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Sujet: Funhouse Lun 1 Nov - 23:55
Le problème quand on jouait à la petite jeune femme bien sous tout rapport, et qu’on le jouait bien, c’était qu’on vous prenait pour cette godiche en question. Et que du coup, on ne se gênait pas pour vous demander de l’aide. Tenez, par exemple, rien qu’exactement huit minutes plus tôt. Juliet avait fait la bêtise d’essayer d’aller discrètement jusqu’aux cuisines pour se faire une tartine de quelque chose. Pas discrètement parce qu’elle n’avait pas le droit de manger (ou qu’elle pensait que son personnage de Miss Gentille n’avait pas le droit d’avoir envie de manger à trois heures de l’aprem) mais bien parce qu’elle n’avait aucune envie de croiser Jay à ce moment précis. Ils avaient passé la soirée, et la nuit, de la veille ensemble, et il n’était parti de vers dix heures, après un bon petit déjeuner à deux, so romantic ! (et surtout ennuyeux comme la pluie qui tombait ce jour-là) et elle avait sérieusement besoin de respirer. Elle avait eu son quota d’Anglais sirupeux, alors la mission grignotage s’était faite seulement parce qu’elle avait vraiment eu faim, et qu’elle n’avait plus rien à manger dans sa chambre.
Elle s’était donc faufilée jusqu’aux cuisines, jusque là, pas de souci. Sauf qu’au moment où elle finissait sa tartine de miel, il avait évidemment fallu que la cuisinière en chef, Mrs Meike, l’espèce de monstre immense qui faisait presque deux têtes de plus que Juliet, débarque. Et réalise opinément que, oh, tiens, ils n’avaient plus de miel en réserve. Et que comme, ahah !, Juliet l’avait fini, elle pouvait bien aller en chercher chez l’apiculteur lui-même. Ou plutôt, lui demander où, bon dieu !, il avait entreposé les pots de miel qu’il avait ramenés quelques jours plus tôt parce que l’idiote cuisinière ne les trouvait plus. Bien évidemment, Meike n’avait absolument pas obligé Juliet à aller demander quoi que ce soit à Buzz, elle n’avait même pas induit quoi que ce soit à propos du fait qu’elle était celle qui avait fini le dernier pot, mais Juliet s’était sentie piégée. Après tout, pourquoi aurait-elle refusé ?
Elle avait fini son chemin jusqu’à la cabane en question en courant, et en essayant, ce faisant, de ne pas se vautrer dans la boue. Il s’était mis à pleuvoir alors qu’elle était déjà dehors, et évidemment, elle n’avait pas pris la peine d’aller chercher une veste, pensant qu’elle était suffisamment vêtue pour faire l’aller-retour, et n’ayant pas envie d’y passer trois mille ans. Sauf qu’évidemment, elle portait un pull, relativement fin, blanc, qui était à présent tout à fait transparent, vu qu’il était détrempé, et laissait voir un soutien-gorge en dentelle noire. Sa mini-jupe en tweed clair n’était pas transparente, elle, dieu merci (bon Juliet n’était pas la personne la plus pudique au monde avouons-le, mais ça n’était pas vraiment marrant de savoir qu’on pouvait voir vos sous-vêtements quand ça n’était pas fait exprès), mais ses collants opaques blancs étaient couverts d’éclaboussure de bout, sans compter ses bottines en nubuck clair qui étaient à peu près bousillées (enfin, elle les récupèrerait, mais elle aurait du travail). Ses cheveux blonds étaient attachés en deux nattes courtes (vu qu’elle avait les cheveux courts) qui dégoulinaient dans son cou (et dans son décoletté, comme d’habitude assez imposant). Quant au maquillage, heureusement léger, qu’elle avait appliqué après sa douche ce matin il avait complètement disparu.
Malgré tout, elle frappa à la porte de la cabane. Elle n’était sûrement pas encore assez intoxiquée par Sywhaîd pour débouler sans frapper chez quelqu’un, même quand le chez quelqu’un en question était une cabane pourrie au milieu de la lande.
