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 Une promesse

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Gabriel Gordon
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MessageSujet: Une promesse   Mar 11 Mai - 22:17

Zephira, Zephira cet étrange prénom aux accents mystérieux n’avait cessé de tourbillonner dans l’esprit du garçon depuis son arrivée récente dans la Lande. C’était elle son contact. Une personne amie de sa grand-mère. Sans doute une personne très importante et très puissante, mais aussi très droite et intègre. Sa grand-mère ne s’acoquinait pas avec des gens qui n’en valaient pas la peine. Les grands esprits se rencontrent ne dit t’on pas.

Il apprit où se trouvait cette mystérieuse femme durant un déjeuner qu’il partagea avec un étudiant de l’école qui lui montra où se trouvait sa chambre. Rencontrer Zephira, oui il l’avait promis à sa grand-mère. Elle lui avait fait promettre de lui parler de la marque de l’Ordre de Pierre apposée sur son omoplate, marque magique dont les courbes et les motifs glaçaient le sang. Pour l’instant Gabriel ne savait pas trop quoi faire.

Gabriel n'était pas quelqu'un de lâche par nature. Il ne fuyait pas devant la promesse de sa grand-mère de parler à Zephira Mais jusqu'à présent durant toute sa courte vie il avait été un jouet, un pantin que son père manipulait et les quelques jours à Sywhaîd avaient fait naître en lui un désir féroce de liberté et d’indépendance.

Le fait d'être un jouet manié selon les règles le perturbait, lui donnait à présent envie de vomir. Il n'était plus le pantin de personne, surtout pas de la destinée, surtout pas du hasard. Et si parler à la mystérieuse Zephira était synonyme de nouvelles entraves dont il ne voulait pas ? Et si, et si. Pour le moment la douleur qui lui causait la marque s'était calmée après tout.

Pourtant malgré ces pensées fugaces il grimpait l’escalier menant jusqu’aux étages où la femme avait sa chambre. Elle n’était peut être pas là, ça aurait été préférable. Quelques minutes après, non sans avoir croisé un inconnu sortant visiblement de la douche il arriva devant la porte.

Alors, sans réfléchir plus longtemps, et d'ailleurs il n'était pas vraiment en état de le faire il frappa à la porte. Quelques instants plus tard on lui dit d’entrer. Il poussa la porte pour découvrir Zephira.

Le choc fut saisissant. Si d’habitude Gabriel était mal à l’aise devant les inconnus il ne réussirait probablement pas à aligner trois mots devant cette femme. Cette inconnue de par son simple charisme semblait emplir toute la pièce, oppressante... presque étouffante. Un frisson le parcourut tombant de sa nuque jusqu'au creux de ses reins, Zephira dégageait une sorte de magnétisme animal, un tableau à l’effet saisissant.

« Heu. »

Fut le seul son qui réussit à s’échapper de la bouche de Gabriel, tandis que son regard se perdait dans la longue chevelure.

« Madame Wood. ? »

La même mélancolie habitait les yeux de Gabriel, la même qu'il n'avait pas quitté depuis son arrivée, depuis de longues années.


[Pour Zephira, vous l'aurez compris.]

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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Une promesse   Jeu 10 Juin - 12:43

[Je suis vraiment désolée pour ce retard !]

Zephira lisait, assise sur son lit. Elle lisait un livre sur la magie de Sywhaîd, et son effet sur les maladies. C’était un livre écrit à la main, par plusieurs auteurs, qui avait été rempli sur des années, présentant surtout des cas particuliers. Peu de gens avaient lu ce livre, peu de gens s’intéressaient à ce sujet, mais Zephira avait une raison bien précise, et elle en était à la moitié de ce gros ouvrage, souvent mal écrit, dont elle avait lu chaque ligne de chaque page, avec une attention très précise. Alors quand on frappa à sa porte, elle fronça les sourcils et referma le livre d’un coup sec. Elle aimait Sywhaîd, et la vie en communauté, ou du moins la version de la vie en communauté que ce village lui proposait, lui convenait. Mais parfois il y avait des inconvénients, comme le fait d’avoir souvent du mal à s’isoler correctement. Ca allait avec le lieu, et Zephira acceptait les points positifs comme les négatifs, alors sa mauvaise humeur passa bien vite, juste après qu’elle ait rangé le livre dans sa table basse, caché, parce qu’elle n’avait aucune raison valable allant avec son personnage, avec ce qu’elle laissait voir d’elle, de lire ce livre. A part une simple curiosité, mais elle n’aimait pas cette excuse.

