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Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Afterparty Dim 5 Sep - 18:02 | |
| (Où Brise revient clôturer ce qu'elle n'a pu achever)
Brise d'Oz.
Il y avait eu ceux qui la détestaient. Ceux qui l'avaient aimé. Ceux qui l'aimait encore et ceux qui l'avaient oublié. Elle avait fait scandale, une fois, deux fois. S'était plu à prendre des risques. Avait pleuré dans les bras de certains et s'était moquée de quelques autres.
Et puis elle était partie. Deux fois. Et revenue aussi.
La première fois, son père était mort, l'empire tanguait, sa mère la poursuivait sans trêve tandis qu'elle s'épuisait. Elle était rentrée malade, brisée, le teint blafard mais les poings serrés.
La deuxième fois... Elle n'avait même pas fait ses adieux, fille courant-d'air, elle s'était évanouie et on ne l'avait plus revu. Elle n'avait donné aucune explication. Elle avait mieux à faire.
Et maintenant elle était là. Debout toute droite dans une robe dont la simplicité tranchait avec son élégance passée. Les cheveux longs, le visage serein, il était difficile de reconnaître en elle la princesse bêcheuse qui avait pour la première fois franchit la Brume, pieds nus et oeil noir, plusieurs années auparavant. Il y avait dans son maintient, toujours aussi altier, quelque chose de moins surfait, de plus éclatant. Son visage au regard morne semblait plus acéré, emprunt d'une confiance non pas nouvelle, puisque Brise n'en avait jamais manqué, mais simplement différente. Elle avait également perdu de sa morgue, sans pour autant paraître moins impressionnante. Bref, c'était bien Brise, mais plus tout à fait.
Elle venait de passer neuf mois à Archavir. Neuf mois au cours desquels elle n'avait pas une seule fois regretté sa décision. Alors qu'elle se réinstallait doucement dans le quotidien sywhaîdien, jonglant entre une majeur qui la passionnait de plus en plus et une relation tumultueuse avec Claude, la nuit d'Archavir se faisait moins sombre. L'aube se levait, inexorablement, exposant chaque jour un peu plus la cité disparue aux yeux de ses ennemis (et des autres). Apkar, qui avait négligé ses devoirs de gardien pour venir en aide à Brise au cours de l'année précédente, lui avait envoyé plusieurs lettres alarmistes, avant d'annuler brusquement son installation à Sywhaîd. La nuit s'était dissipée, les portes de la cités étaient ouvertes et tous les gardiens avaient été rappelés. Isma, avec qui Brise entretenait également une correspondance abondante, lui faisait part au jour le jour de ses inquiétudes, de plus en plus profondes.
"Imagine-toi, écrivait-elle, que la Brume de lève soudain autour de Sywhaîd, et que chacun puisse à sa guise y pénétrer. Ce serait le chaos."
Et c'était dans l'esprit de Brise que s'installait le chaos. Pendant qu'elle s'amusait à briser les coeurs à Sywhaîd, se délectant de la situation sordide dans laquelle elle et Claude s'étaient engagés, Apkar et Isma se débattaient pour sauver leur enclave. Sa propre futilité lui rongeait les sangs, pendant que son égoïsme, bien ancré, lui soufflait qu'il n'y avait rien qu'elle puisse y faire. Finalement, c'était une lettre enragée d'Apkar qui l'avait décidé. Dans un style très... coloré, il lui faisait connaître le fond de sa pensée, en quelques phrases bien senties qui lui avaient troué le coeur.
"Je pensais que t'aurais au moins les couilles de venir aider ceux qui étaient là quand t'étais dans la merde. Tu me dégoûtes. Reste donc te faire sauter à Sywhaîd, je veux plus te voir."
Deux semaines plus tard, elle était en Ousbékisthan, après avoir emprunté la brèche d'automne et fais un détour par Londres où elle avait laissé toutes ses affaires. Son revirement avait été douloureux, et ses relations avec Apkar se dégradèrent beaucoup au cours des mois qui suivirent. Mais pour la première fois, Brise se sentait utile. Elle avait quelques chose à défendre, un combat dans lequel s'investir, et les quelques mois que mirent Apkar a lui pardonner, elle les employa à plancher sur le sortilège que les archaviriens tentaient de développer pour restaurer la protection de la ville. Pas un instant elle ne songea à écrire à Claude, ou aux autres. Tout au plus envoya-t-elle une lettre à Jena, qui par ailleurs était déjà au courant, comme la plupart des sorciers en contact avec Archavir(si ça va à miss Mag).
