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 You're not the one, but you're the only one...

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Josh Anders
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MessageSujet: You're not the one, but you're the only one...    Jeu 7 Oct - 14:01

Quand on avait besoin de se défouler, il n’y avait rien de mieux que manier un objet tranchant pour tuer des trucs. En l’occurrence, comme Josh n’était pas encore devenu totalement psychopathe, il s’agissait d’une hâche et d’arbres. Des arbres que les deux Tonies et Waylon avaient au préalable marqués, pour que les gentils bucherons d’un jour sachent lesquels couper. Et Josh coupait, donc. Ca faisait deux heures qu’il coupait, les pieds dans la neige, les muscles chauffés à blanc, et il n’avait pas l’intention de s’arrêter avant un moment.

On était au milieu de la journée et il était dans partie la plus civilisée de la forêt. Quelques jours plus tôt, il avait été couper des arbres dans des parties plus profondes, mais il avait été obligé pour ça de se faire accompagner d’un Waylon un peu trop volubile à son goût, du coup il n’avait pas fait la même erreur ce jour-là. Il n’avait pas envie de parler, il n’avait pas envie d’être sympathique, et il n’avait même pas envie de penser.

Alors il était totalement concentré sur le fait de couper les arbres, puis d’en faire des bûches d’une taille particulière (commandée par les Tonies), puis d’en faire des sortes de pyramides, que d’autres Sywhaîdiens viendraient chercher dans la journée pour ramener à la scierie, où les Tonies en feraient à peu près ce qu’ils voudraient. Il était concentré sur la hache. Sur l’effort. Sur la sensation qu’il ressentait quand la hache coupait dans le bois. Sur l’odeur de la forêt. Sur les bruits de la forêt. Sur ses muscles qui travaillaient (à ce rythme là il allait encore plus se muscler que ce qu’il ne l’avait fait depuis des mois passés à Sywhaîd, on avait de plus en plus de mal à l’imaginer donner un cours dans un amphi d’université).

Et à quoi ne voulait-il pas penser ? A Marybeth, principalement. Au fait qu’il était toujours amoureux d’elle. Au fait qu’elle allait avoir le bébé d’un autre, avec qui elle vivait et qu’elle aimait. Au fait qu’il ne pouvait pas pour autant l’annuler de sa vie, parce qu’il y avait Connor qui les forcerait toujours à devoir être dans la vie l’un de l’autre. Et au fait qu’il regrettait de plus en plus d’avoir sacrifié tant de choses pour venir à l’autre bout du monde, même si c’était pour son fils. Il ne reconnaissait plus sa vie. Il avait en fait l’impression de ne plus avoir de vie.

[Marianne ?]

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Ven 8 Oct - 13:44

Que ce fût sa tâche ou ses pensées qui l'absorbassent [ouhla], Josh ne remarqua pas que, derrière lui, une silhouette approchait. Il faut dire que la neige étouffait parfaitement le bruit de ses pas, et qu'elle se déplaçait avec une discrétion naturelle, mettant prudemment ses pieds dans les pas qu'avaient fait les menuisiers et leurs aides dans le sentier enneigé. Il faut dire qu'elle portait un panier à la main, et n'avait pas envie d'en renverser le chargement. Et ne pouvant compter sur aucun sortilège magique pour lui faciliter la tâche, elle ne pouvait que redoubler de prudence.

Il fallait être Josh Anders, et être occupé à des travaux de force, pour rester dehors avec simplement une grosse chemise. Le froid était vif et Marianne, pour sa part, était emmitouflée dans un gros manteau gris. Elle portait certes une robe en-dessous, mais assortie de collants de laine (rouges) et chaussée de bottes fourrées marron - pas le plus exquis des assortiments de couleur, mais elle n'avait pas emporté de milliers d'affaires, et n'était pas du genre à demander la charité, qu'on lui aurait pourtant faite volontiers, sans doute, vu la douceur assez irrésistible de son joli minois.

Arrivée à hauteur du bûcheron du jour, elle le regarda faire quelques secondes, hésitant visiblement à l'interrompre dans sa besogne. Elle murmura :

"Hello ?" puis, comme il ne réagissait pas, le répéta un peu plus fort. Il se retourna, et elle crispa légèrement sa main autour de l'anse du panier.

"Désolée de te déranger. On... m'a dit que tu travaillais dehors et... enfin, je t'apporte à déjeuner. Si tu veux..."

