AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 Brothers

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Zachary Pennington
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 44
Age: 19
Date d'inscription: 27/04/2009

MessageSujet: Brothers    Dim 3 Oct - 11:16

La fête était finie !

Zachary avait passé ces dernières semaines à tourner en rond, à reculer l'échéance jour après jour. L'été il l'avait passé chez lui, en Floride, à surfer et à sortir avec ses amis, à faire le plein de nouveautés magiques et technologiques et à profiter de la Liberté, comme il l'appelait. Dès la brèche d'automne, annonçant l'hiver, il avait à nouveau filé à Spring Hill, sans armes ni bagages, le cœur en joie, ou pas, plutôt heureux d'avoir une échappatoire et pouvoir se défiler. Il avait retrouvé les joies du fils prodigue rentrant à la maison pour les fêtes, parce que bon, Sywhaîd c’était bien sympa mais ça ne valait quand même pas le foyer familial, surtout quand celui-ci est une magnifique villa cossue en bord de mer, au mobilier moderne et au confort luxueux.

Il avait également retrouvé ses parents et en particulier son père qui l’avait accueilli avec froideur. Impassible au début, il était devenu plus distant et sombre la seconde fois. Zac en avait eu un pincement au cœur et s’était dit à ce moment-là que jamais il ne parviendrait à percer le mystère de son père. Jamais plus rien ne serait comme avant. Jamais sa confiance en lui –comme peut l’être celle d’un ado en l’autorité parentale- ne serait rétablie entièrement. Et il ne savait plus trop qu’en penser. Et surtout il sentait qu'il perdait la confiance que son père avait en lui et ça, ça l'effrayait beaucoup plus en fin de compte. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis son arrivée en Ecosse et il n’avait jamais trouvé la force où le moment parfait pour aborder le jeune homme. Avouer à son père, homme d’affaires émérite, qui baignait probablement aussi dans des trucs pas très nets, qu’il n’avait pas été capable de discuter d’homme à homme avec son frère, n’était pas très digne de lui. D’autant que Christian lui avait tourné le dos et s’était éloigné sans mot dire, rigide et le visage fermé.

Le reste des vacances de Noël s’était écoulé sans heurts. Marissa et Christian travaillaient d'arrachepied pied la semaine et les weekends étaient réservés au sport et à la magie. Ce qui n’empêchait pas Zac de faire du sport et de la magie le reste du temps évidemment. L’ado eut même droit à une séance de shopping en bonne et due forme avec sa mère, durant laquelle il se sentit vraiment chérit. C’était bon d’être fils unique en fin de comptes. Mais plus pour longtemps.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, il avait dû retourner à Sywhaîd à la fin des vacances. En réalité il n'avait pas ressenti ça comme une punition ou une corvée, comme il l’avait imaginé en quittant la communauté au début de l’été, ou même au moment de la dernière brèche. Il avait même été plutôt content de retourner là-bas. Retrouver les Sywhaîdiens, Will, Dakota et Bulle… et peut-être trouver d’autres nouveaux –ou nouvelles ? Et puis il avait pris sa décision : il irait parler à Tony dès que possible. Bon entre temps il avait eut l'occasion de perdre sa motivation très souvent. Il avait même participé à un cours de Rozen sur les boites à soupirs dans l'espoir de trouver un autre moyen d'annoncer la nouvelle à Anthony. Et puis finalement il s'était décidé la veille et sa rencontre avec Over-the-Rainbow l'avait convaincu.

Zachary n’en menait pas large. Pas large du tout même ! Depuis la veille au soir il se galvanisait autant que possible pour trouver le courage d’aller parler à son demi-frère. Ce matin, en se lanvant, face à un miroir il avait testé mille et unes façons d’annoncer la nouvelle à Anthony : « Salut Tony, j’suis ton frère, besoin d’un coup d’main ? » ou « Hey frérot, on s’boit une bière ? » ou encore « d’un point de vue purement généalogique il semblerait que nous soyons frères au demi degré… ». Malheureusement aucune des propositions qu’il avait trouvé ne lui convenait ; d’où cette énorme boule qui lui comprimait le ventre et la gorge.