[Buzzounet ?]
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Sujet: Re: Funhouse Mar 2 Nov - 23:39
Juliet trouvait sa petite vie de petite blondinette gentillette un peu trop rangée ? Elle voulait du désordre ? En se dirigeant vers la cabane de l'apiculteur, au fond du verger, elle trouverait peut-être son bonheur ou, tout du moins, ce dont elle pensait avoir besoin en cet instant T. Sans doute le lieu ne payait-il pas de mine : c'était réellement une minuscule bicoque de bois, certes bien bâtie, mais dont le seul luxe semblait en une cheminée de poêle visiblement en parfait état de marche -ceci dit, par ce temps abominable, c'était bel et bien un équipement appréciable. Par ailleurs, d'étranges bruits étaient audibles de l'extérieur : comme des coups, des grincements de ressorts, un lit qui bouge. Ils s'interrompirent lorsque Juliet frappa à la porte ; le silence fut bref, pas plus d'une ou deux secondes, et une voix invita la jeune femme à entrer.
L'apiculteur était torse nu ; quelques gouttes de sueur perlaient sur son torse sec mais musclé. Il était agenouillé sur son lit, ou plus exactement sur le sommier de celui-ci, dont il remplaçait deux lattes brisées. Il avait pour se faire ôter le matelas, repoussé contre le mur, et les couvertures, posées en vrac près du poêle ronflant, qui malgré sa petite taille diffusait sans mal sa tiédeur exquise dans l'ensemble de la petite pièce. L'apiculteur avait presque terminé sa tâche, il releva à peine la tête pour inviter d'un geste de la main sa visiteuse à entrer. Si rapide qu'ait été son coup d'œil sur elle, il avait suffi à la détailler dans les grandes lignes, en tout cas à noter qu'elle était relativement peu vêtue et dégoulinante de pluie. Déjà penché sur son ouvrage, son attention portée sur la latte qu'il pliait avec délicatesse pour l'encastrer dans le sommier sans la briser, l'homme prit pourtant la parole.
"Enlevez vos vêtements, vous allez prendre froid ; et séchez-vous près du poêle, j'ai presque terminé."
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Sujet: Re: Funhouse Ven 26 Nov - 18:19
L’apiculteur était torse nu. Mais Juliet n’arrivait même pas à se souvenir d’une fois où elle l’avait vu avec sa chemise sur le dos, à chaque fois qu’elle l’avait croisé cet été, au mieux, il avait la chemise parfaitement ouverte laissant voir son torse. Il faut dire qu’il y avait quelque chose d’agréable dans la contemplation d’un beau torse, mais Buzz était trop vieux (ou semblait trop vieux) pour que Juliet, dans ses jours habituels, ne s’intéresse à lui. Le fait que Jeremy l’ennuie autant, et le fait qu’elle accumulait une certaine frustration depuis son arrivée, changeait légèrement l’éclairage des choses. Elle était dans une cabane, avec un homme connu pour sauter tout ce qui bougeait (et n’avait pas de poil aux gambettes) et il était torse nu. Et il lui disait de se déshabiller. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour qu’une idée tordue ne germe dans l’esprit de notre douce, si douce Juliet. Après tout, elle était à peu près sûre que Buzz n’était pas du genre à crier ses exploits sexuels sur tous les toits. Avec un peu de chance, elle pourrait coucher avec lui, avoir autre chose que du sexe anglais et policé (ce que Jeremy lui offrait, du moins d’après elle), et en plus le faire dans le dos de Jeremy. Et au pire, s’il l’apprenait, il ne serait pas très compliqué de le lui mettre sur le dos, en lui faisant remarquer que lui il était bien toujours amoureux de Kay et ne faisait rien pour le cacher. Oh merde, il fallait qu’il l’apprenne, un jour ou l’autre. Un sourire peu sympathique étira les lèvres de notre héroïne, mais heureusement, l’apiculteur était trop occupé sur son sommier (hum) pour le voir.