Elle désigna le panier du doigt. En fait, elle avait entendu les deux Tonies discuter dans les cuisines, tout en prenant leur propre déjeuner, et regretter Josh n'ait pas voulu les rejoindre pour faire une pause avec eux. Personne n'avait donc particulièrement soufflé à Marianne l'idée d'aller apporter à manger au jeune homme ; c'était une initiative personnelle, ce qu'elle préférait ne pas admettre. C'était déjà suffisamment embarrassant comme ça de penser qu'elle avait remarqué Josh depuis quelques temps et l'avait trouvé... sympathique, sans ironie. Mais sans oser pour autant l'aborder franchement jusque là. Il faisait partie de cette espèce de famille très soudée, et un peu bizarre, qui vivait dans la grande maison près de celle du gérant. Et Marianne préférait rester en retrait de tout ce qui avait trait à la famille. Ça lui rappelait un peu trop que la sienne la croyait encore sagement plongée dans ses études, et quelle mauvaise fille elle faisait. Et puis en dehors de son intérêt relatif pour Josh, elle avait un léger syndrome d'infirmière, et imaginait mal qu'on puisse laisser un type seul dans le froid, comme ça, à tailler des bûches. Bien sûr, sur Sywhaîd, chacun agissait à sa guise. Mais ça n'était pas une raison pour ne pas se secourir les uns les autres.

Les Tonies avaient ponctué leur fugitive remarque d'un coup d'œil entendu, qui avait achevé de vaincre les dernières réticences de Marianne à l'idée d'aller voir un homme seul, et ce plus ou moins en catimini. Meike avait fait de la soupe à la citrouille, dont elle versa l'équivalent de deux copieuses portions dans un potiron de belle taille, calé au fond du panier et recouvert de son chapeau. A Sywhaîd, on retrouvait le goût des solutions simples, et elle devait avouer qu'après le luxe des années précédentes, ça lui faisait du bien, ça lui vidait la tête. Elle avait ajouté à ce "festin" deux bols de terre, cuillères, couteau, fromage de brebis et deux de ces galettes plates assez amères, à vrai dire, que confectionnaient les habitants avec les céréales locales.

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Josh Anders
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Sam 9 Oct - 16:44

De fait, Josh n’avait pas entendu le premier murmure. Il faut dire qu’il tapait du bois, et qu’il était en outre complètement perdu dans ses pensées. Alors quand Marianne répéta sa salutation, il sursauta légèrement, et se retourna un peu trop vivement, sa hache toujours à la main (mais pas brandie en direction de la jeune femme, il n’en était pas là non plus). Son visage eut une expression perdue pendant quelques fractions de secondes. Il ne connaissait pas Marianne, et ne l’avait pas remarquée, alors il était surpris. Mais elle expliqua le pourquoi de sa venue et un sourire doux vint éclairer un peu son visage ténébreux. Il n’avait absolument pas faim, mais l’attention était assez gentille pour qu’il ne lui vienne même pas à l’idée de refuser. De toute façon, il fallait qu’il mange, s’il ne voulait pas tomber malade, ou s’évanouir d’épuisement (ce qui dans la forêt Sywhaîdienne, même dans les coins les plus sécurisés, n’était pas une bonne idée).

Il planta sa hache dans l’arbre qu’il s’apprêtait à couper au moment où Marianne l’avait interrompu, et s’approcha. Il n’avait pas froid, à cause de l’effort, mais il sortit tout de même sa baguette de sa poche arrière et se lança un sort de régulation de température. A Sywhaîd, on évitait en général ce gaspillage, mais Josh se permettait quelques petits écarts de temps à autre. Il s’approcha ensuite de Marianne avec un sourire qui n’avait rien de franchement timide (on ne pouvait pas vraiment l’être quand on avait été professeur) mais qui n’était pas particulièrement charmeur ou dragueur, juste un sourire donc.

« Josh. » dit-il en tendant sa main, puisqu’ils ne s’étaient jamais réellement rencontré. « Merci beaucoup, je meurs de faim ! »

Ca n’était pas vrai, mais il aurait dû mourir de faim alors ça n’était pas vraiment un mensonge non plus. Il lança un regard vers le panier, comme pour demander à Marianne ce qu’il y avait dedans. La jeune femme était plutôt jolie, douce, et en temps normal il aurait particulièrement craqué sur son doux visage (et ses beaux longs cheveux, même s’il avait toujours eu une nette tendance à préférer les brunes). Mais tout ça, il ne le remarqua même pas, il était bien trop empêtré dans ses petits drames personnels pour ça.

