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 Quête de Lloyd Lancaster

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Lloyd Lancaster
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MessageSujet: Quête de Lloyd Lancaster   Jeu 6 Mai - 19:42

Lloyd quitta Leeds le matin du premier dimanche de juin. Il avait entassé une bonne partie de ses vêtements dans une grosse valise, et tous ses livres sur la magie accumulés au cours des années dans une autre. L’ensemble aurait dû peser affreusement lourd, mais Lloyd avait réduit la masse des deux malles à l’aide d’un sortilège. Dianne était venue lui dire au-revoir, et ça avait été moins difficile que prévu. « Prends soin de toi, Lloyd », s’était-elle contentée de dire en l’étreignant. Il avait respiré une dernière fois l’odeur de ses cheveux. Il lui était vraiment reconnaissant de le laisser partir. Mais ce n’était sans doute pas un si grand sacrifice. Même s’ils étaient ensemble depuis près de cinq ans, ils avaient toujours gardé un peu de distance, qui leur permettait à présent de se séparer sans trop en souffrir.

Il fourra les valises dans le coffre de la Mini, répondit au salut que Bob, encore en pyjama, lui envoyait depuis le balcon de leur appartement, embrassa Dianne et se mit au volant.
Il atteignit Kildrummy en milieu d’après-midi et hésita entre s’arrêter pour la nuit ou continuer. Il se décida pour la deuxième solution. Après tout, les jours rallongeaient et elle ne devait pas être bien difficile à trouver, cette Brume… Sur le siège du passager, il avait posé la lettre que son ancien professeur, Mr Blake, lui avait envoyée. Elle contenait toutes les instructions nécessaires pour atteindre Sywhaîd, ou du moins la Brume qui en protégeait l’accès. Jusque là tout allait bien. Lloyd ne se faisait pas trop de souci pour la Quête que Blake mentionnait. Il venait pour étudier, il ne devrait avoir aucun problème pour passer… pas vrai ?

Ce qui le gênait le plus, en fait, dans cette histoire, c’était de ne pouvoir sortir du village qu’une fois par saison. Et le fait que la technologie non-sorcière n'y fonctionne pas. Autant pour les soirées cinéphiles qu'il affectionnait tant. Bien sûr, d’un côté c’était l’idéal parce que comme ça, il n'avait rien pour le distraire de son travail. Mais quand même, c’était un peu rude. Bah, tant pis. S’il progressait suffisamment vite, il pourrait peut-être s’offrir une saison de vacances… Il faudrait qu’il voit comment ça marchait là-bas, Blake était resté plutôt vague quant au fonctionnement de la communauté proprement dite.
Après une petite heure de route supplémentaire, Lloyd quitta enfin l’autoroute. Déjà que la circulation était plutôt faible dans le coin, là il ne croisa pas un chat. Il s’autorisa donc à dépasser légèrement les limitations de vitesse et à se griller une cigarette -il avait pris plusieurs cartouches dans ses bagages, toujours à cause de cette histoire de vie en autarcie.

Lorsqu’il arriva à l’endroit où Blake disait de quitter la route et de continuer à pied, les derniers rayons du soleil pointaient à l’horizon. Lloyd ralentit et finit par s’arrêter. Il ne s’était pas exactement attendu à un parking, bien sûr, mais il n’imaginait pas que l’endroit serait si…désert. Il sortit les deux valises du coffre et les laissa dans l’herbe à quelques pas de la voiture. Ensuite, il verrouilla la voiture, s’agenouilla sur le côté, déposa ses deux paumes à plat sur la carrosserie et ferma les yeux. La bague qu’il portait au petit doigt de la main droite se mit à luire doucement. Pendant quelques instants il ne se passa rien : l’esprit de Lloyd tâtonnait dans la matière à la recherche de la connexion qu’il voulait. Il finit par trouver, et libéra la magie. Le sol sous ses pieds trembla brièvement : d’immenses racines venaient de sortir de terre tout autour de la voiture, l’emprisonnant dans un carcan inviolable. Lloyd retira ses mains et les appliqua cette fois-ci sur la plus grosse des racines. Des branches en surgirent, des bourgeons se développèrent des branches ; en quelques minutes c’était un fourré entier qui venait de naître, tellement touffu qu’on n’aurait jamais pu deviner la voiture dessous. Et il s’intégrait parfaitement dans le paysage. Lloyd se recula pour admirer son œuvre et s’ébroua devant le résultat. Ce qu’il avait fait, c’était à l’origine un projet de WizEarth et dont le but était, à long terme, de transformer les décharges publiques en grands parcs. Lloyd lui-même ne savait pas vraiment comment la magie qu’il utilisait fonctionnait : il ne travaillait qu’à l’instinct, et c’était en partie pour acquérir plus de rigueur qu’il allait à Sywhaîd.

Il sortit son portable et prit une photo du fourré qu’il venait de créer. Juste histoire de se rappeler où il avait garé la voiture quand il sortirait. Il ramassa ensuite les deux valises qui ne pesaient qu’une fraction de leur poids et se mit en route, décidé à ne pas traîner vu que la nuit menaçait de plus en plus. Il marcha pendant ce qui lui semblait une éternité avant de finalement apercevoir la Brume. Elle était magnifique, il fallait le dire ; scintillante sous le crépuscule, elle ressemblzit effectivement beaucoup à l’idée que Lloyd aurait pu se faire d’un passage vers l’outremonde. Mais il ne croyait pas vraiment à ses trucs là, contrairement à Bob, qui soutenait que les laboratoires d’analyses médicales étaient des voies vers des univers parallèles et avait même créé une page Internet relayant cette théorie. Mais c'est une autre histoire.

Lloyd atteignit la lisière de la Brume peu après la tombée de la nuit. Il posa les valises à côté de lui et s’en approcha avec curiosité. Il n’avait jamais vu un phénomène pareil. Il passa la main à travers, la retira, approcha son visage et renifla le brouillard. Puissante magie, tout ça. Très, très puissante magie. Effectivement, ça semblait valoir le coup de s’installer dans le coin. Lloyd reprit ses valises et s’enfonça dans la Brume d’un pas rapide.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Ven 7 Mai - 9:24

Pendant plusieurs minutes, Lloyd avança dans une Brume épaisse et monotone. Pour ne pas se casser la figure sur les reliefs du paysage, il fut obligé de ralentir le pas au minimum, vu que même le meilleur sort de lumière magique possible n’éclairait pas à plus de trente centimètres. Et puis, soudain, comme si quelqu’un avait enfin décidé d’allumer la lumière, il fut libéré. En fait, il venait de passer une porte, vu qu’une lourde porte en chêne se trouvait derrière lui, et se trouvait dans le hall d’une grande demeure. Sûrement un palace, vu les dimensions du hall en question, et ses décorations (classiques mais luxueuses).