Au petit-déjeuner, il évita soigneusement les gens et même la vision de ses copines ne le rasséréna pas, il ne leur avait rien dit au sujet d'Anthony et appréhendait leur réaction à elles aussi. Il ne se sentait pas très bien et aurait mille fois préféré avoir cours plutôt qu’avoir à affronter ça. Mais il le fallait. C’était aujourd’hui ou jamais ! Il soupira bruyamment, tâchant en vain d’évacuer le stress qui le gagnait. Il quitta finalement le réfectoire le ventre vide, incapable d’avaler quoi que ce soit de toute façon, et se dirigea vers la scierie où il était presque certain de trouver Anthony.

Il marcha d’un pas lent, très lent. Chaque pas lui aiguillonnait le cœur et lui retournait l’estomac. Surtout l’estomac en fait. Il craignait même le pire une fois face à son frère mais évita soigneusement d’y penser. Il arriva enfin devant la scierie et soupira. On y était ! LE moment était arrivé. Ce soir il aurait vraiment un demi-frère, que celui-ci le veuille ou non.
Zachary rassembla le peu de courage qui lui restait, ouvrit la porte d’un coup et entra immédiatement pour ne pas se laisser la possibilité de faire marche arrière. Il scruta la fabrique du regard, fébrile. Il avait la bouche pâteuse et les mains moites. Il souffla, les nerfs à vifs et attendit une seconde avant de lancer à la ronde un « Y’a quelqu’un ? » tout en espérant tomber sur Anton, ce qui lui donnerait une dernière chance de faire demi-tour.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: Brothers    Ven 21 Jan - 11:43

Pour Tony c’était une journée comme une autre. Il travaillait depuis deux jours à la restauration d’une vieille armoire en s’essayant à l’ébénisterie magique. Il avait trouvé, à la bibliothèque, de vieux papiers réunis dans un grimoire hors d’âge, comportant quelques modèles de gravures permettant d’attribuer tel ou tel effet en fonction du bois, de l’objet et évidemment de la forme de la sculpture ou gravure. Il faisait donc quelques tests sur cette vieille armoire, gracieusement refourguée par le rad ; l’armoire en question ayant plus que mérité une bonne retraite, le temps et les termites ayant fait leur œuvre.

Quand Zachary entra, le menuisier était penché sur le grimoire, lui-même posé sur un grand établi de bois. Il était concentré, à en croire ses sourcils légèrement froncés et, dans le silence de la scierie (Anton était allé trouver Arieh à propos du moulin), il failli bien sursauter. Il se redressa et leva le nez par-dessus d’une haute étagère, pour voir qui l’interpellait. En reconnaissant l’ado, Tony essuya ses mains sur son jean brut et vint à sa rencontre. Si ce gosse venait trainer ses Vans jusqu’ici, c’est qu’il devait avoir quelque chose de précis en tête. Le menuisier songea à Arieh qui devait avoir fort à faire avec tous ces gamins blasés. Bon… Qu’est-ce que celui-là lui voulait ? Une étagère ? Une scie ? Un marteau ? Tout sauf laisser une scie entre les mains de celui-là ! Tony avait encore en bouche le goût de la bûche que Zac avait réalisé l’hiver dernier. Heureusement que Logan –encore en place à l’époque- avait rattrapé le coup !

- Salut ! lança Anthony nonchalamment, en tendant une main à l’adolescent. Un soucis ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zachary Pennington
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 44
Age: 19
Date d'inscription: 27/04/2009

MessageSujet: Re: Brothers    Dim 6 Fév - 14:49

Mmh… Voyons-voir… A part annoncer à quelqu’un que je connais à peine que c’est mon frère ? Non, non, merci, ça va très bien !

Zachary avait le cœur au bord de l’explosion et une trouille bleue le tenaillait. Il était plus que jamais sous pression. Le Zac qui se tenait devant Tony n’avait plus rien de l’ado sûr de lui, un peu crâneur et rigolard qu’il était habituellement. Non. Ce Zac là était resté dans sa chambre hélas.
Ce qui énervait l’américain, c’est qu’il n’aurait pas dû se sentir coupable après tout. C’est vrai quoi, c’était pas sa faute à lui, si son père avait eu une autre vie avant et qu’il en avait refait une autre ailleurs. Pas sa faute non plus si son père avait procréé à droite à gauche ! Donc pas sa faute s’ils étaient demi-frères. Alors pourquoi se sentait-il si petit, si insignifiant, prêt à se faire écraser par son menuisier de frangin ?

