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| | Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott | |
| | Auteur | Message |
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Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Lun 12 Avr - 11:38 | |
| « Pour du Brouillard, c’est du Brouillard. »
« De la Brume, chérie. Bru-me. »
Zee détacha son regard de la Brume et sourit à son mari. Il était rare qu’il se laisse avoir aussi facilement. Zeneyp Arbuthnott était quelqu’un de très précis, pas du genre à confondre les termes, surtout pas quand elle s’était préparée comme elle l’avait fait pour cette Quête. Elle avait posé pas mal de question à ses beaux-parents, à son mari, et avait réfléchi à comment arriver le mieux possible dans cette Brume pluriséculaire. Zee était la stratège de l’équipe qu’elle formait avec son mari, professionnellement parlant, elle n’était pas du genre à laisser quoi que ce soit au hasard. Du moins pas quoi que ce soit qu’elle puisse éviter. Et là, il y avait pas mal de données à laisser au destin, ou au hasard, mais ça ne l’avait pas empêchée de réfléchir à tout ce qu’elle pouvait un minimum maîtriser. Se tromper sur le nom de la Brume était hors de question, le fait que John la reprenne prouvait qu’il était plus angoissé qu’il ne le laissait paraître. Plus excité, aussi. Il rentrait chez lui, après tout.
Ils échangèrent un regard complice, et un sourire. La guerrière n’en menait pas beaucoup plus large que son époux. Oh, Zee n’était pas du genre à avoir peur. Pas comme la plupart des gens, du moins. Elle ne se laissait pas dévorer par cette peur, mais elle était intelligente, et savait quand elle risquait sa vie. Bien sûr, objectivement, il n’y avait aucune raison pour que la Brume la tue, ou même lui refuse l’accès de Sywhaîd. Mais il y avait toujours un risque. C’était en pensant ainsi que Zeneyp était restée en vie aussi longtemps, elle n’allait pas changer aujourd’hui.
« Je t’aime John. » dit-elle soudain, sur un ton tranquille.
Ils avaient vécu assez d’expériences proches de la mort pour ne pas s’étaler sur ce genre de considération. Elle se contenta donc de l’embrasser, passionnément, puis de s’enfoncer dans la Brume d’un pas rapide. Sa grossesse était encore loin de se voir et, pour le moment, elle n’avait aucun symptôme, ce qui était plutôt pas mal vu que John et elle avaient marché pendant un jour entier et dormi à belle étoile pour arriver à la Brume. Sa silhouette non plus ne montrait aucun signe de sa grossesse. Elle portait d’ailleurs toujours ses vêtements habituels, même si dans son sac de voyage se trouvaient des vêtements adaptés pour les prochains mois. Elle avait un pantalon en daim marron, rentré dans des bottes d’armée noires, parfaites pour la marche. Et un chemisier pourpre, rentré dans le pantalon, par-dessus lequel elle portait son gilet sans manche en cuir marron fétiche. Son cordon en cuir, enroulé à plusieurs reprises autour de son cou, se perdait dans son beau décolleté, et ses longs cheveux bouclés et crépus étaient retenus par une barrette en arrière, lui faisant une belle couronne tout autour de son beau visage. Elle ne portait aucun maquillage et aucun autre bijou, à part son anneau de mariage. Par contre, elle portait bel et bien son shot-gun, attaché à sa cuisse par un holster, et trois poignards cachés dans ses vêtements. Pas pour attaquer, mais pour se défendre. Elle avait réfléchi avant de garder ces armes. Mais on lui avait dit que la Brume était omnisciente, elle n’avait aucune raison de cacher sa nature. Ou même de ne pas penser que l’Entité saurait qu’elle n’avait aucune intention d’attaquer qui que ce soit. Et puis, il était tout à fait probable qu’elle ait une Quête physique, après tout sa vie était physique…
« Bonjour, Brume. » lança-t-elle d’un ton tranquille et respectueux. « Je suis Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott, et j’aimerais m’installer à Sywhaîd. »
Parler dans le vide était étrange, mais Zee était quelqu’un d’intelligent. Elle savait que quelqu’un ou quelque chose l’écoutait. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Lun 12 Avr - 21:29 | |
| Il y eut un drôle de bruit ; comme celui d'un missile fendant bruyamment l'air. Mais rassurez-vous, la Brume ne comptait pas mettre ainsi un terme brutal à l'existence de Zeneyp et du futur Arbuthnott-Fitzpatrick junior. Ce qui tomba du ciel atterrit à une dizaine de mètres devant eux, sans causer d'autre dommage qu'un bruit relativement désagréable de métal. C'était un portique semblable à ceux que l'on peut voir dans les aéroports, et autres lieux publics ou privés dans lesquels il faut se défaire de ses objets métalliques pour entrer. Il y avait à gauche du portique un petit baquet en plastique noir où déposer portable, clés et autres shotguns. Et bien sûr, il n'y avait pas moyen de contourner le portique.
Assez curieusement, cependant, même débarrassée de ses armes, Zeneyp ferait toujours sonner le portique, et serait de ce fait irrémédiablement repoussée d'où elle venait.
