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 Along comes Mary...

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Marybeth Norton
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MessageSujet: Along comes Mary...   Jeu 13 Jan - 14:15

Avec précautions, Mary souleva le pot de terre. C’était un pot de terre de taille moyenne, rempli de terreau, dans lequel elle venait de planter une bouture de Cracholiane, et qu’elle devait à présent mettre dans un endroit préservé de la serre. En temps normal, ça lui aurait pris à peu près dix secondes, sauf qu’elle était enceinte jusqu’aux yeux, proche de l’explosion, et qu’elle devait faire attention à ne pas se surmener. Ce bébé qui l’avait forcée à rester alitée pendant des semaines avait finalement décidé qu’il était bien là où il était, et on en était à présent à à peu près dix jours de retard sur la date prévue pour l’accouchement. Nick disait que ça n’était pas un gros problème, et que le provoquer risquait d’entraîner des complications, vu les problèmes que Mary avait eu durant son premier accouchement, et durant cette grossesse, il avait donc décidé de laisser les choses évoluer naturellement, tant que ça restait supportable pour la jeune maman. C’était supportable, bien sûr, mais très franchement, elle aurait préféré que ça se finisse vite.

« Oh shit. »

Elle se figea au milieu de la serre, agrippant le pot qu’elle avait manqué lâcher à cause de la surprise. Si elle le lâchait, la seule chance d’avoir un nouveau plan de Cracholiane cette année serait gâchée… Et cette chance était déjà bien mince, les boutures ne prenaient que très rarement, et on ne pouvait en faire qu’une par an. Elle prit une grande inspiration, et baissa les yeux vers le sol.

« Yep. » dit-elle, sur ce ton calme qu’elle utilisait quand une catastrophe était en marche. « J’ai perdu les eaux. »

Elle sentit sa tête tourner, mais se força à se calmer et à réfléchir vite. La première fois, elle avait perdu les eaux, et ses contractions avaient commencé presque instantanément, lui rendant la vie impossible. Si elle avait une contraction maintenant, elle lâcherait le pot. Elle soupira et se força à avancer vers le fond de la serre, où elle déposa le pot avec précautions. Elle fit deux pas, pour s’éloigner des plantes qui craignaient, et soudain, la douleur la prit.

C’était une douleur horrible, et savoir à quoi s’attendre n’aidait pas autant qu’on aurait pu le croire. Elle se plia en deux, ou du moins autant que son ventre le lui permettait, et s’agrippa à un établi pour ne pas tomber totalement. Elle essaya de respirer, comme il le fallait, pour que la douleur soit moins intense, mais elle n’arrivait pas à desserrer les dents. Finalement, la douleur disparut pratiquement aussi rapidement qu’elle n’était arrivée, la laissant avec une impression de flottement, de soulagement, mais aussi de fatalité. Ca avait commencé, et ça risquait de durer longtemps. Elle était loin d’en avoir fini.

Elle fit des petits pas jusqu’à l’entrée de la serre, mais s’arrêta d’un coup. Elle était devant la porte, prête à sortir, et soudain, comme si la serre ne la protégeait plus de son aura bienfaisante, la réalité de ce qui se passait lui tomba dessus. Elle allait accoucher. Alors qu’on était en pleine brèche, que la moitié de la Lande était partie voir sa famille, et l’autre moitié occupée à faire les réserves pour l’hiver. Alors que Mathys était parti pour la journée régler une question administrative vis-à-vis d’un boulot d’illustration qu’il avait eue, à Glasgow.

« Mais non, chéri. » murmura-t-elle, se caricaturant elle-même d’une voix tendue. « Bien sûr que non ça ne me dérange pas si tu vas régler ce problème, après tout tu seras rentré ce soir, demain midi au maximum. Mais non, mais non, ne t’inquiète pas. J’ai déjà fait ça, tu sais bien, et si j’allais accoucher aujourd’hui, je le saurais ! Fais-moi confiance, ce bébé n’est pas encore près à sortir, il attendra son papa pour ça. »

