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Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Human After All Sam 8 Mai - 12:25 | |
| Daft Punk - Human After All
Le couinement qu’émit le sanglier en fin de vie avait tout pour être jouissif, surtout quand on pensait qu’il l’avait bien cherché en attaquant le premier. Ia, malheureusement, n’étant pas faite pour apprécier ce genre de triomphe, se contenta de s’assurer que la grosse bête était morte en l’ouvrant en deux. Dire qu’elle se promenait en toute tranquillité, sur ses deux jambes bien humaines, rêvassant à la suite de ses écrits interrompus depuis trop longtemps. Elle suivait consciemment une piste de sangliers, sans but précis à part celui de suivre un chemin facile à repérer. En temps normal, elle aurait repéré de loin la bête, mais aujourd’hui Ia eut à peine le temps de se transformer pour tuer le sanglier qui se précipita sur elle. Elle le ramassa entre ses deux puissantes pattes de devant et remonta la piste en sens inverse pour revenir vers la civilisation. Elle déposerait cette carcasse à la boucherie pour voir si elle serait utile à quelque chose. L’idée de chasser pour les humains lui était venue lors de ce stage de survie…
C’est donc une immense araignée qui déboula de la forêt, silhouette difforme à cause du sanglier qu’elle portait à bout de pattes tout en se déplaçant seulement sur les six autres. Elle fonça vers la boucherie et déposa l’animal devant la porte. Ia ne se sentait pas encore suffisamment confiante pour déposer ouvertement la bête au boucher, qui sait quelle réaction il aurait ? Devant la porte, elle se transforma de nouveau en humaine et baissa les yeux vers sa jambe gauche. La douleur avait été très discrète tant qu’elle avait été araignée, mais maintenant elle pulsait noire dans son tibia et le sang coulait. Le sanglier avait dû la toucher avant sa transformation défensive. Ia grimaça et se mit en marche, boitillant vers l’école pour trouver un truc pour se nettoyer.
Elle en était à se traîner sur le chemin quand un homme se présenta en face d’elle. Lui non plus, elle ne l’avait pas vu venir. Et elle avait le vertige. En se retournant, elle vit une trace rouge sur son chemin.
« Bonjour. Pourriez-vous m’aider ? »
Ia savait que l’homme aurait peut-être quelques réticences à l’approcher. C’était une réaction normale, corporelle, de son espèce : elle en balançait des malaises tant qu’elle pouvait. Protection ultime, stress, tout ça, Ia ne pouvait pas empêcher son corps de chercher à la protéger. L’autre se sentirait sûrement mal, la nausée, l’inconfort, la méfiance. Une certaine frayeur. Ia n’avait plus qu’à espérer qu’il saurait passer outre.
« Je dois vous prévenir, ce ne sera pas très agréable de rester à côté de moi. Je vais essayer de maîtriser le… »
À ce moment, Ia prononça un mot très guttural et intraduisible, un truc du style « Atlhaar », le mot de son peuple pour ces ondes inqualifiables.
Une certaine colère montait dans sa gorge, une amertume. Elle aurait du voir arriver le sanglier. L’homme aussi. Elle devrait ne pas ressentir cette amertume, même. Elle aurait du ne pas chasser pour les humains. Elle aurait du ne pas demander d’aide à un humain. Elle changeait et se pervertissait. Où était passé son côté monstrueux, démoniaque, son côté espèce-issue-des-noirs-secrets-de-la-terre ?
(Quiiinn ?) (le sujet des interrogations d'Ia sera : diantre mais les humains pervertiraient-ils la nature ? ça te va ?) |
|  | | Quinn Winocki Sywhaîdien


Nombre de messages: 26 Age: 53 Date d'inscription: 05/03/2010
 | Sujet: Re: Human After All Dim 9 Mai - 18:04 | |
| (Toutafait !)