En attendant, la ville se déplaçait sans cesse, pour éviter d'éveiller l'attention. Ce fut un hiver épuisant, à monter les tentes, démonter les tentes, se déplacer à cheval dans les montagnes, les steppes et les forêts, et surtout s'assurer à chaque instant que les sorts qui protégeaient le cortège ne faiblissent jamais. Brise avait tant progressé en magie qu'elle faisait à présent partie des spécialistes d'Isma, bien qu'Apkar soit encore le premier d'entre eux.
Elle n'avait pas été la seule à rejoindre le peuple d'Archavir en exil. Venus du monde entier, des centaines de sorcier s'étaient relayés, plusieurs mois durant, pour aider la communauté à survivre. Cette immense vague de solidarité avait fait forte impression sur Brise, dont l'individualisme farouche en avaient prit un sacré coup. A présent, et bien que le problème ne soit pas totalement réglé, les mages d'Archavir envoyait des ambassadeurs dans toutes les communautés magiques ayant participé au sauvetage de la ville, afin de les informer de la situation (en voie de stabilisation) et de les remercier de leur soutient. Brise s'était tout naturellement proposée pour Sywhaîd, non sans une pointe d'angoisse. Elle avait besoin de revenir, pour se prouver que tout ce qu'elle avait vécu était bien réel. Et puis, il y avait comme un goût d'inachevé dans son histoire avec la Noble Lande.
Aussi se tenait-elle là, dans le hall, les yeux levés sur les escaliers familiers et pourtant si... incongrus après ces quelques mois passés sous la tente, lorsque quelqu'un entra, dans son dos. C'est le coeur battant mais le visage impassible qu'elle fit volte-face. Elle était prête a tout affronter, à présent.
(Pfiou, pas facile ! Désolée, c'est pas top. Claude ?)
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|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Afterparty Dim 5 Sep - 19:29 | |
| Claude avait souffert du départ de Brise. Pas tellement, non, il n’en avait pas eu le temps : Tibère était mort peu de temps après. Mais ça ne changeait rien, il ne l’avait pas oubliée et pensait à elle souvent, aussi souvent qu’à Léola. Léola qui n’avait pas le privilège de l’absence pour qu’il continue à chérir son souvenir, comme il le faisait avec la londonienne.
Il pensait souvent à leur aventure clandestine, à leur insouciance d’alors, à leurs bêtises, leurs rires, tout ça, il se torturait avec ça tout en la détestant pour être partie sans un mot. Après, Tibère était mort et il avait oublié tout ça pendant quelques semaines, le temps que Léola parte puis revienne et que leur affrontement lui remette tout dans la tête. Il était amoureux de Brise, avant tout ça. Comme il l’avait été de Léola, mais ça c’était fini depuis une certaine explication juste après son départ raté. Pour Brise, c’est l’absence qui avait étouffé l’amour, et la nostalgie qui lui restait n’était que celle des moments heureux.
Oui, il pensait souvent à elle. Il se demandait pourquoi elle était partie comme ça, où elle était, ce qui s’était passé. Il se faisait des petits scénarios où elle revenait, des histoires qui finissaient dans l’amour ou dans le sang selon son humeur. Elle l’avait laissé. Il lui en voulait de n’avoir rien dit, pas d’être partie mais de ne pas avoir prévenu, au moins. Mais de toute façon… l’assassinat de Tibère avait tout relativisé et l’avait anesthésié.
Tout de même pas suffisamment pour qu’il reste de marbre en découvrant Brise dans le hall central. Debout devant les escaliers, les yeux au ciel, silencieuse, belle comme jamais. Les cheveux longs lui allaient très bien. Elle se retourna et put le voir, lui. Tout en noir, pâle, maigre, comme avant mais avec les marques de terribles évènements qui troublaient son regard, et presque prêt à pleurer.
« Brise ? »
Une toute petite voix, un peu tremblante. Ses mains aussi tremblaient, la fumée de son éternelle cigarette en faisait des zigzags. Il fit un pas vers elle.
