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John Beaver

Nombre de messages: 3 Age: 49 Date d'inscription: 10/10/2010
 | Sujet: The Road So Far... Sam 30 Oct - 11:51 | |
| John voltige littéralement dans les airs. Ses pieds ont quitté le sol quelques fractions de seconde plus tôt, et une pensée éclair, une de celles qu’on n’a que dans les moments les plus dangereux, lui souffle que l’atterrissage ne sera pas agréable. « Really ? » répond une autre partie de son cerveau. Décidément, il pense à beaucoup de choses durant le très court temps qu’il passe dans les airs, mais à rien d’utile. Soudain, il sent le choc. Il s’écrase contre le mur de ciment, et sent tous ses os, tous ses muscles, et tous ses tendons en prendre un coup. Sa respiration est coupée, et encore une de ces pensées stupides l’assaille : il est trop vieux pour ces conneries. Dix, vingt ans plus tôt, il se serait relevé immédiatement. Il a beau être en très bonne forme physique, pour son âge, il n’en reste pas moins un homme qui s’approche plus des cinquante ans que des quarante. Il a eu du mal à réaliser qu’il devenait quadra, à l’époque, mais les cinquante, il les sent venir.
Il prend une inspiration et relève la tête, juste assez pour voir son adversaire. Il n’a aucune idée de ce que ce monstre est. En général, il arrive à avoir des informations, là il ne sait absolument rien sur cette bête. Il n’avait pas vraiment prévu de l’affronter sans aucune préparation, il n’était venu dans cette usine qu’en repérages, parce que les gens du coin disaient avoir vu, senti, perçu des trucs. Il y a eu trois morts étranges dans la région, mais pas assez étranges pour que John se méfie autant qu’il l’aurait dû. Il réussit finalement à prendre son souffle, et à se relever, en vacillant.
Sa vision se trouble, mais ça n’a rien à voir avec un vertige (il n’est pas une loque, non plus, et il en a vue d’autres). Il passe sa main sur son œil droit et n’est pas vraiment surpris d’y trouver un liquide chaud et poisseux. Du sang, donc. Il s’est sûrement ouvert à un endroit dans le crâne à un moment, avant que la Bête (elle mérite bien une petite majuscule) l’envoie valser à l’autre bout de l’entrepôt. Le texan grogne, de mauvaise humeur. Qui dit ouvert à la tête, dit saignement abondant, ce qui en général n’aide pas à calmer les créatures de ce genre, quoi qu’il n’ait pas vraiment eu d’illusions à ce niveau-là, la Bête ne se calmera pas. Mais surtout, qui dit ouverture au crâne, dit points de sutures, et très probablement à un endroit qu’il ne pourra pas atteindre lui-même, et il est évidemment hors de question d’aller à l’hôpital. L’ancien marines chasse cette pensée, ou plutôt la cloisonne, lui demandant de patienter, pour le moment, avant de penser à se soigner, il faut penser à réussir à survivre cette scène.
Tout ça, entre le moment où il s’est explosé à peu près toutes les parties du corps contre le mur de béton, et le moment où il laisse l’idée de points de sutures sur le côté, ça ne dure peut-être qu’une seconde, ou une demi-seconde. Le cerveau humain est rapide, très rapide, on s’en rend compte quand on est dans une situation de ce genre. Le temps n’a plus alors la même échelle. Une seconde peut devenir une éternité. John embrasse la scène de son regard clair, ou plutôt de son œil gauche, vu que le droit est rempli de sang (et une partie de lui a envie d’hurler que s’il perd son œil, sa carrière est foutue, mais John laisse cette partie de côté, elle aussi). Son shotgun se trouve à seulement trois ou quatre mètres de là, à côté de sa stupide lampe de poche qui l’illumine d’une façon presque ironique. Ironique parce que, bien sûr, la Bête est juste à côté, comme si elle voulait garder l’arme de John.