Un peu plus d’une semaine s’était écoulée depuis que Quinn avait posé pied et cornemuse à Sywhaîd. Il s’était installé dans une chambre de l’école et avait finalement réussi à mettre la main sur le gérant, un jeune gars nommé Arieh, pour accomplir les formalités d’usage. Apparemment ravi d’avoir une nouvelle paire de gros bras à disposition, ce dernier s’était empressé de le réquisitionner pour une corvée de réparations de meubles à l’atelier. Quinn en revenait tout juste, ce qui expliquait les manches de sa chemise remontées jusqu’au dessus des coudes et la fine couche de sueur encore visible sur son front. Il n’avait qu’une envie, rentrer prendre une bonne douche et ensuite continuer son exploration des environs.
C’était sans compter la fille qui apparut soudain devant lui, une jambe en sale état et une traînée de sang derrière elle. Elle eut l’air aussi surprise que lui en le voyant là au milieu de la route et lui demanda son aide avec une politesse un peu étrange, vu la situation. Quinn n’hésita pas un instant et fit un pas en avant : la pauvre fille s’était sans doute blessée en travaillant dans l’une des fabriques, sans personne pour l’aider, et Dieu seul sait depuis combien de temps elle perdait son sang ainsi. Mais avant qu’il puisse avancer plus il fut stoppé par une brusque sensation de malaise. Une sorte de nausée qui le prenait aux tripes et lui disait de s’éloigner de cette fille. Faisant écho à ses pensées, celle-ci le prévint que rester à côté d’elle serait désagréable. Comme si elle savait ce qu’il était en train de ressentir. Comme si ça émanait directement d’elle. Quinn la regarda. Il y avait quelque chose qui clochait chez elle, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle ne se comportait pas comme n’importe qui d’autre dans sa situation l’aurait fait. Trop calme. Trop pragmatique. Ça n’était pas normal, mais ça n’aurait pas dû arrêter Quinn. Il était courageux, sacrément courageux même, et pas du genre à hésiter quand quelqu’un était en danger. C’était arrivé des dizaines de fois qu’il se retrouve dans cette situation. Sur les docks, les accidents étaient fréquents, et ensuite bien sûr, il y avait eu le 11 septembre. Ce souvenir réveilla Quinn comme une décharge électrique. Il avait vécu ça, survécu surtout, ce n’était pas un simple inconfort causé par une fille dans la lande écossaise qui allait le faire fuir. Il s’avança résolument vers elle.
- T’inquiète pas p’tite, ça va aller. Assied-toi par terre, que j’regarde un peu ta jambe.
Il l’aida à s’asseoir sans appuyer sur sa jambe et jeta un coup d’œil à la blessure. La chair était vilainement déchirée, et ça saignait toujours.
- Dammit ma jolie, tu t’es salement amochée, commenta-t-il avec une grimace.
N’ayant aucun autre linge sous la main, il enleva sa chemise, sous laquelle il portait un marcel, et la pressa fortement contre la plaie pour endiguer le saignement. Ce n’était pas le nec plus ultra, et surtout ce n’était pas stérile, mais ça ferait l’affaire pour le moment. Avec son autre main, il attrapa un gros caillou qui traînait sur le chemin et s’en servit pour surélever la jambe blessée.
- Faut rester comme ça jusqu’à ce que ça saigne plus, expliqua-t-il. Ensuite on t’emmènera jusqu’à l’école. Ok ?
Il secoua la tête pour chasser le reste de nausée qu’il sentait encore dans sa gorge, puis ajouta :
- T’as de la chance d’être tombée sur quelqu’un. J’m’appelle Quinn. Alors dis-moi, comment tu t’es fait ça ?
