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| | Auteur | Message |
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Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Devil in disguise Jeu 7 Oct - 12:33 | |
| Juliet s’étira de tout son long en s’étalant dans le lit double d’une façon assez surprenante pour un aussi petit bout de femme. Elle tourna son regard vers la fenêtre et grogna. Jeremy s’était senti obligé d’ouvrir les rideaux avant de sortir de la chambre et la lumière blafarde de l’automne entrait dans la chambre d’une façon qui ne plaisait pas à l’aînée des Norton. Elle s’entortilla dans le drap et enfouit sa tête dans l’oreiller tout en tendant l’oreille. Le barman était allé lui chercher un petit-déjeuner, avec un thé au miel pour son mal de gorge (qu’elle ne feignait pas, elle couvait visiblement une angine et espérait assez méchamment l’avoir refilée à l’anglais), mais elle l’entendait parler dans le couloir. Elle ferma les yeux et se concentra. Kennedy ? Elle releva la tête, inquiète l’instant de quelques fractions de secondes, puis se força à se calmer. Ca faisait un moment qu’elle travaillait Jeremy, et même s’il continuait à avoir des sentiments pour la californienne, il était assez pris dans ses filets pour que ça ne compte pas. Et puis, pensa-t-elle tout en se détendant totalement, la californienne en question s’était mariée au chauve moribond (même si c’était sensé être un secret, mais Juliet n’avait aucun mal à les percer), ce qui annulait à peu près toutes les chances du barman, s’il en avait jamais eues. Juliet n’aimait pas Kennedy, mais elle devait dire qu’elle avait au moins eu le bon goût de ne pas accepter les avances de l’anglais. Elles avaient visiblement le point commun de ne pas aimer les hommes gentils.
La brunette, qui était blonde depuis quelques temps mais qu’on avait tout de même du mal à ne pas considérer comme une brunette, s’étira une nouvelle fois, sans ne plus faire aucun effort pour écouter la conversation. Elle espérait que ça serait douloureux pour Jeremy. Malheureusement, il lui avait un peu parler de Kennedy et du coup elle n’avait pas pu gaffer en lui disant qu’elle s’était mariée, ça aurait passé pour un manque d’attention flagrant, et elle en était encore à jouer aux petites amies parfaites. Enfin, tout en faisant petit à petit de Jeremy un parfait petit larbin. Elle sourit à cette idée, un sourire qui n’avait rien de vraiment mignon ou d’adorable, deux choses qu’elle était sensée être, pour Jeremy du moins.
Elle resta quelques secondes couchée, à observer le plafond. Il n’avait pas hésité une seconde avant d’aller lui chercher son thé (elle détestait le thé mais se forçait pour le moment, histoire d’avoir un point en commun avec Jeremy) et il avait trouvé tout à fait normal qu’elle lui demande un petit-déjeuner en même temps. Elle avait donc tout bon pour le moment. Lassée par le fait de rester coucher, elle s’extirpa des draps et se dirigea vers la coiffeuse. Elle l’avait récupérée dans les stocks de Sywhaîd, et avait joué de ses charmes pour que les Tonies la lui rénovent (bon, en fait elle avait surtout échangé ça contre du travail de peinture assez précis et délicat sur d’autres meubles, mais passons). C’était un beau meuble, le plus beau meuble qu’elle ait jamais possédé, et elle passait du temps à s’observer dans le miroir ovale. Ce matin-là, elle fut relativement rapide. Elle portait une nuisette en satin blanc, avec quelques broderies au niveau de la poitrine, une tenue de nuit assez sage, mais très mignonne. Elle avait enfilé un peignoir assorti, et des chaussons beiges. Elle resta devant son miroir, coiffer ses courts cheveux blonds, à se mettre de la crème, toutes ces choses qu’elle ne faisait jamais devant Jeremy, puisque pour le moment ils étaient dans le début de la relation et qu’elle se devait d’être un petit bonbon adorable.
