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Sujet: Ricochets. Sam 17 Nov - 18:23
Vladimir n'en revenait toujours pas. Il restait planté là, sa flûte entre les mains. A peine une minute que Fil s'était évaporé et il ressentait déjà une sorte de vide, un léger manque, et pour cause! Il venait à peine de se faire un ami que celui-ci disparaissait.
- Merci… lança Voya à la Brume et à son ami Fil, dont les dernières volutes de signature brumeuse disparaissaient.
* … Et prend soin de toi * pensa-t-il, conscient que le satyre s'était bel et bien volatilisé.
D'ailleurs, à peine eut-il conscience de ce fait, que la Brume se dispersa peu à peu devant lui. Attrapant son sac de voyage, Voya se mit alors en route, non sans un dernier regard en arrière… sait-on jamais… Après quelques minutes de marche, le moscovite déboucha sur un lac, ou plutôt un lac "magnifique" et donna tort à toutes les brochures touristiques qu'il avait pu lire jusqu'alors à propos de l'écosse: elles étaient toutes en deçà de la vérité!! Ce lac… Une vraie splendeur! Il fallait à tout prix qu'il immortalise cette vision féerique. Tient d'ailleurs… Etait-ce une vision réelle ou une simple supercherie magique de cette chère Brume? Bah peu importait, magique ou pas, il allait photographier ce paysage féerique.
Après avoir fait quelques pas supplémentaires, Voya trouva une petite crique, sorte de plage naturelle aménagée au fil du temps. Le russe posa son bardas et s'assit nonchalamment sur un rocher tout proche. Il tendit le bras et fouilla dans une poche de son sac pour finalement sortir un Canon A1 défraîchit mais magiquement amélioré pas ses bons soins. Il prit le lac sous toutes ses coutures: debout, à l'horizontale, à la verticale, de travers, en version flou artistique (lorsqu'il glissa sur un caillou humide), allongé au ras du sol pour un effet "ras-du-sol", et sous bien d'autres coutures encore.
Fatigué par sa marche d'avant Quête et par la quête elle-même, Vladimir décida de s'octroyer une petite pause contemplative avant de rejoindre le village, histoire de se remettre de ses émotions et se faire à l'idée qu'il avait été accepté par la Brume. Il rangea d'abord soigneusement son captureur d'image avant de se saisir de la flûte enchantée offerte par Fil.
- Alors comme ça tu es magique? Demanda-t-il à la flûte, sans penser une seconde à l'incongruité de la scène. C'est ce qu'on va voir… En effet, Voya avait un certain talent d'écriture et de dessin, mais pour ce qui était du domaine musical, il en allait tout autrement. Jamais il n'avait tiré un son convenable d'un flûte à bec, d'un violon ou d'un triangle. Même les claves restaient pour lui un mystère impénétrable, surtout quant au rythme à tenir. Alors une flûte docile, voilà qui avait de quoi intriguer.
Plaçant méticuleusement ses doigts de part et d'autre de la flûte de pan, Vladimir la porta à ses lèvres et souffla dedans. Et, oh surprise, une magnifique mélodie se composa, douce à ses oreilles et à celles de Léna. Pourtant, on ne pouvait attribuer ce prodige au joueur, qui soufflait dans les tous de la flûte avec autant d'expérience qu'une poule avec un couteau.
Cependant, fait plus étrange, un oiseau tout à fait banal de prime abord, s'approchait doucement du russe et son daemon. Il nageait tranquillement vers eux, comme attiré et intéressé par la mélodie de la flûte. Et Voya se souvint de la seconde propriété de la flûte: communiquer avec les animaux. Trop perturbé par cette découverte, Vladimir cessa de jouer et posa l'instrument sur ses genoux. L'oiseau hésita alors quelques secondes avant de repartir aussi tranquillement qu'il était venu, sans bruit. Et Vlad observa tour à tour l'oiseau et la flûte en se disant qu'il aurait tout le temps de percer les mystères de cet instrument étonnant.
Il se leva alors et, soudain prit d'un élan enfantin, se saisit d'une pierre plate qu'il lança sur le lac. Déjà gosse, il adorait faire des ricochets sur l'eau et pouvait même se targuer d'être plutôt doué dans ce domaine, au grand dam de ses parents qui auraient préféré voir cette énergie placée dans les études.
- 24, 25, 26... 27! Triompha-t-il, joyeux en adressant un sourire victorieux à son daemon.
Ils avaient triomphé tous les deux aujourd'hui et Voya en était visiblement très fier.
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Sujet: Re: Ricochets. Mar 20 Nov - 0:02
Brise, quand à elle, était debout au bord du lac, les pieds dans la vase, l'air hagard. Elle ne faisait pas de ricochets. Elle n'admirait pas la vue. Elle restait juste plantée là, droite et blanche dans la lumière terne. La première chose qu'elle pensa lorsqu'elle vit le lac ne fut pas "Oh, quel joli lac", ni même "Oh, merci mon dieu, je m'en suis tirée vivante", pas plus encore que "Ciel, j'ais réussis, je suis à Sywhaîd!". Non, rien de tout cela. En vérité, la première chose que Brise pensa lorsqu'elle vit le lac, ce fut "Oh, la Brume a disparu". Et, oui, fait indéniable, la Brume avait disparu. Envolée! Volatilisée! Brise était pieds nus, dans la vase, à Sywhaîd. Elle poussa un long, un profond soupir, avant de se passer la main sur le front, lentement, comme pour effaçer de sa mémoire cette poignée d'heures passées dans la Brume. De minuscules perles de condensations parsemaient son visage et ses cheveux, et la jeune femme ne tarda pas à frissoner. Où étaient ses bagages? Ses robes, ses manteaux, ses cigarettes?
- Oh pitié, mon royaume pour une cigarette! Murmura-t-elle fiévreusement.
Il était rare que Brise ai recours au tabac pour calmer ses nerfs. Trés rare. Mais étant donné les épreuves qu'elle venait de vivre, elle donnerait sa main droite pour une bouffée.
Bon, peut-être pas. Mais quand même.
La jeune femme se hissa sur la berge, tant bien que mal, pestant et ronchonnant, prenant bien garde à ne pas tacher la superbe (il fallait bien le reconnaître) tunique offerte par la Brume. Elle devait avoir une bien triste mine, les mains et les pieds écorchés, le visage couperosé, les cheveux trempés de sueur. Si Brise avait pu choisir son entrée à Sywhaîd, nul doute que ce n'est pas comme ça qu'elle serait apparut. Crasseuse et chancelante au bord d'un lac que pas une onde ne venait troubler.
Pas une onde? Pourtant, un petit galet venait de fendre la surface crémeuse, enchaînant... Un nombre ma fois fort conséquent de ricochets, vifs, pétillants. Brise s'était figée, aux aguets. Qui dit ricochets dit jeteur de galets. Alors où était-il, le champion olympique? Elle balaya le lac du regard, et bientôt le repéra (car c'était un jeune homme) à une vingtaine de mètres d'elle.
Brise n'hésita pas, elle fonça vers l'inconnu, la démarche altière et le menton levé. Lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques mètres de lui, elle lui lança, d'une voix claire:
- Hé ho? Serais-tu un autochtone par hasard? Tu pourrais m'aider à retrouver ma valise? elle doit être...
Brise agita la main dans une direction indéfinie.
- Par là...
