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 Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd

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Brise d'Oz
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MessageSujet: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Jeu 22 Nov - 19:47

(Tibère... A toi! J'ai supposé que le cheval pouvait être Jam, mais après tout, ce n'est pas obligatoire)

Brise passa la tête dans l'embrasure de la lourde porte de bois, circonspecte. Alors c'était ça les écuries... On lui avait toujours dit que la bonne fortune d'une maison s'évaluait selon le prestige de ses écuries. Et bien Sywhaîd ne payait pas de mine, dans ce cas. Tous les box étaient actuellement vides, les chevaux devant probablement être en train de prendre de l'exercice, d'aider aux champs, ou de vaquer à leurs occupations de chevaux.

Brise poussa la porte et pénétra dans l'écurie, sans aucune considération pour ses escarpins aux talons assez vertigineux. De toute manière, ceux-là, elle les avait en double.
La jeune femme portait en outre une tunique beige, dont les manches ballons lui donnait un petit air de princesse. Totalement déplacé dans l'écurie rustique et fonctionnelle de Sywhaîd, je vous l'acorde. Disons que Brise n'avait pas encore tout à fait assimilé le mode de vie des Sywhaîdiens. Elle n'avait pas réellement percuté que traire une vache ou faire la cuisine dans cette tenue, cela tenait soit du ridicule, soit de la prouesse technique. Mais disons plutôt du ridicule dans le cas de Brise, puisqu'elle ignorait tout des ruminants et de la manière aussi bien de les traire que de les cuisiner.

Brise entra donc dans l'écurie et entreprit d'inspecter les box, mince silhouette blanche dans la pénombre. Elle avança le long de l'allée, le cou tendu, peu importunée par la forte odeur animale. Durant sa quarantaine, elle était allée au manège presque tous les jours, evacuer sa frustration, sa rage, retrouver un semblant de sérénité. C'était avant qu'elle ne découvre la cigarette, bien sur. Elle avait cependant toujours mieux supporté l'odeur chaude et piquante du crottin que celle de la nicotine, désagréable et tenace.

- Y a quelqu'un? Demanda-t-elle d'une voix trainante. Ohé?

Elle poursuivit son inspection jusqu'au fond des écuries. Elle se rendit compte alors qu'elle avait commit une petite erreur, en présumant que tous les chevaux étaient occupés à jouer au bridge ou aux échecs. Un cheval était là, invisible encore, mais elle pouvait precevoir sa respiration, le crissement de ses sabots sur la paille. Curieuse, Brise s'enfonça un peu plus dans la pénombre, tentant de distinguer l'animal. Elle ne s'attendait pas à trouver un pur sang ou quelqu'autre somptueuse monture, pas dans une écurie de ce genre. Mais elle aimait assez les chevaux. Enfin, disons qu'ils lui semblaient utiles.
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Jeu 22 Nov - 20:48

Tibère trainassait vaguement dans l'écurie, en compagnie de sa jument. Il était assis dans la paille de son box et tournait les crins de la queue de Jamaïque entre ses doigts lorsqu'il entendit quelqu'un entrer. Sans parler, le jeune homme se leva et flatta l'encolure de la jolie jument alesane, puis lorsqu'il entendit une voix de fille appeler, sortit d'une démarche chaloupée et tranquille du box de sa monture, et lança :

-"Moi, je suis là."

Il jaugea d'un regard narquois son interlocutrice et demanda ensuite :

-"Tu es qui ? Moi c'est Tibère. Empereur romain, si tu veux savoir."

Il s'avança lentement, le regard fixé sur le visage de la jeune fille. Un petit ricanement s'échappa de sa bouche mais Tibère ne fournit aucune explication pour l'interpréter. L'air méprisant de la fille lui plaisait énormément, et sa tenue aussi. Lui-même portait un simple jean et un pull noir, tenue passe-partout par excellence. Le Romain se faisait assez remarquer sans avoir besoin d'habits extravagants...
Lorsqu'il fut à une assez courte distance de son interlocutrice, il s'arrêta de marcher sans toutefois cesser de la fixer, puis dit :

-"Tu fais quoi ? Tu vas tenter de faire du cheval en talons ?"

De nouveau, il eut un rire moqueur, puis détacha le regard du visage de Brise, lassé de la fixer. Il s'approcha encore, presque comme s'il allait la prendre dans ses bras, et eut un nouveau sourire, cette fois charmeur. Pur réflexe et pure provocation.

(ça me va parfaitement... par contre, désolée mais je fais pas des messages très longs..)
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Ven 23 Nov - 1:47

(pas grave!)

