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Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Career of Evil Mar 28 Sep - 11:14 | |
| Blue Öyster Cult à fond dans les oreilles, Jena se dirigea vers la sortie. Elle avait acheté son ipod durant les deux jours qu’elle avait passés à Londres en attendant d’avoir un vol, parce qu’elle avait oublié le sien à Sywhaîd, et avait passé une bonne partie de son temps à le remplir de la musique qu’elle aimait. Elle avait évidemment troqué les petits écouteurs discrets contre un casque très eighties. Jena Solomiya n’aimait pas particulièrement la discrétion, et quand il s’agissait d’écouter de la musique, elle était toujours très sérieuse et ne prenait que le meilleur équipement. Quitte à ne plus rien entendre de ce qui se passait autour d’elle, mais de toute façon elle n’avait besoin de rien entendre.
Elle connaissait l’aéroport de Sydney par cœur, et le fait de pouvoir enfin marcher après autant d’heures de vol avait quelque chose de particulièrement agréable. Elle s’était étirée un nombre incalculable de fois (c’était bon pour l’énergie, magique ou non) et se dirigeait à un rythme qui allait avec la musique qu’elle écoutait vers la sortie. Le rythme était rapide, donc.
Nanosh avait hâte de sortir, lui aussi. Transformé en insecte durant tout le vol, il était à présent sous la forme d’une petite souris, planqué dans la manche de la veste en cuir courte de Jena. Il n’aurait jamais pu trouver de place dans son mini-short moulant, mais aurait peut-être pu nicher dans ses grosses chaussures qu’elle n’avait pas lacées. Avec son débardeur (un t-shirt dont elle avait déchiré le col et les manches) aux couleurs d’Iron Maidon et son collier, une chaine en métal épaisse au bout de laquelle pendait un pentagramme, Jena avait vraiment l’air d’une échappée des années quatre-vingt. Sauf qu’elle avait remplacé le walkman par l’ipod, donc.
Elle sourit d’une façon insolente au vigile qui la regardait d’une drôle de façon. Elle avait les cheveux assez courts, et était sûrement trop maquillée pour l’homme, mais ça allait avec le look. Elle avait plusieurs tatouages apparents, ainsi qu’un piercing dans le nez. Quand elle s’était regardée dans le miroir, dans les toilettes de l’avion, elle avait eu une sorte de vague de nostalgie. Elle ressemblait à ce qu’elle avait été en tant que jeune adulte. Elle n’avait pas beaucoup grandi depuis, elle le savait, mais elle avait au moins la satisfaction que ce look continue à lui aller comme un gant.
Les portes s’écartèrent devant elle et elle se retrouva enfin à l’air libre. Elle n’avait comme bagage que le sac qu’elle avait pu garder avec elle. A l’intérieur, ses affaires étaient assez rétrécies par magie pour qu’elle puisse éviter la file à la sortie de soute pour les valises, et elle avait l’air de voyager particulièrement léger, surtout pour un vol long courrier. Elle avança d’un pas décidé vers les taxis, pendant que Career of Evil se mettait en route. Elle sourit d’un air amusé, et s’apprêta à rejoindre la file des gens qui voulaient un taxi quand quelqu’un l’agrippa par le bras. Elle se retourna vivement et son coude atteignit l’homme qui l’avait attrapée en plein dans la mâchoire.
« Nice. » grogna l’homme en question en la lâchant pour se masser la mâchoire.
Elle leva des sourcils surpris.
« Cameron ? » _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


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 | Sujet: Re: Career of Evil Mer 29 Sep - 10:16 | |
| Six ans plus tôt. « Je conclurai donc avec les conseils habituels : n’essayez pas de faire ça sans supervision d’un spécialiste reconnu. La Morphie n’est pas un jeu, c’est une science, et une science dangereuse. Merci. »Les élèves applaudirent, et Jena sentit, comme toujours, exactement la même chose que lorsqu’elle était sur scène et que son public applaudissait. Elle sourit, se pencha légèrement, comme pour saluer, ou plutôt en l’occurrence pour remercier, puis fit signe à ses étudiants qu’ils pouvaient s’en aller. Après quatre heures de conférence sur les Morphies croisées, et comment faire en sorte de les stabiliser, ils avaient sûrement bien besoin d’un bon café, ou d’un bol d’air frais. Ou d’un remontant un peu plus fort en ce qui concernait la conférencière. Elle referma son Mac, le dernier modèle, elle était toujours très exigeante en matière d’informatique, alors même qu’elle avait vécu la plus longue partie de sa vie sans même un téléphone, et le fourra dans son sac en toile. Elle le passa en bandouillière et sortit de la salle, consciente qu’avec son mini-short en jean noir, ses collants savament troués, son t-shirt déchiré aux couleurs de Lynyrd Skynyrd, et ses cheveux très courts et très noirs, elle avait plus l’air d’une étudiante punko-grunge qu’à une conférencière invitée à l’année à la ZDMS. Mais elle s’en fichait. Sydney n’était pas vraiment la ville qu’elle préférait, mais au moins il y avait beaucoup d’étudiants, qui étaient souvent plus proches de son âge qu’autre chose, et de quoi s’amuser. Elle prenait justement la direction d’un bar qu’elle connaissait, pas loin de l’Université sorcière. Si elle se débrouillait bien, elle avait le temps d’y passer une heure tranquille, avec une bière, tout en s’occupant de ses mails et compagnie, avant de retourner à l’hôtel, prendre une douche, se changer, et revenir au bar, où il y aurait plus d’animation à ce moment-là. C’était un bon programme, et elle se dirigea vers le hall de la ZDMS, un grand hall au sol en marbre qu’elle trouvait terriblement kitsch, alors que la plupart des gens « normaux » le trouvaient impressionnant et classe. Elle haussa les épaules à cette idée, fit un sourire insolent à l’étudiant qui la déshabilla du regard sans même le cacher (elle était pourtant à peu près sûre qu’il avait assisté à la conférence, mais elle s’en fichait) et poussa l’une des lourdes portes en fer et verre qui donnaient sur l’extérieur. L’agitation de la ville avait toujours eu sa préférence, elle qui pourtant n’avait pas vraiment été élevée dans ce genre de cadres. Elle avait toujours adoré quand sa famille se rendait dans les grandes villes, même si c’était relativement rare, et avait toujours eu un faible pour New-York, même si elle la préférait dans les années 80, quand elle était à la fois plus dangereuse et plus authentique. Elle jeta un regard vaguement décidé vers les bus puis décida de marcher. Le bar n’était pas si loin, juste assez pour ne pas être fréquenté que par des étudiants à peine sortis du berceau, et elle pouvait bien marcher. Elle poussa la porte du bar quelques minutes plus tard et alla directement à la table qu’elle utilisait en général dans ce genre d’occasions. Une table qui se trouvait juste à côté du très rétro jukebox (si on oubliait le fait qu’à la place de disques, il y avait une sorte d’ipod à l’intérieur) et elle commença par mettre une pièce à l’intérieur et par lancer un petit AC/DC, histoire de se mettre en route. Le serveur prit sa commande (une bière et un café) et disparut, la laissant brancher son ordinateur et l’allumer. « Miss Solomiya ? »Elle releva la tête d’un air surpris, elle ne s’attendait pas vraiment à ce que quelqu’un vienne lui parler à ce moment précis. Surtout pas un grand brun d’à peu près son âge, tout à fait comestible. Elle lui sourit, malgré tout un peu méfiante qu’on la nomme aussi facilement, mais après tout elle était une spécialiste, avec écrit des livres, faisait des conférences, et des spectacles. C’était peut-être un fan. « Je suis Enrike Diulcinea. Je peux m’asseoir ? J’ai un travail à vous proposer. »Elle haussa les épaules, referma son ordinateur, et hocha simplement la tête. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy
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|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


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 | Sujet: Re: Career of Evil Ven 8 Oct - 13:03 | |
| Cameron, donc. Jena se trouvait bel et bien en face de Cameron, qui se pencha pour la serrer dans ses bras, ce qui n’était pas vraiment le genre de choses qu’elle faisait, et encore moins le genre de choses auxquelles on s’attendait venues d’un grand gaillard barraqué à l’air particulièrement tough et aux tatouages qui recouvraient une bonne partie des bras que son t-shirt gris laissait voir. Il portait un simple jean, usé jusqu’à la corde, et ses cheveux bruns étaient courts. Il avait les yeux clairs, un teint bronzé (l’Australie lui réussissait) et une barbe qui avait plus de trois jours, mais qui n’était pas assez entretenue pour être une vraie barbe non plus. Il avait l’air d’un dur, et Jena savait que ça n’était pas qu’un air, malgré ses tendances un peu surprenantes à hug.
« Qu’est-ce que tu fais là ? » demanda-t-elle, sans autre introduction, mais elle souriait.
« Je suis venu te servir de chauffeur. » lui répondit-il en lui prenant de force (enfin elle ne lutta pas particulièrement) le sac qu’elle portait.
Mais elle était relativement méfiante. Elle connaissait Cameron, il ne venait pas la chercher à l’aéroport pour rien. Et surtout, il ne s’embêtait pas à remuer son réseau pour savoir quand elle arriverait et tout le reste pour rien, elle ne lui avait même pas dit qu’elle venait en Australie. En fait, elle n’avait même aucune idée du fait qu’il s’y trouvait lui-même.
Ils avancèrent vers la voiture de Cameron et Jena ne put s’empêcher de sourire en la voyant. C’était une sorte de pick-up, ancien mais parfaitement entretenu. Exactement ce à quoi on s’attendait venant de lui. Elle se hissa sans problème dans l’engin, et retrouva avec plaisir la conduite sportive de Cameron. Elle savait d’expérience qu’il était un très bon conducteur, même dans les pires situations.
« Alors, la vie dans ton village paumé ? » demanda son compagnon, avec ce ton moqueur qu’il avait toujours quand ils parlaient de Sywhaîd.
« Qu’est-ce que tu veux Cameron ? » lui répondit en retour Jena, et son ton impatient n’était pas dû qu’à la mauvaise humeur d’un Nanosh qui se retrouvait à l’arrière sous la forme d’un gros chien noir.
« J’ai un job à te proposer. »
Et Jena accueillit cette phrase avec un éclat de rire railleur. Pas vraiment une surprise. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


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 | Sujet: Re: Career of Evil Sam 9 Oct - 11:40 | |
| 22 ans plus tôt. « Mais cours ! Putain !! Cours ! »Jena serra les dents et accéléra, se retenant de gueuler qu’elle ne faisait que ça depuis dix minutes, elle avait besoin de son souffle. Elle suivit son compagnon, bifurquant dans une ruelle tellement étroite que les épaules de Cameron en rasaient les murs. Elle, elle n’avait aucun mal à passer, elle était déjà assez grande, en fait elle avait atteint sa taille d’adulte deux ans plus tôt, à seulement douze ans, mais elle était encore plutôt fine, et relativement peu sportive, ce qu’elle payait à ce moment là par un énorme point de côté, et des crampes dans les jambes qui en étaient à un tel stade qu’elle ne les sentait plus du tout (et bizarrement ça n’était pas mieux comme ça). Elle se força à ne pas regarder derrière elle, mais quand il sortirent de la ruelle pour s’engouffrant dans une autre de ces rues sombres et pleines de détritus, elle vit Cameron le faire. Lui-même n’avait que quinze ans, et avait cette tête de minet qui plaisait tant aux filles et faisait crever Jena de jalousie. Mais pour le moment, elle était la seule à courir avec lui, aucune autre. « Dépêche, ils vont contourner, mais faut qu’on prenne de l’avance. »Lui, il était sportif, même s’il était encore à quelques années d’avoir la carrure impressionnante qu’il aurait par la suite. Il était à peine essoufflé et Jena eut envie de lui dire d’aller se faire foutre. Au lieu de ça, elle serra les dents, se mordit la lèvre jusqu’au sang au passage, et entendit des bruits de course venant d’une rue parallèle, ce qui lui provoqua une décharge d’adrénaline assez forte pour qu’elle se remette à courir sans même râler. Cameron était celui qui connaissait la ville et Jena le suivait relativement docilement, ou du moins le faisait cette fois, parce qu’elle n’avait aucune envie de se faire attraper. Ils passèrent devant un latino, trop pomponné pour être honnête, qui les regarda d’un air ennuyé. Pourtant, le couple avait quelque chose de plutôt agréable à voir, tous deux bruns, beaux, grands, et habillés comme des sortes de punks-grunges-heavy-métalleux fauchés. Jena dut se retenir de faire un signe ironique à l’homme, ils avaient assez d’ennui comme ça. Cameron finit par ouvrir une grille rouillée, et par entrer dans ce qui semblait être une boutique, qui n’avait sûrement pas vu le jour depuis des siècles, Jena n’hésita pas une seconde, et quand il referma la grille derrière elle, elle s’affala enfin dans l’épaisse couche de crasse et de poussière qui recouvrait le sol. Ils étaient dans le noir total, mais ils pouvaient voir la rue, et l’entendre. « Nanosh ? » demanda Cameron, après avoir laissé seulement une dizaine de secondes de répit à la tsigane. Elle ferma les yeux et essaya de mobiliser le lien qui l’unissait à son daemon. Ce dernier avait disparu depuis un petit moment, avant que la course-poursuite ne commence, et elle n’avait même pas pensé à lui pendant tout ce temps. « Il arrive. » murmura-t-elle entre deux halètements. « Qu’il surveille sous la forme d’oiseau. Mais qu’il reste proche, on risque d’avoir besoin de lui s’il y a du grabuge. »Elle hocha la tête et envoya mentalement les instructions à sa moitié. Bien sûr, si Cameron avait été sorcier, il aurait hésité avant d’ajouter la seconde partie de ses paroles. Mais il était nouveau dans le monde ses sorciers, et Nanosh était son seul exemple de daemon. Un daemon capable d’outrepasser le tabou sans trop de problème si on avait besoin de lui. Il avait pratiquement arraché le bras d’un flic, sous la forme d’un énorme chien noir, deux semaines plus tôt. « Je t’avais dit qu’on s’amuserait ! » lança Cameron, tout en s’approchant de la grille pour surveiller la rue. Jena pouvait le voir, dans la pénombre, et elle se surprit à, encore une fois, le trouver tellement beau. Elle sourit, et ce sourire était un de ces sourires complètement aux anges, qui n’aurait pas dû avoir sa place dans ce genre de situations, avec ce genre d’odeur d’urine qui lui emplissait les narines. Cameron tourna la tête vers elle. Il ne pouvait pas la voir, mais il lui rendit son sourire. « Tu viens avec moi ? »
« Jusqu’au bout du monde. » répondit Jena, sans une seule hésitation. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy
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 | Sujet: Re: Career of Evil Sam 9 Oct - 13:11 | |
| « T’as fait des conneries récemment Jen ? »
La tsigane tourna la tête vers le rétroviseur.
« Deux, la Maserati jaune, pas vraiment discrète, et la vieille ford qui croit que je ne l’ai pas remarquée. »
Jena soupira tout en essayant de repérer les deux voitures. La jaune les suivait d’une façon rapprochée, et était loin d’être discrète de fait. C’était celle dont-ils n’avaient pas à se méfier, celle qui jouait à l’alibi, tandis que la ford, Jena eut du mal à la trouver, elle était une demi-douzaine de voitures plus loin, sur la file qui était à droite, et il fallait avoir l’œil pour remarquer qu’on vous suivait à une telle distance, surtout pour le remarquer au bout d’à peu près même pas cinq minutes de route dans un trafic qui n’avait rien de fluide. Mais Jena ne mettait pas en doute Cameron, il y avait pleins de domaines où il était perclus de lacunes, mais ce genre de choses ça le connaissait.