Malgré sa mine pitoyable et son apparente fragilité, la blonde et gracile mlle d'Oz ne perdait pas le nord. En toute situation, garder le contrôle. Son expérience dans la Brume lui avait suffit. A présent qu'elle était de l'autre côté, Brise reprenait du poil de la bête. Et elle était bien décidée à se sortir de ce bourbier sinistre le plus vite possible. Avec ou sans l'aide du grand dadais qui faisait mumuse avec ses cailloux. Mais si possible avec. Aussi ajouta-t-elle, dans un sursaut de politesse:
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Sujet: Re: Ricochets. Mer 21 Nov - 17:00
[May I ?...]
« A young cowboy named Billy Joe grew restless on the farm A boy filled with wonderlust who really meant no harm He changed his clothes and shined his boots And combed his dark hair down And his mother cried as he walked out. »
La voix traînante aux relents du sud des USA, le Mississipi peut-être ?, raisonna près des deux nouveaux arrivants bien avant que la silhouette ne soit visible. La voix était différente de celle du chanteur habituel de cette chanson, elle était à la fois moins grave et moins rauque. Pourtant, cette version était aussi agréable à écouter que celle de Johnny Cash. La voix était juste et l’interprétation forte. L’homme qui chantait cette chanson y mettait son cœur, son esprit et son imagination. Un peu plus et on aurait pu s’attendre à voir débarquer un chanteur professionnel.
« Don't take your guns to town son Leave your guns at home Bill Don't take your guns to town »
A quelques mètres de là apparut un homme sur un cheval. Si Brise et Vlad s’étaient attendus à voir débarquer Lucky Luke, c’était pas vraiment ça. Déjà, le cheval n’avait rien de Jolly Jumper. C’était une jument, pour commencer, et un cheval de trait, bien solide, bien massif. Elle était claire, moka, avec une crinière blonde et de longs poils en bas de ses pattes qui lui faisaient des sortes de pattes d’eph’. Mais il n’y avait pas que la monture qui détonnait avec l’idée qu’on se faisait du cow-boy solitaire. Le cavalier était pas mal non plus. Il montait à cru et ne portait qu’un simple jean, déchiré à certains endroits et n’ayant plus de couleur définie tellement il étai sale et délavé. Torse nu, on pouvait voir qu’il était couvert de tatouages. Certains auraient pu venir d’une prison tellement ils semblaient faits artisanalement, d’autres étaient trop artistiques pour avoir été faits à l’aiguille par un amateur. Ses cheveux blonds, qui auraient sûrement dû être lavés la veille, ou l’avant-veille, retombaient sur ses yeux en mèches délavées. Son regard était clair et vif. Son visage n’était pas vraiment fin ou même beau, mais il y avait quelque chose dedans qui faisait qu’il était, d’une certaine manière agréable à regarder. On lui donnait facilement dix ans de plus que les deux nouveaux arrivants, mais il avait un de ces physiques qui permettait d’imaginer qu’il pouvait peut-être même en avoir dix encore de plus.
« He laughed and kissed his mom And said your Billy Joe's a man I can shoot as quick and straight as anybody can But I wouldn't shoot without a cause I'd gun nobody down But she cried again as he rode away »
Tranquillement, Waylon avança jusqu'au duo. Il avait toujours aimé ménager ses entrées. Ou du moins, c’était un des bruits qui couraient sur lui dans Sywhaîd. Avec Waylon Walsh on n’était jamais sûr de savoir s’il était un mystificateur ou s’il vivait simplement dans son petit monde. De près, des ecchymoses pas encore guéries et quelques cicatrices furent visibles, traces de sa dernière rencontre avec des centaures dans la forêt, du moins c’était ce qu’il avait dit à celle qui l’avait soignée.
« C’est à vous m’dam’ ? »
Il se pencha vers Brise et lui tendit sa valise. Il l’avait trouvée sur le chemin, du moins c’était ce qui semblait. Savait-il qu’il répondait à la demande de Brise ? Peut-être… Il ne pouvait pas vraiment l’avoir entendue mais quelque chose dans son attitude donnait l’impression qu’il savait très bien ce qu’il faisait. D’un mouvement agile, il sauta du dos de Peggy Sue, la jument, et attérit face à Brise.
« J’suis Waylon, bienv’nue à Sywhaîd ! » il tourna un regard amusé à Vlad et ajouta. « A vous deux. »
A ce moment là, un énorme canidé arriva. Hirsute, noir, de la taille d'un gros, très gros chien, mais avec la forme d'une espèce de loup, ou assimilé, le chien déboula et s'approcha de Vlad comme s'il allait lui sauter dessus. Vu le look de la bête, impossible de vraiment savoir s'il était agressif ou pas. Avant qu'il n'arrive à moins d'un mètre du russe, Waylon siffla. L'animal n'hésita pas une seconde et vint se coucher aux pieds de Peggy Sue. Apparemment, Waylon ne trouvait pas ça important que de commenter l'affaire. On aurait presque pu croire que rien ne s'était passé.
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Sujet: Re: Ricochets. Ven 28 Déc - 16:31
Vladimir s'apprêtait à lancer une seconde pierre lorsqu'une voix féminine l'apostropha. Détournant les yeux de la surface plane du lac, le jeune homme les tourna vers une vision beaucoup moins plane mais tout aussi agréable, si ce n'était plus. Sans connaître les gens du cru, Vladimir sut pourtant immédiatement que la jeune fille n'était pas du coin. C'était peut-être dû à son air… courroucé? Perdu? Décidé? Vlad ne savait pas trop quelle sentiment animait son interlocutrice, mais il sut bien vite ce qu'elle cherchait. Sa valise en l'occurrence!
Le russe observa une seconde la nouvelle venue. Elle devait être fatiguée et visiblement sa Quête n'avait pas été de tout repos. Comment pouvait-on s'en prendre à une jeune fille et lui infliger des souffrances physiques pareilles alors que lui avec rencontré de sympathiques Sphinges, peu bavardes certes, mais pas désagréables. Le regard de Voya s'attarda une seconde sur la tunique au charmant petit singe brodé avant de regarder dans la direction vaguement désignée par la jeune femme.
- Ah non, désolé. Je viens d'arriver et j'ai pas croisé de valise en chemin. Mais je peux t'aider à la chercher si tu…
Quelqu'un venait de chanter ou il perdait la boule? Il n'avait pas rêvé pourtant… Ah ! Non ! Cette fois plus de doute, il y avait bien quelqu'un dans le coin. Avec un peu de chance il ou elle pourrait les aider, la miss et lui.
La chanson se fit à nouveau entendre, douce et rebondissant sur les eaux du loch. Et quelques secondes plus tard c'est un "lui" qui fit son apparition. Et pas des moindres ! Sympa le style. Un peu… débraillé, mais sympa. Et son cheval, quelle bête! Magnifique! Un sourire approbateur vint se ficher sur les lèvres du moscovite à la vue de ce chouette duo.
Il avait beau être plus âgé qu'eux, il n'en paraissait pas moins accessible. En fait, il avait l'air un peu bourru de ces types qu'on trouvait dans les bons westerns, le chapeau et les santiags en moins. Vlad se repassait la filmographie des meilleurs westerns lorsque le gaillard tendit une valise à sa voisine. La sienne visiblement. Une petite démonstration d'agilité plus tard et le voilà qui leur souhaitait la bienvenue, à eux deux.