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Sam 30 Oct - 15:57

"Marie", répondit Marianne en serrant la main que lui tendait John, sans se douter, la malheureuse, de l'effet que pouvait avoir sur l'intéressant jeune homme le diminutif pour lequel elle avait finalement opté en arrivant sur la Lande. Il lui était venu un peu par surprise, parce que, décidément, elle n'arrivait pas à se décider tout à fait à abandonner le joli prénom de Marianne, malgré tout ce qu'il pesait pour elle d'amertume et de choses qu'il valait bien mieux laisser définitivement derrière elle. Elle eut l'impression que leur poignée de main était un peu raide, un peu crispée. Et elle se demanda si ce déjeuner improvisé était vraiment une bonne idée, ou si c'était simplement le prénom qu'elle avait donné qui avait fait réagir le bûcheron du jour. Elle était (un peu trop) bien placée pour imaginer l'effet que pouvait avoir un simple et inoffensif prénom. Mais il n'avait pas coupé court à l'invitation, affirmait même avoir faim ; encouragée par ce petit point positif, Marianne se détendit un peu, rendit à Josh son sourire. Mais il lui fallut le coup d'œil interrogateur de ce dernier en direction du panier pour qu'elle songe à prendre la direction des opérations. Elle s'accroupit aussitôt pour sortir son petit matériel, n'offrant plus au regard de Josh que le sommet de ses jolis cheveux, et ses mains s'agitant dans le panier.

"Soupe au potiron", expliqua-t-elle ; les bols dans la main, elle songea qu'il était encore temps de laisser simplement les victuailles à Josh, sans lui imposer un tête à tête. Mais il était peut-être temps d'assumer, un peu. Elle sortit toute la vaisselle, donc. "Avec un peu de fromage et des, euh... galettes..." Elle releva le nez, elle grimaçait légèrement. Elle ne savait pas trop le nom qu'on était supposé donné à ces trucs, dont elle ne raffolait pas par ailleurs, mais elle tartinerait copieusement la sienne de fromage. "C'est tout", fit-elle en haussant les épaules. Ne restait que la citrouille de soupe dans le fond du panier, La transvaser pleine était un peu trop périlleux, c'était aussi simple de l'y laisser. Il y avait pas mal de potage, mais pour quelqu'un mourant de faim, ça risquait d'être un peu frugal. Quoi qu'il en soit, ça serait mieux que rien ; et puisque Josh affirmait mourir de faim, Marianne ôta sans attendre le chapeau de la citrouille ; les appétissantes effluves de potiron se répandirent dans l'air frais de la clairière. Avec application, Marianne versa l'odorant potage dans le premier bol, qu'elle tendit à Josh, en même temps qu'elle entreprit de lancer la conversation.

"Je ne connais pas encore bien tout le monde, je suis arrivée il y a relativement peu de temps. Tu... tu habites la grande maison près de celle du gérant, c'est ça ?"

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Josh Anders
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Dim 31 Oct - 21:34

Quand Marianne se présenta, Josh releva la tête brusquement, ses pupilles allant jusqu’à s’écarquiller légèrement. En fait, il ne comprit pas tout de suite qu’elle lui disait son prénom, et croyait qu’elle voulait parler de Marie. La Marie, la seule et l’unique. Celle qu’en plus, il n’avait appelé Mary que récemment, à l’anglaise comme la plupart des habitants de Sywhaîd, se mettant à leur diapason, et qu’il avait appelée Marie, à la française, à l’époque où ils étaient ensemble, parce qu’il trouvait ça plus joli, et que ça donnait une certaine originalité au diminutif qu’il utilisait. Et aussi parce qu’il trouvait que ça lui allait mieux. Mary avait toujours été, pour lui, une rouquine, irlandaise, belle et dangereuse, du genre qui en avait vu pas mal dans sa vie, qui savait vous charmer d’un regard, mais qui vous piétinerait sans problème. Finalement, à présent, Mary allait bien à Marybeth. Mais Marie… Il stoppa ces pensées, réalisant que son interlocutrice ne voulait absolument pas lui parler de la mère de son fils, mais avait juste répondu à sa présentation.

Evidemment ! Un sourire fatigué étira la bouche sensuelle de l’ancien professeur (c’était certainement ce qu’il avait de plus sensuel, et même avec ce sourire fatigué, il fallait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte). Elle ne pouvait que s’appeler Marie. Le destin n’en avait pas fini avec lui. Après lui avoir déjà roulé dessus à plusieurs reprises avec un semi-remorque, il continuait à le torturer à petit feu. Il prit une inspiration, et observa la jeune femme s’occuper de sortir leur repas, puisqu’il lui semblait évident, à lui, qu’elle mangerait avec lui. On ne faisait pas tout ce chemin dans la neige juste pour apporter un repas, et d’ailleurs maintenant qu’il y pensait, elle avait forcément une idée derrière la tête. On ne faisait pas ça par simple sympathie, surtout pas quand il était aussi peu probable qu’on vous demande de le faire. Et surtout pas quand on ne vous connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Une bouffée de paranoïa lui cria de se méfier du premier prénom biblique de ce paragraphe, mais il la chassa d’une simple inspiration par le nez. Suffit. Il n’allait pas se mettre à fuir toutes les filles qui, d’une manière ou d’une autre, lui rappelleraient Mary. D’autant plus que cette dernière avait assez de facettes pour qu’il n’approche plus jamais une femme de sa vie.

