A l’orée de la forêt, des tas de vieilles pierres et d’antiques pans de murs poussent au milieu de buissons couverts de myrtilles l’été venu et de quelques arbres têtus dont les racines ont réussi à se frayer un passage entre les rochers.
C’est l’endroit parfait pour les promenades romantiques ou les rêveries solitaires. Mille contes circulent sur des fantômes qui hanteraient les lieux à la nuit tombée, ou sur des esprits malins qui y effraieraient les amoureux. Pour les plus terre à terre, il ne s’agit cependant que des vestiges d’habitations que d’anciens druides avaient construites lorsqu’ils s’étaient réfugiés à Sywhaîd pour échapper aux persécutions des Romains dans le sud.
Les ruines sont accessibles par un chemin qui, de l’école, longe le loch et enjambe la rivière. Il y a aussi un ancien sentier, presque invisible par endroits, qui s’enfonce vers le cœur de la forêt.
L’endroit est situé dans une petite cuvette naturelle, et il faut monter un raidillon couvert de buissons pour arriver au bord de la falaise surplombant le loch, d’où l’on a une vue saisissante sur tout Sywhaîd. Attention de ne pas tomber : des rochers aiguisés percent l’eau en contrebas.
----
La Volière
Après les ruines, bifurquez juste avant de vous enfoncer dans la forêt, pour atteindre une grande tour noire et ronde ; de loin, on croirait son imposante silhouette sur le point de s'écrouler, mais vous verrez de plus près que c'est du solide : depuis des décennies - des siècles ? - la tour sert de volière, aussi bien pour les hiboux et pigeons utilisés pour le courrier, que pour mille autres espèces qui trouvent refuge au cœur de la Brume. L'endroit n'a rien de sinistre ni d'infect : comme ses habitants, il est l'objet de soins réguliers.
----
La Tente Ecarlate
Au bord de la falaise, après une escalade quelque peu épique, vous pourriez tomber nez à nez avec une tente d'un rouge vif, rappelant les caravanes touaregs au coeur du Sahara. Lorsqu'on pénètre à l"intérieur, on se retrouve dans un salon typique de l'Algérie, composé d'un sofa qui sert aussi au couchage de l'artisane, de quelques poufs de cuir et de guéridons de palissandre, invitant à la détente autour d'un thé à la menthe et de douceurs algériennes, d'autant qu'il y règne une douce tiédeur, digne d'une soirée d'été au bord de la mer méditerranée.. Au fond de la pièce unique, l'atelier en lui-même est composé d'un comptoir renfermant les ingrédients nécessaires à son travail. Suspendue au plafond - comme par... magie - une lampe de peau éclaire son ouvrage. Le long des murs, comme autant de constellations piquées sur l'étoffe vermeille, des bulles de quartz semblent générer une lumière feutrée.
_________________
Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.-Blaise Pascal.