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Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: [MC] Cours II : Totems. Jeu 7 Oct - 10:47 | |
| Il faisait nuit et la plupart des Sywhaîdiens dormaient du sommeil du juste. Il n’était pas très tard cependant, à peine 22h30, mais le lendemain serait une grosse journée, et ça faisait plusieurs soirs que les habitants de la Noble Lande se couchaient plus tôt pour se préparer à ce qui était LA fête de l’année (même si d’autres existaient). Ils avaient tous travaillé dur pour préparer Samhain, et ils méritaient bien un peu de repos… Sauf pour quelques-uns qui s’étaient inscrits à un certain cours de MC. Et à leur professeur d’un jour.
Redonner des cours n’était pas particulièrement perturbant pour Zephira. Elle était professeur depuis qu’elle avait vingt ans, même si elle avait eu des périodes où elle s’était reconvertie (de force) à d’autres métiers plus dangereux. Evidemment, ça faisait un moment qu’elle n’avait pas été le professeur, pas même à une conférence, mais on reprenait vite ses marques quand on pratiquait quelque chose depuis une quinzaine d’années… D’autant plus quand c’était une chose pour laquelle on était douée, et une chose qu’on aimait profondément. Zephira ne s’était jamais sentie aussi bien que lorsqu’elle enseignait… Ou du moins, n’avait jamais accepté de le reconnaître, parce que certaines missions avec l’Organisation avaient été particulièrement agréables, et qu’une partie d’elle avait toujours aimé dissimuler, être en danger… Mais elle faisait taire cette partie d’elle-même, elle refusait de l’écouter. C’était un chemin bien trop glissant, bien trop dangereux.
Elle était arrivée dans les ruines près d’une heure plus tôt, seulement, elle venait tout juste d’allumer des torches. Et, si elle frissonnait tout en le faisant, ça n’avait rien à voir avec le froid (plutôt mordant) de cette soirée automnale. Le truc était qu’elle n’avait pas pensé à allumer des torches. Qu’elle n’avait pas consciemment utilisé la magie pour voir dans le noir. Ca avait été… naturel. Et ça n’était pas naturel, justement. Elle leva un regard trop gris vers les étoiles, qu’elle voyait moins à présent que les torches étaient allumées. Les astres l’avaient toujours rassurée, et puis elle avait été professeur d’astronomie, elle les connaissait donc plutôt bien. Seulement elle n’avait plus l’impression que le ciel était le même depuis cet été, et ça l’inquiétait. Ce qui expliquait qu’elle passe son temps à lever malgré elle le nez vers le ciel, à essayer de retrouver sa relation aux étoiles. Celle qui, à une certaine époque, l’apaisait tellement.
Elle entendit un bruit de pas, au loin (trop loin) et se dépêcha de finir de préparer son installation. Les torches entouraient une sorte de grand tipi, en peaux, dans lequel on pouvait tenir à une douzaine facilement. Ce tipi, Zephira l’avait monté seule, et sans aide de la magie (à part pour la vision nocturne dont elle n’avait pas vraiment eu conscience, donc), afin de ne pas corrompre l’endroit. Elle ouvrit un pan de peau et pénétra dans le tipi. A l’intérieur, il faisait une chaleur presque étouffante, et Zephira enleva le pull en angora blanche qu’elle portait, et le déposa dans un coin. Elle portait un pantalon coupé comme un pantalon militaire, kaki foncé, des bottes fourrées parfaites pour la marche et un débardeur noir moulant. Le look était fortement militarisant, mais elle ne l’avait pas vraiment fait exprès, elle ne s’était habillée comme ça que par nostalgie : c’étaient à peu de chose près les vêtements qu’elle portait quand elle avait découvert ses totems. Elle s’assit devant le feu (raison de la chaleur étouffante) et attendit que ses étudiants arrivent tout en se faisant une queue de cheval, qui s’avéra parfaitement mettre en valeur son beau visage. Elle soupira, et pris une nouvelle inspiration. Elle n’était pas certaine que donner un cours dans un endroit clos soit une bonne idée, vu les évènements de cet été. Mais il n’y avait pas d’autres moyens pour les totems, et Jena l’avait suppliée de faire ce cours, une supplique qui avait été faite avec pas mal de suspicion, la tsigane s’était attendue à ce que Zephira refuse, ce qui aurait prouvé qu’elle avait raison dans ses instincts, et que l’ancien professeur n’était pas apte à se contrôler, qu’elle avait trop changé pour ça. L’instinct de survie de Zephira l’avait donc forcée à accepter.
Quand ses élèves arrivèrent, un par un, elle leur fit signe de s’asseoir autour du feu. Quand ils furent tous là, elle se releva souplement, et referma le tipi. Bien sûr, il y avait une évacuation par le haut, mais le fait que la porte soit fermée augmenta encore la chaleur. Zephira espérait qu’il n’y avait pas de claustrophobe dans le lot, parce que ça ne serait pas forcément facile de passer du temps dans ce tipi.
« Pour commencer, mettez-vous aussi à l’aise que possible. » dit-elle, en se rasseyant. « Ensuite, si vous avez fait des sorts sur vous-mêmes, annulez-les. » Elle sourit, puis entra dans le vif du sujet : « Savez-vous pourquoi nous sommes ici ? Et que savez-vous des totems ? »
Elle tourna un regard perçant vers la personne qui se trouvait à sa droite, lançant ainsi un tour de table… Euh… De tipi.
[Inscrits du cours II, je vous attends ! Vous avez trois semaines pour répondre, ensuite j’enchaîne ! Petites précisions : les bizarreries de Zephira ne sont pas particulièrement visibles… Enfin, pas par quelqu’un qui ne la connaît pas vraiment. Quelqu’un qui a vraiment l’habitude de la fréquenter la trouvera peut-être plus attirante que d’habitude, et plus « reptilienne »… Mais vous n’avez pas à chercher à évoquer tout ça, Zephira est de toute façon déjà bien assez bizarre en général pour ne pas être forcé d’aller dans les détails. Le lieu du cours est un lieu particulier, et je suis obligée de donner la réponse parce que certains des personnages pourraient s’en rendre compte (quoi qu’il fait nuit et tout mais bref, à vous de voir…). Le tipi a en fait été monté sur le cercle élémental construit dans les ruines par un groupe dans un cours de ME. Il recouvre tout le cercle, et le feu est au milieu. (c’est un feu magique, votre personnage peut aussi s’en rendre compte, ou pas…) Pour toute question, précision, mp ! (mais sur le compte de Jena please). Bon jeu !] _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Mer 13 Oct - 16:23 | |
| Dakota était très frustrée d’assister à ce cours. Elle avait voulu, avec beaucoup d’enthousiasme, assister à celui sur les noms amérindiens mais s’était vue refouler parce qu’elle était trop jeune. Elle avait ensuite voulu se rabattre sur les tatouages parce que c’était assez cool mais Gavin avait mis son veto, disant qu’elle se ferait autant de tatouages qu’elle voudrait quand elle serait majeure mais que, en attendant, elle ferait mieux d’espérer que les cochons aient des ailes. Comme elle avait promis d’assister à un cours dans chaque matière, elle avait bien dû choisir et s’était, à contrecœur, inscrite pour cette histoire de totem. Mais ça l’embêtait vraiment, mais alors vraiment beaucoup.
Elle entra sous le tipi (un tipi, non mais vraiment !) avec une moue maussade déjà prête à l’emploi. Bon sang, ce qu’il faisait chaud là-dessous ! C’était le meilleur moyen d’attraper la crève ça, passer du froid de l’extérieur à la chaleur étouffante de ce tipi à la noix ! Elle s’empressa d’ôter son manteau, son écharpe à rayures fuchsias et noires (vestige de l’uniforme de son école de magie) assortie à ses converses basses à motifs de graffiti noirs et blancs, avec quelques touches de fuchsia. Elle se débarrassa également de son pull noir et se retrouva donc en t-shirt (également fuchsia) orné d’un dessin de Stewie (de la série Family Guy avec son air vicieux et de la mention « Time to be bad » en noir.
Et en plus, il fallait qu’elle se retrouve assise à la droite de la prof. Merci bien, fallait pas vous déranger. Prof qui, en plus d’avoir l’air d’une top model, ce qui était vraiment insupportable, portait une tenue complètement improbable, genre Claudia Shiffer meets G.I. Jane. Dakota leva les yeux au ciel et, quand Zephira se tourna vers elle avec sa question, ne retint pas le soupir exaspéré qui lui monta aux lèvres.
- C’est un truc d’Indiens, avança-t-elle avant de se taire, ayant visiblement épuisé ses réserves de bonne volonté. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 29 Oct - 21:52 | |
| Et qui se trouvait à la gauche de Dakota ? Qui pouvait donc rivaliser avec Zephira Wood en matière de sex-appeal et de beauté pure ? Et de patronyme ridicule ? Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott bien sûr ! En chair et en os… Et un peu plus en chair vu que sa grossesse avançait, doucement mais sûrement. Elle entrait officiellement ce jour précis dans son cinquième mois, et ça commençait à se voir sérieusement. Oh, elle n’était pas une baleine, elle n’en était pas encore à ce point-là, mais son ventre ne passait plus inaperçu. D’autant plus que les vêtements larges et Zee n’avaient jamais fait bon ménage, comme elle le disait souvent « si je m’achète un vêtement, je veux qu’il me colle à la peau comme si j’étais née avec ». Paroles qui avaient tout pour plaire à son cher époux qui, en général, lui proposait alors de vendre tous leurs biens pour lui acheter une nouvelle garde-robe.
Avant de venir à Sywhaîd, Zee et John avaient fait le tour des magasins de vêtements pour femmes enceintes. Le problème était que tous ces magasins avaient une vision assez… romantique de la femme en question. Et les blouses à fleurs, les robes vaporeuses et les couleurs pastelles n’avaient rien pour plaire à la femme guerrière que nous connaissons. Ceci expliquait qu’ils aient arpenté autant de magasins, pour finir par trouver des choses qui convenaient plus ou moins. Déjà, Zee n’avait acheté que des pantalons. Les robes, elle n’en portait que dans les grandes occasions (ou quand elle voyait sa belle-mère, et dans ces cas elle portait en général les robes que sa belle-mère lui avait offertes, jolies, mais absolument pas dans son style habituel, mais elle pouvait bien faire plaisir à la mère de John). Et les robes en question étaient bien trop sexy pour le cadre rural de Sywhaîd (elle se voyait mal réparer un toit dans sa magnifique robe de satin rouge). Ce jour-là, elle portait donc une tenue qui… Oui, bon, qui donnait l’impression que toutes les magnifiques femmes de ce cours s’étaient donné le mot pour jouer à G.I. Jane. Parce que, oui, Zee avait fini par réussir à trouver des pantalons style armée, ceux qu’elle aimait tant, pour femmes enceintes. Elle avait simplement galéré pour en trouver de la bonne couleur (en général, Zee portait principalement des pantalons bruns, terres, rouges foncés). Celui de ce soir-là était d’un brun clair qui allait parfaitement avec sa belle peau de métisse. En entrant, elle avait porté un long manteau brun, en peau, mais elle l’avait rapidement enlevé. Et à ce moment précis, elle était en train d’enlever son pull vermillon, et de révéler un simple débardeur marron foncé, qui ne cachait rien de son ventre de femme enceinte. De toute façon, tout le monde savait qu’elle était enceinte, non ?
« Natifs Américains. Des Amérindiens, pour être plus précise. » ajouta-t-elle à la suite de Dakota, après quelques secondes de flottement durant lesquelles tout le monde avait eu l’air de s’attendre à ce que l’ado ajoute quelque chose.
L’irlandaise tourna un regard rapide vers Dakota, tout en déposant son pull derrière elle. Elle était bien plus intriguée par l’adolescente qu’elle ne l’était par aucun des autres participants. Zephira était un mystère, bien sûr, mais Zee était allée la voir quelques jours plus tôt pour s’assurer que le cours était accessible à une femme enceinte, et le professeur ne lui avait pas semblé être un danger. Oh bien sûr, elle avait l’air puissante, et perturbée, et Zee se méfiait de ces deux choses, particulièrement quand elles étaient associées, mais elle n’était pas en mission et elle savait qu’elle courait peu de risques à Sywhaîd, même si elle était loin de baisser totalement ses gardes pour autant. Marianne semblait être une fille douce, et gentille, un peu trop effacée peut-être au goût de la guerrière, mais elle ne la connaissait pas plus que de vue et ne s’intéressait pas tellement à elle. Quant à Zachary, il avait tout d’un adolescent relativement typique, rien de bien mystérieux. Par contre, Dakota… Et bien, il y avait un petit quelque chose dans son comportement qui intéressait Zee. Elle était toute petite, presque frêle, et elle dégageait pourtant une vraie colère, une énergie qui vous donnait presque l’impression que vous alliez vous brûler si vous posiez la main sur elle. Zee était intriguée, et intéressée, et ça n’avait rien d’étonnant, elle avait été cette fille à une époque. En plus grande, plus noire, et plus violente. Il lui semblait peu probable que Dakota appartienne à quelque organisation terroriste que ce soit, et peu probable aussi que son père, avec qui Zee avait eu l’occasion de bavarder pendant une corvée d’entretien du toit, laisse quelque chose comme ça arriver.
« On est sur l’espace élémentaire que Rozen et un groupe de Sywhaîdien ont créé ici il y a un moment. » ajouta-t-elle en tournant ce qui semblait être toute son attention sur Zephira (mais évidemment, une guerrière comme Zeneyp faisait toujours attention à tout ce qui l’entourait). « Le feu est juste au centre et le tipi en fait parfaitement le tour. J’imagine que le cercle va nous aider à trouver nos totems, et que donc la magie élémentaire a sa place dans ce rituel. »
C’était sûrement étrange que la personne qui était arrivée le plus récemment à Sywhaîd soulève cette précision géographique. Etrange encore que ce soit une non-sorcière qui n’avait jamais vécu dans un endroit magique jusqu’à quelques semaines plus tôt qui parle de magie élémentaire. Mais un tigre ne peut changer ses rayures. Et Zee avait évidemment passer ses premiers temps à Sywhaîd à en apprendre la géographie par cœur, à faire des repérages, et à apprendre le plus de choses possibles sur le lieux. Ca n’était qu’en faisant ça qu’elle pouvait finir par relâcher un peu la tension, et décider de si l’endroit était habitable ou non. John, bien au fait de ses habitudes, l’avait laissée faire, mais avait sûrement été soulagé quand elle lui avait annoncé, quelques jours plus tôt que, oui, Sywhaîd était un bon endroit, et qu’ils resteraient donc. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 29 Oct - 23:55 | |
| Participer à un cours, ça avait semblé une bonne idée à Marianne. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'elle était arrivée ; elle avait rencontré un certain nombre de personnes, qui l'avaient (presque) toujours accueillie avec sympathie. Elle avait investi une chambre de l'"école", en se demandant un peu pourquoi elle portait ce nom, alors que les cours y tenaient une place si peu importante, en apparence. C'était quelque chose qui continuait de l'intriguer, le temps passant. Et malgré la gentillesse générale des Sywhaîdiens, elle avait encore du mal à se sentir à sa place dans la communauté. Alors, elle s'était dit que participer à l'un de ces fameux cours serait peut-être une manière de comprendre, de se débarrasser de cette impression de flotter à côté de tout ça, son corps creusant de la tourbe et épluchant des poires, son esprit resté à l'extérieur de la Brume. C'était la raison n°1. La seconde étant l'approche de Samhain, comme on disait ici, comme avait toujours dit aussi Nelson, en bon petit Ecossais. La Lande était fébrile, en ébullition, plongée dans les préparatifs de la fête la plus importante de l'année. C'était une atmosphère qui ne lui réussissait pas ; les souvenirs se bousculaient dans sa tête, et elle redoutait d'avance la fin de l'année. Elle avait donc choisi le cours sur les totems en raison de sa date ; et parce que tout le monde, en dehors des enfants, y était admis.
Elle avait donc bravé la neige et le froid, elle aussi, pour parvenir jusqu'au tipi, dont la silhouette incongrue, se découpant dans le crépuscule, lui avait semblé de bon augure. Sur Sywhaîd, les nuits de la fin octobre paraissaient vraiment propices à réveiller des fantômes (morts ou cruellement vivants). Celle-là, elle la passerait dans un lieu semblant détonner totalement avec le paysage, et c'était exactement ce dont elle avait envie. En pénétrant dans la tente, elle fut elle aussi surprise par la chaleur étouffante qui y régnait, et s'empressa de retirer, dans l'ordre, bonnet, écharpe, gants, manteau, qu'elle posa dans un coin (si l'on peut dire) avec le sac qu'elle avait emmené au cas où et qui contenait des affaires de nuit -elle ne savait pas bien en quoi était supposé consister une "transe", s'ils allaient dormir ou non, et n'avait pas osé demandé à la prof. Elle la trouvait bien trop impressionnante, et bien trop... Sywhaîdienne. Marianne savait qu'elle pouvait être naïve, mais elle ne pensait pas se tromper en estimant qu'il valait mieux se méfier de quelqu'un de trop beau, comme Zephira Wood. Enfin, ça n'avait pas d'importance. Assise au sein du cercle, entre Zephira et un garçon dont elle ignorait le nom, face à deux femmes particulièrement belles, près d'une adolescente ouvertement revêche, il lui sembla qu'elle passait presque inaperçu, ce qui avait un côté rassurant. Sa tenue n'avait rien de militaire. Elle portait un pantalon marron et, ses deux pulls ôtés, il ne lui restait qu'un t-shirt à manches longues blanc, dont le décolleté de forme danseuse laissait entrevoir la chaîne d'une médaille, son seul bijou. Ses cheveux très blonds, simplement lâchés, lui donnaient sans doute un aspect très doux, par rapport aux femmes en Z et à Dakota. Mais ça n'était pas spécialement voulu ni ne paraissait la perturber.
Elle remarqua que la métis était enceinte ; elle aurait aimé se sentir rassurée par cet état de fait, vis-à-vis de la transe. Mais le fait que Zephira leur demande d'annuler tous les sortilèges qu'ils auraient pratiqués et les explications de Zee la convainquirent qu'il devait tout de même s'agir de quelque chose d'un peu complexe, concernant normalement les sorciers. Elle hésita à rappeler d'emblée à Zephira qu'elle était non sorcière ; mais n'en fit finalement rien, elle verrait en temps utile si c'était nécessaire. Peut-être -sans doute ?- celle-ci s'en était-elle d'ailleurs aperçu d'elle-même. Quand vint son tour de prendre la parole, Marianne n'hésita pas. A la voir, si blonde, si effacée, on aurait pu s'attendre à ce qu'elle bafouille, se tasse un peu plus sur elle-même ; mais elle n'était pas comme ça du tout. Même si en fait de totems, elle n'y connaissait pas grand-chose. Sa connaissance des Amérindiens se limitait peu ou prou à la lecture de quelques albums de Lucky Luke dans son enfance. Et elle n'était même pas sûre que la référence fût parlante dans le monde anglo-saxon. Et elle ne voyait pas bien en quoi cela aurait justifié un tel dispositif, au milieu des ruines, sur un cercle de feu ou quelque chose comme ça, dans un authentique et étouffant tipi.
