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| | Auteur | Message |
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Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: The message Jeu 13 Jan - 14:42 | |
| Aaron plia la lettre et la mit dans l’enveloppe. Il vérifia l’adresse sur l’enveloppe qui se trouvait sur son bureau, et la recopia de son écriture serrée, une vraie écriture de médecin, aussi illisible, puis déposa le tout sur son bureau dans un soupir.
Il n’avait jamais possédé grand-chose, et même à Sywhaîd il n’avait pas tendance à s’étaler. Il avait pris une des chambres les plus petites qui étaient à disposition, et ça lui suffisait très bien. Il avait un petit bureau, une petite armoire, où se trouvaient sa dizaine de fringues. Il avait cinq bouquins posés sur le bureau, deux appartenaient en fait à la bibliothèque de Sywhaîd. Quelques papiers posés sur le bureau, un peu de correspondance. A l’extérieur, il avait plusieurs garde-meubles où se trouvaient… Des papiers, des armes, des kits médicaux, pas de vraies possessions. Son compte en banque était loin d’être particulièrement rempli, mais il y avait de quoi survivre quelques temps, surtout vu son rythme peu dépensier.
En voyant sa chambre, même un habitué des lieux aurait sûrement eu du mal à imaginer que l’ancien prêtre prévoyait de partir, une semaine plus tard, quand la brèche de printemps s’ouvrirait. Il n’avait pas encore fait ses bagages (qui de toute façon étaient rapides à faire, d’autant plus rapides qu’il était arrivé sans rien, et avait dès qu’il avait été en état été récupérer quelques affaires, un sac de voyage à peine rempli). Il les ferait au dernier moment, quelques heures avant de partir, comme toujours.
Il se regarda dans le miroir qui était accroché au mur, un miroir qui était déjà accroché là quand il était arrivé et qu’il laisserait, seule décoration qu’il y avait dans cette chambre malgré la grosse année qu’il y avait passée. Il avait des cernes, une petite barbe de trois jours, ce qui expliquait que son col roulé noir le grattait. Il n’avait pas envie de se raser tout de suite, et décida qu’il le ferait le lendemain. Il avait pas mal picolé avec les mecs à la gentlemen’s night la veille, ce qui expliquait les traits tirés. Ca lui manquerait, mais Aaron trouvait des copains de beuverie où qu’il aille, il ne s’en faisait pas à ce niveau là. Il avait vaguement projeté de leur dire un petit truc, pour leur dire qu’il prévoyait de partir, mais avait finalement décidé qu’il valait mieux le dire au dernier moment, pour éviter les fêtes d’adieu ou ce genre de choses, partir aussi discrètement que la première fois qu’il était parti. Après tout, Sywhaîd était aussi ça, un lieu de passage, et Aaron n’avait jamais dit qu’il s’installait ici pour toujours, il n’était là que pour récupérer d’une grosse blessure, et c’était fait, il pouvait retourner à sa vie.
Il tourna un regard vers la lettre, il l’enverrait en fin d’après-midi, quand il irait vers la scierie pour, comme tous les soirs, vérifier si les Tonies auraient besoin de lui le lendemain ou non.
[Tony-le-vieux, justement !] _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: The message Jeu 13 Jan - 22:34 | |
| Comme la vie était bien faite, dites donc ! Et pour une fois, on ne pouvait même pas mettre ça sur le compte d'un grand Destin, Cruel ou pas : simplement, précisément au moment où Aaron songeait aux deux Tonies, l'un d'eux toqua à la porte et, un couple de secondes plus tard, la tête du plus vieux des deux apparaissait dans l'entrebâillement, souriante comme presque toujours, bien que l'Argentin eût lui aussi passé une soirée mouvementée au pub, et que le réveil ait été par conséquent un peu difficile. Mais enfin, il n'était plus à une gueule de bois près, et il avait tout de même réussi à boucler son travail de la journée. Ainsi put-il, heureux du travail accompli, entrer dans la chambre d'Aaron, tenant à la main une chaise en bois assez rustique, mais qui paraissait en tout cas bien solide, ses pieds visiblement fraîchement taillés et assemblés dans l'assise du siège. L'ensemble sentait encore bon la sciure. Anton souleva la chaise pour la poser à côté de l'armoire, soulevant le meuble massive comme s'il s'était agi d'un pouf gonflable.