Il posait la question autant par curiosité (il se demandait bien quel genre d'outil pouvait causer des blessures comme celle-ci) que pour forcer la fille à parler et ainsi se concentrer sur autre chose que la douleur, sans se douter qu'elle était bien plus coriace qu'elle n'en avait l'air. _________________  |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: Human After All Mer 12 Mai - 20:25 | |
| Ia laissa l’homme l’aider sans commentaire, le visage fermé. Elle tendit sa jambe et le laissa presser sa chemise dessus sans montrer aucune réaction, pas-même une grimace de douleur. Elle avait mal, oui, plutôt vraiment mal même, mais ce n’était pas dans ses réflexes de le montrer. Par contre, un point sur lequel elle combattit ses réflexes, ce fut pour atténuer son « aura » jusqu’à ce que la sensation soie suffisamment faible pour être oubliée. Elle hocha la tête sans mot dire quand Quinn continua en parlant d’attendre la fin de l’hémorragie. Elle ne s’inquiétait pas pour la blessure : ça guérirait et elle en avait vu d’autres à traîner dans la forêt. Ce qui l’inquiétait, c’était la distraction qui avait permis à la bête de l’atteindre.
« Moi je m’appelle Ia. »
Sa voix était calme et éteinte et son visage resta impassible alors qu’elle continuait :
« C’est un sanglier qui m’a fait ça. Il a eu le temps de me percuter avant que je le tue. Normalement, il n’aurait même pas pu m’approcher. »
Ia n’avait pas le souvenir d’avoir déjà rencontré ce type, mais maintenant qu’elle ne se cachait plus, il lui paraissait naturel d’être une créature au milieu des humains. Elle en oubliait de le préciser. Après tout, elle-même était capable de discerner une créature d’une autre sans aucun problème, et elle n’avait pas vraiment conscience que le manque d’instinct humain allait jusque là. Pour certains seulement. La plupart comprenaient tout de même assez vite, les sorciers étant plus ouverts. Ça avait été bien plus difficile avec les vieux Russes de son village natal. Bref. Elle avait pris l’habitude de parler aux gens et de tenter de les lancer dans de longs débats philosophiques et humanistes dont elle-même ne saisissait parfois que difficilement la portée. Un type avec qui elle avait parlé, un certain David, avait refusé de se lancer là-dedans, la calmant d’un « Ok, toi t’es la Nature contre les Humains, c’est ça ? Qui l’emportera en légitimité ? Qui a raison ? Grande question Spidergirl, mais moi je m’occupe de la vie et c’est tout. Pas le temps. » Malgré tout, ça avait fait réfléchir Ia. La Nature contre les Humains ? Oui, elle représentait les bêtes et l’instinct et la chasse et l’absence de toutes ces humaines questions et ces sentiments. Elle ne les touchait que pour les comprendre, tout ça à cause d’une manipulation de Brume qui lui avait collé des bribes d’humanité. Soudainement, Ia planta un regard glacial dans celui de Quinn. Un instant, elle eut l’air d’une morte soudainement revenue à la vie les yeux grands ouverts et la peau si pâle.
« C’est à force de côtoyer des humains. Je me ramollis. Je me… dégrade ? »
Elle avait murmuré le dernier mot en forme de question. Dégradation, vraiment ? Ou amélioration ? Où irait sa foi ? |
|  | | Quinn Winocki Sywhaîdien


Nombre de messages: 26 Age: 53 Date d'inscription: 05/03/2010
 | Sujet: Re: Human After All Ven 14 Mai - 8:49 | |
| Ia, heh ? Curieux, comme prénom. Quinn avait passé la plupart de sa vie où on entendait des prénoms de toutes les origines, mais Ia, c’était une première. Ça venait sans doute de l’Est, songea-t-il. Ça lui allait bien de venir de là-bas, à cette fille, glaciale comme elle était. Même pas un tressaillement de douleur quand il noua sa chemise autour de sa jambe blessée. Bon, le point positif, c’était que la désagréable sensation de nausée avait disparu de sa gorge, mais Quinn n’eut pas vraiment le temps de s’en réjouir vu que Ia lui expliqua alors le plus simplement du monde que c’était un sanglier qui l’avait amochée. Ah. Et qu’elle l’avait tué. Double ah. Quinn secoua la tête de l’air du type qui en a vu d’autres, mais la vérité c’était que celle-là, il ne l’avait pas vue venir. Il avait un peu trop tendance à se fier aux apparences, il fallait dire, et ne se serait jamais douté que cette fille pâlichonne, même si sans aucun doute très étrange, cachait une redoutable tueuse de sangliers.
