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 Blitzkrieg Bop

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Blitzkrieg Bop   Sam 17 Avr - 21:54

The Ramones - Blitzkrieg Bop

C’était bien beau, hein, de faire une scène digne des plus grands romantiques, une scène d’adieux… Oh ouais, ça avait été beau d’aller voir Léola pour lui dire qu’il ne reviendrait plus, et qu’ils s’aiment enfin vraiment, corps contre corps, tout ça… Et qu’il allait partir, et qu’il allait mourir, et qu’il l’aimait mais que sa douleur c’était trop… et toute cette merde… Ouais.
C’était beau mais c’était raté, parce que Claude était encore là. La Brèche était refermée depuis la veille, et lui et David l’avaient passée cloîtrés dans leur chambre. Et puis enfin, quand il n’avait plus eu aucune chance de se tirer, ils étaient sortis. En boitant et en vacillant, les membres douloureux et des traces de coups sur le corps et le visage. Une semaine, une semaine entière qu’ils s’étaient battus, lui et David, et les traces étaient encore bien visibles. Faut dire qu’ils avaient pas fait dans la demie mesure, et qu’en plus de ça ils avaient repris la bataille au cours de la semaine. Mais au moins, maintenant, ils avaient tout réglé entre eux. Restait à Claude à parler à Léola.

Il se traînait dans les couloirs, lamentablement. Heureusement, la route était courte.
Claude était fébrile. Il se demandait sincèrement quelle serait la réaction de la jeune femme, si elle serait heureuse de le voir ou bien non, et si elle allait croire qu’il était resté pour elle. Il devrait la détromper, si elle pensait ça, et ça le fatiguait d’avance.
Vêtu de noir comme toujours, aussi maigre et délabré que toujours, Claude arriva à la porte de la jeune femme, et frappa avec détermination. Il n’avait pas le temps d’hésiter, sinon il se poserait trop de questions.

La porte s’ouvrit. Claude baissa les yeux sur Léola avec un pauvre sourire, prit un air désinvolte bien qu’épuisé, et dit :

« Chérie, je suis rentré ! »


Avec bien plus d’assurance qu’il n’en ressentait réellement.
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Sam 17 Avr - 21:58

Perdue dans son analyse contemplative du plafond, Léola gisait sur son lit, le bras ballant, son daemon lové dans le creux de sa hanche. Le cahier reçu de Jena reposait sur son ventre, ouvert couverture vers le bas.

Elle savait bien ce qu’elle était censée faire : rien. À part consigner dans ce maudit carnet les six derniers mois de sa vie (elle avait falsifié une grande partie - disons, seulement la partie dont elle estimait que sa prof de magie canalisatrice n'avait pas à être informée - son apathie prolongée, entre autres).
Et finalement tout cela tombait très bien puisque "rien" était exactement ce qu’elle mourait d’envie de faire, là, maintenant. Rester allongée et se morfondre. Séduisant programme.
Penser à Tibère, qui était mort, à Claude qui…

La jeune femme ferma les yeux et une horrible grimace de souffrance tordit son visage. Les remords contractaient son estomac, et le gémissement qu’elle laissa échapper sortit Strictwise de sa somnolence. Le renard considéra quelques instants sa moitié avec le regard du témoin impuissant de la douleur à l’état pur, puis reposa doucement sa tête sur ses pattes avant. Il finissait par avoir l’habitude.

Au bout de quelques minutes, Léola, livide, se redressa lentement et alla à la fenêtre pour l’ouvrir en grand. C’était une journée froide, malgré la saison. L’air glacial envahit la petite pièce.

Son regard vide fixé sur la pelouse, l’étudiante réfléchissait. Elle venait de décider de désobéir à Jena. Elle ne pouvait tout simplement pas rester là, à ne rien faire et à laisser ses angoisses occuper tout son esprit, elle devait tenter quelque chose, n’importe quoi. Et bien sûr, elle avait pensé à la transformation. La zoomorphie modifiait légèrement la psychologie, elle le savait, elle la rendait plus… animale.
Soudain, on frappa à la porte, et Léo sursauta. Elle jeta un regard à son daemon. Il semblait soulagé que la venue d’un visiteur ait interrompu ses plans, qu’elle-même savait complètement idiots.

Elle alla ouvrir. Si son cœur battait déjà à cent à l’heure, l’apparition d’un fantôme ne lui fut guère bénéfique. Ses traits perdirent ses dernières couleurs.

"Je suis rentré."

