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| | Auteur | Message |
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Marisol Garcia Sanchez Etudiante


Nombre de messages: 41 Date d'inscription: 28/04/2008
 | Sujet: Adieu mon coeur Sam 21 Aoû - 19:09 | |
| Elle pleurait.
Assise sur le sentier près de la tourbière, en plein milieu des marais, sans se soucier de l'aspect de ses vêtements de toute façon à toute épreuve, elle pleurait, une lettre serrée dans son petit poing.
Elle n'avait jamais été bien grande, ni très robuste, mais elle restait endurante, d'habitude. Mais là, c'était plus qu'elle ne pouvait en supporter. Sa Doli, celle qu'elle avait cru ne jamais revoir, celle qui était venue la retrouver dans cette lande perdue et qui avait partagé son coeur, celle qu'elle avait toujours aimé, sa Doli, était partie. Et les larmes coulaient sans discontinuer sur ses joues halées, à peine dissimulées par ses cheveux lâchés, trahies de toutes les manières par les spasmes qui secouaient ses épaules.
"Porque ?" ne cessait-elle de se répéter.
Oui, pourquoi ? Pourquoi était-elle venue, si c'était pour repartir aussi vite ? Pourquoi ne lui avait-elle pas tout simplement demandé de venir avec elle ? Pourquoi ne lui avait-elle pas dit au revoir ? Pourquoi ne lui suffisait-elle pas comme elle lui suffisait, elle, pour être heureuse ? Certaines réponses se trouvaient dans sa lettre. D'autres attendraient peut-être pour toujours une explication. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Mar 31 Aoû - 17:24 | |
| Aaron ne pleurait pas.
Aaron était même plutôt guilleret, loin de se douter que ses pas le mèneraient au désespoir d’une petite sud-américaine. Il se baladait dans les marais, habillé simplement d’un pantalon marron en toile, relativement serré (sans pour autant être un de ces pantalons moulants de midinets qu’il détestait tant, les pantalons comme les midinets en question), qui était remonté à mi-mollet. Cette précaution n’avait pas servi à grand-chose, la preuve en était de la boue qui lui montait à peu près jusqu’à mi-cuisse. Aaron était pourtant quelqu’un de grand, de plutôt très grand même, et le trou de tourbe dans lequel il s’était embourbé aurait presque pu faire une jolie robe de boue à la mexicaine qu’il s’apprêtait à rencontrer.
Il était torse-nu, comme à chaque fois qu’il devait faire une corvée physique, ce qui arrivait assez souvent. Il était en pleine forme, ses muscles, bien que loin d’être de la forme de ceux des body-builders, saillaient juste ce qu’il fallait, et n’importe quel observateur pouvait apprécier le torse viril de l’homme qui avait pendant quelques années été prêtre, et qui avait si longtemps cru qu’il le serait toute sa vie. Les cicatrices (dont plusieurs de balles reçues au cours de sa seconde carrière) étaient là pour rappeler qu’il s’était reconverti. Il en avait une belle, profonde et plutôt impressionnante, qui devait dater de deux ou trois ans, près de sa clavicule gauche. Là, une sorte de dague, ou de sabre il n’avait pas bien vu l’arme, lui était rentré dans l’épaule. Plusieurs points de sutures avaient été requis, et plusieurs semaines pour que ça commence à bien vouloir cicatriser, surtout dans la région humide où il était à l’époque. On pouvait aussi voir la cicatrice de cette blessure impressionnante qu’il avait eue à son retour à Sywhaîd, en bas à droite, près de l’aine. Une cicatrice qui avait bien failli avoir sa peau, et qui était la plus « fraîche » de toutes, bien que maintenant aussi anodine pour sa santé que toutes ses copines.
