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 Mystère

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Mystère   Ven 5 Nov - 10:40

Bon, elle avait presque fini d'étendre ces draps et, honnêtement, elle n'en était pas fâchée. Bien sûr, ce n'était pas la corvée la plus horrible de la Lande, elle aurait pu être dans les marais, de la boue jusqu'au cou, ou se casser le dos en deux à tailler des bûches ; plier et étendre du linge était une tâche assez peu ingrate, surtout maintenant qu'il faisait trop froid pour que ce soit sous le préau, dans les courants d'air. (Malheureusement, ce n'était qu'un remplacement provisoire, la blanchisseuse officielle étant absente pour la saison) Dès octobre-novembre, on réservait deux salles des étages supérieurs à cet usage. On tendait de grands fils en travers de la pièce. Ce n'était pas idéal, vu qu'il fallait quand même faire les allées et venues dans les escaliers depuis le lavoir (qu'on pouvait difficilement déménager), mais ce n'était pas non plus un calvaire. Seulement normalement, quelqu'un aurait dû aider Marianne pour cette corvée. Plier le linge était beaucoup plus facile à deux que seule, et elle n'avait en prime aucune idée de la personne qui lui avait finalement fait faux bond (probablement par un accès de flemme aigu). Enfin, le pliage était terminé, il ne restait plus qu'à étendre la nouvelle lessive et ça, ce serait aussi simple toute seule.

Marianne s'empara du premier drap et, en sifflotant, le disposa sur l'un des fils. C'est à cet instant qu'un objet non identifié tomba d'un des replis du drap. La demoiselle se baissa et défroissa le petit pan de vêtement plié, qui s'avéra être une... petite culotte pour le moins sexy. Marianne fronça les sourcils, non pas qu'elle ait été choquée par ce type de lingerie (elle-même n'avait que ce genre de choses), mais parce qu'en général on ne lavait pas les affaires personnelles avec les draps de la collectivité, précisément pour éviter d'avoir à frapper à toutes les portes pour demander à qui appartenait telle ou telle affaire. La Française se voyait également mal aller poser une annonce sur le panneau d'affichage, entre une corvée de pêche et un cours de potions, pour déclarer qu'une petite culotte échancrée, rouge à dentelle noire, recherchait sa (son ??) propriétaire.

[Ouvert ! Qui veut venir mener l'enquête ? Et qui veut être la proprio ?]

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Jack Morgan
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MessageSujet: Re: Mystère   Lun 15 Nov - 13:42

« Rouge et noir. Classique. Ca me fait penser à Huan, on dit toujours que s’envoyer en l’air avec l’ennemi n’est pas l’idée du siècle, mais en tout cas, crois-moi, ça promet de belles parties de jambes en l’air. Surtout quand le Huan en question sait se servir de menottes autrement que dans le cadre professionnel… Charmant garçon, on est restés en contact après la guerre, mais étrangement ça n’a jamais plus été aussi bon entre nous une fois que nos deux pays ne nous envoyaient plus nous entretuer… »

Adossé contre l’encadrement de pote, son long manteau ardoise embellissant sa silhouette déjà bien agréable à regarder, les bras croisés devant lui, Jack semblait s’être perdu dans ses souvenirs, qu’il avait, selon son habitude, évoqués à voix haute, ajoutant encore une pile de choses qui ne semblaient avoir aucun sens à toutes les choses qu’il disait quotidiennement. Il souriait d’un air pensif. Ca faisait des années qu’il n’avait pas pensé à Huan et il prit le temps d’y penser de façon à lui faire honneur. Finalement, il se redressa, tapa dans ses mains, comme pour se sortir de force de ses souvenirs (qui avaient l’air bien agréables) et dit en s’approchant :

« Captain Jack Morgan. » Hum, évidemment, penser à Huan et à ses années comme militaire lui avait fait ressortir le grade, il n’en sourit pas moins, il en fallait plus pour perturber l’immortel. « On n’est pas sensé être deux pour l’étendage de draps, normalement ? »