Elle fit ensuite le lit, rangea les quelques bazars qui trainaient dans sa chambre depuis hier soir, aéra la pièce, puis fit un petit feu de cheminée. Le tout ne lui prit que quelques minutes. Ensuite, elle s’assit dans le fauteuil un peu déglinglé (mais le seul qu’elle ait trouvé dont le tissu ne fut pas trop usé) et s’enroula dans un plaid clair, un livre à la main. C’était un livre sur les traditions Sywhaîdienne, qu’elle ne lisait pas vraiment, mais elle le faisait croire à Jeremy, pour donner l’impression qu’elle s’intéressait vraiment au lieu, qu’elle aimait l’endroit. Elle ne tourna même pas la tête vers la porte quand elle entendit que Jeremy l’ouvrait, faisant semblant d’être trop plongée dans sa lecture pour s’apercevoir de quoi que ce soit…
[Jayjay ?] _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Jeremy Locksley Tenancier du pub


Nombre de messages: 113 Age: 27 Date d'inscription: 28/12/2007
 | Sujet: Re: Devil in disguise Jeu 25 Nov - 19:20 | |
| Secoué par sa conversation avec Kennedy, Jeremy apprécia les quelques minutes de solitude et de silence qu’il passa dans la cuisine à préparer le petit-déjeuner de Juliet. Il apprécia le fait de pouvoir noyer la voix de Kennedy dans le tintement des assiettes et des couverts qu’il déposa sur un plateau, avec un des pots de confiture qu’il choisit au hasard, et un pot de miel. Il apprécia le fait de pouvoir se concentrer sur les tranches de pain qu’il découpa, plutôt que sur le souvenir de ce qui venait de se passer. Il prit même le temps de choisir une fleur dans le vase que Meike laissait en permanence dans la cuisine, de la glisser dans un verre et d’ajouter ceci au plateau, prenant le temps de penser à Juliet. Et, enfin, il passa au rituel du thé. Jeremy ne plaisantait pas avec le thé. Même si ça faisait ridiculement cliché, il aimait y passer du temps, et faire les choses dans les règles de l’art, évitant au maximum d’utiliser la magie. D’abord faire bouillir l’eau et la verser dans les tasses et dans la théière, pour les préparer à recevoir le thé. Retirez cette « première eau » et mettre le thé dans la théière (il avait sélectionné deux sachets d’Earl Grey). Il fit chauffer l’eau à nouveau, sans la laisser bouillir, tout juste frémir, avant de la verser dans la théière. Le temps de monter serait tout juste parfait pour l’infusion du thé. Il sourit.
Il remonta les escaliers en direction de la chambre de Juliet qu’il ouvrit en maintenant le plateau en équilibre instable sur sa main gauche. Il sourit à nouveau. Pourquoi donc se prendre la tête à propos d’une Californienne qui jouait avec les hommes comme avec des poupées, quand il avait une si douce demoiselle qui l’attendait. Il resta un instant immobile, dans l’encadrement de la porte, à observer Juliet qui ne l’avait pas entendu revenir, absorbée par sa lecture. Elle était… enchanteresse. Une véritable fée. Il avait pris l’habitude l’appeler « My fair lady » d’ailleurs, pour fairy. Elle en souriait à chaque fois. Il entra dans la pièce, posa le plateau sur la coiffeuse et ôta doucement le livre des mains de Juliet avant de déposer un baiser sur son front.
- Breakfast is served, milady. |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Devil in disguise Mer 12 Jan - 10:03 | |
| Juliet sourit, fermant les yeux doucement quand Jeremy déposa un baiser sur son front, retenant son souffle comme sans s’en rendre compte, puis leva les yeux vers le plateau. C’est là qu’elle eut le plus de mal à maintenir son jeu. Du thé. Evidemment qu’il lui avait fait du thé, alors qu’elle aurait tué pour un bon café. Elle avait toujours été une adepte de la caféine, d’autant plus que ça n’avait pas beaucoup d’effet sur elle, et avait eu tendance à en boire bien plus que recommandé. Le thé lui semblait être une mauvaise imitation, elle n’en aimait pas le goût, avait l’impression de boire de l’eau chaude. Le pire était quand Jeremy lui parlait des différences entre les thés, ou quand il lui faisait goûter un nouveau. Elle ne savait jamais quoi dire, et devait jouer à l’équilibriste, faire en sorte de laisser le barman dire les choses qu’il voulait qu’elle dise, tout en ayant l’air de l’avoir dit. C’était compliqué, et très stressant, et particulièrement énervant, après tout, ça n’était que du thé ! Qu’est-ce que ça pouvait bien avoir d’important ?