"Je ne connais pas grand-chose aux totems ; pour moi, ce sont les colonnes de sculptures animalières dans les albums de bande dessinée de mon enfance. Et j'ai aussi entendu parlé d'animaux totems, de choses comme ça... Enfin un totem, je suppose que c'est quelque chose qui est supposé nous être personnel... avec peut-être aussi quelque chose de protecteur... voilà..."
Elle haussa les épaules, adressa un sourire d'excuse à Zephira, et tourna ensuite les yeux vers le garçon à sa droite. Elle n'avait pas l'air de se rendre compte qu'un sourire pareil illuminait son visage d'une manière susceptible, dans d'autres circonstances, de faire vaciller plus d'une tête. |
|  | | Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 1 Nov - 14:39 | |
| [Aurel, tu feras comme si Zach était là depuis le début…]
Zephira posa son regard sur la personne qui se trouvait à sa gauche, Zachary, et comme il lui fit signe qu’il n’avait en fait rien à ajouter, elle enchaîna. Elle n’avait pas semblé s’émouvoir outre mesure du manque de motivation ou de bonne volonté de Dakota. Ca n’était pas la première fois que le professeur avait à gérer des adolescents, et quand on avait enseigné dans des écoles magiques où on en avait une bonne trentaine à surveiller d’un coup, on pouvait en gérer une toute seule, même un peu récalcitrante.
« Tout à fait. » dit-elle en souriant à Marianne, qui était donc la dernière à avoir proposé des hypothèses. « Nous allons en fait parler d’animaux totems aujourd’hui, qui sont bien des animaux protecteurs dans la culture amérindienne, des animaux qui aident les amérindiens dans leurs rituels magiques, mais aussi dans leur vie quotidienne, leur apportant conseils et forces via des transes, ou des rêves. »
Elle tourna la tête vers Zee, et continua :
« Nous sommes bien sur l’Espace Elémentaire, et les éléments vont bien jouer un rôle dans cette transe. En fait, les animaux totems sont au nombre de cinq. Il y a les quatre animaux correspondants chacun à un élément… Et un cinquième qui est… Disons pour résumer que c’est l’animal totem de l’Âme, dans le sens où il est l’animal totem qui est lié à l’émotionnel, à ce qui fait de nous des humains. »
Elle sourit doucement tout en faisant une petite pause. Elle devait exercer un contrôle particulièrement fort pour ne pas laisser son aura transparaître totalement, et c’était épuisant, d’autant plus qu’elle n’était pas stable, à quelque niveau que ce soit, depuis les évènements estivaux. Mais revenir à son rôle de professeur l’aidait, après tout, elle l’avait exercé même après la mort de Sting, ce qui avait été une autre période terrible et pleine d’instabilités à tous les niveaux.
« Ces animaux totems ne sont pas la seule relation aux animaux qui a son importance dans le monde magique. Est-ce que vous en connaissez d’autres ? Vous pouvez déjà dégager des différences avec ces autres liens ? »
Cette fois-ci, elle ne désigna personne en particulier, attendant que le premier à avoir une idée réponde.
[Vous pouvez évidemment parler de daemorphie, de daemons, ou de tout ce que vous voulez d’autre… A vous de voir ! Pour toute question, précision, mp ! (sur le compte de Jena please !) Vous avez deux semaines pour répondre, c’est un petit tour rapide où je ne vous demande rien de bien important. Ensuite, la transe ! Bon jeu !] _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Jeu 4 Nov - 23:27 | |
| Et la première réponse tomba du côté de Marianne qui, même si elle se sentait un peu en décalage au milieu de cette compagnie particulière, n'en était pas effrayée pour autant. Elle s'était trouvée dans des situations bien plus embarrassantes ; au moins, cette fois, elle était vêtue de manière tout à fait décente et, quoi qu'on en dise, ça atténuait un éventuel sentiment de timidité.
"Les daemons ?" suggéra-t-elle donc, en interrogeant du regard les autres participants. Mais visiblement, ils semblaient plutôt attendre d'elle qu'elle développe son exemple plutôt qu'elle en demande l'approbation. L'ennui étant que, précisément, l'intéressée n'en savait pas grand-chose, sinon ce qu'elle avait découvert d'eux à Sywhaîd. Et elle ne s'amusait pas à demander à chaque personne se promenant avec un petit animal ce que celui-ci était, au juste. C'était le menuisier qui l'avait éclairée sur ce sujet, parce qu'elle s'était étonnée de le voir accompagné d'un castor apprivoisé - ça avait été un sacré choc lorsque le castor en question avait recraché son morceau d'érable pour s'offusquer d'une telle méprise et lui expliquer, dans un anglais impeccable, qu'elle n'avait rien d'une bestiole domestique. Et c'étaient donc principalement des explications de...castor qu'il lui fallait restituer, à des individus qui, à vue de nez, en maîtrisaient le principe bien mieux qu'elle.
"Ils sont extériorisés, l'incarnation d'une partie de... l'âme d'un sorcier ?"
Elle n'imaginait pas qu'il puisse en être de même pour les totems. Ou alors, c'est qu'il y avait erreur et, désolée, mais elle ne signait pas pour la transe. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Sam 6 Nov - 11:14 | |
| « Il y a aussi pas mal de méthodes de transformation en animaux. » Enchaîna Zee d’une voix tranquille, presque froide. « Je suis loin d’être une spécialiste, mais je sais que certaines de ces transformations se font par lien à l’animal, d’autres n’en ont pas besoin… »
Elle tourna un regard neutre vers Zephira. En fait, elle n’en savait pas beaucoup plus. Bien qu’accoutumée à l’idée que la magie existait depuis longtemps, et bien qu’ayant côtoyé à plusieurs reprises des sorciers, elle était loin de s’y connaître, surtout dans les histoires en rapport avec les animaux. Elle avait été témoin de quelques bagarres avec des sorciers, et avait vu leur efficacité au combat, mais ça n’était pas vraiment une réponse adéquate à la question de la magnifique blonde.
« Il y a bien la zoomorphie. » ajouta-t-elle, se rappelant soudain de ce domaine dont elle avait vaguement entendu parler par un de leurs collègues sorciers. « Je crois qu’on effectue des transes et que les animaux en lesquels on peut se transformer nous représentent, non ? C’est proche des totems d’après ce que j’ai compris…. » _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Zephira Wood Sywhaîdienne


Nombre de messages: 139 Age: 36 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 15 Nov - 12:03 | |
| « Oui, assez. » enchaîna Zephira. « D’ailleurs, il y a eu une période où on appelait les animaux zoomorphiques des totems, mais c’était un usage qui embrouillait tout le monde donc on a créé un autre terme. Certains spécialistes un peu âgés continuent à utiliser ce terme. Mais la différence principale entre un animal totem et un animal zoomorphique est que l’on ne se transforme pas dans notre animal totem. Et qu’il existe bel et bien… Enfin, pas comme un daemon, même si ça s’en approche. C’est un animal qui nous apparaît en rêve, dans des transes, dans des visions, tout le reste de notre vie, pour nous conseiller, nous guider, nous permettre de voir certaines choses… L’animal totem est un guide. Il ne parle pas, il n’a pas de nom et il n’a pas d’existence propre, mais comme le daemon il représente une partie de nous. Une partie qui nous aide parfois quand on en a besoin. »
Elle sourit de nouveau. Donner un cours lui permettait de se détendre, pas trop (si elle se détendait trop elle risquait la catastrophe, la perte de contrôle) mais juste assez pour que ce soit agréable. Elle tourna un simple regard vers le feu, et ce dernier s’intensifia d’une manière qui ne pouvait qu’être magique.
« Vous allez entrer en transe, maintenant. Durant cette transe, vous allez avoir des visions, qui pourront être des choses que vous avez vraiment vécues, des choses que vous vivrez peut-être un jour, des choses qui n’existeront jamais… Cela dépendra de l’orientation que votre transe prendra, chaque transe est différente, personnelle… Il n’y a pas vraiment de règle. Vous allez cependant avoir des sortes « d’actes » dans vos transes. Un acte pour trouver votre animal lié au feu, un acte pour trouver votre animal lié à la terre, un acte pour trouver votre animal lié… Enfin, vous voyez ce que je veux dire, votre transe sera séparée en cinq parties différentes. L’ordre dépendra de vos liens avec les éléments, mais la dernière partie, la plus complexe, la plus riche et la plus éprouvante, sera forcément celle de l’animal totem de l’âme. »
Elle sourit brièvement, et sentit son cœur se briser au souvenir de Sting. C’était durant sa transe totémique qu’elle l’avait rencontré. C’était durant cette transe qu’il y avait eu une « anomalie ». Quelque chose qui n’aurait jamais dû se passer, et qui avait fait de Sting son daemon. Un daemon qui n’en était pas tout à fait un. Qui n’avait pas été révélé correctement, et qui n’avait jamais eu une existence tout à fait normale…
« Bonne chance. »
Et le feu changea de nouveau, plongeant les participants dans leur transe, sans plus de discussion.
[Voilà voilà ! Vous avez jusqu’à la fin de la saison pour faire la transe. N’oubliez pas de dire qu’à la fin votre personnage se réveille, et il peut dire quelque chose s’il le souhaite. Vous pouvez tout à fait poster en cinq messages… A vous de voir l’ordre des « actes » donc, j’espère que j’ai été assez claire dans mon explication, en gros vous faites ce que vous voulez héhé… A chaque fin « d’acte » votre personnage « rencontre » son animal, à vous de voir sous quelle forme et comment. Je rappelle simplement que l’animal en question ne parle pas, n’a pas de nom, c’est un animal, donc. Les « actes » peuvent être relativement courts, pas besoin de faire l’équivalent d’une transe zoomorphique dans chaque « acte », loin de là. A vous de voir…. Pour toute question, précision, mp ! (sur le compte de Jena, please !) J’espère que c’est clair, bon jeu !] _________________ Don't put your life in someone's hands They're bound to steal it away Don't hide your mistakes 'Cause they'll find you, burn you... If you want to get out alive oh, run for your life... |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Sam 20 Nov - 21:25 | |
| Feu. « Et maiiinntenant, veuillez faire un triomphe à notre star…. Zeneyp la Terrible ! »Zee avait eu l’impression de seulement battre des paupière, elle n’avait absolument pas eu conscience d’entrer dans sa transe, mais ce qu’elle vit en rouvrant les yeux, outre la voix tonitruante qui l’annonça, ne put que le lui faire comprendre. En fait, au début, elle ne vit rien, à part une lumière très vive, du style projecteur. Mais quand ses yeux commencèrent à s’habituer, elle put voir qu’elle était au centre d’une piste. Elle sentait l’odeur de la sciure qui se trouvait au sol, une odeur d’animaux, du même genre que celle qu’on trouvait dans les manèges à chevaux qu’elle avait fréquentés pendant quelques temps lorsqu’elle était enfant. Elle était entourée d’un public qui, écoutant visiblement la voix qui avait hurlé dans son micro, applaudissait à s’en rompre les bras. Zee soupira. Il y avait des cerceaux qui lévitaient tout autour d’elle et elle était sur une sorte de petit promontoire. Elle baissa les yeux et vit comme elle était vêtue. « Oh shit… » cracha-t-elle entre ses dents bien blanches. Elle portait une sorte de justaucorps en imprimé panthère, des collants transparents qui laissaient voir ses magnifiques jambes chocolat, des sortes de bottes lacées, noires, qui montaient jusqu’à ces genoux, et qui avaient des talons aiguilles assez improbables. Elle avait des bracelets de force en cuir noir autour des poignets, et, elle pouvait le sentir, ses cheveux étaient lâchés, crinière indomptable du plus bel effet. Elle était maquillée, même si elle ne pouvait pas le voir, mais relativement peu, principalement d’un gros trait noir mettant en valeur ses beaux yeux noisettes. « Très bien ! Très bien ! » tonna de nouveau la voix avec un enthousiasme qui mit instantanément Zeneyp en rognes. « Maintenant, veuillez être silencieux, ce que cette douce et adorable, mais néanmoins terrifiante Zeneyp… »« John ? » coupa Zee, reconnaissant enfin malgré les déformations du micro la voix de son mari. « Euh… Ce que Zeneyp la Terrible va faire, donc, est très dangereux, merci de ne pas applaudir ! » se dépêcha de conclure John. « John ? What the hell… ? » Mais Zee ne finit jamais sa phrase. Soudain, ses yeux furent attirés par un mouvement, dans les parties les plus ombragées de la piste, et il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître ce qu’elle voyait. Des tigres ? D’immense tigres ! Elle sentit sa respiration se couper sous le choc parce que, même en ayant eu la vie d’aventures et de dangers de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott, on ne se retrouvait pas vraiment régulièrement entourée de trois tigres immenses. « Tigre ? » demanda-t-elle soudain prise d’une inspiration. « Ce serait mon animal totem ? »« Voyons, hone‘, ce serait beaucoup trop simple ! » s’amusa John dans son micro, avant de lancer : « Fire ! »Et soudain, les cerceaux qui entouraient Zeneyp s’enflammèrent, lui permettant de voir parfaitement les trois tigres avancer souplement vers elle, dans une attitude qui n’était pas tout à fait rassurante. Zee fit un tour sur elle-même, comme pour essayer de trouver une issue, au lieu de ça, elle trouva un accessoire pour compléter sa tenue, un fouet en cuir d’une taille impressionnante lévitait à une étendue de bras d’elle. Elle leva un sourcil, soupira, puis l’attrapa. « Parfait pour compléter ma tenue de Dominatrix. » murmura-t-elle d’un air désespéré avant de faire claquer son fouet. Elle n’avait pas perdu la main depuis ce stage de cirque qu‘elle avait fait en colo des décennies plus tôt, et le fouet claqua d’une façon tout à fait impressionnante, claquant bruyamment dans le silence respectueux que les spectateurs maintenaient. Les tigres, comme s’ils avaient considéré ce coup de fouet comme un signal, s’arrêtèrent, restant bien droit sur leurs pattes, magnifiques et dangereux même dans l’immobilité. La métisse frissonna, elle avait beau avoir été en danger de mort plus d’une fois dans sa vie, ces trois tigres qui l’entouraient en silence étaient peut-être ce qui lui donnait le plus envie de paniquer. Elle n’avait aucun plan, ne savait pas ce qu’elle était sensée faire, et n’avait qu’un fouet comme arme… « Bon. Okay. » soupira-t-elle, avant de faire claquer le fouet une seconde fois. Les tigres se préparèrent à bondir, et Zee se sentit plutôt confiante quand elle vit qu’ils s’étaient orientés vers les cerceaux. Elle sourit, et fit de nouveau claquer le fouet, et les trois tigres, dans un ensemble parfait, passèrent à travers les cerceaux enflammés. Personne n’applaudit, comme convenu, mais l’irlandaise put sentir le public frissonner de plaisir. Les tigres se trouvaient à présent assis à ses pieds, et quand elle fit claquer le fouet une nouvelle fois, ils se tournèrent tous dans sa direction. Leurs beaux yeux dorés la regardaient, attendant son signal, mais elle hésita un instant. Était-elle vraiment obligée de se taper tout le spectacle ? Elle ne savait même pas exactement ce qu’elle était sensée faire, quand c’était sensé se terminer. Zephira avait parlé de souvenirs, d’avenirs probables… Et elle se retrouvait dans une scène totalement incompréhensible, avec du feu, donc peut-être était-ce son animal totem de feu qu’elle cherchait, mais sans autre animal présent que ces tigres, qui d’après John n’étaient pas ce qu’elle cherchait. Que faisait-elle là ? Sincèrement, ça commençait sérieusement à la gonfler. Elle serra un peu plus fortement sa main sur le fouet, puis prit une inspiration et descendit de son petit promontoire. Les tigres la suivirent du regard, mais ne bougèrent pas. Elle avança un peu, quelques pas décidés mais relativement lents, afin de voir si les félins réagissaient. Mais non. Alors elle chercha du regarde une sortie, en trouva une, et s’y dirigea d’un pas rapide. « Zepeynounette ? » l’appela John, toujours au micro. « Si j’étais toi, je continuerai le cours de la transe… »
« Je n’ai aucune envie de jouer à la Dresseuse de Tigres plus longtemps. » répondit Zee tout en essayant d’éviter de remarquer les regards courroucés que les gens du public jetaient sur elle du haut de leurs gradins. « Les trucs magiques surpuissants n’aiment pas qu’on les interrompe… Même quand ils sont provoqués par l’inconscient. » lui répondit son mari, sur un ton qui semblait légèrement inquiet (et connaissant John, légèrement inquiet était déjà la preuve qu’il fallait sérieusement s’inquiéter). « C’est mon inconscient, sweetcakes, je crois pouvoir l’affronter. » répondit Zee en réussissant, enfin, à forcer la porte qui permettait d’entrer dans les coulisses. « Ou pas. » ajouta-t-elle avec un air tout à fait calme, alors que le sol se mettait à trembler. Tremblement de terre ? Lui souffla son cerveau. Peut-être que finalement elle était sur l’élément terre, et pas sur le feu… Mais cette idée ne dura pas longtemps, vu que le tremblement fit tomber les cerceaux au sol, la sciure s’enflammant à une vitesse… préoccupante. « Oh shit. » répéta Zee en s’engouffrant dans les coulisses. Elle courut, croisant des gens dans des tenues encore plus étranges que la sienne (dont un habillé d’un costume rouge, de chaussures rouges, et ayant une peau rouge…). Elle les entendit s’adresser à elle, mais déjà la chaleur montait de plusieurs degrés. Dans le monde réel, déjà, l’incendie se serait propagé rapidement, mais là c’était pire que ça. Zee ne tourna pas la tête, mais elle sentait bien que les flammes se rapprochaient, la suivaient. Elle tourna quand elle vit l’escalier, monta les quelques marches, et fit irruption dans la salle de la régie. « Zee ! Franchement, je ne crois pas que c’était une très bonne idée.. » Elle sourit à John. Il était habillé en Monsieur Loyal, ce qui était une tenue pratiquement aussi éloignée de ce qu’il portait que celle qu’elle avait l’était de ses propres tenues habituelles. Il avait un casque-micro autour de la tête, et la regardait d’un air de dire « ohlala Zeneyp, vraiment, tu aurais pu faire des efforts… ». Sauf qu’elle n’était pas prête à jouer à la dompteuse pendant des heures, inconscient en colère ou pas. « Viens. »