Il n’avait fait aucune corvée de lessive depuis son arrivée, mais il se souvenait bien qu’à l’époque, ou plutôt aux époques où il avait vécu ici avant, ça avait plus ou moins été la règle, histoire qu’un pauvre pèlerin ne passe pas une après-midi à étendre des draps dans la douleur. Mais l’écossais à l’accent américain (il avait vécu tellement longtemps là-bas qu’il en avait perdu son accent) sembla vite oublier sa question, laissant couler son regard bleu foncé vers la petite culotte. Oh, rouge et noir, classique ! Ca lui rappelait Clara…

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: Mystère   Mar 16 Nov - 14:27

"Euh... si, si, effectivement...c'est gentil de vous proposer, mais vous arrivez un peu tard... Captain", répondit finalement Marianne, passées les un, deux, trois, quatre secondes nécessaires à digérer l'ensemble du monologue qu'elle venait d'entendre. Et à se remettre également de la beauté presque excessive de celui qui l'avait prononcée, par ailleurs. Et elle désigna du regard la pile de draps effectivement pliés. Un captain, hein ? Il ne devait pas être dans la cavalerie, alors.

"Apparemment, mon collègue s'est débiné", expliqua-t-elle en haussant les épaules, sans quitter Jack des yeux ; ben oui, euh, elle essayait de déterminer si, par hasard, ce n'était pas lui qui aurait dû venir l'aider, mais aurait préféré se contenter du rôle d'inspecteur des travaux finis... mais ça ne lui semblait pas trop coller - et okay, là, elle n'était probablement pas très objective. Seulement Jack était vraiment... beau, mais à la limite ce ne semblait pas être ça l'essentiel. Il respirait la sensualité, c'était presque perturbant ; en général Marianne avait du mal avec les gens trop parfaits physiquement. Bon, elle aimait les jeunes gens bien faits de leur petite personne, ça oui (à part Nelson, lui n'était même pas vraiment mignon, mais c'était un cas à part, auquel elle s'était, hum, hum, promis de ne plus penser). Mais Jack semblait s'être échappé d'une page de magazine retouchée ; il n'y avait rien à redire. La question de savoir s'il vous plaisait ou pas ne se posait pas.

"Tu veux rester ?"

C'était à peu près la seule chose qu'on pouvait avoir à lui dire, non, à ce captain Jack ? Et quelque part, il ne pouvait que dire oui à tous les coups, non ?

"Il reste ceux à étendre. Et on pourra tâcher de retrouver..."

Elle détacha pour la première fois les yeux de son interlocuteur depuis l'arrivée de ce dernier dans son champ de vision, pour les poser à nouveau sur le microscopique morceau de tissu affriolant entre son pouce et son index. Elle fronça les sourcils.

"J'avoue que j'avais plutôt pensé à une fille mais..."

Elle sourit malgré elle en devinant l'approche de Jack. Releva à nouveau les yeux vers lui.

"Un vrai captain ?" demanda-t-elle en souriant. Ce n'est parce qu'on était diablement par quelqu'un qu'il fallait pour autant en perdre tous ses moyens.

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Jack Morgan
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MessageSujet: Re: Mystère   Jeu 13 Jan - 13:48

« Not for a really long time… » répondit Jack avec un sourire toujours aussi étincelant, mais un peu plus subtil, où on pouvait voir, peut-être, quelque chose de plus profond.

Et il disait la vérité. Quand avait-il été militaire pour la dernière fois ? Il y avait… Quarante an ? Quelque chose comme ça. Bien sûr, on avait continué à l’appeler Captain pendant plus longtemps, mais ça ne changeait rien, le grade, il ne l’avait pas porté réellement depuis quatre grosses décennies. Ce qu’il ne dit pas, évidemment, quand on était en charmante compagnie, on évitait en général de devenir trop précis sur son immortalité, autrement on perdait toute chance de passer un bon moment.