Après à peu près deux secondes d’attente une des portes menant aux pièces intérieures s’ouvrit, et quelqu’un entra. Enfin, quelqu’un était peut-être un terme inadapté, vu que la petite créature qui passa la porte n’avait rien d’humain. Il s’agissait en fait d’une toute petite boule blanche, d’une vingtaine de centimètres, montée sur deux toutes petites pattes, avec deux petits bras se terminant en mains à peine dessinées. Ses yeux étaient deux petites billes noires, il n’avait pas vraiment de nez, et sa bouche était elle aussi toute petite, fine, et une petite dent adorable en ressortait. La petite créature bondissait sur ses pattes, de tous petits bonds, et elle s’arrêta soudain, apercevant Lloyd. Ses yeux s’agrandirent, et elle sauta en l’air en battant de ses petites mains, avant de couiner d’une petite voix enthousiaste :

« The master’s here ! Le maître est rentré ! »

Et soudain, toutes les portes du hall s’ouvrirent, hormis celle que Lloyd venait de passer, et une bonne vingtaine de petites créatures apparurent, et se jetèrent en courant d’une façon adorable jusqu’aux pieds de Lloyd, où elles s’inclinèrent aussi bas que possible pour le saluer.

« Le maître aurait dû nous prévenir, nous aurions pu lui préparer la maison pour son retour ! » couina une des petites créatures (très franchement il était impossible de les reconnaître les unes des autres) avec cependant une joie impossible à ignorer dans la voix.

« Qu’est-ce que le maître veut ? » en demanda une autre sur le même ton. « Que devons-nous faire ? »

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Lloyd Lancaster
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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Dim 9 Mai - 19:07

Les premiers pas de Lloyd dans la Brume furent extrêmement désagréables. Il n’y voyait absolument rien malgré le sort qu’il avait lancé pour s’éclairer et comme ses deux mains étaient occupées à porter ses valises, il avançait avec l’angoisse de trébucher et de tomber tête la première. Et cette Quête, alors, elle venait ? Lloyd avait imaginé qu’une fois entré dans la Brume il serait pris en main par un responsable qui lui aurait expliqué ce qu’il devrait faire. Lloyd aimait qu’on lui dise clairement ce qu’on attendait de lui : on lui fixait un objectif, il l’atteignait, c’était comme ça que ça avait fonctionné toute sa vie et ce qui sortait de ce modèle le chamboulait un peu. Sans compter que dans cette purée de pois, impossible de savoir s’il n’était pas en train de tourner en rond.

Il fut interrompu dans ses ruminations par le brusque changement de décor. Le hall d’une demeure qui devait sûrement être de belle envergure s’était matérialisé tout autour de lui. Alors ça, il ne l’avait pas vu venir. Lloyd cligna des yeux comme aveuglé par la soudaine luminosité et commençait tout juste à examiner le décor avec plus d’attention quand une petite… chose surgit dans le hall et se mit à piailler que le maître était rentré. Aussitôt ce fut comme un raz-de-marée de créatures qui déboulèrent des autres pièces et se jetèrent aux pieds de Lloyd, dont le premier réflexe fut de se dégager d’un bond en arrière. Qu’est-ce que c’étaient que ces bestioles ? Toutes blanches et flasques, elles avaient une apparence qui parut à Lloyd bien plus graisseuse qu’adorable. Et elles l’appelaient maître ? La bonne blague. La seule chose dont il avait jamais été le Maître c’était la Ligue Pokémon, et encore il lui avait fallut près d’une demi-douzaine de tentatives. C’était ça la Quête ? Le faire passer pour un riche excentrique (il fallait bien être un brin dérangé pour s’entourer de créatures comme celles-là) tout juste rentré après une longue absence ? C’était un peu trop abstrait pour Lloyd, tout ça. Il n’en voyait pas vraiment l’utilité. Mais Blake avait bien précisé que s’il ne réussissait pas sa Quête il ne serait pas admis à Sywhaîd, alors il décida de jouer le jeu, sans manquer cependant de couper au plus court. Il posa ses valises à ses côtés, se composa un grand sourire, frappa quatre coups sur une table à proximité pour que les créatures fassent silence et s'éclaircit la gorge.

- Merci de l’accueil, répondit-il avec un vague geste de salutation. Je suis très… heureux… de vous revoir, mais je ne vais pas m'attarder, je ne fais que passer. Je vais à Sywhaîd.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Lun 10 Mai - 9:13

La petite créature qui avait, la première, accueillie Lloyd, tapa dans ses petites mains adorables. En fait, il n’y avait aucun moyen de voir que c’était la même, mais c’était bien elle. Alors, avec une déception visible, les petites créatures s’en allèrent par les portes dont elles étaient sorties, pour vaquer à leurs occupations. Il ne restait plus que la première créature, en tout point semblable aux autres, qui s’approcha de Lloyd et lui dit :

« Maître, vous ne pouvez pas aller à Sywhaîd. »

La petite créature semblait particulièrement inquiète pour son maître, elle avait même quelques larmes qui perlaient au bord des petites billes rondes et noires qui lui servaient d’yeux.

« Vous devez rester ici. Et nous dire quoi faire. Sywhaîd est dangereuse, vous ne reviendrez jamais. »

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Mer 12 Mai - 9:53

Allons bon, voilà qu’il avait vexé les créatures et qu’elles s’en allaient la tête basse. Lloyd soupira. Et quand la seule petite bestiole qui été resté lui dit qu’il ne pouvait pas aller à Sywhaîd, son soupir passa de lassitude à un ton de franche exaspération.

- Ah bon, Sywhaîd est dangereuse ? répliqua-t-il avec irritation, sans prêter aucune attention à l’inquiétude de son « domestique ». Je ne crois pas, non. J’ai été envoyé ici pour étudier, par quelqu’un en qui j’ai totalement confiance. Je pense plutôt que c’est la Brume qui l’entoure, le danger. Ici.

Il s’accroupit pour se mettre au niveau de la créature et appuya son index contre son petit corps flasque. Il savait à présent qu’il ne pouvait pas forcer la Quête en avant, et la puissance magique qu’il ressentait ici était infiniment supérieure à la sienne. Il n’avait qu’une seule solution, c’était de se plier aux jeux de rôles fantaisistes de l’entité, et ça ne lui plaisait pas vraiment. La petite créature l’appelait le maître, mais en vérité c’était elle qui le dominait. Sa colère se calma.

- Très bien, très bien. Tu veux un ordre ? D’accord… Voyons… Va me chercher une tasse de thé. S’il te plait.

Tant qu’à faire, il avait demandé quelque chose d’utile : la longue marche dans la lande écossaise lui avait vraiment donné soif, et Lloyd était un de ces inconditionnels du thé. Il se passa à la main sur le visage en réprimant un nouveau soupir, attrapa un luxueux fauteuil qui se trouvait dans un coin du hall et s’y assit en attendant.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Lun 17 Mai - 11:00

La petite créature ne réagit pas vraiment aux premières paroles de Lloyd. Elle semblait bien l’écouter, mais elle ne répondit pas, comme si ça n’était pas sa place de le faire. Cependant, quand le jeune homme lui commanda du thé, elle s’inclina légèrement, puis se dirigea vers une porte, avant de dire :

« Le thé sera servi au maitre dans l’endroit habituel. »

Elle sourit et sortit de la pièce avant que Lloyd n’ait eu le temps de demander ce qu’était l’endroit en question. Pour avoir sa tasse de thé (et continuer sa Quête, donc), il devrait essayer plusieurs pièces. Chacune d’entre elles l’amènerait à un lieu qui avait été important pour lui d’une façon ou d’une autre, jusqu’à ce qu’il trouve l’endroit parfait pour boire un thé…

[A toi de voir quel endroit c’est, mais il faut que Lloyd passe par plusieurs endroits, en revenant à chaque fois dans le hall, avant. Arrête-toi quand il pense avoir trouvé le bon endroit !]