Elle soupira bruyamment, et prit son gros manteau en laine avant de s’envelopper dedans. Elle enfila son bonnet, son écharpe, ses gants. Tout ça en regardant par la porte ouverte, avec l’espoir de voir quelqu’un passer. Mais personne, évidemment. La serre, ou même le potager, n’étaient pas les endroits clés au moment de la brèche d’hiver, il n’y avait rien à y apporter, rien à prendre ici. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

« Non. Non. Tu ne peux pas paniquer maintenant. Calme-toi ma fille. Tu l’as fait en ne connaissant personne au beau milieu du Grand Nord alors que tu avais dix-sept ans, tu arriveras bien à le faire maintenant. »

Vaguement rassurée par ces faits, elle brava le froid, et la neige qui tombait, pour se diriger vers un endroit plus fréquenté. Elle ne pouvait pas faire de magie, Nick, après consultation avec des spécialistes, le lui avait défendu, à cause de tous les problèmes qu’elle avait eus avec sa grossesse, elle ne pouvait donc pas faire venir qui que ce soit à elle, il faudrait qu’elle y aille.

« Montagne, Mahomet, Mahomet, Montagne. » murmura-t-elle pour se donner du courage.

Mais arrivée au milieu du potager, et se retrouva agenouillée dans la neige, sentant à peine le froid tant la douleur de la contraction était forte. Elle sentit les larmes, s’entendit crier, mais ne réalisa pas qu’elle prononçait en réalité bel et bien un nom…

« Nios !! »

[A qui veut !]
[Mooooooi, moiiiiii^^]

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Dakota Mitchells
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MessageSujet: Re: Along comes Mary...   Ven 14 Jan - 15:30

Dakota avait enfoncé les mains dans les poches de son manteau, d’inspiration surplus de l’armée, vu qu’elle était partie sans gants et que, dans cette partie du monde, visiblement, ils n'avaient jamais entendu parler du réchauffement climatique. Ses oreilles et son nez rougis dépassaient de son écharpe rouge, dégotée à la tricotterie tandis que ses bottes marron chaudement fourrées crissaient dans la neige à chaque pas. Quel temps pourri ! Décidément, elle ne s’y ferait jamais. Elle n’avait jamais vu la neige à Sydney. Jamais. Les pluies diluviennes, elle connaissait, mais la neige, vraiment pas, non. Elle avait hâte que l’été arrive et qu’elle retourne à Sydney pour un mois. Pas parce qu’elle se languissait particulièrement de sa famille, même si elle devait bien avouer que sa mère lui manquait, mais parce qu’elle se languissait d’un vrai soleil et de la proximité de l’océan.

Elle était en route vers chez Bulle. Meike et Zoé faisaient un truc ensemble et les deux adolescentes en profitaient pour aller faire un tour à Kild-machin-chose, ce qui était ce qui se faisait de plus proche en matière de civilisation. Dakota avait même réussi à obtenir la permission de Gavin, ce qui rendait quand même les choses plus simples. Avec un peu de chance, il y aurait un film correct au mini cinéma du bled (une seule salle) et elles pourraient se choper un hamburger décent. Leurs aspirations avaient été revues carrément à la baisse depuis qu’elles vivaient à la campagne : une virée dans un bled à peine moins paumé leur paraissait une perspective attrayante. Youpi.

Alors qu’elle passait devant le potager, en essayant vaguement de planquer son nez dans son écharper, elle crut entendre un cri. Elle s’immobilisa. Rien. Elle avait dû l’imaginer. Elle allait se remettre en route mais elle s’en empêcha. Si elle ne l’avait pas imaginé, quelqu’un avait un problème dans le potager. C’était peut-être Rain-la-folle qui faisait une crise. Dans ce cas, le plus simple serait d’aller chercher Nicholas. En même temps, si elle se trompait, elle aurait l’air fin ! Avec un soupir résigné, elle bifurqua et entra dans le potager. Ce n’était pas Rain-la-folle mais il y avait bien quelqu’un. Dakota s’approcha en trottinant de la silhouette agenouillée sur le sol.

Elle la reconnut immédiatement. Cette circonférence et ces cheveux blonds, ça ne pouvait être personne d’autre. Et, visiblement, elle n’était pas au mieux de sa forme, à moins que les siestes dans la neige ne soient recommandées aux femmes enceintes. Dakota s’approcha et s’arrêta à quelques pas de Marybeth, fort peu à l’aise.