Elle déglutit bêtement. Elle (re)commençait sérieusement à douter de sa santé mentale.

"Chérie."

Preuve qu’il y avait quand même à se poser des questions.

- Claude ?

Ahaaahaa, mais non, c’est une blague, je m’appelle Siméon, je suis son frère jumeau.

Léola profita du luxe de quelques secondes pour s’éclaircir les idées.
Claude était vivant. Il n’était absolument pas parti se tuer sur les routes, fou de tristesse et la main sur le cœur. Et quelque chose lui disait qu’elle aurait dû s’en douter.
Le ridicule de leur scène d’adieux lui revint à l’esprit.

- Tu t’es bien foutu de moi, finit-elle par murmurer, le regard chargé de haine.

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Dernière édition par Léola Velvethone le Dim 18 Avr - 10:30, édité 1 fois
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Sam 17 Avr - 22:31

Claude vit avec impuissance Léola pâlir, bégayer, etc. Il se demanda si elle n’allait pas lui faire une petite crise d’angoisse, soudainement, ou un truc dans le style. Son bras était déjà tendu vers elle pour la rattraper. Et il allait poser la main sur son épaule, quand il fut arrêté net, balayé, foudroyé par son regard. Son petit sourire pâle, à lui, fut soufflé de son visage comme par un coup de vent, et son bras retomba mollement.

« Euh. Non. »

Ça, il aurait du y penser, peut-être. Qu’elle allait croire… qu’il avait menti, joué comme David. Et lui, il était trop fatigué pour batailler. Il aurait bien voulu qu’elle le laisse entrer dans sa chambre, et qu’elle lui parle gentiment et lui demande s’il avait mal avec toutes ces blessures, et ensuite seulement, pourquoi il n’était pas parti. Apparemment, c’était mort pour le scénario « le retour du bien-aimé ».

« Je voulais partir mais… »

En disant ça, une nouvelle idée le frappa. Quoi, il était en train de se justifier d’être encore là, face à Léola qui le regardait comme ça avec sa colère alors qu’elle l’aimait, hein ? Elle l’aimait ! Et lui aussi, il l’aimait comme il pouvait, c'est-à-dire passionnément et douloureusement.
Claude sembla réagir, et il se redressa avec une grimace de douleur. Ses yeux lancèrent un éclair métallique, elle devait le connaître cet éclat, la colère. Sa voix enflait un peu, avec l’accent italien plus prononcé, quand il se reprit et lança :

« C’est toi qui t’es bien foutue de moi, avec tes mines d’amante éplorée, alors que t’as pas l’air si contente de me revoir. »

Il jeta un coup d’œil dans le couloir, droite, gauche, puis fit un pas en avant et entra d’autorité dans la chambre de la jeune femme, en la repoussant un peu. Sur le coup, il ne se rendait pas compte de son comportement, il ne pensait qu’à ça : la haine dans ses yeux. Et cette réaction. Il balaya la pièce du regard, posa un petit rictus méprisant sur Strictwise et se tourna encore vers Léola :

« T’aurais préféré que j’aille crever, hein ? Comme ça t’aurais été tranquille, t’aurais plus eu à te faire chier avec nos drames. Qu’est-ce qu’il y a Léo ? T’as grandi soudainement ? Tu veux plus prendre de risques ? »

Il ne pouvait plus s’arrêter, et il était là face à elle à l’accabler de reproches. Dans son esprit se déroulaient des raisonnements, l’emmenant loin dans des idées idiotes. Oh oui, il se persuadait qu’en fait, ça l’aurait arrangée qu’il parte et meure, il était encombrant, hein, c’est ça ? Et comme c’était plus facile d’attendre qu’il se finisse tout seul, elle avait même pas pris la peine de la finir, leur histoire.
Il était à bout de nerfs. Ses mâchoires lui faisaient mal, et il sentait les battements de son cœur dans ses doigts, et ses côtes fêlées qui protestaient contre son corps crispé, et ses jambes tremblantes, et sa voix qui s’échappait et allait bien trop fort.
Et puis soudain, il fut submergé d’une vague de dégoût et de lassitude, et il sentit sa tête tourner comme s’il allait tomber. Alors il marcha jusqu’à la fenêtre pour ne plus faire face à Léola, et lutta contre son envie de vomir dans le silence brusquement retombé.
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 9:36

Elle le suivit du regard tandis qu'il se postait en silence face à la fenêtre, et s'étonna presque qu'il ne joigne pas les mains dans son dos, le regard sombre et tragique.
Elle eut un rictus mauvais.