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Lun 31 Mai - 11:05

- L’endroit habit… Hé !

Mais trop tard, la petite créature avait passé la porte sans même se retourner. Lloyd se laissa retomber dans le fauteuil avec un profond soupir. Il resta là une dizaine de minutes, les yeux fermés, pinçant l’arrête de son nez entre son pouce et son index. Il n’y mettait pas de la mauvaise volonté, non… Enfin, pas vraiment… C’était juste que pendant tout le temps qu’il avait passé à faire des recherches à WizEarth, on lui avait plus ou moins laissé carte blanche. Alors se retrouver soudain comme le pantin d’une petite chose blanche et molle, c’était un sacré changement. Lloyd rouvrit les yeux et examina le hall autour de lui. A voir ses dimensions, il n’y avait aucun doute que la maison devait être immense. Comment retrouver « l’endroit habituel » là-dedans ? Avec un nouveau soupir, il se remit sur ses pieds d’un mouvement souple, attrapa ses deux valises (la bestiole aurait pu les emporter, franchement, le petit personnel de nos jours laissait à désirer) et passa une porte au hasard, celle qui était le plus proche de lui.

Il se retrouva dans un bureau. Une pièce de dimensions assez modestes, d’ailleurs, mais meublée avec goûts et remplis d’ouvrages archéologiques. Une pièce que Lloyd connaissait très bien, puisque c’était celle qui était réservée à sa mère, dans la maison familiale, et où il se venait souvent en cachette quand il était petit. Lloyd eut soudain un clair pressentiment quant à ce qu’on attendait de lui et laissa échapper un grognement de mécontentement.

- Alors ça… Ça, c’est mesquin… L’endroit habituel… Ouais, ben ce n’est certainement pas ici.

Maintenant qu’il était adulte, Lloyd ne se souvenait même pas de ce qui l’avait tant attiré dans cette pièce dans son enfance. Sans doute n’était-ce que l’interdit, car le bureau lui-même était beaucoup trop froid pour qu’on s’y sente à l’aise. Et pourtant il y avait passé des heures. Il y avait une très ancienne carte accrochée au mur du fond qui représentait la disposition des pierres de Stonehenge, et Lloyd s’aperçut en s’approchant qu’il la connaissait encore presque par cœur. Venir dans cet endroit était peut-être, à l’époque, le seul moyen qu’il avait trouvé de se rapprocher de sa mère si souvent absente.

Il ressortit néanmoins sans regret, et se trouva à nouveau dans le hall. Il avisa la porte en face de lui et s’en approcha. Maintenant, il était curieux.

La deuxième pièce n’en était pas vraiment une. C’était le parc de l’école, et plus précisément l’endroit du parc où il s’entraînait avec le professeur Blake, reconnaissable au vieux chêne qui se trouvait à l’ombre du château. C’était là qu’il avait fait pousser ses premières plantes. Une vingtaines de mètres derrière, il y avait le lac. Lloyd s’y était entraîné à la manipulation de l’eau, il y était même tombé à plusieurs reprises. S’en rappeler le fit sourire. Mais le souvenir le plus cher qu’il avait par rapport à cet endroit, c’était que c’était là que le professeur Blake lui avait offert son médium magique, la bague qu’il portait encore maintenant. Mais malgré tout ça, ça ne lui semblait pas être bien. Ce n’était pas encore « l’endroit habituel ». Il ressortit…

…Et soupira à nouveau devant la quantité de portes qui restait à explorer dans le hall. Il espérait très sincèrement qu’il n’aurait pas à les essayer toutes, et dans tous les cas le thé qu’il allait avoir avait intérêt à être le meilleur qu’il ait jamais bu. Il passa une autre porte.

Il reconnut tout de suite le labo de WizEarth. A vrai dire, on aurait moins dit un labo qu’une salle de détente un peu perfectionnée. Les directeurs n’avaient pas lésiné sur les dépenses pour que leurs chercheurs se sentent à l’aise. Lloyd avait passé de bons moments ici. Bien sûr, il y avait eu quelques crises à l’occasion, mais c’était aussi l’endroit où il avait pour la première fois entendu parler de Dianne. Malgré tout… prendre un thé, ici ? Non, ce n’était pas l’endroit idéal. Il y avait surtout des souvenirs liés au travail et… Lloyd interrompit soudain le fil de ses pensées. Il venait de se rendre compte que les trois endroits qu’il avait visité jusqu’à présent -le bureau, le parc, le labo- représentaient tous pour lui des aspects de l’autorité et du travail. C’était donc tout ce qu’on voyait en lui ? Tout ce qu’on avait à lui proposer ? C’était sacrément mortifiant.

De retour dans le hall, sa mauvaise humeur était revenue mais il s’efforça de la calmer, et de se convaincre que la prochaine porte serait la bonne. Un endroit où il se sentirait vraiment à l’aise, où on n’attendrait rien de lui, où il serait entouré de gens qui l’apprécieraient pour autre chose que son talent. Il poussa une nouvelle porte, qui était celle par laquelle la petite créature était partie un peu tôt.

Il se retrouva alors dans minuscule espace d’à peine un mètre sur trois, à l’extérieur, avec une vue imprenable sur une petite rue sale. Derrière lui, une porte-fenêtre, et à côté, une chaise de jardin en plastique dont on avait scotché un pied pour le faire tenir. C’était le balcon de l’appartement qu’il co-louait avec Bob, à Leeds. Ils y avaient passé des heures, à boire quand c’était la fin du mois et qu’ils n’avaient plus les moyens d’aller au pub, à critiquer les gens qui passaient et ceux de l’immeuble d’en face, à s’entraîner à faire des ronds de fumée, et souvent les trois en même temps. En y réfléchissant, c’était probablement le seul endroit où Lloyd se laissait vraiment aller. Même avec Dianne il ne pouvait s’empêcher de se contrôler, d’être toujours beaucoup trop conscient du regard qu’elle portait sur lui. Avec Bob ce n’était pas pareil, parce que Bob le connaissait depuis l’école et que Bon était, de toute façon, bien pire que lui. Lloyd s’assit sur la chaise branlante, attendant son thé. L’endroit habituel ne pouvait être que là.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Lun 7 Juin - 18:05

La petite créature apparut très rapidement, ne laissant pas beaucoup de temps à Lloyd pour se poser des questions à propos de son choix. Elle sautilla jusqu’à son « master » et lui tendit un grand mug (joliment décoré) de thé. Puis, sans rien ajouter, la petite boule blanche prit congé, laissant Lloyd seul à son thé. Il devrait boire sa tasse entière, ça semblait évident. Mais à chaque nouveau tiers de la tasse, une personne importante de sa vie apparaîtrait sur le balcon, et essaierait de le convaincre de ne pas aller à Sywhaîd. Pour s’en débarrasser, il devrait avoir de bons arguments et ne pas douter.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Dim 13 Juin - 20:34

Lloyd prit le mug de thé avec un « Merci » et suivit la petite créature des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision.