« C’est que… Ca n’est pas sensé se passer comme ça. Dans cet acte tu n’étais pas sensée me voir, juste m’entendre, je ne devais pas arriver avant l’acte trois… »Elle leva un sourcil. « Ouais, c’est pas comme si on avait l’habitude de faire les choses d’une façon normale en même temps… » se résigna John avant d’enlever son casque-micro dans un mouvement de cheveux digne d’une pub pour shampooing et de courir vers sa femme. Il attrapa sa main et, ensemble, ils coururent, essayant de trouver la sortie, avec les flammes qui engloutissaient tout derrière eux. Finalement, il y eut une porte, que John défonça, et ils sortirent précipitamment, Zee claquant la porte derrière eux… et s’arrêtèrent abruptement. « That’s my girl ! » Zee lança un regard assassin à son mari qui ne sembla pas s’en émouvoir, et continua à regarder autour de lui d’un air satisfait. Ils ne se trouvaient pas à l’extérieur de la salle de spectacle, comme ils auraient dû, mais… dans une chambre. Une chambre d’hôtel, visiblement. Ou plutôt, une suite, du genre suite nuptiale. Très grande, décorée avec des couleurs chaudes… Un lit en forme de cœur d’une taille indécente… « Miroirs au plafond ! Il y a des miroirs au plafond ! » s’extasia John en sautant sur le lit, qui visiblement devait être à son niveau de moelleux puisqu’il se mit à sauter dessus comme un gamin sous sugar rush. « Définitivement pas super sexy, hon’. » soupira Zee, tout en sentant malgré elle un sourire poindre au loin. « Ta tenue compte pour deux. » répondit John entre deux rebonds. Zee retourna à la porte, l’ouvrit et ne vit qu’un simple couloir. Plus de feu. Elle referma la porte, la rouvrit. Toujours pas de feu. Bon. « C’est une transe, ne t’attend pas à ce que ça soit logique. » lui expliqua son mari, en lui tendant une coupe de champagne. Lui-même en avait une, qu’il tendit pour trinquer, Zee trinqua, plus par réflexe que parce qu’elle en avait envie, avant de boire une gorgée. « Quel est le rapport avec le feu ? » demanda-t-elle, après avoir dégluti. « Le feu ça n’est pas que le feu en lui-même, ce sont aussi des sentiments, des émotions… » lui dit John tout en se redirigeant vers le lit. Il se balança dessus, roula sur le côté, et tapota devant lui avant de chantonner d‘une voix absurdement sexy: « Come on, baby, light my fire… »
« Dans un lit en forme de cœur ? »
« Allez ! C’est drôle ! »
« Un lit en forme de cœur ? »
« C’est ton inconscient chérie… »
« Un lit en forme de cœur, une tenue de dresseuse SM… Je me demande si je ne me suis pas plutôt retrouvée dans le tiens par hasard. »Sauf qu’il s’agissait évidemment de John… Et que Zee n’était en rien aussi froide qu’elle pouvait parfois le paraître. Si la transe voulait qu’elle se plie à son devoir marital, elle le ferait… Même dans un lit en forme de cœur… Quelques heures plus tard (ou ce qui semblait être quelques heures plus tard), Zee rouvrit les yeux. Elle se demandait vaguement, dans ces pensées un peu bizarres qu’on avait parfois au réveil, si ses compagnonnes de transe vivaient le même genre de choses qu’elle, et tourna un regard amusé vers John qui, lui, dormait toujours. Elle s’étira, et leva les yeux vers les miroirs qui se trouvaient au-dessus d’elle. Non, franchement, pas le genre d’installations qu’elle accepterait de mettre dans leur chambre (même si John lui promettait ce genre de petites fêtes tous les soirs en contrepartie). Elle soupira puis se leva. Elle était nue, et ne voulait pas se résoudre à remettre les vêtements ridicules qu’elle avait portés sur la scène (même s’ils avaient bien semblé amuser son mari), et se dirigea donc vers l’armoire qui se trouvait à l’autre bout de la pièce pour essayer d’y trouver quelque chose de plus convenable (après tout, elle était dans une transe, on pouvait lui avoir laissé des fringues correctes dans l’armoire, non ?). Son regard se perdit vers son ventre. Dans a transe, elle n’était pas enceinte, et le fait de revoir son ventre parfaitement plat (alors qu’à présent il était déjà pas mal rebondi) était étrange. Elle ne se sentait plus enceinte, ce qui était un peu flippant, mais heureusement, Zephira lui avait dit qu’il n’y avait aucun danger pour le bébé… Elle le retrouverait donc bientôt. « Plus tôt que tu ne le crois. »
« Tu devrais te rendormir, sweetie. »
« Okay. Souviens-toi juste de ça : le livre qu’elle te lisait. »Zee tourna sa tête vers John, voulant lui demander ce qu’il voulait dire par là, sauf qu’il n’était pas réveillé. Ou ne l’était plus. Il dormait d’un sommeil aussi profond que lorsqu’elle s’était levée. Elle fronça les sourcils et ouvrit l’armoire. Evidemment, il n’y avait que des manteaux. Des espèces de gros manteaux en fourrure, très épais… Le genre qu’elle n’aurait jamais mis, même si ça avait encore été à la mode (et une connaisseuse aurait pu dire que non). Elle grogna, et tourna la tête vers John, pour lui dire quelque chose, puis se ravisa. Le livre qu’elle te lisait…Oh. Super. Zee soupira. Une grosse armoire. Des manteaux de fourrure. Elle pouvait même sentir un petit courant d’air. Evidemment, il fallait qu’elle soit nue… Elle soupira une nouvelle fois, puis se mit à quatre pattes (aucune réflexion de la part de John, il dormait toujours, il s’en voudrait à vie de ne pas avoir sorti une vanne suite à un tel spectacle…) et se faufila dans l’armoire. Elle passa la barrière de manteaux, sentant la fourrure lui caresser la peau d’une façon bien agréable. Le courant d’air. Elle le sentait de plus en plus précisément. Elle avançait dans le noir, mais sentit soudain une présence. Elle se figea et prit une longue inspiration avant de tourner la tête vers sa droite. Là, éclairé par plusieurs bougies, se trouvait ce qu’elle cherchait. Un serval, un beau serval, tacheté, long, félin, aux grandes oreilles et au cou long. Un animal magnifique. Elle tendit la main pour le toucher, et sa fourrure était douce, Zee put en sentir la chaleur, la force. Elle sourit. Puis elle se remit à avancer, elle avait encore quatre totems à trouver. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 22 Nov - 14:22 | |
| Terre
Tout commença dans de l'eau. Marianne avait simplement battu des paupières, pour se retrouver aussitôt dans une poche obscure, remplie d'eau, prisonnière, battant des mains et enfonçant ses doigts dans les parois souples, caoutchouteuses, pour se libérer, trouver de l'air. Il fallait qu'elle sorte, qu'elle se libère. Et soudain ses doigts rencontrèrent le vide ; elle pouvait bien lever les yeux, il n'y avait rien à voir, tout était noir. Mais elle sentit l'ouverture au-dessus d'elle (en-dessous ?), et l'agrippa de toutes ses forces, s'y engouffra, tête la première. Juste à temps ; elle inspira une grande goulée d'air froid, et il lui sembla aspirer juste assez d'oxygène pour ne pas s'évanouir. Trempée, étourdie, effrayée, agitée, elle continua de se tortiller pour progresser dans l'étroit boyau. Les parois étaient élastiques, il lui semblait qu'elle évoluait dans un long cordon de cuir fin, mais elle ne réfléchit pas, continuant de ramper vers l'avant, jusqu'à ne plus sentir du tout la poche d'eau sous ses pieds, jusqu'à... Elle ne savait pas où elle allait, en vérité, mais elle y allait, avec toujours l'impression de suffoquer à moitié, malgré les grandes bouffées d'air qu'elle prenait, tout en avançant. Elle n'aurait pu dire combien de temps cela dura : dans l'obscurité, elle ne parvenait plus à fixer le moindre repère, ni spatial, ni temporel. De même, elle ne se rendit pas compte que, progressivement, la nature du tunnel dans lequel elle se trouvait changeait. Peu à peu, elle ne trouva plus sous ses doigts une paroi souple et tiède comme une peau, mais de la terre compacte, froide, lourde, qui s'effritait un peu sur son passage et dont l'odeur emplit peu à peu ses narines à chaque inspiration prise. Le tunnel s'était juste assez élargi pour qu'elle puisse progresser relativement facilement, toujours en rampant. Oui, maintenant, elle était dans un tunnel sous terre, elle s'en rendait compte, mais ça n'était pas plus rassurant que le reste. Elle n'avait jamais été particulièrement claustrophobe, mais qui n'aurait pas détesté cet endroit, cette incertitude, ce noir, ce silence où elle ne percevait que le son de ses propres halètements ? Maintenant pourtant, Marianne retrouvait peu à peu ses esprits, prenait de nouveau conscience de la transe qu'elle accomplissait. Quel que soit l'animal qu'elle découvrirait ici, elle voyait mal comment il aurait pu lui plaire. Une taupe ? Une larve de guêpe ? Un rat ? En vérité, elle ne savait même pas exactement le genre d'animaux qu'on trouvait sous terre, à part ceux-là. Encore cela supposait-il une logique à sa transe et, compte tenu de la manière dont elle avait commencé, c'était plus que hasardeux, comme présupposé. Elle avait froid maintenant ; elle était trempée et pouvait sentir que la terre avait collé sur ses vêtements et sa peau au fur et à mesure de sa progression. Elle aurait vraiment souhaité que cela finisse vite mais, apparemment, elle n'avait pas droit au chapitre, dans sa propre transe. Elle ne pouvait que continuer d'avancer, en espérant arriver quelque part, au final. Oui, espérer. Quelque part, ses prières durent être entendues ; elle n'entendit pas vraiment quoi que ce soit ; elle s'était arrêtée un instant pour souffler, et elle avait... eu l'impression qu'elle n'était plus seule dans le boyau. Les muscles tendus, en attente, elle dressa l'oreille. Est-ce que la terre bougeait, quelque part ? Qu'est-ce qui... Elle se mordit les lèvres pour ne pas crier, lorsqu'il lui frôla le pied, puis remonta le long de sa jambe, de sa cuisse, s'enroula le long de son bras et de son buste, lorsqu'elle sentit les mouvements furtifs de sa langue contre son oreille. Pétrifiée, elle laissa le serpent ramper sur elle, dans ses cheveux, comme s'il la cherchait, l'examinait. Marianne était catholique ; plus vraiment pratiquante, à part pour prier qu'on la tirât d'un horrible tunnel sombre, peut-être ; mais suffisamment encore pour connaître certains symboles attachés au serpent, dans sa religion. Il y avait probablement pas mal de sueur mêlée à la terre et à l'eau collées sur son front. Elle osait à peine respirer, de peur que les mouvements de son diaphragme n'exaspèrent l'animal. Elle se sentait tout sauf en communion avec l'animal. Il continuait de ramper sur elle, ballet lascif et, visiblement, amical. Dans l'obscurité, la sensation du corps souple de l'animal contre elle était étrange, presque agréable, comme une caresse amoureuse. "Non !" Elle battit à nouveau des mains, sans oser toucher l'animal. Tandis qu'elle s'efforçait de se dégager malgré tout, il glissa de lui-même pour disparaître dans la direction d'où lui et Marianne venaient, tandis qu'elle-même continuait sa progression, plus vite que jamais, en priant très fort pour retrouver au plus vite la lumière. Dans sa hâte, elle ne se contentait pas d'avancer dans le tunnel, mais en grattait aussi la paroi supérieure, comme prise de frénésie. Et assez rapidement, de fait, elle sentit que la terre était plus meuble. Elle poussa une exclamation, gratta de plus belle, indifférente à la terre qui lui tombait dans les cheveux et sur la figure. Elle se contenta de fermer les yeux, pleurant au moment où elle aurait peut-être plutôt dû éclater de rire, puisque ses doigts rencontrèrent bientôt le bide et qu'au prix de derniers efforts, elle parvint à se hisser jusqu'à la surface. Elle s'y écroula et continua de pleurer encore quelques secondes, tout en aspirant enfin un air riche en oxygène. Elle ne retrouva ses esprits que peu à peu. Elle était allongée dans l'herbe, effectivement très sale et mouillée, de la terre encore plein les narines, les oreilles, les lèvres. Mais au moins, elle était dehors. Il faisait nuit, mais pas vraiment froid. Il y avait des étoiles dans le ciel, un paysage paisible et rassurant de bocage s'étendait devant elle. Elle était étendue sur une pelouse bien entretenue, près d'un verger dont les fruits n'étaient pas encore mûrs. Elle était encore allongé, lorsqu'elle l'aperçut. Une tache très blanche, à quelques mètres devant elle ; il ne l'avait pas vue, visiblement occupé par un carré de cerfeuil. Mais alors qu'elle le découvrait tout juste, son cœur faisant à nouveau de grands bonds dans sa poitrine, il dressa ses grandes oreilles, se dressa sur ses pattes arrières, tourna la tête vers elle. Il avait des cercles noirs autour des yeux ; ils se regardèrent l'un l'autre à peine quelques secondes, juste le temps nécessaire pour que Marianne le reconnaisse comme son animal totem de terre ; puis en quelques bonds rapides, il eut disparu, sans qu'elle puisse seulement déterminer avec certitude, pour l'heure, s'il s'était agi d'un lapin ou d'un lièvre variable. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 26 Nov - 17:59 | |
| Terre. Elle était allongée, sur le dos. Toujours nue, évidemment, et dans le noir. Elle n’avait aucune idée de comment elle était arrivée là, un battement de cœur plus tôt, elle avançait entre les manteaux en fourrure de l’armoire, et un battement de cœur plus tard, elle était allongée dans le noir, sur ce qui semblait être du bois. Elle prit une inspiration, ça sentait sérieusement le renfermé. Elle sentit son pouls accélérer alors que son cerveau commençait à comprendre. « Non… Non, pas ça… » murmura-t-elle sur un ton qui, malgré tout, restait relativement calme, plus exaspéré qu’autre chose. Elle prit une inspiration et commença à tâtonner tout autour d’elle. Bon. Elle était dans une sorte de boîte, disons-le clairement, un cercueil. Et vu l’odeur de renfermé, et l’odeur de terre qu’elle pouvait sentir un peu plus subtilement derrière, elle était enterrée. Sous terre. Dans un cercueil. Elle soupira. Evidemment, elle n’était pas non plus complètement tarée, et ne pouvait qu’être effrayée par la perspective d’être enterrée vivante. Seulement, Zee avait une sorte de particularité à ce niveau-là, plus elle avait peur, plus elle avait tendance à être calme. C’était une qualité qu’elle avait toujours eue, mais qu’elle avait affinée avec l’expérience, apprenant à laisser son cerveau continuer à fonctionner plutôt qu’à paniquer, même dans les pires situations. Et puis, en l’occurrence, il fallait qu’elle économise son oxygène, donc pas de panique, pas d’accélération de la respiration, et, c’était plus embêtant, plus de possibilité de penser à voix haute, même si c’était rassurant. Bon. Il suffisait de trouver le point faible de la construction, de taper dedans, et de réussir à se sortir de là avant que la terre ne l’ensevelisse complètement. Elle tâta de nouveau le bois qui se trouvait au-dessus d’elle, essayant de trouver un endroit qui semblait propice à s’effondrer plus facilement. Quand elle le trouva, elle tapa dedans, avec autant de force que le peu d’élan et la position allongée le lui permettaient. Le bois craqua légèrement, et ses os plus fortement, mais elle ne fit pas attention à la douleur, ça aussi c’était un des talents qui avaient fait d’elle la femme qu’elle était. Elle prit une inspiration et tapa une seconde fois. Puis une troisième, une quatrième. De plus en plus vite, et le plus fort possible, laissant pour une fois une partie de sa panique la submerger. Elle ne voulait pas mourir étouffée. Elle ne voulait pas mourir tout court, mais par suffocation était tout en bas de la liste des morts acceptables à son avis. Finalement, la planche craqua, laissant tomber un peu de terre sur le visage de Zee qui prit à peine le temps de la chasser. Elle passa ses doigts ensanglantés sous la planche, prit une nouvelle inspiration (sa tête commençait à lui tourner, il ne devait plus lui rester beaucoup d’oxygène), puis tira un grand coup. La terre se déversa sur elle, elle en avala, en aspira, mais elle n’accepta pas de se laisser perturber par tout ça. Au lieu de ça, elle essaya de se frayer un passage, repoussant la terre le plus possible, dans une sorte de mouvement étrange qui donnait l’impression qu’elle essayait de nager sous la terre. Heureusement, cette dernière était meuble, et relativement facile à bouger. Mais Zeneyp n’avait plus assez d’oxygène. La tête lui tournait, elle étouffait sous la terre, et elle sentait des crampes dans chacun de ses muscles. Soudain, sa main droite sortit enfin de la terre, à l’air libre et Zee s’agita dans tous les sens pour essayer de la rejoindre. L’oxygène n’était plus qu’à quelques