- Euh, Marie ? Ça va ?

Ce qui était, elle en convenait, une question stupide. Cependant, elle était particulièrement mal à l’aise avec les femmes enceintes. Quand sa mère attendait Rob, elle l’évitait autant qu’elle pouvait. Mettre les mains sur le ventre pour sentir le bébé, non merci. Elle avait aussi refusé catégoriquement d’être présente pour l’accouchement, se contentant d’attendre qu’on lui propose de porter le nourrisson bien lavé.
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Marybeth Norton
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MessageSujet: Re: Along comes Mary...   Mer 26 Jan - 21:00

Oui, c’était une question stupide. Et, très sincèrement, la première réponse qui vint à l’esprit de Mary comportait trop de « grands mots » (comme les appelait Connor) pour que ce soit répété aux oreilles délicates de notre lectorat (ou à ses yeux délicats, donc). Mais Mary, bien que plutôt grande gueule quand elle s’y mettait, parfois cinglante avant même d’avoir eu le temps de penser à ce qu’elle allait dire, n’était pas une mauvaise bougresse, même pas pliée en deux par une douleur horrible, dans la neige, alors qu’une adolescente venait lui poser une question idiote. Et de fait, l’argument pour qu’elle retienne la réplique acerbe, était dans la phrase précédente. Adolescente. Dakota n’avait que quinze ans, Mary le savait. Et ça n’était pas si simple que ça de trouver les mots justes à ce genre de situation, surtout quand on était adolescent. Bien sûr, on aurait pu, si on avait eu un mauvais esprit, dire que Mary, à 15 ans, aurait sûrement bien mieux géré la situation. Mais où cette maturité et cette capacité à gérer les gens l’avaient menée ? Enceinte à 16. Accouchant accompagnée d’une inconnue au milieu du grand nord à 17. Mise en jugement par sa famille à 18. Arrêtons-nous là et n’allons pas jusqu’à lister des évènement post-Sywhaîdiens, puisque la vie de Marybeth, globalement, était plutôt heureuse, ici, en fin de compte.

Bref. La botaniste retint donc sa réplique, et attendit de toute façon que la douleur disparaisse, de nouveau aussi subitement qu’elle était apparue, pour répondre. En fait, elle prit même le temps de prendre une inspiration, d’effacer les larmes de ses joues. Elle ne se releva pas, par contre, ses jambes étaient encore trop molles pour ça. Finalement, elle leva un regard déterminé vers Dakota. Tout dans ce regard prouvait à quel point Mary était « en charge ». Et tout permettait d’empêcher l’autre de paniquer. Bien sûr, la première fois, c’était Nios qui avait tenu le rôle du fort, aiguillant Celesta et Marybeth dans le chemin jusqu’à l’hôpital, laissant tout le loisir aux deux adolescentes de paniquer. Sauf que Nios n’était pas là, que la Corde d’Argent du duo était cassée et qu’elle n’arrivait pas à l’appeler. Alors, comme toujours, ce serait à Mary de prendre les choses en main. Elle se sentit plus seule que jamais, mais chassa bien vite cette pensée.

« J’accouche. » dit-elle, décidant de laisser tomber les clichés du genre « le bébé arrive », merci bien. Elle tendit son bras à Dakota. « Aide-moi à me relever, je ne vais pas tenir debout sans aide. Il va falloir que tu m’amènes à Nicholas. »

Elle avait dit tout cela avec sa voix douce, cette voix qui faisait que, parfois, les gens la prenaient seulement pour l’adorable petite blonde (ou brunette, selon les époques) qu’ils avaient sous les yeux. Mais la détermination qui brûlait dans son regard, et dans son attitude, lui donnaient une autorité dure à surpasser. Après tout, du haut de ses vingt-deux ans, Mary était mère depuis plus de cinq ans, et gérait une maisonnée remplie à ras-bord de gens à problèmes. Il fallait une certaine force de caractère pour ça, et une certaine habitude à « diriger » les opérations, même quand il s’agissait de son propre accouchement, et qu’elle réalisait, malgré elle, qu’elle était terrifiée.