Quand Marianne lui avait demandé s’il voulait rester, de fait, Jack avait trouvé la réponse tellement évidente qu’il n’avait même pas répondu, se contentant d’enlever son long manteau couleur ardoise et de le plier sommairement avant de le poser sur un banc qui se trouvait dans un coin. Il semblait respecter ce manteau, comme s’il était un vrai reliquat d’uniforme, alors que la découpe ne pouvait en faire qu’une imitation, sauf si on savait que Jack était immortel, ce qui changeait bien des choses. Néanmoins, quand il était revenu vers Marianne, sa chemise bleue maintenant visible, un de ces bleus qui s’accordaient parfaitement avec celui, saisissant, de ses yeux et le mettaient en valeur, et qu’elle avait ajouté qu’il y avait encore des draps à étendre, Jack ne se fit pas prier, et se mit à remonter ses manches. Il n’avait jamais rechigné à travailler, surtout pas quand il se trouvait face à une si jolie camarade.

Après avoir répondu sur son grade de capitaine, il se dirigea donc vers les quelques draps qui restaient à étendre, en prit un, et avec ce qui semblait être une certaine habitude, se mit à l’étendre. Bon, il ne fallait pas avoir fait Harvard pour savoir étendre un drap, mais beaucoup de mâles auraient sûrement cafouillé durant ce genre d’exercice, Jack lui semblait tout à fait savoir ce qu’il faisait. Il avait vécu assez longtemps, en célibataire, pour savoir faire à peu près tout ce qu’on devait faire dans une maison, et puis, cette corvée n’avait pas beaucoup changé depuis les dernières fois où il avait été à Sywhaîd.

« Tu as des suspects ? » demanda-t-il avec un sourire enjôleur en direction de Marianne… puis de la petite culotte.

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: Mystère   Lun 17 Jan - 23:49

[J'ai pas bien suivi où était passée la culotte]

Il était difficile de ne pas poser les yeux sur Jack, de ne pas le regarder faire lorsqu'il retirait son manteau et le pliait avec soin, ou qu'il s'occupait du premier drap de la pile. mais le regarder droit dans les yeux lorsqu'il vous décochait un sourire enjôleur l'était davantage, et Marianne fut obligée de baisser le regard, sentant un semblant de chaleur (et probablement de couleur) lui monter aux joues. Ce qui ne l'empêcha pas faire quelques pas vers Jack pour attraper deux des coins du drap ; si cette corvée était prévue pour deux personnes, c'est parce qu'il était plus facile de plier à deux les longs et lourds linges de lin de la communauté.

Marianne recula de plusieurs pas, pour que le drap soit bien tendu avant qu'ils ne le replient en deux en se rapprochant à nouveau l'un de l'autre. Et ainsi de suite, deux fois. Drôle de ballet dansant qui débutait, les amenant à se fuir et se retrouver sans cesse. Maintenant la jeune française arrivait à peu près à maîtriser la température de ses joues, et ses mains serrant fermement les toiles fraîchement lavées ne tremblaient pas. Mais elle était à peu près certaine que le regard perçant de Jack avait l'habitude de reconnaître chez ses interlocuteurs l'effet qu'il produisait, sans doute immanquablement, sur eux. Elle n'allait pas faire semblant d'être indifférente au charme de cet étrange capitaine ; elle était un peu trop mal placée pour jouer les jeunes filles effarouchées et/ou bien élevées. Elle avait un peu trop souvent passé outre certaines réticences pour se souvenir comment résister quand rien ne la retenait. Elle pouvait prétendre que c'était par réserve qu'elle ralentissait légèrement sa marche en direction de Jack, mais c'était se mentir à elle-même. D'expérience, les personnes qui paraissaient trop empressées étaient rarement séduisantes.

Elle ne répondit à sa question qu'une fois retournée à sa hauteur, tout en relâchant les coins du drap, maintenant qu'il avait été suffisamment plié et que Jack pouvait les récupérer. Évidemment, ça impliquait que leurs mains se frôlent au passage.

