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Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Quête d'Orpheo Bang Ven 5 Nov - 12:11 | |
| "Eh bien... bonne chance, ma chère Gwynevra. Zoltan, mon garçon..."
Deux accolades chaleureuses, un salut de militaire américain tendant à signaler qu'il regardait les films de guerre à la télévision et une profonde inspiration plus tard, Orpheo Bang, le célèbre compositeur, s'enfonçait courageusement dans la Brume de Sywhaîd. Son pas était un peu lourd et maladroit, rien à voir avec la grâce élégante avec laquelle il sautillait généralement d'un endroit à l'autre. Mais... la Brume : de la brume ; tout était dit. Le grand génie de ce siècle était, ne l'oublions pas, aquaphobe, et cette Quête s'annonçait comme l'une des plus grandes épreuves de sa vie. Non pas temps pour ses créatures étranges et autres formes élaborées de torture physique ou mentale, mais simplement parce qu'il s'agissait de s'aventurer dans un endroit particulièrement humide.
Heureusement, Orpheo avait pris ses précautions. Et si son pas était moins élégant qu'à l'ordinaire, c'est qu'il portait un authentique scaphandre, qu'il avait patiemment recousu, assemblé, rafistolé pour l'adapter à sa silhouette mince et élancée, et lui adjoindre un système radiophonique perfectionné qui lui permettrait de communiquer avec l'extérieur sans ôter -ô misère !- son casque. Oh, oui, bien sûr, le maestro s'était lancé avec enthousiasme et conviction dans cette aventure. L'Ecosse, parfaitement. Ses pluies sempiternelles. Même pas peur. Il fallait qu'il guérisse de cette pathologie pour le moins handicapante et, avec l'amour et le soutien de son petit-petit fillot et de sa future belle-petite-fillotte, il s'en sentait la force. Tous trois vivraient très heureux et auraient beaucoup d'enfants dans cette Lande verte et riante où coulaient l'eau et le miel (bien sûr, pour les enfants, il les laisserait se débrouiller entre eux, hein).
Sauf qu'une fois sur place... Orpheo n'était plus aussi vaillant. Il avait ralenti leur marche à cause d'une météo exécrable, avant de décréter qu'un simple parapluie ne pouvait suffire, qu'il fallait pour le moment trouver un meilleur équipement. Le pub était équipé en Wifi, et on trouvait des tas de choses sur e-bay. Heureusement d'ailleurs que CJ - Zoltan, comme Orpheo l'appelait désormais- avait d'ailleurs assisté le squelette dans ses recherches, et heureusement que Neve avait supervisé pour les empêcher d'acheter quantité d'objets dont, à l'évidence, ils n'auraient pas vraiment besoin sur Sywhaîd (une maquette du Queen Elizabeth II ? Enfin quoi !). Bref, quoi qu'il en soit, grâce aux miracles de la technologie et à ses talents de couturier, Orpheo marchait bravement, quoiqu'un peu pataudement, vers son destin, disparaissant peu à peu dans les pans opaques de la Brume, suivi de son énorme malle qui avançait toute seule sur le sol en cliquetant doucement, ayant été équipée d'un système de chenilles perfectionné.
Le squelette avançait ; il ne se présenta pas, étant un peu trop stressé par son environnement pour ça. De toute façon, était-il nécessaire de rappeler à quel auguste personnage la Brume avait affaire ? |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Ven 5 Nov - 12:26 | |
| Le maestro avait-il surestimé ses talents de couturier ? Si c’était le cas, il le saurait bientôt, parce qu’il était temps de tester l’imperméabilité du scaphandre. La pluie qui l’accueillit fut d’abord une toute petite pluie, du style petit crachin… Mais très vite, elle augmenta en force et en intensité, jusqu’à devenir une averse des plus violente, type averse d’orage. Aurait-il le courage de résister, même en n’étant séparé de l’eau que par un simple vêtement ?