« L’Organisation ? » demanda-t-il, ou plutôt cracha-t-il entre ses dents, de façon à ce que personne ne puisse lire sur ses lèvres.
Jena lui lança un regard ennuyé.
« Tu crois vraiment que je te fais monter dans une voiture qui n’est pas sécurisée ? »
Elle se contenta de hausser les épaules, ce qui valait bien un oui, et Cameron jura.
« Je déteste ces connards. »
« T’es pas le seul. »
Il hocha la tête, sans rien ajouter, ce qui était plutôt diplomate de sa part. Après tout, il n’était pas celui qui s’était laissé prendre le bras dans l’engrenage de l’Organisation, il était même celui qui avait dit à Jena de ne pas jouer avec le feu quand elle lui en avait parlé. Mais Cameron n’était pas vraiment le genre à dire « je te l’avais bien dit ».
« A quel point ? »
« Quoi ? »
Il soupira d’un air excédé, et jeta un coup d’œil à ce que Jena avait jusqu’à lors pris pour un simple GPS.
« Ils ont au moins lancé trois sorts traqueurs sur la bagnole, et y en a un sur Nanosh aussi, un plutôt sophistiqué, vous auriez dû vous en rendre compte. »
Elle tourna son regard vers Nanosh qui, à l’arrière, à l’extérieur, lui lança un regard noir. Non, ils ne s’étaient rendus compte de rien. Et le soupir de Cameron ne les aida pas à prendre cette nouvelle avec meilleure humeur.
« Hannah ? » demanda-t-il simplement, entre ses dents.
Jena ne dit rien mais hocha la tête. Un nouveau juron de son conducteur vint accueillir la réponse, mais il n’ajouta rien. Au lieu de ça, il accéléra d’un coup et prit un virage au dernier moment, semant ainsi la Maserati jaune qui était déjà trop engagée pour tourner. Le pick up fut prit d’une poussée qui n’avait rien de naturelle pour un tel engin, et Cameron avait changé de direction, et de rue, avant même que l’autre de leurs poursuivants ne passe le virage. Il continua à aller aussi vite, et aussi loin que possible, pendant que Jena jetait un coup d’œil au « GPS ». Cameron appuya sur un bouton qui se trouvait au coin de l’appareil, et les croix qui représentaient les sorts traqueurs sur la voiture disparurent.
« Je savais pas que tu aimais les gadgets. »
« Baby, t’as encore rien vu. » lui répondit avec un sourire Cameron. « Descends. »
Ils venaient de s’arrêter brusquement, et il fallut quelques fractions de secondes à Jena pour s’exécuter, tout en se demandant vaguement pourquoi il fallait qu’elle descende de la voiture alors que leur poursuivant avait toujours un traqueur sur Nanosh. Elle retrouva d’ailleurs son daemon, et essaya de trouver le traqueur en question, pour le virer, mais l’Organisation était à la pointe du progrès.
« Oiseau, maintenant. » lança Cameron à Nanosh, tout en balançant le sac de Jena à cette dernière qui l’enfila comme un simple sac à dos. « Vas vers l’est, ils te suivront. Ne t’arrête pas, fait comme si tu savais où tu allais, évite de tourner en rond, ou ils comprendront qu’on sait pour le traqueur. Jena t’enverra une adresse dès que je la saurai, où ils sauront annuler le sort assez rapidement pour que ça ne pose pas de problème. »
Nanosh coassa, un coassement qui n’avait pas l’air franchement ravi, mais il s’envola sans rien ajouter, et c’est Jena qui fut interrompue dans son élan par un mouvement de main impatient de Cameron. Elle ferma son clapet brusquement. L’homme s’affairait autour de la voiture. Il s’agenouilla devant le pneu arrière droit, et sembla chercher quelque chose à tâtons sous la voiture. Finalement, Jena entendit un petit clic et sentit une décharge magique. En quelques fractions de secondes, la voiture s’était transformée en une magnifique et énorme moto grise et noire. Cameron s’empara d’un casque qui était accroché dessus, le balança à Jena qui l’attrapa plus par réflexe qu’autre chose, puis il enfila l’autre casque pendant qu’elle mettait le sien.
« Pas mal pour un foutu non-sorcier, hein. »
Elle sourit et hocha la tête. Cameron monta sur la moto et tapota derrière lui, avant de demander :
« Tu viens avec moi ? »
« Jusqu’au bout du monde. » répondit-elle, après une petite hésitation. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Career of Evil Lun 1 Nov - 0:04 | |
| 22 ans plus tôt. « Si tu crois que je vais te laisser faire ça ! »Solomiya attrapa Jena par le bras, la forçant à lui faire face. L’adolescente ne grimaça même pas sous la douleur, ni même sous la surprise. Sa mère avait toujours eu un tempérament volcanique, et Jena et ses frères et sœurs ne comptaient plus les paires de baffes qu’ils s’étaient pris pour un oui ou pour un non. Même les plus vieux, à présent largement adultes, continuaient à rester hors de portée des battoires de leur mère, même quand ils n’avaient à se reprocher, juste au cas où. Oh elle était loin d’être une tortionnaire, mais elle avait été élevée aux baffes, et faisait de même avec ses enfants. Tous s’accordaient sur le fait que Jena avait le nombre le plus important à son actif, alors même qu’elle était la plus jeune. Ca avait quelque chose de gratifiant, quelque part. Elle planta son regard insolent dans celui de sa mère. « Parce que tu crois que tu as ton mot à dire ? »Elles se firent face un moment. Sa mère était un peu plus petite qu’elle, mais beaucoup plus large. Elle avait été mince, à une époque, mince et magnifique, mais si Jena n’avait pas eu les photos pour le prouver, elle n’y aurait pas cru. Sa mère avait toujours été, du moins pour elle, une sorte de caricature de la matrone méditerranéenne. Sauf qu’elle n’avait rien de vraiment chaleureux. Elle n’était pas quelqu’un de mauvais, loin de là. Mais elle n’était pas tactile, et encore moins du genre à avoir de l’humour. Elle prenait tout bien trop au sérieux, et les années qui avaient passé n’avaient visiblement rien arrangé. Si ses frères et sœurs se souvenaient de l’avoir vue rire, Jena pouvait à peine se souvenir de l’avoir vue sourire. « Je ne te laisserai pas te compromettre avec ce Lyoubos ! »Le mot avait été craché avec tellement de haine que Jena se le prit comme un poing en plein estomac. Elle sentit la rage monter en elle, et cria presque : « Je t’interdis de l’appeler comme ça ! »
« Depuis quand ma fille de quatorze ans se croit en mesure de m’interdire quoi que ce soit ? » cria sa mère en réponse. Ce qui, évidemment, mit un terme à l’aspect privé de la dispute. En moins de deux secondes, alertés par le bruit, la moitié de la famille de Jena débarqua dans la pièce. Frères et sœurs, principalement, mais quelques beaux-frères et belles-sœurs aussi. Elle sentit la tête lui tourner, sa chambre était trop petite pour tout ce monde, et elle ne supportait pas de les voir envahir son espace comme ça. Mais la surprise n’était pas que pour elle, et elle se dégagea du coup assez facilement de la prise de sa mère. Cette dernière n’était pas pour autant questionnée dans son autorité par cette foule, elle avait sûrement préféré régler ça en tête à tête, Jena trouvait parfois du soutien chez ses aînés qui la couvaient trop, mais cette fois-ci elle ne laisserait pas passer, et il ne viendrait de toute façon pas à l’idée de ses enfants de s’opposer à elle sur ce sujet. Elle retrouva son assurance, et ajouta : « Tu crois que tu vas faire quoi là-bas ? Tu crois qu’il va t’apprendre quoi ? Vous allez vivre comment ? C’est un Lyoubos, Jena, et un voleur. C’est un raté, un petit délinquant, même son peuple a tout pour avoir honte de lui, et toi tu veux te rabaisser à le rejoindre ? »Jena essayait d’ignorer les paroles de sa mère, occupée qu’elle était à remplir un sac de tout ce qu’elle pouvait fourrer dedans, fringues en priorité. Heureusement, elle ne possédait pas grand-chose, c’était l’un des bons côtés d’être un nomade, on pouvait fuguer plus rapidement. Elle sentait les regards de ses frères et sœurs, et de leurs époux et épouses, la transpercer, mais elle les ignorait aussi bien qu’elle réussissait à ignorer sa mère. « C’est un moins que rien. Tout ce qu’il fera c’est te briser le cœur et te piétiner. Tu crois qu’il t’aime peut-être ? Qu’il t’épousera et que vous vivrez tous les deux le rêve de tous les petits sédentaires ? »Jena éclata d’un rire qui n’avait rien d’amusé. Balançant le sac sur son épaule, elle se tourna vers sa mère et lui dit, d’un ton tellement insolent que ses mots semblèrent fouetter l’air : « Tu ne comprends vraiment rien, hein ? »Sa mère était une femme forte, autoritaire, mais elle n’avait rien de ces comédiennes hystériques. Elle ne recula pas quand sa fille la regarda de cette façon si colérique, et pas non plus quand elle lui lança ces mots au visage, comme elle les aurait lancés à la personne la plus idiote qu’elle ait jamais rencontrée. Au lieu de ça, elle dit sur un ton froid : « Tu pourrais m’expliquer. Tu pourrais m’expliquer pourquoi tu veux quitter ta famille. Pourquoi tu veux quitter ton clan. Pourquoi tu veux quitter ton monde pour un garçon qui n’en fait pas partie, et qui n’a vraiment rien d’intéressant. Un petit voleur, qui a été viré de chez ses parents parce qu’il était violent. Son père l’a mis à la porte quand il l’a frappé, il te l’a dit ? Il ne s’en vante sûrement pas. Mais oui, il a frappé son père, au visage, il lui a cassé l’arcade sourcilière. Imagine un peu la violence. »Jena déglutit. Elle prit une inspiration, pour essayer de se calmer, de ne pas complètement péter les plombs. Elle aimait sa mère au moins autant qu’elle la détestait à ce moment précis, et elle ne voulait pas la blesser. « Je sais. » dit-elle au bout de quelques secondes de flottement, et cette fois, Solomiya parut sincèrement surprise. « Je sais tout. Je sais sûrement même plus que toi. Alors ça ne sert à rien ce que tu essaies de faire. »Un silence étrange suivit ses paroles, durant lequel elle concentra toutes ses forces à soutenir le regard noir de sa mère, ce qui était déjà une sorte de petit exploit en soi. Elle se forçait à ne pas regarder autour d’elle, à ne pas chercher l’approbation dans le regard de ses frères et sœurs, parce qu’elle savait qu’elle ne la trouverait pas. Les Tesulah avaient peu de tabou, quitter la communauté en était un. « C’est un Lyoubos. Tu ne peux pas faire ta vie avec lui, pas comme ça. »
« Je ne compte pas faire ma vie avec lui. »Sa mère la regarda d’une drôle de façon. « Tu as la Transe dans deux ans. Tu ne peux pas quitter le clan. » fut son nouvel angle d’attaque. « Peut-être que je rentrerai à temps. » répondit Jena. « Tu ne vas pas partir. »
« Si. »Toutes les paires d’yeux (et il y en avait un nombre important) se tournèrent vers Jal, qui réussit à se frayer un chemin jusqu’à côté de sa femme. Il était grand, près de deux mètres, et toujours aussi bien bâti malgré son âge. Il arrivait à Jena de se demander comment il pouvait rester marié à sa mère, vu comme il était beau, et comme elle ne l’était plus, même si elle savait que ce n’étaient pas des pensées charitables. Elle ne put s’empêcher de sentir une chaleur réconfortante en observant sa barbe poivre et sel. Elle aimait son père, elle avait toujours été proche de lui, et il l’avait toujours traitée comme une adulte, contrairement à tout le monde autour d’elle. « Jal ? »
« Jena veut y aller, Sol’. Tu la connais aussi bien que moi, si elle veut rejoindre ce gamin, elle le fera. On n’y peut rien. Elle fait ses choix, il est temps de l’accepter. Nous aussi nous avons fait des choix d’adultes à son âge. »
« Oh oui ! C’était très malin ! »Nouveau flottement, mais Jal ne le laissa pas durer longtemps, il déposa sa main sur l’épaule de sa femme, et dit de sa voix douce : « Laisse la partir. Tu sais qu’il y a toujours un moment où il faut les laisser voler de leurs propres ailes. »
« C’est une erreur. » renifla Solomiya, puis en direction de Jena : « Il te brisera le cœur. Ne vient pas me voir pour invoquer la Vengeance quand il aura couché avec n’importe quelle autre Lyoubos que vous aurez croisée ! » « Ca n’arrivera pas. » la rassura Jena avec un sourire. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Lun 1 Nov - 22:58 | |
| Un sifflement admiratif retentit dans l’entrepôt et les quatre hommes qui s’y trouvaient tournèrent un regard intrigué, puis hostile, vers la silhouette de femme qui se détachait dans la porte. Ils n’en virent pas plus, vu qu’elle était en contre jour, mais ils l’entendirent parler et se détendirent tous instantanément :
« Cam’, tu m’avais pas dit que tu avais investi dans l’immobilier. »
« Shut up Jen, et ouvre moi cette putain de porte que je rentre. »
Jena haussa les épaules d’un air provocateur et rentra dans l’entrepôt, juste assez pour trouver le bouton qui faisait se lever la porte de garage. Elle appuya dessus en soupirant, puis continua à observer les lieus d’une façon un peu plus appuyée, sans faire attention aux quatre gaillards qui lui faisaient face, attendant visiblement qu’elle se présente. Cameron fit entrer la moto, arrêta le moteur, puis referma les portes derrière lui. Ce fut la baisse de lumière qui sembla ramener Jena sur terre, et elle se tourna vers son compagnon et désignant d’un signe de tête les quatre autres, demanda :
« Tes potes de tricot ? »
L’un d’entre eux poussa un grognement qui lui attira un air amusé de Jena, le genre d’air qui n’était cependant pas vraiment sympathique.
« Ce qu’ils savent faire avec des aiguilles n’est pas vraiment du genre à figurer dans Kitchen & Garden. » répondit Cameron en bidouillant sa moto, avant de s’écarter pour lui laisser la place de redevenir le pick-up dans lequel Jena était monté à l’aéroport. « Scan complet, et changement de plaques, de couleur et d’empreintes magiques. » dit-il à l’attention d’un grand noir très maigre qui se dirigea tout de suite vers ses outils pour se mettre au travail sur l’engin. Il demanda ensuite à Jena : « Nanosh ? »
« Il arrive. »
« Son daemon. » Expliqua Cameron à un autre des hommes, un quinqua, chauve, avec de grandes lunettes et une silhouette à la Rick Moranis que Jena trouva assez incongrue à associer à Cameron. « Il a des traqueurs, va falloir les mettre sur une fausse piste. »
Jena leva un sourcil circonspect, étonnée de voir Cameron jouer les patrons d’une façon aussi… patronale. Sans compter l’endroit, un entrepôt plein de gadgets magiques et technologiques à en faire baver n’importe qui. Elle prit un de ces trucs dans ses mains, l’analysant grâce aux flux mais pas tout à fait certaine cependant d’en comprendre l’utilité.
« Ca n’est pas un jouet, c’est fragile. » lui dit, avec un accent anglais à couper au couteau, un homme au physique tellement ordinaire que Jena n’était même pas sûre de pouvoir le décrire.
L’air hautain qu’il avait en lui reprenant l’objet des mains ne la mit pas réellement de bonne humeur, et Cameron ne fut pas vraiment surpris de la voir se tourner vers lui, le regard noir annonciateur de mauvais temps, et croiser les bras devant elle avant de lui demander :
« C’est quoi, ce foutu job ? »
Il sourit, et fut bien heureux de sentir que ce sourire énervait encore plus la tsigane. C’était plus fort que lui, il n’avait jamais pu se lasser de la mettre en rogne.