Brise ne cilla pas. Son visage resta impassible, les paupières loudes. Elle inclina simplemement la tête sur le côté, lentement. Elle soutint le regard ouvertement moqueur du nouvel arrivant, un fin sourire aux lèvres. D'où surgissait-il celui-là? Empereur romain avec ça? C'est fou ce que l'on croisait du beau monde, dans les écuries de Sywhaîd. Voila qui allait remonter la cote des lieux, à n'en pas douter.

- Je suis qui? Voyons, je suppose que tu peux m'appeller Brise. Et... Comment dire... je suis dieu? Mais seulement si tu veux le savoir.

Brise laissa échapper un bref éclat de rire, tranchant. Blasphème! Allons, elle était en forme aujourd'hui. Voila qui aurait fait sensation à Londres. Mais elle n'était plus à Londres, et elle doutait fortement que ce drôle de type ne s'offusque de sa réplique. Pas plus qu'elle n'avait été choquée par la sienne. Il y a des gens comme ça...

Brise regarda Tibère s'approcher d'elle, les mains sur les hanches. Elle laissa échapper un soupir d'impatience, levant les yeux au ciel (ou plutôt aux poutres). Il voulait sa photo ou quoi? Elle lui tira la langue, accompagnant son geste d'une onomatopée d'une élégance rare, qui devait donner quelques chose comme "gné!". Lorsqu'il fut suffisement près pour qu'elle sentit sur son visage le souffle qui accompagnait ses paroles, Brise planta fermement ses yeux noirs, arrogants, dans ceux du jeune homme. On ne marchait pas sur les pieds de Brise d'Oz.

- Non, en fait je comptais nettoyer l'écurie, répondit-elle vivement, avec une pointe d'autodérision. Tu n'aurais pas vu le balai?

Tibère s'approcha encore, en ricanant bêtement. Enfin quoi, est-ce qu'elle gloussait sans raison elle? Encore un truc d'italien ça, se marrer tout le temps. Dieu merci (enfin, grace à Elle), elle était anglaise.
L'empereur romain avait baissé les yeux, et il était à présent si près que Brise se demanda, en un éclair, s'il n'allait pas avoir l'outrecuidance de l'embrasser. Brise ne se laissait pas embrasser. Elle embrassait.

Elle aurait pu demander à Tibère ce que lui fichait là. Elle aurait pu tourner les talons et le planter là, elle aurait même pu lui foutre une claque. Mais Brise préféra laisser à l'italien le soin de désamorçer la situation qu'il avait lui-même imposé. Elle resta immobile, impassible, les yeux levés sur le visage de Tibère, empereur de Rome.
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Ven 23 Nov - 19:05

(alors là, réaction à laquelle je ne m'attendais pas du tout ! t'as la classe totale XD)

Tibère la fixa dans les yeux quelques secondes. Il n'était absolument pas gêné, probable qu'il ne l'avait d'ailleurs jamais été de sa vie. Puis, il rit encore, de son rire de fou, et lança :

-"Dieu ?"

Puis, il se recula pour aller s'affaler sur une botte de paille.

-"Ca tombe bien, j'ai toujours rêvé de le rencontrer."

Une nouvelle fois, il ricana, à croire que le jeune homme s'exprimait majoritairement par rires, ricanements et autres gloussements. Possibilité acceptable, à bien y réfléchir.

-"Dieu et l'empereur Tibère... Ca risque de faire des étincelles, ma belle, parce que chez moi, le Dieu c'est l'empereur."

Tibère se releva vivement et s'approcha de nouveau de la jeune fille arrogante, mais un peu moins près. Malgré tout, sa réaction, ou plutôt son absence de réaction l'avait impressionné et il commençait à se dire que cette fille-là n'était pas du genre facilement manipulable. Magnifique, il aimait les caractères forts, cela l'amusait au plus haut point de les tester, et il n'accordait son estime qu'à ceux qui résistaient longtemps et avec classe.
Il reprit alors, d'une voix cette fois plus douce :

-"Et l'empereur aime bien se dresser contre Dieu. Il ne croit pas en sa puissance, tu vois ?"

L'italien eut un sourire provocateur et narquois.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Ven 23 Nov - 20:19

(hihi, merci^^)

Brise ne détourna pas les yeux. Ne l'avait-il pas encore comprit? Il ne gagnerait pas contre elle à ce petit jeu là.
Elle se mit à déambuler dans l'écurie, altière, tout en écoutant le grand brun pérorer. Il avait l'air légérement dément, un brin toqué. Quelques chose de l'héritier déchu lui-aussi, vautré dans la paille. Elle lui accorda un rire silencieux, la gorge renversée.

- Dieu te pardonne, Dieu est magnanime.