- Super, grommela-t-il avec un soupir. Et je fais quoi maintenant ?

Il resta un long moment sans boire, le mug serré entre ses mains, à laisser sa chaleur le pénétrer. Ça avait quelque chose de rassurant, cette chaleur, quelque chose auquel il avait envie de s’accrocher pour éviter de se demander où il pouvait bien se trouver en réalité, ce qui l’attendait et si, éventuellement, il finirait un jour par sortir de là. Pour quelqu’un qui avait toujours vécu dans un environnement protégé après l’autre, cette désorientation inattendue était rude.
Il resta ainsi une bonne dizaine de minutes, et il ne se passa rien. Ce ne fut que lorsqu’il remarqua que la chaleur de son mug commençait à s’estomper qu’il se rappela qu’il était censé boire, et porta donc le thé à ses lèvres. Il avait à peine bu quelques gorgées qu’on frappa à la vitre derrière lui. Il ne put s’empêcher de sursauter. C’étaient des coups secs et rapides, assurés, et avant qu’il ait eu le temps se de retourner la porte vitrée s’était ouverte et sa mère se tenait sur le balcon.
Lloyd la regarda un moment sans comprendre, puis esquissa un sourire qui ressemblait plus à une grimace. Il commençait à en avoir un peu assez de constamment se sentir comme s’il venait de tomber dans un traquenard. Tout ça c’était la faute de la petite créature.

- Espèce de sale petit truc graisseux et sournois, marmonna-t-il entre ses dents.

- Surveille ton langage, répliqua aussitôt sa mère, qui le fixait d’un regard sévère. Il faut toujours que tu sois impoli.

Lloyd soupira et se passa les mains sur les tempes avec lassitude.

- Maman, qu’est-ce que tu fais ici ? Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement ?

Daisy Lancaster croisa les bras et lui lança un regard en biais.

- C’est tout toi, ça. Tu te prétends chercheur mais tu voudrais qu’on te donne toutes les réponses déjà mâchées. Ce n’est pas ce qui t’attend là-bas, je ne sais pas si tu t’en rends comptes. Tu es très doué, mais je ne crois pas que tu sois assez mûr pour y aller.

- Oh, arrête
, répliqua Lloyd, piqué au vif. Je me suis très bien débrouillé jusqu’ici que je sache.

- Jusqu’ici, c’était différent, Lloyd. Très très différent. Ici on n’attendra pas de toi des résultats mais de l’investissement. Que tu prennes des risques non seulement par rapport à la magie mais par rapport à toi-même. C’est quelque chose que tu n’as jamais fait jusqu’à présent. Tu as toujours préféré rester en retrait.


Sa vraie mère ne lui avait pas parlé aussi franchement depuis ses vingt-et-un ans, mais Lloyd savait que c’était exactement le genre de choses qu’elle aurait dites. Il fouilla frénétiquement ses poches à la recherche de son paquet de cigarettes et de son briquet, et attendit d’avoir tiré sa première bouffée pour répondre.

- Et toi tu as toujours aimé faire comme si tu me connaissais par cœur, alors que tu n’as pratiquement jamais été là. Je ne suis pas venu ici par caprice ou même par défi. Je suis là parce que je suis convaincu que c’est là que j’apprendrai le plus. Et que je veux apprendre.

Il tira à nouveau sur sa cigarette, plus calmement que la première fois.

- Parce qu’en dépit de mon orgueil, j’ai compris que j’en avais besoin.

Sa mère se contenta un moment de fixer un point invisible au-delà du balcon.

- D’accord, céda-t-elle soudain, sans décroiser les bras, d’accord. Je suppose que… tu sais qui tu es, alors… alors ça devrait aller.

Lloyd sourit. Sacrée Maman, elle avait toujours du mal avec les démonstrations d’affection. Il posa son mug à côté de lui, se leva et la prit dans ses bras -chose qu’il n’avait plus fait avec sa vraie mère depuis cette même conversation, lors de ses vingt-et-un ans.

- Tu m’manques, M’man, des fois, tu sais ?

Elle repartit sans répondre, après seulement un sourire timide. Lloyd la regarda disparaître comme il l’avait fait avec la petite créature puis retourna s’asseoir et reprit immédiatement son thé avant qu’il ne refroidisse encore davantage.

- Hey, Lloyd !

La porte-fenêtre s’était rouverte d’un coup, manquant de le faire s’étrangler avec la gorgée qu’il était en train de boire. Encore une voix connue, et pour cause, c’était Bob qui se tenait à présent à côté de lui, l’air réjoui, à la place exacte que sa mère avait quitté un instant plus tôt.

- Je suis vraiment content que tu sois encore là ! s’exclama Bob du ton ravi et un peu puéril qu’il utilisait quand il avait ce qu'il voulait. Tu as décidé de ne pas partir, alors ? Tant mieux, vraiment, tant mieux.

Il se laissa tomber dans l’autre chaise, à la gauche de Lloyd, sortit du papier à rouler, du tabac, un tonc et un petit sachet de sa poche, et se mit à l’ouvrage.

- Je savais que t’allais pas partir. T’es un mec bien.

- Mais je suis parti
, répondit Lloyd en riant presque. Je suis parti, je suis sur la route, là.

Ce Bob créé par la Brume ou whaterver-it-was était si conforme à l’original qu’il se sentit aussitôt plus détendu. En revanche, dès qu’il eut entendu les paroles de son ami, Bob cessa de sourire.

- Tu es parti ? répéta-t-il. Tu m’as laissé tout seul dans l’appart’ ?

- Yep.

- Mais tu es dingue ou quoi ? Je ne sais même pas faire marcher le lave-linge !

- Je t’ai expliqué au moins un millier de fois comment faire marcher le lave-linge.

- Mais tu sais bien que j’oublie toujours ! Geez, Lloyd, comment t’as pu faire ce coup-là ? Et je parie que je t’ai laissé partir sans rien dire, hein ?

- En effet.

- J’en étais sûr. Quel naze. Sérieusement, mec, il faut que tu reviennes.


Il avait à présent sa voix geignarde et un peu puérile qu’il utilisait quand il n’avait pas ce qu’il voulait.

- Non, Bob, je ne reviendrai pas. Enfin, pas tout de suite du moins. Tu sais, je t’ai expliqué, on ne peut sortir du village qu’une fois par saison.

- Alors on te reverra dans quoi ? Six mois ? J’aurais clamsé d’ici là, tu peux compter là-dessus.

- Arrête un peu de te sous-estimer, tu veux ? Je suis sûr que tu t’en sortiras très bien. C’est juste que pour l’instant tu n’as pas l’habitude de vivre seul.

- J’croyais qu’on étais potes, Lloyd. Les meilleurs potes du monde. Tu veux une taffe ?

- Non merci. Et on est les meilleurs potes du monde. Si j’avais pu t’embarquer dans ma valise je l’aurais fait, crois-moi, surtout que ça risque de manquer sérieusement de distractions là-bas. Mais c’était pas possible, et moi il faut que j’avance.