Il avait loupé le coche, pour dire quelque chose sur le repas qu’elle lui avait apporté, et se promit de se rattraper par la suite. Il avait à peine articulé un merci quand elle lui avait donné le bol et le regardait à présent comme s’il avait quelque chose dans la gorge qui l’empêchait de manger quoi que ce soit. En fait, c’était plus ou moins le fait. Non, la soupe de potiron ne lui rappelait la mère de son fils d’aucune façon (même capillotractée) mais il avait encore moins faim après toutes ces émotions que ces quelques secondes passées en présence de la douce française lui avaient apportées.

« Euh non ! Surtout pas ! » répondit-il, un peu violemment, avec un air bizarre, entre l’éclat de rire et l’amertume. Il prit une nouvelle inspiration, se forçant à être sociable. Merde, il avait été tellement bon à ça à une époque ! C’était son seul talent ! Il réussit à afficher un sourire plus chaleureux, plus naturel, et sentit qu’il revenait à des attitudes plus normales, petit à petit. Il secoua la tête comme pour s’excuser, puis ajouta d’une voix douce : « C’est la maison de mon fils, et de sa mère. Et de son, hum, de son beau-père. » Etrange de nommer Mathys comme ça, mais pas inédit, c’était comme ça que Josh en avait parlé à ses amis et parents, déjà. « Et de l’oncle de mon fils aussi. Et de son frère adoptif. Euh… Enfin bref, ils sont déjà bien assez nombreux. » Il se frotta l’arrière de la tête d’un air un peu perturbé, puis reprit le fil. « Moi j’habite à l’Ecole. Mais de fait, je suis souvent dans cette maison, vu que c’est là où vit mon fils et qu’on se la joue famille unie. »

Il haussa les épaules, un air amusé passant sur son visage. Il avait petit à petit réussi à se distancier de ce qu’il disait. Il avait toujours été fort pour ça, se distancier. Quand son frère était mort, et que son monde s’était écroulé, il avait découvert que quand on faisait comme si on n’était que peu touché par l’évènement, on ressentait moins la douleur. Et il avait fait ça toute sa vie, à des niveaux différents, mais ces derniers temps, il perdait pied, petit à petit.

« Je ne suis pas sûr que la famille Norton et ses satellites soit la meilleure façon de commencer ton apprentissage sywhaîdien cependant. Bien trop compliqué. Un peu comme commencer à essayer de comprendre les séries américaines en regardant Dallas. »

Il fit un clin d’œil à Marianne et prit finalement sa première cuiller de soupe. Oui, distancier rendait les choses plus faciles. Beaucoup plus faciles, au point où on finissait par manger par automatisme, alors même que quelques secondes plus tôt on s’en serait cru physiquement incapable.

« Cette soupe est délicieuse. » Voilà pour le rattrapage. Il sourit de nouveau, ce sourire doux qui avait toujours été un de ses atouts, principalement parce qu’il avait toujours été un sourire honnête. « Tu te plais à Sywhaîd pour le moment ? »

Il leva un regard intéressé vers la jeune femme. Il ne savait pas vraiment comment enchaîner après ce résumé foireux de sa vie familiale à Sywhaîd, et préférait tant qu’à faire orienter la conversation sur la jeune femme, alors il avait posé une question relativement bateau. Sauf qu’il avait l’air sincèrement intéressé, ce que, paradoxalement, malgré tous les problèmes qui lui bouffaient le cerveau, il était. Du coup, cette question bateau se transformait en vraie question, à laquelle on pouvait tout à fait répondre à peu près tout ce qu’on voulait. Une façon de laisser à Marianne le choix de la conversation, sans en avoir l’air.

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Jeu 4 Nov - 14:44

Bon, visiblement, elle avait gaffé, et sérieusement. Même pas visiblement, en fait, il aurait fallu être aveugle pour ne pas s'en rendre compte, et Marianne dut raffermir sa main pour ne pas renverser la soupe lorsque Josh s'écria que non, "surtout pas", il n'habitait pas la grande maison. Elle releva aussitôt les yeux vers lui, à son tour pour le moins surprise, et s'imaginant qu'une bestiole lui était tombée dessus et l'avait effrayé. Mais non, c'était juste elle qui, apparemment, avait par cette question qui se voulait anodine donné un coup de pied dans une fourmilière. Déjà, lorsqu'elle lui avait dit son prénom, il avait eu une réaction... eh bien, peut-être qu'une jeune fille candide et n'ayant pas vraiment d'expérience des hommes n'aurait pas remarqué comme son expression avait changé lorsqu'elle avait dit "Marie", mais Marianne n'était précisément ni vraiment l'un, ni surtout l'autre, et pouvait facilement deviner qu'il y avait eu une Marie dans la vie de ce Josh. Mais elle ne pouvait de toute façon pas s'excuser, corriger et dire que "non, au fait, en vérité c'est Marion", juste pour qu'il se détende un peu, et cesse de l'associer avec... eh bien, celle qui d'une manière ou d'une autre, lui avait brisé le cœur. A vue de nez, elle était morte dans des circonstances tragiques.