Elle jaugea Tibère du regard tandis qu'il revenait vers elle. Il comptait jouer au yoyo encore longtemps? Un pas en avant, trois pas en arrière, un pas en avant. Ils n'avaient qu'à valser tant qu'ils y étaient! Elle s'immobilisa, défiante. Lentement, sans regarder le jeune homme qui approchait, elle extirpa un paquet de cigarettes de sa poche, ainsi qu'un zippo tout cabossé. Il ne cadrait pas plus avec Brise que Brise ne cadrait avec l'écurie, mais Brise n'aimait pas les cadres de toute manière. Trop lourds, trop rigides, trop étouffants.

- Dresse-toi donc contre moi mon vieux, Dieu est fatigué. Je te file les clefs quand tu veux. Paraphons le bail! marmonna-t-elle en allumant sa cigarette, ce qui fit ressortir ce petit air voyou attrapé aux cuisines. Et n'oublie pas d'arroser les plantes, recommanda-t-elle, une lueur malicieuse au fond des yeux.

Elle inspira une bouffée, un sourire de guingois collé sur le visage.

- Car Dieu est bon mais y a des limites.

Sa sentence énnoncée, Brise tourna carrément le dos à Tibère pour entrer dans le box dont il avait jaillit, un peu plus tôt. Elle jeta un coup d'oeil derrière son épaule, vers le jeune homme, qui arborait un air narquois avec une apparente auto-satisfaction. Bien, en voila un avec qui on ne devait pas s'ennuyer tout les jours. Il avait l'air plutôt sympa sous ses airs bravaches, peut-être mme que Brise allait consentir a rester un peu plus longtemps que prévu dans cette écurie miteuse. Histoire de voir jusqu'où ce type pouvait aller dans la provocation. Elle ne craignait pas vraiment de perdre la face, elle ne cherchait même pas le défi. ce n'était pas son genre, elle préférait rester spectatrice en général. Et Tibère était un sacré numéro...
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Ven 23 Nov - 20:43

Tandis que Brise allumait une cigarette, Tibère déclara avec sérieux :

-"Tu retrouveras ton oeuvre en ruines, Dieu, si tu me la confies. Je rêverais de lui mettre le feu..."

Sa voix mourut dans sa gorge, et il eut quelques secondes un air un peu rêveur, tandis que la jeune fille entrait dans le box de Jamaïque comme si c'était son domaine.
Tibère la suivit docilement et la coutourna, passant très près d'elle (elle devait avoir senti son souffle dans sa nuque) pour se placer aux côtés de sa jument.

-"Elle est belle, hein ? C'est un pur-sang."

Le Romain caressa doucement la robe alesane de l'animal, jetant de petits coups d'oeil en direction de Brise. Mais soudain, il se figea.
Il se redressa de toute sa hauteur, s'approcha de Brise, un air menaçant sur le visage. Non pas provocateur ou moqueur, réellement menaçant, comme s'il allait la frapper. Cependant, en même temps, il jeta un regard craintif à la cigarette de la jeune fille, comme s'il craignait qu'elle explose.
A mi-voix, il gronda :

-"Eteins-ça. Vite."

LA terreur de Tibère. Que sa jument meure brûlée. Terreur qu'il ne s'expliquait pas, qui ne s'appliquait qu'à Jamaïque, mais qui était bien réelle. Et plutôt étrange compte tenu de la pyromanie déclarée de Tibère.
Le jeune homme s'approcha encore de Brise, se doutant bien qu'il ne l'impressionnerait pas, mais désireux de bien faire passer le message, d'une voix saccadée par l'énervement :

-"Ne fume jamais dans le box de cette jument. Jamais. Tu es peut-être Dieu, mais moi je suis l'empereur et je refuse que le moindre risque d'incendie approche ma jument."

Il lui jeta un regard mauvais qui aurait pu faire plier n'importe quelle personne un peu faible, et ajouta :

-"Et ne pose pas de questions, j'ai pas de réponse. Sors si tu veux fumer."
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Sam 24 Nov - 15:22

Une fois encore le visage de Brise resta impassible. La flegmatique jeune femme ne posa pas de questions. Ils étaient dans une écurie. Cela suffisait comme explication. Pour le reste elle s'en fichait. Sans un mot, elle écrasa lentement son mégo sur le montant de la porte, puis souffla sur les cendres. Elle alla même jusqu'à diperser les derniers volutes de fumée, agitant la main comme un éventail.
Brise n'agissait pas ainsi par gentillesse, ni par pitié, ni par soumission. Simplement par simple bon sens. Elle avait fait une erreur en allumant une cigarette dans un lieu autement inflammable, elle savait le reconnaître. Le ton employé par Tibère l'amusa plus qu'il ne l'impressionna. Voila un empereur pyromane qui avait peur du feu. Intéressant. Encore une information que Brise prit soin de noter. On ne se débarassait pas si facilement des mauvaises habitudes.