- Mes mines d'amante éplorée ? Mes mines ?

C'était trop fort. Qui disait ça ? L'homme aux éternelles mimiques dramatiques, au visage perpétuellement ravagé par la souffrance ? Il l'avait eue rien qu'en déployant son cinéma de victime contrite, et venait maintenant l'accuser d'avoir feint la détresse et l'Amour avec un grand A. Doux Jésus, allait-il sortir son lovomètre de sa poche pour le braquer sur elle et révéler sa félonie au grand jour ?

Elle jeta un regard indifférent aux ecchymoses qui recouvraient les parties visibles de son corps. Ce malade était tout à fait capable de s'être fait ça tout seul.

- Oui, j'en ai marre des drames, surtout quand il ne m'appartiennent pas, cracha-t-elle au dos de Claude.

Elle fit un pas vers lui, tandis que sa colère se muait en véritable dégoût. Il ne s'imaginait pas ce que cela représentait, devoir subir les caprices impériaux, le voir détruit à la mort de Tibère, se mettre en arrière, toujours, et devoir négliger ses propres dilemmes pour finalement se voir méprisée par David.
Un goût amer envahit sa bouche et elle grimaça, écoeurée :

- Parce que tu n'as aucune idées de mes drames, ça te passe par-dessus la tête, tu prends simplement tes délires pour ceux de la terre entière.

Il balançait presque, debout devant sa fenêtre, et elle se dit qu'une brise trop forte aurait raison de lui. Elle obligea ses mains à rester immobiles sur ses flancs.
Il n'était pas là à l'hôpital, quand ses doigts à elle tremblaient. Il n'était même pas là quand elle pleurait sa mort comme une amoureuse déchue.

- Grandi ?, murmura-t-elle, blessée. Je t'en prie. Non, en France, j'ai appris que mon copain occasionnel était un immonde salaud, puis je suis revenue et il m'a dit qu'il allait mourir. Pendant des jours et des jours je m'en suis voulue de...

Pas là à l'hôpital.
Elle n'allait pas en plus lui faire savoir à quel point elle s'était stupidement angoissée.
Elle inspira profondément.

- Les mensonges, ça laisse des traces, voilà tout.

À ce moment, elle entendit Strictwise quitter le lit d'un bond souple et s'approcher d'un trot léger. Elle se baissa, le prit dans ses bras, et fit encore un pas vers Claude, silencieuse. Simplement pour déverrouiller ses jambes raidies.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 10:47

Claude se retourna brutalement quand Léola répondit, surpris par sa hargne. Et frappé par ses mots. Parce que oui, les drames de Léola, ils lui passaient au-dessus de la tête, totalement, il ne les connaissait même pas. Presque pas. Bon, mais il avait toujours été d’un égoïsme… Sauf quand il pensait à David ou à… Malgré les reproches que lui faisaient Léola, c’est bien à Tibère qu’il pensa soudainement et une vague de tristesse lui ôta l’envie de répondre. Alors il la laissa continuer.

Heureusement, la suite le fit bondir. Enfin, c’était une image, en vrai il resta figé, les yeux fixés sur le visage de la jeune femme et le visage pâle comme un mort. Sauf les deux taches rouges de la honte sur ses joues. Oui, il avait trompé Léola, et puis il l’avait séduite de nouveau, couché avec elle, puis avait disparu en lui disant que c’était la dernière fois et qu’il allait mourir. C’était dégueulasse, ouais. Mais il n’allait pas abandonner si facilement la bataille :

« Je vois. Alors ça aurait été tellement plus simple que je meure vraiment, c’est ça ? Comme c’était convenu ? T’aurais plus eu à penser à ça. Et au fait, par exemple, que je t’ai trompée, comme je vois qu’il te reste en travers de la gorge. »


Ok, ça c’était pas très cool. C’était normal que ça bloque un peu, pour Léo, il comprenait bien. Mais ça le révoltait qu’elle ne soie pas contente de son retour. Qu’elle ne soie pas heureuse qu’il vive encore. Il ne pouvait pas comprendre… à quel point il avait l’air de s’être moqué d’elle.