- Les humains ? Alors t’en es pas, hm ? fit-il en écho de la dernière phrase de Ia. Ça explique pas mal de choses. Le truc que tu m’as fait ressentir, c’est une sorte de mécanisme de défense ?
Ça collait plutôt bien avec le côté prédateur que le coup du sanglier laissait évoquer. Il tourna à nouveau la tête vers Ia avec un sourire bonhomme.
- Alors, qu’est-ce que tu es ? J’ai l’droit de savoir ?
Il caressa pensivement son menton de la main qui ne pressait pas le bandage improvisé contre la jambe de Ia.
- Quant à savoir si tu t’dégrades… Clairement, c’est dangereux pour toi de trop « fréquenter les humains », comme tu dis, on en a la preuve sous les yeux. Mais est-ce que ça t’as pas apporté des bonnes choses aussi ? Parce que vivre seule c’est bien, mais c’est pas les arbres qui vont te répondre quand tu leur causes.
Ia allait vite s’en rendre compte, elle était tombée là sur un bon client. Quinn adorait les longs débats au moins autant qu’elle. Bon, il avait tendance à les préférer attablé à un comptoir plutôt qu'accroupit dans la terre avec du sang plein les mains, mais on fait avec ce qu’on a. _________________  |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: Human After All Mar 22 Juin - 20:53 | |
| Ia confirma d’un signe de tête que oui, cette aura, c’était une défense. Une sorte de prévention de bête blessée qui veut pas qu’on l’ennuie plus. Cet homme avait l’air d’avoir du cran, lui aussi. Même pas un petit tressaillement, même pas l’air effrayé quand elle avait dit être un prédateur. Enfin, une chasseuse.
« Je suis une araignée géante descendante d’un démon souterrain. »
Voilà pour la description, clair et concis. Un peu inquiétant, peut-être, mais elle n’y accordait aucune importance. Quinn était intéressant. Il avait l’air d’aimer parler, et ça plaisait à Ia. Elle se sentait confiante. La première preuve en était déjà qu’elle se laisse soigner par lui. Elle prit le temps de réfléchir à la remarque de Quinn.
« Je n’ai pas besoin de parler. Normalement. Mais… la Brume m’a rendue un peu plus humaine et m’a donné ce besoin de contact que vous avez. Je ne sais pas… »
La russe s’interrompit et soupira. C’était un geste calculé, elle avait vu des humains le faire et savait que ça pouvait traduire la lassitude sans besoin de beaucoup d’efforts. Du coup, elle avait un air étrangement appliqué en le faisant.
« Je n’avais jamais pensé à ça. Les humains… sont des créatures du monde, mais elles n’en font pas vraiment partie. Ils sont en dehors, ils combattent même la nature. C’est si étrange... »
Une pause, puis :
« J’ai même entendu que certains humains cherchent à combattre la vieillesse et la mort. Comme s’ils n’acceptaient plus d’être de simples créatures de passage, destinées à procréer puis fertiliser la terre de leurs cadavres. Les idées vont ont tournées la tête. Elles vous ont conduits à croire que vous êtes seuls, et les rois du monde. »
Il n’y avait pas de reproche dans sa voix. Une simple constatation. Pour Ia, tout était destiné à servir la terre, la nature, les espèces. Les questionnements philosophiques… elle s’y intéressait pour savoir si oui ou non, il y avait quelque chose d’utile là-dedans. Si ces idées pouvaient aider à vivre. Mais en ce moment… si ces idées devaient la séparer de ce monde… Oh, elle devait savoir.
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|  | | Quinn Winocki Sywhaîdien


Nombre de messages: 26 Age: 53 Date d'inscription: 05/03/2010
 | Sujet: Re: Human After All Mer 23 Juin - 20:32 | |
| Donc, il était en train d’aider une araignée géante descendante d’un démon souterrain, qui lui annonçait ça comme si c’était quelque chose qu’on croisait à tous les coins de rue. Okaaaaay. Décidément, Ia était pleine de surprises. Le bon sens aurait voulut que son sourire dégouline aussitôt de son visage et qu’il se carapate sans demander son reste. Mais du point de vue de Quinn, si l’on exceptait les sonorités désagréables de « géante » et « démon souterrain », il n’y avait pas de quoi s’en faire. L’inattendu de cette révélation le fit même rire, un rire bref c’est vrai mais dépourvu de nervosité.