Il n’y a rien d’autre. L’entrepôt est vide, pas une petite barre de fer à utiliser, rien. Il n’y a que son shotgun et sa lampe de poche, à terre à côté de la créature, lui, un John Beaver en mauvais état, et couvert de poussière de ciment de surcroît, et la Bête, une sorte de wookie qui aurait rasé ses poils, en moins sympathique, et avec plus de griffes et de crocs. Le grognement est à peu près le même, et John a du mal à ne pas rire quand la Bête le pousse. Sauf qu’il n’y a évidemment rien de comique quand un monstre tout droit sorti de vos pires cauchemars se met à vous charger. La réaction de John est aussi surprenante que s’il avait éclaté de rire, vu qu’au lieu d’essayer de fuir, il charge à son tour, essayant ainsi de se rapprocher le mieux possible de son shotgun, sa seule arme, à part le couteau en argent gravé d’inscriptions magiques qui se trouve dans le revers de sa veste en cuir usée, mais qui ne sera pas d’une grande utilité, la Bête est trop grande pour qu’un coup de ce couteau serve à quoi que ce soit, et l’expérience a appris à John qu’elle ne craignait pas l’argent (ses balles de shotgun sont en argent et elles l’ont à peine fait grogner), ni les motifs magiques.
Ils se percutent à environ un mètre de l’arme. Toujours trop loin, mais plus prêt que ce que John avait imaginé, la Bête n’est pas très rapide. Malheureusement, elle est très forte, et même si John s’est précipité pour lui coller un coup d’épaule dans l’estomac, un endroit fragile pour pratiquement tout ce qui existe, elle semble à peine sentir le coup. Elle balance un bras, que John évite (et heureusement, il aurait sûrement été décapité sur le coup vu l’élan). Il se baisse et balance un coup de point dans le bas-ventre de la Créature, qui, cette fois, couine d’une façon bizarre. Sauf que ça l’énerve, et que cette fois elle ne joue plus. John n’arrive pas à échapper au second bras qui s’abat sur lui, le soulève du sol par le cou, et le balance à terre. Il n’a plus aucun souffle, et la prise de la Bête est tellement forte qu’il a l’impression d’avoir un étau d’acier autour de sa gorge.
Ses veines se contractent autour de son cou, tandis qu’il essaie à deux mains de faire lâcher prise à l’animal contre nature. Mais ça ne sert à rien. Il essaie de le frapper, mais la Bête est trop grande, et hors de porté de ses bras. Il sent le manque d’oxygène faire son effet, les crampes venir, son cerveau commencer à pédaler dans la semoule. Ca n’est pas la première fois qu’il voit la mort de si près, mais cette fois il a du mal à imaginer qu’un miracle vienne le sauver.
Sauf que miracle il y a bien. Un miracle sous forme des premières notes de Highway to Hell qui résonnent soudain dans l’entrepôt. Un miracle technologique et musical dirons nous. La Bête est surprise, assez pour faire la bêtise de relâcher un peu son étreinte. John en profite pour glisser son bras gauche sous son manteau, et pour balancer un coup de couteau de toutes ses forces sur le bras de la Bête, du côté du tranchant. Le but n’est pas de planter le couteau, parce qu’il se retrouverait alors sans arme. La bête crie de douleur, et John se félicite d’avoir aussi bien affûté l’arme avant de partir. Nouveau coup. La Bête lâche John, avec l’air d’un enfant qui lâche un jouet qui l’aurait trahi, quoi que l’image soit un peu étrange. Le ranger se force à bondir sur la créature, alors même que son corps lui hurle de reprendre son souffle, plutôt. Il voit toujours des tâches noires passer devant ses yeux, et alors qu’AC/DC continue à chanter son tube, l’ancien marines se jette sur la Bête, avec assez de force pour la faire vaciller. Nouveau coup de couteau, mais cette fois de la pointe, dans le cou. La lame s’enfonce, et la Bête s’effondre. Elle est trop énorme et trop forte pour être habituée à avoir mal. Elle ne sait pas comment réagir à la douleur, contrairement au texan, et c’est ce qui va faire d’elle de la viande froide. Il faut un nombre incalculable de coups de son couteau (pourtant conséquent) pour que John réussisse à parfaitement décapiter la Bête. C’est une façon de tuer efficace, en général celle qui fonctionne pratiquement à tous les coups. Il balance la tête à plusieurs mètres de là, et ne pense même pas à essayer d’essuyer le sang dont il est complètement maculé.
La scène n’a duré que quelques secondes, même pas assez pour que son téléphone bascule sur messagerie, et Highway to Hell résonne toujours dans l’usine. John sort le téléphone de la poche arrière de son jean, et se racle la gorge avant de dire, d’une voix enrouée, sa gorge lui fera mal pendant plusieurs jours, c’est sûr :
« J’imagine que les scientifiques ont raison quand ils disent que ce truc est mauvaisp pour la santé. »
Il a un sourire fatigué, la seule chose qui accompagnera sa trace d’humour, après tout il est tout seul, mais il vient de manquer de mourir et d’être sauvé par la sonnerie de son téléphone, il peut bien avoir une réplique digne d’un mauvais film d’action. Il laisse une empreinte de sang sur l’écran de son portable, quand son pouce se pose dessus, et regarde qui l’appelle. Il décroche en soupirant.