- Merci. Je suis Vladimir, dit-il tant pour Waylon que pour la brunette qui lui faisait face. Vous…
Vladimir dut s'interrompre. Une bête énorme, un chien, peut-être un loup, menaçait de lui foncer dessus sans ménagement. Son pelage noir n'augurait rien de bon et Voya n'avait jamais eut assez de "feeling" avec un chien pour en comprendre le humeurs. De toute façon il en avait une peur bleue. Depuis le jour où il en avait rencontré un, étrangement semblable à celui-là, dans les environs de l'Institut de Magie, qui n'avait rien du gentil toutou à sa mémère, le russe avait une légère phobie des chiens. Bon "phobie" c'était un peu extrême, mais il n'irait pas se frotter à un chien de sitôt ! Jusqu'à aujourd'hui… Quand Vlad vit le chien accourir, il se figea. Peut-être que s'il faisait le mort… Hem!
Il n'eut pas le temps de revoir le film de sa courte vie, car Waylon venait de sonner le retour de ses troupes.
* Il était moins une ! * Pensa Vlad en respirant à nouveau correctement.
C'était le revers de la médaille: il avait eut une Quête relativement peu éprouvante, à une exception prêt, il fallait bien un peu de piquant pour mériter Sywhaîd, non? Une fois le chien calmé et sagement posté près de la jument, Vladimir reprit où il en était, tout un gardant un œil sur le brave noiraud.
- Vous êtes du coin?
Ok, c'était une question on ne peut plus bateau vu le personnage auquel il avait affaire, mais c'était une façon comme une autre d'engager la conversation.
- Parce que si c'est le cas, je ne serais pas contre trouver de quoi me loger. Et je suppose que cette charmante demoiselle partage mon opinion, ajouta Vlad en lançant un regard interrogateur à sa jolie voisine.
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Sujet: Re: Ricochets. Sam 29 Déc - 14:03
Brise ne chercha pas à masquer le soulagement qu'elle ressentit à la vue de sa valise... Sa valise bien aimée, pesante, compact. Rassurante. Elle marmona un vague merci et plongea sans plus de cérémonie dans la malle aux merveilles. Elle loupa par conséquent l'attaque éclair du chien du Lochness (comment ça c'était pas le Lochness? On n'allait pas chipoter) ainsi que la maîtrise sur la bête du cavalier sauvage de la forêt profonde. Torse nu le cavalier. Passablement débraillé mais plutôt pas mal par rapport à ce que Brise aurait imaginé croiser au fin fond d'une Ecosse boueuse et arrièrée. Le russe n'était pas mal non plus dans le genre grand niais au coeur d'or, mais c'était pas vraiment le genre de profil que recherchait Brise. Désolée, vous ne correspondez pas à nos critères d'embauches.
Pendant que Brise délirais à plein régime, ses mains s'activaient dans les tréfonds de la valise. La jeune femme parvint à mettre le doigt sur des lingettes désinfectantes dont elle se recouvrit entièrement, avant de s'asperger de déodorant à la violette. Quoi de plus normal, pieds nus au bord d'un lac en compagnie de deux types inconnus, que de sortir un peigne et un poudrier tout en s'efforçant de maintenir sur ses eccorchures un coton imbibé d'un produit lambda (mais qui pique) ? Brise effectuait ces gestes avec un tel naturel et un aplomb si maîtrisé que cette démonstration de futilité féminine aurait presque pu passer pour quelques chose de chic. So chic. Elle parvint même à mener un semblant de conversation tout en chaussant des escarpins vertigineux, en équilibre sur un pied.
- Salut, moi c'est Brise, Brise d'Oz.
Aprés quoi elle replongea dans ses fringues, écoutant d'une oreille distraite l'échange des deux hommes de la situation. Elle était en train d'enfiler un pull à col roulé au moment où Vlad prononça les mots "charmante demoiselle", gachant quelques peu son effort de galanterie puisqu'elle ressemblait à... Et bien à une fille coiçée dans son col roulé. Lorsqu'elle emmergea enfin, elle jugea bon d'intervenir.
- Oui, j'ai absolument besoin d'un bain...
Elle adressa un sourire en coin au cavalier sauvage et au Russe sympathique, tout en plantant dans sa chevelure une armada de barettes. Elle ressentit un petit pincement au coeur au souvenir de la barette d'argent qu'elle avait abandonnée dans la forêt, mais se réconforta en passant le plat de la main sur l'étoffe légère de sa tunique. Un don pour un don. Elle avait fait ce qu'elle pouvait pour retrouver figure haumaine, aussi se redressa-t-elle, un peu vite peut-être, ce qui eu pour conséquences de lui faire voir trente-six chandelles.
- Je crois que je vais tomber dans les pommes, déclara-t-elle sobrement avant de s'effondrer contre le cheval de Waylon.
Il faut souffrir pour être belle, songea-t-elle avant de sombrer quelques part derrière ses yeux. Cette petite scéance beauté au bord du lac avait eu raison de ses dernières forces. Brise venait effectivement de tomber dans les pommes.
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Sujet: Re: Ricochets. Sam 29 Déc - 15:19
« Pas un sywhaîdien pur jus mais un sywhaîdien quand même ouaip. Mêm’ si ça plaît pas toujours à tout l’monde. » répondit Waylon, assez sobrement quand on connaissait le personnage.
Il ne s’étala pas pour une fois sur toutes les raisons qui faisaient qu’il n’était pas vraiment l’icône des bons sywhaîdiens. La seule raison pour laquelle on ne l’avait pas déjà viré à coup de pieds au derrière, c’était parce que la Brume l’avait laissé passer. Du moins, c’était ce que certaines personnes disaient. Parce que, malgré son tempérament et son attitude un peu étranges, Waylon n’était pas vraiment du genre à se faire des ennemis. Une bonne partie de la population se méfiait de lui, il faut dire qu’il était vraiment bizarre, mais il y avait finalement relativement peu d’animosité contre lui. Ici, on considérait que si la Brume vous laissait passer, c’était que vous aviez votre utilité, et donc que vous deviez avoir un fond pas trop mauvais. Et même si on ne savait pas ce qu’apportait Waylon à la communauté, il avait l’air tellement persuadé d’être utile, que personne ne l’avait encore contredit.
« Si vous voulez trouver un coin où vous r’poser, et où prendre un bain. » il lança un regard amusé à Brise, qui venait de dire qu’elle en avait besoin, alors qu’elle paraissait maintenant dix fois plus propre que lui. « j’vous emmène à la Ferme. C’est là qu’la plupart des sywhaîdiens vivent. En fait, pour l’moment, on n’est qu’deux à déroger à la règle, ce cher Buzz et moi. »
Il allait commencer à parler de Buzz, expliquer quel genre de personnage était l’apiculteur, quand Brise annonça très calmement qu’elle allait s’évanouir avant de s’exécuter séance tenante. Waylon eut à peine le temps de la rattraper avant qu’elle ne tombe aux pieds de Peggy Sue. La jeune femme évanouie dans les bras, il lança un regard amusé à Vlad, accompagné d’un sourire canin. Il porta Brise comme si elle avait été aussi légère qu’une plume et l’allongea assez confortablement, l’adossant à une paroi de la caverne.
