AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 I'm not there

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Marianne Loisel
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43
Date d'inscription: 11/04/2010

MessageSujet: I'm not there   Dim 3 Oct - 0:07

Lorsque l'affreux bonhomme lui signifia qu'elle pouvait y aller, Marianne ne se le fit pas dire deux fois, bien trop contente de quitter la compagnie de cet odieux petit personnage. Leur entrevue, épreuves comprises, n'avait sans doute pas duré plus de quelques minutes ; pourtant, elle se sentait complètement vidée, humiliée et nerveusement épuisée, comme s'il l'avait soumis à un interrogatoire de plusieurs heures. Elle avait beau ignorer vers quoi la menait ce nouveau chemin, elle l'emprunta donc sans hésitation, voyant mal quel Charybde aurait pu surpasser en horreur le Scylla qu'elle quittait. Ses jambes tremblaient au début du chemin, ce tapis de mousse lui paraissait divinement confortable, sous ses pieds nus et endoloris. Trop, sans doute. Mais c'était bien agréable. Autour d'elle, la Brume demeurait toujours aussi opaque, mais elle avançait toujours, constatant au bout d'un certain temps, et non sans surprise, que ses pieds, loin d'être encore plus fatigués par cette étrange marche, semblaient au contraire avoir guéri. Elle s'arrêta un instant, posa son sac et s'assit pour examiner l'un d'eux ; ses ampoules avaient complètement disparu. Marianne avait beau connaître l'existence de la magie depuis plusieurs années, elle était toujours aussi bon public, et la surprise se dessina sur son joli visage. Ses yeux s'agrandirent, sa bouche s'arrondit, et elle releva la tête. Elle n'était pas au bout de ses surprises.

Voici que le chemin, la Brume, avaient disparu. Il pleuvait un peu sur l'immense paysage qui s'offrait désormais à elle. Baissant les yeux, elle découvrit que la mousse avait elle aussi fait place à du gravier. Apparemment, elle était sur le toit d'un bâtiment, au milieu d'un paysage bucolique, paisible, et quelque peu maussade sous cette petite pluie grise et fine. Elle se leva pour s'approcher du bord. Il y avait, en contrebas, un immense loch, qui semblait crépiter sous la mitraille des gouttes. Des champs à perte de vue, simplement bornés, à l'Horizon, par une frange de nuages épais. Elle distinguait quelques taches blanches dans le vert ambiant, qu'elle supposa être des moutons. Elle apercevait aussi des silhouettes sombres d'humains vaquant à leurs occupations.

Pouvait-ce être... Sywhaîd, enfin ? Elle avait donc réussi... elle voulait y entrer, et elle y était. Projetée en plein milieu de cette Noble Lande qui devait constituer son refuge, et qu'une partie d'elle-même, celle qui voulait retrouver l'homme qu'elle aimait, considérait aussi, déjà, comme une triste prison. Sa raison avait parlé et triomphé. Marianne se rassit sur son sac à dos, et prit sa tête entre ses mains, ne sachant pas encore très bien si elle avait envie de rire ou de pleurer.

(quelqu'un pour l'accueillir ?)

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gavin Mitchells
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 26
Age: 35
Date d'inscription: 08/02/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Jeu 7 Oct - 18:00

Le toit était verrouillé de l’intérieur, mais heureusement pour Marianne, elle n’eut pas à s’en rendre compte avant que quelqu’un ne vienne ouvrir la trappe et passe la tête par le trou en question. Enfin, il y avait bien une tête, mais il ne s’agissait pas d’une tête d’humain… mais de guitare. Une fabuleuse guitare, que Gavin s’était acheté à la dernière brèche, la fender dont il rêvait depuis des années, rouge et noire, et aussi belle qu’une vieille Chevy. La guitare parfaite. Qu’il avait commencée à utiliser quelques semaines plus tôt, et qui avait un son à se damner. Il l’avait appelée Christine, comme la voiture de Stephen King, et Dakota, de mauvaise humeur le jour où il la lui avait présentée, n’avait pas pu s’empêcher de lui dire que c’était pas très malin d’appeler une guitare comme une voiture possédée psychopathe. Mais Gavin n’avait eu aucun souci avec sa Christine, tout allait bien.