[A toi de voir jusqu'où elle va avant de protester/cesser d'essayer de se débarrasser d'affaires.] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Dim 25 Avr - 22:49 | |
| Debout bien droite devant le portique, Zeneyp réfléchissait. Elle avait vu cette chose atterrir, dans un sifflement bien désagréable, et elle comprenait bien ce que ça signifiait, mais elle se demandait comment réagir. Elle avait beaucoup pensé au fait d’amener ses armes avec elle. Et elle avait aussi pensé à comment la Brume pourrait réfléchir. Une de ses hypothèses était que la Brume lui demanderait sûrement de les laisser si jamais ça ne lui plaisait pas. Visiblement, c’était le cas. Elle avait bien sûr aussi réfléchi à ce qu’elle ferait dans ce cas, mais la réponse était évidente. Elle voulait aller à Sywhaîd, si elle refusait le premier compromis, ça n’était même pas la peine de tenter le coup. Mais si elle réfléchissait devant l’imposant objet c’était parce qu’elle n’était pas vraiment coutumière de la magie. Oh bien sûr, toutes ces années avec John qui lui racontait ce qu’il avait vécu à Sywhaîd, elle avait eu le temps de se faire à l’idée de son existence. Mais là, devant le portique apparut de nulle part au beau milieu de la campagne écossaise, c’était différent. Elle se retrouvait devant une action magique. Et elle devait prendre une décision. Décider de mettre le poing dans l’engrenage, ou tourner le dos à tout ça, et attendre que John ressorte pour lui dire que, finalement, elle ne pourrait pas s’y faire. Après tout elle était quelqu’un de cartésien, qui n’avait pas été élevé dans cette idée.
Elle s’approcha du bac où il fallait qu’elle mette ses objets. La réflexion n’avait pas été longue, après tout, Zee ne serait jamais venue passer la Quête si elle n’avait pas réellement pensé pouvoir s’adapter au monde magique. Mais la magnifique métisse était quelqu’un de réfléchi, elle ne prenait jamais une décision sans être sûre d’elle. Cette fois, elle l’était. Elle détacha son holster et le déposa sans ménagement dans le bac. Puis elle sortit un poignard de sa manche droite, un autre de derrière son dos et le dernier de sa cheville, et les déposa tous les trois dans le bac. Après un regard presque nostalgique à ces armes (elles avaient été, après tout, de bonnes compagnonnes pendant des années), elle franchit le portail d’un pas conquérant.
Sans que le portail ne semblait pas le voir de cette façon. Il se mit à biper, tellement fort que si Zeneyp n’avait pas été quelqu’un aux réflexes depuis longtemps maîtrisés, elle aurait sûrement sursauté comme une idiote. Elle se contenta de repasser du côté où elle était juste avant. Bon, ça devait être un portique à haute sensibilité, ça lui était déjà arrivé d’en passer. Elle soupira et enleva la barrette qui lui maintenait sa magnifique crinière bouclée en arrière. La barrette en question n’était pas en métal, mais en bois, un simple ovale évidé de bois. Mais le montant lui était en métal, et avait déjà bipé. Elle essaya de nouveau de passer, et une nouvelle fois, ça bipa. Très haute sensibilité. Merde.
Elle enleva son soutien-gorge, par ce mouvement fascinant qu’on les femmes capables d’enlever ce vêtement sans en enlever aucun autre. Ou du moins, fascinant pour une partie des hommes. Les baleines étaient en métal. Il s’agissait d’un beau soutien-gorge en dentelle noire, qui aurait sûrement été un de ses préférés si Zee avait été du genre à préférer un vêtement à un autre. Elle essaya de nouveau de passer mais eut le même résultat.
« It’s getting ridiculous… » soupira-t-elle, tout en enlevant ses chaussures.
Elles avaient de grosses boucles en métal dessus. Elle en profita pour virer aussi le pantalon, qui n’avait pas de fermeture éclair mais plusieurs boutons en métal. Ainsi en chemise, culotte et gilet en cuir, les cheveux lui tombant un peu partout autour de la tête dans une crinière indomptable, elle avait presque l’air encore moins civilisée que lorsqu’elle avait son shotgun à la cuisse. Elle passa le portique mais, comme elle commençait à s’y attendre, il bipa de nouveau.
« Oh, allez ! C’est ridicule ! » soupira-t-elle, retournant du bon côté pour que son arrête de lui vriller les oreilles. « Le seul métal qu’il me reste est mon alliance, et il est hors de question que je l’enlève. Et si c’est une question de dangerosité, je connais treize moyens de tuer quelqu’un avec un brin d’herbe, alors franchement je crois que je ne passerai jamais le portique à ce rythme là. » _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
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Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Lun 26 Avr - 21:39 | |
| "Avec un brin d'herbe ?? C'est vrai ???" s'exclama une voix juvénile. Un petit garçon trottina depuis les pans opaques de brume jusqu'au portail, joyeusement, fixant Zeneyp d'un œil très intéressé, et très curieux.
Il n'avait pas tellement l'air d'un spectre, d'un fantôme ou d'une apparition. Il n'était pas diaphane, lisse, aérien. Il ressemblait à n'importe quel petit garçon, comme pourrait le petit pois chiche planqué dans le ventre de la guerrière. Il avait les cheveux ébouriffés, les ongles qui avaient probablement traîné dans la terre, un jean et un pull acrylique bleu outremer qui n'avaient rien de pittoresque. Il y avait un petit chien, style fox terrier, qui trottinait derrière lui.