Elle baissa donc finalement la tête, et continua l'air de rien de verser la soupe, tout en l'écoutant expliquer -ou tenter d'expliquer les complexes liens entre les différents individus qui gravitaient autour de la sphère Norton. Au début, elle suivit ; et crut deviner un peu mieux qui était la fameuse Marie qui par la seule évocation de son prénom faisait se crisper les traits de ce bonhomme qui, par ailleurs, paraissait si équilibré, si normal. La voix de Josh était redevenue douce, et il évoquait la situation de manière relativement paisible, mais encore une fois, Marianne avait une certaine expérience des hommes ; elle avait plus d'une fois été leur confidente - apparemment, elle avait un physique qui les rassurait, celui de quelqu'un à qui ils aimaient parler avant de se livrer à des activités nettement moins avouables. Si tant est que ce genre de choses ait servi à quelque chose, ça permettait en tout cas à Marianne de deviner sans difficulté que Josh était loin d'être parfaitement satisfait de cette situation effectivement embrouillée. En même temps, il ne fallait pas être un grand devin, ni même avoir de grandes capacités d'empathie pour le comprendre. Une famille soi-disant unie assimilée à celle de la série Dallas...

"Hum, effectivement", fit Marianne en souriant, et en reposant sur la citrouille son chapeau pour conserver la soupe au chaud. Hum, oui, elle était délicieuse, en effet. Sauf que c'était Meike qui l'avait faite, pas elle ; mais elle s'abstint de le préciser à Josh, non pour s'attribuer les mérites d'autrui, mais parce qu'elle l'avait déjà suffisamment échaudé comme cela, clairement, sans avoir à en rajouter en le rembarrant alors qu'il essayait simplement d'être agréable. Depuis le début de la conversation, elle l'écoutait parler, décidément les habitudes étaient tenaces. Ça lui convenait, ça lui avait toujours convenu en fait ; écouter, être là, attentive, répondre aux attentes, elle avait toujours eu le truc pour ça. Et lorsqu'il lui demanda si elle se plaisait à Sywhaîd, elle ne réfléchit même pas, répondit ce qu'elle estimait qu'on devait attendre d'elle à ce genre de question. Elle haussa donc les épaules et hocha la tête.

"Pour l'instant, ça va à peu près", fit-elle avec un petit sourire à Josh qui n'excluait pas une certaine malice ; est-ce qu'il se rendait compte qu'il avait eu une conduite un peu... étrange, jusqu'ici ? Quoi qu'il en soit, ça n'était pas réellement un souci et, d'une certaine manière, le côté infirmière de Marianne était servi. Entre ça et son sourire plutôt sexy, le bûcheron solitaire avait marqué des points, mine de rien. "Il faut un peu de temps pour que je creuse mon trou et que je me sente vraiment chez moi", expliqua-t-elle. Peut-être que Josh était un peu compliqué, peut-être qu'il était sévèrement abîmé et que ça le rendait maladroit, mais en un sens ça rendait ses propres confidences plus faciles. Sauf qu'elle n'était pas totalement sincère, puisqu'elle-même, à ce stade, doutait que le temps puisse réellement changer quoi que ce soit à sa situation ; Josh en était la preuve vivante : après tout ce temps, il paraissait trouver son propre trou quelque peu inconfortable ; après tout ce temps, il était à l'évidence toujours amoureux d'une Marie qui ne l'était pas de lui.