Elle réussit à continuer à sourire, et se leva doucement pour rejoindre la coiffeuse. Sa démarche était souple, mais encore un peu endormie, comme celle d’un chat qui passe d’un endroit à l’autre, mais qui compte bien continuer sa sieste. Ca lui donnait un air adorable, enfantin. Elle toucha du bout de l’index la fleur, puis se pencha pour la sentir. Elle n’avait jamais été une grande fan de la nature, et particulièrement pas des plantes ou des fleurs, qu’elle rejetait sûrement en partie à cause du lien que Bessie avait avec elles. Elle ne put cependant s’empêcher de penser que l’intention était gentille, et prit une tranche de pain pour y tartiner de la confiture.
Elle se figea soudain. Ou plutôt, se figea intérieurement, tout en réussissant à continuer à tartiner l’air de rien. Qu’est-ce qui se passait ? Elle venait vraiment de penser que le geste de Jeremy était agréable ? Elle avait vraiment été touchée par cette stupide fleur ? Pendant quelques fractions de seconde, elle avait réagi avec plaisir à cette fleur, et elle ne s’en était même pas rendue compte. Ca n’allait pas du tout. Elle ne pouvait pas se transformer vraiment en guimauve, c’était un jeu. Elle était là pour faire du mal à Jeremy, pour se venger de ce qu’il lui avait fait endurer dans sa Quête… Ou du moins ce qu’un double de lui créé par la Brume avait faite. Il était son punching-ball, son moyen de se défouler, la soupape qui lui permettait d’être clean avec sa sœur, de tenir sa promesse malgré toutes les envies qu’elle pouvait avoir d’aller foutre sa merde dans la petite vie parfaite de Big Mama. Elle soupira et vit que sa main tremblait.
Elle était face à un miroir, et elle venait de lâcher juste assez prise pour que son trouble se voit. Elle ne sut pas quoi faire, pendant quelques fractions de seconde, mais se décida bien vite. Jouer à la petite nana parfaite, okay, mais elle n’allait pas devenir la petite-amie de l’année, ça n’était pas le but. Le but était de faire du mal à Jeremy. Et elle savait exactement comment faire. Elle déposa la tartine et le couteau dans le plateau et se tourna vers son petit-ami, comme à contre cœur. Elle soupira une nouvelle fois, puis, tout en fixant ses pieds plutôt que l’homme, elle dit d’une petite voix hésitante :
« Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à faire ça, Jay. » _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Jeremy Locksley Tenancier du pub


Nombre de messages: 113 Age: 27 Date d'inscription: 28/12/2007
 | Sujet: Re: Devil in disguise Ven 14 Jan - 13:18 | |
| Jeremy, qui était lui-même occupé à étaler de la confiture sur sa tartine, demeura bienheureusement dans l’ignorance du tumulte de pensées - plus ou moins mauvaises - qui agitaient celle qu’il prenait effectivement pour la petite-amie parfaite. Il se concentrait pour l’instant davantage sur la répartition homogène de la confiture sur le pain que sur le minois, si charmant soit-il, de Juliet. Aussi fut-il pris complètement au dépourvu parce qu’elle dit alors. Il l’aurait sans doute été également s’il avait remarqué son très léger trouble, d’ailleurs. Couteau en l’air, il afficha une mine ébahie avant de dire la première chose qui lui passa par l’esprit et qui fut donc :
- Faire quoi ? |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Devil in disguise Mar 18 Jan - 12:16 | |
| Mais Juliet ne répondit pas tout de suite. Fixant toujours ses pieds, elle sembla hésiter, réfléchir, se demander comment formuler ça, peut-être. Puis, elle déglutit doucement, et releva un regard humide vers Jeremy (regard qui lui avait demandé ces quelques secondes de silence, elle n’était pas assez bonne actrice pour se faire pleurer sur demande, il lui fallait un peu de concentration pour ça). Elle prit une petite inspiration, par le nez, comme un noyé qui essaierai de respirer entre les vagues, puis dit, d’une voix enrouée par l’émotion (dieu qu’elle était bonne !) :