« Il y a un Gala de charité à la MUCLA, une université magi… »
« Je sais très bien ce qu’est la MUCLA, merci bien. »
« J’ai besoin que tu m’y fasses entrer. »
Il y eut un moment de flottement durant lequel on n’entendit plus que les hommes de Cameron jouer de leurs outils, et cela énerva Jena encore un peu plus. Visiblement, ils n’étaient pas très inquiets, leur chef avait dû leur dire qu’il n’y avait aucune chance pour qu’elle refuse. Mais plus qu’énervée, elle était, tout d’abord, surprise.
« Par magie, tu veux dire ? Tu veux cambrioler la MUCLA ? »
« Non, dumbass, t’es une super spécialiste en magie des flux ou je sais pas quelle autre connerie, non ? Ca devrait pas être trop dur de récupérer une invitation. »
« Attends… Tu m’a fait venir ici, en déjouant les traqueurs de l’Organisation parce que tu as besoin d’un date ? »
Cameron sourit de cet air de crapule qui avait toujours autant plu à Jena, et elle soupira. Elle irait à cette idiotie de gala, et ce serait la première fois qu’on verrait Jena Solomiya à ce genre de galas depuis… à peu près… toujours. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Jeu 4 Nov - 14:23 | |
| Six ans plus tôt. « Jena Solomiya, meet Hannah Brannigan. »Jena sentit sa respiration se couper. Des femmes, elle en avait vues beaucoup dans sa vie, mais elle n’en avait jamais vues de comme ça. Grande, la peau parfaite, les courbes à se damner, de longs cheveux trop blonds, de grands yeux verts bien trop verts, et un visage qui semblait illustrer le mot perfection, voilà ce qu’était Hannah. Mais il n’y avait pas que ça, il y avait sa magie. Jena sentit la tête lui tourner, son pouls accélérer. Tellement de puissance. Tellement de flux. Elle n’eut même pas à chercher à les voir pour le faire, et même pas à chercher à les analyser pour que ça s’impose à elle. Ils étaient d’un vert aussi surprenant que celui des yeux de la magnifique jeune femme, et d’une forme complexe, avec tellement de ramifications que Jena se demanda s’il était possible de les apprendre par cœur. « Enchantée. » lui dit l’inconnue, et Jena serra la main, sentant bel et bien une sorte de décharge quand leurs peaux entrèrent en contact, et leurs flux par la même occasion. « Qu’est-ce que… » commença Jena, en regardant vers Enrike, qui s’était dirigé vers un bureau pour regarder quelque chose sur un ordinateur. Ils se trouvaient dans un grand bureau, celui d’une des cellules de l’Organisation, et quelques personnes s’affairaient sans même faire attention à eux, et, plus étrangement, à Hannah. Enrike revint vers elle, et les mena à une autre salle, qui ressemblait à une cellule d’hôpital psychiatrique magique, pièce de taille moyenne, capitonnée, avec des sécurités magiques pour éviter tout débordement de ce côté-là. Jena frissonna, ça lui rappelait trop de mauvais souvenirs, mais heureusement, après avoir fermé la porte derrière eux, Enrike reprit la parole. « C’est ton job, Jena. »Elle leva un sourcil interloqué vers l’Anglais, pas sûre d’avoir bien compris. « Hannah va devoir intervenir dans une secte, c’est le travail le plus fréquent de notre Cellule, Avalanches. Et on a besoin que tu la prépares, afin qu’elle réussisses à passer innapperçue. »
« Si c’était avec des humains, ça ne poserait pas de problème. » Expliqua la magnifique blonde, et sa voix était de celles que Jena aurait pu écouter pendant des heures. « Seulement… »« C’est une secte de vampires, qu’elle va infiltrer. »
« Et vous pensez que je peux la préparer ? »
« Les Tesulah ont une longue habitude de cohabitation avec les vampires, n’est-ce pas ? Et tu es une grande spécialiste en Morphies et flux. »Jena hocha la tête. Oui, elle s’en sentait capable, surtout avec une élève aux capacités de la jeune femme qui lui faisait face. Elle planta son regard noir dans celui de son interlocutrice, un regard plein de confiance, qui montrait qu’elle ne se laissait pas impressionner, malgré le choc que la beauté et la puissance d’Hannah avaient pu provoquer, puis lui dit. « Okay. Mais d’abord, tu me dis ton vrai nom. »Il y eut un petit moment de flottement, et finalement, Enrike sourit. « Je t’avais dit qu’elle était bonne. »Hannah hocha la tête, et Jena sentit en ces quelques secondes plus qu’elle ne l’aurait dû à propos de l’intimité des deux agents. « Zephira Wood. » se représenta la magnifique femme, en tendant de nouveau sa main. Jena hésita, et les trois protagonistes se regardèrent un moment en chien de faïence. Finalement, elle serra une deuxième fois la main de Zephira, et dit : « Ca ira pour le moment, mais je ne suis pas dupe. »Zephira et Enrike rirent, et ce rire était la chose la plus sincère à laquelle Jena ait été confrontée depuis son arrivée dans les locaux d’Avalanches. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Ven 5 Nov - 12:54 | |
| « Sûrement pas ! »
« Bien sûr que si ! »
« Je te dis que non ! Il est hors de question… »
« Alors il est hors de question que je t’aide ! »
« Ca fait combien de temps ? »
Jasper baissa son regard myope sur sa montre avant de soupirer.
« A peu près trente-cinq minutes. »
« Damn… Ils en ont jamais marre ? »
Jasper haussa les épaules puis se reconcentra sur son travail. S’occuper de débarasser le daemon de son traqueur sans pour autant que l’Organisation s’en rende compte tout de suite (et donc débarque au dernier endroit où il avait été, l’entrepôt en l’occurrence) était assez compliqué comme ça. Les cris de Jena et de Cameron n’aidaient en rien. Ils se trouvaient au centre de l’entrepôt, se faisaient face, et à quelques centimètres seulement l’un de l’autre, se hurlaient dessus depuis plus d’une demi-heure. La tension entre eux était palpable et Jasper dut se retenir de leur dire de se trouver une chambre. Il savait d’expérience que quand il était dans ce genre d’état, Cameron perdait tout sens de l’humour.
« Ton rôle est de nous faire entrer dans la MUCLA, tu n’as aucun besoin de savoir quoi que ce soit de plus sur ce putain de job ! » gueula Cameron, et Jasper se dit qu’il aurait déjà abandonné la bataille depuis longtemps s’il avait été à la place de Jena.
« Je ne peux pas accepter de vous faire entrer si je ne sais pas ce que vous voulez faire ! » répondit Jena sur le même ton, et Jasper se dit qu’à la place de Cameron, il aurait sûrement déjà déposé les armes.
Il soupira et regarda de nouveau sa montre. Bon, ça faisait trois minutes que Nanosh baignait dans la potion qu’il avait préparée pour lui, il lui fit signe d’en sortir. Le daemon, qui avait pris la forme d’un poisson noir durant l’opération, sortit de l’eau, prit une forme de corbeau, et alla se percher sur un meuble dans un coin, l’air peu heureux de se trouver là. Et franchement, vu les cris, Jasper pouvait le comprendre. Il se concentra plutôt sur la filtration de la potion. Le but était que la perle qu’il avait mise au fond récupère le sort, c’était très compliqué, mais ça avait eu l’air de fonctionner. Une fois la perle récupérée, il sortit sa baguette et jeta un sort dessus. La perle se mit à flotter, puis disparut (devint invisible en fait) et il la dirigea jusqu’à la fenêtre. Elle allait voler un moment, mettre l’organisation sur une mauvaise piste.
Bill tourna un regard interrogatif vers lui et Jasper hocha la tête. Bill était un aborigène et Jasper ne l’avait jamais vu parler que lorsqu’il avait rembarré un type dans un bar qui avait eu des propos racistes. Après avoir dit deux phrases laconiques, il avait joué des poings, et le mec devait toujours être en train de récupérer à l’hôpital. Autant dire que Jasper ne cherchait pas particulièrement à faire parler Bill. Ce dernier venait visiblement de finir son boulot sur la voiture et se dirigeait à présent vers le coin « salon » (où se trouvaient la machine à café de quelques fauteuils défoncés), où il passait tout son temps non-occupé à lire des bouquins de physique quantique et autres trucs aussi compliqués auxquels même un cerveau comme Jasper ne comprenait rien.
« Je ne te mettrai pas en danger ! On ne joue pas, nos employeurs ne sont pas des rigolos ! »
« Qui te permet de jouer au protecteur ? Tu crois que je suis pas assez grande pour me défendre ? »
« Je… »
« ASSEZ ! » hurla soudain Jasper, pour sa plus grande surprise.
Deux paires d’yeux noirs se tournèrent vers lui dans un bel ensemble, et il sentit sa respiration se couper. Il se força à respirer, puis avança un peu, avec l’air embêté de quelqu’un qui est soudain le centre de l’attention, et de fait, tout le monde le regardait, et attendait de voir comment il allait s’en tirer.
« On a besoin de rentrer à la MUCLA pour récupérer des informations sur un chargement de catalyseurs très sophistiqués. Notre employeur en a besoin pour fabriquer des objets magiques illégaux, ça vaut une petite fortune. » expliqua-t-il à Jena. Puis, il tourna un regard d’excuses vers Cameron : « Désolé, mais on ne peut pas réussir sans elle, on a besoin qu’elle nous fasse entrer. »
Cameron grogna, et s’apprêta à ajouter quelque chose mais Jena l’interrompit :
« Vous savez pas à quel point c’est vrai… Le doyen de la MUCLA est un mec relativement sympa, mais il est plutôt parano quand il s’agit des dépenses de l’Université, surtout pour une dépense aussi importante. Il va y avoir de sérieuses sécurités. »
« Le Gala se trouve dans le bâtiment où se trouve son bureau et la sécurité est la même pour tout le bâtiment, ce soir-là, il suffira donc d’avoir été invité pour entrer dans n’importe quelle pièce. » expliqua Cameron.
« Oh oui, sûrement. Seulement si cette livraison est si importante, il va avoir mis une sécurité sur les détails, pour être le seul à pouvoir les lire. »
« Une sécurité sur une empreinte magique ? » demanda Jasper, après tout il était plus ou moins le spécialiste de ce genre de domaines.
« Ouaip, et avant d’être le Doyen, c’était un très grand chercheur. Ca va pas être du gâteau à craquer. »
« Et évidemment, tu penses pouvoir y arriver, c’est ça ? »
Jena sourit d’un air insolent.
« T’as tout compris. » _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Lun 15 Nov - 13:07 | |
| Trois ans plus tôt. « C’est une heure pour se réveiller ? »Jena ouvrit les yeux en grognant. Merde, elle avait une sacrée gueule de bois si elle en était à entendre la voix de sa mère au réveil. Delirium tremens poussé. Elle enfonça sa tête dans l’oreiller, en grognant de plus belle. La fête d’hier… Waw. Ca, c’était sûr, les irlandais savaient faire la fête ! Elle adorait New-York, toujours autant qu’avant, et surtout ses bars irlandais… et ses groupes de pompiers irlandais… Et ses bières irlandaises…. Mhhh… Elle avait la bouche pâteuse, et un peu mal au crâne, et elle entendait la voix de sa mère. Ce serait une longue journée. Elle sursauta quand elle entendit Nanosh claquer du bec et se redressa brusquement. Nanosh était sous sa forme de corbeau, elle pouvait le sentir. Hors quand elle avait une gueule de bois, en général, il se mettait sous une forme féline et se roulait en boule dans un coin, voire contre elle quand il était de bonne humeur. Il y avait quelque chose qui n’allait pas. « Oh merde. »Elle la vit. Sa mère. Assise bien droite dans le fauteuil qui se trouvait près de la fenêtre de la chambre du pub. Elle avait déposé les affaires que Jena y avait jetées en crashant dans sa chambre quelques heures plus tôt, bien pliées, à côté, par terre. Les années l’avaient rendue toute sèche, il n’y avait plus rien de la femme opulente qu’elle avait été toute l’enfance et l’adolescence de sa cadette. Elle était sèche, et ses yeux noirs étaient aussi secs, durs. Elle avait tout de la vieille gitane puissante. Couverte de voiles noirs, habillée tout de noir, son daemon se tenant sur le rebord de la fenêtre, sous la forme d’une petite souris noire. Ses cheveux étaient toujours aussi noirs, et Jena savait que c’était tout à fait naturel : pas de teinture, pas de magie. Solomiya n’avait jamais eu un seul cheveux blanc, et elle mourrait sûrement comme ça. « Qu’est-ce que tu fais là ? Le clan est en Irlande ? »
« Non. »Jena chercha à tâtons un truc pour s’habiller. Sa mère n’avait jamais été particulièrement pudique, c’était un trait commun à la plupart des Tesulah, mais être nue devant cette femme qui la regardait avec ces yeux perçants et désapprobateurs… Elle enfila un t-shirt sur lequel le logo d’Iron Maiden se trouvait, et une culotte noire trouvée sous le lit, puis hésita un instant avant de retourner sous sa couette. Il était trop tôt, après une fête comme elle l’avait faite la veille, pour sortir du lit. « Où est… Euh… Liam ? Graham ? Euh… »
« Dan. Il est rentré chez lui quand je suis arrivée. Il m’a dit qu’il t’avait laissé son numéro. Je lui ai dit que tu ne l’appellerais pas. »Jena haussa les épaules. Non, en général, elle n’appelait pas. Surtout pas quand elle avait prévu de partir d’Irlande le soir-même, pour aller faire une nouvelle conférence. Ou un spectacle. En Allemagne ou en Autriche, elle ne se souvenait plus très bien de son agenda à ce moment précis. « Qu’est-ce que tu fais là Solomiya ? »Sa mère soupira. Elle avait toujours détesté que Jena l’appelle par son prénom, ce qui était pourtant relativement courant chez les Tesulah, mais pas dans la famille de Jena. Et pendant quelques instants, la trentenaire crut que c’était ce qui avait humidifié les yeux de sa mère, elle s’en sentit même coupable. Mais les yeux s’asséchèrent d’un coup, Solomiya releva la tête dignement, et dit : « Ton père est mort. Il a eu une crise cardiaque hier après-midi. »Jena sentit sa mâchoire s’ouvrir d’elle-même. Son souffle se coupa et elle ne sut plus ni où elle était, ni ce qui se passait. Nanosh poussa un cri, lugubre, tout à fait accordé à sa forme de corbeau, mais ce fut la seule réaction réelle du duo. « Je sais que tu ne lui parlais plus depuis plus de vingt ans, Jena. Mais tu dois venir le veiller. C’était ton père. Il ne mérite pas la haine que tu lui voues. »Jena grimaça. « Je dois appeler Cameron. »Comme un automate, elle se releva et se dirigea vers son sac, dans l’espoir de trouver son téléphone portable. « Cameron. » cracha sa mère. « Ton père meurt et toi tu appelles ce Lyoubos ! »
« Tu ne sais rien. » soupira platement Jena. « Je sais tout. » répondit Solomiya. Jena se figea et tourna un regard perdu vers celle qui clamait être sa mère et avec qui elle n’avait jamais rien eu en commun. « Tu… Tu quoi ? »
« Je sais tout. Depuis longtemps. Très longtemps. »
« Et tu as laissé faire ? »
« Pourquoi pas ? Le mal était fait. »
« Tu es restée avec papa ! » hurla soudain Jena. « Tu es restée avec LUI ! Alors que tu savais ? Tu es restée avec ce salaud après ce qu’il avait fait ? »
« Je t’interdis de parler ainsi de ton père. » répondit Solomiya en se levant dans un mouvement de voiles assez impressionnant. « C’était un homme bien. »
« C’était le pire des hommes. »
« Tu l’adorais. C’était l’homme le plus important de ta vie. »
« C’était avant. »Solomiya dépassa Jena en la toisant. Elle regarda le portable que sa fille avait dans les mains, et une haine féroce sembla la submerger. « Tu as choisi ce Lyoubos. Tu l’as choisi et tu as renié ton père. Et maintenant que ton père est mort, tu recommences. Tu salis tout Jena. Tu as toujours tout sali. »Elle claqua la porte derrière elle, laissant une Jena tremblante et seule. Ne sachant même pas s’il fallait vraiment qu’elle appelle Cameron ou pas. Ne sachant absolument pas quoi faire. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Dim 21 Nov - 18:15 | |
| « Tu vas l’arracher. »
Cameron tourna un regard mauvais vers elle et Jena lui sourit d’un air innocent :
« Si tu arraches l’accoudoir, la compagnie va sûrement te faire payer un supplément. »
La tsigane entendit avec plaisir son compagnon grogner, avant de le voir, du coin de l’œil, essayer vaguement de se détendre. Le fait qu’il ait toujours eu le mal de l’air l’avait toujours rendue plutôt moqueuse. Après tout, un mec qui n’avait pas peur de se battre seul contre une demi douzaine de mecs avait peur de voler. Ridicule. Elle ne put retenir un rire quand une micro-turbulence de rien du tout vint secouer un peu l’appareil et que Cameron étouffa un cri. Non, franchement, c’était à mourir de rire !