« Putain, Brise. »
Maintenant sa voix s’affermissait. Elle n’avait toujours pas dit un mot, lui prenait peu à peu conscience de ce qui se passait. Encore un pas vers elle.
« Qu’est-ce que… qu’est-ce que t’as foutu ? »
Un peu de colère, juste un peu d’indignation au contre-coup, maintenant qu’elle était là. A vrai dire, il était incapable de vraiment lui en vouloir, alors il s’arrêta là avant de regretter d’avoir parlé, et dévora en quelques pas la distance qui le séparait d’elle. Il avait eu l’intention de la prendre dans ses bras mais il n’osa pas, alors il resta face à elle à la regarder dans les yeux. Sans un mot, sans un geste.
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|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Afterparty Lun 6 Sep - 0:19 | |
| Brise sursauta, ses yeux s'agrandirent démesurément et le petit sac de voyage qu'elle tenait à la main heurta le sol avec un bruit sec. Ce fut elle qui étreignit Claude, les poings crispés sur ses épaules. Ce visage, jamais elle ne se serait attendu à ce visage ! Les yeux caves, les membres graciles, Claude n'était plus que l'ombre de lui-même. Brise, le coeur battant, sentit sa gorge se nouer. Elle tenta d'articuler quelques mots sans y parvenir, la bouche collée à l'oreille de Claude, les mains tremblantes.
Elle ne s'était jamais fait de soucis pour lui. Ils avaient vécus quelques chose d'intense ensemble, mais dans un coeur où il y a de la place pour deux, un chagrin d'amour ne pèse pas lourd. Elle avait toujours envisagé leur relation comme... affranchie. Du temps, des affres de la jalousie, du manque même. Qu'elle s'arrête un jour pour reprendre plus tard, avec une autre pour rivale ou entre deux mondes, qu'importe ? C'était ça qui était beau, non ? La liberté, sans condition, sans entraves, et la certitude que finalement, rien entre eux n'avait vraiment d'importance à part l'affection qu'ils se portaient. Et puis il y avait Léola. Et les empereurs. Claude était bien entouré, il l'était toujours. Elle... Elle ne pouvait se permettre de perdre Apkar. Aussi était-elle partie sans se retourner, certaine de retrouver Claude aussi caustique et désabusé que dans son souvenir. Sans compter bien sur que la pensée de ne pas lui être indispensable avait retenu sa main lorsqu'elle avait songé à lui écrire.
Jamais elle n'aurait imaginé le retrouver dans un tel état. Elle en était réellement bouleversée, et sa belle assurance venait d'en prendre un coup. Car la Brise qui revenait d'Archavir n'était plus celle, carapaçonée, qui avait jadis tenu tête à Tibère. Les quelques mois passé à trimer main dans la main avec les arachaviriens pour tenter de préserver la ville perdue l'avait rendu plus humaine. Ses émotions, longtemps contenues, bridées, étouffées, avaient maintenant tendance à se succéder si rapidement sur son visage aux traits mobiles qu'il était difficile d'y transposer le masque figé qui avait longtemps été le sien.
- J'ai du... Apkar, parvint-elle enfin à sortir, la voix tendue. Je pouvais pas rester, pas après ce qu'il avait fait pour moi, fallait que l'aide, tu comprends, c'était... Mais... Claude, merde... Claude...
Ses mains fines courraient sur son visage, malgré la colère qui brillait encore dans les yeux du jeune homme. Brise n'avait jamais eu peur des empereurs, et elle n'avait rien perdu de son intrépidité. Elle savait néanmoins qu'il y avait peu de chance qu'il la frappe. ça, c'était le rayon de Tibère.
- Si j'avais su, s'étrangla-t-elle en tentant de reprendre contenance. Elle ne pleurait pas, cependant. Elle ne pleurait jamais. Où sont les autres ? Qu'est ce que s'est passé ?
Sa voix avait reprit des inflexions plus maîtrisées, et à présent elle tenait Claude à bout de bras, des doigts crispés sur ses vêtements. Par "les autres", naturellement, elle entendait les empereurs. Elle avait du mal à croire que Claude ai pu décliner à ce point sans qu'ils n'y soient pour quelque chose. Elle commençait à peine à appréhender ce qu'une amitié comme la leur pouvait signifier, chaque jour lui rendant Apkar plus précieux, malgré les quelques mois durant lesquels le jeune homme avait refusé de lui adresser la parole.