Elle passa devant son miroir mais ne se regarda pas dedans. Elle était magnifique, comme toujours, et elle le savait. Ca n’était pas de la vantardise, ou de l’orgueil, simplement qu’elle connaissait son pouvoir, ce que la magie lui faisait. Elle portait une jupe en soie rose, à taille haute, moulante, qui s’arrêtait à son genou, un chemisier à manches courtes beige, dont le bas était rentré dans la jupe, et la transition entre la jupe et le chemisier était fait par une grosse ceinture noire. Ses longs cheveux blonds (trop parfaitement blonds, en trop bonne santé) étaient ondulés et tombaient autour de son visage d’une façon magnifique. Son teint respirant la santé, sa peau magnifique, ses yeux gris-verts saisissants et son visage parfait finissaient de rende son apparence saisissante. Sans compter l’aura magique qui était toujours là, et continuait à faire des ravages.

Elle ouvrit la porte et accueillit son visiteur pourtant inconnu avec un sourire. Elle fit comme si elle n’avait pas remarqué sa réaction, comme elle le faisait toujours. Elle était pieds nus et même ses pieds, pourtant une des parties du corps la moins avantageuse, étaient magnifiques. Elle hocha doucement de la tête, puis répondit :

« Oui. » Elle hésita un petit instant puis ajouta : « Tu es Gabriel, n’est-ce pas ? Entre, ta grand-mère m’a prévenue de ton arrivée. »

Elle ouvrit la porte et fit signe à Gabriel d’entrer. La chambre de Zephira était décorée simplement mais avec beaucoup de goût, exactement comme on l’aurait attendu d’une jeune femme de son genre. Tout était bien rangé, même son bureau, qui croulait pourtant sous des tas de livres sur la magie. Il y avait aussi trois grandes bibliothèques, qui remplissaient une bonne partie de ses murs, remplis de livres divers et variés. Et deux fauteuils dans un coin, avec une table basse. Zephira avait récupéré une des chambres doubles de l’Ecole, et en avait fait une chambre simple, où elle avait mis plus de meubles que dans les chambres normales.

« Tu es arrivé depuis longtemps ? » demanda-t-elle simplement, tout en sortant une théière et des tasses, proposant silencieusement du thé à l’adolescent.

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Gabriel Gordon
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MessageSujet: Re: Une promesse   Mar 22 Juin - 1:02

[Pas de problèmes, c’est moi le plus en retard de nous deux Very Happy]

« Oui c’est bien moi »

Se contenta-t-il de répondre ne pouvant détacher son regard de Zephira dont l’aura était si puissante. Cette inconnue de par son simple charisme semblait emplir toute la pièce, oppressante... presque étouffante. Un frisson le parcourut tombant de sa nuque jusqu'au creux de ses reins, indésirable et indésiré. Hypnotisé il entra quand son hôte le lui indiqua et prit place sur l’un des fauteuils, son regard angélique se perdant l’espace d’un instant dans les imposantes bibliothèques de la chambre de la jeune femme.

Les ouvrages étaient magnifiques, les livres, gardiens des secrets se confiants à celui qui oses les ouvrir. Le garçon avait toujours eu une relation particulière avec les livres, il écrivait d’ailleurs régulièrement dans un journal intime qu’il gardait jalousement au fond de sa valise. Son œil droit se promena lentement sur chacune des nombreuses étagères qui peuplaient la bibliothèque, comme pour les compter. En réalité Gabriel ressentait une véritable joie, un plaisir non terni devant la vision que lui offrait cette montagne de livres.

Il fut tiré de sa transe contemplative par la voix de la jeune femme et par son interrogation.