« Si David m’avait pas assommé, je te jure que je serais parti. Je ne mentais pas. »

Ça aussi, il avait craché comme elle, en oubliant le ridicule de cette histoire. Assommé par son meilleur pote pour l’empêcher d’aller se suicider, bouuuh.
Claude se mit à faire les cent pas dans la chambre, allant et venant avec nervosité. Il alluma une cigarette et fuma rapidement, le filtre crépitait entre ses doigts tellement il le serrait fort, et dès la moitié il fut si chaud que Claude dut jeter la cigarette par la fenêtre. Alors, il s’arrêta et se tourna de nouveau vers la jeune femme :

« Putain, oublie cette histoire avec Brise. Oublie. »


C’était lâche comme demande, mais il avait fait tout ce qu’il pouvait pour se justifier, il lui avait expliqué, l’amour, il s’était excusé, tout. C’était fini maintenant. Et puis, Brise était partie sans rien dire.

« Et dis-moi… »


Comment demander ça ? Comment formuler cette question sans avoir l’air de porter une terrible accusation, sur lui-même et sur Léola ?

« … si j’aurais mieux fait de partir. »

Il avait réussi à rattraper ses mots à temps, pour remplacer mourir par partir, mais c’était la même chose et ils le savaient tous les deux.
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 10:57

Il avait beau dire, il ne voyait rien du tout. Il était là, à lui reprocher son peu d'enthousiasme à la vue de sa résurrection soudaine, alors que... En fait, elle ne savait même pas pourquoi elle était furieuse.
Sans doute que tout venait en même temps : la zoomorphie, Jena, Tibère, l'hôpital... Alors que les effets secondaires du traitement commençaient seulement à s'estomper, elle était devenue de plus en plus nerveuse et avait fini par se transformer en boule de nerfs - et voir débarquer Claude dans sa chambre, là, c'était tout simplement trop.

Elle se mit à pleurer. Non pas de sanglots lyriques et calmes, mais de pleurs nerveux, secoués par des hoquets.
Léo eut la présence d'esprit de faire un geste à l'Italien lui signifiant qu'il serait bien mal inspiré d'interpréter sa réaction comme une marque de chagrin.

- C'est ça, acquiesça-t-elle en essayant de maîtriser le flot de larmes qui s'échappait de ses yeux. Je suis tellement du genre à rechercher la simplicité.

Strictwise, incommodé par la subite humidité ambiante, se tortilla maladroitement et sauta au sol. Sans un regard pour lui, l'étudiante dévisagea Claude. Pourquoi encore lui demander son avis, puisqu'il s'en fichait ? Pour le plaisir de geindre, pour l'entendre avouer qu'elle l'aimait, oh oui, et qu'elle aurait voulu qu'il ne parte jamais - ou au contraire pour lui faire dire l'inverse ?
Ses hoquets s'espaçaient déjà.

- Tu aurais mieux fait de faire un choix. Pour une fois. C'est tout ce qu'on te demandait.

Elle recula de deux pas et se laissa tomber doucement sur le lit. Personne n'utilisait jamais la petite chaise bancale du bureau, elle se demandait à quoi elle pouvait bien servir.

Les yeux toujours rivés sur le visage du Romain, elle constata que sa propre expression de rage et de répulsion s'était altérée avec les pleurs.

- J'ai oublié Brise, rectifia-t-elle.

Son air las servit, elle l'espérait, son mensonge.

- L'avantage d'être restée une petite fille, on oublie tout. Je vais sans doute faire pareil avec toi, par exemple, des fois qu'il te prendrait l'envie d'aller gambader et de me laisser seule et "éplorée".

Le regard de la jeune femme se détourna enfin. Elle ne savait plus ce qu'il voulait. Elle ne savait plus ce qu'il pensait. Elle ne comprenait plus rien.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 11:09

Voir Léola pleurer n’était pas pour lui déplaire, quoi qu’il en dise. Même si il tendit une main vers elle pour la consoler, et même si un petit murmure d’apaisement lui échappa. N’empêche que ces larmes, ces sanglots bruyants rentraient dans le cœur de Claude pour y déposer un baume… Il la regardait perdre son sang-froid, et il se calmait en réaction. Parce que ça avait une valeur, ces pleurs, ça voulait dire quelque chose. Qu’elle n’était pas indifférente. Qu’elle souffrait aussi.
Il resta donc droit et de marbre pour lui rétorquer :

« Je l’ai fait, mon choix. C’est David qui a pris les choses en main. Va te plaindre à lui pour cette… surcharge émotionnelle. Et pour mon acte manqué. Quel dommage. »

Ironie.
Il fut par contre rassuré de l’entendre dire qu’elle avait oublié Brise. Enfin, rassuré mais pas pour longtemps, parce que quand Léola supposa qu’elle allait aussi l’oublier… La rage déforma ses traits et il fit un pas en avant. Claude n’était pas jaloux, ni possessif, ni rien de ce genre. Il était plutôt conciliant, comme petit ami. Mais que Léola le laisse partir, ou le somme de partir, et l’oublie ensuite, avec la petite inflexion moqueuse de sa voix sur le « éplorée » comme si elle n’en avait rien à foutre… Non.