« Tout ça. Faire comme si… »
Elle s’arrêta, la gorge trop serrée pour parler, et se retourna brusquement, comme si la vision même de Jeremy la bouleversait trop pour parler, ou comme si elle ne voulait pas qu’il la voit dans cet état. Elle prit une inspiration, les épaules crispées (les épaules étaient un des détails très importants quand on voulait tromper quelqu’un, c’était quelque chose que la plupart des gens oubliaient de contrôler quand ils mentaient, et un des indications de ces mensonges, Juliet l’avait appris). Tout en continuant à tourner le dos à Jeremy, les bras croisés, elle reprit, la voix un peu plus assurée, douce, comme toujours quand elle lui parlait :
« Faire comme si les murs de Sywhaîd étaient assez épais pour ne rien entendre. »
De fait, les murs étaient épais, mais l’école était relativement mal isolée, vieille, et pleine de travaux à faire. Juliet n’avait pas entendu la conversation entre Kay et Jeremy. Mais elle avait entendu les voix, au début, et le ton, assez pour pouvoir facilement en imaginer la teneur.
« Faire comme si je ne savais pas que tu étais amoureux d’une autre. »
Elle prit une nouvelle inspiration, et se retourna, faisant face à Jeremy. Ses yeux étaient rouges, à présent, et des larmes se trouvaient sur ses joues. Avec ses bras croisés devant elle, en protection, elle avait l’air encore plus petite, plus fragile. Elle sourit, un petit sourire triste, puis déglutit.
« Je ne t’en veux pas. Elle est… » Elle eut comme un sanglot, qu’elle maîtrisa, puis ajouta, avec un nouveau petit sourire triste : « Je comprends. Mais je ne sais pas si je peux être un prix de consolation. »
Ca n’était pas si difficile que ça, de trouver les bons mots, les bonnes émotions. Ca ne l’était pas parce que Juliet faisait ce qu’elle avait toujours su être plus efficace : elle utilisait la vérité pour mentir. Non, elle ne pouvait pas être un prix de consolation. Et oui, ça la blessait, quelque part, que le barman soit toujours fou amoureux de Kennedy, après tout ce temps, tout ce que la californienne avait pu faire pour lui dire et lui prouver que ça n’arriverait jamais, et après avoir été avec Juliet pendant autant de temps. Bien sûr, le fait qu’il soit amoureux de Kennedy était quelque chose d’utile pour la petite blonde, quelque chose qui l’aidait à le manipuler, à s’incruster dans sa vie, lui donnait un angle d’attaque, et l’aidait même, à présent, à commencer à le rendre malheureux, petit à petit. Mais c’était aussi très blessant, pour l’ego. Comment pouvait-elle accepter qu’il reste accroché à cette grande gigue, à ce monstre qui avait des visions, alors qu’elle était là ? Alors qu’elle faisait tout pour être la parfaite petite amie ? Comment osait-il continuer à aimer Kennedy, à être blessé quand il discutait avec elle, à crier après elle, alors qu’il avait Juliet, douce et adorable, qui l’attendait dans une chambre, prête à tout faire pour lui être agréable ? Bien sûr, c’était blessant. Et ça la mettait en colère. Pas surprenant qu’elle n’ait aucun mal à jouer la tristesse qu’elle était sensée ressentir, et même à l’agrémenter d’une petite pointe de colère, qui était somme toute naturelle et qui faisait d’elle un être humain et pas une poupée. Le plus dur était d’avoir l’air compatissant, parce que, très franchement, elle ne compatissait pas. Jeremy était un crétin, amoureux d’une erreur de la nature qui ne le regardait même pas, et incapable d’avoir assez de tripes pour tirer un trait sur cette histoire débile qui n’aurait jamais lieu. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Jeremy Locksley Tenancier du pub


Nombre de messages: 113 Age: 27 Date d'inscription: 28/12/2007