« Jim ? J’étais en silence radio. »
La voix a beau être éraillée, on ne peut que sentir les reproches qui se trouvent dedans, et n’importe qui à part son vieux pote des marines en tremblerait sûrement. Mais Jim est fait d’un autre bois, alors son accent trainant du texas lance, à l’autre bout de la ligne, sans autre introduction :
« Ton fils est mourant. Clay a eu un accident de voiture, John. Il est dans le coma. » _________________ No stop signs, speed limit Nobody's gonna slow me down Like a wheel, gonna spin it Nobody's gonna mess me round Hey Satan, payed my dues |
|  | | John Beaver

Nombre de messages: 3 Age: 49 Date d'inscription: 10/10/2010
 | Sujet: Re: The Road So Far... Ven 5 Nov - 13:21 | |
| « Vous pouvez embrasser la mariée. »
Tu parles que je l’ai embrassée ! Et plutôt deux fois qu’une ! Après tout, j’avais vingt-et-un ans, j’étais fou d’Alicia, et je venais de l’épouser devant une assemblée d’une quinzaine de nos proches. Enfin, de tous nos proches en fait, quelques potes des marines, mon employeur et sa femme, qui étaient aussi ceux qui nous louaient notre petite maison de rien du tout, mes parents qui avaient finalement daigné venir, et quelques amis de la fac d’Alicia. Nous étions heureux, dans cette petite chapelle de Richardson où nous ne passions pourtant pas beaucoup de nos dimanches matins, et loin d’imaginer que nos futurs enfants ne connaîtraient aucun de leurs grands-parents. Les parents d’Alicia étaient morts quand elle n’était même pas encore une ado, quant aux miens… Accident de la route, quelques six mois plus tard.
Mais pour le moment, j’étais juste heureux et tout à fait insouciant. J’avais un job à l’armurerie du coin, qui me convenait, une femme magnifique que je venais d’épouser, et assez de potes pour pas me sentir seul les vendredi soirs. Le mariage était un mariage vraiment intime, et tout en l’embrassant, je savais qu’on allait simplement se diriger vers le bar du coin, où McPhee et sa femme Fiona nous accueilleraient avec de quoi manger et faire la fête toute la nuit. On n’avait même pas réservé la salle, juste quelques tables, et c’est comme ça qu’on a fêté notre mariage, avec des inconnus de passage. Une super bonne ambiance. Et pour un couple qui commençait, et qui n’avait pas un sou en poche, la meilleure fête possible.
Nos invités se sont mis à applaudir. Ils se sont levés, tous, et ont applaudi comme des dératés. Mes potes se sont mis à siffler et à taper par terre, ce qui a sûrement fait grimacer le pasteur Collins, mais Alicia et moi on était bien trop occupés pour s’en apercevoir. Quand on a fini par arrêter de s’embrasser, je l’ai regardée une nouvelle fois. Elle était tellement belle. Sa robe, celle de sa mère qu’elle avait légèrement modifiée pour qu’elle aille à sa morphologie et qu’elle soit plus moderne, était une robe blanche assez traditionnelle, peut-être un peu « meringue » et sûrement totalement dépassée à présent. Ses cheveux blonds étaient simplement lâchés, enserrés d’une couronne de fleurs blanches, cette couronne, commandée chez le fleuriste d’une ville voisine, était ce qui avait coûté le plus cher, à part nos alliance (qui étaient pourtant pas non plus particulièrement coûteuses) mais j’avais insisté pour qu’Alicia se fasse plaisir. Ca n’était pas tous les jours qu’on se mariait. Elle était maquillée très légèrement, et avait l’air d’une vraie créature sortie d’on ne sait où. Elle était magique, sans mauvais jeu de mot, et avait l’air… pure. Sa peau clair, ses longs cheveux blonds, la tenue blanche et son grand sourire. On ne pouvait pas trouver mieux. J’étais un homme heureux. Et le sourire qu’elle me rendit, me fit comprendre que tout ce que je voyais en elle, elle le voyait en moi. Nous avions tellement à vivre, tellement à faire, et nous savions que nous le ferions ensemble. Nous nous aimions simplement trop pour nous quitter un jour. _________________ No stop signs, speed limit Nobody's gonna slow me down Like a wheel, gonna spin it Nobody's gonna mess me round Hey Satan, payed my dues |
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