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Josh Anders
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Jeu 20 Jan - 13:43

Le sourire de Josh s’était fait plus naturel, plus doux, au fur et à mesure que Marianne avait répondu. Ecouter les autres était, aussi, quelque chose qu’il faisait bien. Les gens avaient toujours eu tendance à lui raconter leur vie, sans qu’il sache vraiment pourquoi, il devait avoir une tête à ça. Et, quelque part, revenir dans la peau de celui qui écoute rendait les choses plus faciles. Petit à petit, la situation redevenait « normale », et Josh s’en sortait mieux. Il en oubliait presque toutes ces choses qu’il ressassait sans cesse depuis des semaines, des mois, et commençait à prendre un peu de plaisir dans cette rencontre. Assez pour enchaîner tout à fait naturellement, entre deux cuillerée d’une soupe qu’il mangeait à présent presque avec appétit :

« Le temps aide. » Il faisait écho aux pensées de l’ancienne prostituée, sans même le savoir, mais prit le temps de développer son idée. « Sywhaîd n’est pas vraiment l’endroit le plus facile à vivre, et j’imagine que quand on vient de la ville, d’un monde confortable, c’est encore moins simple. Enfin, je sais plutôt, vu que c’était mon cas. Je viens de Washington, j’ai dû camper trois fois dans ma vie… L’idée même de vivre dans un endroit où il n’y a pas de goudron m’a toujours perturbé… »

C’était vrai, Josh avait toujours été un citadin. Cependant, quand il était venu à Sywhaîd, il n’avait pas pensé une seule seconde à cet aspect là du changement de vie qu’il choisissait. Il avait bien assez à penser avec le fait de rencontrer son fils, de forcer Mary à l’accepter dans sa vie. Il n’avait pas vraiment pensé à sa carrière non plus, pas une fois la décision prise. Et à présent, il le regrettait. S’il avait été assez malin pour continuer à bosser de Sywhaîd, plutôt que de laisser totalement sa carrière en plan, il n’en serait pas là aujourd’hui. Et s’il avait un peu plus pensé aux aspects négatifs de la vie à Sywhaîd… Il se reprit. Jamais il n’accepterait de penser que le fait de venir avait été une erreur, il avait Connor, après tout, et ça valait bien tout le reste, souffrance comprise.

« Mais on voit vite si on est fait pour ça ou non. J’avais même jamais coupé de bois avant de venir ici. » Il lança un regard amusé à la hache qu’il avait abandonnée par terre. « Et maintenant, me voilà, bûcheron intermittent qui se nourrit de soupe avec une jolie blonde. » Il prit une cuiller de soupe, et sourit. « La vie à Sywhaîd a ses avantages. »

Il ne draguait pas vraiment Marianne. Il était charmant, voilà tout, et tout dans son attitude le montrait, le départageant des gros lourds et autres crétins qui auraient pu dire la même chose mais sur un autre ton, avec un tout autre résultat. En fait, il le faisait par réflexe. Josh avait toujours été charmeur, ça faisait partie de lui. Oui, son interlocutrice était jolie, très jolie même, mais il n’y pensait pas sérieusement, il avait trop de problèmes en tête, même en arrière-plan pour le moment, pour vraiment avoir envie de penser à quoi que ce soit de sérieux. Sa dernière aventure remontait à Rozen, plusieurs mois plus tôt, mais il était bien trop déprimé pour se rendre compte que c’était long, très long. Mais ça allait avec Sywhaîd, aussi, dans son esprit. Après tout, avant Rozen, il n’avait couché avec personne depuis qu’il était arrivé.

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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Jeu 27 Jan - 20:22

Marianne ne cessait de sourire, depuis que Josh avait pris la parole. Sourire tranquille mais encore un peu sceptique, lorsqu'il avait expliqué que le temps, effectivement, que le temps aidait à prendre ses marques quelque part. Mais sourire qui s'était nettement élargi et avait gagné en naturel, lorsque la conversation s'était orientée sur la vie à la campagne. La jolie blonde avait même éclaté de rire lorsque Josh avait parlé du goudron. C'était tellement vrai ! Bien sûr, quand on pensait aux frustrations sur Sywhaîd, on pensait immédiatement à la nourriture, à l'absence d'électricité, aux douches régulièrement froides...

Mais Marianne faillit répondre à Josh que, concernant cette affaire de goudron, il ne croyait pas si bien dire, et que lui, au moins, n'avait pas dû renoncer à se promener perché sur des talons. Elle ne se retint que parce qu'elle estima vaguement que ce sujet pouvait mettre certains hommes mal à l'aise. Oh, elle était pratiquement sûre que Josh aurait simplement trouvé l'idée drôle, mais de toute façon elle ne tenait pas non plus particulièrement à évoquer verbalement la créature perchée qu'elle avait été jusque là. Elle avait tellement l'habitude jusque là de se promener sur des stilettos que le retour aux talons plats lui avait causé pendant les premiers temps des crampes aux pieds. Certaines Sywhaîdiennes parvenaient sans peine à maîtriser les sentiers de terre, mais Marianne n'en faisait pas partie. Comme Josh, elle était jusque là une citadine pure et dure. C'était probablement aussi évident dans son cas que dans celui du jeune homme.