« C’est pour ça que tu n’as pas voulu qu’ils voyagent avec nous, avoue. »
« Shut up, Jen. »
Elle rit et prit une revue qui se trouvait devant elle, avant de la feuilleter rapidement tout en parlant sur un ton léger :
« Tu as sûrement eu raison. Si tes hommes t’avaient vu dans cet état, pas sûr qu’ils auraient continué à t’obéir aveuglément… »
« Shut-the-fuck-up. » scanda Cameron entre ses dents tout en fermant les yeux alors que le pilote annonçait une vague de turbulences.
Jena se contenta d’attacher de novueau sa ceinture, ce que Cameron n’avait évidemment pas besoin de faire, il ne la détacherait pas de tout le vol… Jena n’était même pas sûre qu’il aille au toilettes à un moment ou un autre… Et c’était un vol relativement long qu’ils avaient pris pour aller à L.A.
« Dis, Cam, y a un truc que je pige pas. »
Il grogna, ce qu’elle prit comme un encouragement, ou fit comme si en tout cas.
« Pourquoi moi ? »
Il rouvrit les yeux et la regarda d’un air surpris.
« En vingt ans, c’est la première fois que tu me pose cette question. »
Elle sourit.
« Peut-être que j’ai jamais osé. »
« Peut-être que jusqu’à présent tu as toujours su pourquoi c’était toi. »
Elle sourit, un sourire qui n’avait rien de vraiment joyeux, mais qui était plein de connivences. Elle tourna quelques pages de son magasine, laissant Cameron à ses angoisses existentielles (voler ou se crasher, telle est la question). Puis, sur un ton anodin, elle revint à la charge :
« Alors… Pourquoi ? »
« Pourquoi quoi ? »
« Pourquoi moi ? »
Cameron grogna alors que l’avion se remettait à trembler. Il laissa passer plusieurs turbulences, puis demanda, sur un ton meurtrier :
« Pourquoi toi quoi, Jen ? »
Elle sourit.
« Pourquoi moi pour ce job ? Tu savais pas qu’il y aurait une empreinte, donc t’avais pas besoin d’une spécialiste de mon niveau jusqu’à ce que tu le saches. Et, franchement, cette histoire de vouloir être mon cavalier à ce gala stupide… T’as jamais été du genre à fantasmer sur James Bond, et je t’ai jamais vu faire un job proprement. »
« Peut-être que cette fois, je suis obligé. »
« Ah ? »
« Peut-être que mes boss veulent de la discrétion. »
Jena ne put s’empêcher de rire.
« Discrétion ? Toi et moi ? »
« Oh shut up ! Ca faisait quoi ? Trois ans qu’on s’était pas vus ? Depuis l’enterrement de Jal ? J’avais envie de te voir Jen. » cracha Cameron en plongeant son regard dans celui de la tsigane. « Et je me suis dit que peut-être bien que t’aurais envie de me voir aussi, c’était une occasion de s’amuser, toi et moi, comme au bon vieux temps. »
Jena sentit un frisson de plaisir la parcourir. Elle sourit à Cameron, un sourire qui, cette fois, était dénué de toute moquerie, de toute ironie. Elle hocha la tête, puis déposa la revue dans le porte revue et prit les écouteurs pour regarder un film.
« Comme au bon vieux temps. » murmura-t-elle d’un air rêveur tout en cherchant à choisir parmi la dizaine de films proposés. « Sauf qu’on est en première classe. »
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 | Sujet: Re: Career of Evil Ven 26 Nov - 12:15 | |
| 19 ans plus tôt. Jena ouvrit les yeux et sentit son cœur se remettre à battre. Elle prit une grande inspiration, sentant la vie reprendre son chemin dans son corps, commençant par les poumons, puis allant jusqu’au cœur, et étant propulsée par ce dernier dans toutes les parcelles de son anatomie. Elle sentit toutes les pulsations reprendre, toutes celles auxquelles normalement elle ne faisait même pas attention mais qui, à ce moment précis, étaient la seule chose qui l’intéressait. Elle avait mal à tous ses muscles, mal à la gorge (et ne put s’empêcher de se mettre à tousser pendant un long moment), et la tête qui tournait. Mais toutes ces sensations, bien que véritablement désagréables, elle les accueillit avec amour et gratitude, parce qu’elles voulaient dire qu’elle s’en était sortie. « Jena Solomiya, Fille de Jal. »Elle prit une nouvelle grande inspiration, essayant de savourer cet instant, d’oublier la voix grave et pleine de pouvoir qui s’adressait à elle, ou les murmures respectueux des dizaines de gens qui l’entouraient. Elle était morte quelques minutes plus tôt, ils pouvaient bien la laisser tranquille encore un peu. « Jena Solomiya, Fille de Jal. » répéta la voix. Jena sentit sa colère monter. C’était comme ça qu’on l’avait appelée depuis qu’elle était enfant. Selon la tradition Tesulah, elle prenait comme « nom de famille » (ou qui s’en approchait, c’était en fait plus un deuxième prénom qu’autre chose), le prénom de sa mère (ses frères, eux, avaient le prénom de leur père) et la plupart du temps on l’appelait comme ça. Sauf dans les situations « officielles », comme ce jour-là, où on ajoutait le prénom de son père, par souci d’équité. Quand ses frères étaient nommés officiellement, on ajoutait « fils de Solomiya ». Et jusqu’à peu de temps, Jena avait toujours été fière de voir le nom de son père accolé au sien, ça lui semblait bien plus naturel que de voir celui de sa mère. A présent, le seul fait d’entendre le prénom Jal lui donnait la nausée. Et vu l’état dans lequel elle était, cette nausée en plus n’était pas vraiment la bienvenue. « Jena Sol… »« Ouais, ouais, ouais ! J’arrive. » grogna-t-elle d’une voix rauque, qui aurait sûrement été inaudible si la foule qui l’entourait n’avait pas respecté un silence aussi pointilleux. Elle prit une nouvelle inspiration. Petit à petit, elle s’était reconnectée à la réalité. Son pouls n’était plus la seule chose qu’elle sentait. A présent, elle avait tout à fait conscience des graviers sur lesquels elle était allongée, dans son dos. Elle avait conscience de la douceur de sa robe en soie noire, qui lui arrivait aux genoux et qui ne couvrait pas grand-chose de plus qu’une nuisette l’aurait faite (quand elle avait débarqué dans le Cercle avec la robe qu’elle avait raccourcie, elle avait vu plusieurs Anciens grimacer, mais ce qui l’avait le plus marqué avait été l’air amusé de Mozol, elle qui avait toujours eu si facilement tendance à sembler voir le mal dans chaque chose que Jena faisait, elle qui avait mené une campagne pour la bannir après son départ avec Cameron). Elle passa une main dans ses cheveux (courts, et noirs, elle n’avait pas accepté de céder aux suppliques de sa mère à propos de la coiffure traditionnelle qu’elle était sensée porter), qu’elle laissa ensuite glisser sur son visage, afin d’en effacer les larmes (toutes n’avaient pas été dues à la réanimation et aux quintes de toux, elle devait l’admettre), avant de finalement pousser sur ses bras pour se mettre en position assise. Au lieu du ciel, aussi noir que les vêtements que tous les membres du Clan portaient en cette soirée de Transe, elle se retrouva face à Mozol. Grande gitane sans âge, parée de voiles, mais plus belle que n’importe quelle femme que Jena eut jamais rencontrée. Plus cruelle aussi, plus Tesulah, et plus puissante. On ne devenait pas Initiatrice sans toutes ces qualités. « Quel est le mot ? » demanda Mozol, dans cette voix chantante et grave, pleine d’une puissance séculaire, qui fit, comme toujours, trembler Jena malgré elle. Jena prit une nouvelle inspiration et se racla la gorge. Tous les Tesulah étaient pendus à ses lèvres, attendant une réponse. C’était un moment marquant dans la vie d’un Tesulah, LE moment, celui qui définissait votre place dans le clan. Et Jena était un cas particulier, tout le monde attendait de voir ce qu’elle deviendrait, après tout, elle venait de passer trois ans hors du Clan, et peu avaient parié sur son retour pour effectuer la Transe. Son regard croisa celui de sa mère, à la droite de Mozol. Combien de fois Solomiya lui avait dit à quel point le moment où elle avait répondu « Ancienne » avait été LE moment le plus important de sa vie ? Combien de fois, même si elle ne pouvait lui parler de sa transe (c’était quelque chose d’impossible à raconter, et à présent Jena savait pourquoi), elle lui avait répété le plaisir et la surprise que lui avait apporté ce mot ? Quand elle l’avait prononcé, elle avait découvert son destin, comme le voulait la tradition Tesulah. Jena frissonna. « Tesulah. » répondit Jena, d’une voix claire et forte. Il y eut un petit moment de flottement. Mozol la regarda d’un air surpris, mais Jena soutint son regard avec toute la force et toute l’insolence dont elle était capable du haut de ses seize ans. Finalement, l’Initiatrice hocha doucement la tête, et prononça les paroles rituelles : « Jena Solomiya, fille de Jal, tu seras donc, jusqu’à ce que la mort te prenne, une Tesulah. »Tout le monde applaudit, quelqu’un se mit à jouer de la guitare, un autre se mit à faire des percussions, plusieurs feux furent allumés, et Solomiya se précipita pour serrer sa cadette dans ses bras, puis pour l’aider à se relever. Pendant tout ce temps, Mozol n’avait pas bougé, fixant Jena de ses yeux noirs trop intelligents. L’adolescente frissonna, jamais elle n’avait eu aussi peur de quelqu’un. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy
Dernière édition par Jena Solomiya le Lun 13 Déc - 10:26, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Ven 26 Nov - 13:51 | |
| « C’est une heure pour se réveiller ? »
Jena ouvrit les yeux en grognant. Merde, elle avait une sacrée gueule de bois. Elle sentait une sorte de pulsation dans son crâne qui ne semblait rien annoncer de bon. L.A. n’avait jamais été sa ville préférée, mais aller dans les bars des docks avec Cameron, y passer toute la nuit en buvant, dansant, gueulant, et en trouvant même le temps d’un petit quicky dans les toilettes, avant de revenir à la chambre d’hôtel hyper luxueuse que la MUCLA lui avait réservée avant de crasher dans son lit, à peine dévêtue. Ouais, ça c’était de la fête. Et même si elle n’avait plus vingt ans, et qu’elle allait le payer cher toute la journée, ça avait quand même valu le coup. Elle se retourna, enfouit sa tête sous l’oreiller, en grognant.
Elle était prête à se rendormir, malgré la nausée et le mal de crâne, mais Nanosh claqua du bec. Et soudain, Jena revint à la réalité. Elle se redressa brusquement et ouvrit les yeux, qui tombèrent directement sur la dernière personne qu’elle s’attendait à voir, assise sur le fauteuil de la suite, la regardant avec un air exaspéré. Une gitane, très belle, plus vieille que Jena, habillée de noir, mais pas vraiment d’une tenue traditionnelle.
« Merde. »
« Salut Jena. »
« Jofranka. » soupira la tsigane avant de s’enrouler dans sa couette, pas par pudeur, mais parce qu’elle avait des frissons. Elle chercha son paquet de clopes sur la table basse, à tâtons, et s’en alluma une avant de demander. « Solomiya a clamsé ? »
Jofranka éclata de rire. Un rire rauque tout à fait identique à celui que Jena avait. C’était la seule chose qui les faisait vraiment se ressembler, physiquement, bien qu’étant une grande brune mince au type tsigane, Jofranka était à peu près l’opposé de tout ce qu’était Jena. Elle avait des lèvres fines quand Jena en avait des charnues, des yeux clairs quand ceux de Jena étaient bruns… Elle arrêta de rire aussi brusquement qu’elle avait commencé, puis dit :
« Solomiya nous enterrera tous. »
Jena tira une nouvelle taffe sur sa cigarette et son regard coula vers la porte qui menait au petit salon de la suite.
« Où est… »
« Il est parti quand je suis arrivée. Visiblement, il ne cherche pas exactement ma compagnie. »
« La dernière fois que tu l’as vu, tu l’as menacé de le tuer s’il me montait encore la tête contre la famille. »
Jofranka haussa les épaules.
« Tu n’aurais jamais dû partir avec lui. »
« Je t’interdis de parler de lui. » grogna Jena.
Jofranka haussa de nouveau les épaules, avant de planter un regard impitoyable dans celui de sa petite sœur.
« Tu es ma sœur. Je t’aime. Mais tu es une abomination. Tu as toujours voulu trahir le Clan, tu l’as fait un nombre incalculable de fois. Et Cameron a souvent été l’accessoire que tu as utilisé pour le faire. A l’époque, j’ai fait l’erreur de croire qu’il se servait de toi, alors que c’était l’inverse. »
« Tu ne sais rien de notre relation. »
« C’est toujours ta réponse. »
Jena se contenta de hocher de la tête avant de se lever, d’écraser sa cigarette dans une bouteille de bière qui trainait et de chercher des vêtements. Elle enfila un short noir, et un t-shirt appartenant à Cameron, blanc avec le logo de The Clash dessus.
« Trente-six ans et tu continues à avoir cet air ridicule dès que tu penses à lui. »
« Tu es jalouse, Jo, parce que tu n’as jamais eu ce genre de relation avec personne. »
« Là, c’est toi qui parle de ce que tu ne connais pas. »
Jena et sa sœur s’affrontèrent du regard un moment puis, finalement, Jena déposa les armes.