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Dakota Mitchells
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MessageSujet: Re: Along comes Mary...   Ven 28 Jan - 11:35

Dakota regardait Marybeth, qui souffrait visiblement le martyre, en se dandinant d’un pied sur l’autre d’un air gêné. Elle fit même une grimace quand la souffrance se manifesta de façon évidente sur le visage de la jolie blonde. C’était un coup à vous dégoûter d’avoir des gosses, ça ! Dakota n’avait de toute façon pas prévu de tomber enceinte dans un avenir plus ou moins proche mais, si ça avait été le cas, sûr qu’elle aurait changé d’avis devant ce spectacle. Mon Dieu, mais ça avait l’air absolument atroce ! Elle grimaça encore, sans même sans rendre compte et se sentit immensément soulagée quand Marie cessa de pleurer et releva vers elle un regard déterminé, genre « ouais, tout va bien, je gère, va chercher une peau de bête, on va sortir le gamin ici, toi et moi. » Euh, non, non, non, hors de question. Elle envisagea un instant de battre en retraite et de courir chercher Nicholas mais Marie l’interrompit.

Euh, merci, oui, elle avait bien compris qu’elle accouchait. Contrairement à ce que sa question précédente laissait entendre, elle n’était pas complètement demeurée, merci bien. C’était d’ailleurs parce qu’elle avait bien compris qu’elle voulait filer à toutes jambes. Mais, apparemment, ce n’était pas une option. Marie avait repris les choses en main et donnait des ordres. Enfin, Marie avait pris les choses en main, pour être plus précis, Dakota n’ayant pas fait mine de les saisir.

Sa première réaction fut de proposer plutôt d’aller chercher Nicholas, comme elle en avait eu l’intention. Parce qu’elle voyait bien où ça menait tout ça : accompagner Marie, rester pour assister Nicholas, parce qu’il fallait pas compter sur Rain-la-folle pour aller chercher les serviettes et l’eau bouillante (Dakota avait une vision assez brumeuse des accouchements, encore plus en dehors d’un hôpital.). Et, voilà, sa journée avec Bulle était fichue. Et il n’était pas dit que, demain, les adultes accepteraient de nouveau le formidable plan de débauche qu’elles avaient envisagé. Une corvée pouvait toujours surgir à l’improviste, une mauvaise humeur de Gavin ou un caprice de Zoé et, bam, adieu, veaux, vaches, cochons, ciné, hamburger, coca et frites noyées sous le ketchup.

Elle ouvrit d’ailleurs la bouche pour protester, et proposer sa solution alternative mais la referma malgré elle. Il y avait quelque chose dans l’attitude de Marybeth qui lui rappelait étrangement sa propre mère quand elle prenait son ton de « c’est comme ça et pas autrement et tu as intérêt à obéir ma petite » si bien qu’elle se retrouva, presque malgré elle, à se pencher pour aider Marie à se relever. Parce que, malgré tout, elle n’avait que quinze ans, elle était passablement terrorisée par la situation et son subconscient accueillait en fait avec soulagement une voix posée qui donnait des ordres sensés. Tout en aidant Marie, donc, Dakota se mit à prier pour que le bébé ne sorte pas avant qu’elles soient arrivées chez Nicholas, ce qui, à cette vitesse, pourrait prendre toute la journée. Seigneur, si elle voyait un bébé sortir du… euh, de Marie, elle ne pourrait plus jamais regarder celle-ci dans les yeux. Ni Will.

- Euh, tu veux que j’appelle Nick par magie ? proposa-t-elle, frappée d’une idée lumineuse. Il pourra venir te chercher, je crois qu’il a un brancard ou un truc comme ça…
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Marybeth Norton
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MessageSujet: Re: Along comes Mary...   Lun 11 Avr - 11:38

Mais le destin s’acharnait contre Dakota. Parce qu’au lieu d’accueillir l’éclair de génie comme un miracle qui allait sauver la journée, Marybeth se contenta de secouer la tête. Marcher n’était pas quelque chose de facile dans l’état dans lequel elle était, elle avait donc besoin d’un peu de concentration, et elle hésita même à utiliser son souffle pour parler. Pourtant, elles avançaient plutôt comme des tortues que comme des lièvres, ce qui était encore plus frustrant pour la jeune maman. Mais les contractions, même quand elles s’arrêtaient, n’étaient pas de la rigolade. Elles laissaient tous les muscles de l’américaine dans un état de faiblesse absolu. Courbée vers l’avant, appuyée de tout son poids sur Dakota (bon, Mary était plutôt un petit modèle, mais Dakota aussi), la botaniste avançait à petits pas lents qui l’épuisaient autant moralement qu’ils ne l’épuisaient physiquement. Dieu qu’elle détestait l’idée de mettre des heures à rejoindre Nicholas. Pourtant, c’était bien une réponse négative qu’elle articula.