_________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Dim 7 Nov - 22:32 | |
| On pouvait faire confiance à Orpheo pour ne rien laisser au hasard, surtout lorsque sa propre existence était en jeu. Bien sûr, bien sûr, son squelette était en os, non en sucre, mais enfin par sécurité, il avait effectivement examiné et réexaminé son scaphandre sous toutes les coutures, vérifié plus de trois fois l'état de chacune de ces dernières, fait l'essai de le remplir d'absorbeur d'humidité avant de le plonger dans la baignoire. Il avait évidemment pour ce faire du requérir l'aide de Zoltan et Gwynevra, qui avaient été assez bons pour la lui accorder et lui assurer que, oui oui, plongé dans un liquide le scaphandre était ressorti mouillé uniquement à l'extérieur. Et parce qu'ils aimaient beaucoup, visiblement, le squelette, petites manies pénibles comprises, ils avaient recommencé aussi souvent que nécessaire (sept). Aucune raison de s'inquiéter, donc : le scaphandre fonctionnait à la perfection, et Oprheo pouvait marcher fièrement vers son destin. Mais vérifier de loin, prudemment planqué derrière un rideau de douche, le résultat d'une expérience scientifique et se retrouver sous un crachin qui se métamorphosait doucement mais inéluctablement en pluie battante, ça n'était pas du tout la même chose, et la belle assurance du squelette vacillait au fur et à mesure que la terre sous ses pieds se détrempait. Pouvait-on réellement se fier à de l'équipement acheté sur internet, royaume de la contrefaçon ? Devant ses yeux, l'ingénieux petit dispositif d'essuie-glace s'était mis en marche pour lui permettre de continuer de voir où il avançait, mais Orpheo préféra éviter de regarder devant lui, la vue de l'eau dégoulinant en grosses trainées n'étant pas de nature à le rassurer. Il avait rarement eu autant le sentiment que ses jambes, sous lui, étaient misérablement... squelettiques, fragiles, flageolantes et menaçant à tout instant de le faire verser dans une flaque de boue (AAaaaah). Ceci dit, un avantage de son osseuse condition était qu'en dépit de ses émotions, il ne risquait pas de dégouliner lui même de sueurs froides. *Allons, maestro, courage*, se répétait-il (car oui, même lorsqu'il se parlait à lui-même il gardait le souci des convenances et tenait à rendre à son génie les honneurs qui lui étaient dus). *Je vous en prie : courage. Chantonner vous donnerait du cœur à l'ouvrage*, se dit-il d'une voix intérieure chevrotante, au bout de quelques pas sous cette pluie battante (car il se parlait également volontiers à lui-même en alexandrins). Ce conseil lui paraissait excellent, vus ses talents il ne manquerait sûrement pas d'améliorer rapidement la météo locale. Tapant donc plus fort du pied pour frapper le rythme sur le sol, il commença : "Toute la pluie tombe sur m..."Le squelette se racla la gorge. Beuh, non, ahem. Mauvais choix de chanson. Trouver autre chose, vite. "I'm singing in the rain, just singing in the rain", commença-t-il d'une petite voix de fausset restée coincée là où s'était, de son vivant, trouvée sa trachée. Là encore, mauvaise technique. Oh, c'était un film superbe, un petit bijou de comédie musicale qui lui faisait se rappeler avec émotion les heures dorées de l'apparition du cinéma parlant à Hollywood ; les chansons étaient délicieuses, la petite Debbie Reynolds bien mignonne, Gene Kelly plein d'allant... mais l'imaginer dans cette scène détestable, plongeant allègrement dans les flaques, virevoltant autour des lampadaires... Hum. De toute façon il n'y avait pas de lampadaire dans la Brume. Pas la moindre lumière pour éclairer ce désert humide et opaque. Si le scaphandre craquait, mon dieu, il serait perdu au milieu de nulle part. Il aurait décidément dû emporter un imperméable pour plus de sûreté. Il devait bien avoir un parapluie dans sa malle, mais il ne pouvait prendre le risque d'ouvrir cette dernière sous cette pluie diluvienne, au risque de voir ses précieuses affaires trempées. Prokofiev tout puissant, il ne fallait pas y songer. D'une intelligence décidément supérieure, Orpheo se mit à chercher une chanson qui parlerait de l'aridité du désert, un bon gros truc du fin fond de l'Arizona, qui lui aurait donné l'impression d'être un cow-boy perdu au milieu du Grand Canyon, le gosier plus sec qu'un papier à cigarette, plutôt que dans cette Brume plus qu'humide. Malheureusement, aucune ne lui venait à l'esprit. Qu'à cela ne tienne. Il trouverait autre chose. Il recommença finalement à chanter au bout de quelques secondes, d'une voix peu assurée, d'abord, mais qui s'affermit au fur et à mesure. Oh! Ohhhh yeeeh I used to think maybe you loved me now baby I'm sure And I just cant wait till the day when you knock on my door Now everytime I go for the mailbox , gotta hold myself down Cos I just wait till you write me your coming around
I'm walking on sunshine , wooah I'm walking on sunshine, woooah I'm walking on sunshine, woooah and don't it feel good!!