Elle s’approcha donc du poêle en question et commença par enlever son pull, qui était vraiment désagréable à porter une fois trempé. Elle enleva ensuite ses chaussures, puis son collant. La jupe fut le dernier vêtement qu’elle enleva, elle préférait rester dans son bel ensemble de lingerie en dentelle noire, qui mettait ses formes en valeur (et elle en avait, elle était de loin la plus dodue des trois Nortons, et était obligée de faire attention à ce qu’elle mangeait pour garder la ligne qu’elle avait). Elle tordit ses nattes, afin de faire tomber le plus d’eau possible, puis se réchauffa du mieux qu’elle le pouvait, grâce au poêle, et à l’absence de vêtements mouillés. De fait, c’était beaucoup plus agréable, et même si Buzz, pour le moment, continuait à bricoler, elle avait hâte qu’il la voie ainsi, sûre que cette vision réveillerait quelques pensées moins honnêtes que la réparation d’un sommier.
De fait, en sous-vêtements, loin de se tenir recroquevillée, visiblement pas pudique pour un sou, Juliet n’avait plus l’air de la femme-enfant innocente que les Sywhaîdiens connaissaient. Elle avait l’air plus adulte, plus décidée, bien plus attirante, aussi. Et plus dangereuse. Elle n’avait pas envie d’une aventure romantique avec l’apiculteur, du romantisme sirupeux elle en avait assez avec Jeremy, merci bien. Non, elle avait envie de quelque chose de passionné, de rough et pour ça laissait tomber le masque.
« C’est par galanterie exagérée que tu fais durer les travaux ou alors tu n’as finalement aucune envie de me voir dans mon plus simple appareil ? » demanda Juliet, sur un ton plein d’insolence, à la limite du vulgaire, mais tout à fait excitant, enfin, quand on ne s’appelait pas Jeremy Locksley et qu’on croyait encore aux contes de fées et au prince charmant trouvant sa princesse…
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Sujet: Re: Funhouse Dim 5 Déc - 19:51
Est-ce que Buzz avait suggéré à Juliet de se déshabiller sans la moindre arrière-pensée, non. Est-ce qu'il ne songeait alors qu'au bien-être de la jeune femme et à sa bonne santé ? Certainement pas. Est-ce qu'il trouvait à son goût la demoiselle qui avait soudainement, -et quelle bonne surprise !- fait irruption chez lui ? Assurément. Il devait disposer de ce bien utile sixième sens qui vous permet, l'air de rien, d'observer discrètement quelqu'un tout en ayant l'air de lui tourner le dos. Bien sûr, il ne profitait pas autant du spectacle que s'il s'était retourné, assis tranquillement sur le rebord du sommier pour, effectivement, assister aux premières loges à l'effeuillage. Mais Buzz n'était pas qu'un chaud lapin sautant sur tout ce qui bouge (et qui n'a pas les jambes poilues) ; il aimait faire durer le plaisir, ce qui n'allait pas sans un savant dosage de frustration.
Autrement dit, aucune des deux propositions avancées par Juliet pour expliquer la conduite de l'apiculteur n'était correctes ; mais elles eurent l'avantage de le faire rire, tandis qu'il mettait la main finale à sa réparation, en vérifiant la solidité par quelques coups de masse aux points stratégiques. Le rire était sincère, mais il était aussi une manière de dissimuler deux choses : d'une part, le fait qu'effectivement, Buzz avait trouvé le ton résolu, insolent adopté par la petite blonde passablement excitant. D'autre part, le fait que cette abrupte entrée en matière l'avait quelque peu déconcerté. Oh, ce n'était pas la première fois qu'on venait délibérément lui rendre visite en raison de... sa réputation, disons ; et Buzz connaissait suffisamment bien les femmes pour savoir que non seulement elles étaient toutes uniques en leur genre, avec leurs préférences et leurs manières de faire particulières, mais qu'elles étaient finalement loin d'appartenir majoritairement à la catégorie des vierges effarouchées. Peut-être cela était-il dû à la rigoureuse sélection opérée par la Brume mais, quoi qu'il en soit, l'apiculteur n'avait pas à se plaindre à ce niveau là.