"Chose promise, chose due !" s'exclama-t-il, en souriant. La nuit précédente, il se trouve qu'une ou deux personnes dont nous conserverons l'identité secrète étaient par mégarde tombés de leur chaise, ce à propos de quoi Aaron avait raconté qu'il lui était arrivé la même chose dans la journée, alors qu'il n'était même pas ivre ; ce qui l'incitait à incriminer la chaise. Anton était passé récupérer l'objet incriminé, pour constater qu'effectivement, l'un des pieds était branlant, et qu'un autre comportait une dangereuse fissure. Il l'avait donc ramené à la scierie pour réparation. Et voilà. Il l'avait remise sur pieds (ha, ha) pour terminer sa journée sur une petite note pas trop fatigante. Il n'avait d'ailleurs pas chômé, et, bien qu'il ne fût pas nécessaire de démontrer qu'il avait correctement fait son travail, il s'assit lui-même sur la chaise, le dossier en avant et les avant-bras appuyés sur celui-ci. Aaron et lui n'étaient pas du genre à s'embarrasser de manières, à demander trois fois la permission de poser le pied ici ou là. Mais en l'occurrence, il se trouve qu'Anton avait reçu la visite d'Arieh ce jour-là et qu'il avait de bonnes nouvelles qu'il lui tardait de partager avec quelqu'un d'autre que son pauvre homonyme, à qui il les avait déjà infligées sous formes diverses et variées.
"Ta journée fut bonne ?" fit-il en guise de préambule, parce que, tout de même, échanger de but en blanc une réparation de chaise contre une demande comme celle qu'il s'apprêtait à faire eut été un peu déplacé.
[Genre il y a un énorme suspense, dites donc] |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: The message Mer 26 Jan - 12:15 | |
| [genre huhu]
« Excellente, si on oublie le mal de crâne et le fait que Jeremy est venu me voir ce matin pour me donner les clés du pub pour ce soir… » Il sortit les clés de sa poche, pour les montrer à Anton, comme une preuve, et dit d’un air sceptique : « Il paraît qu’hier soir je lui ai promis de le remplacer pour qu’il passe une soirée avec sa Juliet. »
Il leva un sourcil interloqué. Il ne se souvenait définitivement pas d’avoir fait une telle promesse, au point où quand Jeremy était venu pour lui donner les clés, la réponse d’Aaron avait été « Exactly, how drunk was I last night ? ». Ce qui avait fait rire le barman, qui, sans se démonter, lui avait juré que, si, si, il avait promis, et que d’ailleurs il l’avait fait vers le début de la soirée, bien avant d’être assez saoul pour que sa promesse ne soit pas prise au sérieux. Aaron avait prouvé à quel point il était à l’ouest quand il avait promis, et qu’il ne revenait pas juste sur sa promesse, en demandant pourquoi Neve ne s’en chargeait pas, ce à quoi l’Anglais avait répondu « mais non, tu sais bien, je t’ai dit hier qu’elle était malade et que Nick avait dit qu’il valait mieux qu’elle reste au lit quelques jours, la grippe est sévère cette année ! ». Le canadien n’avait évidemment aucun souvenir du fait que la serveuse était malade, mais il avait fini par laisser tomber. Après tout, il partait dans quelques jours, il pouvait bien rendre ce petit service, et puis après la nuit précédente, cette soirée-là serait forcément assez calme.
« Et la tienne ? Je vois que tu as bien bossé. »
Il avait malgré lui laissé son regard glisser vers l’enveloppe qui se trouvait sur son bureau, hésitant un instant, avant de rendre la question, d’annoncer au menuisier qu’il partait. Mais il avait décidé que, non. Après tout, oui, ils étaient potes, mais Aaron était loin d’être du genre sentimentaliste, et Tony était un globe-trotter, pas du genre à se traumatiser d’un départ. L’ancien prêtre s’assit sur le rebord de son lit, puisque sa chaise était occupée, avant de ranger les clés du pub dans sa poche dans un petit tintement familier plutôt étrange à Sywhaîd, c’était pas comme si on utilisait beaucoup de trousseau de clés dans le coin. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: The message Ven 28 Jan - 14:18 | |
| A cette histoire de mystérieux trousseau de clés, Anton ne put répliquer que par des éclats de rire. Il n'était pas aussi pince sans rire que certains habitués des gentlemen's nights. A certains égards, certains soirs, on pouvait même se demander comment Esteban et lui pouvaient être des amis aussi proches (pourvu qu'on soit déjà suffisamment imbibé pour oublier que le grand blond qui semblait si sérieux était l'officiel d'une certaine Charlie Fontaine). Mais après tout, Aaron non plus ne faisait pas partie des plus expansifs, et Tony l'appréciait beaucoup, même s'il ne se serait sans doute pas pointé chez lui juste comme ça, pour taper le carton et/ou la discute.
Le menuisier n'avait pas, lui non plus, un souvenir bien précis de cette histoire de clés. Le tintement qu'elles avaient produit lorsqu'Aaron les avait mises dans sa poche, ceci dit, lui rappelait vaguement qu'il avait dû en être question la veille, de clés. Mais il aurait été fichtrement incapable de se souvenir de quelles clés il était question (à moins d'y réfléchir deux minutes, après tout peu de bâtiments sur Sywhaîd étaient verrouillés). Ces derniers temps étaient un peu compliqués.