« Putain ouais, je vais aller gambader ailleurs, et me trouver quelqu’un d’autre qu’une petite fille. T’es marrante mais crois pas que t’as le luxe de… »

Il s’arrêta à temps pour ne pas dire quelque chose de trop méchant, emporté par sa colère. Non, il ne pensait pas que Léola ne pouvait pas se payer le luxe de choisir une rupture. C’était la rage qui lui faisait dire ça, et la fatigue. Claude était cool mais pas toujours, et ça peu de gens le voyaient.
Il siffla entre ses dents en secouant la tête, l’air méprisant, et recula de deux pas sans plus rien dire. Si il ouvrait encore la bouche, il allait se répandre en reproches bêtes et méchants et ça n’avancerait à rien.
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 11:18

Son calme soudain la révolta. De quel droit se permettait-il d'être calme alors qu'elle était en train d'imploser ? Que voulait-il, au juste ? Une ecchymose supplémentaire à encadrer ?
Ils étaient là, à se regarder comme des animaux blessés, alors que dehors il y avait des gens qui jouaient, bordel, qui mangeaient, qui se brossaient les dents et qui consacraient leur temps à tous ces trucs fantastiques qu'on pouvait faire quand on n'avait pas le drame à ses trousses, pendu à Claude.

- Le problème, c'est que ta vie ça se résume à des actes manqués.

Oh, ils étaient bien partis pour s'échanger des gentillesses jusqu'au bout de la nuit. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin.
Elle essaya de retirer ce qu'elle avait dit : c'était incroyablement puéril et ridicule, ils se lançaient des piques travaillées comme des gamins de cinq ans. Elle songea à s'excuser, mais renonça presque immédiatemment à cette éventualité.

À nouveau il était furieux, et cela l'exaspéra aussitôt plus encore que sa précédente impassibilité.
Léola se retint de se jeter sur lui pour lui arranger le portrait.

- ... de quoi ?, hurla-t-elle. De QUOI, putain, Claude, qu'est-ce que je ne pourrais pas me permettre ??

Sa rage éclatait, débordait. La jeune femme se planta en face de lui et agrippa brusquement la manche de sa chemise. Elle leva le menton, et tandis qu'un soupçon d'insolence s'allumait dans son regard, elle murmura froidement :

- Je fais ce qu'il me plait, et j'oublie qui il me plait d'oublier.

Où était passée la fameuse petite fille insouciante à l'excès ? Léo n'y pensait plus. Elle la savait toujours là, sous-jacente, mais n'en voulait plus en ce moment précis.
Ses mains se refermèrent sur les bras de Claude, ses doigts crispés par les restes de nervosité s'accrochèrent à son vêtement et l'attirèrent de force.
Que lui importaient Brise et David, et ses insultes à lui ? Elle ne voulait pas en être réduite à l'oublier. Si elle avait appris une chose à son contact, c'est qu'il fallait prendre ce qu'on voulait quand on l'avait encore sous le nez.
Elle l'embrassa, et sa main recroquevillée se glissa d'autorité sur sa nuque. La rage qui s'était distillée peu à peu dans ses veines bouillonna, et la jeune femme se laissa lentement tomber en arrière, entraînant l'Italien avec elle, où elle savait que le matelas lui épargnerait les désagréments d'une chute.

- Va pas gambader..., fut tout ce qu'elle trouva à lui souffler.

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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 11:41

Sa vie, des actes manqués, c’est pas comme ça qu’elle allait réussir à le blesser. Il avait vécu trop de choses, et tellement adoré ça à chaque instant, avant que ça dégénère, on ne pouvait pas le blesser sur ce qu’avait été sa vie. En cet instant de toute façon, il était trop en colère pour se laisser déconcentrer par des piques de ce genre.
Trop en colère même pour se laisser impressionner par Léola plus furieuse que jamais. Il ne l’avait jamais vue comme ça, mais il ne sursauta pas quand elle hurla soudain, et ne bougea pas quand elle agrippa sa chemise. Il la regarda froidement lui assurer qu’elle oublierait qui elle voulait et ne répondit pas.