centimètres, mais elle sentait déjà qu’elle n’en aurait pas la force. Elle sentit son courage l’abandonner, et eut presque envie de se résigner. Ce serait plus simple de mourir, de toute façon elle n’avait aucune chance, elle n’avait déjà plus aucune force et n’arriverait jamais à se hisser hors de la terre. Soudain, quelque chose agrippa sa main. Une autre main. On la tira hors du trou, rapidement, violemment, et Zee se retrouva à l’air libre, crachant, inspirant, essayant d’enlever la terre qui se trouvait sur son visage. Elle vomit, surtout de la terre, puis respira de nouveau, entre deux hoquets. Dieu que c’était bon de respirer ! Dieu que c’était bon de ne plus être sous terre mais dessus ! Petit à petit, elle reprit ses forces, réussit à se calmer. Elle réalisa qu’on lui avait posé une veste sur les épaules, une veste kaki, un peu trop grande pour elle. Elle finit par lever les yeux vers son sauveur, s’attendant à voir John, et se retrouvant face à une autre tête connue. « Ewan ? »Elle sentit de nouveau sa tête tourner. Si elle avait été du genre à s’évanouir au premier choc, elle l’aurait fait, et ne s’en serait sûrement jamais relevée. Devant elle, portant un jean et un pull gris, se trouvait son frère. Ewan. Son frère. Mort depuis exactement dix ans. Son frère qui semblait avoir le même âge qu’elle, et qui la regardait avec un grand sourire. Un peu plus de rides que la dernière fois qu’elle l’avait vu, un visage marqué par les évènements. Un Ewan plus adulte qu’il ne l’avait jamais été, au point qu’il avait fallu quelques fractions de secondes à Zee pour le reconnaître. « Salut petite sœur. »Il lui sourit et si elle avait eu toutes ses forces, elle se serait sûrement relevée pour lui coller un coup de poing. De quel droit venait-il la voir dans sa transe, comme ça, comme si de rien n’était ? De quel droit venait-il jouer au frère toujours vivant alors même qu’il était mort dix ans auparavant parce qu’il était trop bête pour comprendre que le combat était fini et qu’il fallait passer à autre chose ? « Je ne veux pas te voir. » siffla-t-elle entre ses dents. « Tu es mort. »« On dit que les êtres aimés vivent toujours dans notre cœur… »« On dit des tas de conneries. »Ewan éclata de rire. Ce rire solaire qui avait toujours fait de lui quelqu’un de si charmant, un leader né. Zee avait toujours été la parfaite seconde, celle qui travaillait dans l’ombre, celle qui était efficace, mais Ewan, lui, il était un leader. Déjà tout jeune, il était le meneur, celui qu’on suivait les yeux fermés. A eux deux, ils avaient été un sacré duo, capable de merveilles… « Allez petite sœur, tu sais que tu ne peux pas m’échapper. Cette fois, la transe ne te laissera pas changer le cours. Tu es coincée avec moi. »Elle grogna, puis se releva. Elle était toujours nue, sous la veste qu’Ewan lui avait prêtée, mais elle n’avait pas froid, ou du moins n’y pensait pas, revoir un frère mort depuis si longtemps était une émotion trop forte pour que n’importe quelle sensation la surpasse. Elle leva un sourcil, impérieuse. « Même si tu étais vraiment devant moi, je n’aurais rien à te dire. »« Nous avons eu nos désaccord, Zee, mais je suis ton frère. Tu sais que tu ne peux pas me détester. »Elle aurait voulu lui dire que c’était faux, mais elle en était incapable, parfois même avec toute la mauvaise foi qu’on voulait, on ne pouvait pas aller contre une vérité simplement énoncée. Si elle avait réussi à faire le deuil de sa relation avec ses parents, principalement parce que leurs chemins s’étaient séparés durant son adolescence, alors qu’elle était encore en construction, elle n’avait jamais tout à fait fait le deuil de sa relation à Ewan. Quand ils s’étaient séparés, quelques années avant qu’il ne se fasse tuer dans une ruelle, elle avait cru qu’ils se retrouveraient un jour. Quand il était mort, elle avait tout fait pour ne pas être touchée par cette mort, mais n’avait réussi qu’en surface. Ca faisait dix ans qu’elle s’empêchait de penser à lui, qu’elle se forçait à faire comme s’il n’avait jamais existé, parce que le manque qu’elle éprouvait rien qu’à son évocation était trop fort. « Tu m’as pardonné il y a longtemps. »A présent, ils étaient assis sur une sorte de butte d’herbe, et il faisait nuit. Encore une fois, le changement ne s’était fait qu’en un battement de cœur et ça avait quelque chose de vraiment déstabilisant. Zee portait un jean clair, un pull à col roulé brun et toujours la veste de son frère, être habillée était quand même plus confortable. Ne plus avoir de terre partout sur soi aussi, ses cheveux avaient même été lissés, drôle d’idée, mais elle essaya de ne pas s’attarder dessus. « C’était trop tard, tu étais mort. Et c’était facile de te pardonner une fois qu’un salaud t’avais assassiné. »« Tu l’as cherché. »Ca n’était pas une question mais, après tout, Ewan était une manifestation de son inconscient, il savait donc tout ce qu’elle avait vécu. « Je l’ai trouvé. » corrigea-t-elle. Il sourit. A les voir comme ça, il était évident qu’ils étaient frère et sœur. Les mêmes lèvres, le même regard, le même front, et le même sourire, quoi que celui d’Ewan fut plus chaleureux, et celui de Zee plus rare. « Tu aurais pu le tuer. »« J’ai arrêté de te voir parce que tu était devenu un meurtrier. »« Tu en a tué d’autres. »« Parce que c’était eux ou moi. »Il hocha doucement la tête. « Tu aurais pu le dénoncer. »« Je n’ai jamais cru en la belle police de notre pays. »Il sourit une nouvelle fois. « Ca t’a apporté quelque chose ? »« De le retrouver ? De lui faire passer un sale quart d’heure ? »« Tu étais un peu mélodramatique, si tu veux mon avis, quand tu lui as montré une photo de Sierra enceinte. »« Elle était bien enceinte de toi. »« Mais je ne voulais pas de l’enfant. »Elle haussa les épaules. Oui, elle avait été un peu mélodramatique, montrer au salaud qui avait tué son frère l’orphelin qu’il avait créé en même temps. Lui montrer des photos clés de la vie de son frère, entre deux coups de poings. Oui, elle l’avait tabassé. Elle l’avait gardé enfermé pendant quarante-huit heures, dans ce hangar désaffecté, lui laissant croire qu’elle le tuerait. Le faisant souffrir. Puis s’en allant sans rien lui dire, le laissant sûrement dans la pire attente de toute sa vie. Elle se demandait ce qu’il était devenu. Est-ce qu’il avait supporté la culpabilité ? Est-ce qu’il avait tué d’autres personnes ? « Ta réaction n’a pas été tout à fait rationnelle. »« Je n’ai jamais été quelqu’un de tout à fait rationnel, c’est pour ça que j’étais une si bonne recrue pour l’IRA. »Ewan lui prit la main et, à sa plus grande surprise, elle ne se dégagea pas. Au lieu de ça, elle soupira et se rapprocha de lui pour poser sa tête sur son épaule. « Pourquoi tu es là ? »« C’est l’élément terre. »« L’enterrement vivant avait plus ou moins indiqué ça, oui. »« Je suis ton élément terre. Le totem que tu vas voir… Aurait été mon totem d’âme si j’avais fait cette transe. »Elle frissonna. Revoir son frère était à la fois une malédiction et une bénédiction. Elle n’avait jamais rêvé de pouvoir le voir de nouveau, et en même temps elle savait que ça n’était pas tout à fait vrai… Et qu’il allait falloir se séparer de nouveau. « Je vais fermer les yeux. » dit-elle en sentant des larmes lui couler sur ses joues puis s’écraser sur l’épaule de son grand frère. « Et je ne verrai jamais l’animal. Et tu n’auras pas à partir. »Ewan se décala légèrement et la força à relever la tête, en prenant son menton entre ses doigts. Il déposa un baiser sur son front, et elle sentit tout l’amour qu’elle avait toujours ressenti pour son frère la submerger, plus fort et plus douloureux que jamais. « Tu dois continuer. Tu ne peux pas bloquer la transe. John t’attends dehors. Et le bébé que vous allez avoir. Tu les aimes tous les deux autant que tu m’aimes moi, tu ne peux pas les abandonner. »« Je ne veux pas te perdre à nouveau. »Il sourit doucement. « Qui sait ? Peut-être qu’on se reverra avant la fin… »Soudain, il ne fut plus là. Zee était debout, sans s’être relevée, et face à elle se trouvait un animal qu’elle commença par avoir du mal à voir entre ses larmes. Elle cligna des yeux et vit l’animal en question. Un loup, un très beau loup gris, grand et majestueux. Tout à fait Ewan, pensa-t-elle avec un sourire attendri. Elle s’approcha doucement, mais le loup ne sembla pas s’effrayer, au contraire, il tendit la tête pour qu’elle la lui caresse. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ce contact, le même genre de sentiments que ce qu’elle avait ressenti quand Ewan avait pris sa main quelques temps plus tôt. Elle s’agenouilla et enfouit sa tête dans la fourrure de l’animal. Il sentait la terre, la nature… Et quelque part, au loin, elle pouvait sentir l’odeur de son frère. Elle resta ainsi un moment, puis se dit qu’il était temps d’avancer. Encore trois animaux totems à trouver. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 29 Nov - 13:24 | |
| Feu. Marianne resta quelques instants immobiles après la disparition du lièvre, en attente. Mais il ne se passa rien. Qu'avait-elle imaginé ? Un flash de lumière ? L'évanouissement soudain de la scène dans laquelle elle se trouvait, qui aurait instantanément fait place à une nouvelle, plus agréable, plus douce, dans laquelle elle n'aurait plus grelotté sous une couche de terre humide ? Quoi qu'il en soit, quoi qu'elle eut espéré, il lui fallut bientôt se rendre à l'évidence, et accepter que ça ne se produirait pas. Et rester immobile à grelotter dehors, dans l'air froid, n'était pas très judicieux. Elle se retourna pour appréhender le paysage autour d'elle. Elle était, à vue de nez, dans une sorte de grand jardin -à ce niveau là, on pouvait sans doute parler de parc. Elle distinguait l'étendue vaste de pelouse soigneusement entretenue, découpée, au loin, par les silhouettes broussailleuses des haies. Mais elle devina surtout, à une centaine de mètres au bout du jardin, la masse sombre de la maison qui se découpait à peine sur le ciel d'encre. En fait, elle ne sut réellement qu'il s'agissait de la maison que parce qu'une lumière brillait à l'étage, comme une lanterne oubliée sur le bord d'une fenêtre. Peut-être était-ce un piège, peut-être aurait-elle dû refuser d'aller où sa transe l'invitait à se rendre ; mais contrairement à Zee, Marianne n'était pas vraiment une battante ; elle avait simplement un fort instinct de survie, et tout ce qu'elle voyait, pour l'heure, c'est que cette maison serait a priori un endroit où elle pourrait éviter la pneumonie. Il ne semblait pas y avoir d'autre trace de vie à la ronde, et elle se voyait mal parcourir des kilomètres à l'aveugle dans cet état. Elle remonta donc jusqu'à la maison, pour constater qu'au niveau de la façade qui donnait sur la pelouse, toutes les volets avaient été tirés ; s'il n'y avait pas eu la lumière à l'étage, tout laissait à penser que la maison était inoccupée. Marianne passa la main le long des lourds volets de bois, qui paraissaient plutôt vieux. Elle fit le tour de la maison, aux aguets, mais sans rien entendre d'autre que les mille petits bruissements de la campagne. En arrivant sur le flanc gauche de la bâtisse, elle se rendit compte que son cœur battait de nouveau un peu plus vite. Elle était certaine de ne jamais être entrée dans ce lieu, pourtant elle était de plus en plus saisie d'un étrange sentiment de familiarité. Par exemple, elle avait beau avancer plus ou moins à tâtons et que, là encore, les volets étaient fermés, elle savait qu'elle se trouvait au niveau de la cuisine. Il y avait une porte et, de même, elle savait qu'il fallait tirer le loquet à l'envers pour l'ouvrir. Les huisseries craquèrent un peu, le battant s'ouvrit en grinçant, comme s'il ne l'avait pas été depuis bon nombre d'années. L'intérieur ne sentait pas trop le renfermé pour autant. Mais il semblait bel et bien plus ou moins à l'abandon. Marianne appela, mais son cri resta sans réponse. Son second réflexe fut d'ouvrir le robinet pour se débarbouiller la figure, ôter de sa bouche le goût de terre ; mais visiblement, l'eau avait été coupée. Elle commença à se sentir un peu moins bien. Il faisait un peu moins froid qu'à l'extérieur, mais cette habitation n'était pas vraiment très "accueillante" pour autant. Les fenêtres du côté opposé à la pelouse n'avaient pas été closes de volets, mais ne laissaient filtrer qu'une lumière faible. Simplement effleurés d'un rai de lune, les meubles recouverts de housses blanches avaient un aspect vaguement fantomatique. Marianne frissonnait, mais c'était sans doute le froid. Elle passa dans la pièce suivante, qui comme elle s'y attendait s'avéra être un grand séjour au dallage de granit. Autour d'une étroite, mais large cheminée de pierre, elle pouvait distinguer les formes blanches des canapés et des fauteuils couverts de housse. Elle repéra aussi la forme d'un piano, une grande armoire, une bibliothèque probablement couverte de poussière, une petite table ronde elle aussi protégée, des chaises... mais elle ne s'attarda pas vraiment sur le reste de la pièce, fascinée et un peu effrayée à la fois par la cheminée, et plus précisément par le fait que tout y était prêt pour le feu : les bûches avaient été disposées savamment, recouvertes de petit bois bien sec et d'un peu de paille, des boules de papier journal calées et garnies de briques d'allume-feu... Pour le coup, le cœur de Marianne se serra un peu plus. Le seul endroit où elle ait jamais vu ce genre de choses, c'était chez Nelson. Son homme à tout faire préparait le feu le matin, il avait juste à agiter sa baguette pour le faire flamber -et de fait, en hiver, c'était bien agréable de prendre son petit-déjeuner à la chaleur réconfortante des flammes. Quelque part, Marianne avait envie de s'en aller, maintenant. Elle n'était pas venue là pour que le lord se rappelle insidieusement à son souvenir. D'un autre côté, elle avait vraiment froid, elle était fatiguée, et elle savait qu'elle n'avait qu'à passer la main au-dessus du chambranle de la cheminée pour trouver la boîte d'allumette sous ses doigts. *Disons que si je la trouve...*Quelque part, elle espérait se tromper, mais elle se trouvaient bien là. Marianne secoua la boîte, entendit le bruit familier et, quelque part, apaisant, de leur entrechoquement. Elle avait si froid... Elle ouvrit la boîte, craqua une allumette, l'approcha de deux boules de papier journal. Le feu prit rapidement. Marianne ne réfléchit pas, elle s'assit dans la cheminée, directement près de l'âtre -celle-ci était suffisamment grande pour qu'au moins quatre personnes puissent prendre place directement au plus près des flammes. Leur chaleur, dans ces circonstances, était un soulagement indescriptible, la jeune femme sentit aussitôt le bien-être l'envahir, en même temps que la lumière dorée du foyer éclairait la pièce, la rendait plus rassurante. Bien sûr, rester assise dans une cheminée n'était pas une manière très constructive de chercher un animal totémique, mais elle avait besoin de quelques instants de repos, juste quelques minutes, le temps de se sécher un peu, de gratter la terre sur son front à défaut de s'en rincer... Marianne ferma les yeux, soupira d'aise. Quelques minutes s'écoulèrent facilement ainsi, dans la chaleur réconfortante d'une cheminée. Dans le même temps, Marianne retrouvait peu à peu ses esprits. L'endroit lui était familier sans qu'elle parvienne à déterminer exactement pourquoi. Il n'y avait pas de tableaux aux murs, seulement quelques traces rectangulaires un peu plus claires à certains endroits, comme s'ils avaient été emportés, ou que son esprit avait laissé ces marques à l'endroit où il ne parvenait pas à les reconstituer. Un peu à regrets, Marianne finit par sortir de la cheminée, fit quelques pas dans la pièce. Elle passa la main sur la housse du piano, avec un petit serrement dans la poitrine. Elle n'était pas sûre de pouvoir réécouter l'instrument sereinement pendant un certain temps. Elle alla jusqu'à la table ; c'est près de celle-ci, posée à même le sol, qu'elle trouva la lanterne. Elle ne se posa pas de question, s'en saisit, retourna près de la cheminée récupérer un tison pour l'allumer. Elle se dirigea vers la bibliothèque, approcha la lanterne des titres des livres ; tout était en anglais, apparemment il s'agissait de récits de marine. Marianne s'interdit de penser que c'était un des genres favoris de Nelson, et sortit dans la pièce suivante. Elle se retrouva dans un long hall, vide. En passant le long du mur, la lanterne éclaira une tapisserie passée, dont les visages livides semblaient suivre des yeux, semblables à des spectres, le passage de la jeune femme. Mais celle-ci n'y prêta pas plus d'attention, intéressée seulement par l'escalier au fond du hall, qu'elle gravit lentement, histoire de calmer des battements de cœur de plus en plus précipités. A l'étage, trois portes donnaient sur le palier. Marianne n'hésita qu'une poignée de secondes avant de choisir celle où, a priori, se trouvait la fenêtre où elle avait vu de la lumière, depuis le jardin. Cette porte-là grinça aussi. Marianne était dans une chambre. Mais il n'y avait pas juste une petite bougie à la fenêtre : ici également, un feu nourri brûlait dans la cheminée, et l'atmosphère dans la pièce était tiède, presque étouffante. Le seul meuble était un lit. Un très grand lit à baldaquins roses, au portants en bois sombre délicatement sculpté de pampres... Marianne resta pétrifiée devant ce meuble pour le moins... impressionnant. Elle avait trop chaud. Elle poussa un gémissement en voyant qu'il y avait sur le lit, soigneusement étalé, un ensemble de lingerie en dentelle blanche fine. Son poing se crispa autour de l'anneau de la lanterne. En tremblant, elle fit quelques pas dans la pièce, en longeant les murs pour rester aussi loin que possible du lit. Elle s'approcha, apeurée, de la fenêtre et, tout en gardant les yeux rivés sur le lit et la pièce de lingerie, comme hypnotisée, l'ouvrit en grand pour sentir l'air frais du dehors. Elle entendit comme un gémissement bref et aigu, assez semblable à celui qu'elle venait elle-même de pousser. Elle tourna les yeux vers le rebord de la fenêtre, d'où il provenait, et eut juste le temps de croiser le regard bleu du chat qui l'avait poussé, avant que celui-ci, d'un bond, ne disparaisse dans la nuit. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 29 Nov - 14:37 | |