Il avançait, une pelle calée sur l’épaule droite, rentrant tranquillement à la ferme. Il faisait chaud, en cette fin d’été, mais Aaron ne craignait plus la chaleur, ou le froid, depuis très longtemps. Il aimait peu l’humidité, principalement parce que ça lui rappelait de mauvais souvenirs, mais faisait avec, et il profitait à présent de la période sèche de l’été, heureux cependant d’aller chercher le peu de tourbe trouvable par cette chaleur. Il soupira d’aise, et découvrit encore une fois que Dieu avait une sacré dent contre lui. Aller lui coller une petit frimousse de brune au comble du désespoir alors qu’il était pour une fois heureux simplement, et presque sans arrière-pensée. Une mexicaine en plus, qui ressemblait tant à Sierra la Guyanaise, et qu’il avait plus ou moins fuie depuis qu’il était à Sywhaîd pour cette raison. Pendant une fraction de seconde, ou peut-être un peu plus pour être honnête, il hésita très franchement à s’en aller, à retourner à sa joie tranquille et à ses affaires. Seulement, c’était complètement impossible. Sa joie était gâchée, alors autant jouer à l’animal sociable. Il soupira, et avança, aussi bruyamment que possible, histoire que la brunette le remarque. Il s’arrêta à quelques pas d’elle, et balança d’un mouvement d’épaule très contrôlé sa pelle, avant de la planter dans la tourbe sèche qui se trouvait à ses pieds.
« No hay mal que por bien no venga… » dit-il à Marisol, de son espagnol à l’accent guyanais qu’il n’avait jamais réussi à perdre. « C’est un proverbe de chez toi, chicas… Alors, dis-moi quel est le bien, et je devinerais le mal. »
Il sourit, d’un sourire un peu canaille. Il avait l’air particulièrement à l’aise, ce qui était sûrement la chose la plus inconvenante dans sa façon d’agir, après tout qui pouvait être à l’aise devant autant de chagrin ? Et pourtant, il y avait quelque chose de réconfortant dans son attitude. Malgré tous ses efforts, l’aura de prêtre était toujours là chez Aaron. On continuait à vouloir se confier à lui, et il continuait à calmer les peines… Un talent dont il se serait bien passé. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Marisol Garcia Sanchez Etudiante


Nombre de messages: 41 Date d'inscription: 28/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Mar 31 Aoû - 18:00 | |
| Oz avait pensé être seule avec son propre malheur, ainsi assise à même le sol dans les marais. Elle n'avait absolument pas prévu qu'un homme, tout aussi séduisant pût-il être torse nu sous le soleil d'été, viendrait à la rencontre. Elle n'avait absolument pas prévu d'entendre parler sa langue et sursauta lorsqu'elle entendit les pas bruyants dans son dos. Elle sécha aussitôt ses larmes, bien que de nouvelles s'escrimèrent à perler aux coins de ses yeux, et tâcha de se composer un visage aussi neutre que possible.
- Le bien...
Elle soupira, tentant de calmer ses sanglots.
- L'amour de celle que j'aime. A vous d'en deviner le mal, il n'est pas si difficile à trouver...
Elle froissa instinctivement la lettre - visiblement déjà passablement abîmée - dans son petit poing. Elle avait toujours fait plus jeune que son âge, physiquement autant que dans ses actes. Ses grosses larmes lui donnaient l'air d'une gamine à qui on venait de retirer son jouet préféré. Pourtant sa peine était réelle, et bien plus profonde. Et elle ne parvenait pas à comprendre. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Pourquoi n'avait-elle pas seulement demandé à Diyami de les rejoindre. Elle aurait pu la partager, tout au moins le pensait-elle. Elle ne pouvait pas supporter son absence, cependant. Plus encore que le manque de sa soeur, c'était comme si on lui avait arraché un morceau de son coeur.
Elle baissa la tête, pour masquer en vain les nouvelles larmes qui roulaient sur ses joues. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Jeu 16 Sep - 14:48 | |
| Aaron hocha simplement la tête. Le malheur de Marisol était terrible à voir, même pour quelqu’un qui s’était autant endurci qu’Aaron. Bon, malgré ses airs frondeurs, il faut bien avouer que le prêtre avait toujours eu mal à voir une femme pleurer. C’était son côté marshmallow. Et le fait qu’Oz ressemble autant à Sierra n’aidait en rien l’ancien prêtre à être aussi caustique que d’habitude. Il n’aurait pas eu de mal à se moquer d’un amour perdu, après tout l’amour était une notion particulièrement surévaluée, mais avec les grands yeux bruns d’Oz pleins de larmes, il se retrouva malgré lui à compatir avec elle.