Il lui rendit son baiser, méchamment, lui griffa les hanches, et il bloqua ses jambes avec son genou d’une manière qui peut-être lui ferait mal. Se redressant, Claude retrouva le regard de Léola et lâcha avec arrogance :

« Regarde-toi. Et tu crois que tu oublies qui tu veux, petite fille ? Lâche-moi alors. Fais-le. »

Lui-même s’était éloigné en parlant, se relevant vivement. Il était planté au milieu de la chambre à la regarder, défiant et méprisant. Alors comme ça, elle l’oublierait comme il lui plairait ? À une autre fille, il aurait pu céder, lui courir après, mais Léola l’avait mis trop en colère pour qu’il cède le moindre pouce de terrain. Il n’irait pas à la facilité, pour ça il aurait fallu qu’il soit calme.
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Léola Velvethone
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 11:48

À la rougeur qui lui monta aux joues, Léo se souvint qu'elle avait toujours été incapable d'afficher la réaction qui convenait. Maladroitement, elle se redressa sur ses coudes sans quitter Claude des yeux.
Elle avait tout fait : la colère, les larmes, la séduction (plutôt ratée - question d'entraînement), l'exaspération, et elle ne voyait plus rien susceptible de faire surgir un miracle.

D'ailleurs, elle se sentait ridicule d'essayer encore, alors qu'ils ne voulaient plus les mêmes choses - qu'ils n'avaient même jamais voulu les mêmes choses. Tous, ils le pensaient, David, Yves, les autres, ils ne le disaient pas tous, mais elle savait qu'ils le pensaient au moins : ils n'avaient strictement rien à faire ensemble. Pourquoi elle l'aimait quand même, pourquoi elle l'aimait à en crever ? Mystère non-élucidé.

- Excuse-moi, maugréa-t-elle en se redressant.

C'était tellement nul de finir comme ça, après s'être débattue comme une idiote, avoir joué les pudiques, les petites filles, les amoureuses, les confidentes, un peu, après avoir joué tous les rôles possibles pour le garder alors qu'elle donnait des coups dans l'eau. Digne d'une tragédie en trois actes, ô combien.

La jeune femme ramena une mèche en arrière, un tic qu'elle avait perdu quand elle avait commencé à sortir avec Claude.

- Vous aviez raison, j'ai pas l'étoffe d'une impératrice, et...

L'étudiante lui adressa un sourire peu convaincu, et fit un effort pour hausser les épaules.
Elle ne supportait tout simplement plus le mépris, la rage, ça la bouffait trop, le sien comme celui des autres. Les "petite fille" à tout bout de champ et les visages déformés par la haine, toutes ces conneries.

- ... et je m'en fous. Complètement !, ajouta-t-elle avant d'éclater d'un rire tout sauf joyeux.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Blitzkrieg Bop   Dim 18 Avr - 11:53

Claude aurait pu revenir sur ce qu’il venait de dire, à l’instant où elle éclata de rire. Il sourit en retour, toujours aussi farouchement mais peut-être un petit peu plus admiratif. Non, il ne se calmerait pas comme ça, non il ne reviendrait sur rien, mais il aimait l’effort… Allons, ça se voyait bien qu’elle ne s’en foutait pas, Léola. C’était facile de voir à quel point elle jouait mal cette indifférence, mais elle faisait l’effort de la feindre.

Mais lui aussi, il remonta le menton, la toisa avec un certain mépris et ricana :

« Très bien. Va, oublie tout ça. Si tu peux. »

Le rire qui lui échappa ressemblait furieusement à celui de Tibère, froid et ironique. Il était odieux, il le savait, mais il ne pouvait pas s’empêcher… de lui en vouloir ? Et d’essayer de la convaincre qu’elle aurait du mal à l’oublier. Il aurait été blessé, si elle reprenait sa jolie insouciance… à bien y penser, elle s’était diluée peu à peu, cette insouciance, au fur et à mesure que Claude prenait Léola dans ses bras et lui confiait tous ses mauvais penchants.
Il sourit amèrement en regardant la fille désemparée et en rage qui lui faisait face, et qu’il avait lui-même entraîné dans ses propres envies de destruction. Il était doué, hein ? Détruire plutôt que construire, pourtant c’était plutôt le contraire qu’on faisait dans un couple. Faut croire qu’il ne savait pas… Et puis peu importait, de toute façon. Il était allé trop loin.

Tournant brusquement les talons, Claude quitta la chambre sans un mot de plus, et ferma calmement la porte derrière lui.
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Blitzkrieg Bop

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