Hey , alright now and dont it feel good!! hey yeh Ah, pouvoir émerveillable de la musique ! Orpheo n'était peut-être toujours pas d'une humeur aussi radieuse qu'en temps ordinaire (c'est à dire par temps ensoleillé), mais enfin, il avait retrouvé sa belle voix de ténor, et son pas avait retrouvé son caractère sautillant. Du moins, autant que le permettait le port du scaphandre, bien entendu. [Gleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee^^] |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Dim 14 Nov - 22:37 | |
| Le scaphandre ne permettait sûrement pas à Orpheo d’entendre parfaitement ce qui se passait à l’extérieur, aussi mit-il un peu plus de temps que ce qu’il aurait dû à repérer le bruit qui, derrière la pluie à présent abondante, et derrière son chant à présent forte, avait commencé à se faire entendre. Il s’agissait du bruit d’un ukulélé électrique. Un instrument parfaitement manié, qui accompagnait la chanson d’Orpheo avec un certain génie.
Le ukulélé, accompagna Orpheo tout le reste de son chemin. Evidemment, le maestro n’avait pas d’autre choix que de suivre l’instrument, d’essayer de trouver sa provenance, puisque personne d’autre n’intervint de quelque façon que ce soit. Soudain, sortie de nulle part, derrière le rideau de pluie, le maestro se retrouva devant une porte qui devait lui être familière, mais sûrement trop incongrue dans un tel lieu pour qu’il réalise tout de suite de quelle porte il s’agissait. Et, comme en plus cette porte promettait sûrement un salut contre la pluie, il est tout à fait compréhensible qu’il ne la reconnût pas tout de suite.
Seulement, la salle qui se trouvait derrière la porte, une fois qu’elle fut ouverte, elle, n’était que trop reconnaissable. Le maestro y avait officié durant pas mal de temps, et elle regorgeait très certainement de très bons souvenirs. Le fait qu’une adorable brunette d’à peu près vingt-cinq ans se trouvait au milieu de la salle, un ukulélé électrique rose fushia (à fleurs roses pâles) entre les mains, ne pouvait que permettre à Orpheo de reconnaître la salle…
Car il s’agissait de la salle de musique de Syracuse… Et de Zelia Diulcinea. Qui avait bien grandi depuis l’époque bênie du tube Poulet Tandoori, mais qui n’en restait pas moins reconnaissable pour autant. Elle avait les cheveux très noirs (qu’aucune mèche bleue ne venait agrémenter), coupés dans un carré très années 30, toujours un œil vert et un œil marron, et portait une robe légère, hawaïenne, tout à fait accordée à l’instrument qu’elle utilisait. Instrument qu’elle déposa à terre, avec délicatesse, avant de se jeter au cou du maestro, enfin à l’abri, sans faire attention au fait qu’il était trempé et se retrouvant humide à son tour, ce qui ne sembla pas la perturber.
« Maestro ! Ca me fait tellement plaisir ! » s’exclama-t-elle avant de se détacher du squelette et de lui sourire, de ce sourire adorable qu’elle avait déjà alors qu’enfant, elle arpentait cette salle et discutait déjà avec lui de musique comme si elle avait étudié le sujet toute sa vie. « Que faites-vous ici ? »
Zelia avait toujours été très expressive, et très maîtresse de ce qu’elle disait et de comment elle le disait. L’intonation sur le dernier mot n’était donc, évidemment, pas à prendre à la légère. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Mer 8 Déc - 22:45 | |
| Si Orpheo ne perçut pas aussitôt la présence du ukulélé dans la brume, ce n'était pas à cause de la pluie, encore moins du scaphandre qu'il avait équipé d'un système radiophonique perfectionné pour pouvoir communiquer avec l'extérieur - le maestro avait paré à toute éventualité. Non, s'il mit un percevoir la musique au dehors, c'est parce que dans sa tête, déjà, ça swinguait sévère à l'intérieur de son crâne. Pour le protéger des intempéries mieux encore que ne le faisait la cuirasse du scaphandre, les doubles croches s'agitaient frénétiquement en clusters magistraux, donnant aux pas du maestro leur cadence frénétique. Peut-être suivit-il effectivement la direction du ukulélé, mais a priori, ce n'était pas intentionnel. La grande silhouette pataude se trémoussait au rythme d'un calypso endiablé, autant que le lui permettaient ses semelles de plomb. Et c'est ainsi qu'elle parvint devant la porte ; plus exactement, elle se cognat pile dedans, avec un grand "chbong" qui résonna lui-même de manière très musicale (c'était un la dièse). Eh oui, Orpheo avait équipé ce beau scaphandre de moult équipements, mais il n'avait pas pensé aux essuie-glaces (ce qui, très certainement, devait être ironique quelque part).