 | Sujet: Re: Devil in disguise Jeu 20 Jan - 10:26 | |
| Jeremy était désemparé face à la douleur si manifeste et si soudaine de Juliet. Il tombait véritablement des nues, ne comprenait pas ce qui, d’un coup, avait assombri l’humeur de la matinée. Juliet semblait avoir du mal à exprimer ce qui la faisait souffrir et Jeremy enrageait de la voir malheureuse, sans pouvoir la soulager. Il tendit la main vers son épaule mais elle se raidit instinctivement et il renonça. Ce fut alors qu’elle parla des murs de la ferme. Jeremy se crispa. Avait-elle entendu sa conversation avec Kennedy ? Il se repassa mentalement leur échange. Y avait-il là-dedans quoi que ce soit qui puisse prêter à confusion. Tout, probablement. Pas explicitement mais, pour une fille subtile comme Juliet, le ton de la discussion, plus que sa teneur, était déjà révélateur. Il se sentit envahi d’une immense bouffée de culpabilité. Juliet le croyait amoureux de Kennedy. Le savait amoureux de Kennedy ? Non, non, il aimait Juliet et, s’il avait effectivement aimé Kennedy, c’était fini, et bien fini maintenant. Enfin… S’il devait être vraiment honnête avec lui-même (et s’il n’était pas honnête avec lui-même, avec qui ?) il devait bien avouer que sa réaction face à la relation, et maintenant au mariage, de la Californienne avec Nath, n’était pas celle d’un ami, ou d’un amant éconduit et remis de sa frustration, ou d’un homme qui n’éprouvait plus le moindre sentiment amoureux.
La culpabilité se fit plus présente encore. Mais qu’est-ce qui lui prenait ? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas se sortir Kennedy de la tête et du cœur ? Alors qu’il avait la chance d’avoir conquis la plus délicieuse jeune femme imaginable ? Une jeune femme douce, intelligente, drôle, et, surtout, qui l’aimait. Une jeune femme déjà fragile et abimée par la vie et qui n’avait pas besoin que son petit-copain, celui-là même qui était supposé la protéger, la fasse souffrir. L’entendre dire qu’elle ne lui en voulait pas, qu’elle comprenait, lui fut intolérable. Lui s’en voulait. Non, Kennedy ne valait pas mieux de Juliet. Et que Juliet se sente inférieure, dévalorisée, c’était insupportable. Il se leva vivement et vint s’agenouiller aux pieds de Juliet. Il prit ses mains dans les siennes, la forçant à décroiser les bras, et les embrassa une à une. Comme il aurait voulu pouvoir effacer la douleur dans les yeux de Juliet, sécher ses pleurs et ne plus jamais en provoquer de nouveaux.
- Je suis désolé, murmura-t-il, sentant bien combien c’était insuffisant.
Il envisagea un instant de nier, de se justifier, mais ce serait ajouter l’insulte à l’offense. Juliet méritait mieux que des excuses peu sincères, que des justifications mensongères.
- Tu as raison, tu mérites mieux que ça. Si tu m’accordes une seconde chance, je te jure de la mériter. De te mériter. |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Devil in disguise Mer 26 Jan - 18:34 | |
| C’était très compliqué. Dans cette position, aussi près de Jeremy, face à lui, Juliet ne pouvait pas trouver de moyen de cacher ses expressions. Elle était obligée de vraiment jouer la comédie, et même de bien la jouer, en ce moment crucial. N’importe quel faux pas sèmerait le doute chez le barman. Oh bien sûr, une expression un peu ratée ne lui ferait pas comprendre que Juliet se jouait de lui, il lui trouverait sûrement une excuse, laisserait ça de côté, enfouirait ça dans son subconscient… Sauf que le subconscient petit à petit s’éveillerait à tous les petits faux pas qu’elle ferait, à toutes ces petites incohérences qu’elle laissait passer (elle était une bonne manipulatrice, mais elle était loin d’être parfaite, elle faisait des erreurs, et ne s’en rendait pas forcément compte tout de suite en plus).