Seulement, Juliet... eh bien, Juliet avait bien joué son jeu. Même certaines personnes qui la connaissaient personnellement s'étaient faites avoir à son petit jeu, la prenant pour une demoiselle douce, délicate, effacée... Et Buzz n'avait pas particulièrement eu affaire à la douce Juliet jusque là. Peut-être que s'il avait passé plus de temps en sa compagnie, il aurait su, de par son expérience particulière de la gente féminine, qu'elle n'était pas tout à fait ce qu'elle prétendait être ; mais là, en tout cas, il était réellement surpris. Quant à savoir si c'était en bien ou en mal...
En fait il n'était pas forcément délirant de joie à l'idée que Juliet ait, de toute façon, l'intention de se laisser sauter dessus. Bien sûr, cela avait ses avantages, et il ne pouvait pas ne pas apprécier le spectacle de ses formes délicates, mises en valeur par une lingerie du plus bel effet, spectacle qu'elle offrait de si bonne grâce. Oh, elle n'avait pas à le lui demander deux fois : puisqu'elle le lui demandait si expressément, il ne se faisait assurément pas prier pour la dévorer des yeux. D'un autre côté, l'apiculteur trouvait toujours un peu plus d'intérêt aux chasses dont les objets ne se laissaient pas trop facilement attraper. Avancer à grands pas jusqu'à Juliet, lui arracher le peu de vêtements qui lui restaient et l'étendre sur le lit pour lui faire l'amour, vite fait, sauvagement fait, ça ne correspondait vraiment pas à ce qu'il aurait qualifié de programme délicieusement excitant. Partagé entre le désir indéniable que lui inspirait la jeune femme, celui de répondre à ses attentes, mais aussi celui de savourer un minimum l'instant, Buzz était donc quelque peu... décontenancé.
Mais enfin, ce n'était pas ça qui allait le laisser pantois, bêtement planté là, les bras ballants et la bouche stupidement entrouverte, alors même qu'il avait une adorable peste impatiente en sous-vêtements chez lui. Laissant là sommier et outils, il se dirigea donc vers le poêle en lui souriant, et, tout en continuant de la manger des yeux, tendit le bras vers un genre de chiffon qui était tendu, à sécher, près de la source de chaleur, pour s'éponger légèrement le torse. Peut-être que la torse faisait viril, et que certaines femmes trouvaient ça d'autant plus attirant, a fortiori celles qui l'abordaient à l'improviste façon "toi Tarzan, moi Jane" ; mais Buzz préférait être à peu près sec, quitte à se dépenser et à suer un peu plus tard de plus agréable manière. Tout en continuant de sourire, il fit un léger effort sur lui-même pour regarder Juliet dans les yeux ; il s'était suffisamment attardé jusque là sur son joli corps pour lui rendre l'hommage qu'il méritait, manière un peu particulière, peut-être, de s'excuser de ne pas lui sauter encore dessus. Mais maintenant qu'ils n'étaient plus qu'à un petit mètre l'un de l'autre, c'était un peu plus difficile.
"Ou peut-être simplement que je trouve les lits aux sommiers cassés très inconfortables ?" suggéra-t-il en arquant un sourire malicieux. "Ceci dit, je t'accorde qu'un lit n'est pas forcément absolument indispensable", ajouta-t-il presque immédiatement, en laissant retomber le chiffon, puisqu'il n'en avait plus besoin mais appréciait au contraire de retrouver l'usage total de ses deux mains. Il fit un pas vers Juliet, et posa ses mains dans le bas de son dos pour l'obliger assez brutalement à se coller à lui. Puisque c'était ce qu'elle voulait ; puisqu'il en avait tellement envie lui aussi. Leurs visages, cependant, demeuraient relativement éloignés l'un de l'autre. "Permets-moi de t'offrir un conseil, ma belle. J'ignore pourquoi tu es là, et ça ne me regarde pas." Ses mains commençaient déjà à se promener insensiblement, plus ou moins malgré lui, dans le dos de la jeune femme. Sa peau était particulièrement douce. Un pur délice. "Mais quels que soient les événements qui font que tu es venue, et quoi que tu aies en tête pour la suite, tant qu'à faire, oublie-le. La vie est d'autant plus agréable lorsqu'on la prend telle qu'elle est. Comme un éternel présent."