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
« C’est Yoshka. Il m’a envoyé une lettre. Il est à Sywhaîd. »
Jena sentit le sol se dérober sous elle. Elle fit quelques pas et s’assit sur le rebord de son lit. Prit une inspiration, puis marmonna :
« J’ai besoin d’un café. »
Sa sœur lui sourit, et lui tendit une tasse starbucks bien chaude pour laquelle Jena ne pensa même pas à la remercier. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Sam 4 Déc - 14:37 | |
| Six ans plus tôt. « Stop ! Ca ne va pas du tout ! » s’énerva Jena, sentant une vague de colère monter en elle. Zephira s’arrêta, relâchant la puissance de ses flux et, de nouveau, tout ce qu’elle était sauta aux yeux de la tsigane qui eut besoin de quelques secondes pour s’adapter à cette vision. Elles se faisaient face, la magnifique blonde, pleine de puissance, et la belle brune, sauvage et, visiblement, pas dans son meilleur jour. « Si c’est pour me faire perdre mon temps, c’est pas la peine de te déplacer. » cracha Jena entre ses dents tout en balançant à Zephira une bouteille d’eau. « Je fais de mon mieux. » répondit la jeune femme en débouchant la bouteille pour en boire plusieurs gorgées rapides. « C’est faux ! »Elles s’affrontèrent du regard un moment. Nanosh, sur une des poutres du gymnase, sous sa forme de corbeau, sentit ses plumes noires se dresser. La puissance de Zephira était tangible, et d’autant plus impressionnante quand elle affrontait Jena. Elle semblait soudain entourée d’une aura dangereuse, et ça n’était pas la première fois que le duo tesulah voyait en elle l’incarnation de la mort. « Je n’ai pas peur de toi. » Les Tesulah n’avaient pas peur de la mort, et Jena n’avait, globalement, peur de personne. Elle sourit, et son sourire avait quelque chose de mauvais, d’agressif. Zephira lui répondit d’un sourire qui, lui, était doux. Elle prit une inspiration et, soudain, son aura disparut, en partie, et la tension elle aussi. Jena se sentit soudain plus calme. Elle secoua la tête, pour détendre sa nuque, s’étira, puis alla s’asseoir sur un des tapis de gym bleus qu’elles avaient disposés au sol quand elles étaient arrivées dans la salle près de trois heures plus tot. « Je suis une spécialiste, Hannah, mais les vampires sont plus forts que moi. Si j’arrive à voir ta puissance, c’est qu’ils n’auront aucun mal à la sentir dès que tu entreras dans la pièce. En l’état, aucun vampire de plus de cinquante ans ne croira en ta couverture, et là où tu vas, il y aura des vampires assez puissants pour te combattre. Tu n’es pas toute puissante, peut-être qu’un jour tu sauras assez contrôler tes pouvoirs pour qu’aucune créature sur terre ne puisse te battre, mais pour le moment, ça n’est pas le cas. Et ta mission va te mettre dans une position particulièrement vulnérable. »Zephira soupira. Elle était restée debout, là où elle avait été au moment où les deux femmes s’étaient affrontées, et elle avait écouté Jena sans réagir. Elle savait tout ça. « Les flux n’ont jamais été ma spécialité. Tu ne peux pas t’attendre à ce que je fasses des exploits au bout de trois jours d’entraînement. »« Avec tes pouvoirs, ça ne devrait pas te prendre plus d’une heure pour apprendre tout ce que je sais faire. » « Mais peut-être qu’Hannah n’a pas vraiment envie de réussir. » susurra une voix dans le dos de Jena. La tsigane ne prit pas la peine de se retourner. Elle avait sentit sa présence un moment plus tôt, et elle savait que Zephira l’avait elle aussi sentie, sûrement même avant elle. Au lieu de s’occuper du vampire, Jena fixa Zephira, et sentit que Nanosh faisait de même. « Sabotage ? »Zephira soupira avant de porter une main à sa taille, où Jena savait que son daemon serpent se trouvait. Ca n’était pas la première fois qu’elle la voyait faire ça à un moment où elles discutaient de la mission, et même si le daemon ne s’était jamais montré à elle, elle sentait sa présence, et la sentait d’autant plus quand il était question de la mission. « Elle ne veut pas faire cette mission. »Le vampire entra finalement dans le champs de vision de Jena. Il était toujours aussi beau, et Jena sentit, malgré elle, son cœur manquer un battement quand elle l’aperçut. Sa voix, elle avait fini par arrêter de se sentir aussi bêtement attirée par elle, mais il lui avait fallu des années pour ça. Par contre, son physique… Il y avait quelque chose qui se dégageait de lui qu’elle n’arrivait toujours pas à analyser, qui la surprenait toujours, et la surprise avait toujours été ce qui attirait le plus la tsigane. Il s’approcha de Zephira et tendit sa main vers la taille de la jeune femme, là où se trouvait le serpent qui lui servait de daemon. « Zoran. » siffla Jena entre ses dents, prête à bondir à tout moment. Le vampire détacha ses grands yeux sombres de ceux trop verts de Zephira, et sourit à Jena. Il avait arrêté son geste, et s’était légèrement déplacé, à une vitesse telle que, si elle avait moins connu le vampire, et les autres représentants de son espèce en général, Jena aurait sûrement douté de l’avoir jamais vu essayer (et réussir partiellement) d’envoûter Zephira. Il passa une main dans ses longs cheveux bruns, qui ce jour-là étaient lâchés, et dit sur un ton de parfaite contrition : « Ses énergies sont complètement relâchées. C’est… irrésistible. »« Hannah. » Zephira sembla soudain sortir d’un rêve, comme si Jena avait claqué dans ses doigts au lieu de l’interpeler. Il ne lui fallut pas plus d’une fraction de seconde pour faire disparaître la plus grande partie de ses flux, et pratiquement toutes les particularités qui faisaient d’elle cette créature envoûtante. Zephira avait à présent l’air presque normale. Le problème était que presque n’était pas assez. « Tu es obligée de faire cette mission, n’est-ce pas ? » comprit soudain Jena. « On ne dit pas non à l’Organisation. » répondit Jena après un rire qui n’avait rien de joyeux. « Ils n’annuleront pas cette mission. Quoi que tu fasses, ils t’enverront là-bas. Et tu as besoin d’apprendre ce que j’essaie de t’apprendre, autrement tu ne tiendras pas plus de cinq minutes. »Zephira hocha la tête. Et soudain, il n’y eut plus rien de Zephira Wood devant Jena. Il n’y avait qu’une femme, blonde, au teint trop pâle, aux cheveux raides, fades, aux yeux d’un gris-vert sans intérêt. Une femme qui avait des flux, une sorcière, mais sans grand pouvoir, sans grande connaissance. Jena sourit, puis tourna un regard interrogatif vers Zoran. « C’est parfait. J’ai même du mal à être attiré par elle. »« Très bien. » Jena tapa dans ses mains et se releva souplement. « Next step. Créer un faux lien vampirique entre vous deux. »Elle sourit, cette partie du travail était celle qu’elle attendait depuis le début. A partir de maintenant, ils n’étaient plus en terrain connu. Ils ne faisaient plus un travail que n’importe quel spécialiste des flux pouvait faire. Maintenant, ils avaient besoin du talent de Jena. De son imagination, et de ses dons. Maintenant, ils avaient besoin de la Princesse Tesulah. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Lun 6 Déc - 11:30 | |
| « Bon tu te grouilles ouais ? »
Jena soupira, et prit le temps d’enfiler sa boucle pendante en diamants avant de répondre :
« Juste une minute ! »
« Ca fait trois putain d’heures que tu me dis juste une minute ! »
Elle sourit à son reflet. Enerver Cameron était vraiment une de ses occupations préférées. Elle savait qu’il n’était pas patient, au moins aussi peu qu’elle l’était elle-même, surtout quand il s’agissait d’attendre quelqu’un en train de se préparer. Pas pour rien qu’elle n’avait vraiment commencé à se préparer qu’une demi-heure avant qu’il n’arrive. Elle fit un demi-tour sur elle-même et se retrouva face à son reflet complet, dans l’un des nombreux miroirs de l’énorme salle de bain de la suite dans laquelle elle était. Décidément, être une adulte, et une spécialiste reconnue dans le monde entier, avait parfois des avantages.
Cette fois, Cameron n’aurait plus à attendre longtemps, Jena était parfaite. Elle portait une longue robe en soie blanche et noire, dont le bas trainait au sol, et qui collait à son corps comme une seconde peau. Son dos était complètement dénudé, et on pouvait y voir un son tatouage en forme d’œil sur son omoplate. Elle n’avait aucun autre tatouage, et s’était maquillée d’une façon relativement discrète, la seule réelle touche de couleur étant un rouge à lèvre très rouge qui allait parfaitement avec sa peau mâte et ses cheveux très noirs, courts, ébouriffés. Elle portait des pendants en diamants, d’une confection très fine, et un bracelet en grosses perles de bois noires qui était tellement épais qu’il lui prenait pratiquement tout l’avant-bras. Elle était magnifique. En souriant, elle enfila ses escarpins noirs et blancs (qui en fait seraient totalement invisibles vu que la robe trainait complètement au sol) et se regarda une dernière fois dans le miroir avant d’ouvrir la salle de bain.
« Ouah. »
« Toi-même. » sourit-elle.
Elle avait beau s’être attendue au spectacle de Cameron dans un smoking hors de prix, elle n’avait pas pu empêcher son cœur de manquer un battement quand elle l’avait vu. Il était vraiment, vraiment très beau. Et très sexy. Le smoking épousait sa musculature, faisant ressortir sa masculinité d’une façon assez saisissante. Il lui sourit d’un air moqueur, puis fit tourner une jarretière en dentelle noire autour de son index en lui demandant :
« Tu n’oublierais pas quelque chose ? »
Jena soupira et lui arracha le bout de tissu des mains. Evidemment, elle n’avait pas oublié. Elle releva sa jupe et passa sa jambe à travers deux pans de tissus. Elle enfila la jarretière puis se dirigea vers la commode en bois noble dont elle ouvrit le troisième tiroir. Elle fouilla un moment dans les vêtements qui s’y trouvaient, puis en sortit une petite pochette noire. Elle l’ouvrit, vérifia que tout se trouvait bien à l’intérieur, puis l’attacha à la jarretière. Elle revint ensuite au miroir et vérifia que ça ne se voyait pas.
« On va vraiment être en retard. »
« Ils trouveraient ça suspect si j’arrivais à l’heure. »
Cameron s’approcha d’elle et lui déposa un châle en dentelle noire sur les épaules, avec délicatesse.
« Tu es magnifique. »
« T’es pas mal non plus. »
Ils sourirent à leurs reflets, puis sortirent de la chambre d’hôtel. La limousine les attendait déjà depuis plus d’une heure et demi mais, évidemment, le chauffeur ne leur fit aucune réflexion. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Lun 13 Déc - 10:40 | |
| 19 ans plus tôt. « Et donc ensuite, Blake voudrait qu’on parte en voyage de noces à Paris. Paris ! Tu imagines ? Il rêve d’y aller pour visiter tous ces musées… Je n’ai pas osé lui dire qu’on avait vécu là-bas pendant trois ans… »Jena soupira tout en jouant vaguement avec sa purée de potiron aux piments. Elle regarda Jofranka et Ostelinda avec un air ennuyé. Cette conversation semblait durer depuis des heures, et si elle avait été dans un état normal, Jena serait sûrement partie au bout de cinq minutes. « Tu as peur qu’il te demande si tu as visité le Louvre ? »
« Oh mon dieu ! » gazouilla Jofranka avant d’éclater de rire. « Comment tu dis à ton futur mari étudiant aux beaux-arts que le Louvre t’as filé une telle crise d’angoisse que tu t’es retrouvée à l’hôpital ? »Jena vit ses deux sœurs aînées hurler de rire, et elle détacha son regard de ce spectacle. Voir les autres rires était toujours un peu particulier, quand vous-mêmes n’étiez pas d’humeur. Son regard tomba sur Blake, justement, qui parlait avec Laetschi et Englo. Vu l’air égrillard de ses frères (Blake lui tournait le dos, mais elle pouvait assez facilement imaginer qu’il partageait leur expression), ils avaient trop bu. Et parlaient sûrement de sexe. Jena soupira une nouvelle fois. Il devait être dans les trois heures du matin, mais il était encore trop tôt pour s’éclipser. On ne quittait pas la fête de l’Initiation aussi facilement. L’Initié devait être le dernier couché. Et les premiers à partir avaient une sorte de gage. Autant dire qu’elle n’était pas couchée. « Cette place est libre ? »Jena haussa les épaules. Elle était assise sur une couverture, un peu en retrait, ça n’était pas vraiment comme si les fêtes Tesulah se faisaient avec un plaçage. Elle regarda Mozol en coin, se demandant si l’Initiatrice allait lui reprocher de ne pas danser assez, ou de se faire trop discrète. Ce serait bien une première. « Je ne voulais pas que tu passe cette transe. » C’était un fait qui n’appelait aucune réponse, Jena n’en fit pas. « Je voulais même que tu sois bannie. »De nouveau, l’adolescente ne répondit rien. Elle était de mauvaise humeur, et on pouvait le voir même dans la façon dont elle se tenait, ce qui expliquait que les gens n’étaient pas particulièrement venus lui parler. Même chez les Tesulah, les mauvaises humeurs de Jena étaient réputées. Visiblement, trois ans d’absence ne leur avait pas fait oublier. Evidemment, Mozol, elle, ne craignait pas l’adolescente rebelle. Elle était trop puissante pour ça. « Je pense que tu as trahi le clan en partant avec ce Lyoubos. » Jena frissonna en sentant la haine de Mozol pour Cameron, qu’elle n’avait pourtant jamais rencontré, mais elle ne dit rien. Elle n’était plus vraiment d’humeur à hurler sur toute personne qui semblait remettre en question la valeur du jeune homme. « Je pense que tu es égoïste, et que tu n’es pas assez loyale envers le Clan. Je pense que tu ne seras jamais une bonne Tesulah parce que tu ne sais pas quand courber l’échine. »Jena se mordit la lèvre. Elle avait déjà eu ce genre de petits discours assez de fois pour les connaître par cœur. Tout se résumait en un principe : tu es libre tant que le Clan n’a pas besoin de toi. En gros, ça aurait pu être un mantra Tesulah. On avait le droit de faire ce qu’on voulait, tant que le Clan ne nous en empêchait pas. Le Clan devait passer en premier, quoi qu’il arrive. C’était ça être Tesulah. « Mais il m’arrive de me tromper. » ajouta Mozol, et Jena ne réussit pas à cacher sa surprise, et à s’empêcher de fixer l’Initiatrice avec un regard un peu trop intense. [color]« Je suis celle qui permet au Clan de révéler la place de chacun, mais je ne suis pas celle qui choisit. »[/color]Jena frissonna. Elle voulait partir, parce qu’elle ne savait que trop bien ce que l’Initiatrice allait dire ensuite, et elle ne voulait pas en parler. « Jena, je connais chacun de tes défauts. Le mensonge n’en fait pas partie. »Nanosh vint se poser sur l’épaule de Jena. Il était sous la forme d’un magnifique aigle noir, et il posa son regard sur l’Initiatrice, qui ne cligna même pas des yeux. Il enfonça ses serres dans l’épaule de sa moitié, mais Jena ne sentit même pas vraiment la douleur. « Quel était le mot ? » Et Jena sentit toute sa force l’abandonner sous le pouvoir de Mozol. « Princesse. » articula-t-elle malgré elle avant de baisser le regard en signe de soumission, le premier qu’elle ait jamais accordé à l’Initiatrice. « Pourquoi ce mensonge ? »Jena releva le regard, un regard noir pleins de larmes et d’insolence. (b]« Je préfère mourir que d’épouser Koloro. » « C’est ton devoir. »[/b] Jena grogna et un sourire insolent vint prendre place sur son visage. « J’ai jamais été très bonne à ce genre de choses, hein. »
« Où irais-tu ? » Jena essaya de soutenir le regard de l’Initiatrice, de trouver une réponse à lui apporter. Mais la femme était bien trop intelligente pour elle. Elle lui sourit, et ce sourire était sans joie, ce qui poussa, pour la première fois de sa vie, Jena à croire que Mozol la comprenait. Qu’elle était de son côté, même. L’Initiatrice lui caressa la joue, et Jena se sentit en sécurité, l’instant de quelques fractions de secondes. Mozol pencha son beau visage vers le sien, et cette proximité était agréable. Pour la première fois, Jena se rendit compte que l’Initiatrice n’était pas seulement une belle femme, elle était une femme envoûtante. Elle comprenait à présent pourquoi on disait que les hommes se damnaient pour elle. Et pourquoi aucune femme ne lui résistait. « Tu n’as personne à l’extérieur. Tu sais à présent que ta place n’est pas auprès de lui, ou tu ne serais pas revenue. Ta place est au sein du clan. En tant que Princesse. Epouser Koloro, comme la tradition le veut, est un sacrifice que tu devras faire. »Jena sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle essaya de se retenir. Se montrer aussi faible devant Mozol était devenu impensable, elle désirait tellement lui plaire. « Pleure petite sœur. Pleure tant que tu le peux. Demain j’annoncerai le vrai mot. Profite de cette dernière nuit en tant que Tesulah. » Jena s’effondra soudain, et Mozol l’attira à elle, la laissant pleurer sur son épaule, dans son ombre. Elle lui caressa les cheveux, tout en parlant de cette voix envoûtante. « Demain tu épouseras Koloro, et ta vie de Princesse commencera. Pleure, parce que tu ne pourras plus pleurer. Koloro te dévorera toute crue s’il te croit faible. Tu devras être forte. »Jena ne voulait pas être forte. Elle voulait pleurer, elle voulait se cacher dans les bras de Mozol, elle voulait s’enfuir. Mais elle n’avait nulle part où aller. Elle devait suivre son chemin, accepter son destin. Elle se sentait tellement faible. Tellement loin de la Princesse Tesulah qu’elle était sensée être. « Dans ce cas, je te donnerai un peu de ma force. » souffla Mozol, alors que Jena n’avait prononcé aucune de ses pensées. L’ombre les entoura, les avala. Et Mozol donna un peu de sa force à Jena, durant cette dernière nuit qui lui appartenait. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mer 5 Jan - 17:57 | |
| « Et c’est ainsi que Matlöff s’est retrouvé à courir jusqu’au bar le plus proche pour nous rapporter trois litres de cognac ! »
Jena s’esclaffa, tout en sentant Cameron se raidir sous son bras, signe qu’il était temps de quitter le petit groupe dans lequel ils venaient à peine de s’intégrer. Elle inclina donc simplement la tête, et dirigea son cavalier vers le buffet. Le bon côté de ce genre de soirées était qu’on ne s’attendait pas à ce que vous ayez de vraies conversations avec les gens, ou que vous passiez toute la soirée avec les mêmes personnes. C’était un gala de charité, organisé dans un endroit somptueux. On n’était ici que pour se montrer. Montrer qu’on avait assez d’argent pour en donner aux autres, qu’on était assez connu pour être invité, assez puissant pour ne pas être oublié. Jena détestait ce genre de soirées tout autant que Cameron.