N'importe quel pique-assiette rodant dans son univers aurait été offusqué par une telle liberté de ton. Sans aller jusqu'à mettre le feu aux écuries, il aurait surement manifesté son indignation d'une manière ou d'une autre. Mais Brise, elle, n'explosait pas pour des broutilles. L'incompétance, la mauvaise fois, l'hypocrisie, oui, voila des comportements qui la mettait hors d'elle (des traits de caractères extrèmements présents dans son milieu, hélàs). Mais la spontaneïté et la franchise ne lui semblaient pas aussi inacceptable qu'à ses parents. Son père se couchait sans cesse devant les puissants, dont il léchait les pieds, faute de pouvoir atteindre leur...
MAis trêve de ruminations intérieures. Voila au moins un autre bon point pour Sywhaîd: il ne semblait pas peuplé de courbe-dos. La pire engence que le monde est porté, selon Brise. Car les plus obséquieux restaient souvent, dans la haute-société qu'elle fréquentait depuis l'enfance, les plus dangereux, les plus sinueux, les plus imprévisibles.

- Dieu ne mettra pas le feu à ton royaume, déclara Brise en plantant ses yeux dans ceux, furibonds, du romain.

Aprés quoi elle s'avança vers la jument dont elle caressa les naseaux, tout en murmurant, narquoise:

- Un cheval! Mon royaume pour un cheval!

Elle fit brusquement volte-face et demandant, sans trace de condescendence dans la voix cependant:

- Et comment s'appelle ton destrier, empereur?
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Sam 24 Nov - 22:26

Dès que Brise eut éteint sa cigarette, Tibère se détendit et reprit le sourire. La jeune fille s'était éxécutée de façon naturelle, sans commentaires, et ce comportement aussi plût au Romain.
En réponse à la premier réplique de Brise, il répondit, la fixant à son tour dans les yeux :

-"Mon royaume, c'est Rome. Et c'est moi qui lui mettrait le feu, moi seul. Avec ma jument dedans, dans le brasier, en souvenir de la leçon que la Brume m'a donnée pendant la Quête. C'est pour cela qu'elle ne doit pas mourir ici."

Il resta très tranquille lorsque son interlocutrice caressa la tête de Jamaïque. Cette fille ne semblait pas du genre à faire n'importe quoi.

-"Jamaïque. Drôle de nom, si tu veux mon avis."

Et il n'ajouta rien. Il n'était pas vraiment un fana de la Jamaïque et de tout ce qu'elle sous-entendait, lui son truc c'était l'alcool. Mais Jamaïque lui était arrivée, lui avait plu, et peu importe son nom.
De nouveau, incapable de tenir en place, ou plutôt à sa place, il se rapprocha de Brise, toujours souriant, et déclara d'un ton neutre :

-"T'es jolie."

Aucune arrière-pensée dans cette phrase. Tibère disait ce qu'il pensait au moment où il le pensait, et à qui il le voulait.
Une nouvelle fois, il se laissa tomber dans une botte de paille et observa Brise.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Dim 25 Nov - 15:46

Brise haussa les épaules au discours du romain. Il délirait complet. Mais elle n'allait pas lui en vouloir pour ça, n'est-ce pas? Elle aurait pu être inquiète en compagnie d'un dingue pareil, mais la confiance totale et absolue qu'elle plaçait en elle l'immunisait contre ce genre de pensées. Il ne lui vint même pas à l'esprit que Tibère aurait pu la frapper, et qu'il pouvait encore le faire, ni même qu'elle était à présent dans un univers ou la plupart des gens contrôlaient la magie. Tibère aussi.

Au lieu de cela Brise continuait à tourner autour de la jument, parfaitement à l'aise. Elle connaissait bien les chevaux, et savait reconnaitre une belle bête. Elle eut un hochement de tête appréciateur.

- C'est une belle bête.

Elle marqua une pause, songeuse.

- Et un drôle de nom.

Elle resta tout aussi impassible lorsque Tibère reprit son manège et s'approcha d'elle, souriant. Elle le considéra avec une attention polie, se demandant quelle improbable diatribe l'empereur allait encore lui servir. C'était assez divertissant, sans quoi elle aurait déjà quitté les lieux depuis belle lurette. Elle appréçiait la compagnie de Tibère parce qu'il était imprévisible et surprenant. Rien n'était jamais surprenant dans l'univers figé de la jeunesse dorée londonienne. Tout était calculé, pesé, analysé. Tout était contrôlé et chacun se contrôlait. Un héritage parfois utile, que Brise savait utiliser pour son propre compte.