Evidemment, Juliet n'avait peut-être pas prévu qu'elle devrait se taper un petit couplet philosophe pour se taper l'apiculteur tout court ; ceci dit, la manière indéniablement virile dont il la serrait contre lui pouvait d'emblée, quant à ce dernier point, la rassurer.
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Sujet: Re: Funhouse Jeu 13 Jan - 23:17
Le petit couplet philosophique, c’était clair, elle aurait pu s’en passer. En toute autre situation, ça aurait sûrement mis un terme à toutes ses velléités de se taper l’apiculteur, qui avait déjà assez de casseroles comme ça (déjà il était… vieux… et habitait une petite cabane décrépie… et s’occupait d’abeilles… enfin bref). Sauf que, pour tout dire, presque malgré elle, Juliet était d’accord avec ce qu’il disait. Ou plutôt, son corps l’était. Toutes les fibres de son corps l’étaient. Elles lui criaient de profiter de ce moment, de profiter de chaque contact de la main de Buzz dans son dos, de la chaleur de leurs deux corps collés l’un contre l’autre, de leurs torses qu’une seule toute petite barrière de dentelle noire placée à un endroit stratégique séparait. Tout ça avait réveillé en elle une envie, un besoin tellement fort, puisque inassouvi depuis… Peut-être bien depuis Ike, qui était un salaud, mais avec qui sexuellement ça avait toujours été exactement ce que Juliet aimait, et ce dont elle avait besoin. Assez pour que son corps lui souffle d’oublier ses intentions malhonnêtes, de ne plus penser à Jeremy, et à la façon dont tout ça le détruirait, mais plutôt à l’apiculteur qui la tenait serrée contre lui et dont elle avait tellement envie.
Si son cerveau avait fonctionné normalement, si elle n’avait pas été surprise par la réaction de son corps qui avait apprécié la façon virile dont Buzz la prenait, la faisait sienne, elle aurait sûrement vu l’ironie de la situation. Elle était là pour tromper son petit-ami officiel, un petit-ami avec qui elle était depuis un certain temps… Et en fait, elle trouvait surprenant, au moment de le tromper, de réussir à l’oublier, ou s’en serait surprise si elle avait été dans une période de réflexion, et non d’action pure. Sûrement qu’on attendant des petites-amies qu’elles pensent au moins un petit instant à leur cher et tendre avant de les tromper, qu’une partie d’elles n’arrive pas à les oublier complètement. Et Juliet aurait voulu penser à lui, parce que ça n’aurait rendu cette trahison que plus délicieuse. Sauf qu’au moment où Buzz l’avait touchée, son corps avait pris le dessus sur le reste, et elle n’était plus là pour détruire Jay, mais pour prendre du bon temps. Pour ne plus se cacher, pour une fois.
Elle avait laissé tomber le masque, au moment où elle avait décidé de se déshabiller sans rechigner, et d’exciter B. par une réplique. Elle n’avait pas joué la comédie. Et c’était la première fois qu’elle était elle-même depuis qu’elle était arrivée à Sywhaîd. Et même avant ça, elle avait dû jouer la comédie pour manigancer son échappée. Alors, avant même de réaliser ce qui se passait, elle avait apprécié le fait de pouvoir être elle-même, de ne pas avoir à réfléchir avant de faire quoi que ce soit. Elle s’était sentie soulagée. Et libérée. Et cette libération était beaucoup plus violente qu’elle aurait pu l’imaginer.