- Elle ne te plaisait pas, la vie qu’on avait à l’appart’ ?
fit Bob, visiblement déconcerté, en lui soufflant de la fumée à la figure.

Lloyd éteignit sa cigarette à lui sur le sol du balcon et soupira.

- Bien sûr que si. Mais regarde nous, assis sur ce balcon, ou en train de jouer à des jeux vidéos ou en train d’utiliser la magie à qui mieux mieux. On est des grands gosses. Je sais que toi ça te conviens encore très bien, mais moi j’ai envie de grandir. De voir ce que ça fait.

- Tu seras plus mon ami, alors.

- Je serai toujours ton ami. Ça fait quinze ans que je suis ton ami, rien ne pourra faire changer ça.

- On n’aura plus les mêmes délires, quand tu reviendras. On ne pourra plus être proches comme avant.

- Je te botterai toujours à Tekken
, assura Lloyd en souriant.

Bob tira une nouvelle taffe, pesa cet argument en silence et se mit soudain à rire.

- Okay, Lloyd. Okay. Du moment que tu reviens.

- Je reviendrai, espèce de grand singe.


Ils se levèrent tous les deux et se donnèrent l’accolade, puis Bob rouvrit la porte-fenêtre.

- Je suis sûr que tu t’en sortiras ! cria Lloyd.

Bob esquissa un salut militaire et disparut. Lloyd se laissa à nouveau tomber dans sa chaise de jardin et se massa les tempes. Il commençait à avoir sérieusement mal au crâne, sans savoir si c’était à cause des épreuves ou de la magie qui imprégnait l’air. Il avisa son mug de thé : curieusement, il était encore chaud, comme si on tenait à ce qu’il le finisse. Il regarda autour de lui. Pas de petite créature en vue. Autant finir, alors.
Il but ce qui restait de thé d’une traite, savourant le liquide brûlant dans sa gorge.

- Ah, je savais bien que je te trouverais là !

Dianne venait de passer sa tête par la porte que Bob n’avait pas repoussée. Elle souriait à Lloyd avec entrain, les yeux légèrement plissée et sa mèche rebelle au travers du front. Adorable, comme à l’accoutumée.

- Tu reviens toujours ici quand tu ne sais pas quoi faire. Sur le balcon. Chez moi, ça ne t’a jamais fait le même effet.

- Je n’ai pas vraiment passé beaucoup de temps chez toi
, remarqua doucement Lloyd.

- Oui, c’est vrai. Tu sais, j’ai entendu ce que tu as dis à Bob tout à l’heure. Que tu partais parce que tu voulais mûrir. C’est un sacré mensonge.

Lloyd la regarda sans comprendre.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

Dianne s’approcha et s’assit en face de lui.

- En réalité ce que tu fais c’est fuir, Lloyd. Tu essaie de te faire passer pour brave, mais en fait tu n’es que lâche. Grandir, ça aurait justement été de rester avec moi, d’essayer de construire quelque chose au lieu de vivre au jour le jour comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Avoue que cette perspective te terrifie.

- N…Non
, bredouilla Lloyd. Ça n’a rien à voir avec toi… Tu étais d’accord et…

- J’ai peur, moi aussi. J’aime bien ma vie, je tiens à cette indépendance que nous avons gardée. Mais je commence à comprendre que si nous continuons comme ça -si tu pars-, nous nous réveillerons un beau jour à cinquante ans et nous nous rendrons compte que nous n’avons rien vécu ensemble. C’est pour ça qu’il faut que tu reviennes.

- Mais… Nous avons encore le temps. Quand je reviendrai… Il sera toujours temps de faire ça quand je reviendrai.


C’était dingue. Elle avait vraiment un talent fou pour lui faire perdre ses moyens. Elle ferma un instant les yeux.

- Mais quand tu reviendras il y aura quelque chose d’autre. Ou alors ce sera moi qui ne serait plus sûre. Tu imagines, trois, six, neuf mois peut-être sans se voir ? Qui sait ce qui va se passer ! Tu veux prendre le risque de devenir des étrangers l’un pour l’autre ?

- Moi j’ai confiance.


Elle le regarda, un sourire désabusé aux lèvres.

- C’est tout ce que tu trouves à dire ?

- Oui, Dianne, c’est tout ce que je trouve à dire ! J’ai confiance en nous, voilà, point, basta. Il va falloir te contenter de ça. Et oui, si ça se trouve j’ai tort, et oui, c’est peut-être arrogant de ma part, mais c’est comme ça. Et si nous ne survivons pas à la séparation, ça veut dire que nous aurions échoué à un moment où à un autre de toute manière. J’espère que nous réussirons, parce qu’autant que je puisse dire, je t’aime. Mais ce n’est pas ça qui m’empêchera de faire ce dont je sens que j’ai besoin.


Ça faisait beaucoup de mots d’un coup pour Lloyd mais il les débita d’un trait, la main crispée sur son mug. Dianne paraissait un peu désorientée, comme si elle ne savait pas si elle devait être heureuse ou triste de ce qu’elle entendait. Elle reprit finalement la parole, d’une voix lente et un peu confuse :

- Je comprends. Enfin… je crois. C’est la première fois… que tu t’imposes une épreuve, n’est-ce pas ?

Lloyd acquiesça.

- Alors oui, soupira Dianne. C’est sans doute nécessaire.

Elle se releva. Lloyd voulut l’imiter mais elle le retint d’un léger geste de la main, et se contenta de lui déposer un baiser sur le front.

- Prends soin de toi, Lloyd.

Il sourit.

- La vraie Dianne m’a dit exactement la même chose quand je suis parti.

Dianne hocha simplement la tête et quitta le balcon sans bruit. Lloyd garda les yeux baissés sur son mug vide, toujours aussi déterminé mais la gorge serrée.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Lun 14 Juin - 10:36

Il ne se passa rien. Visiblement, la Brume voulait tester la patience de Lloyd. Quoi que… Peut-être qu’elle voulait qu’il réagisse ? Quand il sortirait du balcon, il se retrouverait de nouveau dans la maison cossue qui servait de décor à sa Quête. Déciderait-il de chercher un endroit où continuer sa Quête ? A chaque fois qu’il ouvrirait une porte, il tomberait sur un endroit qu’il avait connu. Mais rien ne s’y passerait tant qu’il n’aurait pas réfléchi et imaginé ce que la Brume pourrait lui faire passer comme épreuve, il ne pourrait pas trouver le lieu adéquat. Mais une fois qu’il aurait imaginé une épreuve convenable pour la suite, s’il réfléchissait au lieu parfait, il lui suffirait d’ouvrir n’importe quelle porte pour tomber dessus.


[Voilà, en fait, il faut que Lloyd finisse par imaginer ce que la Brume pourrait lui faire comme épreuve, puis décide du lieu, pour le trouver. Il peut attendre sans que rien ne se passe aussi longtemps que tu le souhaites. Ne joue pas l’épreuve, arrête-toi au moment où il arrive dans le lieu choisi.]