Après Christine (et un bras musclé qui l’accompagnait), ce fut à Gavin de passer par la trappe. Il arriva sur le toit avec quelque chose qui donnait l’impression qu’il avait l’habitude, et de fait c’était un des endroits où il composait, répétait, et s’isolait pour chercher l’inspiration. Il n’avait pas l’habitude d’y trouver quelqu’un, et ne vit pas Marianne tout de suite. Il portait un pantalon en jean plutôt usé, une chemise de bucheron rouge et grise (épaisse) et une veste en jean fourrée de peau de mouton. Il ne faisait pas encore super froid, mais il faisait humide, ce qui n’était pas vraiment un temps à faire de la guitare, mais Wren lui avait appliqué un sort anti-humidité qui s’avérait très pratique, l’anglais lui avait assuré que Christine aurait pu faire un plongeon dans le Loch sans même être désaccordée.

Le Texan ne remarqua l’étrangère qu’au moment où il avança pour s’asseoir à son endroit habituel… Occupé par une jeune blonde au joli visage, qui avait l’air un peu éberlué.

« Hum. J’ignorais que la Brume faisait arriver des gens par le toit. » dit-il sincèrement, avec un sourire chaleureux, avant de passer Christine dans sa main gauche et de tendre la main droite à Marianne. « Je suis Gavin. Bienvenue à Sywhaîd. »

_________________


Workin\' all week for a back ache.
Raisin\' caine, Friday nights, Sunday church to set it right.
They can write it on my stone
My life\'s been a country song.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marianne Loisel
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43
Date d'inscription: 11/04/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Sam 9 Oct - 22:21

C'est le bruit du loquet qui lui fit ôter ses mains de ses yeux, et relever la tête ; elle resta cependant assise, alors qu'une trappe qu'elle n'avait pas encore remarquée s'ouvrait sur... un manche de guitare. Elle n'avait pas eu le temps de s'inquiéter de l'absence apparente d'issue de sortie, ses yeux s'agrandirent simplement à cette vue... pour le moins inattendue. Elle resta immobile, sans mot dire. L'air pour le moins "éberlué", y compris lorsqu'un bras, puis l'homme auquel il appartenait, apparurent à leur tour. Il ressemblait un peu aux clients du pub de Glennfinenn qu'elle avait quitté seulement quelques heures plus tôt, c'est-à-dire bien différent des personnes qu'elle avait fréquentées jusque là. Il avait l'air un peu...sauvage, mais gentil malgré tout. De toute manière, Marianne venait de se promettre à elle-même de ravaler ses angoisses, de faire taire ses démons, et de s'intégrer à l'endroit, bien qu'un halo de bien-être surnaturel ne l'eût pas envahie à son arrivée. Cet homme, après tout, n'y pouvait rien si elle était trop mordue d'un connard fini pour apprécier vraiment l'endroit. Elle sourit à sa réplique, d'une manière un peu étrange, comme si elle s'excusait de cette arrivée visiblement inhabituelle. De fait, elle ne demandait rien de mieux que de se fondre dans l'anonymat. Elle avait peut-être sous-estimé la présence du mot "village" dans les explications de Zelda. Elle serra, sans trop réfléchir, la main qu'on lui tendait.

"Euh... je n'en sais trop rien", répondit-elle en haussant les épaules et en jetant un coup d'œil rapide aux alentours. Elle aurait pu voir ça comme une vengeance personnelle de l'affreux gnome, mais...

"Mais c'est une jolie façon de découvrir... les lieux", fit-elle, avant de se lever, et de s'approcher un peu du rebord, côté Loch. De fait, le spectacle qu'elle venait de trouver si quelconque n'était, en soi, pas si laid. Elle inspira profondément, sourit à nouveau. Son sourire était à l'image de sa personne et du timbre de sa voix, d'une douceur légèrement étrange, qui ne semblait pourtant pas le moins du monde forcée.