Elle soutint le regard de Buzz, un sourire ironique au coin des lèvres, ce genre de sourires qui aurait presque pu la faire passer pour une fille adorable et innocente, s’il n’y avait pas eu cette lueur dans ses yeux, et si elle n’avait pas été en sous-vêtements à se coller contre un inconnu. Elle se serra encore un peu plus contre lui, et saisit ses bras de ses petites mains, doucement, mais avec une sorte de détermination qui faisait d’elle bien autre chose qu’une petite blonde perdue. Elle bougea légèrement les bras de Buzz, de façon à se coller un peu plus contre lui, et à resserrer son étreinte, avant d’onduler légèrement, d’une façon gracieuse et un peu menaçante à la fois, comme si la proie qu’on imaginait facilement être cette adorable petite blonde au visage de poupée se transformait soudain en prédateur.
Elle se mordit la lèvre, et demanda, avec un air faussement innocent qui n’avait rien à voir avec ce qu’elle réussissait si bien à imiter quand elle le devait :
« Alors… Je peux ouvrir mon cadeau ? »
Son regard se fit insolent, alors qu’elle glissait doucement ses mains entre leurs deux corps, puis s’attaquait avec la même lenteur insupportable à la tache compliquée d’ouvrir la ceinture de l’apiculteur sans pour autant laisser leurs deux corps se détacher l’un de l’autre.
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Sujet: Re: Funhouse Mer 26 Jan - 14:15
A ce stade, il n'y avait plus grand-chose à ajouter. Un hochement de tête approbateur ? Un éclat de rire presque gêné face à une proposition aussi osée, insolente et impudique ? Non, vraiment, il n'y avait plus rien à dire, plus rien à faire. Et Juliet pouvait se féliciter, au moins, d'avoir choisi pour partenaire l'apiculteur, qui n'était peut-être pas l'étalon le plus fringuant de l'écurie sywhaîdienne, mais qui avait encore suffisamment d'expérience de, hum, la vie, pour ne pas simplement se laisser complètement déborder par une situation à côté de laquelle quelques rêves érotiques auraient pu paraître insipides.
Une fille en détresse, jolie comme un ange, roulée comme un petit démon ; débarquée chez lui au milieu de la nuit, presque aussitôt en petite tenue ; qui ne voulait qu'une chose, coucher avec lui ; elle n'attendait pas de lui qu'il se montre gentleman, doux, galant. Même globalement adepte des préliminaires, un homme lambda placé dans la situation de Buzz ne pouvait faire autre chose que ce que fit l'apiculteur : se laisser faire. Expirer fort, et garder le peu de contrôle qu'il avait encore sur lui-même pour ne pas stupidement abréger un moment qui s'annonçait si agréable. Faire de son mieux, alors que les doigts de la demoiselle parvenaient tout juste à libérer le dernier bouton de pantalon de sa boutonnière, pour ne pas se laisser aller à imaginer sa bouche, sa langue...
"Wait a minute"
Il avait dû faire un louable effort de volonté pour saisir Juliet par la nuque, et l'obliger à se remettre debout. Mais même lui ne pouvait pas ne pas, tout en levant les pieds pour se débarrasser complètement de son pantalon, obliger la jeune femme à reculer, l'acculer contre le mur, se coller à elle, la bouche à hauteur de ses cheveux. Elle pouvait sentir la respiration précipitée de l'apiculteur lui chatouiller l'arrière de l'oreille. "C'est toi l'invitée, c'est à toi d'apporter un cadeau."
Il commença à se baisser, embrassant au passage Juliet à pleine bouche, presque sauvagement. Il n'avait absolument aucune idée de ce à quoi ses mains étaient occupés ; la jeune femme avait en tout cas, allez savoir comment et pourquoi, perdu son soutien-gorge lorsque les lèvres de Buzz arrivèrent à hauteur de sa poitrine. De quoi ralentir encore quelques secondes la lente descente de l'apiculteur.