Zachary se racla la gorge pour se donner une contenance et gagner de précieuses secondes, histoire de trouver comment balancer sa petite bombe artisanale. Il enfouit les mains dans les poches de sa parka et sentit le petit bocal contenant le soupir qu’il y avait emprisonné lors du cours de Rozen. Au lieu de ça, il sortit une petite photo jaunie. Il la regarda une énième fois, ne comptant plus les heures passées à l’observer. Il connaissait par cœur chacun des contours des personnes qui y figuraient. Finalement, il la tendit à Anthony.

Il lui laissa quelques secondes, le temps qu’il fallu à Tony pour reconnaître sa mère le portant, lui bébé, dans ses bras, aux côtés d’un homme.

Alors, Zac lâcha simplement :

- C’est mon père.

Ne pouvant se résoudre au « je suis ton frère », préalablement prévu. C’avait en plus un côté très Star-Warso-Dark-Vadorien plutôt mal venu à son goût. De toute façon, Tony n’était pas débile, il ferait bien le rapprochement tout seul, non ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: Brothers    Dim 6 Fév - 16:37

Effectivement, dès qu’il eut la photo entre les mains, Anthony reconnut sa mère. Sa mère, près de vingt-six ans auparavant. Il se reconnut également, ou du moins su que c’était lui derrière ces deux petites joues roses. Enfin il vit son père. Il le reconnu aussi grâce aux quelques rares photos que sa mère avait gardées de lui et, bien qu’il ne l’ait jamais vraiment connu, Tony sut qu’il s’agissait de son père, c’est pourquoi la remarque de Zac le stupéfia, sans qu’il n’en laisse rien paraître.

Comment ça « son père » ?!
Le regard du menuisier passa de la photo jaunie à l’adolescent intimidé qui lui faisait face, cherchant un signe, une ressemblance quelconque permettant de confirmer que, oui, ce gosse et lui avaient bien le même géniteur. Il dut alors se rendre à l’évidence, Zac disait visiblement la vérité. C’est alors qu’une seconde évidence s’imposa à lui : si Zachary et lui avaient le même père, cela signifiait que… qu’ils étaient… frères ?!

La déduction de Tony n’avait pris que quelques secondes durant lesquelles il n’avait pas bougé d’un iota. Il sentait que cet instant marquait un tournant dans sa vie et ce, bien malgré lui, et il n’aimait pas trop ça ! Tony observa Zachary, son look d’ado branché et sa tignasse out-of-bed, puis la photo qu’il tenait toujours entre eux comme une maigre barrière entre sa vie – qu’il menait agréablement- et celle qu’on tentait de lui imposer.

Son « frère »… L’idée lui était totalement étrangère. Incongrue même. On ne vivait pas une vie de fils unique pour se découvrir un frère à vingt-sept ans. Merde ! Il n’avait rien demandé ! La paix, voilà ce qu’il voulait. La dernière chose dont il avait besoin était un demi-frère encombrant, fils d’un homme qui avait eu la lâcheté d’abandonner les siens des années auparavant. Qu’il aille au diable !

Bergamote, resté silencieux jusque-là, remua sur une étagère toute proche, poils hérissés et oreilles dressées, trahissant l’émoi de son humain qui n’en laissait rien transparaître. Il sauta finalement au bas du meuble, s’approcha de Zachary, le pelage de plus raide que jamais. Il semblait vouloir le sentir mais, bénit soit son odorat d’écureuil, il n’eut pas besoin de s’approcher trop près de l’intrus. Finalement, un couinement plus tard, le daemon gagna l’épaule de sa moitié pour s’y lover en observant l’ado d’un œil méfiant.

Finalement, comme il fallait bien dire quelque chose et que Zac attendait visiblement un signe de sa part, à en croire son air angoissé et ses poings serrés au fond de ses poches, la tête enfoncée dans les épaules, Anthony lui rendit sa photo.

- J’peux rien pour toi ! Désolé, lâcha-t-il, avant de se détourner de l’ado pour aller ruminer en travaillant.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zachary Pennington
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 44
Age: 19
Date d'inscription: 27/04/2009

MessageSujet: Re: Brothers    Dim 6 Fév - 18:29

Abasourdi, Zac ne put réagir intelligemment dans la seconde. C’est dingue comme les bonnes réparties arrivent toujours trop tard. Faute de quoi, Zac ne trouva rien de mieux que de rester là, photo en main et bouche entrouverte.