"P'têtre que l'problème est à l'intérieur de toi, alors", hasarda le garçon tout en tournicotant autour d'un des pans du portique. Ses yeux se posèrent sur les armes déposées dans le bac, et s'agrandirent.
"Ouaaah ! C'est des vrais ?" _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Jeu 29 Avr - 17:29 | |
| « Oui. » répondit simplement Zeneyp en se décalant pour se mettre entre le bac en question et le gamin, avant d’ajouter avec un sourire : « Et ce ne sont pas des jouets. »
Bon à vrai dire l’arrivée du gamin l’avait presque plus surprise que celle du portail. Si elle pouvait imaginer qu’une Brume s’amuse à faire atterrir des portiques d’aéroports en plein milieu de la campagne écossaise, elle avait du mal avec l’utilisation des enfants. Était-ce un vrai petit garçon ? Un des petits garçons de Syhwaîd ? Ou alors une simple apparition créée par la Brume ? Ses beaux-parents l’avaient prévenue, lui avaient dit que la Brume pouvait tout faire, et qu’il ne fallait pas trop chercher à démêler le faux du vrai, pas trop chercher à comprendre comment ça fonctionnait, parce qu’on risquait d’y perdre une bonne partie de son temps. Mais Zee ne pouvait s’empêcher de voir dans ce petit garçon un vrai petit garçon. Il était adorable. Sûrement proche de ce que John avait été, pendant ses premières années. Un petit garçon un peu sale, aux grands yeux pleins d’intelligence et de curiosité. Un peu trop de curiosité pour les armes, mais la plupart des petits garçons étaient curieux à ce niveau-là, et si Zee pouvait comprendre qu’on aime les armes (elle-même avait une forte inclinaison pour elles), elle était loin de considérer que c’était un passe-temps sain pour les enfants. En fait, elle avait même du mal avec les jouets qui représentaient les armes, même si c’était assez paradoxal et faisait pas mal rire son écossais de mari.
Mais le petit garçon n’était pas seulement un petit garçon, il fallait que Zee se mette ça dans la tête. Et ce qu’il avait dit était intéressant. Le problème était peut-être à l’intérieur d’elle. De fait, elle était plus dangereuse que ne l’étaient les armes déposées dans le bac. Mais elle ne pouvait pas se déposer dans le bac pour passer le portique, c’était ridicule comme idée. Elle ne voyait pas trop comment faire. Elle ne venait pas pour tuer à Sywhaîd. Elle n’était pas une meurtrière, elle ne tuait que quand sa propre vie était en danger. Quelques années plus tôt, elle aurait aussi assassiné pour un bon chèque, mais depuis qu’elle avait rencontré John elle s’était plutôt tournée vers des contrats qui n’incluaient pas un assassinat obligatoire. Tant qu’ils pouvaient, ils évitaient le sang, et pas seulement parce que John disait que ça leur faisait dépenser trop d’argent en blanchisserie. Enfin bref, il était évident qu’à Sywhaîd ils auraient une vie normale. Sans vol, tuerie ou violence. Et Zee savait qu’ils en étaient capables. Ils n’étaient pas des psychopathes. L’aventure leur manquerait, c’était sûr, mais ils trouveraient leur équilibre, ils n’étaient pas tarés au point de vouloir élever un enfant dans ce genre de vie.
« Si c’est à l’intérieur de moi, le problème, tu penses que je devrais faire quoi ? » demanda-t-elle, souriant toujours, sans pouvoir s’empêcher, merde, d’avoir l’impression de parler à un vrai petit garçon. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Dim 2 Mai - 14:46 | |
| "Ben", fit le garçon ; il interrompit sa phrase parce qu'il était occupé à essayer de trouver un moyen de grimper le long du portail de sécurité, dont les côtés parfaitement lisses ne lui facilitaient pas la tâche. Il réussit néanmoins à poser son pied en équilibre à une trentaine de centimètres du sol, les pieds de l'objet faisant très légèrement saillie. Ainsi perché dans un équilibre précaire, il poursuivit sa phrase.
"J'en sais rien, moi. J'ai jamais passé d'quête, alors... C'est parce que j'suis trop jeune."
Il fronça les sourcils ; jeta un coup d'oeil sur le sol en contrebas ; et descendit lestement de son perchoir. Visiblement, il n'aurait pas détesté passer une quête, lui aussi. Comme les grands.
"Qu'est-ce que t'as à l'intérieur, qui pourrait faire biper le truc ?"
Lorsque Zeneyp exprimerait verbalement les choses qui, de son point de vue, pouvaient faire obstacle à son entrée dans la Brume, elle en aurait, assez fugitivement, mais très précisément, une vision nette. Soit un souvenir, s'il s'agissait de choses de son caractère par exemple, soit des visions futures, si elle exprimait des craintes sur le genre de personne qu'elle pourrait devenir une fois sur place. Cela ne se produisait que lorsque l'analyse de Zee sur elle-même était juste. Et ce n'était sans doute pas très agréable, mais chaque vision se concluait par un "ding" plutôt favorable de la part du portail. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Lun 14 Juin - 10:22 | |
| Zee était une casse-cou, elle regarda le gamin escalader le portique avec un air amusé et complice. Elle savait déjà qu’elle ne serait pas du genre à courir tout le temps après ses mômes pour les empêcher de monter aux arbres et tout ce genre de choses. Bien sûr, elle les protègerait, mais elle ne serait sûrement pas une mère du genre à trop couver. De toute façon, sa mère avait été ce genre de mères et ça ne l’avait pas empêchée de faire autant de séjours à l’hôpital que possible. Avec John, ils risquaient d’avoir des enfants très calmes, si on considérait que les enfants se construisaient en rébellion face à leurs parents. Des petits rats de bibliothèque au tempérament calme et posé. Plus matures sur bien des points que leurs propres parents. Elle sourit intérieurement à cette idée, se disant qu’il était peu probable que ses gênes et ceux de John fassent des enfants apathiques. Les gênes gagnaient sur la rébellion. « Sûrement des tas de choses. » répondit-elle en commençant à réfléchir.