- Claude ? Ajouta-t-elle d'une petite voix. _________________  |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Afterparty Lun 6 Sep - 10:59 | |
| Claude se laissa enlacer. Il était surpris : Brise avait changé. Elle était plus… moins de marbre. Elle était plus humaine, plus vive, il enregistrait tout ça en la laissant s’agiter. Il sentait sa colère se déliter doucement, il était content de la revoir, et troublé de la voir changée. Elle aussi, apparemment. Ça devait se voir si fort… Comme c’était étrange… De revoir cette fille qu’il avait aimée si fort, maintenant que lui avait tellement perdu sans qu’elle le sache. Elle se doutait de quelque chose, bien sûr. Ses mains légères sur son visage. Claude ferma brièvement les yeux pour en savourer le contact et les rouvrit en sentant la jeune femme le lâcher et agripper ses vêtements. « Où sont les autres ? » Claude referma les yeux et rejeta la tête en arrière, lentement.
« David est là. »
Juste pour retarder, juste ça, il reprit son souffle et rouvrit les yeux pour regarder Brise. Pour voir son visage devenu si expressif, pour le voir changer encore quand il lâcherait sa petite bombe.
« Tibère est mort. »
Lui-même restait de glace. Il s’était habitué, il n’y avait que ses yeux sombres qui étincelaient de chagrin. Dans un geste fébrile il attrapa la main de Brise et la serra fort.
« Assassiné, à Rome. »
Si elle avait su… Mais qu’est-ce qu’elle aurait pu faire ? Il l’aurait laissée derrière lui, ou plutôt il aurait essayé, et puis ça aurait mal tourné, et ils se seraient perdus comme lui et Léola. De toute façon. Claude recula un peu, juste un pas, juste assez pour que Brise le lâche. Il la détailla attentivement avec un pauvre sourire et alluma une cigarette en baissant la tête, dans un geste lent et nonchalant. Exactement comme avant, comme toujours. Brise tombait bien. Elle ne l’avait pas vu mourant, abandonnant, se tordant de douleur, non. Elle arrivait au moment où il revenait de loin. Il lui sourit, du même sourire que la première fois, séducteur mais douloureux.
« Tu imagines mon état ? Et celui de David ? Il s’est passé beaucoup de choses en ton absence. »
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|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Afterparty Lun 6 Sep - 14:09 | |
| Si Claude resta de glace, Brise eu l'impression de se vider brusquement de son sang. Ses lèvres blêmirent et elle laissa le jeune homme lui agripper la main sans réagir. Ses paroles lui arrivèrent de très loin, comme si elle avait brusquement été plongée dans un eau glacée tandis qu'il lui parlait depuis le rivage.
Dans un premier temps, elle fut surtout choquée. Elle n'avait jamais vraiment su comme qualifier sa relation avec Tibère. Ils avaient été rivaux, complices, amis peut-être ? Brise avait eu de l'estime pour lui. Pas pour ses actes, non, mais simplement pour ce qu'il avait eu le courage d'incarner, envers et contre tout. Tibère avait été aussi extrême qu'elle était mesurée. Elle n'eut pas l'impression de perdre un être cher, mais plutôt... De perdre un repère. Tant que Tibère était là, il représentait un jalon, un élément indispensable qui, malgré tout ce qu'il avait de mauvais, ne pouvait s'effacer sans remettre en cause l'équilibre du système dont il faisait partie. Elle n'était même pas vraiment triste, elle était... désemparée. Et cette brève confusion apparut lentement sur son visage livide.
Avec un autre que Claude, Brise n'aurait pas été si démonstrative. Elle avait beau être plus ouverte aux sentiments, elle restait tout de même la jeune femme farouche et méfiante qu'elle avait toujours été. Elle avait simplement apprit à faire confiance. Et Claude bénéficiait de cette confiance, avec quelques autres. Apkar, Isma, Logan (oui, même Logan !), Jena... Ils pouvaient se compter sur les doigts de la main. Mais en leur présence, Brise se sentait enfin libre de laisser libre cours à ses émotions, si douloureuse qu'elles soient.
Aussi après la confusion vint enfin la tristesse. Pas pour elle-même, mais pour Claude et David, pour la fin d'une époque, pour la page qu'ils venaient de tourner.