Ben merde ! Il venait de se faire jeter. Par son frère ! Jeté par son frère… Merde ! Il ne s’était pas attendu à ça. Il avait élaboré tout un tas de scénarii mais celui-là n’en avait pas fait partie. Avec le recul il réalisa qu’il n’avait conservé que ceux qui tournaient en sa faveur. Hélas ! Il aurait alors pu se préparer, mais là il était totalement perdu. Y’avait pas un « Dummies » spécial « frangin en galère » par hasard ? Ou comment convaincre sa famille en trois leçons ? Aller… Dix ?!

Toujours bouche bée, Zachary se ressaisit un brin. Il commença par fermer son clapet et s’élança à la suite du menuisier.

- Attends !! Commença-t-il sans avoir la moindre idée de ce qu’il allait dire ensuite. Je… Tu peux pas me dire ça ! Je… T’es mon frère !! Conclut-il sur un ton légèrement suppliant, presque désespéré, malgré lui.

Il soupira bruyamment avant d’afficher une moue boudeuse, sûrement piquée à ses copines Bulle et Dakota. Il reprit alors d’une voix plus assurée et où l’on sentait poindre une note de colère. Il leva les bras puis les laissa retomber en secouant la tête, déçu.

- Je suis venu de Floride rien que pour ça, dit-il. J’ai convaincu mon père de me dire où tu étais. Je suis venu. J’ai franchi la Brume. T’entends ?! ajouta-t-il plus vivement. J’ai convaincu une entité toute puissante du bien-fondé de venir te voir !

Il soupira et haussa les épaules.

- Tout ça pour ça ! conclut-il avec humeur. Ça valait vraiment pas le coup ! Ronchonna-t-il.

Il abandonna, fit demi-tour avant de soudain faire volte-face et reprendre avec vigueur.

- Tu t’en fous vraiment ? Tu veux pas savoir ce qu’est devenu ton père ? Demanda-t-il le souffle court.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: Brothers    Dim 6 Fév - 19:20

- Non ! Et je t’interromps tout de suite, j’ai aucune envie de parler d’lui ! J’veux bien faire des efforts, mais ça c’est trop !

Tony avait écouté le laïus de Zac, étonné de découvrir en cet ado tombé du nid, une hargne nouvelle pointée sur lui. Hey, ho ! Que venait-on lui faire des remontrances pleurnichardes alors qu’il n’avait – rappelons-le – rien demandé ?!

Certes, Anthony aurait pu montrer un peu plus de compassion ou de sympathie, faute d’empathie, envers son demi-frère, mais bon…
« Son frère »… Vraiment il ne s’y ferait pas de sitôt. Il avait du mal et aurait probablement des difficultés avec ça un bon moment encore après ça. Hey ! On n’avalait pas une couleuvre sans avoir le hoquet hein ! On avait beau être à Sywhaîd, rien ne se passait aussi facilement qu’on pouvait le penser ou l’espérer, même à l’abri d’une Brume magique.
Un coup d’œil à l’ado, à la fois en colère et dépité, tira un soupir au menuisier.

- Ecoute, reprit-il plus doucement, je sais que tu y es pour rien mais… ton père… Il a pas donné signe de vie depuis vingt-cinq ans. Pour moi c’est du passé. C’est plus mon père ! Il fait pas partie de ma vie. Il n’en a jamais fait partie et ça changera pas ! Et j’vais te dire, ça m’va très bien comme ça ! J’me porte bien, ajouta-t-il tandis qu’une veine battait sa tempe de façon irrégulière.

Anthony rangea quelques outils tant pour se donner une contenance et s’occuper les mains, que pour s’exhorter au calme au contact du bois. Ce faisant il cru remarquer que son Ouroboros rougissait vaguement, prenant une teinte orangée qui ne l’était pas tant habituellement. Mais peut-être était-ce une illusion d’optique.

- J’sais que ça a pas du être facile de v’nir, reconnut Delanay. Passer la Brume c’pas rien et franchir cette porte a pas du être simple non plus, ajouta-t-il en désignant l’entrée du menton. Mais tout ça, c’était pas à toi de le faire. J’te r’mercie d’t’inquiéter d’ça mais…

* … Mais moi je ne me soucie pas de toi *
pensa Anthony, non sans ressentir un léger sentiment de honte, après coup.

- … Mais j’ai b’soin d’temps pour digérer.