Elle venait de temporiser, ce qui ne lui arrivait pas souvent, mais il faut dire que Zeneyp avait beaucoup de mal avec l’idée d’aller raconter à un petit garçon (même pas vraiment réel) les raisons qui pouvaient empêcher la Brume de l’accepter. Parce que toutes ces raisons étaient plutôt… des raisons d’adultes, disons. Parler de son travail de mercenaire, de son attirance pour la violence ou même de son caractère assez volcanique n’était pas chose aisée devant un petit garçon innocent. Mais elle ne savait pas si sa réponse marcherait si elle mâchait ses mots. Elle était quelqu’un de prudent, quand elle préparait un contrat, elle réfléchissait à tout, prévoyait l’imprévisible. Alors elle décida de voir comment fonctionnait cette épreuve (parce que ça ne pouvait qu’en être une) en commençant par quelque chose d’assez light.
« Je ne suis pas vraiment habituée à vivre dans un lieu où on entretient de bonnes relations de voisinage. Je n’ai jamais appris à m’intégrer à une communauté. »
Elle avait à peine dit ces mots qu’une vision s’imposa soudain à elle, lui coupant le souffle et la déstabilisant particulièrement. Elle n’avait jamais eu de vision, et celle-là était tellement vivante qu’elle eut du mal à ne pas perdre complètement son calme, ou, plutôt, aurait eu du mal si elle n’avait pas été autant habituée à devoir garder son sang-froid dans les situations les plus dangereuses. Elle vit quelque chose, un souvenir, qu’elle avait plus ou moins oublié. Rien de très traumatisant, ni de très important, et elle n’y avait plus jamais pensé jusqu’à présent (et n’y penserait sûrement plus jamais). La scène s’était passée une dizaine d’années plus tôt, avant qu’elle ne rencontre John. Elle était entre deux contrats, et comme elle avait besoin de se reposer un peu, mais aussi de faire profil bas à cause d’une chose ou d’une autre qu’elle avait faite pendant cette mission, elle était rentrée à Belfast, dans le petit appartement qui lui servait de pied-à-terre. Alors qu’elle passait son troisième jour dans cet appartement (elle avait principalement dormi pendant les deux premiers jours et changé ses pansements), on frappa à la porte. Habillée seulement d’un t-shirt blanc et d’un boxer en tissus léger, et de plusieurs bandages, bleus, écorchures, elle alla ouvrir la porte. Sur le seuil se trouvait une jeune femme, une rouquine en tailleur, d’une petite quarantaine d’années. Elles s’entre-regardèrent un instant, et la petite rouquine eut du mal à cacher sa surprise, avant de bafouiller :
« Euh… J’avais vu que vous étiez rentrée… Je fais un dîner ce soir, j’invite tous les voisins. Et je me demandais si ça vous disait de… »
La voix de l’irlandaise mourut sous le regard perçant de la métisse. Elle n’avait pas l’air franchement mal aimable, mais elle regardait sa voisine sans sourire, ses grands yeux bruns posés sur elle. Elle n’avait pas hoché la tête, pas salué la jeune femme, pas sourit. Elle semblait aussi froide que possible. La rouquine se tortilla, prête à partir en courant, et Zee se vit lui refermer la porte au nez sans rien ajouter avant de retourner s’affaler dans son lit. Elle cligna des yeux et la vision disparut aussi brusquement qu’elle n’était apparue. Elle se souvenait de cet épisode maintenant, ou plutôt, elle se souvenait d’avoir appelé William deux heures plus tard pour qu’il lui trouve un boulot, et d’avoir ensuite mis en vente son appartement, pour en acheter un dans un autre quartier de Belfast. Non, visiblement, elle n'était pas la meilleure voisine du monde. Elle tourna un regard neutre vers le petit garçon, mais ce n’est pas lui qui lui répondit. Le portique fit un bruit qui semblait dire qu’elle avait vu juste, comme si elle avait déposé quelque chose de plus dans le bac. Le petit garçon souriait d’un air encourageant.