| Eau. Du sel. Ou plutôt, de l’eau salée. Partout. Dans ses yeux, dans son nez, ses oreilles, sa bouches… Ses poumons. Elle hoqueta et se força à retenir sa respiration alors même que son corps réclamait une grande goulée d’air. Elle se força aussi à ouvrir les yeux, malgré le fait que l’eau de mer les lui piquait tellement qu’elle en avait du mal à voir. Et à voir quoi ? De toute façon, il faisait aussi sombre que possible. Elle sentit une sorte de lassitude la gagner. Elle avait manqué mourir cramée, enterrée vivante, et à présent noyée ? Son inconscient était aussi peu subtil qu’un troupeau d’éléphant. Elle figea tous ses muscles, ferma ses yeux, et se laissa porter par l’eau, seul moyen de trouver l’endroit de l’envers quand on l’a perdu sous l’eau. Elle se sentit flotter légèrement et, sans plus attendre, poussa sur ses pieds et tira sur ses mains. Elle avait toujours été une bonne nageuse, et mourir noyée n’avait jamais vraiment été un risque qu’elle avait imaginé. Quand on sait nager depuis pratiquement aussi longtemps qu’on sait marcher, on a du mal à se voir couler sans pouvoir réagir. Elle remonta, et plus elle remontait, plus elle sentait ses poumons la brûler. Deux fois de suite avec un manque d’oxygène, elle espérait sincèrement que le prochain élément ne commencerait pas par la privation d’air, elle commençait à en avoir sérieusement assez. Sa tête transperça enfin la surface et elle prit une grande inspiration, aspirant un peu d’eau au passage ce qui la fit tousser, mais elle n’eut pas vraiment le temps de s’en préoccuper. Elle était visiblement en pleine tempête. Orage, éclairs, vagues immenses qui la rejetaient et la coulaient, la forçant à nager contre elles. Elle ne voyait que quand les éclairs frappaient, et ce qu’elle voyait n’avait rien de rassurant : une mer déchaînée. Et rien pour se sortir de là. Pestant intérieurement, elle fut bien obligée de lutter pour survivre, et ce pendant ce qui parut une petite éternité. Finalement, alors qu’une vague la soulevait, elle vit de la lumière au loin. Elle crut d’abord que c’était un bateau, mais comprit vite son erreur : c’était un phare. Un phare ! En pleine tempête ! Un sourire victorieux passa sur son visage, alors qu’elle se mettait déjà au travail, nager contre une tempête l’épuiserait vite, mais Zee avait des forces en réserve, et elle n’avait jamais été du genre à abandonner si facilement. Elle finit par être recrachée par la mer sur les rochers qui entouraient le phare. Et avant d’avoir eu le temps de se relever pour aller jusqu’au bâtiment, elle sentit soudain une fatigue énorme, et s’évanouit, chose qui ne lui était pas arrivée depuis des années. C’est le bruit de la pluie sur les vitres qui la réveilla. La première chose qu’elle sentit fut la chaleur réconfortante de la couette, puis son nez détecta l’odeur du feu de cheminée et un sourire vint étirer ses lèvres pulpeuses. Elle était à l’intérieur. Sèche. Propre, elle pouvait même sentir le savon. Et reposée. Elle souriait toujours quand elle ouvrit les yeux, et découvrit qu’elle était dans ce qui était sûrement une des chambres du phare. Plutôt exigüe, mais recouverte d’un beau parquet foncé, sur lequel quelqu’un avait eu l’obligeance de mettre un tapis épais aux couleurs chaudes. Elle était dans un lit une place, mais assez confortable pour qu’on oublie le manque de place. Elle tourna la tête vers la fenêtre et vit que la tempête n’était pas passée. Elle n’avait pas pu dormir plus d’une heure ou deux… Quoi qu’elle ne fut pas tout à fait sûre que le temps s’écoulât normalement dans une transe. Elle soupira puis rejeta l’épais duvet, elle avait du boulot sur la planche et ne pouvait pas lambiner si elle voulait un jour trouver les trois animaux restants. Elle posa ses pieds nus sur le tapis et découvrit qu’elle portait un long t-shirt de base ball aux couleurs des Red Sox. Son cœur fit un bon dans sa poitrine. De toute sa vie, elle n’avait connu qu’un seul fan de cette équipe. Elle sourit en sentant l’odeur du vêtement. Il n’y avait pas de doute possible. Elle sut alors avant de voir qu’il y aurait des vêtements secs, à sa taille et de son style posés sur une chaise. Elle trouva la chaise en question, se leva, et enfila le pantalon d’armée brun très foncé, le débardeur noir, le pull à col roulé bleu canard, les bottes de l’armée noires. Elle attacha ses cheveux bouclés avec une barrette qui avait été posée sur la chaise. Elle regarda sa main gauche et eut le plaisir d’y trouver son alliance, qui n’avait pas été là depuis le début de la transe. Elle sortit de la chambre, fermant la porte derrière elle, et monta les escaliers. Le connaissant, il ne pouvait qu’être en haut, tout en haut. Elle monta les marches, sans sentir de fatigue réelle, elle était bien au-delà de ça, avec tout ce qu’elle avait vécu durant les premiers actes. Elle était en fait épuisée, et se retrouvait dans cet état étrange qu’elle avait connu des tas de fois, quand sa vie était en danger, où le corps oubliait complètement sa fatigue, sa douleur, et fonctionnait presque mieux qu’en temps réel. Les nerfs et l’adrénaline, voilà sur quoi elle tenait. Elle avait failli mourir trois fois, avait côtoyé des fauves, avait fait l’amour avec son mari et retrouvé son frère disparu. En temps normal, elle aurait sûrement été dans une sorte d’état de choc, malgré le sang froid qui la caractérisait si bien. Mais elle était dans une transe, alors elle montait une centaine de marches, un sourire aux lèvres, heureuse de savoir vers qui elle marchait. « Céad míle fáilte ! » Lui dit le gardien du phare, silhouette étrange faite de bottes, ciré jaune et chapeau ciré assorti, quand elle poussa la trappe pour entrer dans la salle d’où la lumière du phare venait. Elle se hissa hors de la trappe et sourit avant de se jeter au cou de l’homme qui l’accueillait si chaleureusement. « William ! »Elle serra quelques instants l’irlandais dans ses bras, jusqu’à ce qu’il ne se sépare d’elle avec un air bourru et un peu embarrassé. Il n’avait jamais été très démonstratif, et Zee ne l’était pas particulièrement normalement non plus, mais William était comme de la famille… Et il était… « Je suis tellement désolée… »
« Arrête ça Zee, tu sais bien que ça n’est pas de ta faute, et que je ne pourrais jamais t’en vouloir. »
« C’est parce que tu es mort et que tu es une manifestation de mon inconscient. »
« Non, c’est parce qu’on a vécu bien trop de choses ensemble pour que je t’en veuille pour quoi que ce soit. »Elle sourit puis s’approcha de l’espèce d’énorme lanterne. La seule fois où elle avait été dans un phare avait été la période où l’IRA avait caché son frère et elle après une mission qui les avait mis dans le collimateur des flics. Mais ça avait été un phare désaffecté, elle ne l’avait jamais vraiment vu en marche. Elle tapota le verre du bout de l’ongle puis soupira. « Je suis très heureuse de te voir mais je commence à trouver éprouvant de voir tous mes fantômes. »
« Les hommes de ta vie ont tendance à avoir du mal à couper le cordon. »
« Les hommes de ma vie ont tendance à être morts, surtout. »
« Oh, on peut dire ça, oui. » répondit William après un éclat de rire. Zee regarda autour d’elle et son regard fut soudain attiré par quelque chose. Sur un cintre, de l’autre côté de la pièce, se trouvait sa robe de mariée, bien sagement accrochée à une vitre. Elle avança et alla toucher la jupe de la robe, c’était une robe blanche, oui, mais qui n’avait rien d’une robe meringue, plutôt moulante, en soie, ce genre de choses. « Qu’est-ce que ma robe fait ici ? »
« Je suis quand même celui qui vous a permis de vous rencontrer, j’ai le droit d’en tirer une certaine fierté. »Zee sourit puis se força à se détacher de sa robe de mariée (qui, dans la réalité, était pendue dans le garde meuble où John et elle gardaient la plupart de leurs affaires). « Qu’est-ce que je fais ici ? »
« Tu es venue chercher ton animal totem, pardi ! »Elle leva les yeux au ciel. Il n’y avait (eu) que William pour dire pardi sans avoir l’air ridicule. « Et où je vais le trouver dans ce phare ? »Il grommela quelque chose, puis détacha les jumelles qui étaient accrochées autour de son cou et les tendit à Zee. Elle se pencha contre la vitre du phare et alla regarder dans la tempête. Au début, elle ne vit rien, rien que de l’eau, de la houle, et du noir. Et puis, soudain, sur le rocher… « Oh. »William lui serra l’épaule de sa grosse paluche, d’une façon presque paternelle. « Vas-y. Ne reste pas ici pour moi. »Zee lui déposa un baiser sur la joue, puis s’engouffra dans la trappe. En courant, elle dévala les centaines de marches qui la séparaient du sol puis ouvrit la porte du phare brusquement avant de se jeter dehors. Le vent était fort, puissant, il la fouettait et elle pouvait sentir la température devenir moins agréable. Le froid de nouveau. Mais elle s’en fichait. Elle avança dans la semi-obscurité, la seule lumière était celle du phare, tournoyante, donnant un effet encore plus apocalyptique à la scène. Puis, elle s’arrêta et s’agenouilla devant l’animal. Doucement, elle approcha sa main et caressa sa tête. Il s’agissait d’une otarie aux grands yeux noirs en amande, intelligents et doux. Zee avait toujours aimé ces animaux, agiles et féminins. Elle resta de longues minutes à caresser l’animal. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Zachary Pennington Sywhaîdien


Nombre de messages: 44 Age: 19 Date d'inscription: 27/04/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Mer 1 Déc - 23:27 | |
| Zachary avait passablement chaud mais il n’aurait su dire si c’était du à la chaleur étouffante du tipi ou à la présence de jolies femmes tout autour de lui, seul homme… ahem, de la tente. Et jusque là, entre la chaleur et la gent féminine il n’avait guère eu l’occasion de rester concentré plus de quoi… cinq ? Six minutes à tout casser. Il était parvenu à s’en tirer grâce à de brefs haussements d’épaules et hochements de tête réguliers mais quand Zephira annonça la dernière phase, il eut l’impression de recevoir une claque. Oui parce que bon il n’était pas venu pour dévorer des yeux –aussi discrètement que possible les participantes, non ! Bon d’accord il s’était laissé distraire par le joli visage de Dakota qu’il avait déjà salué quelques fois sans vraiment avoir le temps de discuter un peu avec elle. Mais c’était pas une raison ! Il devait passer ses BUSES l’an prochain et pour cela il devait maintenir un niveau scolaire plus que potable afin de maintenir son avance. Heureusement que ses facilités d’apprentissage l’avaient accompagnées à Sywhaîd sinon il aurait franchement galéré. Enfin bref, cette vieille bique de Miss Clarkson étudiait son suivi scolaire avec une assiduité plus que franchement trop. Elle était toujours sur le dos de ses parents et lui envoyait régulièrement des examcrieurs pour voir si ses connaissances en matière de Magie étaient toujours à la hauteur, sous peine de le reclasser à son retour en Floride où il devrait alors redoubler une classe. Et ça, c’était simplement « no way » ! Il n’eut de toute façons pas le loisir de s’appesantir sur le sujet. Air A peine eut-il fermé les yeux qu’il sentit un vent frais s’engouffrer dans sa veste. Un vent parfumé aux senteurs de Floride. Zac rouvrit les yeux pour découvrir Indian Bay à la pointe d’Aloha Lane. - Alors, qu’est-c’que tu fous ?! lança une voix derrière lui. - Hein ? Quoi ?!Zac fit volte-face pour voir avec surprise la plupart de ses potes déjà installés dans deux gros quatre-quatre décapotables, l’un jaune l’autre noir, tous deux rutilants. - Tu t’ammènes ? On va pas t’attendre !Plusieurs garçons et filles, visiblement tous mineurs, lui firent signe de se dépêcher de monter à bord de l’un des bolides. - Euh… Okay. Il se hâta de grimper dans le véhicule noir alors que les deux chauffeurs faisaient déjà vrombir leurs engins. Dès qu’il se fut installé à l’arrière, coincé entre Jessica et sa sœur Mandy –devinez leur couleur de cheveux- les voitures démarrèrent en trombe, quittant Aloha Lane dans un nuage de poussière. A peine la moitié de cette petite rue tranquille parcourue, les bolides ainsi que leurs occupants semblèrent se gondoler pour finir par devenir totalement invisibles aux yeux du monde. Seul des cris de joie retentirent à l’intérieur des quatre-quatre sans qu’aucun non-sorcier ne s’en soucie. Ils filèrent de longues minutes, discutant comme si de rien était. Zac, lui, était un peu déboussolé, stupéfait de voir que ses amis agissaient avec lui comme s’il n’avait jamais quitté la Floride pour s’enterrer en Écosse. Ce n’est qu’après de longues minutes supplémentaires que l’ado quitta son état d’ahurissement passager et se souvint de la transe. - On va où ? Demanda-t-il à qui voulait bien l’entendre par-dessus les bruits du moteur. - Ahahah, sacré Zac ! Tu chang’ra jamais !lui répondit Dan en lui enfonçant un poing dans l’épaule, par-dessus celle de Jessica. Hey les gars vous entendez ? Zac demande où on va ! Puis se tournant à nouveau vers son pote. Sans blague, si tu veux plus l’faire faut l’dire mais j’te rappelle que c’était « ton » idée alors c’est pas l’moment d’nous lâcher.- Mon idée ? lâcha Zac en tâchant de se remémorer quelle idée lumineuse il avait bien pu avoir qui mobilise une bonne douzaine de jeunes sorciers et sorcières. Ils arrivèrent finalement sur le haut d’une colline dominant la baie, là où la terre s’arrêtait et, au choix, plongeait dans la mer ou s’envolait vers les nuages. Zachary, un brin inquiet et également aux aguets, ne parlait que peu et tentait de recueillir des indices qui pourraient l’amener à trouver son totem. Zephira avait parlé de totems en rapport avec les éléments mais là, pour le coup, il pouvait bien avoir à faire à plusieurs d’entre eux. - Accrochez-vous les gars ! On décolle ! cria Brady, le conducteur du véhicule jaune. Hein ?! Comment ça « on décolle » ? Que… ? Mais non ! Carrément pas ! On n’allait pas décoller avec un quatre-quatre, ça va pas non ? En plus il avait le vertige. Surtout en l’air. C’est pas possible, il n’avait pas pu avoir cette idée-là. Pas lui. Ou alors il était bourré. Oui c’est ça, il devait être bourré quand il avait suggéré cette idée de voler en quatre-quatre. Il voulu protester mais sentit son engin se remettre en branle et, toujours invisible, accélérer en direction de la mer… et accessoirement du précipice. Finalement les deux voitures s’envolèrent sans difficultés. - Wouuhouu ! lança quelqu’un entre deux petits cumulus de beau temps. - Tout l’monde est au point avec la formule ? C’est bon ? cria à nouveau Brady donc le véhicule jaune volait doucement aux côtés du noir. Il obtint une série de « oui » en tous genres et un gargouillis étrange provenant de l’estomac de Zachary qui venait d’obtenir plus de détails quant à cette « formule » qui visiblement tous connaissaient sauf lui. Une formule de « volplanage » qu’il n’avait jamais testé même si Mandy jurait qui si. Et finalement, après quelques minutes de vol, un « Go » sonore retentit, tandis que les sièges des quatre-quatre propulsèrent tous leurs passagers dans les airs à l’exception des deux pilotes. Zac crut bien qu’il allait mourir alors qu’il sentait ses fesses quitter le si confortable siège du véhicule ensorcelé. Il crut qu’il allait encore plus mourir (si, si !) quand, cul par-dessus tête dans les airs, il vit le sol californien sous ses yeux. Son cœur manqua un battement voir plusieurs avant que son cerveau ne recommence à fonctionner, tâchant de se souvenir d’une formule capable de le faire flotter dans les airs comme ses amis. Soudain, alors qu’il avait déjà testé pas mal de sortilèges de lévitation qui d’habitude étaient très efficaces et aujourd’hui s’avéraient vains, le temps sembla s’arrêter. Ou du moins il ralentit tandis que passait devant lui une petite corneille brune, elle aussi au ralenti. Il aurait voulu tendre le bras, la caresser, lui parler peut-être mais la chute libre n’en finissait plus et même au ralenti le sol se rapprochait de lui, inexorablement. Et, le temps de regarder en bas, la corneille avait disparu. Plus tard, Zac découvrirait que la Corneille mélangeait à la fois le passé, le présent et le futur et qu’elle permettait de percevoir plus facilement la vérité et d’assumer les découvertes faites au cours de sa vie.