En même temps, il avait du mal à imaginer que quelqu’un qui aime vraiment une personne puisse lui faire autant de mal. Lui, il était du genre égoïste, ou du moins il se targuait de l’être, et il n’avait jamais vraiment réfléchi à deux fois avant d’abandonner une femme avec qui il avait été, même quand elle avait des sentiments pour lui (surtout quand elle en avait !). Mais quand on se disait amoureux, et bien, les choses devaient être différentes, non ? Aaron n’avait jamais été amoureux. Il avait été trop dévoué à sa foi pour accepter de l’être dans ses plus jeunes années, et ensuite bien trop sarcastique pour connaître un tel sentiment.
« Pourquoi tu n’es pas partie avec elle ? »
Il n’avait pas demandé ça par méchanceté gratuite, pour retourner le couteau dans la plaie, mais parce qu’il avait toujours eu tendance à penser qu’on réglait ses problèmes en en parlant, et en en parlant complètement, sans éluder un problème. Et, de fait, si elle aimait cette personne qui était partie, pourquoi n’était-elle pas avec elle à ce moment précis ? Pourquoi ne la rejoignait-elle pas ? _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Marisol Garcia Sanchez Etudiante


Nombre de messages: 41 Date d'inscription: 28/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Sam 2 Oct - 16:45 | |
| Marisol ne remarqua qu'à peine le hochement de tête d'Aaron à travers son brouillard de larmes. Pour elle, l'amour était la chose la plus merveilleuse au monde lorsqu'il était partagée, la plus triste et la plus déchirante lorsqu'il ne l'était pas. Quand l'ancien prêtre lui demanda pourquoi elle n'était pas partie avec Aiyana, la mexicaine sécha ses larmes dans sa manche et renifla bruyamment. Elle n'avait que faire de l'image pitoyable qu'elle devait renvoyer et répondit en toute franchise entre deux hoquets.
- Parce qu'elle ne m'en a pas laissé l'occasion. Elle ne m'a laissé que cette lettre pour m'avertir de son départ, elle n'a pas pu me le dire en face et je viens juste de le découvrir. Si j'avais su qu'elle était si malheureuse d'être loin de son meilleur ami, je serai peut-être partie avec elle, mais elle n'a pas jugé bon de m'en parler... Alors je ne sais plus quoi faire. Je suis venu ici pour quelque chose, et je n'ai pas encore accompli ce que j'avais à accomplir. Mais si elle m'avait parlé, j'aurais pu tout abandonner je crois. Maintenant, je ne suis pas sûre que ce soit utile...
Et c'était bien ce qui la minait plus encore que la séparation : le doute. Le doute quant à la réaction que pourrait avoir Aiyana, si elle partait pour la rejoindre. Le doute sur ses sentiments à elle, et sur les siens propres. Accepterait-elle de la partager avec Diyami ? Elle n'en savait rien, elle n'avait pas eu le temps d'y réfléchir. Aiyana ne lui avait pas laissé ce temps, et à présent, elle était complètement perdue. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 41 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Sam 9 Oct - 13:48 | |
| Bon. Aaron était peut-être légèrement sensible derrière une carapace aussi dure et épaisse qu’un mur de plomb (oui les murs de plombs sont une image parlante sur ma planète) mais il avait ses limites. Des limites qu’on atteignait assez facilement depuis qu’il s’était défroqué, après tout il n’était plus le Père Aaron, ou le Frère Aaron, ou n’importe quel membre de la Sainte Famille de l’Eglise. Il leva les yeux au ciel quand Oz arriva à peu près au milieu de son petit laïus, et même s’il passa son bras sur son front pour en essuyer la sueur qui y perlait, c’était assez visible. Bon, peut-être pas par quelqu’un au trente-sixième dessous comme l’hispanique, mais passons.
Il ne voyait pas trop quoi répondre à tout ça. S’il y avait une chose qu’Aaron n’était pas, c’était bien du genre à s’appitoyer sur lui-même. Quand il allait vraiment mal, que les souvenirs étaient trop durs à porter, il allait se bourrer la tronche une bonne fois pour toute. Une soirée renfrogné à boire bière sur bière, le tout arrosé d’un peu de whisky, une bonne gueule de bois le lendemain, et tout rentrait dans l’ordre. Il n’avait non plus jamais été du genre à déballer son linge sale en public, et encore moins à raconter tout ce qu’il ressentait, pensait, vivait à un inconnu. Même à un proche il évitait en général, on ne l’avait jamais vu raconter à Jordan ses problèmes dus à son lourd passé en sirotant un thé et dégustant des petits gâteaux roses. Tiens, ça faisait d’ailleurs un moment qu’il était pas passé voir la bricol’girl, se dit-il, en réalisant en même temps qu’il était en train de se détacher complètement de la douleur d’Oz. Hum, bravo l’empathie.