Mais avant de continuer, elle devait faire le point. Elle avait parlé de quelque chose qui pouvait être un obstacle à son entrée à Sywhaîd, et elle avait eu une vision, avant que le portique n’accepte ce qu’elle avait dit. C’était plutôt clair. Sauf qu’à part cette première chose, elle allait devoir parler au petit garçon de choses qu’il était trop jeune pour comprendre. Oh elle n’avait pas peur qu’il s’effraie, au contraire, parlez d’aventures à un petit garçon et il vous mettra sur un piédestal. Elle risquait d’avoir une mauvaise influence sur lui, de le pousser à faire des choix inconsidérés. Elle fronça légèrement les sourcils. Ce petit garçon était une apparition de la Brume, du moins tout ce qu’on lui avait dit sur la Quête l’indiquait, alors il n’y avait pas de raison de le ménager , il valait mieux suivre les indications de la Brume. Elle croisa les bras devant elle, restant bien droite, volontaire et ajouta :
« Je suis habituée à une vie d’aventurière, pleine d’adrénaline et d’actions bien différentes de ce qu’on attend d’une personne dans le « vrai monde ». »
Cette fois, ce fut un maelstrom de souvenirs qui l’envahirent, de toutes petites scènes. Des bagarres, de la souffrance, de l’excitation, pas mal de courses (Zee adorait courir, elle avait toujours une forte décharge d’adrénaline quand elle courait), des baisers passionnés (la plupart avec John) et pas mal de vols désespérés (toujours avec John, Zee aimait voler, mais seulement depuis qu’elle était avec son pilote de mari, elle savait qu’il était le meilleur, et qu’il les sortirait de n’importe quoi). Elle mit un peu de temps à retrouver des battements de cœurs normaux, et dut respirer profondément quelques poignées de seconde, sans faire attention à la réaction de l’enfant. Toutes ces visions avaient agité son corps, elle avait eu une bonne décharge d’adrénaline, et son tempérament volcanique venait de se réveiller. Elle entendit à peine le « ding » du portique, et ne s’en réjouit pas vraiment, trop occupée qu’elle était à essayer de se calmer.
Bizarrement, plus elle pensait à ce qui pouvait l’empêcher d’aller à Sywhaîd, plus elle cherchait une nouvelle chose à dire au petit garçon, plus elle trouvait des raisons qui faisaient d’elle une bonne recrue. Elle pensa au fait qu’elle était une bricoleuse hors-pair, qu’elle avait toujours été sociable (tant qu'on ne fouinait pas dans sa vie privée), qu’elle avait de l’humour, qu’elle était compétente avec les animaux (grâce à quelques mois passés dans une ferme irlandaise quand elle avait eu besoin de se cacher, à l’époque de l’IRA).
« Je suis indépendantiste. » ajouta-t-elle prise d’une soudaine illumination. « Ca fait des années que je n’ai pas été en présence de personnes qui ne pensaient pas comme moi à ce niveau-là, soit les gens que j’ai fréquentés toutes ces années s’en fichaient, soit ils étaient d’accord avec moi. Je risque de perdre un peu le contrôle face à un opposant de l’indépendance de l’Irlande. »
Comme prévu, il y eut une vision. Sauf que ça n’était pas un souvenir, mais plutôt une sorte d’anticipation. Une scène qui risquait de se passer. Elle se voyait, dans une petite salle qui semblait être un pub, parler avec plusieurs personnes. Petit à petit, la conversation dégénéra. Il y avait plusieurs anglais dans la conversation, totalement opposés à l’indépendance, et à l’IRA. Au début, Zee essayait de garder son calme. Mais très vite, il y eut des paroles blessantes, et surtout des paroles stupides. Un des hommes la traita de meurtrière, de terroriste. Elle commença par lui dire qu’elle n’avait jamais été dans les branches de l’IRA qui tuaient les innocents, mais il ne voulait rien entendre. Et ses paroles étaient tellement haineuses, et tellement irrespectueuses, surtout à propos des camarades de Zee, ceux qui avaient perdu leur vie pour leur cause, que la métisse vit rouge et perdit les pédales. Elle colla un pain à l’homme et, avant qu’aucun de ses adversaires n’ait eu le temps de réagir, elle se leva souplement et assoma l’homme qui était assis à côté d’elle (l’autre) d’un coup de pied souple et puissant. La bagarre se généralisa bien vite et, même si Zee était la seule de son côté, elle fit pas mal de dégâts. Les gens présents n’étaient globalement pas habitués à se battre, et Zeneyp était entraînée et pleine d’expérience. Quand la vision s’arrêta, elle n’avait tué personne (ouf) mais s'était mis une bonne partie des sywhaîdiens à dos, et, se connaissant, n’avait pas l’air prête à s’excuser un jour ou l’autre.
Le portique émit un ding presque joyeux et Zee eut du mal à imaginer que cette vision puisse avoir un effet bénéfique. La Brume n’attendait-elle d’elle que de l’honnêteté ? Voulait-elle qu’elle soit lucide, qu’elle admette ses failles ? Ou alors tout ça n’était qu’un jeu sadique ? Parce que, très franchement, vu les visions qu’elle avait eues, elle avait du mal à imaginer que la Brume accepte de la prendre. Bien sûr, il était peu probable que Zee s’énerve comme elle l ‘avait fait dans la dernière vision. Et puis, il n’y avait pas que des anges à Sywhaîd, loin de là, des bagarres ils devaient en avoir e temps à autres. Mine de rien, la vision n’avait pas montré une Zeneyp folle furieuse qui butait à coup de pieds de chaise ses interlocuteurs. Une bagarre c’était pas grand-chose. Ca mettait un peu d’animation. A cette pensée, elle sourit, puis leva un sourcil d’un air circonspect. Merde.