« Tu leur fait toujours autant d’effet aux femmes ou elle a juste eu une Quête carabinée ? » demanda-t-il, la voix plus traînante que jamais. « T’inquiète, elle va r’venir à elle. J’m’y connais en choc post-Quête, je l’ai presque inventé. Là c’est juste un peu de fatigue, beaucoup d’émotions j’imagine. Un peu trop peut-être vu son statu social. A mon avis, cette gamine n’avait jamais rien connu d’autre que des draps de soie et des cuillers en or jusqu’à maint’nant. La Brume a dû la secouer un peu trop… Elle est pleine d’écorchures. »
Tout en parlant, il avait observé Brise sous toutes les coutures, comme pour vérifier qu’elle ne souffrait de rien de grave. Ou alors juste parce qu’il avait envie de faire son intéressant. Enfin, s’il y avait quelqu’un qui s’y connaissait en blessures et en Quêtes ultra-violentes et qui se passent mal, c’était bien lui. Après tout, il avait passé un moment dans une sorte de coma en entrant à Sywhaîd.
Soudain, il balança une petite claque dont le bruit raisonna plusieurs fois dans la caverne. Elle n’était pas forte, juste assez pour réveiller Brise. Frapper une femme, dans l’absolu, n’avait pas l’air de le déranger, même si on n’avait aucune trace d’un mauvais traitement d’une sywhaîdienne depuis qu’il était ici.
« T’as pas un truc à manger ? J’crois qu’un peu d’sucre lui f’rait du bien. »
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Sujet: Re: Ricochets. Dim 6 Jan - 17:09
Les présentations une fois faites, Vladimir observa le petit manège de Brise : la toilette, le pull, les barrettes… et ne put s'empêcher de sourire. Décidément peu importait le nombre de kilomètres ou le pays, une fille restait une fille. Certes il y avait toujours quelques exceptions, d'ailleurs plus souvent qu'on ne croyait, mais pour la plupart des autres… Les filles que Voya fréquentaient à Moscou ne sortaient jamais sans l'attirail de ravalement au grand complet. C'était plutôt marrant de retrouver le même type de personnes à l'autre bout de l'Europe, bien qu'un peu décevant également. Tout en observant la jeune femme, Voya écoutait Waylon avec attention, surtout à l'énoncé d'une ferme où ils pourraient… Où ils pourraient tout faire : se débarbouiller, dormir, rencontrer les autres habitants… Lena ressentait l'excitation de son humain et déploya légèrement ses fines ailes en guise d'approbation.
Waylon parlait d'un certain Buzz lorsque Brise les prévint d'un proche évanouissement qui ne se fit pas attendre, puisqu'elle s'effondra près du cheval, dans les bras de Waylon.
- Sachez monsieur qu'aucune femme ne résiste au charme slave, répondit Voya en accentuant un accent russe déjà fort présent et en adoptant une attitude altière qui, elle, était loin de lui appartenir.
Pourtant, derrière la plaisanterie, Vladimir ne put cacher son inquiétude pour la demoiselle. Il suivit Waylon qui la porta à l'abri et l'allongea, mais s'abstint de commentaires lorsque le sywhaîdien évoqua le statut social de la jeune fille. Lui non plus n'était pas à plaindre, loin de là. Il avait eut une enfance dorée, au sein d'une famille aimante et au compte en banque raisonnablement garni. Pourtant sa Quête n'avait pas été éprouvante comme l'avais visiblement été celle de Brise. La Brume faisait-elle deux poids deux mesures pensa-t-il en laissant son regard courir sur les égratignures.
La claque qu'assena Waylon à l'évanouie le ramena à la réalité lui aussi. Au moins, c'avait l'air efficace. Et maintenant du sucre.
- Je dois avoir ce qu'il faut dans mon sac.
Vladimir retourna sur ses pas et attrapa son sac de voyage. Après avoir fouillé quelques secondes, il mit la main sur une bouteille de Vodka et des barres de chocolat. Il découvrit également un petit paquet de pâtes de fruit, probablement glissées par sa mère avant son départ, dont il s'empara sans ménagement, et revint vers le couple. Il s'accroupit près de Brise et posa le tout.
- C'est tout ce que j'ai pu trouver mais j'pense que ça devrait suffire.
Il s'absenta à nouveau un instant et revint avec un pull noir plutôt épais qu'il glissa sous la nuque de Brise.
- Comment tu te sens? Lui demanda-t-il en lançant un regard interrogateur au garde chasse, semblant demander l'avis du "pro".
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Sujet: Re: Ricochets. Dim 6 Jan - 19:09
Brise sentit le choc se répercuter dans tout son crâne. A peu près comme si un trente-six tonnes venait de lui percuter la tempe à pleine vitesse. Elle grogna quelques chose (qui ressemblement vaguement au mot commençant par P et finissant par UTAIN), avant de porter la main à sa bouche pour réprimer une nausée post traumatique. Elle voulu se redresser mais le douleur fulgurante qui explosa derrière ses yeux l'en dissuada. Mieux valait patienter quelques instant avant de vouloir jouer les dur-à-duire.
Les deux hommes qui s'agitaient à son chevet apparaissaient à Brise comme deux traces floues dans un espace mouvant. Elle remercia vaguement la personne qui lui apporta un oreiller, puis se passa la mains sur le front. Bon, ça commençait à aller mieux, encore quelques minutes et elle serait à nouveau d'attaque. Car Brise avait beau appartenir à "la haute", elle était plutôt résistante pour une fille. Elle pratiquait l'escrime depuis cinq ans, et surtout elle considérait que, maîtriser son corps, voila le secret de la réussite.
Lorsqu'elle pu à nouveau ouvrir les yeux sans se croire dans la sixième dimension, Brise avisa la nourriture et la bouteille posées près d'elle. De quoi fêter (à peu près) dignement son arrivée fracassante à Sywhaîd. Elle se tourna vers Vladimir et marmonna:
- Ben ça va mieux, merci. On peut dire que je me tape le rôle de la fille de service, pas vrai? Ironisa-t-elle en grimaçant. Mais vous inquiètez pas, ça va pas durer. Dans une minute et avec l'aide de cette bouteille, je serais à nouveau opérationnelle.
Sur ces mots Brise parvint à se redresser en position assise, encore un peu hébétée. Elle considéra Waylon quelques instants, avant d'éclater d'un rire bref et tranchant, comme un coup de fouet. - Merci pour le sauvetage. Elle se tourna vers Vlad. Et à toi aussi bien sur. J'aurais aimé faire une entrée plus... Disons plus glorieuse, un peu comme la votre Waylon, mais enfin, je suppose qu'il faut faire avec. Elle prit une expression faussement menaçante. Inutile de préciser qu'un seul mot de votre part et vous êtes des hommes morts?