Il se releva en chancelant, garder l'équilibre dans cet accoutrement n'était pas très facile.
"Attention ! Obstacle droit devant !" indiqua-t-il à la malle, dont le cliquetis régulier des chenilles cessa aussitôt. Mais le ukulélé, lui, continuait de jouer, derrière ce qui s'avérait être une...
"Aha ! une porte !"
Le squelette mit les poings sur les hanches ; voilà qui devenait intéressant, tout autant qu'intriguant. Bon ; mais il fallait la passer, cette porte. Il hésita ; devait-il sortir de sa malle la canne qui s'y trouvait rangée et qui, outre qu'elle lui eût donné un port noble des plus bienvenus si quelque duchesse douairière l'attendait derrière la porte, lui servait également accessoirement de médium magique, et lui était à ce titre également assez utile. Mais il estima en fin de compte que son scaphandre suffirait à le rendre élégant, et que quelqu'un jouant si bien du ukulélé ne pouvait être foncièrement mauvais. Il tourna donc vigoureusement la poignée, et pénétra dans... sa bonne vieille salle de musique de Syracuse, où il fut accueilli par une vieille connaissance.
"Zouzou, mon scarabée au beurre blanc !" s'exclama-t-il joyeusement, en se laissant embrasser de bon cœur par la jeune brunette. "Quelle époustouflante surprise ! Et quelle coiffure ravissante ! So Louise !" continua-t-il en agitant les bras. Puis quand ce fut au tour de la demoiselle de parler, et de l'interroger, il se redressa, quelque peu surpris (même si sous le scaphandre, ça ne se voyait pas tellement).
"Ce que je fais ici ? Eh bien, dans la mesure où il s'agit de ma Quête, ma présence y est relativement logique, me semble-t-il. Je sais que la princesse du Proto-Liechtenstein m'avait invitée à cette croisière sur la mer Noire, en l'honneur des noces de praline rose de sa petite fille, mais voyez-vous, j'avais d'autres obligations. Et puis le caviar, croyez-moi, c'est très surfait. Mais vous, ma chère enfant ? Que diable faites-vous là ?"
De fait, Orpheo aimait beaucoup la petite Zelia, il se souvenait très bien d'elle et des bons moments qu'ils avaient passés ensemble, à jouer et chanter de conserve ; mais il avait déjà oublié que c'était cette même Zelia qui, la première, lui avait parlé de Sywhaîd, comme l'endroit le plus extraordinaire et humide qui soit. Heureusement, donc, qu'il n'avait pas eu l'audace d'imaginer quoi que ce soit concernant ce qui l'attendait pendant cette Quête, il aurait sans doute été surpris. |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Lun 13 Déc - 9:53 | |
| « Oh, vous savez, on ne quitte jamais réellement Sywhaîd. » dit Zelia avec un mouvement vague de la main et un petit froncement de nez tout en allant s’asseoir sur le rebord de la scène où Orpheo et elle avaient passé tellement de temps à organiser des petits spectacles.
Elle balançait gracieusement ses jambes nues et bronzées tout en souriant. Visiblement, elle était heureuse de voir Orpheo. Il faut dire que malgré une correspondance soutenue, ils ne s’étaient pas revus depuis des années, réussissant à toujours se louper. Les mauvais timings s’étaient enchaînés, et en fait ils ne s’étaient pas revus depuis Norsken, des années auparavant.