- Au moins c’est original, remarqua-t-il, ne sachant pas trop quoi dire.
Il écouta la suite des paroles de Ia avec attention.
- On est une espèce très arrogante, c’est vrai. Mais j’pense pas qu’on soit en dehors du monde, au contraire. Depuis que notre intelligence est devenue suffisante, on a toujours cherché à le comprendre. On a inventé les sciences, On est allé jusqu’à examiner l’infime et le gigantesque. Et les conséquences ont pas toujours été bonnes, ça c’est sûr. On a toujours eu une… volonté d’expansion incroyable.
Il s’interrompit un instant pour mettre de l’ordre dans ses pensées.
- Et ça va avec c’que tu dis sur la vieillesse et la mort. On essaie de les dompter. Mais c’est pas du tout parce qu’on croit être les plus forts : c’est parce qu’on est morts de peur. C’est vrai, les idées nous ont tournées la tête. Contrairement à la plupart des autres espèces, notre drame, c’est la conscience de l’individu. On est pas juste des humains. On est « nous » et ça prime sur tout le reste. Je sais pas comment c’est chez toi, mais pour nous, la survie de l’espèce, c’est pas important à côté de la notre. Et la survie de l’espèce, après tout, c’est juste notre survie à travers elle. L’intelligence des hommes est un cadeau empoisonné : on l’utilise et du même coup on comprend qu’on l’utilise pour rien puisque dans quatre-vingt ans on existera plus. D’où la course désespérée au progrès qui s’fait au détriment de la nature.
Il passa la main sur son menton et jeta un regard vers Ia pour vérifier qu’elle le suivait toujours malgré sa progression confuse.
- Mais ça commence à changer, tu sais, poursuivit-il. Les mentalités. On commence à parler de « préserver les générations futures », tout ça. On s'met à protéger la nature, dans un but complètement égoïste c’est vrai, mais c’est d'jà ça. On commence à se rendre compte qu’on a été de bien mauvais rois du monde.
Il souleva un instant la chemise qu’il avait nouée autour de la jambe blessée de Ia. Ça saignait toujours, mais le flot était déjà moins abondant. C’était bon signe.
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|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: Human After All Jeu 2 Sep - 11:15 | |
| La conscience, l’intelligence, ça n’excusait pas tout. Ou peut-être que si ? Ia voulait savoir. C’était pour ça qu’elle lisait, interrogeait, analysait. Elle eut un regard glacial assez paralysant et répliqua :
« Vous ne vous rendez compte de rien. Des paroles, juste des paroles, cette histoire de protéger la nature. Mais c’est normal. Il s’agit de décider si vous valez le coup de détruire la nature. »
Elle renifla profondément l’odeur de son propre sang, qui montait de sa jambe et de la terre, et continua avec une expression qui aurait pu passer pour du dédain.
« Avec votre intelligence, vous êtes terrorisés, vous êtes mous, et vous ne pensez qu’à vous-même. Vous pensez que vous êtes suffisamment précieux pour vous approprier tout ça. »
Ia se mettait un peu en colère, tout doucement. Pas une colère humaine pleine de chaleur, non. Plutôt une irritation qui montait lentement et froidement, une colère de machine.
« Savez-vous qu’un jour, les créatures des mondes d’en dessous… et peut-être même celles qui vivent à vos côtés… savez-vous qu’un jour, peut-être, elles se rebelleront ? Ce serait la moindre des choses. Mais vous croyez être les seuls à avoir le droit de penser, de ressentir, les seuls à avoir le droit de détruire pour préserver votre espèce. »
L’aura qui l’entourait augmentait en puissance et ses yeux, plantés dans ceux de Quinn, était si clair qu’elle avait l’air d’une aveugle. Qu’elle aurait eu l’air d’une aveugle si son regard n’avait pas été si intense.