La londonnienne eut un sourire sarcastique plus destiné à elle-même qu'à ses nouveaux compagnons, avant de se laisser tomber en arrière, sur le pull de Vladimir. Elle soupira longuement et prit le temps d'évaluer la fatigue accumulée depuis le matin. Elle n'allait pas pouvoir continuer bien longtemps à ce rythme. Autant reprendre des forces. Elle designa les barres de chocolat du doigts, et demanda d'une voix impérieuse: - Un petit festin, ça vous tente? Si l'un de vous veut fouiller dans mon sac, il dois y avoir quelques trucs à grignoter
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Sujet: Re: Ricochets. Dim 13 Jan - 23:14
L’air affairé et un peu paniqué de Vladimir amusa Waylon, il afficha un air qui était d’ailleurs tout à fait accordé à cette humeur, un peu moqueur, mais pas trop méchamment non plus. Il faut dire que le garde-chasse n’était pas vraiment réputé pour son soucis vis-à-vis des autres. Il n’avait pas l’air d’être de ces personnes qui s’occupent de leur prochain, il était même réputé pour être plutôt du genre individualiste, même s’il ne devait pas non plus l’être trop puisque la Brume l’avait laissé passer non ? Il hocha de la tête quand Vlad ramena à manger et à boire et eut l’air encore plus amusé quand le russe colla un pull sous la tête de la défaillante. Il avait d’ailleurs l’air de se préparer à faire une réflexion quand Brise sortit officiellement des vapes. Il s’éloigna un peu, pour lui laisser de l’air, ou pour ne plus avoir à s’occuper d’elle, selon le point de vue, et s’adossa à la paroi de la grotte, comme si de rien n’était.
« I swear.. » dit-il en faisant une croix sur son cœur quand Brise fit semblant de les menacer. Il avait pourtant l’air d’être bigrement sérieux, avait-il été capable de prendre les menaces pour des vraies ?
Il ne se fit pas prier et alla fouiller dans le sac de la dame, ce qui avait l’air d’aussi peu le déranger que de frapper la dite dame en question. Il en sortit des barres chocolatées et un paquet de chips. Il les apporta et éventra le paquet de chips sans attendre qu’on l’y autorise.
« Ca, forcément vous pouvez pas savoir, mais c’est une des choses qui manque le plus à Sywhaîd, les cochonneries à se mettre sous la dents. »
Il prit une grosse poignée de chips et passa le paquet à qui le voulait. On voyait peu Waylon aux heures de repas avec tout le monde et à chaque fois qu’on le voyait manger il s’empiffrait comme s’il n’avait plus de fond, à croire qu’il ne mangeait pratiquement jamais. C’était un peu l’impression qu’il donnait avec ses chips, l’air heureux comme si les chips étaient la chose qui lui manquaient le plus du dehors. Il prit ensuite la bouteille de vodka et en but une longue rasade. Il était réputé pour boire beaucoup mais personne ne pouvait se rappeler l’avoir vu ivre...
« Ca mon gars, c’est de la bonne... Y a pas d’ça non plus par chez nous... Et pas de damoiselle en danger aussi bien attifée non plus... »
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Sujet: Re: Ricochets. Mar 22 Jan - 22:39
Soulagé par la tournure des événements, Vladimir soupira et se laissa à nouveau aller. Il s'assit tant bien que mal à même le sol et sourit à la remarque de Brise. Si elle avait de la répartie c'est qu'elle était en (pleine) possession de ses moyens.
Le russe sourit de plus belle lorsque Brise les remercia Waylon et lui et s'excusa pour son entrée, remarquée faute d'être remarquable ; puis finit par s'esclaffer à la menace de la jeune femme. Redevenant sérieux une seconde (guère plus de deux) il singea le salut militaire et jura dans sa langue maternelle de ne pas trahir son secret. Et si elle ne parlait pas russe, tant pis, elle n'aurait qu'à le croire sur parole.
- Tu sais, dit-il, ce n'est pas toujours l'entrée qui compte... Sans vouloir te vexer, ajouta-t-il à l'adresse de Waylon dont Brise venait de vanter l'arrivée. Tiens, prend Vassiliev Iakovlev, le duelliste. Le jour d'un super tournoi il s'est ramassé de tout son long devant un parterre de supporters. Heureusement que le ridicule ne tue pas, parce qu'il aurait été foudroyé sur place le Vassili, entortillé dans sa longue cape. Et pourtant ça l'a pas empêché de gagner le tournoi et aujourd'hui c'est l'un des plus grands sorciers de Russie. Alors tu vois… Je ne m'en fais pas pour toi, lança-t-il avec un clin d'œil complice.
Ragaillardi, Vladimir voyait maintenant se profiler avec plaisir la mini loch-party improvisée et tandis que Waylon fouillait dans le sac de Brise - ce qu'il n'aurait pas apprécié faire lui-même - il tendit une barre chocolatée à sa voisine avant d'en attaquer une lui-même.
Inconfortablement installé, Vlad s'allongea finalement à moitié, prenant appui sur une sorte de rocher proche de lui. Désormais à l'aise, il regarda Waylon revenir avec du chocolat et un paquet de chips qu'il saisit quand l'autochtone se fut servi, avant d'en proposer à Brise.
- Pas de cochonneries? Pas de Vodka ? Pas de filles ? Mais on est où ici? Plaisanta Voya en levant les yeux au ciel tout en s'emparant de la bouteille d'alcool.
- Heureusement pour la Vodka j'ai des solutions. D'abord y'a la solution de facilité: m'en faire envoyer par hibou express. Sinon, y'a la version plus artisanale: je la reproduit moi-même. Mais je tiens à préciser que c'est aux risques et périls de celui qui la boit. J'ai jamais réussi à obtenir un truc à la hauteur de l'original. C'est correct mais ça reste un tord-boyaux. Dit-il en haussant une épaule fataliste avant de savourer une longue gorgée de Vodka.
Il se retourna et attrapa sa veste qu'il avait ôté, pour en sortir un écrin de velours noir duquel il sortit une longue et fine baguette d'ébène. Il posa la bouteille de verre au sol sur une pierre à peu près plate et lança, énigmatique :
- Vous allez m'en dire des nouvelles…
Saisissant le médium de sa main droite, Vladimir le pointa sur la bouteille et, après quelques courtes secondes de concentration, lança un sort de refroidissement. La bouteille fut bien vite entourée d'une légère couche de condensation et, lorsqu'une goutte d'eau coula, Vlad interrompit le charme et proposa l'alcool frais à ses compagnons.
- Au fait vous venez d'où? Demanda-t-il tant à Brise qu'à Waylon.
Il ne précisa pas qu'il venait de Russie, pensant de toute façon que la Vodka et son accent à couper à la hache avaient déjà dût faire tout le boulot.
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Sujet: Re: Ricochets. Mar 29 Jan - 18:11
(ça fait deux fois que j'efface mon message... OUiiiiNNnn)
Brise ne s'offusqua pas outre-mesure du comportement quelques peu... sauvage de Waylon. A dire vrai, de telles manières étaient presque rafraîchissantes pour la jeune fille de bonne société qu'elle était. Elle avait toujours aimé fréquenter les domestiques du manoir, à Londres, et ce dès son plus jeune âge. Elle avait très vite perçu ce que son univers avait d'intangible, et ce que ses relations familiales avaient de factices. C'est tout naturellement qu'elle avait cherché un peu de réalité dans les cuisines aux lumières crus et aux murs dénudés. Elle se souvenait encore des interminables après-midi passées à jouer aux petites filles modèles, dans l'unique espoir de pouvoir s'échapper au sous-sol dès que possible.
Aussi ricana-t-elle sans méchanceté à la remarque de Vladimir. Elle était bien passé pour savoir qu'une première impression est toujours déterminante. Cassez-vous la figure, les gens riront. Riez aussi, ils oublierons. Rougissez, balbutiez, prenez un air furibond et ils se feront une joie de vous ressortir ce mauvais pas à la première occasion. Tout n'est que question de réaction. Ainsi pensait Brise. Avec un flegme bien britanique et une bonne dose d'autodérision, on parvenait toujours à garder le contrôle. Et à sauver les meubles.