« Mais, c’est vrai que c’est plutôt étrange. » ajouta-t-elle avec cette façon adorablement expressive qu’elle avait de parler. Elle fronça légèrement les sourcils, dans une attitude de perplexité amusée, avant de demander : « Qu’est-ce que je fais ici ? C’est votre quête, y ai-je vraiment ma place ? » _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Ven 7 Jan - 1:28 | |
| Tout naturellement, le squelette suivit Zelia en direction de l'estrade. Lui aussi se serait bien assis, d'autant qu'il était d'assez grande taille et que la différence était par là déjà suffisamment importante avec la demoiselle lorsque cette dernière se tenait debout ; mais il n'était pas certain de réussir à se relever une fois en position assise, avec l'accoutrement de plusieurs kilos qui pesait sur ses omoplates, et jugea donc plus prudent de demeurer debout, vaguement en appui sur une jambe, le poing sur la hanche, décontracté. Il porta l'autre main à son menton lorsque Zelia répondit à sa question par... la même question, visiblement pour grattouiller pensivement celui-ci, mais sa main rencontra le globe de verre qui lui protégeait le crâne, et il dut donc se contenter de la poser, elle aussi, sur sa hanche, pour se donner l'air de réfléchir.
"Intéressante question, de fait, et je ne dis pas ça parce que c'est moi qui l'ai soulevée. Ou pas seulement, du moins."
Orpheo brillait par de nombreux aspects, dont la modestie, à la vérité, n'avait jamais fait vraiment partie. Ses admiratrices et lui-même voyaient là l'expression manifeste d'un tempérament profondément artiste (ce qu'il estimait évidemment bien vu).
"Je suppute que oui, puisque vous voici, chère enfant. Sans doute cela dépend-il précisément de ce que l'on entend par "Quête". Par chance, j'ai imaginé tant de choses à ce sujet qu'on peut aisément en trouver une ou deux pour lesquelles vous semblez toute indiquée. Même si, bien entendu, cela en exclut également un certain nombre."
Il sembla encore perdu dans ses pensées l'espace de quelques secondes, comme s'il avait été en train d'éliminer une à une les épreuves en question.
"Hum... Vous n'avez pas de diplôme de capitaine de sous-marin, n'est-ce pas ?" |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Lun 10 Jan - 22:54 | |
| Le rire qui suivit cette question était un rire à la Zelia, et pas une contrefaçon. Un rire léger, cristallin, qui arrivait à ne pas être vexant. L’anglaise maîtrisait parfaitement tout, dans ce rire, de l’intonation à la durée, tout ce qu’il fallait pour en faire le rire parfait à cette réplique, qu’il soit réel et honnête, ou non. Elle passa une main dans ses cheveux, fronça le nez, et les sourcils, juste un peu, et répondit d’un air déçu :
« Malheureusement, ça ne fait pas partie de mes talents. »
Elle balança doucement ses jambes bronzées (mais pas trop, juste ce qu’il fallait pour être adorables), en se mordillant a langue, comme en pleine réflexion.
« Qu’est-ce que je peux symboliser pour vous ? Moi, dans cette salle, à cet âge ? » demanda-t-elle, avec l’air de vouloir éclaircir les choses, tout simplement, pas d’interroger sérieusement le squelette. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Mer 12 Jan - 11:47 | |
| Le squelette ponctua quant à lui le rire de Zelia et sa réponse négative d'un sourire compatissant : personne ne pouvait être parfait, pas même Zelia. Cela dit, il n'était pas mécontent, en l'occurrence, que ce talent particulier lui fît défaut ; l'épreuve du sous-marin, il l'avait particulièrement redoutée, même s'il s'était vêtu pour parer à cette angoissante éventualité. Pour un peu, il aurait tapoté affectueusement la tête de la demoiselle, mais il ne savait pas très bien combien pesait sa main dans cet accoutrement, et jugea plus prudent de s'abstenir.