"Eh bien... oui", dit-elle d'un ton tranquille, en dirigeant elle aussi ses regards en direction du mystérieux morceau de tissu.

"Elle pourrait appartenir à n'importe qui, non ? Mais je suppose que si je possédais ce genre de... vêtement, ou que d'une façon ou d'une autre elle s'était retrouvée dans mes affaires... Et supposons que je me sois rendu compte qu'elle avait disparu par mégarde en même temps que mes draps... Je pense que j'aurais essayé de venir le récupérer discrètement ; par exemple dans la buanderie."

Jack s'était éloigné pour poser le premier drap plié sur une table, avant qu'ils ne récupèrent le suivant. Marianne pouvait plus facilement planter ses yeux dans les siens, ce qui donnait à son visage un étrange et assez séduisant mélange de candeur naturelle et d'effronterie manifeste.

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Jack Morgan
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MessageSujet: Re: Mystère   Mer 26 Jan - 20:26

Ils passèrent donc au pliage de drap, après que Jack ait fini d’étendre le dernier drap fraîchement lavé. La petite danse du pliage avait quelque chose de gracieux, du moins quand elle était exécutée par Marianne et Jack. A les voir comme ça, on aurait presque pu les imaginer danser dans un bal tenant place dans un roman de Jane Austen. Le mouvement du drap donnait une impression de fluidité à leurs mouvements, et, à chaque mouvement, laissait apparaître une odeur de propre et de frais tout à fait agréable. Jack effectua une petite révérence, une fois que le drap complètement plié lui fut resté dans les mans, une révérence gracieuse et tout à fait parfaite, du genre qui montrait qu’il avait réellement appris à les faire (il y a très très très longtemps de ça, mais Marianne ne pouvait pas s’en douter). Il alla ensuite poser le drap, tout en écoutant les théories de la jeune femme.

« Oh. » dit-il avec un sourire amusé qui découvrit sa dentition parfaite tout en illuminant son (presque trop) beau visage. « Plutôt bien réfléchi. »

Le duo saisit un nouveau drap, et la petite danse recommença. Très sincèrement, il était plutôt facile de se laisser tourner la tête par ces pas gracieux, l’odeur du linge propre, le sourire de Marianne, et le frôlement délicat de leurs doigts à chaque nouveau pli, frôlement qui, mais était-ce un effet de l’imagination du captain ?, semblait se faire un peu moins bref à chaque passage. Jack, en attendant, fit mine de réfléchir. Il lança un nouveau regard à la culotte, entre deux plis, puis dit :

« Non. Définitivement, à part quelques aventures bien trop passées, et bien trop éloignées pour qu’elle se retrouve ici, cette culotte ne me dit rien. Pour une fois, je suis innocent, même si je n’irais pas jusqu’à dire que je le suis comme l’agneau. »

Nouveau sourire, pas vraiment innocent, tout comme le regard qu’il plongea quelques instants dans celui de Marianne, un peu trop appuyé pour cacher de chastes pensées. Mais à ce stade du nouveau séjour de Jack Morgan à Sywhaîd, il était de notoriété plutôt publique, qu’aucune pensée de l’ancien militaire n’était jamais chaste, surtout pas quand il était accompagnée d’une belle jeune femme. Ou d’un beau jeune homme. Ou d’un beau caniche. (humpf, c’est une blague, hein, Jack était allergique aux chiens de toute façon).