Le grand sorcier de Vlad était surement de ceux-là. Il avait rit, sans aucun doute. Brise n'irait pas jusqu'à dire qu'un éclat de rire en moins eu anéantit sa carrière. Mais c'était là le genre de petits plus à ne pas négliger.
Elle picora quelques chips, délicate. Pas de demoiselle aussi bien fringuée? Pas bien étonnant. Brise ne s'attendait pas à en trouver dans un coin aussi reculé. De toute manière, elle ne choisissait pas ses relations selon leur tenue vestimentaire. Au contraire, c'était plutôt là un facteur négatif. Car Brise détestait toutes les midinettes au coeur glaçé qui avaient peuplé son adolescence. Elle leur ressemblait pourtant. Même pâleur aristocratique, mêmes expressions figées, même élégance racée. C'était là tout le paradoxe de Brise. Elle haïssait l'univers qui l'avait vu grandir sans pourtant parvenir à s'en détacher. Mais peut-être était-ce normal après tout. Elle avait beau le regretter de tout son coeur, Brise était humaine.
- Pour les cochonneries, vous pourrez toujours taper à ma porte. J'en ai plein. Et pis, si tu peux faire ce genre de choses avec mes m&ms, ce serait vraiment super, glissa Brise à Vladimir en montrant la vodka.
Elle attrapa la bouteille que lui tendait Vlad, pas timorée pour deux sous. Comme la plupart des jeunes de sa classe sociale, Brise avait testé pas mal de trucs pour tromper son ennuis. Avant de se rendre compte que, loin de la faire planer, tous ces substitus l'enfonçaient chaques jours un peu plus dans le néant de son univers en carton-pâte. Un tourbillon dont certains ne revenaient jamais. Elle avait vu jusqu'où pouvait mener le désoeuvrement. Et elle s'était jurée de ne jamais d'y laisser prendre.
Néanmoins, une rasade de temps en temps, ce n'était vraiment rien du tout. Aussi Brise y alla-t-elle gaillardemment. Et puis, elle en avait bien besoin.
- Moi je viens de Londres, lâcha-t-elle, l'haleine agréablement alcoolisée. Du côté qui brille, vous savez, celui qui est aussi creux qu'un crâne de piaf.
Une pointe d'amertume pointait sous l'intonation moqueuse. Brise avait beau fuir un système, elle ne pouvait s'empêcher d'en regretter certains aspects.
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Sujet: Re: Ricochets. Dim 10 Fév - 11:23
Si Waylon avait écouté l’histoire du duelliste, il n’en avait rien montré, aucune réaction ne passa sur son visage. Il faut dire qu’il était bien trop occupé à… se gaver. De chips. D’une façon qui n’avait rien de très distinguée. En fait, on aurait dit un loup affamé se jetant sur une carcasse d’animal. A le voir manger ainsi on pouvait facilement imaginer qu’il n’avait pas mangé depuis des siècles. Mais il mangeait toujours comme ça, du moins les sywhaîdiens ne l’avaient jamais vu manger autrement, à croire que Waylon Walsh était toujours affamé. Il dût néanmoins reposer le paquet de chips, assez brusquement, sans qu’il n’y ait de raison apparente. Vlad était en train de rafraîchir la bouteille de vodka quand Waylon sembla soudain voir ou entendre quelque chose que les deux autres compères n’avaient ni vu ni entendu. Il releva la tête et la tourna à droite, puis à gauche, dans des mouvements très vifs, comme s’il cherchait quelque chose.
Sans un regard pour Brise ou pour Vlad, il se releva d’un bon et avança jusqu’à son cheval. Ce dernier venait de commencer à s’agiter. Il tourna son regard vers le canidé qui était aux pieds de Peggy Sue et tendit le bras vers la gauche, vers la forêt, sans un mot. L’espèce de chien-loup sembla tout de suite comprendre le message, si message il y avait, puisqu’il partit en courant vers la direction indiquée. L’air aux aguets, Waylon flatta la jument pour qu’elle se calme. Il y arrivait plutôt bien mais elle semblait toujours nerveuse. Bizarrement, l’étrange garde-chasse semblait aussi suivre la conversation puisqu’il répondit, comme si de rien n’était :
« L’dernier endroit où j’ai vécu avant d’venir ici c’était à Folsom, Californie, près d’Sacramento. »
Folsom était surtout connu pour sa prison, que Johnny Cash avait rendue célèbre avec une de ses chansons et où plus tard il avait fait un concert. Toujours est-il que Waylon ne précisa pas s’il était en prison à Folsom ou non. De toute façon, la dernière fois où on lui avait demandé d’où il venait il avait répondu quelque chose de tout à fait différent. Et quand on lui demandait à quelle prison il avait été, il citait toujours des prisons différentes. Le pire était qu’il semblait vraiment connaître ces prisons.
Le chien revint et s’arrêta aux pieds de Waylon, plantant son regard dans celui du garde-chasse. Ce dernier hocha la tête puis retourna vers Brise et Vladimir. Il prit une nouvelle poignée de chips, une grande rasade de Vodka, puis annonça :
« Le pique-nique est fini j’pense. J’espère que tu vas pouvoir marcher honey parce qu’il faut pas qu’on soit là quand ils arriveront. »
Il tendit sa main à Brise pour l’aider à se relever. Il n’avait pas l’air vraiment préoccupé de préciser qui allait arriver. Il se contenta d’ajouter, un sourire canin collé au visage :
« J’crois que tu peux monter sur Peggy Sue. J’imagine que l’équitation ça te connaît. Y a une petite trotte jusqu’à la Ferme et je voudrais pas que tu tombes encore dans les vappes. »
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Sujet: Re: Ricochets. Dim 10 Fév - 16:36
Vlad émit un petit sourire lorsque Brise lui suggéra de remplir sa garnison de M&M's, et se promit d'étudier le problème à l'occasion. Il observa ensuite discrètement Waylon, visiblement affamé, qui s'enfilait sans vergogne le paquet de chips. C'était pas dans la brochure ça ! Personne ne l'avait prévenu qu'on ne mangeait pas tous les jours à sa faim à Sywhaîd. Ou alors… Lui qui se targuait d'être un bon mangeur devait s'avouer vaincu. Il avait visiblement trouvé son maître en la matière, pensa-t-il dans un demi sourire.
Il écouta la réponse de brise d'une oreille distraite, observant intrigué le manège de Waylon. Distrait mais tout de même à l'écoute, Vladimir nota une légère pointe de sarcasme ou quelque chose de semblable dans les paroles de Brise. Le Londres brillant et creux des crânes de piaf … Hmm hmm. Il avait beau n'avoir jamais mis les pieds à Londres, il voyait très bien de quoi la jeune fille parlait. Il y avait les mêmes en Russie, même s'il n'en était pas issu personnellement.
Le manège de Waylon commença à inquiéter Lena qui se rapprocha imperceptiblement de son humain pour y puiser du réconfort. Mais l'humain en question ne comprenait pas plus qu'elle ce qu'il se passait. Waylon semblait avoir entendu quelque chose provenant de la forêt. La jument s'agitait et le chien sur les ordres du maître s'éloigna en courant.