« Je risque de m’ennuyer. » dit-elle sobrement, consciente du fait qu’elle venait de dire la pire chose possible, elle n’avait jamais supporté l’ennui, c’était ce qu’elle imaginait de pire.
De nouveau, ce fut un mélange de visions de petits moments qui s’accumulèrent. Elle se vit s’ennuyer, et c’était terriblement ennuyeux. Elle trainait dans Sywhaîd, baillait pas mal, essayait de se rendre utile mais il n’y avait jamais assez à faire, jamais assez de personnes disponibles pour s’amuser un peu. Petit à petit, elle se vit se détériorer. Plus aucune patience, des crises de nerfs. De la violence, aussi. Mais pire, de la mélancolie. Elle se vit passer de longues heures au bord d’un Loch, les yeux perdus dans le vagues, la main posée sur son ventre arrondi. Et finalement, elle se vit partir. Le ventre aussi plat que possible, sans bébé. Et sans John.
« Ca n’arrivera pas. » dit-elle alors que le portique rendait une partie de ses paroles incompréhensible à cause de sa réponse enthousiaste à ses visions. « Si je m’ennuie, je n’attendrai pas que ça dégénère à ce point. J’en parlerai à John, et nous partirons à la brèche suivante. »
Elle avait dit ça sur un ton convaincu, mais le fait qu’elle se sente obligée de le dire prouvait que cette vision l’avait éprouvée. Non, ça n’était pas possible, elle en était vraiment persuadée. Jamais elle ne se laisserait aller comme ça. Mais elle avait besoin de le dire à haute voix, pour que ça soit aussi important que cette saleté de vision. Elle tourna son regard brun sur le petit garçon et demanda :
« Tu penses que je peux passer, maintenant ? »
Elle avait dit tout ce qu’elle avait à dire. Elle n’avait plus aucune raison valable de ne pas l’accepter en tête. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


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 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Jeu 17 Juin - 10:42 | |
| Le petit garçon la regarda un moment, comme s'il cherchait quelque chose de précis, il regarda de la même manière le portique un moment, et puis il déclara d'un ton étrangement calme.
- Je crois que t'as oublié de parler de quelque chose qui est dans toi. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Mar 22 Juin - 11:10 | |
| Zee leva un sourcil interloqué, le reste de son visage restant plus ou moins de marbre, elle avait l'habitude de ne pas montrer facilement ce qu'elle pensait, ça lui avait sauvé la vie des dizaines de fois. Mais franchement, elle était surprise. Elle venait de parler de choses assez dures, violentes, s'était forcée à les dire à ce petit garçon d'une dizaine d'années, et voilà qu'il enchaînait sur quelque chose de tout à fait différent. Peut-être qu'une femme "normale" aurait porté sa main à son ventre encore plat, d'un air protecteur. Mais Zee n'avait pas besoin de montrer qu'elle protégeait ce bébé qui n'avait encore que la taille d'une crevette. Que quelqu'un essaie de s'en prendre à lui, et il verrait de quel bois elle se chauffait. Elle ne ressentait pas particulièrement de bouffée d'instinct protecteur ou d'instinct maternel. Ce bébé n'existait pas encore. Elle aimait ce bébé, et elle serait heureuse d'être mère, mais Zee n'était pas une guimauve. Elle n'allait pas se mettre à porter des tuniques à fleurs et à parler barboteuses avec son groupe de copines enceintes. Hors de question. Elle était ce qu'elle était, elle n'était pas sa belle-mère et ne serait pas une mère vintage, loin de là.
Mais elle avait consciente d'être toujours dans une Quête. En temps normal, elle aurait sûrement vertement répondu à son interlocuteur que ça n'était pas ses oignons. Elle n'était pas ultra-protectrice, et tout le reste, mais elle n'aimait pas qu'on se mêle de choses qui ne la regardaient qu'elle. Et John, bien sûr. Mais dans une Quête, si on parlait d'une chose, c'était que ça avait une certaine importance. Et puis, on n'envoyait pas balader la Brume, ça n'était pas la meilleure façon d'entrer à Sywhaîd.
"Je suis enceinte, oui." répondit-elle sur un ton neutre. Il n'y avait pas de petits oiseau chantant dans son ton quand elle parlait de ce futur bébé. Même quand elle en parlait avec John, c'était plus souvent avec un grand sourire, mais pas sur un ton de niaiseuse débile. Elle n'avait jamais supporté ce genre de futures mères, et ne le deviendrait pas. "Mais ce bébé n'a aucune raison de faire biper le portique. Il n'est pas une raison de me refuser, mais une raison de m'accepter. Après tout, un bébé est toujours une bonne nouvelle. Une nouvelle âme à Sywhaîd, qui grandirait là-bas, et qui deviendrait un sywhaîdien de souche. Ce serait bien. Et une raison de bien m'intégrer, puisque mon enfant serait un sywhaîdien. Une raison aussi de m'attacher à Sywhaîd sur le long terme."
Elle ne voyait sincèrement pas en quoi son bébé pouvait être un problème, mais elle n'insista pas sur cette incompréhension. Elle avait appris à éviter de faire remarquer les incohérences aux gens, c'était ce qui avait le plus facilement tendance à réveiller les violences, du moins dans une situation dangereuse. Et quelque part cette Quête en était une. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Jeu 8 Juil - 10:59 | |
| Le garçon continuait de se promener vaguement tout autour du portique, nonchalant. Comprenant que Zee avait fini de parler, il s'interrompit cependant quelques instants, le temps de lui sourire, et de répondre :
"C'pas du bébé que j'voulais parler ; enfin pas exactement".