- Quand ? demanda-t-elle simplement, la voix à nouveau ferme malgré la pâleur de son visage.
Elle avait besoin de savoir. Où elle était à ce moment. Ce qu'elle avait vécu dans l'ignorance, et depuis combien de temps. Bien sur cela ne changerait rien... Mais elle avait également le pressentiment que la mort s'était déjà un peu éloignée dans les yeux de Claude, comme si il avait été au plus mal et remontait lentement la pente. Comme un convalescent. Elle fut presque soulagée de ne pas avoir été confrontée à lui au plus noir de la dépression. Soulagée, dans son égoïsme, d'avoir été absente au moment du drame. Elle ne savait dans quelle spirale infernale les empereurs survivants auraient pu l'entrainer, alors qu'elle était si proche de Claude. Elle frissonna.
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|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Afterparty Lun 6 Sep - 18:44 | |
| Claude fut… réconforté de la voir pâlir, et de voir les sentiments s’emmêler sur son visage. Il comprit sa question aussi profondément, avec tout ce qu’elle entraînait. Il comprit qu’elle pensait à ce qu’elle-même faisait à ce moment là, et il comprit aussi pourquoi elle frissonnait en y pensant. Lui-même venait d’y penser, à ce que serait devenue Brise entre ses bras, à cette époque. Son sourire se fit dur, presque méchant.
« Le 18 novembre. Ça fait presque un an. »
Si elle était restée. Peut-être bien que malgré toute sa force, il l’aurait détruite. L’image de l’insouciante Léola, folle de rage, décoiffée et sanglotante, lui passa devant les yeux et son sourire devint amer.
« Tu imagines ? »
Sa voix était si basse qu’elle ne devait l’entendre que parce qu’il avait parlé à son oreille, doucement, avec précautions.
« Presque un an… David et moi se battant entre nous comme des chiens, à perdre la raison. Des actes manqués à n’en plus finir… De la détresse, de la colère, des vrais cinglés je te dis. »
Il recula un peu pour qu’elle puisse le regarder dans les yeux. Qu’elle entrevoie, au moins un peu, de quoi il parlait.
« Et me voilà. »
Le rire qui suivit n’avait rien de drôle, mais il était bien moins sinistre que le genre de réactions que Claude aurait eue quelques mois avant. Il se rapprocha encore de la jeune femme et la serra entre ses bras, fort, si fort qu’elle ne devait plus pouvoir tellement bouger. Pour rattraper. Il ne savait pas ce qui allait se passer maintenant, il ne savait pas si elle allait rester, si il pourrait s’aimer encore, si il y aurait une suite. Peu importait, merde, peu importait, il enfouit son visage dans les cheveux maintenant longs de cette fille qu’il avait aimée, et respira profondément.
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|  | | Brise d'Oz Etudiante


Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
 | Sujet: Re: Afterparty Mar 7 Sep - 2:23 | |
| Brise ne chercha pas a se défiler. D'une certaine manière, Claude était en train de lui faire payer son absence. Par ces mots chuchotés à son oreille, il cherchait à raviver la culpabilité sur son visage. Ou du moins est-ce ainsi qu'elle l'interpréta. Elle ne chercha pas non plus à s'amender. Il n'avait jamais été question entre eux de serments éternels, et Claude aurait pu disparaître tout aussi soudainement qu'elle si l'un des empereurs l'avait envoyé quérir depuis l'autre bout du monde. Elle n'était même pas sure qu'il l'aurait laissé l'aider, si elle était restée. Ou si elle avait prit la peine de lui écrire. Lui aurait-il seulement répondu, alors qu'il se laissait dériver dans le sillage de la mort ? Aussi ne s'excusa-t-elle pas. Par ailleurs il était rare que Brise s'excuse, et elle ne le faisait jamais à la légère. En l'occurrence son seul tord était de pas avoir prit la peine de dire au revoir. Pour le reste et bien... Tibère avait eu un destin à la hauteur de ses ambitions : tragique, intense mais éphémère.
- Je regrette d'être partie comme ça, admit-elle néanmoins en se dégageant de l'étreinte de Claude. Et pour elle, c'était déjà beaucoup que de le reconnaître.