« Tu m’as dit qu’il fallait qu’on soit vus. » lui souffla-t-elle, avant de s’interrompre devant le bar pour demander deux coupes de champagne. Elle fit mine de remettre le nœud papillon de son cavalier en place, puis ajouta : « Et c’est ce que je fais. »
Il grogna mais ne put rien dire parce que le barman reporta son attention sur eux pour leur tendre deux coupes en cristal remplies de bulles qui coûtaient sûrement plus cher qu’un SMIC à elles seules. Cameron les prit avec mauvaise humeur, en tendant une à Jena avant de l’attirer vers un endroit où ils n’étaient à portée de voix de personne, ce qui était plutôt compliqué dans ce genre de soirées, et en même temps plus simple que dans bien des endroits, ici les gens parlaient, ils n’écoutaient que peu.
« Avec combien de ces mecs t’a couché exactement ? »
Jena faillit s’en étouffer avec sa gorgée de champagne. Elle ne s’était vraiment pas attendue à ça ! Evidemment, Cameron avait toujours été possessif, et protecteur, ça n’était pas pour rien si elle avait fini par devoir le quitter, mais elle n’aurait jamais imaginé qu’il puisse penser à ce genre de choses au beau milieu d’une mission. Elle déglutit, puis prit une inspiration. S’ils se battaient à présent, tout tomberait à l’eau, et ils auraient alors de gros ennuis, Cameron en tête. Parfois, il fallait savoir maîtriser son sale caractère. Etre l’adulte. Merde, ça n’était vraiment pas sympa de la part de Cam’ de la mettre dans ce genre de positions !
« Tu veux un chiffre exact ou un pourcentage ? »
Ca ne paraissait sûrement pas pour une parole apaisante, dans la plupart des relations, mais ça n’était pas ce qu’elle aurait pu dire de pire à Cameron. Si elle l’avait envoyé promener en lui disant que ça n’était pas ses affaires, exactement ce qu’elle aurait eu envie de faire, il y aurait eu de grandes chances que ça tourne mal. Très mal.
« Pourcentage. »
« Mhhh… » Elle observa la foule, et un sourire malicieux s’afficha sur son visage, dû à quelques bons souvenirs qu’elle partageait avec certains. « La moitié, disons, femmes exclues. »
Il y eut un petit moment de silence, et elle sentit le biceps de Cameron se tendre sous sa main, proche de la rupture. Puis, il prit une gorgée de champagne avant de dire :
« C'est pas un pourcentage. »
Elle éclata de rire, un rire rauque et un peu trop fort qui fit se tourner quelques têtes surprises (mais après tout, ils étaient là pour qu’on les voie, non ?) mais s’arrêta aussi brusquement.
« Je reviens. » dit-elle à Cameron, le laissant planté là, tandis qu’elle se dirigeait vers la chose qui avait arrêté son rire. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mar 11 Jan - 12:59 | |
| Six ans plus tôt. « Parce que ça ne marche pas. »Enrike et elle se faisaient face, à quelques centimètres seulement l’un de l’autre, dans des attitudes tendues qui auraient électrifié une salle bien plus grande que le petit bureau dans lequel il l’avait entrainée quand elle lui avait dit qu’elle devait lui parler en privé. « Jena, tu ne peux pas me dire, trois semaines avant le début de la mission, que ça ne fonctionne pas. »Elle passa une main énervée dans ses cheveux bleu électrique, et répondit, sur un ton hargneux : « Et pourtant je te le dis. »Enrike n’était pas habitué à ce qu’on lui parle comme ça, surtout pas quand on était plus ou moins sous ses ordres (quoi que Jena fut plutôt une sorte de free-lance qu’autre chose). Il resta un instant interdit, réfléchissant visiblement à comment il était sensé réagir. « C’est pas comme si j’avais pas dit dès le départ que c’était foireux. »L’anglais devint légèrement plus pâle et, pour quelqu’un d’aussi porté sur la maîtrise de soi que lui, c’était quelque chose à prendre en compte. Mais Jena n’avait jamais été la personne la plus psychologue du monde, ou encore moins celle la plus encline à suivre ce qu’elle voyait chez les gens. Ménager un grand garçon comme Enrike Diulcinea lui semblait stupide. « Tu as dit que le plan était risqué. » lui répondit calmement Enrike, mais elle sentit tous les efforts qu’il faisait pour ne pas laisser voir son énervement, voire sa colère. « J’ai aussi dit qu’il y avait peu de chances pour que je réussisse ce que tu voulais que je fasse. »Enrike soupira et sembla se détendre d’un coup. Avec quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus simple, Jena aurait sûrement pensé que ça voulait dire qu’il lâchait du terrain, qu’il comprenait ce qu’elle disait, qu’il l’admettait enfin. Sauf que c’était Enrike, et que tous les instincts de la tsigane lui disaient, depuis le moment où elle l’avait rencontré, de ne pas se fier aux apparences. Il relâcha la tension qui se trouvait dans ses épaules, et Jena était persuadée que c’était quelque chose de conscient, puis se dirigea vers la chaise pliante en plastique qui se trouvait à deux pas de là. Une autre chaise se trouvait en face, mais Jena n’était pas prête à s’y asseoir. Enrike était plus malin qu’elle, il était sur son territoire, elle ne lâcherait pas le peu d’ascendant qu’elle pouvait avoir, même quand ça n’était qu’illusoire. Quand il le réalisa, un sourire fin vint éclairer, quelques fractions de seconde, le beau visage de l’espion. « Qu’est-ce qui cloche ? »
« Globalement ? »Il hocha de la tête. « Le plan. Tout le plan. » Elle fit un signe vague de la main, englobant ainsi tout ce qui avait été prévu pour la mission. « L’idée de faire en sorte que quelqu’un comme Zephira se fasse passer pour une sorcière normale est stupide. »
« Elle l’a déjà fait. »
« Face à des humains, j’ai lu le dossier, et la seule raison pour laquelle elle a réussi c’est qu’elle avait le soutien d’Henrickson. Et beaucoup de chance. »Enrike fit un signe de la main, comme pour dire à Jena de continuer, comme s’il acceptait ses arguments, et ça ne la surprit pas. Il savait tout ça. Le rapport qu’elle avait lu ne le disait pas, mais quand on voyait Zephira, il n’était pas dur de comprendre qu’elle avait forcément eu beaucoup de chance pour réussir à avoir l’air d’une sorcière normale face aux membres de la secte qu’elle avait démontée de l’intérieur. « Face à des vampires, on peut pas compter sur la chance. »Enrike hocha la tête, brièvement. « Et Zephira doit en plus avoir l’air d’appartenir à l’un d’eux, sans que ça soit vraiment le cas. Je sais pas si tu te rends compte, mais c’est un truc pratiquement infaisable. Un sorcier normal ne pourrait pas le faire. »
« C’est pour ça que ça doit être Zephira. »
« Sauf qu’elle ne veut pas réussir. »Enrike leva un sourcil, avec un air surpris auquel Jena ne fit pas confiance. L’homme connaissait Zephira mieux qu’elle-même, si elle avait pu le voir, il le savait depuis le début. « J’sais pas. Je connais pas son histoire, mais elle ne veut pas se soumettre à Zoltan, même pas artificiellement. »
« Elle ne veut pas ? »Jena se mordit la lèvre. C’était le problème avec les gens intelligents, ils sentaient chaque hésitation. Elle soupira, et s’affala sur la chaise qui faisait face à celle d’Enrike. « Je crois qu’elle peut pas. »Enrike se pencha vers elle, les sourcils froncés, et cette fois elle sentit qu’elle apportait quelque chose de nouveau, quelque chose à quoi il n’avait pas pensé jusque là. « Parce qu’elle a peur de se laisser dominer ? »Jena hésita un instant. Zephira était la sorcière la plus puissante qu’elle ait jamais connue, et Enrike la connaissait depuis bien plus longtemps qu’elle. Qu’il propose cette suggestion était la preuve que la magnifique blonde avait sûrement des raisons de ne pas le vouloir, du genre une histoire dans son passé liée au contrôle mental. Pour se laisser le temps de réfléchir, elle prit son paquet de clopes, qui se trouvait dans son décolleté, et en sortit une qu’elle alluma sans même penser à en proposer une à Enrike. Il ne fumait pas, pas à sa connaissance en tout cas. « Parce que Zoran n’est pas assez puissant. »Enrike était un bon acteur, un très bon acteur, mais Jena le regardait droit dans les yeux tout en disant ça, et ce qu’elle vit montra la surprise qu’il essayait de cacher. Ses pupilles se rétractèrent, juste un peu. Ce fut la seule manifestation de sa surprise, mais Jena ne put s’empêcher de sourire, de ce sourire victorieux et un peu bravache qu’elle avait. Elle l’avait surpris, ça ne devait pas lui arriver souvent. « Qu’est-ce que tu essaies de dire ? »« Le lien entre un vampire et celui qui lui appartient est très particulier. Ca vient du sang, le sang fait tout. Et il est hors de question qu’un vampire boive le sang de Zephira, ou qu’elle boive le sien, les conséquences seraient bien trop graves. » Enrike hocha patiemment la tête. Ca n’était pas vraiment du genre de Jena d’énoncer ce qu’elle savait être une évidence, mais cette fois-ci elle devait expliquer son cheminement. « Je suis certaine qu’on peut truquer ce lien grâce aux flux. On ne pourrait pas le faire avec un vrai sorcier, se faire « vampiriser » les flux par une créature aussi puissante qu’un vampire ferait de lui un zombie, pire encore qu’avec un lien de sang. Mais Zephira a des flux à revendre, des flux qui ne lui appartiennent pas. »Enrike tiqua, et Jena lui sourit, d’un air de dire « tu crois vraiment que j’allais pas m’en rendre compte ? ». Mais elle ne dit rien, elle n’était pas la personne la plus intelligente du monde, ou la plus fine, mais elle savait quand il y avait des limites à ne pas dépasser. Elle n’avait aucune envie de se retrouver dans une des prisons de l’Organisation, ou de se faire effacer la mémoire. « Seulement, ces flux sont puissants, et elle doit les cacher, pour avoir l’air d’une sorcière normale. Le truc au niveau des flux, c’est que c’est compliqué, très subtil. » Elle eut une sorte d’éclat de rire rauque, comme si ce mot, associé à sa spécialité, était incongru. On ne pouvait pas dire que Jena Solomiya était quelqu’un de subtil. « Zephira a beaucoup de mal à ne pas vraiment détruire ses flux, ceux qu’il faut qu’elle cache. Elle en serait capable, parce que y a peu de choses qu’on ne puisse pas faire avec ses propres flux avec un peu d’acharnement, tu vois ?, et qu’avec ses pouvoirs, elle a de quoi nous surprendre dans ce qu’elle est capable de faire. »Jena savait que si elle avait été un peu plus intelligente, en voyant tout ça chez Zephira, elle aurait dû avoir peur. Mais elle avait été élevée dans un peuple qui côtoyait les créatures les plus puissantes, qui acceptait leur part de noirceur, et leurs pouvoirs. Ca n’était pas le genre d’un Tesulah de s’effrayer d’un pouvoir, ils avaient tendance à être attiré par lui, comme des papillons de nuit par une lumière. « Elle a besoin d’un vampire qui empêche cette destruction. Qui s’attache à elle par les flux, par ceux qu’elle est tentée de détruire, et pas juste de faire disparaitre. C’est l’idée, elle cache ses flux, le vampire l’aide, et leur lien est créé par ces flux, avec Zephira qui a la maîtrise parce qu’elle garde la main sur ses flux, mais ce lien triche avec les autres vampires, qui y voient un lien du sang, tu vois ? Comme les flux sont cachés, ils ne voient pas que c’est par les flux, et pensent automatiquement que c’est par le sang. »Enrike hocha la tête. « Et les vampires en question ne sont pas très âgés, le plus vieux a… Cinq cents ans, c’est ça ? » Nouveau hochement de tête. « Bon, le truc c’est que Zoran a le même âge, donc en gros il n’a pas d’ascendant sur ce vampire. Il ne sera pas la chose la plus vieille de la salle, ne sera pas le plus puissant, ce qui inclut un risque. »
« On n’a pas des tonnes de vampires à disposition, et Zoran est le plus puissant. »Elle hocha la tête à son tour. « Il faut un vampire plus puissant. » Enrike se prépara à répondre, mais elle le coupa. « J’en connais un. »
« On peut lui faire confiance ? »
« Autant qu’à n’importe quel vampire. »Enrike la regarda d’un air insondable, puis soupira. Un simple hochement de tête et l’affaire fut réglée. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mer 12 Jan - 10:25 | |
| « Jena Solomiya, Fille de Jal. »
« Eric Southman, Fils de pute. »
En réponse, le vampire, dans son costume hors de prix parfaitement porté, leva son verre comme pour trinquer. Jena fit de même, et but une gorgée de champagne, principalement parce qu’elle avait besoin d’un petit remontant.