"Merci beaucoup. Je suppose que la sortie... enfin l'entrée... euh..." elle se mordilla légèrement les lèvres, avec un nouveau sourire d'excuse. "Enfin, je dois passer par là ?" fit-elle en désignant la trappe d'une main, et en attrapant la poignée de son sac de l'autre.

Elle était un peu intimidée ; cet homme ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle, même si elle paraissait plus jeune que son âge. Mais il avait l'air de savoir qui il était, où il allait. Marianne, quant à elle, n'aurait même pas été certaine du prénom qu'elle voulait porter.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gavin Mitchells
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 26
Age: 35
Date d'inscription: 08/02/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Jeu 4 Nov - 22:57

Et d’ailleurs elle n’en avait donné aucun, ce que Gavin n’avait pas manqué de remarquer. Sauf que quand on avait le vécu d’un Gavin Mitchells, qui n’était peut-être pas la personne à la vie la plus dramatique ou aventurières de la Noble Lande, mais qui avait quand même vécu quelques trucs un peu intéressants, on était assez malin pour ne pas insister. Surtout pas quand miss venait tout juste de sortir d’une Quête qui avait sûrement été éprouvante (elles l’étaient toutes, quoi que Gavin mine de rien s’en était plutôt bien sorti avec son petit pote Fil qu’il avait trouvé adorable et en l’honneur de qui il chantait régulièrement la ballade qu’il avait écrite dans la Brume, mais jamais quand il avait du public). Et puis, Gavin n’était pas stupide. Les gens qui venaient à Sywhaîd y venaient souvent pour fuir quelque chose, il l’avait rapidement compris. Quelque part, Dakota et lui, qui étaient plutôt venus pour chercher quelque chose (un équilibre pour l’adolescente, une relation avec sa fille pour lui) étaient des sortes d’exceptions, plus ou moins. Alors peut-être que son interlocutrice fuyait tellement de choses qu’elle en fuyait son nom, aussi. Et peut-être aussi qu’elle était trop secouée, et n’avait pas fait exprès de ne pas répondre, mais même dans ce cas le Texan ne voyait pas l’intérêt d’insister : autant éviter de la mettre mal à l’aise, en plus.

« Par là, ouaip. » répondit l’américain avec son accent si reconnaissable entre tous (et particulièrement agréable avec son timbre particulier).

Il hésita un instant. Après tout, il était venu pour faire de la musique et, comme tout musicien, être arrêté dans son élan quand il allait jouer était parfaitement frustrant. Une des pires frustrations qu’il connaisse, et qu’il avait une fois, quand il avait essayé de l’expliquer à un ami qui n’était pas musicien, comparée au fait d’être coupé dans son élan quand on se préparait à un belle partie de jambes en l’air. Du genre, on est en train d’embrasser une belle femme, de se diriger vers le lit, et soudain le téléphone sonne et elle décroche, parce qu’elle doit le faire. Et évidemment vous ne couchez pas ensemble parce qu’il y a une urgence. Et bien, ne pas jouer quand on avait prévu de le faire, c’était la même chose. C’était même peut-être pire. Alors, du coup, il serait bien resté là à gratter sur sa Christine.

D’un autre côté, Gavin était quelqu’un de profondément sociable. Et d’altruiste. De sympathique, aussi… Et qui avait, comme beaucoup de texans, surtout ceux de son extraction, un très grand attachement aux traditions et aux valeurs enseignées par un endroit. Et à Sywhaîd, un des devoirs du citoyen était d’accueillir comme il se devait les nouveaux venus. De leur faire faire un tour guidé, s’ils le désiraient, de leur présenter les gens, de leur expliquer. Et la partie « terrienne » (dans le sens particulièrement attaché à la terre et au lieu où il vivait) de Gavin ne pouvait se résoudre à ne pas faire son devoir. Il évita de soupirer, sourit, parce que de toute façon il avait toujours été du genre à voir les bons côtés de toute chose, puis ajouta :