Voilà. Il ne pouvait pas faire mieux et ne voulait pas faire plus pour le moment.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zachary Pennington
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 44
Age: 19
Date d'inscription: 27/04/2009

MessageSujet: Re: Brothers    Sam 26 Fév - 13:58

Zachary fut ébahi par la véhémence des propos de son frère. Il n’aurait jamais imaginé qu’il soit aussi dur d’entendre de sa bouche que Tony n’avait aucune envie d’entendre parler de son père, de leur père. En fait, s’il avait songé à cette éventualité, il n’avait pas imaginé une réaction aussi rédhibitoire. Car il était visiblement hors de question qu’Anthony change d’avis au sujet de leur père. Nan ! Il avait même l’air franchement remonté et Zachary perdit de sa superbe en se rendant compte qu’il avait réussi à énerver l’une des personnes les plus pragmatiques et posées de Sywhaîd. Et, s’il aurait pu s’en vanter auprès de Bulle ou Dak, pas question d’ébruiter l’affaire –d’autant qu’elles lui poseraient alors immanquablement pas mal de questions gênantes auxquelles Zac n’avait aucune envie de répondre.

Et puis il avait noté les battements frénétiques d’une petite veine le long des tempes de son frère ainsi qu’une subite crispation de son cou, qui n’auguraient rien de bon. A vrai dire, jamais il n’aurait pensé le menuisier capable de se montrer aussi… aussi expressif en fait. Les quelques rares fois où ils avaient été ensemble, lors de cours, stages ou diverses corvées, Anthony n’avait pas paru archi-démonstratif, limite à se demander s’il n’était pas sous antidépresseurs ou un truc du genre. Bon mais il lui arrivait de se marrer parfois aussi hein… Du moins Zac l’imaginait d’après les quelques éclats de rires dont il avait été témoin lors des gentlemen’s night –depuis l’extérieur, le nez collé à la vitre, soirée interdite aux mineurs oblige. Punaise il avait hâte d’être majeur ! Même Will avait le droit d’y aller, même si Zac était quasiment sûr que ça rendait malade «Momzilla » aka Marybeth. Enfin bref. L’ado était partagé entre la colère montante lui soufflant l’idée de partir en claquant la porte, archi-vénère, et la déception due à l’échec cuisante qu’il venait d’essuyer. Pour un peu il aurait presque eut envie de pleurer, tant l’émotion accumulée retombait comme un soufflé –foiré ! Les boules !

Et les paroles qu’ajouta Tony eurent beau se vouloir rassurantes et pleines d’espoir, elles ne firent qu’empirer le malaise du jeune Pennington. Son frangin l’avait achevé à la phrase « c’est plus mon père » et tout ce qui fut dit après ne fit qu’activer les glandes lacrymales de l’adolescent tout en resserrant le nœud qui lui tiraillait déjà l’estomac, la gorge et à peu près tous les organes qui devaient se trouver entre les deux. Malgré cela, il tint bon en se contenta de serrer les dents à s’en crisper la mâchoire. Il se surprit à détester ce ton presque condescendant que Tony venait d’utiliser. Nan mais pour qui se prenait-il celui-là ?! Il le prenait pour un gamin là, non ? Ouuh… ça n’a pas du être facile pour le petit Zachary de franchir la Brubrume ! Et pis cette porte là, oh mon Dieu… Quel courage ! Evidemment Zachary y mit de la mauvaise foi, mais comment aurait-il pu en être autrement devant quelqu’un à qui l’on semble faire pitié. Zac ne voulait pas de pitié de la part de son frère, il demandait juste un peu de compréhension… et plus si affinités. Il ne demandait pas la lune quand même. Si ? Finalement, révolté, dégoûté et déçu de ne susciter aucun intérêt pour son frère, Zachary s’approcha de l’établi et sortit un petit bocal de verre mat, légèrement luminescent. Il aurait voulu le jeter à la tête d’Anthony dans un geste qui aurait été fort puéril mais ô combien salvateur, mais se contenta de la poser –délicatement- sur le plan de travail. « Tiens ! Digère ça ! » Pensa-t-il. Il tourna ensuite le dos à son frère et, sans un mot –aucune répartie cinglante de dernière minute malheureusement-, sortit de la scierie en claquant la porte comme dernier acte de rébellion adolescente. Finalement, il aurait du sauter avec Rain hier, quand il en avait eu l’occasion…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Brothers

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» A chat with the American brothers
» Dori's Band of Brothers
» La confrérie secrète de la Brothers Compagnie
» m | Taylor Lautner/ Zayn Malik/ Chris Brown/ Tyga... (Artiste au choix) ? "Brothers and sisters are as close as hands and feet"
» The JONAS BROTHERS

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: Extra-jeu :: Petites histoires-