« J’aurais tendance à dire que c’est à une femme, la taille exclut toute possibilité masculine, elle est bien trop petite pour qu’un de nos gaillards entre ses jolies petites fesses dedans. » Il chassa rapidement une image fugace des deux Tonies en culotte en dentelle rouge et noire, et ajouta : « On exclut les enfants, aussi, et les ados, aucune d’elle n’est assez dévergondée pour porter ça. Ca exclut une bonne partie de la population. »

Ce disant, ils finirent de plier le second drap et, cette fois, tout en récupérant les coins de Marianne, Jack la retint de ses mains un peu plus longtemps que les premières fois, un peu trop longtemps, avec un sourire à faire fondre n’importe quelle personne dotée d’yeux en bon état de fonctionnement, avant de relâcher sa prise avec naturel, et d’aller de nouveau poser le drap sur la pile qu’il venait d’entamer.

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: Mystère   Mer 2 Fév - 22:03

Le ballet drapé se poursuivait et, de plus en plus perceptiblement, le rythme changeait. Les deux Sywhaîdiens s'éloignaient l'un de l'autre, s'empressaient de revenir l'un vers l'autre, prolongeaient sensiblement le contact de leurs doigts les uns contre les autres. Les yeux dans les yeux, le sourire paisible et... dans le cas de Marianne, au moins, la respiration de plus en plus précipitée. Elle n'aurait pu dire si c'était lié à la situation, à cette danse de séduction, faite d'évitements, de rapprochements trop brefs... où si elle aurait, de toute manière, les mains pinçant des draps ou plongés dans la tourbe, ou coupant des pommes de terre, trouvé Jack terriblement irrésistible. Tellement séduisant que c'en était presque agaçant.

Mais Marianne n'était pas certaine d'avoir encore suffisamment de fierté pour s'agacer de ce mouvement contre lequel elle ne pouvait rien. Son honneur était loin d'être suffisamment immaculé pour qu'elle veuille empêcher ses pieds d'avancer vers Jack, ses mains de s'attarder contre celles de l'homme, ses doigts d'effleurer les siens comme par accident, ses yeux de rester plongés dans les iris trop bleus du capitaine. Peut_être la blondeur de ses cheveux, la douce régularité de ses traits, trompaient-elles encore leur monde, la faisaient-elle passer pour une gentille demoiselle, délicate et bien élevée ; mais à elle-même, la Française ne pouvait plus mentir depuis longtemps.

Cela faisait belle lurette que sa raison avait prouvé son infériorité face à l'appel de la chair. Une fille bien ne se serait pas laissée aller à penser aux jolies petites fesses de Jack lorsqu'il avait évoqué, plus généralement, celles des garçons ; elle n'aurait pas silencieusement estimé que c'était une autre partie de leur anatomie -de l'anatomie de Jack ?- qui aurait peut-être eu du mal à loger dans la petite culotte... Elle aussi était manifestement loin d'être aussi innocente que l'agneau ; changer de décor ne suffirait pas à se racheter si facilement une bonne conduite. Il fallait aussi une certaine force, dont elle était trop clairement dépourvue. L'ennui étant qu'elle n'avait pas non plus suffisamment de cran pour assumer totalement ses désirs. Chaque fois que ses pas la ramenaient vers Jack, elle espérait avoir le courage de rester près de lui. Dès qu'elle s'éloignait à nouveau... il fallait bien plier ce drap, non ?

Il était un homme à femmes, c'était clair. Et à hommes, d'ailleurs. Il ne s'en cachait même pas. Il n'avait pas besoin de forcer son charme, de jouer les séducteurs attentifs. Il connaissait certainement assez bien -bibliquement, selon l'expression consacrée- une proportion assez importante des femmes susceptible de posséder cette fameuse petite culotte. Marianne aurait pu le lui faire remarquer, avec un sourire, souligner qu'il était, pour cette enquête, le plus indiqué ; qu'il pourrait plutôt naturellement toquer aux portes des intéressées, et leur poser directement la question. Mais elle ne voulait pas s'attarder sur cette idée, imaginer le (trop) beau Jack dans les quartiers de filles suffisamment légères pour porter ce genre de lingerie.