« Fais attention, l’échelle est un peu dure à descendre quand on connaît pas. Si tu veux, tu peux me confier ton sac le temps que tu descendes, ce serait plus prudent… »

Il s’était approché de la trappe, et de l’inconnue par la même occasion, semblant du coup logiquement insinuer qu’il allait descendre avec elle. Après tout, c’était le rôle d’un Sywhaîdien. Et de toute façon, la jolie blonde avait l’air trop secouée pour vraiment réussir à se débrouiller toute seule dans l’immédiat. Elle apprécierait sûrement d’avoir un peu de compagnie.

_________________


Workin\' all week for a back ache.
Raisin\' caine, Friday nights, Sunday church to set it right.
They can write it on my stone
My life\'s been a country song.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marianne Loisel
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43
Date d'inscription: 11/04/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Mar 16 Nov - 14:53

De fait, oui, Marianne était encore assez secouée par tout ce qu'elle avait vu et supporté quelques minutes plus tôt. Elle n'avait pas fait exprès de ne pas donner son prénom, c'était peut-être un acte manqué, mais ça n'était certainement pas intentionnel ; disons qu'à force de jongler entre les identités et les petits surnoms doux, ça vous faisait un peu oublier qui vous étiez, au fond. En tout cas, un prénom perdait de son importance, ça n'était plus vraiment ce qui suffisait à vous définir. Si tant est que Marianne ait pu déterminer qui elle était, où elle en était. A descendre vers la civilisation apparemment, disons.

Elle s'approcha de la trappe, se pencha au-dessus au moment où Gavin lui signalait que l'échelle pouvait être un peu dure à descendre. Objectivement, même avec un gros sac, ça lui semblait faisable. Le premier Sywhaîdien qu'elle rencontrait lui paraissait par ailleurs parfaitement sympathique, mais, au fond, elle aurait préféré rester encore un peu seule. Si elle avait été dans son état normal, calme, attentive, empathique, elle aurait peut-être compris que lui-même était venu pour jouer, en musicien solitaire, et qu'il ne demandait probablement pas mieux que de rester peinard là-haut. Ainsi, tout le monde aurait été content. L'ennui, c'est qu'elle était de fait fatiguée, et qu'elle avait un peu trop l'habitude d'accepter la compagnie des hommes d'une manière qui vous laissait penser qu'elle lui était agréable, même quand ce n'était pas le cas. Quand Gavin s'approcha, qu'il lui proposa de tenir son sac, elle supposa tout naturellement qu'il voulait rester auprès d'elle et l'accompagner. Et machinalement, elle sourit, avec toutes les apparences d'une sincère gratitude. Un jour elle comprendrait pourquoi les gens en général, les hommes en particulier, tenaient tant à voir en elle une petite chose fragile.

Elle le remercia donc et lui confia son sac avant de s'aventurer sur l'échelle, qu'elle descendit bel et bien avec une assurance prouvant qu'en vérité, elle se serait débrouillée correctement toute seule. Arrivée en bas, elle tendit les bras pour qu'il lui lance le sac ; une fois les pieds sur un parquet de bois, et non plus sur le gravier du toit, il lui vint en tête qu'elle ne savait même pas, au fait, où elle était supposée aller, désormais. En fin de compte, ce n'était pas une mauvaise chose que Gavin ait voulu descendre avec elle.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gavin Mitchells
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 26
Age: 35
Date d'inscription: 08/02/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Ven 14 Jan - 13:55