« Non. » Elle prit une grande inspiration, avalant une goulée d’air comme si elle avait été en train de se noyer, puis ajouta : « Pas de magie à côté du bébé. Ca pourrait lui faire du mal. »

C’était vrai dans l’absolu, et ça expliquait que même quand on était sorcière, on vivait en général les accouchements à la non-sorcière. C’était un domaine où les médicaments étaient plus facilement utilisés que les potions ou que les sorts. Les nouveaux-nés étaient très sensibles à la magie, c’était connu depuis très longtemps. Et dans le cas de Mary, les complications qu’elle avait eues durant toute sa grossesse avaient… et bien, compliqué encore les choses, au risque de se répéter. Ca faisait des mois qu’elle n’avait pas pu faire de magie, alors que la plupart des femmes enceintes, tant qu’elles ne recevaient pas de sort sur elles, y étaient autorisées. Personne n’avait fait de magie à côté d’elle depuis des semaines, pas même un petit sort mineur. Et l’accouchement était un moment encore plus délicat.

Alors, oui, Dakota aurait pu s’éloigner un peu pour faire son sort, mais déjà, Marybeth n’avait aucune envie de rester toute seule, pas même quelques minutes. En plus, Sywhaîd était un endroit étrange, au niveau de la magie, d’autant plus durant les brèches… Et très franchement, l’américaine ne faisait pas assez confiance aux compétences magiques de Dakota pour prendre un tel risque. L’adolescente était jeune, et visiblement très secouée par cette situation de stress inattendue, n’importe quel accident aurait pu arriver.

« Sur le chemin, on croisera bien quelqu’un pour aller chercher Nick. » ajouta-t-elle, en tournant un regard un peu déprimé vers le chemin en question. En temps normal, elle y aurait été en vingt secondes maximum. Combien de temps ça allait leur prendre ? Elle ne répondit pas même mentalement à cette question, se pliant de nouveau en deux à cause d’une contraction. Elles étaient rapprochées. Trop rapprochées. Marybeth commençait à se demander si elle allait avoir le temps de prévenir Nicholas avant d’entrer dans la phase de travail.

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Dakota Mitchells
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MessageSujet: Re: Along comes Mary...   Mer 4 Mai - 22:24

Comment ça, pas de magie à côté du bébé ? Ok, ok, elle pouvait s’éloigner. Elle pouvait courir, même. Elle courait vite. Elle marchait vite, même, d’habitude, quand elle n’avait pas une femme enceinte qui s’appuyait sur son épaule et la faisait comiquement pencher d’un côté. Mais Mary n’avait pas l’air d’accord. Et Dakota était bien trop terrorisée pour prendre une initiative allant à l’encontre de la décision de la femme enceinte qui s’appuyait sur son épaule et la faisait comiquement pencher d’un côté. Mince, voilà que son cerveau était passé en mode repeat. Oh Seigneur, faites qu’elle n’accouche pas tout de suite !

Dakota releva la tête, souffla une mèche importune loin de ses yeux et, tout à coup, son visage s’éclaira comme si elle avait vu le Messie. En fait, le Messie avait des allures de jeune adolescente. Visiblement, Bulle était partie à sa recherche, craignant qu’elle ne se soit perdue entre leurs deux maisons. Dakota n’avait, soyons honnête, jamais été aussi heureuse de voir son amie. Aussitôt, elle se mit à agiter les bras et à hurler le nom de Bulle, jusqu’à ce que celle-ci l’entende et les rejoigne. Pendant que Mary se courbait en deux de douleur, Dakota pressa Bulle de foncer chez Nicholas et de le ramener dare-dare, avec son brancard. La suite, elle s’en lavait les mains.
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