La ville ; elle aurait pu noircir des pages et des pages de liste des choses qui lui manquaient. Bien sûr, le grand air, le charme de la campagne écossaise, le goût des choses simples... tout ça, c'était bien joli, et Marianne était d'un naturel suffisamment adaptable pour savoir les apprécier. Malgré tout, bien sûr qu'elle continuait de regretter un certain nombre de petits conforts qu'elle avait fini par oublier. Et encore, elle commençait à acquérir quelques automatismes, comme d'avoir toujours des bougies en réserve dans sa chambre ou de profiter de ce que l'eau de la douche était à peu près tiède pour se laver les cheveux, même s'ils auraient pu attendre un jour ou deux. Alors oui, vraiment, les paroles de Josh trouvaient un certain écho chez son interlocutrice, qui, heureusement, avait comme lui un tempérament tel qu'elle préférait en rire qu'en pleurer.

A l'aise, appréciant la conversation, Marianne salua d'un hochement de tête les bûches que Josh avait taillées, à la hache qu'il avait effectivement maniée avec suffisamment de technique pour pouvoir faire illusion au moins aux yeux d'une petite citadine. D'une "jolie blonde", selon ses mots. Elle replongea le nez vers son bol, continuant malgré elle de sourire, les joues légèrement roses. Oui, effectivement, la soupe était bonne. Il y avait beaucoup de choses qui lui manquaient à Sywhaîd, mais également quelques-unes qui lui permettaient de trouver la vie plus que supportable. Sans même en venir à la présence de jolis menuisiers amateurs, elle aurait pu ainsi poursuivre la conversation sur le même ton que celui de Josh, dans cette atmosphère de camaraderie bon enfant ; elle en avait l'intention, vaguement. Mais sa cuillerée de soupe avalée, le nez toujours pointé en direction du sol, elle remonta un peu plus haut dans la conversation.

"Je ne compte pas seulement sur le temps pour que ça aille mieux", déclara-t-elle en déchirant une des galettes. Elle tartina un peu de fromage sur son morceau et, ce faisant, poursuivit d'un ton paisible.

"C'est moi qui ai pris l'initiative de venir te voir", expliqua-t-elle, toujours sans parvenir à se départir de son sourire. "Ca faisait un moment que j'en avais envie."

Elle releva ses jolis yeux bleus vers Josh. Quelque part, sa propre effronterie l'intimidait ; autre part, c'était un mouvement irrésistible.

"Enfin, il ne faut pas que ça te mette mal à l'aise."

Bon, eh bien finalement, c'était dit. Elle continua de fixer le jeune homme, de sourire, mais ne porta pas sa galette à la bouche. Elle était ravie que Josh la trouve jolie. Mais elle ne savait pas trop quoi faire de cette information.

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Josh Anders
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Sam 5 Fév - 12:05

Bon. Euh. Josh finit par reposer sa cuiller, qui avait été arrêtée entre son bol et sa bouche pendant quelques secondes. Il finit aussi par arrêter d’avoir cet air un peu hébété, ridicule, il n’avait pas douze ans. Et un sourire finit par venir éclairer son visage, un joli sourire, plein de charme. Il ne savait pas exactement ce qu’il était sensé répondre à ça. Après tout, même si c’était plutôt clair, il n’y avait aucune question dans ces paroles. Ou du moins, pas de question évidente.

Lui qui, quelques secondes plus tôt, complimentait la jolie blonde sans aucune arrière pensée, se retrouva, pour sa plus grande surprise, submergé par quelques pensées pas tout à fait catholiques. Oui, Marianne était jolie. Elle était même plus que ça, et d’elle se dégageait une certaine douceur, quelque chose qui plaisait à Josh, même s’il avait toujours été surtout plutôt attiré par les femmes à fort caractère. Quelque part, mais heureusement, il ne fit pas l’association, la douceur de Marianne lui plaisait comme celle de Marybeth lui avait plu. C’était une fausse douceur, qui cachait une force qu’il n’avait pas encore perçue, mais qui était bien là, et qui lui plaisait sans qu’il puisse vraiment expliquer pourquoi.

Est-ce qu’il était mal à l’aise ? En fait, pas du tout. Josh n’avait jamais été particulièrement puritain au niveau du sexe. Il avait perdu sa virginité (très) tôt, et avait eu une période durant son adolescence où il en avait beaucoup profité… Période qu’il avait étendue une bonne partie de sa vie de jeune adulte. Il s’était un peu calmé une fois passé l’épisode Mary, mais avait continué à avoir des aventures régulièrement. En fait, depuis qu’il avait perdu sa virginité, il n’avait jamais vécu de si longs moments de célibat qu’à Sywhaîd. Plutôt paradoxal, vu que la Noble Lande était un endroit plutôt (très) libre où les femmes étaient loin d’être farouches. Pourtant, il avait cumulé les mauvais choix à ce niveau-là, et bien que tout à fait conscient du fait que les femmes avec qui il avait couché étaient celles qui trompaient, et pas lui, et qu’il ne les avait pas forcées, ni même piégées, il ne pouvait s’empêcher de sentir une certaine culpabilité (surtout qu’il croisait les mecs en question tous les jours). Ca l’avait un peu calmé. Ca et le fait qu’il n’arrivait pas à se sortir une certaine petite blonde de la tête.