Son visage se tendit légèrement ; il semblait plus grave, ce qui le vieillissait un peu.
"Tant qu'il est à l'intérieur, ya pas de souci, non, mais... quand il sera plus grand, tu crois que..."
Sa voix se fit plus hésitante. Le sujet paraissait douloureux.
"Toutes les femmes arrivent pas forcément à supporter... ce genre de choses. Etre maman, tout ça... Tu crois que... que ça te suffira ? Que tu finiras pas par... partir, retrouver l'aventure, viv' ta vie, tout ça ?"
Il s'accroupit, replia ses jambes devant lui et se recroquevilla ainsi au pied du portique.
"C'est chouette, un papa, j'veux dire, hein. Mais bon..."
Et il haussa les épaules. _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Mar 31 Aoû - 16:56 | |
| Zee savait être patiente quand il le fallait. Elle était capable (et l’avait déjà fait) d’attendre pendant des heures dans le noir, sans rien faire, comme un fauve guettant sa proie. Elle avait passé trois jours à attendre qu’une cible sorte enfin de son appartement, pour aller y voler des papiers importants (pour son client en tout cas). Seulement, elle n’était pas quelqu’un de particulièrement patient à la base. Dans son métier, elle avait appris à l’être, comme tout militaire de son niveau le faisait. Mais dans la vie de tous les jours, cette patience s’effilochait particulièrement rapidement. Elle était connue pour son sale caractère, un caractère froid, qu’on pouvait qualifier par erreur de reptilien, mais quand on apprenait à la connaître on découvrait… qu’elle avait un fichu caractère, et qui n’avait rien d’aussi froid que pendant un contrat. Elle avait après tout cassé le nez du crétin à la dégaine de surfeur qui deviendrait par la suite son mari au bout de seulement quelques minutes. Non Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott n’était pas patiente au jour le jour. Et tout ça commençait à sérieusement lui chauffer les oreilles.
Déjà, elle en avait assez de ce fichu portique impossible à passer. Même marre de ce gamin, pourtant sympathique dans l’absolu, qui semblait tout savoir et qui lui posait des questions qu’un vrai gamin ne lui aurait jamais posées. Et elle avait surtout marre de se geler les miches (qu’elle avait par ailleurs fort jolies), dans cette Brume qui n’acceptait pas qu’elle passe le portique en pantalon, comme toute personne normalement constituée. Bon, en réalité, Zee n’avait rien d’une grande frileuse, mais la Brume n’était pas l’endroit le plus chaud au monde, et elle ne portait plus que sa chemise et son gilet de costume en peau, ça n’était pas grand-chose, et ça n’était pas la culotte en soie légère marron claire qui allait beaucoup l’aider, quoi que la soie fût un matériaux plutôt chaud.
Mais ce qui lui fit carrément perdre les quelques grammes de patience qu’elle avait encore quelques minutes plus tôt, ce furent les paroles que le soi-disant gamin prononça. Elle n’avait déjà pas franchement apprécié le fait qu’il considère son futur enfant comme un obstacle à son entrée à Sywhaîd, l’explication de ce qu’il avait voulu dire était encore pire. Les yeux de la belle métisse se rétrécirent un petit peu, signe que les gens qui la connaissaient auraient reconnu comme étant une façon d’annoncer le moment de la retraite, peu de gens dépassaient ce stade en s’en sortant, mais le gamin continua à parler, comme s’il ne se rendait pas compte de la colère qui couvait chez l’Irlandaise, et cette dernière était bien trop énervée pour commencer à raisonner sur le fait que l’apparition devait forcément le savoir, puisque la Brume le savait, ou p’t’êt’ ben qu’non, puisque personne ne savait comment fonctionnait cette fichue Brume qui s’octroyait le droit de questionner la loyauté de Zee. Ses lèvres remontèrent légèrement sur ses belles dents blanches, en un faux sourire que seul un abruti profond aurait pris comme un bon signe.
Quand le gamin eut fini ses questions, c’était une Zeneyp légèrement différente qui le regardait. Les yeux rétrécis par la colère, les lèvres remontées, et tout le reste de son attitude semblait suivre la même ligne directrice. Elle était tendue, et ça se voyait, mais d’une façon souple, féline, un peu comme une panthère noire prête à bondir. Si le gamin avait été un adulte, nul doute qu’il se serait déjà pris le joli poing musclé de l’Indépendantiste dans le nez. Mais puisque c’était un enfant, Zee canalisa sa colère, et se contenta de répondre d’une voix tellement froide qu’elle frôlait le zéro absolu :
« Qu’est-ce qui te permet de mettre en doute ma loyauté ? Jamais je n’abandonnerais mon enfant. Jamais. »
Elle avait pourtant eu une vision qui l’avait montrée le faisait. Mais comme elle l’avait dit, ça n’arriverait pas, c’était hors de question. Elle aimait trop John pour faire quelque chose comme ça. Et elle aimait déjà bien trop ce bébé. Et même outre ça, il y avait une question de principe là-dedans. Si Sywhaîd l’ennuyait à ce point, elle le dirait à John, et ils partiraient. Si le fait de ne plus vivre d’aventures devenait si dur à porter, elle le dirait à John, et ils trouveraient une solution. Mais jamais elle n’abandonnerait son enfant, ou son mari. Jamais elle ne fuirait ses responsabilités. Le métier de mère, elle le prenait comme n’importe quel autre job. Elle ferait ce qu’il y a à faire, elle s’arrangerait avec les inconvénients, quitte à trouver un moyen différent d’assumer ses responsabilités. Après tout, John et elle avaient géré leur mariage d’une façon diamétralement opposée à la plupart des gens, pourquoi ne pourraient-ils pas trouver quelque chose qui leur conviendraient dans le reste de leur vie familiale ?