« Qu’est-ce que tu fais ici, Jena ? » demanda-t-il sans autre introduction, de sa voix profonde, toujours légèrement menaçante. « Ce n'a jamais été ton genre de fêtes. »
« J’ai un ami qui était intéressé par le champagne gratuit, les petits fours, et le gratin. »
Eric se pencha légèrement, et sourit en voyant Cameron, qui attendait Jena en les observant.
« Oh. C’est le fameux Cameron, donc ? »
Jena se déplaça légèrement, bouchant ainsi la vue d’Eric.
« Et qu’est-ce que tu fais là, Eric ? »
« Une de mes protégées doit prendre la parole ce soir. »
« Méfie-toi, Veronica n’est pas si innocente qu’elle le paraît. »
« Elle ne serait pas ma protégée si elle l’était. » répondit Eric, avant de boire gracieusement une autre gorgée. « En parlant de protégées… »
Jena put voir très clairement la lueur prédatrice dans l’œil du vampire, et elle dut se forcer à ne pas reculer, tous ses instincts lui hurlaient de le faire. La puissance d’Eric était presque tangible, à ce moment précis, et Jena sentit l’adrénaline courir dans ses veines.
« Elle est protégée par la Brume, tu ne peux pas l’atteindre. » dit-elle, en essayant d’avoir l’air le plus convaincu possible.
« Tu as foi dans cette Brume. »
Jena ne répondit rien. Les conversations avec Eric étaient toujours éprouvantes, même quand elles semblaient relativement anodines. Il se pencha vers elle, frôla sa nuque de sa main, et Jena sentit toute volonté l’abandonner.
« Mais tu sais le lien qui existe entre Hannah et moi. » lui souffla le vampire à l’oreille, et à ce moment précis elle aurait tout fait pour qu’il la morde, pour devenir sienne. Elle s’en voulut de ne pas avoir été assez méfiante, elle ne s’était pas protégée comme elle le faisait habituellement, parce qu’elle ne s’était pas attendue à le voir, et qu’ils étaient au milieu d’une foule. « Tu sais ce que tu as créé entre nous. Et tu sais ce que ça ajoute au lien du sang que nous avons créé cet été… »
Elle aurait voulu répondre quelque chose d’un tant soi peu malin, de bravache, même un truc qui pouvait donner envie à Eric de la punir, mais elle ne le put pas. Soudain, il ne la touchait plus, et se trouvait à une distance raisonnable d’elle. Elle respira de nouveau, et sentit ses sens lui revenir.
« Un lien créé peut être dénoué. » dit-elle, et elle sentit tout la force du dicton Tesulah lui apporter réconfort et maîtrise.
« We’ll see about that… » lui répondit le vampire, avant de s’incliner doucement, et de prendre congé.
« C’est qui, ce mec ? »
Jena sursauta. Elle n’avait pas remarqué que Cameron l’avait rejointe.
« Un vieil ami. »
Son cavalier grogna, mais n’ajouta rien.
« C’est l’heure. »
Elle hocha la tête.
« Time to be bad. » _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mar 18 Jan - 13:22 | |
| Seize ans plus tôt. « Jena. »« Jofranka. »Les deux sœurs ne dirent rien de plus pendant de longues minutes. Les nuits du désert australien étaient fraîches, et l’une et l’autre faisaient un ensemble de silhouettes étranges, enveloppées dans leurs châles que le vent du désert faisait onduler. Elles étaient relativement loin du grand feu central, et peu de lumière les éclairait. Celle de la lune, principalement. Sous cette lumière froide, elles semblaient plus tsiganes que jamais. Droite, l’une à côté de l’autre, proches, mais sans se toucher, on aurait presque pu douter qu’un lien existât vraiment entre elles. Pourtant, le sang qui coulait dans leurs veines était le même. Jofranka et Jena étaient les deux personnes de leur fratrie qui se ressemblaient le plus, physiquement. Et pourtant, elles étaient parfaitement différentes, Jena allait le prouver encore une fois. « Belle nuit. » souffla Jofranka. « Belle lune. » répondit Jena. Elles sourirent toutes les deux. Un sourire qui n’avait rien de vraiment chaleureux, d’intime, même si un courant passait entre elles à ce moment précis. Il y avait quelque chose entre elles. Quelque chose qui les unissait. Quelque chose qui avait fini par les lier, après toutes ces années où elles n’avaient été que deux étrangères. « Yosh… »Jena claqua de la langue, dans une attitude d’impatience qui poussa Jofranka à s’arrêter au milieu de son mot. Depuis que Jena était arrivée dans la tribu pour les célébrations annuelles, quelques jours plus tôt, elles n’avaient pas eu un seul moment toutes les deux. Et Jofranka avait cru… « Il faut que tu arrêtes ça. » Le ton de Jena n’était pas aimable, mais l’aînée des deux était habituée à la façon abrupte, même pour un membre de leur clan, que Jena utilisait quand elle s’adressait aux gens, même à ceux qu’elle aimait. Elle savait aussi que sa cadette n’avait pas fini, même si elle ne s’attendait pas à ce qui allait suivre. Jena plongea sa main dans son corsage, caché sous le châle, et en sortit une pile relativement importante de lettres. Elle les tendit à Jofranka qui les prit. Les feuilleta, et dit dans un soupir exempt de toute surprise : « Tu ne les as pas ouvertes. »Jena haussa les épaules. « Comment tu as su où me les envoyer ? »Jofranka soupesa un instant les lettres, se demandant visiblement quoi faire, puis elle abandonna, et les rangea dans la grande poche cachée dans un des pans de sa jupe noire. « Cameron. »Jena grogna. « Je croyais que tu ne lui adresserais jamais la parole. »« Je lui ai écrit. »Jena eut un rire rauque, et Jofranka se joignit à elle par un simple sourire désabusé. « Je pensais que… »« Ce n’est pas mon fils. » s’entêta Jena. Un nouveau silence suivit cette déclaration, et n’importe quel observateur extérieur aurait trouvé étrange qu’il ne s’agisse pas d’un silence gêné. « C’est au moins ton neveu. » Jena hocha doucement la tête. « Et je n’ai pas besoin d’avoir plus de nouvelles de lui que celles que j’ai de tous mes neveux, une fois l’an, quand je les vois. »Jofranka hésita un petit instant, ce fut à peine perceptible, puis hocha la tête. Jena se tourna alors vers elle, se détachant de l’observation des étoiles à laquelle elle s’était adonnée durant toute la conversation. « Je suis heureuse qu’il soit avec Blake et toi. »Jofranka ne répondit rien, se contentant de regarder sa sœur d’une façon neutre. « Mais je ne vous dois rien. Et vous ne me devez rien. Vous vouliez un enfant, je n’en voulais pas. Il est votre fils, mon neveu, et ce ne sera jamais autrement. »Une partie de Jofranka fut rassurée par ce discours, et ce soulagement se vit dans son attitude, ce qui fit sourire Jena, un peu ironiquement. « Arrête de jouer les mères sacrificielles, Jo. Profite de la vie un peu plus. Fais toi passer en premier, tu verras, ça simplifie beaucoup. »Jofranka se sentit frissonner quand elle réalisa que le clin d’œil qui accompagna cette réplique de sa sœur n’en allégeait pas tout le sérieux. Jena croyait en ce qu’elle disait. Mais l’aînée sourit quand la cadette la prit par le bras, et qu’elles retournèrent toutes deux vers le foyer central, et vers leur clan festoyant. Elle sourit quand Jena l’entraina dans la danse, et qu’elle vit Blake, un peu en retrait, les observer en souriant, un adorable bébé endormi dans ses bras. Le fait que Jena n’ait pas prononcé le nom du bébé pendant toute la discussion ne lui viendrait à l’esprit que quelques jours plus tard, laissant planer un malaise qu’elle ne s’expliquerait pas. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Jeu 20 Jan - 14:29 | |
| « La clé. »
Jena grogna d’un air passablement énervé.
« Cameron, file nous la clé. »
Elle était face à Cameron, et pouvait le voir hésiter. En fait, c’était à peu près tout ce qu’elle pouvait voir, ce salaud de Bill lui tenait la nuque, l’empêchant de bouger. Elle sentait le souffle de l’aborigène dans son cou, elle sentait son cœur battre… Et le métal du canon du flingue qui se trouvait contre sa tempe.
« Je crois que t’as pas compris, alors je t’explique la situation. » dit Jasper, et il n’avait étrangement pas l’air nerveux, le crétin. « Bill empêche ta petite copine de faire de la magie. Il a un flingue. Donc tu nous donnes la clé. »
Cameron lança un regard interrogatif à Jena qui se contenta de soutenir son regard, avant d’hocher vaguement de la tête. Non, elle ne pouvait pas faire de magie. Putain. Dans le ciel, elle sentait Nanosh devenir fou de colère, sauf qu’il ne pouvait pas faire quoi que ce soit, Bill l’avait courcircuité aussi. Comment Cameron pouvait avoir eu un spécialiste de ce genre dans son groupe sans le savoir ?
« Hey. Tu nous connais, on n’est pas des mauvais bougres. On va juste revendre la clé plus cher, on a un autre acheteur. »
« Si on ne vend pas à celui qui nous a embauchés, il va nous buter, un par un. »
« On se débrouillera. Tu auras même ta part, et ta petite copine, on ne lui fera pas de mal, c’est juste notre assurance. Donne-nous la clé maintenant. »
Cameron grogna, mais il balança l’objet cylindrique, une sorte de porte clé kitsch, que Jena avait fini par réussir à identifier comme étant la clé en question. Son kidnappeur se mit à reculer, la forçant à faire de même, et elle marcha sur sa jupe, ce qui la mit franchement encore plus en pétard. Bill la balança dans le fourgon, entra à sa suite, et l’attacha à des chaines qui avaient été installées là, sûrement exprès.
« Vous allez avoir de grosses emmerdes les gars. »
Le fourgon démarra, et Jasper la regarda, et elle vit enfin cette nervosité qui prouvait qu’il n’était pas tout à fait stupide.
« C’est gagnant-gagnant. On va lui filer plus de fric que ce qu’il aurait eu, toi aussi t’en auras, et tout sera très vite. »
Jena sourit, sentant sa lèvre fendue se remettre à saigner, merde, il avait vraiment fallu qu’ils lui collent un pain pour la maîtriser, elle détestait avec la lèvre enflée. Elle se pencha légèrement, faisant du bruit avec ses chaines, et regarda Jasper droit dans les yeux :
« Vous n’allez pas vendre la clé. Cameron va venir, va la récupérer, et sauver vos culs en vendant à celui à qui vous l’avez promise. »
« Et il te sauvera par la même occasion, sur son beau cheval blanc ? »
Elle sourit une nouvelle fois.
« Sur sa belle Harley noire, plutôt. » _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mar 25 Jan - 13:20 | |
| 20 ans plus tôt. « Dehors. »Jena ouvrit un œil en grognant. Merde, elle allait encore avoir une sacrée gueule de bois. Elle sentit sa bouche pâteuse, et une vague pensée passa dans sa tête, quelque chose sensé la rendre raisonnable, à l’avenir, avec le whisky, ou au moins à éviter les mélanges avec la vodka, mais la pensée fut trop rapide pour vraiment s’incruster dans la cervelle un peu trop obstinée de la tsigane. Elle réalisa qu’elle avait un peu froid. Bon, elle était nue, mais pourquoi elle n’avait plus de couverture d’un coup ? Elle ouvrit les deux yeux. « J’ai dit dehors. »Elle fixa un regard surpris vers Cameron. Qu’est-ce qu’il fichait là ? Et pourquoi il la réveillait ? Il faisait encore nuit, elle pouvait le voir, les stores de l’ancien bureau qu’ils squattaient étaient assez abîmés pour ne plus servir à grand-chose, et tout ce qu’elle voyait c’était la lumière pâle de l’enseigne du bar d’en face. Elle tâtonna et trouva son sweat qu’elle enfila en essayant de ne pas respirer l’odeur d’ammoniaque qui s’en dégageait, il était vraiment temps qu’ils aillent à la laverie, la plupart de ses fringues s’étaient imprégnées de l’odeur de leur squat. « Cam’… Qu’est-ce que… »Elle s’arrêta en plein enfilage de jean, dans une position étrange. Cameron avait l’air… Il avait l’air totalement hors de lui. Il était à quelques pas du lit et on pouvait presque voir des éclairs émaner de lui tellement il était en colère. Jena prit une inspiration, se rendant compte qu’elle avait instinctivement arrêté de respirer, elle tourna la tête, et vit ce qui mettait l’adolescent tellement en rogne. Elle grogna doucement, puis finit d’enfiler son jean. « Tu devrais écouter le monsieur… » dit-elle avec un air amusé tout en enfilant ses grosses baskets. Et le grand black d’une trentaine d’année qui en était toujours, visiblement à essayer de déterminer où il se trouvait, dans le lit de Jena en l’occurrence, sembla décider que, finalement, oui, il était peut-être temps qu’il se casse. Il enfila son pantalon à toute vitesse, rassembla ses affaires et fut hors de la pièce (sans même oser lever le regard vers Cameron, pourtant plus petit et plus jeune que lui) avant même que Jena ait fini de faire ses lacets. Jena non plus ne releva pas le regard. Elle n’était pas vraiment la personne la plus douée niveau relations humaines, et encore moins niveau diplomatie, mais elle avait vu assez de mecs se faire massacrer par Cameron pour un mot mal placé quand il était dans cet état pour essayer de faire profil bas. Elle finit de faire ses lacets très lentement, puis resta assise sur le rebord du lit, à chercher un moyen d’assainir l’atmosphère. « T’es doué pour régler le problème du morning after… »Elle réalisa tout de suite qu’elle avait fait une connerie. L’humour n’était pas le talon d’Achille de Cameron, il n’allait pas se mettre à éclater de rire et se calmer d’un coup, c’était même plutôt l’inverse. « T’avais promis. »Elle se leva, et à ce moment précis, elle espérait encore pouvoir sortir de la pièce et laisser Cameron se calmer tout seul pendant quelques temps, peut-être même un jour ou deux. « Ecoute, j’étais bourrée hier soir et j’ai pas du tout… »Elle s’arrêta quand son regard croisa celui de Cameron, et sentit son cœur manquer un battement. Elle s’était trompée. Elle n’avait jamais vu son compagnon comme ça. Elle en oublia ce qu’elle allait dire, ou même ce à quoi elle était en train de penser. Il avança d’un pas et, instinctivement, elle recula. Pour la première fois de sa vie, elle avait bien l’impression qu’il pouvait lui faire du mal. Pour la première fois de sa vie, elle avait vraiment peur de quelqu’un. « On avait un accord. Pas de ça là où on vit. »Elle prit une inspiration, commençant à se sentir légèrement irritée par cette situation ridicule. Jamais elle n’avait considéré devoir de comptes à qui que ce soit, ça n’allait pas commencer maintenant, pas après avoir quitté le Clan pour lui. Elle ne lui devait rien. « Ca va. J’ai merdé, ça arrive à tout le monde. » dit-elle, sur un ton qui n’était pas tout à fait aussi conciliant qu’elle l’aurait voulu. « On n’amène personne dans notre squat, c’est une question de sécurité. Tu ne peux pas juste merder ! »Il criait sur la fin, et Jena répondit exactement sur le même ton : « Ah ouais ? C’est vraiment ça qui t’emmerde ? Que j’ai mis notre sécurité en danger ? Ou alors c’est juste que je me sois faite sauter dans le lit où on dort ? »Avant même qu’elle n’ait eu le temps de réagir, Cameron avait foncé sur elle, et l’avait plaquée contre le mur. Elle sentit tout l’oxygène de ses poumons être chassé par le choc, et prit une grande inspiration, avec l’impression d’être en train de se noyer. Cameron lui faisait mal, la serrait bien trop fort aux bras, et la plaquait avec trop de violence contre le mur, mais au lieu de se débattre, elle se figea, réflexe d’une petite créature apeurée face à un prédateur, ce qui la mit plus en colère que tout le reste, et la poussa à lancer un regard insolent à Cameron et à lui dire sur un ton tout à fait accordé avec son humeur du moment : « Tu vas faire quoi ? Me violer ? Me mettre enfin dans ton lit ? Réaliser…. »Elle s’arrêta quand Cameron leva le bras. Un instant, elle crut qu’il allait vraiment la frapper, et elle vit dans ses yeux la bataille qu’il mena contre lui-même pour ne pas le faire. Il finit par la lâcher, prendre une inspiration, reculer de plusieurs pas, et baisser son bras. « Ne sois pas ridicule. »Il ne la regardait pas, il regardait le sol, mais elle pouvait sentir toute sa colère, toute sa frustration… Quelqu’un de bien aurait arrêté là, aurait calmé le jeu, aurait fait la paix, se serait excusé, ou serait sorti… Mais Jena n’avait jamais été vraiment quelqu’un de bien, et elle n’aimait pas qu’on lui demande de se justifier sur quoi que ce soit, encore moins qu’on la plaque contre un mur et qu’on manque de la gifler. Elle avança d’un pas, retrouva une sorte de contenance, et lui lança sur le même ton railleur : « Quoi ? T’y as jamais pensé, peut-être ? Deux ans qu’on vit ensemble, qu’on dort dans le même lit, et t’as jamais pensé à ce qu’on pourrait faire ? »
« Arrête ça. » souffla Cameron, et Jena reconnut à peine sa voix. « Arrête ça, tu sais que je le supporterai pas. »
« Cam, c’est naturel. » railla-t-elle en s’approchant. « T’es un mec, je suis une nana… »Elle approcha sa main, mais il l’arrêta au vol, et ce qu’elle vit dans ses yeux quand il la regarda enfin lui fit instantanément regretter ce qu’elle venait de faire. « Va-t-en. » lui dit-il avec une douceur qui lui brisa le cœur. « Je ne veux plus jamais te revoir. »Il lâcha son bras et elle n’arriva même pas à bouger, encore moins à trouver quoi dire. Sans un regard de plus, il sortit du squat, et disparut dans la rue. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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 | Sujet: Re: Career of Evil Mer 26 Jan - 13:39 | |
| « Lâche là Bill. »
Jena grogna. Deux fois maintenue par un mec qui pointait un flingue sur sa tempe en moins d’une heure c’était un peu trop pour elle. Et vu l’air furieux de Cameron, elle pouvait dire que c’en était trop pour lui aussi. Il avait beau pointer son flingue sur l’aborigène qui se trouvait derrière elle, une partie d’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur de son « sauveur ». Trop de flingues d’un coup, ça faisait des années que ce genre de trucs ne lui étaient pas arrivés, elle n’était plus habituée.