Elle eut un rire désabusée suite à la réplique de Tibère.

- Oui, comme beaucoup d'autres.

Elle ne se troubla pas et regarda Tibère se jeter dans une botte de foin.

- Mais c'est beaucoup de travail, continua-t-elle avec un sourire de guingois qui laissait planer le doute quand à sa véritable nature.

Car Brise n'était pas un bibelot, une potiche. En fait elle ne correspondait même pas aux canons de la beauté classiques tels qu'on pouvait les trouver dans les magazines. Elle était assez peu féminine, avec une silhouette de jeune garçon. Mais elle dégageait un certain charisme, et une aura de charme glacial qui ne manquait pas de faire son petit effet, surtout lorsqu'il était combiné avec ce côté parisien qui ressurgissait, parfois. D'une manière générale, Brise était quelqu'un d'assez troublant. Pas tellement jolie. Mais il était évident qu'elle ne troublait pas Tibère. Peut-être même la trouvait-il vraiment jolie, lui qui n'était pas impressionné par ses attitudes de princesse.

- Il y a beaucoup de jolies filles ici, dis-moi? Demanda soudain Brise en venant s'assoir à côté de Tibère, l'oeil pétillant, une mine de chipie collée sur la figure. Non, parce que, tu comprends, il faut que je m'informe de la concurrence.
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Dim 25 Nov - 16:15

De sa botte de paille, Tibère observait Brise. Il la trouvait réellement jolie, ou plutôt pleine de charme, pas comme les filles aguicheuses de Rome ou celles, effaçées, de la Bibliothèque Vaticane qu'il fréquentait parfois, lorsqu'il lui venait l'idée de faire ses devoirs.
Brise vint s'asseoir à ses côtés et Tibère dût se retenir pour ne pas passer son bras autour de sa taille. Il aimait beaucoup entretenir le doute chez les gens, leur faire se demander s'il voulait leur parler ou les séduire. Un petit jeu intéressant, mais qui ne prendrait sûrement pas avec la fille qui se tenait à ses côtés.
A la place, l'Italien s'étira comme un chat et se renfonça dans la paille pour répondre avec le même air de voyou que sa compagne :

-"Beaucoup. Des jolies filles, des pleines de charme. Pleines de caractère aussi, de toute façon, les gens qui n'ont pas de caractère ne me parlent pas très longtemps, je suis plutôt méchant avec eux. Il y a des beaux garçons aussi."

Il jaugea d'un regard appréciateur Brise, le genre de regard qui aurait pu l'offenser s'il n'était pas empreint de douceur. Tibère savait passer de la provocation à la gentillesse sans que rien ne justifie ces changements. Et la douceur dans son regard et sa voix montraient qu'il acceptait Brise comme ayant suffisament de caractère pour en être digne.
Puis, il reprit d'une voix songeuse, sans aucune trace de critique :

-"Qu'est-ce que Dieu vient faire à Sywhaid, avec ses airs d'aristocrate et son mépris ?"
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Jeu 27 Déc - 14:05

(pardon! lapidez moi, je suis une indigne...)

Brise se laissa tomber sur le dos, dans la paille, les bras derrière la tête. Elle chassa d'une chiquenaude un brin de paille imprudent, avant de prendre un air songeur.

- Du caractère?

Ses sourcils se rejoignirent en une moue boudeuse. Brise n'aimait pas tellement qu'on lui résiste, elle aimait garder le contrôle, en toutes circonstances. Tibère avait du caractère, mais il était complétement fou. Il ne comptait pas.
La compétition pour le pouvoir ne prenait pas en compte les marginaux. Ou plutôt si, elle s'en servait. Mais ce genre de personnage n'était pas à la recherche d'une forme de domination, Brise le savait. Les gens comme Tibère ne cherchait rien d'autre que leur propre chemin.

- Tu es méchant alors ? demanda-t-elle en riant. Moi aussi je suis méchante, poursuivit-elle, le regard dur soudain.

Elle se redressa, exposant son dos à Tibère.

- Je vais surement devoir brider cet aspect de ma personnalité quelques temps. Ici, ils n'ont pas l'air d'aimer les fortes têtes. Comment t'as fait pour passer la Brume, toi? demanda-t-elle soudain, à nouveau rieuse.

Elle avait du mal à imaginer ce qu'avait du être la quête de Tibère. Un spectacle de premier choix, nul doute.