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Mar 15 Juin - 10:04

Lloyd resta un long moment à contempler son mug, réfléchissant à ce qui venait de se passer sans se préoccuper d’autre chose. Ce qu’il avait dit à sa mère, à Bob et à Dianne, il l’avait à peine su lui-même avant qu’ils ne le lui fassent réaliser. C’était ça, le but de la Quête ? Pousser les gens dans leurs derniers retranchements ? Il posa le mug à terre et s’aperçut que sa main tremblait un peu. Et il se sentait très, très fatigué. Non, pas fatigué, en fait. Très las. Il jeta un regard vers la porte fenêtre. Maintenant que l’épreuve du balcon était passée, la petite créature allait sans doute revenir pour l’entraîner ailleurs. Bien, il allait l’attendre, sans bouger, la tête renversée sur le fauteuil en plastique et les yeux à demi-clos. Sa main agrippée à l’accoudoir ne tremblait plus, c’était déjà ça.
Ainsi installé, Lloyd perdit un peu la notion du temps. Il aurait été incapable de dire combien de temps il attendit cet étrange petit domestique qu’on lui avait assigné et qui ne vint jamais. Il finit bien par se rendre compte qu’il y avait un problème, et comprendre que c’était à lui de bouger, mais il attendit encore un peu, juste pour être sûr. Attendant un quelconque miracle qui aurait fait revenir ses forces instantanément, car pour le moment, le simple fait de se lever de son siège semblait insurmontable. Heureusement que Bob n’était plus là. Illusion ou pas illusion, il l’aurait certainement traité de chochotte.
Lorsqu’il se releva enfin, il se rendit compte que ça n’avait pas été si difficile et se sentit mieux. Et puis il se s’en était pas trop mal sorti jusque là, alors inutile de faire la geignard, songea-t-il. Il se donna une claque pour se revitaliser, chose qu’il faisait souvent et qui faisait bien rire son entourage, ramassa ses deux valises et quitta le balcon.

Il se retrouva aussitôt dans le hall où il avait été accueilli par l’essaim de petites créatures blanches. Il y avait toujours autant de portes autour de lui, et toujours pas âme qui vive dans les environs. Peut-être qu’on lui refaisait le coup de tout à l’heure. Peut-être qu’il allait à nouveau devoir errer parmi des endroits qu’il avait connus jusqu’à trouver ‘le bon’. Il se dirigea vers une porte qu’il n’avait encore jamais ouverte et entra.
Il se retrouva dans une pièce circulaire de bonne taille où l’espace se divisait entre cinq gros lits confortables et un poêle. Il y avait des petites fenêtres entre tous les lits qui laissaient voir qu’on se trouvait à haute altitude. Lloyd reconnut sans peine cet endroit : c’était le dortoir où il avait passé sept ans de sa vie, quand il était à l’école. Mais au contraire des autres endroits qu’il avait visité avant, celui-là n’avait pas beaucoup compté dans sa vie. Lloyd n’avait pas vraiment sympathisé avec ses camarades avant sa cinquième, alors le dortoir pour lui, c’était juste une pièce pour dormir. Il attendit un peu juste histoire d’être sûr mais il ne se passa rien, et il ressortit.

Il visita ainsi un grand nombre d’endroits, tous issus de son histoire personnelle : il redécouvrit sa chambre d’enfant, le grenier, une plage de Brighton où ils étaient partis un été quand il avait sept ans, le bureau du professeur Blake, le pub où il avait ses habitudes avec Bob et l’appartement de Dianne. Rien. A croire qu’on l’avait oublié. Lloyd faillit s’énerver à nouveau, mais se souvint de ce que lui avait dit sa mère sur le balcon : qu’il attendait toutes les réponses déjà mâchées et ne faisait jamais d’effort. Se mettre en colère n’aurait fait que lui donner raison. Il avait dit qu’il allait mûrir, autant commencer tout de suite, après tout. Bon, que faire alors ? Il regarda autour de lui. Il restait encore un bon nombre de portes à explorer mais il commençait à comprendre qu’aucune ne serait la bonne. Il s’assit en tailleur à même le sol et réfléchit. Qu’est-ce que sa mère avait dit d’autre, déjà ? Qu’ici, on voudrait qu’il s’investisse, non seulement par rapport à la magie mais aussi par rapport à lui-même ? Qu’il fallait qu’il arrête de rester en retrait ? C’était peut-être ça la clé. Peut-être qu’on attendait de l’initiative de sa part. Peut-être que c’était à lui de décider ce qu’il allait trouver derrière la prochaine porte. Mais l’endroit qu’il allait choisir deviendrait sûrement le cadre d’une épreuve, alors il ne fallait pas choisir n’importe quoi. Mais quelle épreuve pourrait-on bien lui faire passer ? Jusqu’à présent, la Brume avait surtout éprouvé sa motivation (et la solidité de ses nerfs). Qu’est-ce qui restait ? Il se remit en mémoire ce que lui avait dit le professeur Blake : Sywhaîd est une communauté en quasi-autarcie dont on ne peut sortir qu’une fois par saison. Il n’y a quasiment aucun confort moderne, tout ce qui n’est pas importé de l’extérieur est construit sur place avec les moyens du bord. Ça devait demander un sacré boulot, de faire tourner un endroit comme celui-ci. On attendait certainement de tous les habitants qu’ils mettent la main à la pâte. Et voilà. La Brume allait certainement vérifier que lui, Lloyd Lancaster, pouvait être d’une quelconque utilité au fonctionnement de la communauté. Elle ne laisserait sans doute pas passer un parasite, tout étudiant qu’il soit. Elle allait tester ses capacités. Ce qui ne l’arrangeait pas du tout, car même s’il se débrouillait très bien avec la magie, niveau travaux manuels, il était plutôt du genre à se donner des coups de marteau sur les doigts.
Où une épreuve de ce genre pourrait-elle avoir bien lieu ? Il y avait bien la ferme de son grand-oncle Harold et sa grand-tante Lucy au Pays de Galles, où il avait passé plusieurs vacances avec sa famille, mais il était adolescent à l’époque et sa seule tache avait consisté à cueillir des fruits. Mais tant pis, il fallait tenter le coup quand même, en espérant cette fois qu’on ne lui demande pas de manier des objets trop dangereux. Ça aurait été bête de se vider de son sang à cause d’une scie imaginaire créée par une entité magique. Et il exagérait à peine.

Il se leva à nouveau, épousseta machinalement son pantalon, reprit ses valises et se dirigea vers une porte qu’il n’avait pas encore ouverte -il devait avouer que ça ne lui aurait pas déplu d’être vraiment le maître des lieux, vu comme cette bicoque était immense- et l’entrebâilla. Gagné ! C’était bien la ferme qu’il apercevait un peu plus loin, en forme de gros L un peu tordu. Sur la droite, les écuries, et sur la gauche, un atelier qui servait à la fois de garage, réparations, maréchal ferrant et ainsi de suite et où on trouvait toutes sortes d’outils. La basse-cour se trouvait un peu plus loin derrière les écuries, et il y avait un verger, juste à côté de l’endroit où s’ouvrait la porte.
Lloyd grimaça en s’avançant vers la ferme, appréhendant ce qui allait se passer.