Ines lui avait dit qu'elle comptait, de toute façon, rester quelques temps sur la Lande. Mais ça ne disait pas à Anton ce qu'il était supposé faire. Il continuait d'éprouver à l'égard du petit garçon -de son fils, pourquoi était-ce si étrange à admettre ?- un sentiment de distance... comme si on avait voulu compenser la perte d'Isobel en lui offrant cet enfant là. Comme s'il avait craint de perdre encore un peu plus sa fille en laissant s'écarter la place que le petit bonhomme ne demandait qu'à prendre dans son cœur. Plus il le voyait, plus il venait chez Ines, en gentil voisin, offrir des animaux de bois pour le zoo du garçonnet, plus il trouvait que celui-ci ressemblait à Anwen. Il paraissait extraordinaire, aujourd'hui, qu'il aient pu vivre pendant des semaines dans Sywhaîd, sans qu'il s'en aperçoive.
Voilà pourquoi, entre autres, Tony n'était pas le dernier à boire les jeudis soirs. L'autre raison était qu'il avait, mine de rien, des journées de travail chargées. Il fallait prendre de l'avance. Réfléchir aux plans, à la faisabilité, et accélérer la production de meubles qui rendraient le projet faisable d'un point de vue financier. Sans parler des violentes tempêtes hivernales qui, ces derniers temps, avaient encore arraché quelques arbres dans la forêt. Mais Tony épargnerait ce genre d'explications à Aaron. Son entretien avec le gérant l'avait mis de très bonne humeur, et le menuisier avait toujours été d'un naturel plutôt optimiste.
"J'essaie de prendre de l'avance", expliqua-t-il donc. "J'ai discuté avec Arieh et Jordan, cet après-midi. Ils pensent qu'on peut s'attaquer dès la fonte des neiges à la construction du moulin. Un projet dont je leur avais parlé il y a quelques mois."
Anton arborait un sourire radieux. Il ne connaissait pas de meilleur remède -en dehors de l'alcool, peut-être-, face aux situations compliquées, que le travail. Autant dire qu'avec ce moulin, il était servi au-delà de ses espérances. Objectivement, il avait été soulagé que de meilleurs spécialistes que lui déclarent le projet faisable. Ça prenait franchement tournure. Ça devenait concret. Il avait hâte de donner le premier coup de pioche.
"On va avoir besoin de toi pour les fondations", ajouta-t-il, sur le ton de l'évidence. |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: The message Dim 13 Fév - 11:43 | |
| « Hu. »
Aaron était évidemment au courant du projet de moulin. Après tout, ça avait été une des raisons du voyage d’Anton quelques mois plus tôt, et le menuisier en avait déjà parlé à plusieurs reprises. Bien que n’ayant aucun poste fixe sur Sywhaîd, et bien qu’étant aussi éloigné que possible de toute responsabilité qu’on aurait pu vouloir lui refiler, Aaron n’avait eu aucun mal à se faire sa place à Sywhaîd. Durant ses deux séjours, il avait fait sa part de boulot sans rechigner, et avait été pote avec plusieurs personnes « clés » à Sywhaîd. Ca n’avait rien eu de réfléchi, Aaron ne cherchait pas le pouvoir, il n’était pas particulièrement stratège, c’était même un des points par lesquels il pêchait au niveau de son boulot, et à Sywhaîd il avait surtout cherché à être tranquille. En fait, tout ça avait été presque malgré lui, à Sywhaîd il était plus ou moins quelqu’un de respecté, à qui on parlait, à qui on demandait parfois des conseils, quelque chose qu’il n’avait jamais voulu. Quelque chose dont il ne voulait toujours pas, mais qui l’avait plus ou moins rattrapé. Il n’y avait que dans un endroit aussi étrange que Sywhaîd qu’un mec qui avait débarqué à moitié mort, empoisonné et blessé par balle, était une sorte de point de repère.
« C’est-à-dire que j’avais prévu de partir à la prochaine brèche, en fait. » dit-il simplement, un petit sourire un peu ironique au coin des lèvres, ce sourire qui le quittait rarement et qui, comme auraient pu le dire certains ados du coin, lui donnait l’air cool.