- Moi je suis ici parce que c'est nécessaire, répondit-elle finalement, laconique. Elle n'allait pas se dévoiler au premier évadé d'asile venu.
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Jeu 27 Déc - 15:13

(pas de souci, j’ai eu aussi un léger ralentissement de toute façon… mais ta réponse tombe super bien, j’étais en train de rôder sur le pc en cherchant quelque chose à écrire..)

Tibère eut un petit rire narquois. Brise avait détourné sa manœuvre pour en savoir un peu plus sur elle en lui posant en retour une autre question. Comportement qui entraînait de la part du romain des réactions changeantes. Tantôt il forçait la personne à répondre, par la persuasion ou par la violence, tantôt il passait sur la question et acceptait le refus de répondre. Il décida d’opter pour la seconde solution et de répondre à la question de Brise.
Toujours paresseusement étendu dans la paille, il répondit :

-« Elle n’a fait que me poser des questions. Et grâce à cette quête, j’ai décidé que lorsque je mettrais le feu à Rome, j’y sacrifierais ma jument. En souvenir… »

Il jeta un regard en direction de Brise et accepta silencieusement la réponse à la question qu’il lui avait posée auparavant. D’accord, elle ne voulait pas se confier.
L’empereur se releva d’un nouveau bond, fit quelques pas puis s’arrêta face à Brise, si près que si elle se levait, elle se retrouverait dans ses bras. La jeune fille avait un fort caractère, ce qui lui attirait le respect de Tibère, mais ce qui lui valait aussi un grand nombre de petites provocations et autres tests. Il tendit en silence le bras, comme si il allait toucher la tête de Brise, puis le laissa brusquement retomber et s’assit en tailleur, toujours face à l’anglaise. Il la regarda longuement, puis finit par reprendre la parole, après un autre petit rire :

-« Alors, tu es méchante ? Jusqu’à quel point ? »

Et le sourire qui se dessina sur ses lèvres était lui aussi méchant, le genre de sourires pour lesquels Tibère, dans les rues de Rome, passait pour un gars dangereux. Peut-être pas à tort, d’ailleurs, car peu nombreux étaient les gens qui retenaient un mouvement de recul lorsque le jeune homme arborait une telle expression.
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Sam 29 Déc - 13:06

Brise se fit méfiante. Elle ne recula pas, ne sursauta pas, ne détourna pas les yeux, pourtant son regard se réduisit à une fente oblique.
Brise n'aimait pas qu'on la teste. Elle n'était pas un rat de laboratoire.
La jeune femme n'entrerait pas dans le jeu de Tibère. Ce genre de démonstration ne l'intéressait pas.

La gracile jeune femme se leva brusquement et enjamba le romain, regagnant ainsi l'espace dégagé au centre de l'écurie. Nonchalante, désinteressée, Brise avait l'air de se demander si la question de Tibère méritait une réponse. Voire même si Tibère méritait l'attention qu'elle lui avait porté jusque là.
Brise n'était pas quelqu'un de trés attachant. Elle le savait, et ne cherchait pas spécialement à se faire aimer. La plupart des gens, la rencontrant pour la première fois, repartait avec l'image d'une pimbêche prétentieuse et ininteressante. Pourquoi perdre du temps, et de l'energie, à les détromper? Sans compter que cette image la mettait à l'abris d'une vie sociale plus poussée, incluant confiance et confidences, coups de téléphone et cartes postales. Brise ne cherchait pas à se mettre en avant pour gagner l'admiration ou la reconnaissance, pas plus que l'amour ou la sympatie. Son arrogance, elle ne s'en servait pas pour épater la galerie. La morgue de son regard n'était pas destiné à impressionner les faibles et les imbéciles. Si Brise était si distante, si froide et si hautaine, ce n'était que pour se protéger des incursions barbares des impudents du genre de Tibère. Son attitude provocatrice faisait d'elle une pestiférée, elle n'en demandait pas plus. Brise était sur la défensive, rarement en offensive. Elle n'acculait pas l'autre, comme Tibère, elle l'embrouillait, le semait, finissait pas le perdre dans son sillage. Et ainsi elle conçervait le pouvoir, toujours.

Voila pourquoi le genre de petit défi que venait de lançer le romain l'agaçait au plus haut point. Elle n'avait pas envie de s'y plier. Tibère n'était pas un ami. Brise n'avait pas d'amis de toute manière, elle avait peur de se laisser entraver. Toujours fuyante et insaisissable.

- Je ne te le dirais pas.