La réponse de Waylon désarçonna Voya. Non pas le contenu de la réponse elle-même. Après tout, Folsom ne lui disait pas grand chose, à part peut-être une prison… (?) et Sacramento lui rappelait tout juste quelques vieux soap télévisés. C'est plutôt le fait que Waylon paraisse aussi calme et qu'il prenne le temps de répondre, alors que visiblement quelque chose d'étrange, ou inquiétant se profilait à l'horizon.
- Dommage, on commençait à s'amuser, dit Voya d'une voix qui ne dupait personne et qui montrait clairement que si danger il y avait, il préférait se trouver partout sauf ici.
Mais Waylon n'en dit pas plus sur l'origine de la menace, préférant aider Brise à se relever. Attitude fort louable, soit dit en passant. Vladimir de son côté, opta pour la solution de repli que suggérait le cow-boy. Il se releva d'un mouvement souple, s'empara de la bouteille de Vodka (faut pas gâcher) et la fourra dans son sac, qu'il referma d'un geste sec, trahissant une certaine fébrilité. Il balança la toile de jute sur son épaule et s'empara autoritairement de la valise de Brise. Et pendant qu'ils s'affairaient, Voya demanda, l'air de rien :
- Hum… Au fait… Quand t'as dit "ils"… tu faisait allusion à qui ?
* Parce que quitte à mourir, j'aimerais autant savoir pourquoi ?* pensa-t-il, amer.
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Sujet: Re: Ricochets. Lun 11 Fév - 19:59
- Heu... Et ma valise ? Demanda Brise alors que Waylon l'aidait à se remettre sur pieds.
Elle ressentit un léger vertige en se levant, mais rien de bien méchant. Le sucre avait joué son rôle. Trop dommage d'anbandonner le reste des ses réserves au milieux de Rienland, non? La jeune femme se dirigea en vacillant vers son bagage, dont elle empoigna la sangle. Mais lorsqu'elle vit la tête de Vlad (qui avait l'air passablement pressé de se tirer), elle capitula avec une grimace :
- Ok, j'espère que tes bêbêtes sauvages n'aiment pas le chocolat, grogna-t-elle en grimpant seule sur le cheval de Waylon.
Comme il l'avait supposé, Brise était une excellente cavalière. Elle avait passé une bonne partie de son temps au manège où dans la campagne environnante au cours de sa quarantaine. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour ne pas devenir folle. Elle jeta un coup d'oeil interrogateur à Waylon, l'air de dire "on bouge?". L'homme n'avait pas l'air de s'inquièter plus que ça, aussi Brise décida-t-elle de ne pas s'en faire non plus. Et puis, elle avait le cheval, elle. Si un truc poilu avec de grandes dents se mettaient à leur courir après, elle pourrait toujours se carapater vite fait.
Vladimir, lui, n'avait pas l'air rassuré. Brise se tourna vers le russe avec un petit sourire taquin lorsqu'il demanda à Waylon de décliner l'identité de leurs nouveaux hôtes. Elle lui fit un clin d'oeil avant de lançer :
- T'inquiète, tu pourras toujours les asperger de vodka!
Cependant, la réponse à la question de Vlad l'intéressait aussi. Après tout, tant qu'à voir ses deux chevaliers servants se faire dévorer, autant savoir par quoi, non? Bon, pour Waylon, y avait peu de chance. Ce type avait l'air capable de terrasser un ours rien qu'en lui chatouillant la narine. Il avait certainemment les dents aussi longues que les trucs qui allaient débarquer. Et, à voir comme il avait liquidé les chips, il avait au moins leur appêtit. Pas sur qu'il ne soit pas plus prudent de rester sur place...
Brise s'installa plus confortablement sur la selle, avant de crier, goguenarde :
- En route, mauvaise troupe!
Peut-être qu'elle l'aurait son entrée triomphale finalement...
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Sujet: Re: Ricochets. Sam 23 Fév - 18:29
Waylon prit la seconde valise de Brise (j’imagine qu’il y en a une seconde puisque Vlad en a déjà pris une…) et la fixa rapidement à la selle de Peggy Sue, c’était un cheval de traie, ça n’était pas une valise de plus qui allait la fatiguer. Il prit d’ailleurs la valise que Vlad portait et l’attacha à son tour. Quand le cheval fut bien harnaché, Waylon prit d’ailleurs bien le temps de le vérifier, comme si soudain ils n’étaient plus du tout pressés, il tapa sur sa croupe et la jument commença à avancer tranquillement. Waylon n’avait pas répondu à la question de Vlad, on aurait presque pu croire qu’il ne l’avait pas entendue. Pourtant, quand il se mit à avancer, tout en faisant signe au chien de fermer la troupe, il répondit, comme s’il n’était pas du tout décalé par rapport au moment où le russe avait posé la question :
« Sywhaîd n’est pas vraiment un endroit civilisé buddy. C’qui vient n’est qu’un troupeau d’un d’ces trucs qui vivent dans l’coin et pourrissent la vie des habitant. »
Sa voix traînante avait sûrement quelque chose de rassurant, étrangement. Il avait l’air très sérieux mais il n’avait pas l’air non plus de paniquer, et quoi de plus rassurant que quelqu’un qui ne paniquait pas devant le danger ? Il siffla entre ses dents et le chien s’arrêta et retourna vers la grotte en courant, flairant apparemment une piste. Waylon allongea le pas et fit signe à Brise et Vlad de faire de même, l’un sur le cheval et l’un à pieds.
« On s’dépêche, j’crois qui vaudrait mieux qu’vous soyez rentrés assez vite, va peut-être falloir qu’j’y retourne. »
Il n’avait pas dit ça avec un air malheureux ou résigné. En fait, il avait dit ça très naturellement, comme si le fait de retourner dans un endroit dont il venait de dire qu’il fallait le fuir n’avait rien d’étonnant. Quand on connaissait le personnage, ça n’avait vraiment rien d’étonnant mais évidemment Brise et Vlad n’avaient pas encore assez côtoyé Waylon Walsh pour ça.
Le chien revint et Waylon lui lança un long regard, comme s’il essayait de le sonder, sûrement le premier regard vraiment sérieux que le duo avait pu voir sur son visage depuis le début de leur rencontre.
« Ouais, c’est bien c’que j’pensais. » marmonna-t-il sans s’adresser à personne en particulier. Il allongea de nouveau le pas. A ce rythme, ils seraient à la Ferme dans peu de temps.
[Je pense que vous pouvez nous faire arriver à la Ferme dans vos prochains message, je clôturerai le topic après ^^]
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Sujet: Re: Ricochets. Jeu 28 Fév - 11:29
Vlad regarda Brise enfourcher le cheval avec une aisance déconcertante et se contenta de sourire brièvement à la remarque de la jeune fille. Pas sûr que la Vodka puisse agir dans ce cas-là, mais bon… Waylon délivra le moscovite de la valise qu'il fixa à la selle de Peggy Sue. Lorsqu'elle fut parée et fin prête, la petite troupe commença son exode en direction de la ferme. Leur marche était rythmée par le martèlement des sabots de la jument sur le sol, par les pas plus légers de Waylon et Vlad et par le trottinement de l'étrange sac à puces du cow-boy qui fermait le cortège.
- Un troupeau…!? Répéta Vlad, arquant un sourcil inquiet et curieux à la fois.
