour.

Elle ne sentit pas son cœur bondir dans sa poitrine quand elle réalisa, en un éclair d’une brièveté étonnante pour autant de pensées si déterminantes, que Nath l’aimait tout autant qu’elle l’aimait, et peut-être même plus. Non, elle eut au contraire l’impression d’un vide sous ses pieds. C’était stupide. Pendant quelques fractions de seconde, elle eut envie de lui dire qu’elle allait mourir. Il partirait, et au moins, toute cette histoire absurde aurait un terme moins ridicule. Qu’est-ce qui allait se passer ? L’un d’eux allait mourir, l’autre aurait le cœur brisé… puis mourrait aussi. C’était ridicule. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux, mais les chassa bien vite, d’une simple inspiration. Elle était Kennedy Brooks/Clayton. Elle n’était pas du genre à laisser tomber, jamais. Pas même dans la pire situation imaginable. Et Nath était là. Il était incapable de faire le premier pas. Il ne pouvait pas être celui qui scellerait leur destin. Elle devait être cette personne. Parce qu’elle n’avait jamais été du genre à laisser sa peur l’empêcher d’avoir ce qu’elle voulait vraiment, et que la seule chose qu’elle voulait, à ce moment précis et tout le reste de ce qui serait sa courte, tragique et idiote vie, c’était cet imbécile de quinqua chauve, maigre, malaimable et incapable de même la toucher de peur que tout ce qu’il pourrait un jour avoir ne disparaisse. Elle avait le destin de leur relation entre les mains, et pour la première fois depuis leur première (et incongrue) rencontre, elle en était consciente. Ca aurait sûrement dû la terroriser, mais elle était Kennedy. Elle n’avait jamais eu peur de quoi que ce soit, pas assez pour ne pas vivre ce qu’elle voulait vivre, alors elle attrapa le bras de Nath, l’utilisa pour l’attirer à elle, et l’embrassa avec une passion qui masquait à peine la douceur et l’amour qu’il y avait au fond d’elle pour ce grand crétin. Elle se détacha, sourit de cette façon adorablement moqueuse, et dit :

« Je ne vais nulle part, Nath. Et ça serait bien que tu fasses pareil. » Elle enleva son pull, qu’elle envoya balader sans ménagement, puis se colla de nouveau au new-yorkais, avant d’ajouter : « Parce que, franchement, je vois pas ce qui pourrait t’attendre dehors qui vaille ce que j’ai la gentillesse de bien vouloir te donner. »

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Can't you see I'm falling for you ?    Lun 11 Avr - 14:39

Il était absolument évident que Nath aimait Kennedy ; et cela, il n'avait pas attendu cet instant pour le découvrir. Cela faisait longtemps qu'il ne pouvait s'approcher d'elle sans être accablé par cette évidence, même s'il s'était longtemps bercé de la fausse illusion d'une bête et inoffensive attirance physique. Impossible, inutile de toute manière, à présent, de faire semblant. Il la regardait sourire, le regard malicieux et défiant, sans même essayer de calmer les palpitations frénétiques dans sa poitrine, sans parvenir à comprendre comment interpréter ni l'expression de Kennedy, ni ses propos. Avec les hommes amoureux et désespérés, il fallait mettre les points sur les i. Il se laissa embrasser, malheureusement trop inquiet et tendu pour réellement profiter de l'instant, des lèvres tièdes et du corps bien vivant de Kay contre le sien - mais dieu merci, il ne s'agissait pas encore d'un baiser d'adieu.

Même après qu'elle se fut détachée de lui, qu'elle lui ait clairement confirmé qu'elle ne mourrait pas, en tout cas pas tout de suite, Nath eut encore besoin de quelques instants pour, enfin, pousser un soupir bruyant et bref, comme s'il avait brusquement retrouvé l'usage de ses poumons ou qu'on lui avait asséné un coup de poing dans le diaphragme. Il était absolument submergé ; le soulagement était si intense qu'il en était presque douloureux, écartelant la poitrine du New-Yorkais et faisant jaillir de ses yeux de véritables flots de larmes. Il n'était pas du genre à pleurer facilement, la dernière fois devait remonter à plus de dix ans (si l'on exceptait la fois où un abruti avait balancé du gaz lacrymogène dans le bar où il travaillait), pourtant les larmes roulaient bel et bien, qui paraissaient si incongrues sur ces joues maigres et plutôt habituées à accueillir des rictus sarcastiques.

Oui, Nath avait une drôle de manière de manifester son immense soulagement, mais du moins paraissait-il bien revenir à lui. Ses mains ne tremblaient plus, et Kennedy n'avait plus besoin de se coller à lui pour qu'il la serre contre son torse. L'espace de quelques secondes, le New-Yorkais resta là, à fourrer son faciès ruisselant dans les cheveux de la californienne, comme pour se repaître de leur contact et de leur parfum. Et puis, tout naturellement, il se mit à dégrafer le soutien-gorge de la jeune femme, à glisser ses mains sous le pantalon de celle-ci. Cela pouvait sembler une réaction un peu curieuse, à peine quelques instants après que Nath eut paru hésiter à simplement toucher sa femme. Un moment aussi crucial que celui-ci, un moment aussi chargé d'émotions subtiles, méritait sans doute mieux qu'une partie de jambes en l'air ; mais outre le fait qu'il s'agissait là d'une conséquence à peu près inéluctable de la proximité physique de leurs organismes, Nath et Kay avaient probablement besoin de se sentir vivants. Ce n'était probablement pas la chose la plus romantique, mais notre homme, aux capacités sans doutes limitées, ne connaissait pas d'autre manière d'exprimer plus explicitement ce qu'il ressentait, dans l'absolu comme à l'égard de son épouse.

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