« Oui, tout à l’heure. J’ai rencontré une fille vraiment gentille qui s’est arrangée pour m’avoir une chambre. »

Il acquiesça acceptant le thé brûlant qu’elle lui servit et prit la tasse en main avant de se rendre compte qu’elle était brûlante, décidément cette mystérieuse Zephira et ses mystérieux livres avaient un drôle d’effet sur notre jeune et frêle Gabriel. La femme lui faisait penser à une vélane, il ne put d’ailleurs se retenir de lui demander si elle appartenait à cette espèce. Prenant bien soin d’y mettre les formes afin qu’elle ne se sente pas offensée.

Silencieusement il avala une première gorgée de thé, il n’oubliait pas la raison de sa venue ici. D’après sa grand-mère on pouvait faire confiance à cette personne, Gabriel lui n’en était pas convaincu. Il ne faisait plus confiance à personne depuis longtemps, il avait assez longtemps le poisson, se laissant prendre dans les filets assassins des pêcheurs qui lui avaient jetés des appâts pour l'attirer.

Son cœur s’est muré. Une nuance mélancolique se forma d’ailleurs son visage innocent. En y rependant il ne savait pas vraiment ce que sa grand-mère lui avait dit dans la lettre et cette ignorance comme un poignard tendu au dessus de lui prêt à frapper lui faisait peur.

« Vous n’avez rien dit à personne ? »

Murmura-t-il d’une voix grave teinté d’inquiétude. Plutôt mal à l’aise. Il ne voulait pas que son bouclier fonde comme glace au soleil, et étrangement il regrettait à présent d’être rentrer dans cette pièce. Il ne voulait pas de la réalité et ferma les yeux. Prostré. Prêt à recevoir les coups de la vérité en pleine face

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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Une promesse   Mer 14 Juil - 14:50

Zephira était assise sur le second fauteuil, sa tasse posée sur son genou (ses jambes étaient gracieusement croisées), tenue par une main qui ne semblait pas craindre la chaleur de la porcelaine. Quand Gabriel lui demanda si elle était une vélane, elle répondit par un simple rire franchement amusé, qui semblait démentir cette hypothèse, mais ne creusa pas plus le sujet. Elle ne pouvait expliquer au garçon ce qu’elle était. Et elle ne pouvait non plus trouver une réponse fausse mais satisfaisante, alors elle fit ce qu’elle avait toujours fait en terrain peu dangereux, elle laissa planer le mystère. Elle avait été professeur, dans plusieurs écoles, et ses élèves s’étaient toujours demandé ce qu’elle était. Peu lui avaient posé la question de front, et Zephira nota que Gabriel était certainement moins réservé qu’il semblait l’être. Le poids de ce qu’il avait subi pesait sur ses frêles épaules, assombrissait son caractère, mais il restait curieux et capable de voir ce qui l’entourait, c’était plutôt bon signe. Ça non plus elle ne le dit pas, se contentant de laisser l’adolescent s’emmurer dans ses pensées pendant plusieurs minutes en trempant ses lèvres parfaites dans son thé au jasmin. Le thé était encore trop chaud et, bien qu’elle aurait pu tout à fait se protéger de cette chaleur, Zephira reposa donc la tasse sur son genou. Mais peut-être ne le fit-elle que parce que son nouveau protégé venait de parler à nouveau.

« Je ne vois pas à qui je pourrais en parler. » répondit-elle avec un sourire doux, mais un certain mystère brillant toujours dans son regard trop parfait. On finissait par oublier que Zephira était aussi époustouflante, on finissait par vivre à ses côtés presque naturellement, par enfouir cette étrangeté, parce que c’était dans la nature humaine d’accepter l’inacceptable, de s’adapter. C’était ce qui faisait de l’humain une créature si passionnante. « Sywhaîd est un bon endroit pour garder un secret. Beaucoup de gens viennent ici pour ça, comme toi, pour fuir quelque chose et garder un secret. Mais cela rend les choses plus difficiles, aussi. Parce que les gens qui ont des secrets, de lourds passés, se reconnaissent entre eux. » ajouta-t-elle, sans sembler s’émouvoir du fait que c’était peut-être un concept un peu trop compliqué pour un adolescent. Gabriel avait vécu assez de choses horribles pour être plus mature que la plupart des gens de son âge. Et puis, Zephira n’avait jamais pris les enfants, ou les adolescent, pour des imbéciles simplement parce qu’ils étaient moins cultivés ou puissants qu’elle. Après tout, dans ce cas, elle aurait aussi dû prendre la plupart des adultes pour des idiots. « Tu ne passeras pas inaperçu. »