« Je n’ai jamais abandonné qui que ce soit. J’ai été loyale à mes convictions, et aux gens que j’aimais. J’ai dû revoir complètement ma vie, quand la vivre comme je le voulais n’était plus possible, j’ai su m’adapter. Et tout ça je continuerai à le faire, pour l’amour de John, de nos enfants à venir, et de tout ce qui fait que je suis ce que je suis. »
Sans s’en rendre compte, elle avait avancé vers l’enfant tout en parlant, une sorte de marche vers l’adversité, parce que Zee n’avait jamais su qu’affronter les problèmes, elle n’en avait jamais fui aucun. Elle était plutôt impressionnante, la grande métisse aux longues boucles éparpillées autour de son visage courroucé, avançant avec la souplesse d’un félin, et la colère d’un volcan prêt à exploser. Il faut dire que le sujet de la famille était un sujet plutôt sensible chez elle. Ses parents ne voulaient plus la voir, à cause de ses choix idéologiques. Elle avait fini par être forcée de se détacher de son frère, quand il avait intégré une branche de l’IRA qui ne combattait d’une façon sale, qui ne considérait pas que la vie des innocents soit importante. Son frère était mort sans qu’ils puissent jamais se réconcilier, et ça avait été une grande blessure pour elle, qui avait toujours imaginé qu’un jour Ewan reviendrait à la raison et qu’ils se retrouveraient. Ils avaient été tellement proches que même des années après sa mort, Zee avait l’impression d’être amputée d’une partie de sa personne. Alors oui, sa loyauté allait à une famille inventée. Ses anciens camarades de l’IRA. Les gens qu’elle avait rencontré par la suite, et de qui elle était devenue proche. Et son mari, bien sûr, ainsi que leurs futurs enfants. Et elle n’aimait pas qu’on remette ça en question. Jamais. Parce que cet amour qu’elle avait pour John, et pour tous les enfants qu’ils auraient, était un amour infini. Et que même si Zee était sûrement au premier abord la partie la plus froide de cette famille qu’ils constituaient, elle était pleine d’amour, elle en débordait, et elle n’acceptait pas qu’on doute de cet amour. Qu’on agisse comme si cet amour ne suffisait pas. Parce qu’il suffisait.
« Si un jour je veux revenir à mon ancienne vie, je trouverai un moyen de le faire. Mais jamais je n’abandonnerai ma famille. Cet enfant n’est peut-être pas un enfant prévu, peut-être qu’il vient d’un oubli de pilule, ou de l’opération du destin, ça ne change rien au fait que c’est l’enfant le plus désiré au monde. Je m’occuperai de lui, je serai sa mère, et jamais je ne l’abandonnerai ou le renierai. Je ne sais que trop bien ce qu’on ressent quand on est rejeté par ses parents. »
Elle s’arrêta de marcher, et croisa ses bras devant elle. Elle se tenait toujours très droite, d’une façon souple qui lui donnait des airs de princesse africaine. Elle était magnifique, malgré le fait qu’elle n’avait pas de pantalon (ce qui aurait pu en ridiculiser plus d’un) et la colère lui allait bien, la rendant encore plus belle. Mais ça la rendait aussi beaucoup moins rationnelle. Elle qui avait tout fait pour essayer de mettre toutes ses chances de son côté, elle oubliait à présent toute notion de déférence ou de respect vis-à-vis de la Brume. La partie la plus volcanique de son tempérament ressortait, et faisait d’elle une sorte de fauve protégeant ses petits, sa famille. Elle avait sorti les griffes, et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’elle s’en serve… Ce qui n’était peut-être pas la meilleure stratégie pour sortir de cette Brume du bon côté. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | La Brume Admin Tout Puissant


Nombre de messages: 1294 Date d'inscription: 27/06/2007
 | Sujet: Re: Quête de Zeneyp Fitzpatrick-Arbuthnott Dim 12 Sep - 12:28 | |
| Le petit garçon la regarda d'un air pensif avant de lâcher un "Mouais" non compromettant. Il avait continuer de tourner autour du portique et venait maintenant de le franchir, ce simple geste que Zee n'avait pas encore réussi à accomplir. Puis il lui sourit et lança :
- Bon, ben, have fun alors !
Sur ces mots, il fit volte-face et partit en courant. Cette fois, quand Zee tenterait de franchir le portique, rien ne la retiendrait et elle arriverait près de la maison du gérant. Mais sans armes, ni ses habits, ni rien de ce qu'elle avait dû laisser derrière elle.
[Bravo pour ta quête ! Bon jeu^^] _________________ Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal. |
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