Toutefois, si ce troupeau "pourrissait la vie des habitants", il n'avait pas l'air d'inquiéter Waylon outre mesure. Certes assez pour organiser un repli stratégique mais pas suffisamment pour courir à perdre haleine sans réfléchir. L'attitude tranquille du cow-boy rassura Vladimir qui retrouva dès lors un calme relatif. Le départ du chien vint cependant troubler cet équilibre précaire. Il avait beau ne pas apprécier la chose poilue, il devait admettre que sa présence le… réconfortait vaguement. Le savoir de son côté, enfin du côté de Waylon, le rassurait. Alors quand Vlad le vit filer sur ordre du maître… Le doute s'accentua encore lorsque l'autochtone leur intima de presser le pas.
- Rentrer au plus vite? En voilà une bonne idée! Glissa tout bas Vladimir à son daemon qui avançait près de lui, sur ses hautes pattes frêles.
Quand Waylon annonça devoir y retourner, Vladimir tiqua.
- Pourquoi tu devrais retourner là-bas ? Si tu sais déjà sur quoi tu vas tomber, pourquoi tu ne te mets pas à l'abris avec nous?
Ils avançaient rapidement sur un sentier de pierres et de terre battue lorsque le cabot revint. Waylon lui adressa un regard que lui seul pouvait déchiffrer et la conclusion fut d'accélérer l'allure une fois de plus. Vladimir suivit le rythme tant bien que mal, maudissant la nature de l'avoir fait plutôt "court sur pattes". Pour se maintenir à la hauteur de Brise, Peggy Sue et Waylon, Vladimir dut parfois trottiner, faisant ainsi balader le sac de toile qui lui tapais le dos à chaque enjambée.
Ils avancèrent quelques temps en silence avant que Vlad pointe un doigt droit devant eux.
- C'est pas le village là-bas ?
On apercevait en effet les toitures de plusieurs bâtiments de pierre à quelques centaines de mètres tout juste.
[MAG: bon ben en fait je crois que je répondrai une fois de plus puisque Vlad pose des questions à Waylon XD Si vous voulez, on peut même refaire encore un tour complet, à vous de voir ^^]
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Sujet: Re: Ricochets. Ven 29 Fév - 19:32
(As you want, pour ma part ça me dérange pas que ce soit le dernier mess de Brise)
Brise regardait droit devant elle, peu intéressée par ce qui pouvait se tramer au fin fond d'une grotte obscure du moment que sa valise et elle-même n'y étaient plus. Waylon n'avait pas l'air inquiet, et elle hocha simplement la tête lorsqu'il annonça qu'il devait repartir. Après tout si il n'avait pas peur, c'était qu'il devait pouvoir venir à bout du "troupeau". Ou qu'il s'en pensait capable. Ce qui, après tout, revenait au même.
L'anglaise se hissa légèrement sur le dos de Peggy Sue lorsque Vlad annonça un village. Elle oublia en un clin d'oeil ces histoires de troupeau dévastateur pour tenter d'apperçevoir les toits, impatiente et réticente à la fois. Elle allait devoir vivre ici un bon bout de temps, alors elle espérait... Eh bien quoi ? Une piscine ? Un hôtel quatre étoiles ? Un ranch ? Brise eut un rire amère et se laissa retomber sur le dos du cheval. Inutile de rêver, ce qu'elle allait voir ne lui plairait certainement pas.
- Youpi, nous sommes sauvés, chantonna-t-elle ironiquement.
Ils venaient de sortir du couvert des arbres et les petites bâtisses ramassées sur elles-mêmes comme un agglomérat de caillasses lui tendaient les bras. Quelques champs bien propres et un troupeau de... enfin d'animaux encadraient le tableau, en une vision qui aurait enchanté n'importe quel écolo. Brise soupira et talonna Peggy Sue, s'engageant ainsi dans la direction de la ferme. Lorsqu'elle fut au niveau des premières chamières, elle sauta avec élégance du dos de sa monture et entreprit de détacher sa valise. Elle y parvint non sans quelques difficultés, la fit glisser au sol et tira la petite poignée en plastique.
- Bon, et ben, heu, merci encore hein... Elle flatta rapidement l'encolure de la jument, pressée de s'installer et, surtout, de prendre une douche. J'espère que tu vas t'en sortir avec les... le troupeau là, lança-t-elle à Waylon, avant de se tourner vers Vlad. A bientôt je suppose, on se croisera en cours. Et, si tu cherche des cochonneries, on pourra faire un échange avec ta vodka, plaisanta-t-elle en désignant sa valise.
Sur ce elle tourna les talons, un dernier signe amical au bout des doigts, puis s'éloigna en trainant sa valise, qui faisait tant de bruit que quelqu'un écarta ses volets pour lui jeter un regard mauvais. Auquel elle répondit par une suprême indifférence. Le pire était passé, le tout maintenant, c'était de trouver une baignoire.
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Sujet: Re: Ricochets. Lun 3 Mar - 16:17
[Bon ben okay, end of the topic sooooo... XD]
« J’suis l’garde-chasse, petit. Part of my job… » répondit Waylon, avec un clin d’œil taquin à l’encontre de Vlad quand celui-ci lui demanda pourquoi il n’allait pas se réfugier dans le calme des bâtisses plutôt que de retourner sur ses pas.
Un sywhaîdien plus expérimenté dans la cohabitation avec Waylon aurait sûrement un peu plus tiqué sur cette histoire de troupeau. La plupart des sywhaîdiens vivaient sans avoir à connaître ce genre de visites, les créatures restaient en général sur leur territoire et la plupart des gens évitaient d’aller s’y balader. Toujours est-il que ça pouvait tout à fait être vrai. Après tout, on retrouvait souvent Waylon, amoché comme s’il avait passé plusieurs jours à se battre contre un ennemi deux fois plus grand que lui, et il semblait très occupé. Et puis, certains pensaient aussi que si la Brume l’avait laissé passer, et qu’elle ne l’avait pas chassé depuis tout le temps qu’il squattait ici sans faire aucune corvée et en s’étant seulement auto-affublé du grade de garde-chasse, c’était qu’il devait avoir son utilité. De toute façon, Waylon avait l’air de tellement croire ce qu’il disait dans ce genre de situations que personne n’avait encore osé ne pas l’écouter, même s’il y avait toujours ce doute, avec quelqu’un qui vous racontait des choses qu’il ne pouvait pas raisonnablement avoir vécues, on n’était jamais sûr qu’il dise la vérité.
Ils arrivèrent à la Ferme et Waylon se contenta d’hocher de la tête quand Brise le remercia. Il la salua d’un signe de main, l’observant quelques secondes se diriger vers la Ferme puis il se tourna vers Vlad, qui n’était pas encore parti et lui fit un clin d’œil. Pour une fois avare de mots, il se hissa avec la grâce d’un pur cow-boy sur Peggy Sue et lança un nouveau clin d’œil à Vladimir. Il n’ajouta rien et reprit sa chanson, comme si tout ce qui venait de se passer n’était qu’une petite parenthèse dans ce qu’il avait prévu de faire à la base. Tranquillement, il repartit vers là d’où ils venaient, allant peut-être affronter un troupeau d’on-ne-sait-quoi, accompagné de son fidèle compagnon, le chien qui ressemblait à un loup, ou vice-versa.
« Don't take your guns to town son Leave your guns at home Bill Don't take your guns to town »
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