Elle accompagna ce dernier constat, pourtant sûrement peu agréable pour Gabriel vu l’état dans lequel il semblait être, d’un sourire rassurant. La plupart des ados oscillaient entre l’envie d’être invisibles et l’envie de se faire remarquer, Zephira savait ça. Elle se souvenait de ce que ça avait été d’être Madeleine Duprès, adolescente boulotte et mal dans sa peau, invisible parce qu’elle le voulait, mais torturée par ce manque d’attention. Mais Gabriel n’était pas un adolescent comme les autres, et ça la magnifique blonde le savait aussi. Elle avait été dans sa situation, même si elle l’avait été plus vieille, et d’une façon plus tragique encore. Elle savait qu’il aurait du mal à trouver un équilibre, et elle savait comment l’aider.

« Ta grand-mère a bien fait de t’envoyer ici. Tu es en sécurité et tu vas pouvoir te reconstruire correctement. Et si elle t’a mis sous ma protection ça n’est pas pour rien. Tu ne peux pas te reconstruire seul, tu as besoin d’aide. » Elle fit une petite pause pour boire une gorgée du thé. « Et je serai cette aide. »

Elle parlait avec une autorité naturelle, mais il n’y avait rien d’intrusif dans cette autorité. Elle n’était pas en train de dominer Gabriel, de lui imposer sa présence, elle semblait juste constater un état de fait. Zephira n’était pas stupide. Et elle savait que la pire chose à faire avec quelqu’un qui sort tout juste d’une secte était d’user d’une mauvaise autorité. Il y avait un risque à imposer quoi que ce soit à quelqu’un comme Gabriel. Soit il refusait tout en bloc, parce qu’il ne voulait pas retomber dans l’obéissance qu’on lui avait imposée dans la secte, soit il courbait l’échine et devenait incapable de vivre sans quelqu’un pour lui donner des ordres. Les deux possibilités étaient désastreuses, et Zephira refusait de tomber là-dedans.

« Tu n’as que quinze ans, mais à Sywhaîd ça ne veut pas dire grand-chose. Je te signalerai cependant au Rad comme étant sous ma responsabilité. Le Rad est le conseil de Sywhaîd, composé du gérant et des trois professeurs, ils gèrent plus ou moins la communauté, et vont forcément entrer en contact avec toi, vérifier régulièrement que tout va bien, parce que tu es jeune et que tu es venu sans adulte. Et même si je serai pour eux ta tutrice, ils feront attention, c’est comme ça que ça fonctionne ici. » Elle sourit de nouveau. « Tu devras participer aux corvées, et tu auras la possibilité d’assister à des cours. Mais ce sera à toi de décider de ce que tu veux faire de tes temps libres. Et tu en auras beaucoup, malgré les corvées, parce qu’on ne surcharge pas les enfants de travail. Alors, que penses-tu faire de ces heures qui seront à toi ? »

Elle trempa de nouveau ses lèvres dans son thé, attendant une réponse, et que Gabriel assimile tout ce qu’elle avait dit. Mais cette question n’était pas anodine, parce qu’il faudrait qu’elle se débrouille pour que l’adolescent fasse des connaissances, se construise une vie sociale, malgré tout ce qu’il avait vécu et l’envie qu’il avait sûrement d’être seul, sans parler de la peur de l’autre qu’il développerait forcément à un moment ou un autre de son travail pour surpasser son traumatisme. Et si Zephira savait tout ça, c’était parce qu’elle l’avait vécu, tout simplement.

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