« Ca va, Jen ? »
Elle sourit, un sourire ironique qu’elle trouvait relativement courageux, et sentit le sang couler dans sa bouche. Ils lui avaient fendus la lèvre, à croire qu’ils n’étaient pas aussi « pros » qu’ils voulaient bien le faire croire. Sûrement que ça avait dû les gaver quand elle avait commencé à leur décrire ce que Cameron allait leur faire… ou ce qu’elle leur ferait dès qu’elle aurait de nouveau ses pouvoirs magiques. Humpf.
« Cam, la prochaine fois que tu me demandes de l’aide, tu veux bien s’il te plaît avoir l’obligeance de faire en sorte que tes putains de complices me kidnappent pas ? »
« La prochaine fois, je te promets de prendre des mecs un peu moins stupides. »
« Pas vraiment une promesse dure à tenir ça… »
« Vous allez la fermer, oui ? »
Le duo ne put s’empêcher un sourire amusé. Jasper semblait avoir du mal avec la pression du moment, il avait sûrement pensé qu’une fois l’enlèvement fait, tout roulerait. C’était sans compter sur Cameron… Jena avait vu le petit homme à lunettes se décomposer, petit à petit, quand il avait compris qu’elle n’était pas en train de bravader en leur disant que le tatoué viendrait leur botter le cul. Il était plus intelligent que les autres, petit à petit, il avait fini par la prendre au sérieux. Au point qu’il avait passé un quart d’heure à ajouter des sécurités à l’entrepôt où il voulait la garder… Sauf que Cameron n’était pas un crétin, et encore moins un débutant. Et qu’il n’avait pas pensé qu’il serait assez taré pour défoncer la porte avec sa moto. Jena ne put s’empêcher de tourner un regard dépité vers l’engin. Les sécurités magiques l’avaient pas mal amochées, sans compter la porte en métal que Cameron avait défoncé avec, c’était triste de voir un aussi beau morceau de mécanique dans cet état.
« Jasper, dis à Bill de la lâcher. »
Cameron regardait Jasper dans les yeux, mais Jena pouvait sentir que toute son attention était dirigée vers Bill. Bill qui était, encore heureux, trop calme pour se mettre à tuer ses petits camarades sans raison… Mais qui malheureusement n’avait pas encore compris le sérieux de la situation, et semblait prendre Cameron et Jena pour des petits rigolos. La tsigane commençait à craindre le moment où la réalité l’atteindrait, l’hésitation de Jasper prouvait qu’elle l’avait déjà atteinte, lui.
« Si… »
Un silence pesant suivit l’hésitation de Jasper, jusqu’à ce qu’il déglutisse, et avec courage avance d’un pas vers Cameron, sans pour autant se mettre dans la ligne qui opposait Bill et le tatoué.
« Si on la relâche, qu’est-ce qui se passe ? »
Jena sentit une pointe d’admiration pour le petit homme, sa voix n’avait presque pas tremblée. Elle tourna un regard interrogatif vers Cameron. Oui, qu’est-ce qui se passerait s’ils la relâchaient ? Elle le connaissait assez pour savoir qu’il ne partirait pas tranquillement en les laissant le doubler. Il détestait être pris pour un con, et c’était ce qu’ils avaient fait. Et il était bien trop en colère contre eux, pour ce qu’ils lui avaient fait à elle, pour vraiment être capable de transiger.
« Vous me filez la clé, je la revends comme prévu. Et vous ne croisez plus jamais mon chemin. »
Jena le regarda d’un air surpris. Il ne mentait pas, elle le sentait, et il allait beaucoup plus loin que ce qu’elle avait imaginé.
« On garde la clé. »
Elle vit Jasper retenir un soupir. Bill choisissait mal son moment pour se mettre à parler. Et il n’avait visiblement toujours pas compris l’impasse dans laquelle il se trouvait.
« Hors de question. » répondit Cameron, en resserrant sa main sur son flingue.
Jena put sentir Bill appuyer son arme sur sa tempe, mais elle refusa de broncher.
« Alors on la garde. »
Silence. Les oreilles de Jena commençaient à bourdonner, Bill lui serrait un peu trop fortement le cou.
« Changer le deal pour la clé est une très mauvaise idée. »
Jena commença à voir des sortes de petites tâches blanches. Cameron n’était plus très clair, mais une partie d’elle continuait à s’étonner du fait qu’il négocie. Pas son genre. Elle n’était visiblement pas la seule à le penser.
« C’est étonnant de voir ce qu’une femme peut faire sur un homme. Tu sais, au début quand Jasper nous a dit qu’il fallait prendre ta putain comme monnaie d’échange, j’ai cru qu’il se plantait. Je me suis dit que tu t’en foutrais complètement, et que l’argument de l’argent en plus serait celui qui te ferait plier… Mais en fait, c’est elle. »
Bill serra encore plus Jena, en la faisant pivoter un peu, et elle sentit sa tête tourner. Elle avait besoin d’air, et vite.
« Une pétasse avec qui tu couches même pas ! Qui te respectes même pas… Une pétasse qui passe son temps à se foutre de toi, qui t’énerve… Oh elle est sexy, ça c’est sûr… Mais franchement, qu’est-ce que tu peux bien lui trouver de si génial ? »
Jena sentit ses jambes commencer à lâcher sous elle. Elle n’avait plus beaucoup de forces, et entendait les sons comme s’ils étaient déformés par une surface métallique.
« Hein ? Dis-moi, Cam, qu’est-ce que cette pétasse a qui te fait bander à ce point ? »
« C’est ma sœur, espèce de sombre crétin. »
Les jambes de Jena cédèrent finalement et elle fut emportée par son poids. Cameron n’hésita pas une seconde, et tira. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


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 | Sujet: Re: Career of Evil Sam 5 Fév - 12:28 | |
| 22 ans plus tôt. « Jena, tu n’aurais pas vu…. »Jal s’arrêta dans l’encadrement de la porte, le remplissant totalement de sa grande silhouette musclée. En général, Jena aimait voir son père passer les porte, se pencher parfois un peu pour ne pas se cogner la tête, passer en biais pour que sa silhouette musclée ne se cogne pas contre les rebords. Ce jour-là, il était la dernière personne qu’elle voulait voir. Elle leva un regard noir sur lui, un regard qui manqua de le faire reculer d’un pas. « Qu’est-ce que tu fais avec cette boite ? »La voix de Jal était blanche. Jena reconnut de la peur dedans, quelque chose qu’elle n’avait jamais associé avec son père. Il était connu pour être un des Tesulah les plus braves. Il était un des Défenseurs, et il avait assumé ce rôle toute sa vie avec une détermination que peu de gens avaient vu autre part. Jena avait toujours été fière de son père. Elle sentit les larmes monter, mais les chassa avec colère. « Comment t’as pu ? »Tout son être vibrait de colère, de rage, comme elle n’en avait jamais ressenti durant ses quatorze années sur terre, elle qui était pourtant connue pour avoir un tempérament explosif, colérique. Elle sentait de la déception. Et de la haine. Des choses qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir ressentir pour son père. « De quel droit tu as fouillé dans mes affaires ? »Cet angle d’attaque, elle ne l’accepterait pas. Elle rit, un rire ironique, râpeux, sec. « Je cherchais du fric. »Elle vit la colère passer sur le visage de son père. Bien sûr, il aurait dû l’engueuler. Ca n’était pas la première fois qu’elle piquait un peu de cash dans les affaires de ses parents, ils l’avaient déjà prise sur le fait plusieurs fois, et jamais elle ne s’était démontée, elle voulait de l’argent, pourquoi ne se serait-elle pas servie ? Mais ce jour-là, c’était bien pire. « Donne-moi ça. »Il fit un pas en avant, mais il y avait trop d’hésitation dans sa voix, et Jena ne reconnut pas l’autorité qui se dégageait normalement de lui. Elle grogna, et il s’arrêta, au milieu de la pièce. Pour la première fois, il paraissait presque empoté, ne sachant pas quoi faire de sa peau. Ou même comment réagir. « Avec une Lyoubos ! » hurla soudain Jena, ce qui, au moins fit réagir son père. « Moins fort ! »Elle le regarda avec ressentiment, se mordit les lèvres pour ne pas crier. « Tu sais ce que Solomiya aurait le droit de te faire, si elle le découvrait ? »Jal hésita un instant, il n’avait pas envie de parler de ça, c’était visible. Mais Jena ne baissa pas le regard, il réalisa qu’elle tenait toujours à la main une des lettres. Il hocha doucement de la tête, à regret. « C’est pour ça que tu nous l’as caché ? »
« Ca ne vous regardait pas. »Il y avait ce ton de définitif, ce ton qui normalement donnait des frissons à Jena, ce ton qui était le seul à pouvoir la calmer, la remettre en place. Pas cette fois. « Ca ne nous regardait pas de savoir qu’on avait un frère ? »De nouveau, sa voix était montée, elle ne l’avait pas contrôlée, et voir son père tourner un regard inquiet vers la porte, toujours ouverte, lui brisa le cœur. « Qui es-tu ? » demanda-t-elle doucement en se relevant, la lettre toujours à la main. « Ne sois pas ridicule, tu sais… »Elle leva la main, interrompant son père pour la première fois de sa vie. Elle s’approcha, planta son regard dans celui de celui qu’elle avait toujours tellement admiré. Elle le trouvait vieux, et triste, pour la première fois de sa vie. « Non. »[b] dit-elle doucement. [b]« Je ne sais pas qui tu es. Tu n’es pas le père que j’ai aimé toutes ces années. Celui-là aurait eu le courage d’affronter la colère, et peut-être la Vengeance de Solomiya. Celui-là aurait dit à ses enfants qu’ils avaient un autre frère, il aurait élevé ce fils. »
« Un lyoubos ? »Elle grogna. « Je t’interdis de dire ce mot, pas comme ça, pas à propos de ton fils. Pas après avoir nous avoir tous menti comme ça. »Elle détacha finalement son regard de celui de son père, et se dirigea vers la sortie. Elle ne pouvait tout simplement plus être dans la même pièce que lui. « Tu vas leur dire ? » demanda son père, alors qu’elle était presque sortie. Elle soupira. « Tant que Solomiya est vivante, je ne peux pas. »
« Qu’est-ce que tu vas faire, alors ? »Elle se tourna vers lui, une dernière fois, chassant ses larmes du mieux qu’elle le pouvait. « C’est moi que ça regarde. »
« Je suis ton père. »Elle sourit. « Non. »Elle sortit de la pièce, laissant beaucoup de choses derrière elle, consciente que plus rien ne serait plus jamais comme avant. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Career of Evil Dim 13 Fév - 12:57 | |
| « Take care, uh ? »
« Tu te fous de moi ? » répondit Jena en donnant un petit coup de poing dans l’épaule de Cameron.
Ils restèrent un petit moment à se regarder, visiblement gênés.
« Bon, ben, je vais… » commença Jena en désignant la porte d’embarquement de sa main qui tenait son billet et son passeport.
« J’ai vraiment cru que cette fois… »
Elle soupira et lui sourit, sans faire attention à la douleur que sa lèvre ouverte lui faisait ressentir. Elle était couverte de bleus, et de pansements, mais elle ne semblait pas s’en préoccuper.
« Pas le moment d’être sentimental Cam’. »
« Pas notre genre. »
« Nope. »
Ils sourirent, ce même sourire un peu ironique, un peu sur la défensive. Nouveau silence. Puis Cameron prit doucement le menton de Jena entre ses doigts et la força à incliner la tête pour qu’il puisse mieux l’observer.
« Pourquoi t'utilises pas la magie pour faire disparaître tout ça ? »
« J’ai mérité mes blessures de guerre, non ? » répondit Jena avec un air amusé.
« C’est pour me faire culpabiliser, hein ? » demanda le tatoué en relâchant le menton de Jena.
« Aussi. »
Cameron l’attira à elle, la serrant dans ses bras comme il le faisait toujours, d’une façon abrupte, un peu brute. Et comme toujours, Jena se dégagea en grognant.
« You are such a boob. »
« Take care. »
Jena soupira et s’éloigna en secouant la tête d’un air faussement désespéré. Une fois la porte passée, elle fit un dernier signe à Cameron, puis ne se retourna plus. Il était temps de retourner à Sywhaîd, à sa vie. Parenthèse familiale terminée. Elle soupira, quelque part soulagée, même avec Cameron, rien n’était jamais simple, comme avec tous les membres de sa famille. Et elle était bien contente de ne pas avoir à supporter ça continuellement. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
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