Il n'y avait qu'une seule femme qu'elle voulait, à cet instant, qu'il puisse éventuellement voir porter cette petite culotte ; et malheureusement, ce n'était pas sa propriétaire légitime. Marianne avait laissé derrière elle la plupart des ensembles que Nelson lui avait offerts. Avançant vers Jack, elle se prit à imaginer qu'elle portait l'un d'eux, au lieu de son uniforme de jeune fille sage, qu'elle ne pinçait pas les coins d'un drap, mais avait placé, provocante, les mains sur ses hanches. Inconsciemment, elle cambra légèrement les reins, les épaules un peu en arrière, la poitrine plus en avant, la démarche à nouveau plus lente. A hauteur de Jack, elle lui abandonna ses mains en même temps que ses coins du drap, levant vers lui son grand regard bleu. Celui qu'elle lançait à Nelson lorsqu'elle avait envie qu'ils fassent l'amour.

"Que fait-on, maintenant ?" souffla-t-elle. Compte tenu des relents de culpabilité vague qui la freinaient, elle aurait difficilement pu être plus explicite.

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Jack Morgan
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MessageSujet: Re: Mystère   Dim 10 Avr - 22:33

« Jeune fille, » répondit Jack de sa voix de velours, avant de déplacer du bout du doigt une longue mèche blonde qui était venue se loger un peu trop proche de l’œil de la française. « avec des yeux comme ça, la seule réponse qui me vient à l’esprit est sûrement la moins sérieuse… » Il fit glisser sa main de la mèche à la joue de Marianne. « Mais de loin la plus attirante. »

Il sourit de nouveau, ce sourire qui aurait donné envie de se damner à une bonne sœur, puis glissa doucement sa caresse jusqu’au menton de Marianne, qu’il attrapa entre ses doigts, avant d’incliner légèrement la tête de la jeune femme et de l’embrasser avec douceur. Jack avait embrassé à peu près trois millions de personnes dans sa vie (ou peut-être plus, certainement pas moins), il avait perdu le compte bien avant de mourir pour la première fois. Il avait donc de l’entraînement, et comme c’était couplé à un certain talent naturel, ses baisers étaient inoubliables. Ou du moins, c’était ce qu’on lui avait dit à plusieurs reprises. Lui-même n’oubliait pas une personne qu’il avait embrassée. Malgré toutes les personnes qu’il avait rencontrées, tous les gens avec qui il avait passé ce genre de bons moments, un baiser était toujours un baiser. Et même si on était du genre à aimer s’envoyer en l’air et à ne pas considérer que c’était quelque chose de particulièrement sérieux, on pouvait toujours considérer ça comme important.

Malgré tout, une des choses qui faisaient que les baisers de Jack étaient inoubliables, était qu’il ne pensait à rien quand il embrassait. Il embrassait, un point c’est tout. Et du coup, il ne pensa pas du tout à la possibilité de, dans trente, cinquante, deux cents ans, finir par oublier le nom de Marianne, comme il avait oublié le nom d’anciens amants, sans pour autant avoir jamais oublié la sensation de leurs lèvres contre les siennes. Il ne pensa pas non plus au fait qu’il aurait pu être l’arrière-arrière-arrière-(etc)-grand-père de la jeune française. L’écossais n’avait jamais été du genre à avoir des tabous, et ça faisait longtemps qu’il s’était habitué à ce genre d’idées un peu stupides. Au lieu de penser à quoi que ce soit de ce genre, il fit glisser sa main dans le cou de Marianne, et de son autre main, qu’il positionna doucement dans le creux des reins de la jeune femme, il l’attira un peu plus à lui, tout en continuant ce baiser interminable, et pourtant bien loin d’être trop long.