Mais pour le moment, et pour la première fois depuis très longtemps, Josh ne pensait pas à Mary, mais bel et bien à Marianne. Elle était jolie, un peu effrontée, douce, elle lui avait apporté de la soupe, et elle attendait à présent une réponse. Réponse qu’il ne mit pas longtemps à découvrir. La tête enfin vidée de toute pensée Marybethienne, il était bien plus facile de faire le point. Il avança, déposa sa soupe à côté de la citrouille, puis fit un pas de plus, s’arrêtant une fois face à Marianne. Il lui sourit, et chassa doucement du bout de l’index une mèche blonde qui était tombée devant le regard de l’ancienne prostituée.

« Comment je pourrais être mal à l’aise ? » demanda-t-il doucement avec un nouveau sourire doux.

[Tu conclues, du coup ?]

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Marianne Loisel
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MessageSujet: Re: You're not the one, but you're the only one...    Dim 17 Avr - 14:30

Ce fut au tour de Marianne de ne pas savoir quoi répondre. Depuis que Josh avait choisi de répliquer à sa petite révélation par un sourire, elle se sentait comme électrisée, ne pouvant plus rien faire qu'attendre, le cœur battant, la suite des événements. Au risque de passer pour une indécrottable fleur bleue, elle retint son souffle lorsque Josh avança vers elle, et lorsqu'il tendit la main, qu'il écarta une mèche blonde de devant ses yeux... Fiou ; elle ne put retenir un soupir qui n'avait rien de désapprobateur. Josh était vraiment un jeune homme à son goût. On ne pouvait aller contre sa nature, et Marianne n'avait que rarement eu la force de résister à l'appel de la chair, aux volontés de son petit corps désirant et -ça tombait bien- désirable.

Contrairement à son interlocuteur, la jolie Française n'avait pas la chance d'avoir l'esprit pour une fois libéré des fantômes du passé. En cet instant, tout en anticipant bien sûr ce à quoi pouvaient ressembler les étreintes d'un Josh, elle pensait malgré elle à Nelson et aux autres. A ceux avec qui elle avait couché, un peu trop nombreux pour qu'elle tienne les comptes. Elle ne voulait pas jouer au jeu des différences, faire des comparaisons ; elle se demandait vaguement si ce qu'elle faisait n'était pas un peu stupide, si ça l'aiderait vraiment à tourner la page... tout en sachant pertinemment que, de toute façon, il était bien trop tard pour qu'elle veuille, et donc puisse, reculer. Elle était venue tourner une page de sa vie régie par le sexe, et voilà qu'elle se jetait délibérément dans les bras d'un quasi inconnu, simplement parce qu'il lui plaisait, sans être particulièrement animée de sentiments plus profonds que ça à son égard.

En même temps, l'amour, on avait vu ce que ça avait donné : au final, beaucoup d'amertume, de regrets et de gâchis. Se faire du bien avec un homme sans raison particulière, ni pour lui plaire, ni pour l'argent, ni dans quelque intérêt que ce soit... eh bien, ça lui changerait, pour une fois. La forêt était calme, et la situation également : si douce, si simple... Marianne ne pensait pas s'être jamais retrouvée dans ce genre de cas de figure : avant Nelson, avant les soirées, elle n'avait eu que deux petits amis, n'avait couché qu'avec l'un d'eux, parce qu'elle était attachée à lui, sentimentalement. Elle était alors une jeune fille bien élevée, réservée et même, on peut le dire, un peu oie blanche, pour qui il était hors de question d'avoir des relations sexuelles avec quelqu'un qui n'aurait pas été un petit ami de longue date.

Elle avait changé, manifestement, entre temps. Dans cette clairière paisible, face à cet homme séduisant qui restait à ses yeux plutôt mystérieux, elle était certaine de prendre bientôt beaucoup de plaisir, sans question, sans complexe. Juste parce qu'ils en avaient envie. C'était réellement une grosse différence par rapport à sa vie d'avant, une manière, elle s'en convainquit aisément, de passer à autre chose. Alors, sans se poser plus de question, Marianne sourit à son tour et leva sa charmante tête vers son interlocuteur pour un long baiser, qui dégénéra bien vite.

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