Na...
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Sam 29 Déc - 22:13

Surpris, le Romain regarda Brise se lever avec grâce et l'enjamber. Tout simplement. Alors là ! Rare étaient les gens qui tenaient tête à Tibère lorsqu'il faisait le coup du sourire méchant. Plus rare encore ceux qui, lorsqu'il les bloquaient physiquement parlant, l'enjambaient tranquillement.
Et rare étaient les gens qui réussissaient à clouer le bec à Tibère. Mais, là, dans l'écurie, il resta bel et bien bouche bée après la réponse de Brise.
Le jeune homme leva lentement les yeux, une lueur menaçante y dansant. Il se leva d'un bond et rejoignit la jeune femme en deux grands pas pour aller se planter juste devant elle.
Et éclata de rire.
En se levant, il n'avait aucune idée de ce qu'il avait l'intention de faire, mais en arrivant devant Brise, il s'était rendu compte soudain que cette fille-là n'était pas de ceux qui plient facilement, et qu'il n'était même pas la peine d'essayer.

Mais tout de même... Le doute s'était insinué en lui, de façon détournée.
Il existait des gens pour lui tenir tête, même lorsqu'il se mettait à jouer au grand méchant fou. Tibère se souvint soudain d'une soirée qu'il avait passée dans une salle d'interrogatoire, suite à une émeute. Il avait été interrogé toute la soirée, n'en pouvait plus, et avait acceuilli le flic qui entrait pour continuer à lui poser des questions d'un regard mauvais, une expression démente et animale. Le flic avait pâli et reculé précipitemment vers la porte.
Et voilà que cette fille venue d'il ne savait où le traitait avec une telle désinvolture...
Il se tourna lentement vers elle et dit d'une voix étrange, voilée :

-"Oh... Alors comme ça je ne suis pas invincible ?"

Et, avec un ricanement désabusé qui masqua mal son trouble, il retourna s'étaler dans la botte de paille.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Dim 30 Déc - 15:23

Brise eut un petit rire elle aussi, de satisfaction. Bien, belle introduction pour une rencontre des plus insolites. Maintenant qu'ils avaient dépassé le stade de la provoc' de bas étage, on allait pouvoir passer à la vitesse supérieure. A savoir : Tibère pourrait-il s'avérer un atout gagnant à long terme? Brise ne connaissait personne à Sywhaîd. Pas de réseau, aucun soutien. Pas de pouvoir. La londonnienne avait grandit dans la fosse aux crocodiles. Les dents longues et le regard en coin. Elle avait des réflexes de survie profondemment ancré. Et la préocupation numero un quand on se retrouve catapultée dans un univers dont on ne maîtrise pas les règles, c'est de s'entourer des bonnes personnes.

Tibère était incontrolable. Visiblement, il n'obéissait qu'à son instinct. Une inconnue dans l'équation Sywhaîd, un élément perturbateur. Brise doutait fortement que quiquonque, pas même elle, ne puisse se vanter d'avoir un contrôle sur l'empereur. Mais elle était ici pour étudier, pas pour lever une armée. Elle n'avait pas besoin de contrôler l'intrépide romain. Juste de le savoir dans la place. D'une certaine manière, Brise comptait se servir de Tibère, dans la mesure du possible, pour se faire son trou à Sywhaîd. Tibère devait d'ores et déjà faire partie des gens qui comptent. Mais au delà, à un degré plus subtil, elle appréciait la personnalité du romain, son flegme et ses airs de tête-brûlée.

Brise était manipulatrice de nature. Cependant, elle ne comptait pas faire de Tibère une marionnette. Elle avait déjà instrumentalisé bon nombre de collaborateurs au cour de sa fulgurante ascension dans le monde des affaires. Mais elle savait reconnaitre les fortes-têtes. Elle ne se risquerait pas à tenter le coup avec Tibère. D'autant que cela ne lui serait d'aucune utilité. En réalité ce que Brise cherchait à déccrocher, c'était l'amitié ( ou du moins quelques chose d'approchant ) de l'empereur. Et ce n'était pas en cherchant à le dominer qu'elle y parviendrait. Elle se devait de le placer sur un pied d'égalité, refusant le défi et la confrontation. Elle ne ressentait aucun complexe à agir de la sorte. C'était comme ça que Brise d'Oz fonctionnait. Tibère lui rappelait les voyous qu'elle s'était plu à fréquenter à Londres. Voila qui jouait en sa faveur.

Brise ne pouvait deviner à l'avance si Tibère accepterait d'entrer dans la case qu'elle comptait créer pour lui. En vérité elle en doutait. Pourtant elle choisit de jouer franc-jeu. Inutile de tourner autour du pot, allons-y tout de go.

- Ecoute Tibère, tu n'es pas invincible, je le suis pas non plus. Mais tu me plais bien. Je pense que ça pourrait être... Profitable qu'on reste en contact toi et moi. Dieu et l'empeureur, ou le contraire, c'est la même chose, puisque l'empereur, c'est Dieu. T'en pense quoi?