« Y a que vous deux qui puissiez répondre à cette question. » finit-il par répondre plutôt sagement.
Bon, le ton n’était pas non plus le ton le plus compatissant du monde, ça avait plutôt un côté « secoue-toi ma fille ! » mais on ne pouvait pas s’attendre à un miracle non plus. Ou du moins Aaron ne s’y attendait plus depuis près d’une vingtaine d’années. Il haussa les épaules, puis récupéra sa pelle d’un geste rapide et, visiblement prêt à s’en aller, il sembla tout de même pris d’un petit remord à l’idée de laisser une jeune femme aussi désespérée dans un endroit où on pouvait si facilement se noyer, et où il paraissait d’ailleurs qu’une morte vous proposait facilement de la rejoindre (du moins c’était ce que Wren avait raconté à une des Gentlemen’s Nights, mais d’une façon excité, comme si ça avait été une expérience vraiment intéressante), et ajouta :
« Je te ramène à la Ferme. Là-bas-tu trouveras sûrement une copine à toi pour boire du thé, manger des cochonneries, et prendre des décisions. »
Du moins, si elle avait d’autres amis à Sywhaîd. Il réalisa qu’il n’en avait aucune idée. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Marisol Garcia Sanchez Etudiante


Nombre de messages: 41 Date d'inscription: 28/04/2008
 | Sujet: Re: Adieu mon coeur Lun 11 Oct - 17:18 | |
| C'était peut-être visible pour n'importe qui qui se serait aventuré dans les marais, mais pas pour Oz. Aaron l'avait écoutée, et c'était tout ce qu'elle demandait, à cet instant. Bon, un peu plus d'empathie n'aurait sans doute pas été superflu, mais à vrai dire, elle n'en demandait pas tant. Déjà, quelqu'un s'était arrêté, c'était énorme.
Si le prêtre défroqué lui avait parlé de sa façon de réagir quand il n'allait pas bien, la mexicaine aurait sans doute esquissé un sourire et annoncé qu'elle devrait peut-être essayer, à l'occasion. Mais elle ne lisait pas les pensées et il ne les voisa pas. Et que lui importait qu'il ne comprît pas sa façon de déballer tout ce qu'elle avait sur le coeur à un inconnu à peine croisé quelques fois dans la lande sans plus. Tout ce dont elle avait besoin, c'était de crever l'abcès, et c'était chose faite à présent.
Elle hocha la tête une fois de plus quand il annonça qu'il n'y avait qu'elles deux qui pouvaient répondre à ses doutes. Il avait raison, évidemment. Mais comment pouvait-elle lui faire comprendre, à elle, sans la brusquer, qu'elle n'eût pas dû agir ainsi, qu'elles eussent dû en parler ? La volière s'imposa à son esprit, et l'image de Vladimir aussi.
Le ton qui voulait dire « secoue-toi ma fille ! » n'échappa pas complètement à l'hispanique. A vrai dire, il s'imposa presque inconsciemment à son esprit, et quand Aaron lui proposa de la ramener à la ferme, elle secoua la tête.
- Non... Je vais aller à la volière. Puisqu'elle préfère les petits mots, je vais lui écrire...
Il fallait dire que, tout le temps plongée à la bibliothèque ou à la volière, en dehors de Vlad et à présent d'Aaron, et des quelques-uns qu'elle avait vus dans des cours comme Tommie, elle n'avait pas vraiment beaucoup de fréquentations à Sywhaîd. Et ce chemin-là, de la volière, elle le connaissait par coeur, elle eût pu s'y rendre les yeux fermés. Et elle aimait la compagnie des chouettes et hiboux y pullulant. _________________ | Personnage PNJisé, toujours à Sywhaîd | |
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