Ce que représentait la Zelia de Syracuse ? Cette question aurait sans doute mérité une longue réflexion. Mais qu'il eût déjà mené cette dernière ou qu'il répondît tout à fait n'importe quoi, Orpheo répliqua aussitôt :
"L'équinoxe, bien sûr ! Mais je ne peux pas attendre jusque là, mon fillot et sa future risqueraient de s'inquiéter." |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Mer 12 Jan - 22:26 | |
| « Maestro ! » minauda Zelia d’une façon tellement adorable qu’il en devenait compliqué de la décrire. « Vous avez toujours été un fieffé charmeur ! »
Elle se releva et déposa un léger baiser sur la joue du squelette… ou plutôt, sur son scaphandre, là où se trouvait sa joue, quoi, avec un naturel tel qu’on aurait pu croire qu’elle avait embrassé des squelettes en scaphandres toute sa vie. Elle pointa ensuite son index vers lui et lui dit d’un ton faussement menaçant :
« Je ne vous laisserai pas partir d’ici sans un tube ! »
Elle fit une sorte de petite révérence, puis ajouta :
« I-né-dit. Bien sûr ! »
Avant de claquer des doigts et de disparaître, laissant ainsi le Maestro seul à la création de son tube, et à son interprétation aussi, tout aussi bizarre que ça puisse paraître, vu que c’était sensément pour elle qu’il le créait. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Mer 19 Jan - 20:11 | |
| En matière de minauderies, Orpheo n'était pas né de la dernière pluie. Le qualificatif de "fieffé charmeur" lui allait effectivement comme un gant et, lorsque Zelia l'embrassa -ou embrassa le scaphandre, bon, ne jouons pas sur les mots-, il fit une petite mimique qui pallia à merveille son incapacité à rosir pour manifester son plaisir. Et à l'annonce de l'épreuve qui lui était imposée, il s'esclaffa joyeusement. Un tube ? Mais quelle idée délicieuse !
Il ne lui fallut pas plus de trois minutes, montre à gousset en main, pour faire surgir de nulle part plume, encrier et partition, manier ces trois éléments avec l'habileté permise par le scaphandre pour en faire surgir le tube de l'année. Enfin, ça, ça restait à démontrer. Et pour ça, il n'y avait pas quinze façons de s'y prendre.
"Zouzou, très chère ? J'aurais besoin de quelqu'un pour l'accompagnement !"
Et de fait, s'il était effectivement possible de faire cohabiter une plume et un scaphandre, il était beaucoup plus difficile, même pour un squelette extrêmement talentueux (génial, disons-le tout bonnement) de gratter du ukulélé dans cet accoutrement.
Le squelette donna la partition à la demoiselle et, confiant dans les talents de déchiffrage de cette dernière, n'attendit guère pour fredonner, avec force trémoussements gracieux et sur une petite mélodie non moins pétillante :
Toudoudoudoudou Toudoudou Toudou
Toudoudoudoudou Toudoudou
(ploing)
Tout a commencé il y a… Fiouuuuuu ! Tout a commencé il y a Un petit paquet d’années Mais on va éviter de les énumérer [parlé] mais non t’as pas changé !
J’étais seul quand tout à coup Zouuuuuuuuuuuu ! Quand tout à coup a surgi Une gamine aux yeux doux Et qui savait s’débrouiller avec un Uku [parlé] ça f’sait un truc du genre
Toudoudoudoudou Toudoudou Toudou
Toudoudoudoudou Toudoudou
Toudoudoudoudou C’est la chanson de Zouzou
(ploing)
J’l’ai revue un peu plus tard Wouhouuuuuu ! Un peu plus tard et plus loin On est tombés dans les bras Et puis on a chanté pour fêter ça [parlé] un p’tit morceau qui f’sait
Toudoudoudoudou Toudoudou Toudou
Toudoudoudoudou Toudoudou
Toudoudoudoudou Reprends avec moi, Zouzou
Toudoudoudoudou Toudoudou Toudou
Toudoudoudoudou Toudoudou
(ploing)
Maintenant ell’ vit sa vie Byouuuuuuu ! Ell’ vit sa vie loin de moi Mais en cas de coup de mou Y m’suffit d’penser à son uku [parlé] et d’chanter comme ça
Toudoudoudoudou Toudoudou Toudou
Toudoudoudoudou Toudoudou
Toudoudoudoudou C’est la chanson de Zouzou
(ploing) |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Dim 23 Jan - 12:06 | |
| Zelia était donc revenue, et avait joué son rôle à la perfection, accompagnant Orpheo avec talent et entrain. Quand Orpheo arrêta de chanter, et qu’elle arrêta de jouer, elle posa le ukulélé sur ses genoux et se mit à applaudir avec enthousiasme. Elle avait l’air ravie, amusée, et même un petit peu émue, peut-être. Elle finit d’ailleurs par se lever gracieusement et déposer un nouveau baiser sur le scaphandre du squelette, avec autant de naturel que la première fois.