Gavin lui lança le sac, avec précaution, puis descendit rapidement (avec une aisance qui semblait souligner le fait qu’il était habitué à cette échelle comme s’il venait sur le toit vraiment régulièrement), sa guitare toujours à la main. Il y avait quelque chose d’agréable à voir Gavin remplir l’espace de la trappe, et descendre l’échelle sans hésiter, une guitare qui lui était précieuse pourtant tenue à bout de bras comme s’il n’y voyait aucun inconvénient. Quelque chose d’agréablement viril. Il était musclé, en pleine forme, plutôt beau (même s’il n’avait jamais été une gravure de mode) mais ce qui était le plus saisissant chez lui, c’était cette aisance, cette assurance, cette confiance qu’il avait en lui. Tout en cet homme paraissait vous dire qu’il se connaissait, qu’il connaissait ses forces, mais aussi ses faiblesses, et qu’il avait appris à gérer tout ça. Ca avait quelque chose de réconfortant. Gavin était comme un roc, quelque chose à quoi on pouvait facilement s’accrocher. Caroline, son ex-femme, ne lui avait jamais reconnu cette qualité, et c’était sûrement là une des critiques les moins fondées qu’elle lui faisait. Gavin avait toujours eu ça en lui.

Il sourit à Marianne, une fois qu’il l’eut rejointe. Son sourire était chaleureux, mais pas du tout intrusif. Gavin était un homme, et il ne pouvait s’empêcher de trouver Marianne très jolie, et plutôt attirante, mais la douceur, et l’air un peu perdu de la jeune femme, réveillaient plutôt en lui les instincts protecteurs (qu’il avait en pagaille) que des instincts moins honnêtes. Gavin, bien qu’un homme en possession de tous ses moyens, comme nous l’avons établi plus haut, et tout à fait autant tiraillé par ses instincts et ses besoins que les autres, était plutôt difficile quand il s’agissait de femmes. Il avait connu l’amour, un amour fort, puissant, pour une femme pour qui il avait tout fait, tout risqué, tout perdu, et qui en plus l’avait trahi et le traitait depuis des années comme une sous-merde. Oh, il avait eu le cœur brisé, et c’était sûrement une des raisons de sa prudence, mais il n’y avait pas que ça. Caroline n’était pas la principale raison de la vie amoureuse plutôt inexistante de Gavin. En fait, le texan avait beaucoup de mal à se positionner à ce niveau là.

Les one night stand ne l’intéressaient pas vraiment, même s’il lui arrivait d’y céder. Il fallait alors que la femme en question ait quelque chose de particulièrement extra-ordinaire, parce que Gavin était aussi un chanteur, et qu’à chaque fin de concert il avait la troupe habituelle de groupies/spectatrices d’un soir qui auraient bien voulu le mettre dans leur lit. Il n’aurait pas été contre une vraie histoire, mais il n’avait pas connu de femme qui lui convienne depuis qu’il était sorti de prison. Il y avait bien eu Melly, cette critique musicale adorable et intelligente, avec qui il avait été pendant près de deux ans. Mais ça avait été une histoire à distance, entre deux adultes déjà trop vieux pour ce genre de choses, et ça s’était fini relativement posément. Melly continuait à lui écrire, de temps à autres, lui parlant des nouveautés musicales qu’elle avait découvertes, de son husky (qu’il lui avait offert un an après leur rupture, et qu’elle avait appelé Gavin), et de sa vie à Pittsburgh. En retour, il lui parlait de sa carrière, de sa fille, et depuis quelques temps de sa vie à Sywhaîd (Melly était une non-sorcière née dans une famille de sorciers). Aucun des deux ne parlait jamais de leurs vies amoureuses respectives, c’était la seule restriction à leur amitié.

Bref, pour le moment en tout cas, Gavin, donc, souriait, sans qu’il n’y ait aucune arrière-pensée à ce sourire.

« Bon, on est dans la Ferme, peut-être qu’on pourrait en profiter pour te trouver une chambre tout de suite ? C’est le bâtiment principal, où la plupart des Sywhaîdiens vivent. Ceux qui ont une famille vivent dans des petites maisons, un peu plus loin, la plupart du temps, c’est là que je vis avec ma fille, mais on passe quand même une grosse partie de notre temps ici. Tu est arrivée au cœur de Sywhaîd. »

Est-ce que la Brume envoyait les gens à des endroits particuliers selon leurs Quêtes et leurs caractères ? Dans ce cas, Marianne était peut-être une femme de cœur… Ou alors il y avait une raison plus compliquée. Gavin ne chercha pas à savoir.