Dernière édition par Zachary Pennington le Lun 20 Déc - 9:57, édité 1 fois |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Sam 4 Déc - 18:25 | |
| Air. « AAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!! »Okay. Pas de suffocation, c’était déjà ça. Sauf qu’elle était totalement impuissante cette fois. Etre à des centaines de pieds au-dessus du sol, et le voir se rapprocher petit à petit, beaucoup trop rapidement à son goût, était à peu près la seule situation que Zeneyp ne pouvait pas dominer. Elle pouvait se hisser hors d’un cercueil enterré six pieds sous terre, elle pouvait lutter contre une tempête, courir pour ne pas se faire rattraper par le feu… Mais voler, non. Elle n’avait pas d’ailes, elle n’avait même pas, merde, elle pouvait s’en rendre compte, de parachute. Et tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de se mettre dans la position la moins aérodynamique possible, afin d’essayer de ralentir la chute, ce qu’elle fit, se mettant le plus à plat possible, étendant ses bras sur les côtés, et découvrant au passage qu’elle avait tout de même une de ces combinaisons spéciales pour les gens qui faisaient de la voltige (et un casque, même si quelque chose lui disait que ça ne risquait pas de l’aider beaucoup si elle s’écrasait au sol). La combinaison avait des sortes de membranes en tissus, sur les côtés, et quand elle étendit ses bras et ses jambes, elles se déplièrent comme celles des écureuils volants, lui permettant de tomber beaucoup moins vite, presque de planer. Elle avait un miroir sur le côté de son casque, une sorte de rétroviseur, et elle essaya de voir si quelqu’un ne la suivait pas, quelqu’un avec un parachute, par exemple. Mais non, il n’y avait personne au-dessus. Elle soupira. Bien sûr, ça aurait été beaucoup trop facile. Zee avait toujours aimé le saut en parachute. Plus d’une fois, elle avait intégré un saut qui n’avait rien d’obligatoire à un plan pour un boulot, juste pour le plaisir. John se fichait tout le temps d’elle à ce niveau-là, disant qu’elle finirait par faire comme ces parachutistes professionnels qui étaient tellement à l’aise quand ils sautaient qu’ils en oubliaient leur parachute. Visiblement, John avait eu raison. Malgré le fait qu’elle allait dans quelques minutes s’écraser au sol, la belle métisse ne put s’empêcher de prendre plaisir à cette chute. La chute libre était la meilleure partie du saut, elle la faisait toujours durer au maximum. Cette fois-ci, visiblement, elle durerait encore plus longtemps. Il y avait beaucoup de bruit autour de Zee, le bruit du vent principalement, et elle portait un casque qui couvrait une partie de ses oreilles. Il n’était donc pas étonnant qu’elle n’entende rien. Et elle était plus ou moins perdue dans la contemplation du sol qui se rapprochait dangereusement, il n’était donc pas étonnant qu’elle manque de voir ce qui se trouvait au-dessus d’elle. Mais quelque chose finit par attirer son regard, un mouvement dans son « rétroviseur », et son cœur s’accéléra. Un grappin. C’était un grappin, une sorte de grappin métallique au bout d’une corde en métal. Il lui suffisait de réussir à l’attraper pour le fixer à sa ceinture. Elle n’avait aucune idée de qui lui lançait ce grappin, le miroir dans lequel elle regardait était bien trop petit pour qu’elle puisse voir aussi loin, mais une corde était toujours la bienvenue quand on tombait en direction du sol sans aucune autre solution de repli. Elle attendit le plus patiemment possible que la corde lui passe devant le visage. Qui qu’elle soit, la personne qui lui lançait cette corde était sacrément douée, parce qu’à cette altitude, et avec cette vitesse de chute, réussir à faire en sorte que la corde ne tranche pas Zee en deux était un vrai petit exploit. Elle se promit de remercier cette personne chaleureusement, prit une inspiration, et se saisit de la corde. La personne qui la lui lançait avait été assez intelligente pour continuer à la faire tomber en même temps qu’elle, elle ne s’abîma donc pas la main en la récupérant, et ne se fit pas happer non plus. Elle tira dessus, récupéra le bout, avec le grappin, et l’attacha le plus vite possible à sa ceinture. Ensuite, elle tira trois coups secs sur la corde, afin de faire en sorte que la personne qui la sauvait sache qu’elle était accrochée. Il fallut attendre encore quelques fractions de secondes avant que la corde ne remonte, et que Zee se retrouve de nouveau à la verticale. Elle s’agrippa à la corde, et put enfin voir ce qui se trouvait au-dessus d’elle. Un sourire amusé apparut sur son beau visage caché par le casque et les lunettes de protection. Elle aurait reconnu cet avion n’importe où et sous n’importe quel angle. Il s’agissait du sien. De celui de John et elle. Celui qu’ils avaient déjà complètement bousillé à plusieurs reprises, réparé de leurs mains. Celui qui leur avait sauvé la vie, et qui était plus proche d’une maison que n’importe quel autre endroit au monde. Elle arriva à la porte et se hissa dans l’avion. Elle referma la porte derrière elle, luttant contre l’air qui refusait qu’elle la repousse, puis s’appuya contre elle, reprit son souffle. « Are we okay ? » grésilla une voix dans l’interphone. Elle ne se sentit pas la force d’aller jusqu’à l’interphone pour répondre, pas encore. « Hone’ ? »Elle sourit et se détacha de la corde. Elle enleva le casque, et les lunettes, et les balança, avant d’aller dans le cockpit. « Tu m’expliqueras comment tu as fait pour me lancer une corde tout en continuant à voler. »
« C’est ta transe, à toi de me le dire. »Elle embrassa son mari, qui avait revêtu une de ces chemises aux décors psychédéliques qu’il mettait en général quand il volait, son uniforme à lui, puis s’assit dans le siège du co-pilote. « Je t’ai attendu dans le troisième acte. » dit-elle, alors que ça n’était pas tout à fait vrai, mais à présent qu’elle se trouvait avec son mari, elle se souvenait de ce qu’il lui avait dit. « Tu as changé le début, ça a changé la suite, battement d’aile de papillon, ouragan, tout ça, tout ça ! » répondit-il joyeusement tout en gardant son attention sur le tableau de bord. « Turbulences ! »Zee s’accrocha, et soudain l’avion se mit à se secouer comme s’il se trouvait au milieu d’un flipper. Même Zeneyp et ses habitudes au niveau du vol se sentit prise de nausées. « On va encore se crasher ? » demanda Zee sur un ton légèrement ennuyé. « Non, non, non ! Tout va bien… Voilà… »L’avion se stabilisa de nouveau et Zeneyp put relâcher les accoudoirs. Elle sourit et regarda pendant quelques instants le paysage qui s’étendait devant elle. John et elle survolaient Sywhaîd, ce qu’ils n’avaient jamais fait, et ne feraient certainement jamais. « Ce toit a besoin de réparations. »
« Tu ne vas sûrement pas monter là-haut dans ton état ! » Elle baissa les yeux et vit son ventre. Rebondi, de nouveau. Le bébé était de retour, et elle posa sa main sur son ventre. Un grand sourire vint illuminer son visage, pas vraiment un sourire rêveur ou quoi que ce soit, Zee n’était pas de ces futures mères qui devenaient soudain très douces et très romantiques. Non, c’était un sourire joyeux, heureux, simplement, aussi chaleureux que Zeneyp Arbuthnott l’était en de telles occasions. « L’air c’est toi. » dit-elle avec un nouveau sourire. « C’est nous. Et le bébé. Et Sywhaîd. »Elle hocha la tête et prit la main de John dans la sienne. Soudain, un mouvement attira son regard sur le tableau de bord. Un petit écureuil volant roux passa entre les boutons, rapidement, puis sauta et atterrit sur les genoux de Zee avant de lui grimper sur l’épaule, de lui grignoter une mèche de cheveux bouclés, et de se laisser glisser jusqu’à sa main, qui tenait toujours celle de John. « Oh, ton premier herbivore ! » gazouilla John comme s’il se retrouvait devant la chose la plus mignonne du monde, disons un chiot, et qu’il était soudain une gamine de douze ans. « Shut up husband ! »_________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 6 Déc - 15:34 | |
| Eau Marianne suivit des yeux la fantomatique silhouette blanche du félin tandis qu'elle disparaissait dans la nuit. Une pluie fine s'était mise à tomber. Fatiguée, Marianne referma la fenêtre et poussa un profond soupir. Elle ferma les yeux et, une fois encore, espéra que tout aurait disparu pour faire place à un nouveau paysage, une fois qu'elle les aurait rouverts. Mais non ; la chambre était toujours la même. La cheminée, le feu, le lit, la combinaison. Marianne préféra sortir de la pièce, et en ferma la porte comme pour laisser tout ça soigneusement derrière elle. Le palier était toujours plongé dans le noir, et il lui fallut quelques instants pour se réhabituer à l'obscurité, distinguer à peu près les premières marches de l'escalier, les deux portes restantes... Encore un choix à faire, mais Marianne naviguait pour ainsi dire à l'aveugle. A tâtons, elle s'approcha finalement de la porte la plus proche, tourna la poignée. Mais c'était verrouillé. Elle se dirigea donc vers la dernière porte, avec un peu d'appréhension : elle pressentait que le spectacle qui l'attendait derrière cette mince barrière de bois serait bien plus désagréable que la chambre au demeurant paisible dans laquelle elle venait de pénétrer. Elle inspira un grand coup, tourna la poignée. C'était verrouillé. Au dehors, la pluie avait rapidement gagné en intensité. Marianne ne pouvait pas voir à quel point, mais l'entendait marteler de plus en plus furieusement l'unique fenêtre du palier. Elle fronça les sourcils, indécise, avant de finalement se diriger vers les escaliers. Elle pouvait redescendre, ou monter vers un probable grenier. Elle n'avait plus envie de choisir, elle aurait voulu n'avoir qu'à se laisser porter. C'était plus facile de descendre ; à pas lents et prudents, elle retourna au rez-de-chaussée. Et elle constata avec étonnement que le sol était trempé ; il semblait y avoir eu une inondation, et cinq centimètres d'eau dans tout le rez-de-chaussée. Très intriguée, Marianne avança jusqu'à la pièce principale, d'où émanaient encore quelques rayons de lumière en provenance de la cheminée. Mais plus pour très longtemps : lorsqu'elle pénétra dans la grande salle, Marianne vit que le feu était déjà pratiquement éteint, mangé à la base par l'eau qui montait, assailli aussi par des gouttes de pluie qui tombaient sur les bûches chaudes en grésillant. Marianne se fit la réflexion qu'il devait vraiment pleuvoir très fort pour que la pluie arrive encore humide jusqu'au bas de la cheminée, et les battements désormais furieux de la pluie au dehors lui donnaient raison. Elle aurait sans doute dû être bien plus effrayée que dans la chambre, mais à choisir, elle préférait sans doute ce genre de danger-là. L'eau montait assez rapidement, dépassait déjà ses chevilles, mais Marianne resta là à regarder le feu s'éteindre progressivement, avec des projections de fumée et de vapeur. L'eau, bien sûr : ce devait être ce nouvel épisode de sa transe qui avait débuté. Alors qu'elle en prenait conscience, une fenêtre s'ouvrit à toute volée ; le vent soufflait relativement fort, la pluie s'engouffrait violemment dans la pièce, trempait désormais les housses blanches posées sur les meubles. Une lumière pâle, blanche, avait remplacé celle du feu à présent éteint. Des coups sourds résonnaient régulièrement, du côté de la fenêtre ouverte et, en plissant les yeux, Marianne comprit qu'il y avait là une barque amarrée contre la maison, et qui, ballottée par les eaux, cognait contre le mur. Donc, c'était là qu'elle était supposée aller... Marianne recula ; l'eau lui arrivait aux genoux et la freinait, tandis qu'elle tâchait, plutôt que de rejoindre la barque, de retourner vers l'escalier. L'eau montait inexorablement, très vite ; lorsqu'elle trébucha, elle se retrouva à nouveau complètement trempée, et quand, enfin, elle atteignit les premières marches, elle nageait pratiquement. Au prix de nouveaux efforts, elle se hissa jusqu'aux marches encore sèches, et courut vers le premier palier. Bon, en cas d'inondation de ce genre, le plus raisonnable, a priori, c'était de gagner les étages les plus élevés. Mais que ce fût réfléchi ou pas, Marianne ne monta pas jusqu'au grenier, et courut vers la dernière porte qu'elle avait essayé d'ouvrir. Elle avait cet étrange sentiment qu'en fait, la suite de sa transe ne pouvait que se passer là. Elle tourna à nouveau la poignée, avec l'espoir un peu stupide qu'entre temps, la porte se serait déverrouillée. Mais non, même s'il n'y avait pas forcément beaucoup de logique à chercher dans une transe, c'était toujours fermé. Marianne pouvait entendre le mugissement sourd de l'eau qui montait à l'étage inférieur. Elle se rua sur la porte pour l'enfoncer. Une fois, deux fois, plusieurs fois. La porte jouait un peu, mais tenait bon, et Marianne ne réussit qu'à se faire mal à l'épaule. Elle poussa une exclamation rageuse, donna un coup de poing contre la porte. Le pire était que, plus la porte semblait vouloir lui résister, plus la jeune femme se sentait confortée dans l'idée que c'était bel et bien là qu'elle devait aller. Il lui aurait fallu un levier, ou quelque chose, un outil quelconque pour l'aider à enfoncer cette porte. Et une nouvelle fois, une étrange petite intuition lui souffla de se baisser ; à quatre pattes, elle tâtonna, promena ses mains sur le sol, jusqu'à trouver sous ses doigts le contact froid et dur d'une sorte de barre en métal. Elle se redressa, inspecta l'outil, qui était légèrement incurvé à l'une de ses extrémités, et y présentait deux pointes, comme des cornes d'escargot. Ce devait être ce genre de choses qu'on appelait un pied-de-biche. Le grondement était plus fort, et l'eau avait commencé à atteindre le premier étage ; Marianne pouvait entendre le frémissement de l'eau glissant comme une nuée de serpents jusqu'à l'endroit où elle se trouvait. Elle dut s'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre exactement comment faire fonctionner le pied-de-biche ; lorsqu'elle finit enfin par trouver à quel endroit glisser les pointes, dans quel sens, et comment elle devait pousser sur la barre, elle réussit d'abord à faire éclater quelques morceaux de bois du bas de la porte, parce qu'elle avait placé l'outil trop bas par rapport au verrou qu'il fallait faire sauter. Elle renouvela donc sa tentative, ce qui n'était pas chose si aisée, pour quelqu'un qui n'avait jamais particulièrement donné dans le cambriolage ni même le bricolage, et alors que l'eau se déversait désormais à flots sur le palier, lui montant rapidement jusqu'aux genoux. Elle remonta le pied-de-biche aussi haut que le lui permettait l'étroitesse de l'interstice, serrant fort ses mains contre l'outil pour ne pas trembler, et, fermant les yeux, elle appuya de toutes ses forces. Il y eu un gros craquement, alors que le verrou sautait, que la porte s'ouvrait brutalement, et que Marianne, emportée par l'eau, s'engouffrait dans la pièce. Renversée par la force des vagues, Marianne fut quelques instants ballottée comme un vulgaire paquet, noyée sous les flots d'eau pressés d'envahir ce nouvel espace, et elle ne retrouva la surface et l'air libre qu'au bout de quelques secondes, alors que la pièce était déjà noyée et que l'eau lui arrivait aux cuisses. Des toiles flottaient partout autour d'elle, qui avaient dû être posées à même le plancher ; leurs couleurs se diluaient déjà dans l'eau, y dessinant des trainées vertes, bleues, orangées. C'étaient des toiles de style plutôt classique, qui représentaient des paysages de marines, des bateaux pris en pleine tempête, des ports embués de soleil, des scènes de bataille navale ; Marianne attrapa l'une des toiles qui passait à sa portée, qui représentait une énorme vague fouettant la longue colonne rouge et blanche d'un phare. Le tableau sembla s'animer dans ses mains ; la vague frappait le phare, se brisait, renaissait. Marianne rejeta le tableau plus loin, continua à grand-peine d'avancer vers la pièce, alors que l'eau montait désormais jusqu'à sa taille. Elle voulait atteindre le dernier tableau, le seul qui n'ait pas encore commencé à être abîmé par l'inondation, parce qu'il était accroché très haut sur le mur. Ce n'était pas une marine, mais un portrait de femme, dans un style un peu impressionniste. Elle portait sur ses genoux un poisson rouge dans un bocal circulaire. Le peintre avait reproduit avec brio les reflets de l'eau translucide et du verre. Marianne avait beau tendre les bras autant qu'il lui était possible, le tableau demeurait hors d'atteinte. D'autres toiles continuaient de flotter autour d'elle, et l'eau montait, encore. Cette fois Marianne attendit, la laissa atteindre sa poitrine, son cou ; elle monta encore, et Marianne perdit pied. Elle s'agrippa à la mince corniche qui courait tout le long des murs pour ne pas complètement perdre l'équilibre ni être emportée par la puissance du courant. Finalement, dans un suprême effort, elle se hissa de toutes ses forces, tendit les bras, et attrapa ainsi le cadre du tableau au poisson rouge, qu'elle garda serré entre ses doigts comme si sa vie en dépendait -ce qui n'était pas loin d'être sa conviction. L'eau montant encore, elle effleura le bas du tableau, qui s'anima à son tour ; le poisson rouge tournait dans son bocal, à une allure paisible bien peu accordée au chaos aquatique qui régnait dans la pièce. Alors, Marianne mit la main dans le bocal, aussitôt suivi de la seconde, où elles s'enfoncèrent tout naturellement, comme dans de l'eau normale. Elle n'eut qu'à se laisser porter pour que le reste de son corps disparaisse à son tour dans le bocal du tableau. Elle était dans l'eau du bocal, assurément ; mais ça n'avait rien de naturel. L'eau était absolument transparente, comme de l'eau ; si parois il y avait quelque part, elles étaient invisibles : tout était blanc, limpide, autour d'elle. Comme si elle s'était effectivement trouvée dans une sorte de bocal géant, lui-même placé dans une grande pièce blanche et vide. Marianne pouvait nager à son aise ; elle n'avait plus besoin de respirer. En fait, elle n'avait plus besoin de choisir la moindre direction, puisque partout, c'était le même vide. Elle n'était pas sûre d'être encore vraiment consciente. Peut-être qu'elle était morte, dans cette inondation, peut-être qu'elle était au purgatoire... qu'elle n'avait plus qu'à attendre... Elle cessa de nager, relâcha ses bras et ses jambes qu'elle laissa flotter autour d'elle. Il y avait bien un semblant de courant, dans cette eau étrange, et elle n'avait plus qu'à se laisser porter, qu'à s'endormir doucement... Elle inclina la tête légèrement de côté, comme pour se reposer sur un matelas liquide qui l'emportait lentement. Et alors, elle la vit, qui semblait flotter paresseusement à ses côtés ; c'était comme une immense feuille de papier blanc qui ondulait gracieusement dans l'eau transparente, terminée par une longue queue noire. La raie blanche, portée par ses ailes, avançait à une allure tranquille, quand Marianne se laissait seulement dériver. La jeune femme voulut battre à nouveau des bras et des jambes, pour suivre son totem, mais toute force semblait l'avoir abandonnée. Elle ferma les yeux et perdit connaissance. |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 6 Déc - 19:42 | |