- Tu t’es mis dedans tout seul, mon grand, soupira-t-il pour lui-même avant de poser ses valises et se s’asseoir sur un gros rocher à moitié enterré dans le col, face à la ferme.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Dim 20 Juin - 19:26

Et oui, il avait choisi ! Il savait donc exactement ce qu'il lui restait à faire !

[Lloyd doit donc prouver de son utilité. A toi de voir combien de temps il se prête au jeu, la Brume ne réagira pas, c'est lui qui doit décider de s'arrêter ! ]

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Mar 22 Juin - 21:52

Au stade où il en était, Lloyd n’espérait même plus voir apparaître la petite créature qui l’avait accueilli à son arrivée. « Master ci, master, ça », et ça apporte une tasse de thé en faisant les yeux doux, mais dès qu’il faudrait commencer à être un peu utile, plus personne, vraiment, bravo le petit personnel. Enfin, peu importe, Lloyd savait désormais à quoi s’en tenir et, désabusé, se contenta de fumer une nouvelle cigarette assis sur son rocher avant d’aller examiner la ferme de plus près.
Dianne disait souvent de Lloyd qu’il avait beau avoir décidé de consacrer sa vie à la nature, tout en lui proclamerait toujours « City boy », et elle n’avait pas tort. Il pouvait réciter par cœur toutes les répliques de plus d’une dizaine de films, mais demandez lui de vous donner le nom de ne serait-ce que trois outils de menuiserie et attendez-vous au silence. Ce n’était pas sûr que Dianne aurait mieux su que lui, d’ailleurs. Sans vouloir l’admettre, elle avait toujours plus été attiré par le côté bling-bling du new age (ooooh, shiny crystals) que par les réflexions contemplative sur Gaïa notre mère à tous.

La cigarette terminée, Lloyd entreprit de faire un petit tour de la ferme. Tout un coin de l’atelier était occupé par un bric-à-brac insensé, véritable nid à araignées où se trouvaient pêle-mêle meubles et outils cassés. Derrière le bâtiment, le verger ployait sous le poids des fruits. La basse-cour était dans un état de saleté avancé et les écuries auraient bien eu besoin d’une seconde jeunesse. Même sans entrer dans la ferme elle-même, Lloyd avait de quoi s’occuper pendant un bon bout de temps. Cette pensée lui fit pousser un long soupir.
Il résolut de commencer par la tâche qui lui semblait la plus simple, c’est-à-dire la cueillette. Il alla chercher deux paniers en osier qu’il avait repéré dans l’établi, les dépoussiéra et alla se mettre à l’ouvrage. Ah, c’était comme avoir douze ans à nouveau, les dents de travers en moins. Au bout d’une demi-heure, il avait rempli la moitié d’un panier, mangé deux poires et trois pêches, et presque oublié qu’il se trouvait en fait au cœur de la Brume. Retomber en enfance avait parfois (et même souvent) du bon, se disait-il en chantonnant.

- I've got to hand it to you, you've played by all the same rules, it takes the truth to fool me and now you've made me angryyyy…

Lorsqu’il eût rempli ses deux paniers, Lloyd les ramena à l’entrée de la ferme. La récolte l’avait mis de bonne humeur et il décida d’en profiter tant que ça durerait pour s’attaquer à quelque chose de plus difficile. A savoir, nettoyer les écuries. D’ailleurs, « écuries » était un bien grand mot qu’il utilisait à défaut d’un autre, car il n’y avait en tout et pour tout que trois stalles dans ce petit endroit, et une seule était occupée, exactement comme chez Harold et Lucy. Le cheval en question était un vieil alezan à la mine fatiguée dont Lloyd avait oublié le nom, et qui dans la réalité devait sûrement avoir passé le sabot à gauche, depuis le temps.

- Hello there, fit-il en s’approchant pour flatter l’encolure de la bête. Apparemment j’ai rien de mieux à faire de ma vie que le ménage chez toi, alors je vais t’envahir pendant un moment, désolé.

Lloyd n’avait jamais nettoyé aucune écurie, n’était même jamais monté à cheval et improvisait d’après de très vagues souvenirs tirés de films. Pour éviter de commettre un impair, il décida là de se limiter au strict minimum : remplacer le fumier par du foin frais qui attendait en ballots non loin de là sans oublier de laver l’écurie à grande eau (voilà un usage de sa dominance qu’il ne se serait jamais attendu à faire), brosser le cheval et le pomponner un peu. Après tout, on ne lui demanderait pas d’être un expert, il suffisait juste qu’il prouve qu’il savait faire quelque chose de ses dix doigts… n’est-ce pas ? Il se contenta donc de quelques menues tâches à l’intérieur de l’écurie, mais qui avaient leur importance et qu’il ne bâcla pas, étant un brin perfectionniste de nature.

Il commençait à perdre la notion du temps. Depuis combien de temps était-il arrivé à la ferme ? Depuis combien de temps était-il entré dans la Brume ? Très honnêtement, il n’aurait pas su répondre. Après avoir jeté un dernier regard à l’écurie, qui avait décidément meilleure mine, il alla se passer de l’eau sur le visage près de l’étang (un canard lui secoua ses plumes à la figure avec indignation) et fit une pause le temps de manger une autre pêche, assis à même le sol contre la petite clôture qui entourait le verger.
Qu’est-ce qui venait après ? Tiens, il pourrait essayer de réparer quelques trucs qui traînaient dans le bric-à-brac de l’atelier. Ça lui donnerait l’occasion d’utiliser de la magie un peu plus compliquée que ce qu’il avait fait jusqu’à présent (si l’on exceptait le bosquet-camouflage-de-voiture qui avait demandé un effort non négligeable).

Extraire ce qui lui semblait réparable de la junk pile sans tout faire s’écrouler fut comme livrer une partie de Mikado à échelle humaine. Il récupéra finalement une scie dont les dents étaient complètement émoussées, plusieurs chaises en bois avec des pieds cassés et une espèce de bêche bizarre et très lourde (que s’il avait eu des connaissances en matière de travaux des champs il aurait reconnue comme une houe) dont la partie en fer avait été complètement tordue, probablement après un choc avec un gros rocher.

Il commença par les chaises. Il saisissait les deux extrémités de chacun des pieds cassés et attendait comme il l’avait fait sur le bord de la route. Quand il sentait la connexion, il imposait sa volonté à la matière, et soudain des deux parties se happaient l’une l’autre et se reconstituaient en moins d’un instant, ne laissant qu’une cicatrice qui palpitait pendant quelques secondes. C’était beaucoup moins simple que ça en avait l’air et il avait fallut longtemps, très longtemps à Lloyd pour réussir à recréer ainsi un sursaut de vie sur un matériau qui avait subi tant de transformation par la main humaine. Il procéda ainsi sur chacune des chaises qu’il avait trouvées avant de s’attaquer à la scie. Ce cas-là était plus simple -relativement. Il posa la scie à plat sur le plan de travail situé au milieu de l’atelier, attrapa des outils pour s’aider et commença à la chauffer. De sa main il fit émaner une vague de chaleur, très fine, juste assez pour englober la scie. Il sentit le fer mollir et alors avec les outils qu’il avait pris, il sculpta. Lorsqu’il eut ainsi parcourut toute la longueur de la scie, il s’arrêta, refroidit le fer et contempla son œuvre. Hm. Il y avait des dents, certes, mais elles étaient un peu… et bien, en dents de scie, justement. Mais pas de souci à se faire, elles coupaient. Probablement. Et puis il n’était pas surhumain non plus, il ne pouvait pas tout réussir au premier essai. Il fit un essai sur un bout de bois qui venait être le reste d’un vieux balai. Bon, c’était peut-être moche mais ça sciait. C’était l’essentiel.