« Je ne pense pas que vous le soyiez. Je me posais la question, tu sais. De savoir si les humains ont un truc qui fait qu’ils sont plus précieux, qu’ils peuvent… savoir si les expériences des humains sont assez importantes pour justifier les pertes. Mais non. Vous êtes juste des égoïstes effrayés, et la plupart d’entre vous ne réfléchissent pas de toute façon. »
Elle se tut soudain et tomba dans le mutisme, les sourcils froncés de façon exagérée –elle savait que ça traduirait sa colère en langage corporel humain. Ce que Quinn lui avait dit… lui avait fait prendre conscience que les humains n’étaient pas tous les admirables bêtes de réflexion qu’elle aimait. Oh non, pas tous. Loin de là.
(désolée du retard, j'avais plus du tout envie d'écrire... mais me revoilà en selle) |
|  | | Quinn Winocki Sywhaîdien


Nombre de messages: 26 Age: 53 Date d'inscription: 05/03/2010
 | Sujet: Re: Human After All Sam 25 Sep - 20:06 | |
| Quinn observa Ia s’énerver progressivement sans rien dire. Hé bé, ça lui tenait vraiment à cœur… Il sentit soudain revenir la nausée et porta la main à sa bouche un instant, le temps que ça passe ou qu’il s’habitue.
« Wow, missy, calm down. J’y suis pour rien, moi, dans cette histoire. T’as pas tort, évidemment, pour l’instant c’est beaucoup de paroles et pas grand-chose d’autre. C’est pas facile d’abandonner la couronne de maître du monde en moins d’un siècle. Et bien sûr, on l’fait que par nécessité : si Mère Nature commençait pas à perdre les pédales tu pourrais êt’ sûre qu’on n’aurait pas encore bougé le p’tit doigt. Mais j’vois pas pourquoi tu dis qu’on est terrorisés et mous. Justement non. On a été des conquérants depuis le début -d’après c’que je sais, j’y étais pas, hein- et c’est justement pour ça que ça a dérapé. Quand on a commencé à conquérir la technologie. Alors égoïstes, oui, autant que tu veux. C’est pt’êt la caractéristique principale de l’humanité. Dépassés par notre propre création ? Sans doute. Mais mous et effrayés ? Je ne crois pas. »
Il répondait au regard de Ia, œil contre œil. Elle lui fichait la frousse, bien sûr. Mais ouvrir sa gueule même quand il avait la frousse, c’était un art qu’il pratiquait depuis qu’il était sorti du ventre de good ol’ mama Winocki.
« La rébellion des créatures, j’y crois pas des masses. Tu m’diras, je suis pas le mieux placé de nous deux pour en parler. Mais c’est trop tard, tout simplement. Ça ne servirait à rien parce que le mal est déjà fait. On est déjà en train d’essayer de le guérir, quel intérêt de se soulever contre nous maintenant ? Tu vas sans doute pas aimer ce que je vais dire, mais tant pis : j’pense que la nature nous subi, c’est tout. Elle a perdu les moyens de nous frapper il y a longtemps, et quand elle frappe, j’parle des catastrophes naturelles, des maladies, elle frappe quasi tout le temps à côté de la cible qu’il faudrait frapper. Elle nous subi. Et ça, à mon avis, c’est bien plus terrible que si une rébellion était possible. »
Il jeta un nouveau coup d’œil à la blessure. La nausée revint de plus belle. Il essaya de s’en défaire en haussant les épaules.
« Mais bon, si t’as déjà décidé que "la plupart d’entre nous ne réfléchissent pas de toute façon," y’a rien que je dirai qui pourra te faire changer d’avis. »
Quinn eut un sourire un peu triste. Il se doutait que ses paroles n’allait pas aider à calmer son interlocutrice déjà un peu trop agressive à son goût -il était quand même en train de l’aider, dammit !- , mais, comme d’habitude, il s’était fait emporter par le flot de la conversation.
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