« Après que tu te sois installée, je pourrai te faire visiter si tu veux, et il faudra que tu te signales au gérant, c’est lui qui… gère, donc, plus ou moins le côté le pratique de Sywhaîd. »


Il n’ajouta rien, mais affichait une expression qui laissait toute possibilité à l’inconnue de poser toutes les questions qui lui passaient par la tête.

_________________


Workin\' all week for a back ache.
Raisin\' caine, Friday nights, Sunday church to set it right.
They can write it on my stone
My life\'s been a country song.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marianne Loisel
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 43
Date d'inscription: 11/04/2010

MessageSujet: Re: I'm not there   Mar 1 Fév - 23:09

Marianne n'était pas non plus d'humeur à batifoler dans les couloirs. On ne pouvait même plus compter sur la bise qui sifflait en haut du toit pour lui faire tourner la tête. Gavin avait beau réunir toutes les qualités d'un homme absolument charmant, et même aimable (plutôt beau gosse, costaud, serviable, artiste), la nouvelle arrivée était bien loin de ces considérations. Même si ses pensées n'avaient pas, dans l'absolu, été essentiellement tournées vers un seul homme -fût-il le pire des salauds, elle était complètement déboussolée ; l'impression d'avoir pris douze heures de décalage dans les les dents, sans avoir quitté l'Écosse. Et ce alors même que tout semblait... normal. Presque banal.

Le couloir dans lequel ils avaient pénétré, une fois l'escalier descendu, avec son enfilade de portes, lui rappela terriblement (en plus long) celui de la maison de vacances familiale, où elle avait passé son enfance. Elle eut un pincement au cœur, bien qu'elle continuât de sourire tandis que Gavin lui expliquait rapidement le fonctionnement de la Lande, l'occupation des chambres, le système des corvées. Des voix se firent entendre au rez-de-chaussée, des gens qui discutaient un peu vivement, apparemment. Mais ça ne semblait pas particulièrement folklorique, non... Ici, les gens vivaient selon un système particulier, l'argent n'avait pas cours, chacun s'entraidait... Mais il y avait aussi une sorte de routine dont Marianne se sentait encore exclue. Elle était une étrangère.

Elle ouvrit la porte que Gavin lui indiqua comme celle d'une chambre a priori libre. La pièce était de taille moyenne, meublée simplement mais proprement. Gavin alla ouvrit les volets, et la clarté du soleil hivernal inonda la pièce. Sur le matelas du lit, y avait une couverture multicolore, visiblement faite main sur place, qui avait quelque chose d'accueillant. La jolie blonde avait pourtant encore du mal à se dire que ce serait, pour les prochains mois, les prochaines années peut-être, sa chambre. Elle sourit néanmoins, posa son sac près de l'armoire, sourit une nouvelle fois à son guide.

Lorsqu'il lui demanda si elle voulait rencontrer dès à présent le gérant, elle ne put, malgré tout, réprimer un soupir. Presque aussitôt, elle s'en excusa en riant.

"Désolée. Je... je pense que je vais me poser un peu avant. Je me promènerai après, je pense. Mais je saurai me débrouiller seule."

Elle sourit à nouveau, il ne lui demanda pas de se justifier outre mesure. Ce devait être une chose naturelle pour les nouveaux arrivants de vouloir se remettre quelques instants des émotions de leur quête. Marianne était heureuse de la discrétion du texan. Elle n'avait pas envie de s'étendre davantage. De parler de ce sentiment bizarre et diffus de vertige, de déception. De la crainte de devoir raconter à ce gérant son parcours... Non, elle était contente de pouvoir refermer la porte de "sa" chambre, d'avoir un peu de répit avant que les choses sérieuses ne commencent.

[Marchi d'm'avoir accueillie, m'dame ! Smile]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

I'm not there

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: L'école :: Les étages supérieurs-