« Ca, c’est ce que j’appelle un tube ! » dit-elle, les yeux brillant d’un amusement non feint. « Mais il reste encore une petite épreuve… » Elle sourit et ajouta : « Bonne chance ! »
Elle disparut de nouveau, ainsi que le décor, et Orpheo se retrouva de nouveau en pleine Brume. Cette dernière était juste assez écartée pour laisser apparaître deux chemins, et les panneaux qui les accompagnaient. L’un marquait « Printemps. » et l’autre « Automne ».
[Ce sera ton dernier message pour cette Quête. En choisissant un panneau, Orpheo se retrouvera sous une série de pluies de la saison en question… Le tout durera aussi longtemps qu’il pourra le supporter, quand il sera à bout et suppliera pour que ça s’arrête (ou quoi que ce soit de ce genre, quand il sera vraiment prêt à tout pour que ça s’arrête, qu’il en pourra plus le supporte quoi), arrête ton message.] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Orpheo Bang

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 06/05/2010
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Mer 26 Jan - 23:46 | |
| Oui, ça, ça avait tout pour faire un tube. Une petite musique entraînante, un rythme sympathique, et même des Toudoudou pour que le public puisse reprendre en chœur les refrains... Tout le cahier des charges avait été respecté. Pourtant, au moment où Zelia et le reste de la salle avaient disparu, Orpheo éprouvait un vague sentiment de... d'inachevé. d'interrompu. Il serait bien resté plus longtemps dans la salle de musique. Un si bel endroit ; de si doux souvenirs. Il aurait inventé d'autres chansons, peut-être pas des tubes, cette fois, mais des mélodies plus complexes, dans la droite ligne de son concerto pour accordéon, le dernier chef-d'œuvre dont il était le plus fier.
Enfin. Peut-être qu'il était simplement désagréablement surpris d'être de nouveau seul, dans un endroit dénué du moindre indice de présence vivante. Toute cette Brume, c'était d'un triste, comparé à un épisode zelien ! Et tellement humide, qui plus est ! Brr. Le squelette frissonna ; allons, allons, du nerf mon grand, ne pas penser aux milliers de gouttelettes en suspens... brrrrrrrr. Orpheo inspira bien fort, moins pour faire pénétrer effectivement la moindre particule d'air entre ses côtes que pour se redonner un peu de courage. Deux chemins s'offraient à lui, précédés de panneaux ; automne, printemps. Ceci n'avait aucun sens, mais baste. A choisir, Orpheo se tournerait toujours vers l'avenir. Il emprunta donc le chemin prometteur d'herbe fraîche, de primevères soyeuses et de papillons chamarrés.
Enfin, visiblement, l'optimisme qu'il avait chevillé à ce qu'il lui restait de corps avait, pour une fois, desservi notre héros. En fait de paysage riant et fleurant bon le renouveau de la nature, il se trouvait toujours au milieu de la Brume, sans rien voir autour de lui que de sinistres pans de nuages opaques et, sous ses pieds, un sol rocailleux, sans la moindre trace de vie. Aux yeux d'un mort-vivant, voilà qui était bien sinistre. Enfin, heureusement, un joli soleil timide perçait, au-dessus de lui. Un vrai petit soleil de printemps, à la clarté filtrée par l'atmosphère humide. Orpheo leva la tête vers le ciel, histoire de faire le plein de vitamine D. Ou de se remonter le moral, mais ça revenait plus ou moins au même, après tout. Il était agréable de sentir les rayons de soleil, même discrets, frapper de plein fouet le hublot du scaphandre.
Mais presque aussitôt qu'Orpheo eut ainsi levé le nez (bon, techniquement, l'orifice nasal, mais ne chipotons pas), l'averse fondit sur lui, brutale. D'autant plus redoutable qu'il ne l'avait pas vue venir, ayant oublié depuis belle lurette cette leçon de choses où il avait appris le principe des giboulées (mais il faut dire, pour sa défense, qu'il était alors un très petit garçon, avec un cœur, des muscles, de la peau et tous les accessoires). Il hurla, et sa terreur résonna, amplifiée, dans tout le scaphandre. Dans la Brume, personne ne l'entendrait crier. L'averse fut rapide, elle dura à peine quelques secondes, mais lorsqu'elle prit fin Orpheo était à terre, tremblant de tous ses os, recroquevillé sur lui-même. Et il le resta encore une minute ou deux après que la pluie ait pris fin. Il se releva avec difficultés, ce qui n'était pas uniquement dû au poids de son attirail.