Venait la houe. Lloyd ne savait peut-être pas ce que c’était, mais après un examen minutieux il comprit la forme que ça devait avoir. Basiquement, un rectangle, avec un côté tranchant pour mieux manipuler la terre. Il procéda donc de la même façon que pour la scie, du s’y reprendre à trois fois pour la tranche mais réussi et en plus elle avait bonne mine, la houe. Il la souleva pour mieux la regarder. Ce que c’était lourd ! Il arrivait à peine à la faire tourner. Soudain, comme s’il avait cessé de la tenir alors qu’au contraire il avait le manche bien serré dans son poing, la hue lui glissa des mains et atterrit sur son pied gauche.
Oh, ça aurait pu être bien pire. Lloyd n’aurait même pas voulu imaginé ce qui serait arrivé à son pied si ce foutu machin était tombé sur la tranche. Ou même s’il s’était cassé un os, ce qui heureusement n’arriva pas. Mais plusieurs kilos de fer, ça ne fait pas du bien et Lloyd poussa un cri avant de se laisser tomber et d’attraper son pied endolori. Bon, tout remuait normalement. Ça faisait un mal de chien et il boiterait certainement un peu pendant un moment, mais rien de grave. Si ce n’était que la bonne humeur de Lloyd s’était évaporée aussi sec. Bloody hell, il savait bien, pourtant, qu’il était maladroit ! Depuis toujours on n’arrêtait pas de lui répéter qu’il avait deux mains gauches. Lorsqu’il avait fallu poser des étagères dans l’appart’, c’étaient des collègues de Lloyd qui s’y étaient collés, parce que Bob et lui étaient aussi bons à rien l’un que l’autre en matière de bricolage. Et voilà. Ça lui apprendrait à faire l’intéressant devant la Brume. Hé ben voilà, faudra vous contenter de ça, songea-t-il avec une pointe d’amertume. Je suis pas le paysan idéal. Je sais cueillir des fruits et nettoyer des écuries, comme un môme de quatorze ans pourrait le faire s’il était dans la même situation. Et je sais rafistoler des trucs, mais y’a un risque que je me blesse moi-même. Ou éventuellement, le mec qui bossera avec moi.

- Quel crétin, grogna-t-il entre ses dents. Évidemment il fallait que je suggère cette épreuve.

Ils lui avaient bien monté la tête, pseudo-Maman, pseudo-Bob et pseudo-Dianne.

- « Oh oui, Lloyd, mûris donc. Je suis sûre que tu vas y arriver. », les singea-t-il avec une voix suraigüe. « C’est la première fois que tu t’infliges une épreuve, pas vraie ? ». Hé ben bravo !

Clopin-clopant, il sautilla jusqu’au rocher où il avait laissé ses valises, s’y assit et après avoir enlevé sa chaussure gauche et vérifié qu'aucun os ne pointait inopinément sous la chaussette (il n'y avait qu'un peu de sang), il plongea la tête dans ses mains. Il resta ainsi un moment, toujours sans que rien ne se passe. A nouveau, ce manque de réaction commença à l’énerver.

- Fin du spectacle ! s’écria-t-il soudain, sans s’adresser à rien en particulier. Mais sinon je suis super utile, hein. Faut juste pas trop m’en demander !

Dégoûté par sa propre incapacité, il attrapa une pierre qui traînait sur le sol et la balança dans les herbes au loin. Il songea un instant à retourner dans le hall, mais il valait mieux qu’il reste là encore un peu. Ne serait-ce que pour se calmer, déjà, et pour voir si la douleur sourde qu’il sentait dans son pied allait s’atténuer.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Ven 2 Juil - 18:13

Mais visiblement, la Brume s’attendait à ce qu’il revienne dans le hall en question. Il n’y avait que lorsqu’il y retournerait qu’une petite créature, un de ses « serviteurs », s’avancerait vers lui avec un grand verre de thé glacé (délicieux) sur un petit plateau.

« Tenez maitre, ça vous fera du bien. »
pépierait la petite créature, avant d’ajouter : « Vous allez bientôt pouvoir trouver la porte que vous cherchez. Mais avant cela, vous devant dire un dernier mot, et un seul. »

La petite créature attendit alors religieusement que l’homme dise son mot de la fin.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Mer 11 Aoû - 10:24

Lloyd attendit encore un peu. Il devenait vraiment bon à ce truc-là, attendre. Bon, il avait encore besoin d’un peu de travail sur cette notion, là, comment ça s’appelait déjà ? Ah oui : la patience. Il ne mit pas longtemps à comprendre qu’il en avait fini avec la ferme et qu’il fallait retourner dans le hall, ce qu’il fit en boitillant légèrement, ses valises poids-plume à la main. A peine eut-il refermé la porte qui donnait sur la ferme que la petite créature (ou en était-ce une autre ?) s’avançait vers lui avec un plateau. Malgré sa jambe traînante, Lloyd se jeta littéralement sur le thé glacé, l’engloutit en quelques gorgées et laissa échapper un « merci » à l’intention de son pseudo-domestique, alors qu’il avait plutôt envie de l’engueuler un bon coup (et après tout c’est ce que les maîtres font, non ?) pour l’avoir laissé si longtemps tout seul et débarquer comme une fleur une fois que tout était fini. Mais il garda ses pensées pour lui.

Quand la petite créature l’informa de l’épreuve finale, Lloyd le regarda un moment sans comprendre. Un mot, un seul ? Bon, pourquoi pas, mais quel mot ? Un mot qui résume ce qu’il venait de vivre ? Hm, non, valait mieux pas. En réfléchissant, Lloyd se laissa tomber sur le sol à côté de la petite créature, qu’il dépassait presque d’une tête même dans cette position. Voyons. Un mot. Il était fatigué, il avait mal, Dianne et Bob lui manquaient et il allait falloir faire avec. Il aurait même eu, s’il n’avait pas été un trentenaire tout ce qu’il y a de plus viril, une légère envie de pleurer. Alors franchement, il n’y avait qu’un mot qui semblait adapté.

- Sywhaîd, répondit-il d’une voix rauque.

Parce que c'était à ce simple mot qu'il s'était accroché tout du long.

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MessageSujet: Re: Quête de Lloyd Lancaster   Ven 13 Aoû - 10:43

La petite créature sourit d'un air extatique et hocha ferveusement la tête.

- Welle done master ! s'exclama-t-elle avant de s'incliner bien bas puis de disparaître.

Devant Lloyd, une porte, encore une, mais la dernière. En la franchissant, il se retrouverait immédiatement dans la cour centrale de Sywhaîd.

[Bravo pour cette Quête ! Bon jeu^^]

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Quête de Lloyd Lancaster

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