| Eau. A peine eût-elle fermé les yeux que Dakota les rouvrit en sentant tout à coup cette sensation délicieuse d’être en pleine mer, frappée par les embruns. Elle était à bord d’un petit bateau à moteur, qui avançait visiblement sans l’aide de personne. Elle était en Australie. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Elle était de retour. Mais elle n’était pas à Sydney. La couleur de l’eau, la chaleur… Elle était dans le nord, vers les Whitsundays Islands, où elle avait passé des vacances avec sa mère et Call-me-Chris, sans vraiment réussir à faire la gueule plus de quelques heures d’affilée tant elle avait été époustouflée par ce qu’elle y avait vu. Elle ferma de nouveau les yeux et laissa l’eau frapper son visage offert. Bon, la transe commençait plutôt bien en fait. Elle adorait la mer et ne souffrait jamais de malaise, même sur un petit bateau comme celui-là, balloté par les vagues. Un peu plus et elle se la serait joué Titanic, en ouvrant les bras en croix et en criant qu’elle était la reine du monde. Malheureusement, elle n’eut pas le temps de mettre ce projet à exécution car un sursaut, plus violent que les autres, lui fit perdre l’équilibre. Elle glissa, se cogna assez brutalement sur le bord du bateau, tenta de se retenir à ce qu’elle pouvait, sans succès. Une fille à la mer. Dakota se sentit emportée dans un tourbillon puissant. Elle connaissait la violence des courants australiens et commença à paniquer. Elle pensa aux requins et aux méduses et paniqua à nouveau. L’océan avait tellement de manières différentes de nous tuer ! C’était aussi pour ça qu’elle l’aimait autant. Quoique là, en l’occurrence, elle n’aurait pas dit non à un peu de terre ferme. Elle coulait. Elle se noyait. Elle ne pouvait plus respirer… Et puis, son bon sens lui revint et elle se rappela que se débattre était la pire chose à faire, contre le courant. Elle cessa donc de lutter et préféra se laisser ballotter, afin de retrouver la surface, un jour ou l’autre. Le manque d’air cessa de se faire sentir et une musique étrange, fascinante, vint résonner à ses oreilles. Dakota avait beau écarquiller les yeux, elle ne voyait absolument rien, que du noir. L’imbécile qui avait dit que la mer était bleue allait avoir de ses nouvelles ! Même si elle avait eu l’air turquoise, vue d’en haut, ici, il n’y avait que du noir. Mais, en fait, elle s’en fichait. Elle ne pouvait penser qu’à ces sons inédits, lancinants, étrangement beaux. Un mélange de sifflements, de gémissements, profonds, graves. Elle n’avait jamais entendu ça et aurait pu rester des heures à écouter, comme si on lui chantait une berceuse. Mais, visiblement, la transe avait d’autres plans car elle sentit une forte pression sous elle et elle fut projetée vers le haut, sortit de l’eau et retomba, en faisant le plus beau plat de sa carrière. Aïe. Toussant et crachant, elle battit des pieds pour rester à la surface. Elle plongea la tête sous l’eau mais les sons avaient disparu. Elle ressortit la tête et aperçut un morceau de bois flottant tout près. Elle nagea à sa rencontre et, en l’atteignant, reconnut sa planche de surf. Elle sourit. Alors, ça, c’était chouette. Elle s’allongea dessus et regarda par-dessus son épaule. Une vague parfaite était en train de se former. Elle commença à battre des mains et des pieds, pour acquérir suffisamment d’élan. Quand la vague fut quasiment sur elle, elle se releva souplement et prit la position des surfeurs, prête à accompagner le rouleau. C’était une des plus belles vagues sur lesquelles elle ait jamais surfé (et elle était australienne !) et elle aurait pu effectuer la plus belle figure de sa vie. Mais, à quelques mètres devant elle, comme sortant de la vague, une magnifique baleine à bosse émergea majestueusement des flots. Dakota en resta bouche bée. Elle avait vu ça, pendant ses vacances mais… certainement pas d’aussi près. Elle comprit tout à coup à quoi correspondaient les sons qu’elle avait entendus. Le chant des baleines. Ahurie par le spectacle, qui se déroulait comme au ralenti, Dakota regarda la baleine expulser un jet d’eau par son évent et replonger, provoquant une vague immense qui engloutit complètement l’adolescente. |
|  | | Marianne Loisel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 11/04/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 10 Déc - 23:51 | |
| Air C'est le vent qui l'éveilla. Une bise légère qui lui caressa le visage, et la fit ciller, puis entrouvrir les yeux. Elle était à nouveau face à un vaste tableau blanc, mais qu'elle reconnaissait cette fois comme celui d'un ciel laiteux, une masse de nuages derrière laquelle peinaient à percer quelques bribes de soleil blond. Elle se rendit compte, à peu près au même instant, en essayant de se redresse, qu'elle flottait en fait à la surface d'une étendue d'eau. Quelques battements de bras un peu précipité, dus à l'effet de surprise, et un coup d'œil aux alentours : elle comprit qu'en fait, elle était de retour sur Sywhaîd, et plus précisément dans le loch Finn. Pas en plein milieu, mais enfin à une distance suffisante du bord pour qu'elle n'ait pas pied. Les sensations, les bruits, les parfums étaient si authentiques que, l'espace d'une seconde, Marianne crut que la transe était terminée, qu'elle s'était réveillée... sauf qu'évidemment, ça ne collait pas, outre le fait qu'elle se trouvait non plus dans les ruines, mais au milieu du loch. D'abord, les frondaisons des arbres indiquaient qu'elle se trouvait au printemps plutôt qu'au cœur de l'automne. Et puis, évidemment, il lui restait deux totems à découvrir. Son rythme cardiaque s'accéléra légèrement à cette pensée : elle se souvint du tunnel de terre, de l'émotion dans la chambre, de l'inondation, et se demanda ce qui l'attendait pour son totem d'air. Quand à l'âme... peut-être serait-ce pire encore. Mieux valait ne pas y penser, et Marianne, respirant profondément, se remit sur le dos, les yeux face au ciel blanchâtre. Elle aurait probablement dû remettre ses idées en place, réfléchir, se demander pourquoi elle était là, où cela la mènerait, pourquoi, alors que l'air était logiquement le prochain totem qu'elle découvrirait, elle était encore au milieu d'une étendue d'eau, si elle s'était trompée quelque part, ce qu'elle devait maintenant faire, s'il ne fallait pas, par exemple, rejoindre la rive à la nage, puis marcher jusqu'à la volière ou jusqu'à quelque toit, quelque promontoire... Mais en fait, même si ces pensées tourbillonnèrent quelques instants dans sa tête, Marianne ne s'attarda pas sur ces questions, ne leur chercha pas vraiment de réponse. Seule bizarrerie par rapport à un Sywhaîd "normal", l'eau du loch n'était pas du tout fraîche comme elle l'aurait normalement encore été à cette période de l'année, et elle se sentait... plutôt bien, détendue, heureuse. Les émotions auxquelles elle venait d'être confrontée lui avaient rincé, lessivé la tête. Et là... bien sûr, elle devait chercher le prochain animal mais, en fin de compte, elle avait le nez vers le ciel, non ? En la tournant un peu de côté, elle pouvait voir un véritable ballet d'hirondelles, reconnaissables à leurs filets noirs, faire des allers retours incessants entre le loch, le verger et les bâtiments de la ferme. Elle pouvait apercevoir aussi, près du débarcadère, d'autres passereaux plus petits se disputer les restes d'une corvée de nettoyage de poissons. Elle leva encore un peu plus la tête, pour voir en arrière, vit d'autres oiseaux, reconnut la silhouette chatoyante et le cri rauque d'un geai... Elle ne se souvenait pas avoir jamais vu autant d'oiseaux autour du loch, mais peut-être n'y avait elle jamais été aussi attentive. Seulement aucun d'eux ne lui "parlait" véritablement, ne s'imposait, d'évidence, comme son totem d'air. Mais il faut dire qu'aucun n'approchait suffisamment du milieu du loch pour qu'ils puissent ne serait-ce que croiser leurs regards. Le vent continuait de rider la surface de l'eau, et de caresser le visage de Marianne ; avec une relative appréhension, cette dernière s'assurait qu'il ne forcissait pas trop, qu'il n'allait pas se muer en ouragan comme la pluie était devenue tempête. Mais non, c'était juste... le vent, qui lui chatouillait le bout du nez, et la fit rire doucement. A cet instant, un morceau de blanc de ciel s'en détacha, fondit dans sa direction, toutes serres devant. Elle eut à peine le temps d'apercevoir la silhouette du rapace qui se précipitait vers elle comme si elle avait été une petite souris égarée. Elle cria, eut le réflexe de battre des bras, de rentrer la tête dans l'eau ; elle sentit comme une rafale d'air frais au-dessus de son crâne, comme l'oiseau passait en trombe ; elle entendit le bruit d'un choc ; le temps qu'elle émerge, l'oiseau s'était à nouveau envolé, un poisson serré entre ses serres, équipées de duvet épais pour empêcher sa prise frétillante et visqueuse de lui échapper. Elle oublia aussitôt sa peur, pour ne voir que la magnificence de l'oiseau, de ses grandes ailes blanches tachetées de noir, qui se détachaient à peine sur le ciel ; "balbuzard", murmura-t-elle pour elle-même, alors qu'il décrivait à présent quelques cercles tout autour d'elle. *** Âme Son cœur battait à tout rompre. Cette fois, il était évident qu'elle avait trouvé son animal totémique ; il paraissait extraordinaire qu'elle ait pu avoir peur de lui, alors même qu'elle se sentait désormais en telle symbiose avec ses cercles réguliers autour d'elle. Et c'est avec un réel sentiment d'arrachement qu'elle le regard se transformer peu à peux en petit point noir, qui disparut dans l'horizon brumeux. Elle resta un certain temps pensive, après sa disparition, à battre mollement des bras et des pieds pour simplement rester à la surface de l'eau. Elle ne savait quoi en penser ; elle se sentait plus proche de ce totem plus encore que des trois autres. Elle n'était pas sûre d'avoir besoin de trouver le cinquième, après tout. Mais ça ne fonctionnait pas comme ça, évidemment. Elle était supposée aller jusqu'au bout, maintenant. Alors, d'un mouvement de brasse plutôt lent, mais régulier, elle rejoignit la rive, encore un peu rêveuse. C'est plutôt fatiguée par ce dernier effort que Marianne atteignit la plage de galets et, les muscles douloureux, elle faillit d'ailleurs se casser la figure. Il faut dire qu'elle ne regardait pas vraiment où elle marchait, continuant de scruter le ciel, dans l'espoir -qu'elle savait stupide- que le balbuzard reviendrait. Finalement, arrivée au niveau de l'herbe, elle s'assit. Elle était mouillée, songeuse, fatiguée. Et le nez toujours en l'air, jusqu'à ce que la raison finisse par l'emporter sur le cœur, et lui dise que c'était complètement idiot, de rester comme ça à regarder le ciel. Elle avait un cinquième et ultime totem à chercher. Et juste comme elle se faisait cette réflexion, le ciel s'assombrit, devint noir d'encre. C'était encore plus étrange que s'il s'était soudain mis à faire nuit : le reste des alentours, le lac, la lande, les oiseaux, tout était encore éclairé comme en plein jour ; c'était simplement comme si une paire de ciseaux gigantesques avait découpé le ciel, l'avait supprimé de la photographie. Marianne se recroquevilla sur elle-même. Le totem d'âme, le plus éprouvant à découvrir... Elle comprenait ce qu'elle devait faire à présent, et elle n'en avait aucune envie. Elle n'avait pas envie d'être aussi perdue, oh non... Elle vit les arbres du verger, sentit qu'elle aurait pleuré si elle ne s'était pas déjà sentie aussi vide. Mais non, son totem d'âme n'était pas dans le verger ; et le verger disparut. Elle prit son visage entre ses mains, tourna douloureusement le visage vers le loch. Elle pensa à la raie blanche qu'elle avait découverte quelque part là-dessous, elle pensa au balbuzard qui avait filé sur elle ; elle serra les dents et le loch disparut à son tour. Il lui fallut encore plusieurs minutes pour faire disparaître le reste du paysage ; les bâtiments de Sywhaîd, dont elle crut détruire les habitants en même temps que les pierres ; la bruyère ; la forêt, leurs bruits et leurs odeurs ; les pierres, la cascade. Son daemon d'âme n'était pas là-bas non plus. Elle fit disparaître la Brume, et se sentit alors horriblement vulnérable. Ne resta finalement plus que l'herbe où elle était assise. Elle arracha une poignée de brins, les porta à son nez, pour en respirer l'odeur fraîche. Sa main tremblait ; il n'était pas là non plus et la lande disparut. Elle ouvrit la main, l'épousseta pour bien laisser choir tous les brins. Elle regarda autour d'elle. Tout était noir, maintenant ; il n'y avait ni couleur, ni parfum, ni bruit, ni texture, ni rien à quoi s'accrocher ; elle était toujours assise, mais assise dans le vide le plus complet. Elle sut qu'elle ne pouvait pas faire davantage. Et il était là. Sur son genou, depuis... depuis quelques secondes, quelques minutes peut-être ; elle ne l'avait pas senti se poser. Ses yeux s'écarquillèrent, elle sentit son sang pulser de nouveau plus rapidement dans ses veines. Cette fois encore, c'était une évidence, mais qui n'avait même plus le moindre caractère douloureux. Un sourire extatique rayonna sur les lèvres de la Française, qui tendit lentement un doigt vers le grand papillon blanc, qui y voleta aussitôt, gracieusement. Elle était saisie par la délicatesse du balancement pourtant rapide de ses grandes ailes, où deux points rouge d'un rouge vif semblaient la fixer avec plus d'intensité que le plus profond des regards. Elle se souvint avoir autrefois rencontré ce genre de papillon lorsqu'elle était petite, pendant des vacances à la montagne. Elle se souvint que sa mère lui avait expliqué que les apollons étaient en voie d'extinction.
[Et voilà ! J'espère que ça va !] |
|  | | Zachary Pennington Sywhaîdien


Nombre de messages: 44 Age: 19 Date d'inscription: 27/04/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Lun 20 Déc - 9:50 | |
| Feu
A peine la petite Corneille brune eut-elle disparue que la chute libre de Zachary reprit son cours. Le temps, auparavant ralenti, se remit à défiler correctement, du moins aussi correctement que ceux qui ne vont pas s’écraser l’apprécient. Zachary, lui, n’appréciait pas plus que ça la descente et sentait son cœur mourir à feu vif faute d’avoir une attaque salvatrice lui évitant d’avoir à observer avec horreur le sol s’approcher vitesse lumière. Il tombait seul, sans parachute et sans ses potes, disparus depuis un bon moment déjà, peut-être même dès l’expulsion des véhicules, Zac n’aurait su le dire précisément. Il voyait avec horreur le sol se rapprocher. Et l’horreur se faisait grandissante au fur et à mesure qu’il reconnaissait les éléments au sol. Ça, c’était carrément plus que flippant. Ah tiens, les Teas venaient d’installer leur nouvelle piscine. Hein ! Ah mais ho ! Punaise il allait s’écraser bordel ! C’était pas le moment de regarder l’aménagement paysager de ses voisins de quartier ! Zachary allait prier Merlin et tous les druides celtes de lui accorder une dernière chance lorsqu’il eut un coup de chaud. Et le mot était faible. Il était carrément en feu. Littéralement. En flammes. Des flammes tout autour de lui. Sa veste était en train de se consumer tout comme son jean. Il brûlait et se demandait encore comment il s’était débrouillé pour prendre feu en plein ciel, tombant comme un piaf de son nid, et le tout sans briquet ni accessoire combustible. Il avait bien son médium mais était absolument certain de n’avoir lancé aucun sort de ce genre. Il aurait quand même fallu être con pour s’immoler volontairement alors qu’on pouvait mourir dignement en s’écrasant sobrement. Bon, à choisir il ne savait pas franchement ce qu’il préférait mais il réalisa quelque chose qui interrompit le cours de sa pensée : le feu ne le brûlait pas. C’était tout à fait étrange. Étrange mais absolument pas rassurant. Ben oui, parce que bon, il était à quoi… trois cent mètres du sol maintenant et que même si le feu ne le brûlait pas présentement, il sentait la fumée quand même, ce qui était effectivement bizarre. Et soudain la chute se fit plus libre, oui, oui. Il tomba alors beaucoup plus vite et les derniers mètres furent avalés bien plus vite qu’une dragée de Bertie Crochu (surtout si on tombait sur celles goût fromage moisi, vomis ou lingettes pour bébé). Et la chute prit fin. Il mourut sur le coup. Il se retrouva au sol, la joue écrasée contre une étendue feuillue et herbeuse couverte de petites branches et de brindilles. Mais pas mort, non. Bel et bien en vie malgré cette chute vertigineuse. Pourtant, un parfum âpre lui taquinait les narines. Ça lui rappelait les soirées d’hiver, lorsque ses parents et lui allaient skier dans les Alpes Suisses chaque année. Ça sentait le feu de bois. Oui c’est ça. Ça sentait le bois qui brûle et… ! - Oh pu**** de m**** ! Ça r’commence ?! Zachary venait de se relever, ravi de constater que ses membres étaient tous intacts, ce qui était fort étonnant au vu de la chute qu’il venait de faire, lorsqu’il aperçu un feu de forêt non loin de lui. Et à son grand désarroi, les flammes semblaient foncer droit sur lui. Alors, dans un réflexe tout ce qu’il y a de plus humain, l’adolescent se mit à courir en sens inverse. Il couru, il couru, encore et encore, à perdre haleine, bien qu’il perdit la sienne relativement rapidement. Il couru aussi vite que ses jambes, gênées par les branchages, le lui permettaient. Et finalement, l’odeur de brûlé le rattrapa. Des dizaines et des dizaines de petits animaux fuyaient devant les flammes, dépassant Zachary sans un regard en arrière. Qu’auraient-ils pu faire de toute façon. La seule chose intelligente à faire était de déguerpir au plus vite sous peine de finir en méchoui. Zachary vit des animaux de toutes sortes le doubler sans ressentir le moindre attachement envers l’un d’eux. Tout en détalant comme un lapin, il doublait lui aussi de petits animaux chétifs avec le désagréable sentiment de honte qu’il éprouvait à la vue de toutes ces créatures qui allaient très probablement périr d’une mort atroce sans qu’il puisse les sauver tous. Les flammes les rattrapaient et venaient lécher les jambes de l’adolescent qui redoublait d’efforts pour éviter de souffrir le même destin que Jeanne d’Arc. Il croisa à peu près tous les animaux du bois de quat’ sous : des blaireaux, des lièvres, des tortures, des biches, etc., sans qu’aucun n’attire son attention. A l’exception d’un, peut-être. Un petit, pataud, à la démarche gauche mais décidée, tous pics dressés. Là, sur la défensive, un jeune hérisson tentait tant bien que mal d’échapper aux flammes. Alors, mû par une force irrésistible, Zachary stoppa sa course effrénée, oublieux du brasier à sa poursuite, et prit l’animal dans ses mains sans se soucier de ses pics aiguisés. Alors, le hérisson tourna ses deux petites prunelles noires vers lui et il comprit qu’il l’avait trouvé, son animal de Feu. |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Jeu 30 Déc - 11:32 | |
| Terre Une vague vint déposer une Dakota trempée sur le rivage. Elle se mit à tousser et cracha une quantité impressionnante d’eau salée avant de se mettre à quatre pattes, encore haletante. Elle ne se remettait pas vraiment de sa rencontre avec la baleine à bosse et n’avait même pas très envie de découvrir les prochains totems. Elle craignait qu’ils ne soient pas à la hauteur. Quand elle se fut remise de ses émotions, elle se releva et observa autour d’elle. Elle reconnut aussitôt le paysage rouge et désolé qui l’entourait : le désert du Texas, où son père l’avait emmenée camper lors de l’une de ses trois visites annuelles aux Etats-Unis. Un trip express. Elle se mit à déambuler droit devant elle, écoutant le chant des oiseaux autour d’elle et se demandant lequel de ceux qu’elle entendait serait son animal totem.
Elle oublia cependant cette question en tombant nez à nez avec ses parents. Mais ses parents très jeunes, beaucoup trop jeunes pour être déjà ses parents d’ailleurs. Près d’une tente et d’un feu de camp. Une tente qui ressemblait étrangement à celle qu’avait utilisée son père lors de leur camping trip à eux. Sans doute la mère de cette tente. Ses deux parents étaient assis juste à côté du feu qui éclairait leurs visages de couleurs mouvantes, sous une même couverture. Ils regardaient les étoiles et Gavin dut faire une blague vaseuse, à son habitude, car Caroline éclata de rire. Dakota n’entendit pas la suite mais leur conversation fut émaillée de nombreux rires et l’adolescente se sentit sourire, malgré elle.
Il lui fallut à peu près trente secondes pour se rendre compte que, de l’autre côté du feu, la conversation avait cessé et que, vu la façon dont ils étaient disposés, ses parents n’étaient plus vraiment en train de discuter joyeusement. Elle eut une grimace de dégoût et manqua se casser la figure en reculant précipitamment. Elle s’éloigna rapidement de la chaleur et de la lumière du feu, ainsi que des voix de ses parents, absolument certaine que si elle était restée quelques minutes de plus, elle aurait assisté à sa propre conception. Yerk.