Brise le regarda dans les yeux, bien campée sur ses jambes, prête à essuyer un refus cinglant. Mais c'était ça, aussi, d'avoir confiance en sois. Savoir encaisser les vestes avec brio.
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Dim 30 Déc - 17:10

Pendant que Brise semblait réfléchir, Tibère reprit de l'assurance. Il avait été pris de court, oui, et après ? Il ne devait pas se laisser affoler de cette façon, ce n'était pas digne d'un empereur ! Affalé dans la paille, il reprit contenance et son visage redevint narquois.
Il rit doucement après la proposition de la jeune fille et se releva (pour au moins la 57ème fois) pour marcher avec assurance de long en large. Puis, il releva la tête et planta brutalement son regard dans celui de sa compagne :

-"Profitable ?"

Son ton avait été clairement moqueur et dubitatif, mais il ne lui laissa pas le temps de répondre :

-"Une femme d'affaires..." murmura-t-il d'un air songeur.

Puis, il reprit d'une voix grave :

-"Je m'en fous. Je t'aime bien, et je veux bien qu'on reste en contact. J'aurais pas pleuré si tu étais partie en me disant que tu ne voulais plus jamais me revoir, mais bon, puisque je te semble... profitable... D'accord."

Il éclata d'un grand rire et lança avec un clin d'oeil :

-"On verra si tu réussis à me supporter longtemps ! Parce que tu sais, j'ai pas fini de jouer avec toi. T'es une fille vraiment intéressante, tu sais ? Imprévisible et méprisante..."

Malgré le regard charmeur qu'il lui lança, Tibère ne cherchait pas, par ces mots, à séduire Brise, mais plutôt à lui montrer que son trouble précédent ne l'avait pas vacciné, et que jamais il ne serait calme et tranquille de passer un moment avec lui.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Ven 4 Jan - 12:47

(je pense que ce sera nos derniers messages, je te laisse cloturer^^)

Brise fut surprise. Agréablement. Elle laissa échapper un éclat de rire, bref, qui claqua comme un coup de fouet dans l'atmosphère confinée de l'écurie. Tibère l'avait bien cerné, visiblement. Il avait peut-être même ses propres interêts à jouer, l'empereur. Un stratège, Tibère? Il serait bien temps de le découvrir.

Le romain était revenu vers elle, encore. Il semblait incapable de tenir en place, une boule d'energie mal canalisée, prête a exploser, ou a imploser, à n'importe quel moment. Brise eu un long sourire, les yeux plissés. Tibère pouvait bien continuer à jouer, il n'était pas dit qu'elle lui renverait la balle.

- Jouer? Lança-t-elle, les yeux plongés dans le regard un peu fou du romain. Ouai, peut-être bien. Mais t'as raison, je suis une fille intéressante, et t'as pas fini de t'en rendre compte. On ne joue pas avec les gens imprévisible, ce sont eux qui jouent avec toi.

Elle marqua une pause, songeuse.

- Mais comme tu es au moins aussi imprévisible que moi, je pense que tu pourrais bien en être capable.

Elle s'approcha, le visage à quelques centimètres à peine de celui de Tibère.

- De jouer avec moi.

Elle éleva la main, lentement, et vint effleurer la joue de son interlocuteur, un rictus aux lèvres.

- Cependant, reste méfiant. Je voudrais pas qu'il t'arrive malheur.

Elle avait prononçé ces derniers mots avec une certaine douceur dans la voix. Mais elle s'écarta aussitôt et les yeux de Brise d'Oz redevinrent profonds. Insondables.

- A bientôt empereur, on se reverra!

Sur ces mots, elle tourna les talons et s'éloigna, altière.
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd   Dim 6 Jan - 18:46

Tibère resta quelques instant immobile après le départ de Brise. Puis sa main monta très lentement vers sa joue, en un geste qu'il reproduirait plus tard, en ce même lieu, avec une autre personne et dans un autre contexte. Mais pour le moment, il ne le savait pas, bien sûr.

-"Magnifique... murmura-t-il. Elle est magnifique."

Il entendait ceci au sens de son comportement méprisant, altier, menaçant.

L'avertissement qu'elle lui avait donné avant de partir ne l'effrayait pas, parce qu'il ne parvenait pas à imaginher ce qu'elle pourrait lui faire. Et de toute façon, ne craignait pas grand-chose, sauf de vieillir.

Sur un dernier sourire, l'empereur tourna à son tour les talons et entra de nouveau dans la stalle de sa jument.
Cet après-midi là, il passa un long moment sur la Plaine, à galoper et à réfléchir.
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Les écuries ou la vitrine de Sywhaîd

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