Elle avait à présent retrouvé un timbre tout à fait normal, peut-être un peu moins flegmatique que par le passé, mais néanmoins toujours aussi maîtrisé. Ses lèvres étaient toujours blême, et son regard trahissait clairement son trouble, mais elle s'était reprise. En apparence du moins.
- Comment est ce que c'est arrivé ? Demanda-t-elle, sans craindre de réveiller la douleur chez Claude.
Elle n'avait jamais été du genre à prendre des pincettes, pourtant sa main fine était restée posée sur le bras du jeune homme, comme pour contrebalancer la rudesse de la question. Un geste que l'ancienne Brise ne se serait jamais autorisé, mais que celle-ci n'avait aucun mal à assumer.
- Et Léola ? Je pensais que...
Elle s'interrompit, hésitant à livrer le fond de sa pensée.
- Je pensais t'avoir laissé entre de bonnes mains, lâcha-t-elle finalement avec un brin d'amertume, qui trahissait le peu d'importance qu'elle pensait avoir eu à ses yeux. Et David...
Elle laissa sa phrase en suspend. Jamais elle n'aurait imaginé que David, si raisonnable, si pondéré, n'en vienne à s'en prendre à Claude. Et inversement. Elle avait toujours cru que, dans ce genre de situation, le ténébreux jeune homme serait à même de gérer les débordements de ses meilleurs amis. A en juger par l'état de Claude, il avait du échouer. Ou peut-être que Claude n'avait pas eu envie qu'on lui vienne en aide, préférant se laisser dépérir pendant que David s'efforçait de le remettre sur pied. De là peut-être été né les conflits. Elle murmura alors, avec un pâle sourire :
- Il voulait bien faire, pas vrai ?
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|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Afterparty Mer 8 Sep - 11:34 | |
| Claude ne prit pas tellement mal la question de Brise, de toute façon. Il était en train de penser qu’il ne l’avait jamais entendue avouer des regrets, il souriait sans la moindre joie. Il répondit avec… ce qui ressemblait à une pointe de fierté dans la voix :
« Un type qu’il a agressé et qui s’est défendu au couteau. »
Bien sûr que ça devait arriver. Surtout avec l’explosion de méchanceté dont avait fait preuve Tibère quelques temps avant sa mort. C’était inévitable. Bon, si on allait par là, on pouvait dire aussi que le suicide de Claude était inévitable, et pourtant il l’avait esquivé. Ça ne servait à rien de chercher des raisons ou des scénarios moins catastrophes.
Par contre, il eut un geste d’agacement à la mention de Léola. Quoi Léola ? Comme s’ils avaient pu s’en sortir, à deux dans un couple déjà bancal, avec elle qu’il avait réussi à faire s’effondrer peu à peu. Qui ne lui faisait déjà plus si confiance, à cause de l’adultère… mais qui l’aimait encore. Avec Claude, combinaison parfaite pour un désastre. La même chose pour David. Le regard de Claude se durcit et il agita la main avec exaspération. Ouais, il croyait bien faire, mais il était devenu cinglé. Vraiment dingue.
Claude répliqua vivement :
« Léola est fragile. Je l’ai cassée. »
Il n’avait même pas l’air de regretter. La Brise qu’il connaissait s’en foutait, de Léola et de leur débandade peu glorieuse.
« Quand à David… Il a paniqué comme la fois où il a tué Pierre. Il a essayé de me plonger dans le coma et il m’a assommé quand j’ai voulu sortir à la Brèche de l’été. »
Claude eut un rire las. C’était tellement stupide !
« On s’est beaucoup battus. Maintenant ça va mieux. »
Il pencha la tête vers Brise et passa la main dans ses longs cheveux, lui relevant la tête pour qu’elle ne puisse pas se dérober à son regard, si tant est qu’elle le voulait.
« Si tu étais restée… qu’est-ce que tu serais devenue ? »
Et ça se voyait dans ses yeux, qu’il était passé par des moments si difficiles, si noirs et empreints de malheur, qu’il aurait pu ravager n’importe qui à ses côtés avec sa détresse. Sans changer d’expression, sa main libre rejoignit l’autre sous la nuque fine de la blonde et il se pencha sur elle pour l’embrasser doucement. Ça faisait longtemps mais il ne se demanda pas si rien n’avait changé. Il avait trop besoin de ça. Il avait trop regretté.
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