Elle marcha un peu au hasard, se laissant guider un peu malgré elle par le chant des oiseaux avant de s’arrêter sous un arbre, duquel les pépiements semblaient provenir. Son père lui avait appris à distinguer les différents chants et à leur attribuer leur propriétaire mais elle s’était toujours montrée beaucoup moins douée que lui en la matière. Pourtant, là, elle était capable de distinguer au moins sept chants différents. Elle leva la tête pour tenter d’apercevoir les chanteurs et se mit à sourire largement en constatant qu’il n’y en avait qu’un, qui imitait tous les autres : un oiseau moqueur. |
|  | | Zachary Pennington Sywhaîdien


Nombre de messages: 44 Age: 19 Date d'inscription: 27/04/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Jeu 30 Déc - 14:54 | |
| Terre Aussitôt Zachary eut-il croisé le regard du hérisson que celui-ci disparut, le laissant seul dans la forêt. Il réalisa, non sans surprise, que l’incendie s’était également évanoui, ne laissant derrière lui qu’une nature luxuriante au frais parfum d’humus. Légèrement ébahi tant par sa récente rencontre avec son totem de Feu que par la course effrénée qu’il venait de vivre, Zachary s’assit quelques instants le long d’un arbre, le temps de se ressaisir un peu. Lorsqu’il eut recouvré ses esprits, l’ado se releva et, après avoir longuement hésité quant au chemin à suivre, continua le chemin qu’il s’était frayé pour échapper à l’incendie. Après tout c’était un de ses totems qui l’avait guidé par là non ? Alors autant s’y tenir. Zac avança donc de longues minutes durant, commençant à ressentir le contrecoup de ses deux précédentes rencontres mais surtout du semi-marathon qu’il venait d’effectuer. Il marcha encore un bon moment sans voir âme qui vive. La faune locale semblait avoir déserté les lieux. L’idée qu’ils avaient tous péri dans l’incendie effleura Zachary qui balaya cette vision d’un geste de la main que personne ne pu voir. En proie au doute, la marche de l’adolescent se fit plus lente. Avait-il fait le bon choix en poursuivant la route tracée par le hérisson ? Si ça se trouve il aurait dû choisir une autre direction pour trouver un autre totem ? Peut-être que comme il avait déjà rencontré un totem dans ce décors, il n’y avait plus rien à découvrir ; comme lorsqu’on a déjà ouvert une case du calendrier de l’Avent : le chocolat est déjà mangé, il n’y en a plus il faut attendre le lendemain ou une autre vision en l’occurrence. Dérouté, Zac ne savait plus que penser et sentit un stress le gagner. Lui qui était plutôt du genre relax, n’aimait pas ressentir ce genre de choses. Il angoissa un poil, tout en continuant sa route, jetant, plus qu’à son tour, des coups d’œil en arrière. Finalement, un son lui parvint, lointain, étouffé. En bon citadin qu’il était, l’américain ne l’identifia pas immédiatement et du donc poursuivre sa route pour y parvenir, ce qu’il fit d’un pas plus décidé, l’espoir revenant. Il lui fallu gravir quelques énormes rochers, parfois même les escalader ; jouer les contorsionnistes dans une espèce de tunnel passant entre ces rochers ; éviter des ronces, des débris d’arbres morts probablement à cause d’une tempête, avant d’arriver enfin en vue d’une large plaine. Une plaine magnifique où il perçut enfin clairement le son qui l’y avait guidé : l’eau. Un ruisseau –visiblement en eaux- coulait non loin de là. Au loin, au large de la plaine, la forêt recommençait, aussi dense et verte que celle qu’il venait de quitter. Zachary décida de regagner le cours d’eau ; se désaltérer ne lui ferait pas de mal. Oui mais voilà, lorsqu’il eut avancé de quelques dizaines de mètres supplémentaires, l’ado se trouva face à un gigantesque ravin profond d’une quarantaine de mètres à vue de nez. Le seul moyen de le franchir et gagner l’autre berge était de passer sur cet épais tronc d’arbre tortueux à quelques mètres de là. En revanche autant oublier tout de suite l’idée d’aller se désaltérer un peu. Le seul rafraichissement en vue incluait la désagréable perspective d’une seconde chute libre vers le fond du ravin, ce qui ôta immédiatement à Zachary l’envie de boire un coup. Et puis il se sentait irrémédiablement attiré vers le vieux tronc, comme si on le poussait à traverser le ravin. Après tout les transes envoyaient peut-être des indices parfois, non ? Zachary avança à pas prudents le long du ravin, en évitant de regarder au fond, ce qui était plus facile à dire qu’à faire. Il arriva finalement à l’extrémité du tronc qui lui paru beaucoup moins épais que précédemment. En fait, il lui paraissait même trop vieux pour supporter que qui que ce soit le franchisse : ni lui, ni personne d’autre. Mais sa couardise n’avait d’égale que la force qui l’attirait vers l’autre rive, aussi le jeune sorcier se retrouva à poser un pied, puis un autre sur la vieille souche hors d’âge. Fort heureusement, le tronc était relativement large et semblait plus solide qu’il n’y paraissait. Mais Zachary n’avais jamais été un fils de l’air et à cette hauteur, il commençait à sérieusement avoir le vertige. Une sueur froide s’insinua le long de son dos alors qu’il avançait de plus en plus prudemment le long de l’arbre. Ne pas regarder en bas ; ne pas regarder en bas, se répétait-il sans cesse, aussi, inévitablement, Zachary plongea son regard droit au fond du précipice. Grossière erreur ! Un vertige plus prononcé lui tourna la tête et l’adolescent glissa du tronc, se rattrapant in extremis. Allongé le long du vieil arbre grinçant, les bras l’entourant de toutes ses forces, Zac n’osait plus respirer ni esquisser le moindre mouvement qui pu le faire tomber. Il resta planté là de longues minutes, fermant les yeux, ruisselant de sueur de peur de tomber dans le ravin et mourir pendant sa transe. Soudain, un grincement sourd le fit sursauter et s’agripper de plus belle à son tronc d’arbre. Tendu, le sorcier redressa la tête, juste assez pour apercevoir une patte velue à quelques centimètres de lui. Il leva alors un peu plus le nez et croisa le regard d’un jeune coyote. Mais avant que bip-bip ne le fasse exploser, son tronc céda et le précipita au fond du ravin. |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 31 Déc - 10:50 | |
| Feu L’oiseau, se sentant peut-être observé, cessa brusquement de chanter et s’envola, laissant la scène complètement silencieuse. Mais Dakota ne s’en offusqua pas, ni ne se sentit abandonnée. Elle savait que l’oiseau moqueur avait été là pour elle et qu’il ne s’était éloigné que pour qu’elle puisse continuer, et trouver ses autres animaux totems. Elle reprit donc sa marche, s’enfonçant toujours plus dans le désert texan.
Finalement, elle sut qu’elle était arrivée car la présence d’un punching-ball au milieu de ce paysage désertique ne pouvait être que le fruit de son imagination. Ou de son inconscient, appelons-ça comme on veut. Elle s’approcha du punching-ball en question et l’observa sous toutes les coutures. La première chose remarquable était qu’il tenait droit sans être accroché à rien. La seconde était sa décoration : il était entièrement recouvert de photos : son père, sa mère, Call-me-Chris, ses grands-parents, la Brume, l’école. Et aussi, Jimmy, sa planche de surf, le cheval qu’elle montait au club… Tout ce qui lui manquait et tous ceux qui étaient responsables du manque.
Dakota commença par balancer un petit coup de poing dans la photo de ses grands-parents. Le punching-ball frémit à peine tandis qu’elle secouait sa main légèrement endolorie. Hum, oui, c’était marrant. Mais, il était lourd, si elle voulait le faire bouger, il allait falloir qu’elle y mette plus de conviction. Qui avait-elle le plus envie de frapper en ce moment ? Elle frappa de toutes ses forces dans la photo de la Brume et eut la satisfaction de voir le punching-ball vaciller. Prenant goût à l’exercice, Dakota enchaîna avec son père, puis sa mère. Pendant dix bonnes minutes, elle défoula toute sa hargne, toute sa rage et toute sa frustration sur le punching-ball si gracieusement fourni par la transe.
Elle s’arrêta à bout de souffle, les poings endoloris et les jointures éraflées. Elle avait l’impression assez désagréable d’être observée. Elle regarda autour d’elle mais ce ne fut qu’en baissant les yeux qu’elle put identifier son spectateur : un renard roux qui la fixait d’un air curieux. Quand elle tendit la main vers lui, il commença par se tendre et elle crut qu’il allait s’enfuir mais il la laissa finalement le caresser quelques secondes avant de la quitter en courant. Dakota le regarda disparaître avant de sursauter quand une voix s’éleva dans son dos :
- Tu dois avoir soif, gamine. |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Mar 4 Jan - 18:39 | |
| Air Dakota se retourna brusquement. Gavin lui tendait une gourde d’eau et elle s’en saisit sans mot dire avant de la vider à grands traits. Elle n’était pas surprise que Gavin soit si présent dans sa transe, même plus que sa mère. Après tout, c’était bel et bien la personne la plus importante de sa vie en ce moment, ça n’avait rien d’étonnant. N’empêche, elle n’était pas sûre de comment elle devait réagir face à ce qui n’était, finalement, qu’une projection de son inconscient. Gavin ne lui laissa pas le temps de prendre une décision en se laissant tomber par terre, près d’un arbre noueux et presque mort. Dakota remarqua alors les deux étuis à guitares posés près de lui.
Elle s’assit à son tour et sortit Matilda de son étui. Gavin était déjà en train de plaquer quelques accords. Elle l’imita. Ils ne se parlèrent pas pendant la demi-heure qui suivit, se contentant de jouer en silence. L’un d’entre eux commençait une mélodie et l’autre enchaînait, et ainsi de suite. Ils ne se concertaient pas. Elle ne posait pas de questions et il n’offrait pas de critiques constructives, comme c’était généralement le cas quand ils jouaient. C’était un moment paisible, mais aussi intense, à sa manière. Quand, sans se concerter, ils posèrent simultanément leur guitare, ils souriaient tous les deux.
Gavin se leva le premier et tendit la main à Dakota pour l’aider. Elle accepta la main tendue et se remit sur ses pieds, sans prendre la peine de secouer la poussière rouge qui collait à son jean - après tout, c’était une transe, hein ! Toujours sans rien dire (ce qui était décidément très inhabituel, son inconscient avait visiblement décidé que Gavin et elle avaient besoin de jacasser un peu moins), son père lui désigna un point dans le ciel. L’adolescente mit sa main en visière et distingua bientôt la forme d’un oiseau qui se rapprochait en tournoyant et qui vint finalement se poser sur l’arbre en croassant. Dakota fit la moue. Elle ne pouvait pas dire sans mentir qu’elle était aussi satisfaite de ce corbeau noir comme de l’encre que de ses précédents totems. Elle se tourna vers Gavin qui haussa les épaules d’un air fataliste avant de lui tendre un morceau de bois et un couteau pour le tailler.
- Au boulot gamine, lança-t-il avant de s’éloigner en sifflotant.
Dernière édition par Dakota Mitchells le Ven 7 Jan - 17:33, édité 3 fois |
|  | | Dakota Mitchells Sywhaîdienne


Nombre de messages: 74 Age: 17 Date d'inscription: 09/02/2010
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 7 Jan - 17:07 | |
| Âme Dakota savait exactement ce qui était attendu d’elle. Elle avait mis les pieds dans la menuiserie pour la première fois alors qu’elle était à la recherche de Gavin, qui y était souvent réquisitionné. Elle ne l’y avait pas trouvé mais le jeune Tony avait profité de sa présence pour la réquisitionner à son tour. Il avait besoin de quelqu’un pour graver des motifs sur le dos d’un banc et il n’avait personne d’autre sous la main. Elle avait accepté, en partie, elle devait l’avouer, parce qu’il était canon, et, après lui avoir montré la marche à suivre et dessiné les motifs qu’elle n’aurait qu’à suivre (rien que de très basique), il l’avait plantée là pour s’occuper d’autre chose et elle s’était mise au boulot. Et, à sa grande surprise, elle avait aimé ça. Le travail du bois, sa minutie, sa précision, et en même temps sa dimension artistique, tout ça lui parlait. Et elle avait adoré le sentiment de créer quelque chose à partir de rien qui, quelque part, rejoignait ce qu’elle aimait dans la musique. Elle savait donc exactement ce qui était attendu d’elle.
Elle commença par raboter une grande partie du morceau de bois que lui avait tendu Gavin. C’était beaucoup trop grand pour l’animal qu’elle devait sculpter. Elle ne savait pas d’où elle tenait cette certitude. C’était comme ça et c’était tout. Elle ressentit une pincée de déception. Son dernier animal totem ne serait donc pas très impressionnant. Il ne lui restait pas assez de bois pour sculpter un lion, un ours ou un requin. Mais encore trop pour une sauterelle ou un escargot, c’était toujours ça de pris. Elle se mit à tailler dans le vif, commençant par la tête, une petite tête ronde. Petit à petit, elle reconnut la silhouette qui prenait forme sous ses doigts et elle s’interrompit. Ça lui avait tout l’air d’être encore un oiseau.
- Really ? marmonna-t-elle d’un ton désabusé.
Trois sur cinq, ça faisait beaucoup quand même. Qu’était-elle supposée en déduire ? Qu’elle était légère et vive comme un oiseau ? Mon Dieu, que c’était niais. Elle était presque tentée d’arrêter là. Un oiseau ou un autre, quelle importance ? Et, franchement, elle était très satisfaite de trois de ses totems, elle ne voulait pas être déçue à nouveau en se tapant, après le corbeau, un vautour ou un truc comme ça. Mais non, c’était trop petit pour un vautour. Et, en plus, elle n’était pas sûre de pouvoir sortir de la transe si elle n’allait pas jusqu’au bout. Avec un soupir, elle se remit au travail et, quand elle put enfin contempler le résultat de ses efforts, elle ne sut pas exactement si elle était déçue ou pas. Objectivement, ça ressemblait un peu à rien. On distinguait seulement vaguement la forme d’un oiseau. Pourtant, elle savait très exactement ce qu’elle avait sculpté : une hirondelle. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: [MC] Cours II : Totems. Ven 14 Jan - 12:41 | |
| Ame. Zee ouvrit les yeux. Elle ne se trouvait plus dans l’habitacle de l’avion, mais ça elle l’avait deviné instantanément, le vent qui faisait voler ses longues boucles brunes avait été plutôt clair sur ce sujet. Elle sourit. Elle était sur le toit de la Ferme, avec une nouvelle vision époustouflante de Sywhaîd. Assise à même le toit, elle posa sa main gauche sur son ventre, toujours celui d’une femme enceinte. Elle portait une sorte de longue robe blanc cassé, une robe superbe, et des spartiates noires. Un grand soleil de fin de printemps éclairait la Noble Lande, et Zee pouvait en sentir la chaleur aussi clairement qu’elle pouvait sentir le vent frais lui ébourriffer les cheveux. « C’est un bel endroit. »Elle tourna la tête et sourit, pas vraiment surprise de voir Ewan soudain assis à côté d’elle. Lui aussi était habillé en couleurs claires, et quelque chose serra le cœur de Zee quand une idée lui passa dans la tête sans qu’elle puisse l’arrêter : le blanc était une couleur de deuil. « C’est un endroit parfait pour élever un bon petit irlandais. »William, assis de l’autre côté, lui aussi habillé de blanc, lui prit la main et la petite pression qu’il appliqua fit monter les larmes aux yeux de Zee, sans qu’elle arrive à déterminer si c’étaient des larmes de joie ou de peine. « Plus d’un. »John était à présent devant elle, son dos appuyé contre ses jambes. Il suivait lui aussi le code vestimentaire. « On a l’air de membres d’une sectes. »« Je ne vais pas me mettre à chanter Hare Krishna. »« Pal, si tu chantes, je te tue. »« Je suis déjà mort. »« Moi aussi, et un des bons côtés est de ne plus t’entendre massacrer O Dany Boy. »Un rire frais passa dans le petit groupe. « Bon. Il est temps chérie. »La magnifique métisse sentit sa gorge se serrer. « Encore un petit peu. »« Il va falloir nous laisser partir. » lui souffla Ewan, en déposa une de ses grandes mains noires sur le genou. « Pas tout de suite. On a encore le temps. »
« Pour quoi faire ? »Elle sourit à John. « Tu n’as jamais rencontré mon frère. »Son mari lui rendit son sourire triste. « Et je ne le ferai jamais. »Elle hocha la tête. Oui, c’était vrai. « Je ne veux pas… » Elle s’arrêta. La grande guerrière qu’elle était ne pleurait pas souvent, et elle fut surprise de sentir les larmes sur ses joues, et sa gorge trop serrée pour parler. Elle prit une inspiration. « Vous me manquez tellement. »
« On sera toujours ta famille, Zee. »« Mais il y en a une autre qui t’attend, et pour qui tu dois finir cette transe. »Elle prit une inspiration, par le nez, et se força à sourire. Oui, c’était vrai. Il y avait John, maintenant. Et le bébé. Et ses beaux-parents. Et tous ces gens qu’elle ne connaissait pas encore mais qui seraient importants pour elle. Elle n’avait jamais été du genre à regarder en arrière. Mais William, et Ewan c’étaient… Sa famille. Pendant si longtemps. Les perdre, et devoir à présent les quitter… Elle se releva souplement, lâchant la main de William, forçant Ewan à ne plus avoir la sienne sur son genou. « Je ne vous oublierai jamais. » dit-elle simplement. « Tu n’en seras jamais capable. » lui répondit son frère avec un clin d’œil. « T’as toujours été bien trop bornée pour ça. »John lui sourit, et lui envoya un baiser. « See you in the other side, stranger. »Elle hocha la tête, et soudain, elle fut de nouveau seule sur ce toit. « Pas tout à fait… » murmura-t-elle en posant une main réconfortante sur son ventre rebondi, et cette idée lui donna du courage. Elle se retourna, commençant à peine à se demander où son animal apparaîtrait, et se figea. D’après Zephira, le dernier animal était celui de l’âme, le plus éprouvant à débusquer, et sûrement celui qui résumait plus ou moins ce qu’on était. Zee sourit et s’approcha sans hésitation. Elle posa sa main dans la fourrure douce et chaude du petit félin gris/noir qui lui faisait face. Des pattes fines, une petite tête un peu plate, il n’avait pas l’air aussi dangereux qu’un gros tigre, mais il y avait une sorte de puissance animale dans ce petit prédateur qui ne vous laissait pas oublier que sur son territoire il était le maître. Tout en le caressant, Zee essaya de se souvenir du mieux qu’elle le pouvait de l’apparence de ce félin dont elle ne connaissait pas le nom. Quelques temps plus tard, quand elle aurait réussi à mettre la main sur une encyclopédie sur les animaux assez complète, elle découvrirait que son totem de l’âme était un jaguarondi. Mais pour le moment, elle n’en savait rien, et se contentait de le trouver beau, et sauvage. Elle finit par se relever. La transe était finie, il était temps de revenir au vrai monde. Elle prit une inspiration, profitant une dernière fois de la chaleur ambiante, du soleil, et vit son totem d’âme se diriger souplement vers la trappe qui permettait de sortir du toit, et qui était à présent ouverte. Elle eut la surprise de voir qu’un autre félin de la même espèce l’y attendait, et les vit avec plaisir sauter souplement à l’intérieur de la Ferme. Sa dernière vision durant cette transe. | Spoiler: | | |  |
_________________  Mama\'s got a real bad temper... |
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