Du coup, là, il fallait qu’elle soit parfaite. Or, Juliet n’était pas une actrice particulièrement talentueuse. Plutôt surprenant, sûrement, quand on connaissait son palmarès niveau manipulation, mais bonne manipulation et talent de comédienne n’allaient pas forcément ensemble. Juliet connaissait ses atouts, elle savait faire pencher la balance en sa faveur, mais elle n’était pas une Zephira. Elle aurait été incapable de manipuler quelqu’un qui se méfiait, qui s’attendait à l’être, d’ailleurs elle en était consciente, ça n’était pas pour rien que, d’instinct, elle fuyait les gens un peu louches de Sywhaîd, depuis une conversation avec l’un ou l’autre des empereurs (elle ne se souvenait même pas duquel) où elle avait senti très vite le danger poindre. Never play a player, surtout quand tu n’es pas le meilleur. Et Juliet savait qu’elle ne l’était pas. Elle était capable de beaucoup, mais ça tenait surtout au fait qu’elle avait un bon instinct, elle était plutôt psychologue, et savait voir les faiblesses des gens, leurs talons d’Achille. Elle s’attaquait aussi seulement aux proies qu’elle savait pouvoir réussir à manipuler… Et s’appuyait beaucoup sur son physique de poupée innocente, qui était d’une grande aide.
En l’occurrence, Jeremy était, globalement, du pain béni. Il avait à fond le délire white knight, respectait les femmes, avait un faible pour celles qui avaient du caractère, tout en voulant qu’elles aient besoin de protection, il venait de se faire briser le cœur et n’avait pas eu d’histoire amoureuse depuis des siècles. Bref, parfait pour Juliet. Sauf quand il s’approchait comme ça, parce que du coup elle n’avait plus beaucoup de marge de manœuvre. Elle hésita quelques instants à se libérer de son étreinte, à s’éloigner, mais réalisa que c’était trop. Il ne fallait pas qu’elle résiste trop sur la première discussion à ce sujet, il fallait qu’elle soit confiante, qu’elle accepte ses explications, si elle voulait avoir l’ascendance sur lui par la suite, et ne pas passer pour une fille complètement insecure qui surréagissait.
« Okay. » souffla-t-elle doucement, et assez simplement, puisqu’elle savait qu’elle devait faire dans la simplicité si elle voulait éviter de déraper.
Ensuite, elle sourit à Jeremy. Un petit sourire un peu triste, un peu dépité. Un sourire qui semblait dire « je veux bien, mais je sais que ça ne sera pas si facile », sans pour autant donner l’impression qu’elle baissait les bras, ou qu’elle mettait sa parole en doute. C’était un sourire subtile, compliqué à faire, surtout quand on vous regardait avec autant d’attention, mais le bon côté était que si elle avait l’air un peu hésitante, c’était pas plus mal, voilà pourquoi elle avait décidé de sourire, plutôt que de continuer cette conversation. De toute façon, encore une fois, il ne fallait pas qu’elle en fasse trop sur cette première conversation à ce sujet, si elle voulait éviter d’avoir le résultat inverse à ce qu’elle recherchait.
« D’accord. » ajouta-t-elle en hochant la tête, avec un sourire plus franc cette fois.
Elle tira ensuite doucement Jeremy, pour qu’il se relève, et, tout en le tenant toujours par les mains, lui déposa un délicieux petit baiser sur les lèvres, histoire d’instaurer une trêve, et de montrer sa confiance. Elle enroulant ensuite ses bras autour du cou de l’anglais, et lui dit avec un air adorable :
« Je n’ai plus tellement faim, tout de suite. »
Elle le regarda avec cet air gentiment taquin, et se colla doucement contre lui, laissant tout à fait comprendre ce dont elle avait plutôt envie… _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
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