Il lança un regard à la lettre sur son bureau. Sans savoir exactement comment ni pourquoi, Aaron avait fini par aimer Sywhaîd. Quand il était arrivé, la toute première fois, il avait pensé qu’il y passerait un peu de temps, apprendrait des trucs sur la magie, pourrait tirer un profit de son temps dans ce village d’Ecosse. Il était reparti relativement rapidement, et n’avait pas vraiment pensé revenir à Sywhaîd un jour. Il avait apprécié son séjour, s’était fait quelques potes, mais l’ancien prêtre n’avait jamais été du genre à se poser où que ce soit, à avoir de vraies relations suivies. C’était un voyageur, un nomade, et un solitaire. Il allait là où la vie le menait. Quelques mois plus tard, quand il avait failli mourir, quand il avait vécu une expérience relativement traumatisante et avait eu besoin d’un endroit où se faire soigner, où on ne lui poserait pas de questions, et où il pourrait se reposer sans chercher à compter le temps ou sans avoir à regarder derrière son épaule, il avait tout de suite pensé à Sywhaîd. Ca n’était pourtant pas le seul endroit qu’il connaissait qui pouvait remplir ces critères… Et ça n’était même pas le plus facilement accessible. Mais pourtant, il était venu là. Et il était resté, plus longtemps que prévu. Et maintenant qu’il comptait repartir, il avait l’impression de quitter sa maison, sa famille, exactement comme ce qu’il avait ressenti quand il était parti pour la Guyane, à la fin de son séminaire. Sauf que là il n’avait même pas l’excitation du départ, juste une espèce de nostalgie précoce.
« On m’a proposé un job. » ajouta-t-il en frottant d’un air fatigué sa barbe de trois jours. Il n’avait jamais vraiment dit à Anton ce qu’il faisait dans la vie, ils avaient déjà parlé de voyages, et ils avaient découvert qu’ils avaient tous deux visité certains mêmes endroits magiques, mais Aaron n’avait pas été plus précis quant à sa vie à l’extérieur, et Anton, selon les règles tacites de Sywhaîd, ne lui en avait pas demandé plus. « Et j’allais accepter. »
Qu’est-ce qui lui prenait ? Il n’allait pas accepter, il l’avait déjà fait. Oui, la lettre était toujours sur son bureau, mais il l’avait écrite, il avait commencé à prendre ses dispositions, avait réfléchi au job en question. Il avait même commencé à regrouper ses affaires. Pourquoi cette légèrement modification de la vérité ? Pourquoi laissait-il une porte entrouverte alors qu’il avait consciemment décidé de la verrouiller ? Sywhaîd avait-elle percé sa carapace au point de l’empêcher de partir quand il voulait le faire, lui qui n’avait que ça au monde, sa liberté de partir ou de rester ? _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Anton Almeida Menuisier


Nombre de messages: 111 Age: 36 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: The message Dim 6 Mar - 21:49 | |
| "Oh."
Bon, Anton non plus n'était visiblement pas spécialiste des grands discours. A sa décharge, il avait été pris de court par la nouvelle du départ d'Aaron. Ce qui, d'ailleurs, était un peu idiot. Après tout, ce n'était pas comme si son comparse pouvait être légitimement considéré comme casanier, bien au contraire. Il était déjà parti de Sywhaîd (et on savait dans quel état il en était revenu) ; et même s'il pouvait être considéré comme un bon pote, un des fidèles des gentlemen's nights... quelque part, ça restait un vrai solitaire. Un "chat qui s'en va tout seul". Et pourtant, mine de rien, une de ces présences auxquelles Tony avait fini par s'habituer comme à des évidences. Il n'était pas un grand sentimental (son petit cœur avait donné), mais bon, ça ferait un vide, assurément. Et pas seulement du point de vue des corvées.
Sur ce point, il fallait cependant avouer que le manque à gagner serait assez ennuyeux. Mine de rien, les gros bras capables d'assurer le gros de la construction n'étaient pas légion sur la Lande. La défection d'Aaron se ferait particulièrement sentir pour les fondations : tailler les pierres, les transporter, les mettre en place... autant de tâches qu'on ne pouvait réellement confier qu'à un petit nombre de Sywhaîdiens.
"Je ne peux pas t'interdire de partir", répondit finalement Anton... avec un léger sourire. La nuance d'incertitude dans la dernière phrase prononcée par son camarade ne lui avait pas échappé ; et sans en tirer d'espoir démesuré, il savait gré à l'ancien prêtre de ce conditionnel.
"Peut-être que je devrais te laisser réfléchir à la question, dans ce cas... Vois si tu ne peux pas reporter ton départ, au moins d'une saison."
C'était là tout ce qu'Anton pouvait dire pour tâcher de convaincre Aaron ; pousser plus loin l'argumentation lui aurait paru inutile, voire insultant. Son interlocuteur savait comment fonctionnaient des constructions ; il savait que son aide serait utile lors des fondations. Quant à évoquer leur amitié, non seulement ce n'était pas un argument, mais ils étaient tous deux bien trop pudiques pour se livrer à de si dégoulinantes effusions. Le menuisier se leva de sa chaise, et prit congé de son interlocuteur. |
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