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 La décision, un cours métrage

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Abigail Kermalo
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MessageSujet: La décision, un cours métrage   Mer 24 Oct - 23:58

Scène 1 :


Plan 1 :

Extérieur nuit, plan d’ensemble fixe sur un paysage de forêt marécageuse. Texte en bas de l’écran : « Bayou proche de la Nouvelle-Orléans, Louisiane, Etats-Unis d’Amérique ».
On n’entend tout d’abord que le bruit habituel de ce genre d’endroit la nuit (cris d’animaux, mouvements des arbres), puis, progressivement, des bruits de pas se font entendre de plus en plus clairement. Ces bruits se font entendre tout le long de la scène.

Plan 2 :

Même lieu. A partir du plan d’ensemble, la caméra pivote lentement vers la gauche. Deux femmes entrent dans le champ, arrivant par la gauche. L’une semble plus jeune (une vingtaine d’années environ). Elle porte un jean stone et un débardeur orange tout simple, ainsi qu’une paire de tennis blanches et noires sur lesquelles on peut voir quelques traces de boue. Ses longs cheveux tressés retombent un peu devant son visage et le cachent partiellement. Elle marche un peu en retrait par rapport à l’autre femme, dont l’âge est difficile à définir bien qu’elle soit indéniablement la plus âgée des deux. Sa peau d’ébène semble se fondre dans la nuit, et c’est à peine si l’on peut distinguer son abondante chevelure coiffée à l’afro, mais sa robe blanche est le point le plus lumineux à l’écran.

Plan 3 :

Travelling vers la droite, qui suit la marche des deux femmes. Plan d’ensemble vers plan rapproché.

Plan 4 :

Fixe à la fin du travelling, en plan rapproché. Les deux femmes s’arrêtent.

Plan 5 :

Contrechamp : plan d’ensemble fixe sur une vieille bâtisse en bois, qui semble malgré tout bien entretenue. L’absence de toute décoration, la lumière blanche de la lune et les dessins à la craie que l’on distingue sur les murs lui donnent un air inquiétant.

Cut.


Scène 2 :


Toute la scène n’est en fait qu’un seul plan-séquence, en plan moyen.
Intérieur, les deux femmes sont assises dans une petite pièce dont les murs et le plafond de bois sont peine visibles à travers tout le bric-à-brac suspendu. Il y a beaucoup de plantes sèches, des poupées vaudoues, toutes sortes de talismans, et d’autres objets d’apparence ésotérique dont l’utilité ne semble pas évidente au premier coup d’œil. La lumière chaude d’une lampe à pétrole éclaire la scène. On distingue à présent nettement les yeux verts de la plus jeune des deux femmes. Les deux protagonistes parlent un cadien (cajun) typique du sud de la Louisiane.

Mambo Lisa (la plus âgée) –avec un regard perçant vers l’autre– : Et tu comptes aller où ?

Abigail (la plus jeune) –baisse les yeux– : Je sais pas. Une amie m’a parlé d’un endroit, en Ecosse… Mais je pense plutôt partir dans le nord. Montréal, Québec, Toronto… Je pense que je pourrais assez facilement retrouver un poste de prof là-bas, ou un truc dans le genre.

Mambo Lisa –après un instant de silence– : Tu es sûre que tu veux continuer à vivre comme ça ?

Abigail –lève les yeux vers Mambo Lisa– : Qu’est-ce que tu veux dire ?

Mambo Lisa : Abi… Je sais bien que tu joues au quidditch, et qu’il y a aussi le vaudou, mais la vie que tu mènes ici… Tu ne te sers presque plus de la magie.

Abigail –étonnée– : J’en ai pas besoin plus que ça, je vis très bien comme ça.

Mambo Lisa : Oui mais Abi, tu es une sorcière, tu pourrais faire tellement de choses !

Abigail –baisse à nouveau les yeux– : Pas tant que ça.

Silence.

Mambo Lisa –avec douceur– : Tu ne pouvais pas la faire revenir, pas comme ça. Tu sais bien que ce genre de magie a des pouvoirs limités, surtout lorsqu’elle va à l’encontre de la volonté de sa cible. Ca n’empêche pas que tu es une sorcière qui a du potentiel, je le sais bien. S’il n’y avait pas eu Jane, tu serais partie d’ici depuis longtemps.

Abigail –dans un murmure– : Oui, peut-être.plus fortMais y’a le vaudou.

Mambo Lisa : Le vaudou ce n’est pas que de la magie, c’est aussi une religion. Et tu n’y crois pas Abi, tu le sais bien. Sans y croire tu ne pourras pas faire grand-chose de plus que ce que tu fais déjà, et ce n’est pas assez.

Mambo Lisa se lève et pose une main réconfortante sur l’épaule d’Abigail.

Mambo Lisa : Il est tard, tu devrais rentrer chez toi. La nuit porte conseil, comme on dit. Tu m’as demandé un conseil, et je te l’ai donné. Maintenant, il ne te reste plus qu’à prendre le temps de réfléchir tranquillement.

Scène 3 :


Même plan d’ensemble que le plan 5, scène 1 sur la maison de bois, extérieur nuit. La porte de la maison est ouverte, et la silhouette vêtue de blanc de Mambo Lisa se découpe dans la lumière. Abigail s’éloigne de la maison, vers la droite du cadre. Elle s’arrête et se retourne vers la maison juste avant de sortir du champ, puis se remet en marche et disparaît.

Fondu au noir.


FIN

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