Sa malle, pendant ce temps, avait continué d'avancer, cliquetant gentiment sur son système de chenilles. C'est ce cliquetis qui permit à Orpheo de retrouver peu à peu ses esprits, il s'y raccrocha comme un pêcheur à la lumière d'un phare, perdu au milieu de la tempête. Oups, oublions cette comparaison par trop aquatique. Le soleil perçait à nouveau, timidement, mais cette fois Orpheo lui adressait uniquement de petits regards en coin, sceptique. Les nuages gris flottaient encore, un peu trop denses à son goût. Un souffle de vent passa, annonciateur du pire. Le squelette serra les mâchoires, écarquilla les orbites (mais si). Mais il pouvait grimacer tant qu'il voulait, il n'était pas encore capable d'empêcher la pluie de tomber. Il subit ce nouvel assaut sans hurler, cette fois, mais non moins traumatisé. Il avait placé les mains devant le hublot de son visage pour ne pas voir les gouttes de pluie trancher l'air autour de lui comme autant de milliers de lames yakuza. Mais il ne pouvait ignorer leur tambourinement sourd contre les parois du scaphandre.
Lorsqu'il fut en mesure d'écarter à nouveau les mains, sa malle avait à nouveau pris une petite avance. Il lui courut après, aussi vite que le lui permettait son attirail, ayant oublié, avec toutes ces émotions, qu'un seul mouvement de son poignet sorcier aurait suffi à bloquer les chenilles. Jetant des coups d'œil inquiet au ciel hésitant, il stoppa puis ouvrit à la hâte sa malle, fouilla dedans comme si -how ironic- sa vie en dépendait. Il en extirpa ce qui semblait être un gros boudin de toile jaune citron. Le soleil avait de nouveau disparu sous une couche de nuages laiteux gorgés de pluie. Les phalanges du squelette tremblaient, tandis qu'il tâchait fébrilement d'ouvrir la fermeture éclair du boudin. Qui n'était autre qu'une tente une place ; merveille de technologie, ce petit bijou avait séduit le maestro non seulement en raison de sa couleur pimpante, mais aussi parce qu'elle était supposée, selon le vendeur, ne pas nécessiter le moindre montage, mais surgir instantanément et prête à l'emploi hors de son emballage.
O joie, le marchand n'avait effectivement pas menti. La tente sembla bondir joyeusement dans les airs avant de se poser gracieusement sur le sol rocailleux ; et cela tombait bien, car une nouvelle averse venait de commencer, laissant tout juste à Orpheo le temps de se précipiter dans le précaire abri. Il resta là tout le temps de la durée de l'averse, recroquevillé sur lui-même, terrifié par le martèlement de la pluie sur la toile jaune. Cette tente était bien jolie, mais n'avait pas l'air franchement très solide, ni même extrêmement étanche. Combien d'averses comme celle-ci supporterait-elle ? Quelle était la longueur du chemin ? La pluie avait à nouveau cessé ; le squelette savait qu'il était temps de sortir, qu'il fallait courir, dévaler les quelques mètres suivants, profiter de l'éclaircie... mais il était tétanisé. S'il en avait été capable, il aurait pleuré - mais c'était évidemment techniquement impossible, et de toute façon hors de question. Toujours est-il qu'il était incapable, absolument incapable, de quitter son abri, ou même de desserrer les bras. Recroquevillé comme un petit garçon terrorisé, il murmura d'une toute petite voix :
"CJ... mon petit... Au secours, viens me chercher !" |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête d'Orpheo Bang Ven 28 Jan - 12:24 | |
| Soudain, la pluie s’arrêta. Ce fut le changement qu’Orpheo remarqua sûrement en premier, mais ce ne fut pas le seul. La lumière, elle aussi, changea imperceptiblement, ainsi que l’atmosphère. Tout ça pour la simple et bonne raison que la tente n’était plus au milieu de la Brume, sous la pluie, mais au milieu des ruines enneigées. Quand Orpheo aurait le courage de sortir de sa tente, il pourrait se rendre compte que sa malle était là, elle aussi, ainsi qu’une sorte de coffre ancien. A l’intérieur, il trouverait tout ce dont il pouvait rêver pour se protéger de la pluie, ainsi qu’un livret lui prédisant toutes les pluies/averses/etc jusqu’à juin. Visiblement, la Brume lui accordait une chose que peu de Sywhaîdiens avaient la chance d’avoir : Orpheo n’aurait pas à se retrouver sous une averse impromptue sans y être préparé. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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