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: Mystère   Dim 17 Avr - 23:04

Comme Jack écartait de la main une mèche trop proche des yeux de Marianne, cette dernière voyait s'effondrer quelques bastions supplémentaires de sa volonté -et ils n'étaient déjà plus nombreux. Elle ne pouvait évidemment pas savoir que Jack avait eu le temps d'acquérir de l'expérience en matière de gestuelle érotique, et se sentit simplement totalement fondre au contact littéralement électrisant de ses doigts, alors même qu'il n'avait fait qu'effleurer sa joue. Plus tard, quand elle repenserait à ce moment, elle se souviendrait que, tiens, Josh aussi avait eu ce geste, peu avant qu'ils ne fassent, hum, plus ample connaissance, quelques semaines plus tôt ; et qu'il faudrait décidément qu'elle pense à laisser ses cheveux mener leur vie, lorsqu'elle se trouvait en présence d'hommes séduisants. Mais pour l'heure, elle avait totalement oublié Josh, Nelson, tous les autres, ce qui, en soit, témoignait ô combien en faveur des talents du beau Jack. Il était rare que Marianne se laisse complètement aller ainsi, qu'elle ferme son esprit aux souvenirs, comparaisons et autres soupçons de culpabilité. Il lui semblait n'être plus qu'une sorte de machinerie électrique, répondant instantanément aux impulsions subtiles des doigts de Jack.

S'il embrassait bien ? Marianne n'était même plus en état d'évaluer quoi que ce soit ! Et rien au monde ni personne n'aurait pu la persuader d'interrompre ce baiser. La chaleur provoquée par ce premier contact de leurs lèvres semblait se répandre dans ses membres, et il lui fallut un instant pour se rendre compte que cela tenait au fait, entre autres, que Jack avait positionné l'une de ses mains dans le creux de ses reins. Marianne ne demandait pas mieux que se laisser ainsi caresser, pourvu qu'on la laisse continuer de répondre au baiser du capitaine. Elle ne retrouva que très progressivement le fil de ses pensées, et la première d'entre elle fut d'estimer que, vraiment, cet homme savait y faire. Il pouvait l'avoir tant qu'il voulait ; en fait, il pouvait très certainement avoir n'importe quelle femme. S'il continuait de la toucher, de l'embrasser ainsi, elle était toute prête à inscrire, en connaissance de cause, son nom au bas de la liste de ses conquêtes.

Ils auraient quelques minutes, quelques heures, peut-être, absolument délicieuses, méritant sans nul doute qu'elle fasse fi des quelques poussières d'honneur ou de fierté qui pouvaient encore lui rester, après son propre passif. Elle se flattait doucement de l'idée que, jusque là, pour les hommes avec qui elle avait couché, elle demeurait un souvenir inoubliable, mais dans le cas de Jack elle savait pertinemment qu'elle n'était qu'une fille de plus. En soi, ça ne changeait rien, cela ne rendait pas les caresses de l'intéressé moins agréables. Marianne n'aurait vraiment pas cru que cette petite pensée pouvait réellement lui poser problème. Enfin, quoi ! On lui offrait le meilleur baiser qu'elle ait jamais reçu, des caresses qui lui faisaient lui demander ce que diable elle faisait encore en chemise et pantalon, et elle se payait le luxe d'avoir ce genre de considérations ? Si étrange et stupide que cela puisse paraître, elle se détacha pourtant bel et bien, encore souriante du plaisir reçu, de l'étreinte du mystérieux capitaine, les yeux fermés pour résister à son sourire et à son regard trop bleu.

Cela faisait un drôle d'effet de ne plus être, tout à coup, à son contact. La pièce réapparaissait autour d'elle, envahie par des draps tout prêts à l'usage. Non, tout était... un peu trop évident. Il fallait qu'elle tombe dans les bras de Jack, parce qu'on ne pouvait tout simplement pas résister à un homme pareil, si, en plus, le mobilier s'y mettait... Sans parler de ce hasard malicieux qui avait glissé une culotte coquine dans le linge communautaire. Marianne n'était pas assez forte pour résister à une telle pression ; mais il lui restait juste assez de fierté pour différer un peu la délicieuse échéance.

"...très prometteur", souffla-t-elle, avant de se diriger lentement, mais assurément, vers la sortie, la tête et le corps encore tout bourdonnants.

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